Étiquette : intelligence artificielle

  • Des techniques de phishing de plus en plus puissantes avec l’IA

    IA générative : vers une prolifération des Deep Fake en 2024 ?


    Selon Christophe Jolly Regional Director Southern Europe Vectra AI

    Les progrès enregistrés par l’IA ces derniers mois devraient en 2024 déboucher sur une recrudescence de cyberattaques à forte plus-value technologique. 

    Nos mémoires ont ceci de particulier qu’elles s’avèrent bien souvent sélectives. Qui se souvient qu’il y a cinq à six ans à peine l’Intelligence Artificielle (IA) pouvait apparaître comme un sujet incongru dans le milieu de la cybersécurité ? Très souvent employé comme un « buzz word », le concept d’IA était alors considéré par certains comme un gadget superflu… En 2023 tout a changé du tout au tout, et nous assistons au contraire à un très fort ancrage de l’Intelligence Artificielle dans notre quotidien, qu’il soit professionnel ou personnel. Quant aux perspectives à venir en 2024, elles sont très largement à relier au déploiement de l’IA.

    Des techniques de hameçonnages de plus en plus puissantes grâce à l’IA

    De quelle manière l’Intelligence Artificielle sera-t-elle mobilisée par les cybercriminels dans les mois à venir ? Tout porte à croire que les acteurs malveillants y auront largement recours afin de cibler les organisations les plus vulnérables. Cela signifie que le phishing restera la méthode d’attaque privilégiée. Dans le même temps, les cyberattaquants automatiseront sans doute leurs processus d’attaques afin de gagner du temps et d’économiser leurs ressources, dans un contexte global de ralentissement de la croissance économique des principales régions du monde. Ils mobiliseront ainsi des outils de cybercriminalité pré-packagés et se tourneront vers l’IA générative afin d’aider à la création de leurres d’hameçonnage. Qu’ils soient audios ou vidéos, ceux-ci devraient toucher de nombreuses organisations et devenir en quelque sorte une norme. De plus en plus réalistes en 2024, ces contrefaçons auront toujours le même objectif : capter les données sensibles des collaborateurs d’entreprise ainsi que des citoyens.

    Prolifération des « Deep Fake »

    De tels agissements nous renvoient à une question centrale : celle du maniement de l’information. En l’espèce, l’IA – et singulièrement l’IA générative – peut réaliser des prouesses dont il faut avoir conscience dès maintenant. La capacité de certains outils en termes de création de photos, de vidéos ou de sons devrait avoir en 2024 des effets très directs sur la pollution de l’écosystème de l’information. Largement disponibles, les modèles d’Intelligence Artificielle générative seront en capacité de jouer avec l’interface de programmation d’application qu’est l’API, voire de construire leurs propres modèles « from scratch », c’est-à-dire à partir de zéro. Faux sons, fausses vidéos, fictions produites en masse et appréhendées par les victimes comme de vraies informations : les « Deep Fake » se déploieront en 2024 plus que jamais, que ce soit à l’échelle de nos univers privés, de nos territoires professionnels ou de nos sociétés civiles. Ils pourraient provoquer de forts sentiments de défiance entre collègues, entre voisins, entre membres d’une même famille… et compromettre largement des secteurs tels que la santé ou la sécurité publique (liste non exhaustive !).

    Nourrir les algorithmes de l’IA : une question démocratique et éthique

    Particulièrement prégnant en aval, l’essor grandissant de l’IA aura également dans les mois qui viennent de fortes répercussions sur la partie amont des différents outils d’intelligence artificielle. Cette dimension du problème est moins repérée pour l’instant, mais ses effets sont potentiellement dévastateurs. De quoi est-il question ici ? Tout simplement de la manière dont l’IA générative se nourrit afin de produire des avis, des conseils, des analyses ou encore des créations. La matière informationnelle – c’est-à-dire la data – qui sert de carburant aux agents conversationnels les plus aboutis et qui se trouve moulinée par les systèmes algorithmiques n’est en effet pas neutre, et peut aisément être pervertie par de fausses informations. Générées massivement par l’IA, celles-ci sont potentiellement susceptibles d’avoir une influence déterminante sur les réponses générées par un outil tel que ChatGPT par exemple. De telles actions d’influence sont susceptibles d’avoir des répercussions sur le marketing, ciblant tel type de produit plutôt que tel autre. Elles peuvent également avoir un impact non négligeable sur les opinions publiques, à un moment où plusieurs élections majeures sont prévues dans le monde en 2024 (élections européennes, élections présidentielles aux Etats-Unis, mais aussi en Russie ou en Ukraine). Il existe donc des raisons objectives et sérieuses de considérer les effets de l’IA en 2024 avec le plus de sérieux possible…

    Les mois qui viennent s’annoncent décisifs, pour les entreprises bien sûr mais aussi pour les Etats. Actuellement, nous observons que le temps économique a pris de court les gouvernements. L’IA générative peut ainsi se déployer dans de nombreux secteurs et exécuter des tâches complexes en un temps record. Dans quelle mesure des cadres législatifs pourront-ils voir le jour afin d’accompagner ce mouvement ? Ce débat sera certainement mené en 2024 dans de nombreux pays, se heurtant au passage à des approches plus ou moins strictes en matière de confidentialité des données et de résidence. Les discussions iront ainsi bon train sur une dimension encore émergente : celle de l’IA éthique.

    Le sujet n’a donc pas fini de faire parler de lui…

  • Prévisions Forrester 2024 – L’lA Générative : la technologie la plus marquante depuis Internet

    Les prévisions de Forrester pour 2024 

    Selon les prévisions 2024 de Forrester, en prévision de l’entrée en vigueur du règlement européen sur l’IA en 2025, 50 % des grandes entreprises de la région investiront de manière proactive dans la conformité à l’IA.
    Avant la mise en œuvre du règlement, les entreprises européennes devront définir leur stratégie de conformité à l’IA, y compris l’acquisition de nouvelles technologies et de nouveaux talents afin d’obtenir le soutien de tiers dont elles ont besoin.
    En outre, à mesure que la désinformation alimentée par les images générées par l’IA, les deapfake (vidéotox) et les faux influenceurs humains augmente

    – 81 % des adultes en ligne aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Espagne et en Italie reconnaissent qu’il y a beaucoup de fausses nouvelles et de désinformation sur les médias sociaux

    – les sociétés d’information, comme la BBC, deviendront des sources d’information très convoitées.

