COSMETIQUE ET DIGITAL, HISTOIRES D’UNE (R)EVOLUTION
Par Pascal Malotti, directeur conseil et marketing chez Valtech France
Skin care, Hair care, Brow Care
En 2016, le ramage et le plumage se font concurrence, et cette évolution se fait également sentir au niveau de l’écosystème commerçant. En effet, le monde de la beauté et du bien-être est en forte croissance, alors que d’autres font grise mine
Le digital s’est engouffré dans ce marché en plein essor, boostant les ventes et modifiant les pratiques.
Focus sur 3 volets de cette évolution.
Bloggeurs et marques, meilleurs ennemis ?
YouTube a consacré ses nouvelles stars, et ce sont les vloggeurs. Ces capteurs d’attention, d’identification et d’attachement ont su créer de gigantesques communautés. Prenons la carrière de l’une des plus grandes bloggeuses au monde, Michelle Phan, qui poste sa première vidéo en 2007 et voit son audience exploser deux ans plus tard grâce à une vidéo « tuto » pour recréer les yeux de Lady Gaga dans le clip « Bad Romance », qui incarne à elle seule ce phénomène. Aujourd’hui, près de 9 millions d’internautes sont abonnés à sa chaîne YouTube, attribuant à son auteur une puissance de frappe supérieure à celle de certaines enseignes.
Ces rassembleurs auraient pu devenir les compétiteurs des marques traditionnelles, mais les deux parties ont opté pour un partenariat fructueux, construisant des marques en co-branding, en s’appuyant sur la popularité des uns afin de doper les ventes des autres.
De la communauté au passage en caisse
Au-delà des révolutions digitales, il s’avère que l’acte d’achat reste traditionnel, un moment de rencontre entre le consommateur et le produit qu’il convoite, au sein d’un magasin physique.
Pour des marques comme Sephora, un achat est aussi profitable selon qu’il s’effectue on ou off line. Le parcours utilisateur n’est impacté que par la collecte d’informations, qui passera forcément par le web.
D’autres marques, plus jeunes, ont intégré les pratiques digitales dans leur ADN. Leur agilité les autorise à veiller les tendances et à rebondir rapidement en proposant les produits ad hoc. Au cur de ces procédés, c’est l’algorithme capteur de datas qui permet un ciblage et une connaissance accrue des cibles.
Ces enseignes ont contaminé leurs grandes souurs, et des marques comme L’Oréal Paris sont aujourd’hui à même de « renifler les tendances », et de les intégrer dans des pop-up stores, ou des collections capsule en partenariat avec des makeup artists. Bien joué.
Le spectre d’un géant… Amazon
L’objectif, proposer un catalogue produit le plus large possible et une ultra personnalisation du parcours client
cet adage fait bien sûr penser à Amazon, dont l’efficacité sur ces sujets n’est plus à démontrer. Cela étant, l’enseigne n’est pas vraiment identifiée comme un géant du cosmétique. Un univers pour le moment pas très glamour, même si son chiffre d’affaires progresse clairement dans cet écosystème.
Au programme, appliquer des recettes qui ont fait de la marque un incontournable dans les autres univers à celui de la beauté
La logique de désintermédiation, consécration de la suprématie digitale dans la consumer journey, sera possible quand les marques « branderont » leurs opérations marketing auprès de l’audience la plus ciblée et idéale pour leurs produits, là elles pourront vendre au mieux leur produit sans besoin d’intermédiaire.
Le marché du cosmétique vibre depuis l’arrivée et la montée en puissance fulgurante des bloggeurs et changera bientôt fondamentalement en se réglant à l’heure du digital. Les survivants de cette révolution seront les acteurs capables de récupérer et de transformer en action les datas de leurs utilisateurs. Les start ups « nées numériques » sauront-elles faire de leur agilité une force ? Et les géants sauront-ils se renouveler et s’adapter aux attentes des consommateurs ?
To be continued
Les internautes qui consultent les pages dédiées au Black Friday ne le font pas par intention d’achat, mais bien pour s’informer sur la nature des promotions qui seront disponibles à l’occasion du Black Friday :



Si les utilisateurs dits « angoissés » sont loin d’être des digital natives, ils ne représentent pas moins de 12 % des acheteurs. Il n’est pas opposé à l’achat en ligne, mais un certain nombre de pré-requis sont nécessaires afin qu’il se sente en sécurité : 30 % des angoissés consommeront au minimum deux pages concernant les services proposés au cours de la navigation. Les internautes angoissés mettront 2 fois plus de temps pour conclure un achat.
Le flâneur est en quête du petit plus qui fera la différence. Il est prêt à se laisser tenter s’il trouve la source d’inspiration qui le sortira de la distraction. Enclin aux sessions lèche-vitrine, le flâneur consulte pas moins de 60 pages en moyenne par session. Transformé en wishlist, le panier apparaît 5 fois plus en moyenne au cours de la session.