Étiquette : digital

  • Qu’en est-il de la participation des femmes dans le domaine du digital ?

    Les femmes dans le domaine du Digital

    Qu’en est-il de la participation des femmes dans le domaine du digital ? Les femmes sont-elles devenues plus « digitales » que les hommes ?

    Les données TGI Global Quick View de Kantar révèlent en effet que 40% des femmes connectées sur 22 des plus grands marchés publicitaires du monde utilisent Internet en permanence tout au long de la journée, soit 5% de plus que les hommes.

    Le monde se digitalise et les femmes ont rattrapé les hommes dans de nombreux pays !

    • Les femmes connectées possèdent de multiples appareils digitaux. 86% d’entre elles (contre 83% des hommes connectés) possèdent un smartphone. De même, 44 % des femmes connectées (contre 39 % des hommes connectés) possèdent une tablette. Il est également intéressant de noter que les femmes européennes sont les plus grandes consommatrices de tablettes parmi les 22 pays étudiés.

     

    • Les femmes sont désormais davantage présentes sur les réseaux sociaux par rapport aux hommes dans de nombreux pays, en particulier sur Facebook, Instagram, Snapchat et Pinterest.

     

    • Les femmes ne sont plus les seules à faire leurs achats en ligne. Les résultats de l’étude contestent le stéréotype de longue date selon lequel les femmes achètent bien plus que les hommes. Ces derniers, eux aussi, font des achats en ligne, et presque autant que les femmes.

     

    • Le pouvoir de prescription online des femmes est aussi important que celui des hommes. Aujourd’hui, pas moins d’une femme connectée sur 10 dans 22 des plus grands marchés publicitaires au monde aime exprimer son opinion en ligne, sur les réseaux sociaux, les blogs et les forums.

    Dans cette infographie, Kantar partage quelques chiffres encourageants sur la place des femmes dans le digital à travers le monde, à partir des données TGI Global Quick View.

  • 2019: l’année du Digital Workplace 

    2019: l’année du Digital Workplace 

    Les prédictions d’Andrew Filev, CEO de Wrike

    Equilibre entre sécurité et connexions pour tous

    La sécurité informatique va passer de la position de “videur” à celle de “garde du corps” en 2019. Par le passé, elle se limitait à autoriser l’accès aux réseaux, ou à l’interdire. Désormais, alors que les intégrations de systèmes, les tâches en mobilité et les transactions de données deviennent toujours plus nombreux et complexes, les dirigeants d’entreprise ne peuvent plus dire abruptement “interdit d’accès.” Un équilibre devra être trouvé entre la sécurité et l’utilisation de l’informatique par le plus grand nombre en 2019, via une adoption plus large des standards de sécurité, des intégrations plus étroites entre les différents fournisseurs de services cloud, une protection plus poussée du cloud et des terminaux, un contrôle non intrusif, et l’intelligence artificielle.

    Communications unifiées sur le lieu de travail

    Il y a quelques années, les gens pensaient que la messagerie instantanée les délivreraient de l’overdose d’emails, mais nous souffrons aujourd’hui d’une overdose de communications sur de multiples canaux. Je ne pense pas que l’engouement pour la messagerie instantanée va s’estomper dans un avenir proche, mais les entreprises qui l’ont adoptée comme principal canal de communication commencent déjà à réaliser qu’elles ont besoin d’une plate-forme unique qui aide leurs employés à gérer leurs tâches de façon plus structurée. 2019 sera l’année où les entreprises se mettront activement à la recherche d’une plate-forme capable d’unifier tous les systèmes distincts utilisés au sein de leur organisation, pour devenir le poste de travail digital permettant à chacun de suivre d’un bout à l’autre toutes ses tâches et tous ses projets en cours.

    La montée des Opérations, qui doivent gérer des montagnes de données

    Du marketing aux ventes et à l’informatique, les opérations deviennent d’une importance critique dans chacun des départements de l’entreprise. Pourquoi? La transformation digitale crée des montagnes de données qui peuvent être la source de décisions stratégiques et d’opportunités de croissance pour les entreprises – mais uniquement si les individus qui composent leurs équipes sont en mesure de les trouver et de les interpréter. Les équipes des opérations s’assurent que les données sont accessibles chaque fois que nécessaire, et que les membres des équipes travaillent parfaitement ensemble pour prioriser et exécuter les tâches. Actuellement, il y a plus de 1,3 millions d’offres d’emploi dans les opérations inscrites sur LinkedIn: une preuve de l’importance grandissante de cette fonction. De même, IBM prévoit que plus de 2,7 millions d’emplois d’analystes de données seront créés d’ici 2020, pour donner aux équipes des opérations une énorme quantité de carburant à disperser au sein des organisations.