    Les prévisions de Forrester analysent les dynamiques et les tendances dans différents domaines et secteurs, notamment la technologie et l’innovation, le marketing B2B, les ventes et les produits, l’Intelligence Artificielle (IA) et l’automatisation, l’expérience client (CX) et l’avenir du travail.
    Ces informations aident les dirigeants à acquérir un avantage concurrentiel qui leur permettra de prospérer au cours de l’année à venir.

    Quelques enseignements des prévisions 2024 de Forrester :

    • La CX va s’améliorer pour la première fois depuis des années – grâce à l’IA générative. La clé des améliorations de l’expérience client (CX) en 2024 sera l’IA générative en coulisses qui aide les agents du service client à répondre plus rapidement et mieux aux questions, à résoudre les problèmes de CX dès le premier contact et à donner aux clients le sentiment d’être entendus.
    • Les clouds lanceront des services d’ingénierie rapide en vain.Les hyperscalers du cloud annonceront soit un aperçu, soit la disponibilité générale de l’ingénierie rapide, le processus de structuration du texte afin qu’il puisse être compris par un modèle d’IA générique. L’adoption par les entreprises sera toutefois limitée.

    . Les initiatives d’IA en entreprise augmenteront la productivité etl a résolution créative de problèmes de 50 % dans l’année à venir.
    L’IA générative est prête à augmenter la productivité dans toutes les fonctions informatiques – et pas seulement chez les développeurs.
    En outre, l’investissement des chefs d’entreprise, de la technologie et du marketing dans l’IA générative au cours de l’année à venir augmentera jusqu’à 50 % le temps de résolution créative des problèmes par les employés, ce qui favorisera l’innovation centrée sur le client et créera une plus grande valeur ajoutée pour l’entreprise.

    • Les différences générationnelles vont modifier les préférences d’achat B2B. Les acheteurs de la génération Y représentent 75 % des équipes d’achat des entreprises. En 2023, 40 % de ces acheteurs exigeront un accès rapide aux experts en produits B2B. Lorsqu’ils achètent en personne, ces acheteurs considèrent que les interactions personnelles avec les experts en produits sont plus significatives que toutes les autres activités en personne.

    . L’Europe sera à la pointe de l’adoption du travail hybride. Forrester prévoit que l’Europe dépassera les États-Unis en matière de travail flexible en 2024, avec 40 % des Européens travaillant à distance au moins une partie du temps. Les Pays-Bas sont en tête du continent en matière de soutien au travail flexible, avec 74 % des travailleurs autorisés à travailler à distance en 2023. Et seuls 11 % des chefs d’entreprise européens s’attendent à ce que leurs employés retournent au bureau à temps plein.

    « Alors que les applications de l’IA générative sont encore émergentes, les entreprises ne peuvent plus ignorer ou minimiser leur impact », déclare Laura Koetzle, vice-présidente et directrice de groupe chez Forrester. « Compte tenu des risques associés à cette technologie, les entreprises européennes prendront des mesures proactives pour rester conformes et explorer les cas d’utilisation de l’IA générative pour améliorer, responsabiliser et impliquer les employés et les clients ».

    Pour en savoir plus et télécharger l’étude complète cliquez ici

  • L’impact de l’IA sur la relation client

    Comment Twilio réinvente la relation client avec l’intelligence artificielle ?

    Deliveroo, AirBnB, Arkea on Life… tous utilisent Twilio pour unifier les profils clients et personnaliser les messages.
    Avec plus de 300 000 clients et des centaines de millions d’interactions, Twilio est une plateforme d’engagement client qui permet aux plus grandes marques de créer des expériences personnalisées en temps réel à l’aide de nombreuses applications hébergées dans le cloud pour réaliser l’envoi de messages instantanés (WhatsApp) de SMS, d’emails etc.

    Les avantages sont palpables, que ce soit vis-à-vis des clients qui apprécient l’automatisation de leur parcours, ou des conseillers clients qui ont à disposition des données utiles.

    Avec l’arrivée de l’IA dans le spectre de la relation client, nous entrons dans une nouvelle ère, celle de la relation client augmentée ! Twilio a récemment annoncé le lancement de CustomerAI, un nouveau modèle relationnel s’appuyant sur l’IA pour répondre aux enjeux business et aux attentes des clients.
    L’enjeu est de taille et la relation client à distance n’a jamais été aussi prépondérante pour les marques.


    Décryptage avec Samantha Richardson, consultante en engagement client chez Twilio
    et Fabrice Frossard, expert en Technologies et innovations, membre de La Brigade Du Web.

     

    Fabrice Frossard : Avec l’inclusion de l’IA générative, quelles sont les évolutions que vous constatez en termes d’usage, sachant que l’IA n’est pas une nouveauté en soi ?

    Samantha Richardson : L’évolution est à plusieurs niveaux.
    Tout d’abord, l’ouverture de l’IA au grand public grâce à OpenAI permet à de nombreuses entreprises de combler le décalage technologique avec les early-adopters.
    À ce jour, 92 % des entreprises européennes utilisent l’IA, sous une forme ou une autre, pour personnaliser leur relation client et stimuler leur croissance selon le rapport 2023 sur l’Etat de la Personnalisation de Twilio.
    L’efficacité de l’IA GPT dépend de la qualité des informations au sein des bases.
    Il faut que les données soient exactes, complètes, fiables et à jour. L’objectif est que l’IA puisse réaliser une analyse efficace et rendre cette donnée activable. Ce qui est un défi pour de nombreuses entreprises.

    Seulement 5 % des entreprises utilisent la donnée « first party » et 97 % de la donnée collectée n’est pas utilisée de manière pertinente.
    Cela montre le chemin encore à parcourir pour que les entreprises soient matures sur le sujet. Enfin et surtout, nous assistons à un changement d’échelle dans le traitement de la donnée et des possibilités offertes par l’évolution de l’IA pour renforcer la relation client.

    « Utiliser l’IA revient à avoir un conseiller dédié par client » selon les dires de Joyce Kim, notre directrice marketing. Mais encore une fois, cela est possible à condition d’avoir les bonnes données clients pour analyser leur comportement d’achat afin de susciter l’engagement. C’est d’autant plus critique que selon un sondage que Twilio a réalisé récemment, 50 % des clients français souhaitent que l’utilisation de l’IA apporte une réponse plus rapide, et  48 % une réponse plus détaillée.
    La personnalisation arrivant en troisième position. Autrement dit, il faut absolument connaître et analyser la demande du client et lui répondre en fonction de son historique. Ici l’IA est une aide précieuse.

    FF : La connaissance client est le levier de la relation client, dans ce cadre quelle valeur apporte Twilio avec CustomerAI, Segment ou encore Flex ?

    Samantha Richardson :  Les professionnels de la relation client réfléchissent à ce sujet de la personnalisation depuis 25 ans. Personnaliser sur tous les points de contact en restant cohérent demeure l’enjeu principal.
    Mais, beaucoup d’entreprises échouent à personnaliser la relation client. Par exemple, lors d’un achat on me demande souvent ma date d’anniversaire. En contrepartie je m’attends à recevoir un message ce jour-là. Je n’en ai jamais eu. À l’identique, être renvoyé d’un téléconseiller à l’autre et redonner à chaque fois nos informations, est très frustrant.

    Désormais, avec l’IA nous apportons la connaissance nécessaire à la personnalisation des messages de manière pertinente. Comment ? Segment, notre plateforme de données clients de première partie fédère et consolide toutes les informations remontées par les différents canaux (contact, centre d’appel, chat, voix, magasins) et les restitue sur une seule plateforme. Cela permet à tous les membres d’une même entreprise d’accéder au même niveau d’information lors d’un contact avec le client. Par ailleurs, la nouvelle version de notre CDP permet aux entreprises de former des modèles d’IA avancés, mettre en place une segmentation précise et déployer des recommandations ainsi que des activations personnalisées de pointe sur l’ensemble de leurs canaux de communication.

    En puisant dans Customer AI, les messages, les produits, le scénario seront modifiés en fonction du profil du client s’il est connu ou du profil client à fort potentiel d’achat ou « golden profile ». L’IA sert ici à enrichir l’information, ce peut être des produits à montrer au client, des conseils ou autre. Toutes les données du client sont unifiées par notre ETL et stockées dans un datawarehouse pour à la fois garder l’historique et s’assurer de la qualité des informations qui seront partagées avec tous les systèmes en place soit actionnables.
    L’idée-force est la façon dont on utilise ces données pour apporter le meilleur service au client, ce n’est pas seulement de la technologie ou du marketing.

    FF : L’utilisation de vos plateformes augmente aussi les capacités et la qualité des interactions avec les clients

    Samantha Richardson : Absolument, nous pouvons réaliser des messages beaucoup plus personnalisés, créatifs et intelligents en nous appuyant sur les « golden profiles », à savoir : les profils de clients à haut potentiel de revenus, pour créer des audiences à la volée et élaborer automatiquement des campagnes.
    Pour les centres de contact, l’IA va diriger le client vers le bon interlocuteur. En effet, elle va fournir au conseiller  toutes les informations sur les clients.
    À titre d’exemple, 47 % des contacts d’Ikea sont gérés par l’IA. Le personnel est formé pour passer d’opérateur à consultant en design ou autre. Nous parlons de chatbot, de self-service depuis longtemps, mais aujourd’hui nous changeons d’échelle et avec l’IA GPT et prédictive, les parcours clients, les conversations, les messages, la personnalisation, l’identification des clients sont passées dans une nouvelle ère.

  • Comment préserver les relations humaines face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle

    Sensibiliser la société aux chamboulements que vont apporter l’intelligence artificielle 


    Par Juan José Murphy, Global Head of Artificial Intelligence and Data Science chez Globant

    L’intrigue du film « Her » de Spike Jonze, sorti en 2013 et interprété par Joaquin Phoenix, et la voix de Scarlett Johansson, soulevait des questions avant-gardistes pour l’époque. Aujourd’hui la pertinence est plus frappante : peut-on humaniser une « machine » au point d’en tomber amoureux ?
    Au fur et à mesure des progrès technologiques, serons-nous tentés d’anthropomorphiser de plus en plus l’intelligence artificielle ? Réduirons-nous notre condition humaine à nos simples besoins, seulement pour les satisfaire grâce à des algorithmes mathématiques ?

    Si nous parlons des utilisations quotidiennes de l’IA, il n’y a rien de mal à ce qu’une plateforme de streaming nous suggère un bon film à regarder ou à ce que nous passions du temps à scroller des vidéos et réels sur les réseaux sociaux.
    Mais cela devient problématique lorsqu’une dépendance se crée, donnant au cerveau des récompenses instantanées qui satisfont nos désirs de consommation et de satisfaction primaire. Le contenu est présenté comme apparemment gratuit et accessible à tout moment et en tout lieu. L’objectif de l’IA sur les réseaux sociaux est de charmer nos yeux et nos oreilles afin que nous passions de plus en plus de temps à consommer, nous transformant ainsi en automates numériques.

    L’IA occupe et continuera d’occuper une place utile dans de nombreux domaines de notre vie. Cependant, il est important de prendre conscience des risques que comporte une dépendance excessive à l’égard de la technologie. L’objectif n’est pas de cesser d’utiliser l’IA, mais de l’humaniser et de l’utiliser pour améliorer notre qualité de vie.