     Généralisation des outils de gestion du travail collaboratif

    Quasiment chaque entreprise dans le monde a déjà adopté un outil de gestion du travail collaboratif sous une forme ou sous une autre, spécialement celles qui ont d’énergiques plans de croissance pour les quelques années à venir. Je pense que nous allons voir toujours plus d’entreprises, grandes et petites, réaliser le vrai potentiel de ces outils, et les déployer au sein de toujours plus d’équipes, pour gérer une pression concurrentielle de plus en plus forte.

    Au sein des départements des entreprises, l’informatique, les services professionnels et le marketing sont ceux qui ont le plus fort taux d’adoption des outils de gestion du travail collaboratif. L’adoption trans fonctionnelle des outils de gestion des tâches était jusqu’à présent traditionnellement conduite par des spécialistes de la Gestion de Projets. Mais l’informatique et les opérations vont devenir les champions de cette adoption trans fonctionnelle en 2019. D’ici 2022, 70% des organisations ayant adopté des outils de gestion du travail collaboratif sur une grande échelle constateront une amélioration significative des performances de leurs équipes de travail, selon Gartner.

    Au cours des trois prochaines années je prévois une croissance exponentielle de l’adoption des plates-formes unifiées de gestion du travail collaboratif, englobant tous les départements de l’entreprise. Ceci permettra d’aller au delà des gains de productivité touchant seulement un ou quelques départements, et fournira une meilleure visibilité et une meilleure coordination, du top management aux employés sur le terrain.

    La croissance du nombre de tâches à exécuter à un rythme toujours plus élevé, ne nécessitera pas seulement une plate-forme performante de gestion du travail collaboratif dotée d’une suite robuste de fonctions d’automatisation. Elle passera par l’adoption de méthodologies de gestion de projets simples à implémenter, ainsi que l’introduction et la croissance rapide de Procédures Opérationnelles Standard ou Standard Operating procedures (SOPs) spécifiques à chaque entreprise et spécialement conçues pour le Poste de Travail Digital. 90% des initiatives réussies de transformation digitale déjà en cours dans les entreprises du classement Fortune 1000 impliqueront la mise en oeuvre de flux de travail et de SOPs spécifiques et reproductibles d’ici la fin 2021.

    Automatisation et Intelligence Artificielle

    Selon le spécialiste du Big Data Domo, 2,5 puissance 20 octets de données sont générées chaque jour. Cette explosion du volume de données va de pair avec la réduction du coût des supercalculateurs (le coût du nouveau supercalculateur de Nvidia a été divisé par trois par rapport au précédent modèle le plus puissant), la banalisation rapide des infrastructures d’intelligence artificielle telles que des produits cloud IA de Google, Microsoft Cognitive Services, et l’environnement open source TensorFlow. Nous pouvons estimer que 80% des entreprises du classement Fortune 100 auront mis en oeuvre au moins un projet d’intelligence artificielle d’ici la fin de l’année 2020.

    L’intelligence artificielle mobilise l’attention et bien sûr l’imagination des médias et des dirigeants des grandes entreprises, mais l’automatisation est un générateur de productivité encore plus puissant. Avec le basculement vers l’économie digitale, toutes les organisations sans exception doivent réinventer certains de leurs processus, ce qui crée de larges opportunités pour standardiser et automatiser une partie de cette opération. Ceci réduit l’obligation pour les employés de trouver et exploiter manuellement les informations. Des opportunités de ce type sont souvent plus simples à conceptualiser et à exécuter que de gros projets d’intelligence artificielle, et ne nécessitent pas des compétences ou des technologies difficiles à trouver. En considérant le retour sur investissement des projets d’intelligence artificielle et d’automatisation en 2019, je prédis qu’au moins les trois quarts ne nécessitera pas des techniques IA sophistiquées et s’appuiera sur des automatisations plus simples, comprenant des SOPs (Procédures Opérationnelles Standard) préconfigurées, des statistiques sur des tâches répétitives, et des approches heuristiques.

    Egalité homme femme sur le lieu de travail

    2019 va être une année charnière pour l’égalité homme femme. L’état de Californie a promulgué une nouvelle règle pour les sociétés cotées. Etant donné le nombre de sociétés high tech de taille mondiale basées en Californie, cette règle a priori symbolique va en fait se diffuser dans un très grand nombre de sociétés, de filiales, et s’étendre aux startups en forte croissance. Il ne s’agit pas seulement d’un objectif politique toutefois. Une étude Ernst and Young de 2016 a montré que l’augmentation du pourcentage des femmes au sein des postes de top management de 0 à 30% a pour conséquence une augmentation de 15% de la profitabilité des entreprises, et ces résultats parlent d’eux mêmes – ce qui a du sens lorsque l’on considère que les femmes contrôlent 20.000 milliards de $ de dépenses dans le monde. En 2019, cet état de chose sera encore plus difficile à ignorer, et je m’attends donc à une forte croissance de la présence des femmes dans des rôles de direction, à la fois dans le top et le middle management.