    Des leaders comme Tristan Harris, Elon Musk ou Yuval Noah Harari mettent en garde contre les risques de l’évolution de l’IA et présentent des scénarios pertinents pour générer une prise de conscience et gagner la bataille culturelle. Ils font appel au choc car ils veulent anticiper les potentiels effets dévastateurs de l’IA, non seulement en termes de cybersécurité mais aussi dans son incidence néfaste sur les relations sociales et la déshumanisation de l’utilisateur qui en découle, si rien n’est fait pour mieux la contrôler.

    Imaginons un futur pas si lointain où nous vivrons tous avec un avatar virtuel. Une sorte de meilleur ami ou partenaire qui nous ressemble physiquement, qui nous parle comme nous le voulons, qui est toujours de bonne humeur, disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour nous écouter et répondre à toutes nos questions, et qui a les mêmes centres d’intérêt que nous, comme dans le film Her. Pourquoi créer des liens physiques quand des avatars peuvent remplir cette fonction ? Peut- on être ami avec une machine ? La réponse est peut-être oui, mais il est important de se poser la question à temps et de comprendre les risques liés à ce type de relations avec l’IA.

    Le confort peut être un obstacle à notre esprit critique, à notre capacité à approfondir des questions importantes, à interagir avec d’autres personnes et à nous développer en tant qu’êtres sociaux. L’intelligence artificielle peut parfois être antinomique à ces besoins fondamentaux.

    Il est donc essentiel de parler de ce sujet dans les environnements familiaux, les salles de classe, les forums d’entreprises et les espaces politiques. Les entreprises qui travaillent au développement de l’IA ont également un rôle fondamental à jouer dans ce processus.

    Nous devons sensibiliser la société aux chamboulements que vont apporter l’intelligence artificielle et promouvoir les bonnes pratiques. Bien qu’il existe déjà des initiatives, telles que le Center for Humane Technology, qui vont dans ce sens, il reste encore beaucoup à faire.

    La bonne nouvelle, c’est que nous avons encore le temps d’agir.
    Le temps viendra donc où nous comprendrons que l’intelligence artificielle doit déshumaniser la machine pour humaniser la personne.

     

  • Salaire, IA, développement durable, compétences, modèle d’entreprise… : quel regard portent les collaborateurs sur le futur du travail ?

    Confiance ou aveuglement des collaborateurs face au monde de demain ?

    Malgré un ralentissement de l’économie mondiale, le phénomène de la Grande Démission semble se poursuivre, tel est l’un des principaux enseignements de l’étude Global Workforce Hopes and Fears de PwC qui analyse les attitudes et comportements de près de 54 000 salariés issus de 46 pays et territoires, dont plus de 2 100 Français.

    Au niveau mondial, 1 salarié sur 4 (26 %) se dit susceptible de changer d’employeur au cours des 12 prochains mois, contre 19% en 2022. Ils sont 1 sur 5 en France. Ceux qui se sentent surchargés de travail (44 %), qui ont dû mal à payer chaque mois leurs factures (38 %) et les membres de la Génération Z (35 %) sont les plus susceptibles de changer d’employeur. En outre, ils sont 47 % à trouver leur emploi épanouissant et 51 % à estimer pouvoir être eux-mêmes au travail, des chiffres inférieurs par rapport à ceux qui envisagent de rester au sein de leur entreprise actuelle (respectivement 57 % et 59 %). L’épanouissement au travail, la culture d’entreprise et l’inclusion restent donc au cœur des préoccupations des salariés.

    Des salariés confrontés à des difficultés financières qui ne cessent de croître

    Face au contexte inflationniste et au ralentissement de l’économie, 18 % des collaborateurs français ont du mal à boucler leurs fins de mois, et 44 % déclarent qu’une fois qu’ils ont couvert leurs dépenses, il ne leur reste que peu ou plus d’argent sur leur compte. Au niveau mondial, 38 % des salariés affirment avoir de l’argent de côté, contre 47 % en 2022. Un travailleur sur cinq (21 %) cumule aujourd’hui plusieurs emplois, dont 69 % parce qu’ils ont besoin d’un revenu supplémentaire. Les membres de la Génération Z (30 %) et ceux issus de minorités ethniques (28 %) sont les plus nombreux à cumuler plusieurs emplois.
    La crise économique entraîne également un accroissement des exigences salariales, avec près de 2 collaborateurs français sur 3 qui envisagent de demander une augmentation. Ce chiffre est moindre au niveau mondial où il est de 42 % mais en hausse de 7 points (35 %) par rapport à l’année précédente ; parmi ceux en proie à des difficultés financières, il atteint 46 %.

    Les jeunes générations optimistes concernant l’impact de l’IA sur leur carrière

    Si le déploiement technologique fait partie du top 3 des priorités des dirigeants français (étude CEO Survey de PwC) et est indiscutablement un accélérateur et un vecteur de croissance, les collaborateurs ne l’entendent pas de la même manière.
    De façon plus marquée qu’au plan international, les salariés français questionnent en effet l’impact de l’IA sur leur emploi. 27 % estiment qu’elle n’aura aucun impact sur leur carrière à horizon cinq ans (contre 22 % à l’échelle internationale), un constat encore plus prégnant chez ceux évoluant dans les secteurs de la santé (37 %) et public (36 %).
    Les collaborateurs français sont également plus mesurés sur leur perception quant aux aspects positifs que peut apporter l’IA sur leur emploi : 19 % pensent qu’elle les aidera à améliorer leur efficacité (contre 31 % au niveau mondial), 17 % qu’elle leur permettra d’apprendre de nouvelles compétences (contre 27 %) et 14 % qu’elle leur offrira de nouvelles opportunités professionnelles (contre 21 %). Cette différence de perception peut s’expliquer par le profil plus manuel des répondants français (39 %), en comparaison avec celui des répondants internationaux (30 %).
    Au niveau mondial comme en France, les jeunes générations sont beaucoup plus susceptibles de s’attendre à ce que l’IA ait un impact sur leur carrière. Alors qu’un peu plus d’un tiers (34 %) des baby-boomers à l’échelle internationale pensent qu’elle n’aura pas d’impact sur leur carrière, seuls 14 % des membres de la Génération Z et 17 % des millennials partagent ce point de vue.
    Un développement des compétences plus ardu pour les salariés en difficulté financière
    Les travailleurs en difficulté financière sont moins à même de relever les défis de l’avenir, notamment d’être en mesure de développer de nouvelles compétences et de s’adapter à l’essor de l’IA. Ils sont, en effet, moins susceptibles de rechercher activement des possibilités pour développer de nouvelles compétences que ceux qui ne rencontrent aucun problème financier (50 % contre 62 %). Les salariés qui jouissent d’une plus grande sécurité financière sont aussi plus enclins à demander des feedbacks sur leur travail leur permettant ainsi d’accroître leurs performances (57 %) que ceux qui connaissent des difficultés financières (45 %).
    De plus, 37 % des travailleurs dans une bonne situation financière affirment que l’IA améliorera leur productivité et 24 % qu’elle créera de nouvelles opportunités d’emploi, contre respectivement 24 % et 19 % chez ceux qui sont moins bien lotis financièrement.
    En France, les salariés perçoivent l’importance de travailler leurs soft skills (flexibilité, collaboration, analyse, leadership) et sont confiants dans la capacité de leur entreprise à les accompagner dans leur développement. Concernant les compétences ESG, ils sont seulement 29 % à estimer qu’elles seront importantes pour leur carrière d’ici les cinq prochaines années.
    Les travailleurs qualifiés sont plus optimistes
    Les travailleurs qualifiés sont plus susceptibles d’anticiper les changements à venir. Plus de la moitié d’entre eux (51 %) affirment que les compétences requises pour leur travail évolueront de manière significative au cours des cinq prochaines années, contre seulement 15 % chez les salariés non qualifiés. Ils sont environ deux tiers à être convaincus que leur employeur les aidera à développer les compétences numériques, analytiques et collaboratives dont ils auront besoin.
    Des anciennes méthodes de recrutement qui nuisent à la mobilité des talents
    Sur un marché du travail compétitif, les employeurs passent à côté de talents en raison de méthodes de recrutement qui ne sont plus adaptées. Plus d’un tiers (35 %) des salariés possédant des compétences spécialisées sont modérément ou tout à fait d’accord pour dire qu’ils ont manqué des opportunités de travail parce qu’ils ne savaient pas quelles personnes contacter pour candidater.
    Parallèlement, ils sont 35 % à déclarer posséder des compétences qui ne ressortent pas sur leur CV ou dans leur parcours professionnel, les entreprises peuvent donc ignorer l’existence de talents dans leurs rangs. Une étude récente publiée par le Forum économique mondial en collaboration avec PwC a d’ailleurs révélé que le déploiement de marchés du travail basées sur les compétences pourrait créer 100 millions d’emplois dans le monde.
    Les employeurs ont un rôle clé à jouer dans la fidélisation des collaborateurs

    Les salariés français sont alignés avec les dirigeants sur la nécessité de transformer le modèle de l’entreprise : un quart affirme que leur organisation ne sera pas économiquement viable dans dix ans (pour rappel, 45 % des dirigeants français partageaient ce constat dans l’étude CEO Survey de PwC publiée en début d’année).

    Les travailleurs de la Génération Z sont les plus pessimistes : 1 salarié français sur 2 de moins de 26 ans pense que le modèle de leur entreprise ne sera plus viable d’ici 10 ans. La confiance dans la pérennité de l’entreprise est également un élément clé de la fidélisation. Au niveau mondial, les salariés qui pensent que leur organisation ne survivra pas dix ans sans transformation de son modèle sont deux fois plus susceptibles de la quitter au cours des 12 prochains mois 43 % indiquent qu’ils sont susceptibles de partir contre 19 % de ceux qui pensent que leur entreprise survivra au-delà d’une décennie).

    Autre point clé pour fidéliser les talents : l’adhésion aux valeurs de l’entreprise. Or, 38 % des collaborateurs français admettent que leur comportement n’est pas toujours en phase avec les valeurs et l’orientation de leur entreprise, un constat qui est très éloigné de la perception des dirigeants puisque selon l’étude CEO Survey, 91 % estimaient que le comportement de leurs salariés était cohérent avec les valeurs de leur entreprise.

     

  • Quand les craintes liées à l’IA décollent …

    L’IA ? Une menace pour 67% des Français !

    Alors que l’IA et les agents conversationnels font la Une de l’actualité depuis plusieurs mois, les Français s’interrogent sur l’impact de ces nouvelles technologies sur leur quotidien et leurs modes de vie.  » En tant qu’acteurs de la transformation digitale, nous devons entendre ces craintes légitimes et redoubler d’efforts pour montrer comment l’intelligence artificielle sera mise au service du bien commun » déclare Christophe NEGRIER, Directeur général d’Oracle France.

    C’est dans ce cadre qu’Oracle dévoile sa troisième grande étude élaborée avec Odoxa en avril 2023 qui porte son attention sur la perception de l’intelligence artificielle (IA) en France et sur les aspirations des Français à ce sujet. Alors que les innovations en IA se multiplient et que les robots conversationnels se perfectionnent, les citoyens s’interrogent sur l’effet qu’auront ces nouvelles technologies sur leur mode de vie. L’enquête d’opinion a été réalisée les 19 et 20 avril 2023 sur un échantillon de 1005 personnes représentatif de la population française, âgée de 18 ans et plus.

    LES CRAINTES LIEES A L’IA DECOLLENT

    Encore partagés il y a deux mois, les Français sont aujourd’hui 2/3 à voir le développement de l’intelligence artificielle comme une menace.

    Cette menace est majoritairement perçue dans de nombreux domaines (l’emploi, la véracité de l’information et les humains dans leur ensemble), et l’inquiétude progresse aussi dans les domaines où l’IA est généralement vue comme une opportunité (comme la productivité ou la santé).