  • Numérisation de la formation : démocratisation ou déshumanisation ?

    Numérisation de la formation : démocratisation ou déshumanisation ?

    Par Anne Lalo, Directrice Associée d’ExperQuiz

    Le monde change et cette évolution s’est accélérée, les métiers se transforment, disparaissent parfois, en l’espace de moins d’une génération. Non seulement l’impératif de formation est désormais incontournable, mais il a pris une dimension nouvelle : il faut former plus, plus vite, plus de monde. Donc avec une efficacité améliorée et avec des outils procurant un effet de levier plus grand.
    Au service de cette ambition, il est clair que le métier de formateur, lui aussi, subit une véritable mutation.

    Les outils de formation et d’évaluation peuvent être facteurs de maîtrise des risques, de qualité, d’économies et finalement de bien-être car la connaissance enrichit, rassure, rend plus fort et plus libre.  Les outils numériques permettent d’accompagner la formation, de gérer et de capitaliser des connaissances, de valider des savoirs, qu’ils relèvent du socle d’enseignement général ou d’une expertise métier spécifique.

    La numérisation incontournable mais pas incontrôlable

    En matière de formation comme dans tous les domaines, les outils numériques suscitent autant de craintes que d’espoirs. Ils promettent d’améliorer grandement l’efficacité des dispositifs de formation, mais vont-ils supplanter l’humain, déshumaniser la formation ?

    Confier l’évaluation à des systèmes automatisés peut inquiéter tant les responsables des Ressources Humaines et les formateurs que les apprenants, chacun pouvant craindre une perte de pouvoir et d’autonomie.

    Pour autant, comme on l’a dit, il faut permettre à tous de s’approprier les évolutions rapides de son métier, voire d’apprendre un nouveau métier. Chacun doit avoir la liberté de se former comme il l’entend et cela devra se faire à grande échelle, donc à un coût moindre.

    Les outils numériques, venant en appui du formateur, à son service, sont un élément de réponse aux enjeux d’une formation efficace et à grande échelle. Il est donc impératif que les plateformes de formation et d’évaluation diagnostique visent aussi bien l’efficacité que la motivation et l’adhésion.

    À cela, nous pourrions ajouter l’argument écologique.  Faut-il encore imprimer des supports de cours volumineux, très peu lus et très vite remisés ? Faut-il systématiquement se déplacer pour suivre sa formation ? Certes la numérisation a un coût énergétique, mais le bilan carbone reste très avantageux.

    La personnalisation

    Naturellement, la formation est d’autant plus efficace qu’elle est personnalisée, adaptée à chaque individu, à ses souhaits et besoins, à ses démarches cognitives propres, à ses motivations, mais aussi à ses disponibilités ou sa localisation.

    Grâce à la numérisation, un formateur peut dispenser sa formation auprès d’un plus grand nombre.  Industrialisation ne veut pas dire uniformisation. Au contraire, en augmentant le spectre, le logiciel va permettre d’analyser l’ensemble des interactions sur différents profils d’utilisateurs et ainsi d’adapter la pédagogie et d’affiner les supports. En sélectionnant les éléments de cours ou les questions les plus pertinents, grâce à son historique, le logiciel peut s’adapter à chaque apprenant.

    Dans les formations hybrides (« blended learning »), le formateur, en ciblant les besoins des apprenants en amont et en poursuivant les entraînements en aval, améliorera considérablement l’impact de sa formation. Et bien sûr, il disposera de temps et d’attention pour, lui aussi, personnaliser davantage sa démarche, et construire ces précieux éléments de cours et ces questions qui favoriseront l’ancrage mémoriel.

    Le digital au service de l’humain

    Il n’est pas question de supplanter l’enseignant, mais bien de le soulager des tâches répétitives et fastidieuses afin de lui laisser le temps de se consacrer à l’essentiel, c’est à dire à la création de contenus, tâche à forte valeur ajoutée. L’outil numérique ne vise donc pas à remplacer l’humain ; il est à son service, lui permettant de mieux transmettre et de mieux apprendre.