    Pour 6/10 Français, l’intelligence artificielle pourra un jour dépasser l’intelligence humaine. ® Les 3/4 des Français ne se pensent pas capables d’identifier une photo, une vidéo ou un texte réalisé par une IA.

    PERCEPTIONS DES AGENTS CONVERSATIONNELS EN GENERAL…

    Les 2/3 des Français connaissent les agents conversationnels, et 18% en ont déjà utilisé un, signe d’une diffusion extrêmement rapide dans la population générale. ® Les intentions d’utilisation dépassent la part d’utilisateurs actuels (50% des Français envisagent d’utiliser un agent conversationnel pour faire une recherche documentaire, 40% pour effectuer une démarche administrative et 26% pour faire un devoir scolaire ou universitaire) mais restent encore limitées.

    Les agents conversationnels intelligents sont unanimement perçus comme une menace, plus fortement encore que le développement de l’IA : une menace pour l’emploi et pour la véracité de l’information (75%), pour l’égalité des chances et l’éducation (70%) ;
    à noter que ces résultats sont en deçà pour ce qui concerne la protection de l’environnement (65%), la productivité (57%) ou la santé (55%).

    8 Français sur 10 souhaitent une règlementation des intelligences artificielles comme les agents conversationnels, mais 64% sont pessimistes sur la capacité des états à le faire. …

    ET DANS L’EDUCATION EN PARTICULIER

    Les Français sont conscients de la dimension incontournable des agents conversationnels intelligents, à plus forte raison dans ce contexte critique. 56% d’entre eux attendent que l’Éducation nationale apprenne aux élèves à les utiliser intelligemment plutôt que de les interdire totalement.

    Les 3/4 des Français estiment que les agents conversationnels intelligents représentent un risque de manipulation des jeunes, vont limiter leur développement intellectuel et généraliser la triche.

    52% d’entre eux jugent qu’ils vont permettre aux professeurs et aux élèves d’accéder à un grand nombre de connaissances et 43% qu’ils feront gagner du temps aux professeurs, lesquels pourront se consacrer à des tâches à forte valeur ajoutée.

    Seuls 1/4 des Français pensent qu’ils permettront aux élèves d’apprendre plus vite.

    Les principaux enseignements :

    • La part de Français considérant que le développement de l’IA est une menace progresse de 14 points par rapport à février 2023 et devient nettement majoritaire (67%).

    • Une inquiétude alimentée par un sentiment de vulnérabilité et la crainte d’être dépassé par la technologie : les ¾ des Français ne pensent pas être capables d’identifier les contenus produits par une IA et 57% d’entre eux pensent que l’intelligence artificielle dépassera un jour l’intelligence humaine.

    • La place prise dans le débat public par les agents conversationnels intelligents explique certainement cette hausse des inquiétudes : ces outils sont encore plus perçus comme des menaces que l’intelligence artificielle au sens large.

    • Les Français sont 70% à considérer que les agents conversationnels sont une menace pour l’éducation. Ils ne les rejettent pas pour autant : 45% des moins de 25 ans pourraient s’en servir pour faire un devoir scolaire ou universitaire. Et, conscients de leur dimension incontournable, les Français attendent que l’Éducation nationale explique aux élèves comment utiliser intelligemment les agents conversationnels (56%) plutôt que les interdire totalement (40%).

    • Dans ce contexte très incertain, 8 Français sur 10 souhaitent leur régulation… mais 64% d’entre eux sont pessimistes sur la capacité des états à le faire avec succès.

     

  • L’intelligence artificielle, opportunité ou menace pour les TPE ? 

    Conditions de travail, performance, mieux se concentrer sur des taches valorisantes… et si l’IA était une aide ? 

    Par Robin Bourdet, CEO de Merci Facteur service en ligne permettant d’envoyer des courriers par La Poste. Le site s’est doté de l’IA et de ChatGPT en février 2023.

    Jusqu’à récemment, l’utilisation de l’intelligence artificielle requérait une expertise et des ressources considérables, limitant ainsi son accessibilité aux petites entreprises. De plus, la spécialisation extrême de chaque intelligence artificielle nécessitait généralement le développement de sa propre technologie pour en bénéficier.

    Depuis novembre 2022, tout a changé avec l’arrivée de ChatGPT d’OpenAI. Cette IA généraliste est capable de traiter une large gamme de tâches variées. En quelques semaines seulement, cette technologie est devenue accessible même pour les plus petites entreprises, leur offrant ainsi de nouvelles opportunités de services et la possibilité de transformer leur façon de travailler.

    1 – Un bouleversement positif et pour les petites entreprises, une opportunité à saisir

    L’IA suscite des préoccupations quant à la suppression d’emplois, mais pour les petites entreprises, il est important d’examiner comment cette technologie peut améliorer les conditions de travail, la productivité et permettre aux salariés de se concentrer sur des tâches valorisantes pour eux et pour l’entreprise.

    La France se positionne en tant que leader dans la recherche en IA, avec des experts tels que Yann LeCun, inventeur du Deep Learning, et des laboratoires de recherche innovants sur le territoire. Cependant, l’utilisation de l’IA n’est pas encore généralisée dans les petites entreprises, probablement en raison d’un manque d’information sur sa facilité de déploiement.

    2 – Des exemples concrets d’usages de l’IA dans toutes les étapes du fonctionnement d’une start-up en l’occurrence chez Merci Facteur.

    L’accessibilité de l’IA via ChatGPT est maintenant généralisée, mais la compréhension de son potentiel dans différents domaines de l’entreprise reste méconnue. Découvrez des exemples d’intégration de ChatGPT dans diverses fonctionnalités, de la production au service client, en passant par le marketing, le développement, la création graphique et l’analyse des données, tout en soulignant l’importance de la protection des données personnelles et confidentielles.

    • Une production assistée par ChatGPT, et moins de stress pour les salariés des start-up

    Dans le cadre de la gestion de production, ChatGPT facilite les missions des salariés en guidant les opérateurs sur les commandes à traiter, optimisant ainsi leur productivité et évitant les erreurs. Grâce à cette technologie, la production assistée par l’IA devient accessible même aux petites structures.

    • L’IA améliore l’efficacité du service client des start-up

    L’intégration de ChatGPT4 au sein des services clients des start-up ne vise pas à remplacer les interlocuteurs humains par des robots. Au contraire, en utilisant l’IA de manière stratégique, les salariés peuvent obtenir des résumés instantanés pour des demandes clients complexes, réduisant ainsi le temps de traitement. De plus, ChatGPT peut suggérer des réponses sans remplacer l’humain, chaque suggestion étant adaptée ou validée par le salarié. Enfin, il peut analyser de nombreux tickets SAV pour identifier les points d’amélioration prioritaires.

    • Stimulation de la créativité pour le marketing et la création de contenus.

    GPT-4 est utilisé pour renforcer la créativité dans le marketing. Il propose des trames publicitaires, des idées d’événements et des plans d’articles de blog, mais il ne remplace pas le travail humain. Utilisé en tant qu’assistant, ChatGPT est un véritable atout pour le processus créatif.

    • Les développeurs gagnent du temps sur la création de tests et de petits algorithmes.

    Les développeurs peuvent utiliser quotidiennement ChatGPT-4 pour obtenir rapidement des bases de code simples, leur permettant ainsi de gagner du temps sur des tâches à faible valeur ajoutée. De plus, l’IA est utilisée pour générer des jeux de données dans le cadre de tests. L’intégration de l’IA dans le domaine du développement offre de grandes perspectives d’évolution.

    • La création graphique aussi améliorée par l’usage de l’IA.

    L’IA est intégrée dans le processus de création graphique en fournissant des idées et des bases graphiques aux illustrateurs pour développer les produits finaux.

    • L’analyse simplifiée des données économiques.

    Grâce à l’IA via ChatGPT, il est possible de synthétiser et d’interpréter les données chiffrées liées à l’activité, les rendant ainsi accessibles à tous. À la fin de chaque période, ChatGPT génère un résumé concis de l’évolution des différents aspects de l’activité, envoyé à chaque membre de l’équipe pour les impliquer, avec la possibilité d’accéder à des données chiffrées.

    3 – La question des données personnelles et confidentielles.

    Lorsque les petites entreprises adoptent l’innovation technologique de ChatGPT, il est essentiel de le faire avec précaution en tenant compte des risques potentiels, notamment en matière de protection des données personnelles et des données sensibles de l’entreprise. Jusqu’à ce que les politiques de confidentialité d’OpenAI et les recommandations de la CNIL soient clarifiées, il est primordial de s’assurer que les données fournies à ChatGPT ne contiennent aucune information confidentielle.

  • Quel est le rôle l’IA dans les relations publiques ? Comment change-t-elle la donne ?

    L’intégration de l’IA dans les RP

    À l’ère du numérique, les données sont devenues un élément indispensable des relations publiques.
    Grâce aux nombreuses innovations technologiques majeures, les relations publiques disposent de nouveaux outils et de nouvelles techniques, une opportunité que les experts en relations publiques doivent identifier.
    En s’appuyant sur une une approche fondée sur les données, les stratégies et les campagnes de relations publiques peuvent être optimisées, leur succès davantage mesuré et analysé, et leurs publics cibles identifiés. Dans le paysage concurrentiel des relations publiques d’aujourd’hui, l’analyse des données permet aux experts de ce domaine de prendre des décisions éclairées et d’obtenir de meilleurs résultats pour leurs clients. Mais ne pas oublier que les relations humaines, quant à elles, restent essentielles et cruciales pour le succès à long terme des campagnes de relations publiques.

    Cette dimension humaine est particulièrement importante dans « l’économie de la confiance », qui accorde la plus grande importance à la présence d’experts pour aider les clients à évoluer dans un environnement médiatique complexe, parallèlement au développement de l’économie, de la culture et de la politique, dans un monde où l’information est en constante évolution.

    L’idée qui sous-tend l’économie de la confiance devient particulièrement importante à une époque de progrès technologiques comme celle de ChatGPT.
    Finalement, bien que les outils alimentés par l’IA présentent des avantages indéniables pour les relations publiques basées sur les données, ils ne remplacent pas l’expertise et l’expérience des professionnels des relations publiques, qui sont en mesure d’établir et de maintenir la confiance et la crédibilité.

    En effet, il s’agit de trouver le bon compromis et d’utiliser les nouveaux outils, tels que ChatGPT, dans un équilibre sain avec les compétences traditionnelles et interpersonnelles en matière de relations publiques. Pour comprendre comment l’expertise et les compétences humaines peuvent être remplacées par l’IA, il faut d’abord examiner l’évolution et donc l’intégration des données et de l’IA dans les relations publiques.

    L’évolution des RP

    Ces dernières années, les relations publiques se sont éloignées des médias traditionnels pour se tourner vers les médias numériques et sociaux. Avec l’avènement des campagnes axées sur les données, les professionnels des relations publiques peuvent désormais tirer parti de la quantité infinie d’informations disponibles sur les réseaux sociaux et numériques. Grâce aux outils et techniques d’analyse des données, les experts en relations publiques acquièrent une meilleure compréhension du paysage médiatique du marché ou de l’industrie et sont en mesure de cibler leurs messages de manière plus efficace. Ces outils comprennent les outils de social listening et de media monitoring, qui offrent aux spécialistes des RP une vue d’ensemble détaillée et approfondie, leur permettant d’optimiser les campagnes en cours et d’améliorer celles à venir. La surveillance des données et des médias, le suivi des taux d’engagement et de la portée, ainsi que d’autres outils de campagnes de relations publiques basées sur les données permettent aux experts d’identifier les publics cibles pertinents et d’adapter les présentations pour atteindre le bon lectorat. Les informations fournies par ces ensembles de données ont considérablement amélioré l’efficacité des RP, permettant aux spécialistes de mieux comprendre les intérêts et les sentiments de leurs publics cibles et d’instaurer la confiance et la crédibilité, piliers de l’économie de la confiance.

    Quel est donc le rôle spécifique de l’IA dans les relations publiques basées sur les données et comment change-t-elle la donne ?

    L’IA et RP 

    La transformation numérique des relations publiques s’accompagne de l’intégration de l’IA qui, bien qu’elle constitue un nouveau pas en avant, doit être abordée avec prudence.
    L’un des principaux avantages de l’IA est de pouvoir automatiser les tâches quotidiennes telles que la veille médiatique, l’analyse des sentiments et la gestion des médias sociaux. Les professionnels des relations publiques peuvent ainsi se concentrer davantage sur des tâches stratégiques telles que l’élaboration de campagnes et l’établissement et le maintien de relations interpersonnelles.
    Pour les campagnes de relations publiques axées sur les données, l’IA est un complément important, car les outils alimentés par cette technologie peuvent analyser les données plus rapidement et avec plus de précision. Cela permet d’obtenir des informations précieuses sur les publics cibles, les performances des campagnes et les tendances du secteur. Un avantage particulièrement important qu’offre l’IA au secteur des relations publiques est la capacité de personnaliser la communication et de rendre les messages clés plus efficaces. En analysant de grandes quantités de données, les outils alimentés par l’IA peuvent reconnaître les modèles, les préférences, les tendances générales et les sentiments des publics cibles. Le résultat d’une communication ciblée et guidée : un engagement plus important et de meilleurs résultats pour les campagnes.
    Ceci étant , l’intégration de l’IA n’est pas sans poser quelques interrogations et représente pour beaucoup une arme à double tranchant.
    L’un des principaux inconvénients de l’IA est la partialité potentielle de ses algorithmes, qui peuvent perpétuer les stéréotypes et les discriminations existants, voire les exacerber dans certains cas.
    On craint également de plus en plus, qu’une trop grande dépendance à l’égard de l’IA n’entraîne une perte de la créativité et du jugement humains, comme cela a été vu avec ChatGPT qui est capable de prendre en charge de nombreuses tâches nécessaires dans le domaine des relations publiques. Une autre préoccupation majeure concerne la confidentialité et la sécurité des données, car les outils alimentés par l’IA capturent énormément de données.
    Si l’utilisation de l’IA dans les RP présente des risques, elle offre également de nombreux avantages. Comme elle continue d’évoluer et de changer, il est important d’être conscient des avantages et des risques de ces outils. Tel que mentionné précédemment, il est crucial de reconnaître que si les données et l’IA sont des ajouts bénéfiques à la boîte à outils des RP, elles ne doivent pas être considérées comme des substituts à l’expertise humaine.

    L’importance des experts en relations publiques dans l’économie de confiance

    Bien que l’IA et l’analyse des données puissent contribuer à optimiser les flux de travail et à améliorer les processus, elles ne peuvent pas remplacer l’expérience et la perspicacité qu’apportent les spécialistes des RP.
    L’IA n’a pas la capacité de comprendre et de naviguer dans les nuances des relations interpersonnelles. Les données peuvent aider à identifier des partenaires potentiels ou des publics cibles, mais elles ne peuvent pas compenser l’échange réel et l’entretien de ces relations en fin de compte. Cela nécessite une capacité d’écoute, d’empathie et d’identification à un niveau personnel – une compétence que l’IA n’est pas en mesure de remplacer chez les humains. Il est donc logique d’examiner la manière dont l’IA est perçue dans les médias et, plus généralement, dans le discours public.
    À quoi ressemble le débat français sur l’IA ?

    Quel est le sentiment à l’égard de l’IA en France ?

    Selon les statistiques de suivi des médias fournies par Meltwater, il semble que le sentiment général à l’égard de ChatGPT concernant les relations publiques soit majoritairement neutre, avec un sentiment positif de 7 % et un sentiment négatif de 7,4 %. Cela suggère que si certains professionnels des relations publiques sont optimistes à l’égard de ChatGPT, d’autres peuvent avoir des réserves ou probablement des inquiétudes.

    Une recherche par mot-clé dans les discussions avec les médias met en lumière les mots les plus utilisés dans les discussions sur le ChatGPT dans les relations publiques, les mots ci-dessous étant les plus cités.

    L’un des principaux sujets évoqués est le fait qu’il s’agisse d’un nouvel outil, car ChatGPT est de plus en plus utilisé et le sujet de plus en présent dans les différents médias sociaux depuis quelques mois comme nous pouvons le constater ci-dessous avec le nombre de mentions depuis le mois de janvier.

    Bien que les nouvelles innovations technologiques telles que ChatGPT, l’analyse des données et l’IA contribuent à optimiser les flux de travail et à améliorer les processus, la confiance, la compréhension humaine et la crédibilité restent les pierres angulaires des relations publiques et de l’économie de la confiance.
    Les stratégies de relations publiques basées sur les données peuvent aider à surmonter le jeu de devinettes du secteur et à révolutionner l’ensemble du domaine. Toutefois, pour exploiter pleinement le potentiel de ces approches, l’expérience, la perspicacité et les relations interpersonnelles des acteurs du secteur sont indispensables.
    La clé est de trouver le bon équilibre et d’utiliser des outils alimentés par l’IA pour optimiser la partie « données » des RP pilotées par les données, tout en maintenant et en développant l’élément humain interpersonnel qui constitue les RP. C’est cet élément humain qui est crucial pour établir la confiance, ce qui est essentiel pour un succès à long terme dans le secteur des relations publiques.

    Les outils pilotés par les données améliorent les stratégies de relations publiques et permettent une approche « intelligente » en améliorant certains processus et en économisant du temps, mais ils ne peuvent pas remplacer l’échange avec les clients, le public cible et les personnes partageant les mêmes idées.