    C’est là que la numérisation trouve sa place. Certaines tâches comme les corrections sont répétitives et rébarbatives. D’autres comme les analyses statistiques et multidimensionnelles des résultats, le tracé des courbes et de diagrammes sont trop complexes pour être généralisés, alors que leur apport pédagogique peut être important.

    L’outil numérique permettra au formateur de se concentrer sur la variété du contenu, sur les méthodes pédagogiques, sur le rythme de chacun, sur les ressources disponibles. Il pourra aussi travailler à plus grande échelle, donc d’avoir un effet de levier plus grand, de mettre son talent, son expertise, au service d’un plus grand nombre. Confier certaines tâches à la machine est donc à la fois un soulagement et un facteur de créativité, de fiabilité et de qualité.

    Si l’évaluation diagnostique et la formation doivent être démystifiées et dédramatisées pour devenir des alliées du progrès et de la productivité, leurs outils doivent eux être ouverts et personnalisables afin de s’adapter à chaque apprenant. Le digital ne doit pas isoler mais rassembler, avec des outils de discussion en ligne, de partage en temps réel, de collaboration et d’interactivité.

    Grâce à la numérisation, le formateur gagnera du temps et de l’agilité.  L’humain conservera un rôle essentiel, non seulement pour produire les contenus pédagogiques de qualité, et orchestrer les processus d’acquisition, mais aussi pour écouter l’inaudible chez l’apprenant et inventer les meilleures voies.

  • Décoder l’info, comment décrypter les fake news ?

    « Le digital : une arme d’autant plus redoutable qu’elle est accessible à tous » – Caroline Faillet

    Digitale entrepreneuse, netnologue, formatrice aux techniques d’influence digitale, Caroline Faillet est une véritable experte du digital. En 2004, elle cofonde le cabinet de conseil Bolero où elle accompagne les grandes entreprises (SNCF, Saint-Gobain, Essilor…) dans leur stratégie depuis le décryptage de l’influence du numérique sur leur marché jusqu’à la mise en œuvre de leur plan de transformation. Cette année, elle décide de s’attaquer aux fake news dans son ouvrage Décoder l’info, comment décrypter les fake news ? en collaboration avec Marc O. Ezrati. Sortie : le 16 octobre 2018.

    5 questions à Caroline Faillet : décrypter les fake news

    Le terme «fake news» a été désigné le mot de l’année 2017 selon le dictionnaire Collins. C’est devenu un concept très populaire et en même temps très flou. Que recouvre finalement cette expression ?

    Caroline Faillet : A l’origine, le mot désigne les fausses informations (dans le sens de fake, truqué) qui circulent sur la toile, mais le terme s’est rapidement élargi au sens d’information fausse (au sens de false, mensonger) pour englober toutes les formes de désinformation qui contaminent le web. Quand Donald Trump s’est mis à accuser les médias traditionnels de fake news, il a contribué à brouiller totalement les frontières entre le vrai et le faux, les sources dignes de confiance et celles qui ne le sont pas ou plus. En conséquence, le terme recouvre aussi bien les sources (site parodique, faux profil, éditeur de revues scientifiques), que les techniques (astroturfing, clickbait, leaks, guerre d’édition sur Wikipédia) et les contenus (rumeur, hoax, fausse étude…). Il symbolise la maladie d’une société qui a basculé dans la post-vérité.

    Le volet politique des fake news, avec les tentatives d’influence des élections via les grandes plateformes, a fait couler beaucoup d’encre. Mais on parle peu des émetteurs de fake news. Qui sont ces nouveaux faussaires du numériques ?

    Caroline Faillet : J’inventorie quatre catégories de faussaires dont les motivations sont très différentes. Le premier est le troll ou le hater, pour qui la fake news est un moyen d’attiser les polémiques sur les réseaux, par simple jeu et pratique de son humour sadique. Le second est le pro de l’intox, qui arrondit ses fins de mois en écrivant des fausses nouvelles ou en les partageant. Ceux qu’Antonio Casilli nomme les tâcherons du clic sont rémunérés pour tenir de faux profils sur les réseaux afin d’alimenter le buzz sur commande. Le troisième faussaire est le «croyant» dont la variante la plus extrême est le complotiste. Il fabrique ou propage l’information qui flatte son idéologie et grossit les rangs de ses adeptes. Enfin le dernier est le faussaire ordinaire, à savoir vous et moi , pour qui la fake news procure un bénéfice psychologique. Celui-là agit par vanité, car il améliore son statut sur les réseaux sociaux par l’émotion qu’il procure à son audience.

    Les fake news sont-elles un phénomène nouveau ?

    Caroline Faillet : La rumeur est le plus vieux média du monde, dit-non. Les fake news n’ont donc rien de nouveau, mais les technologies démultiplient leur puissance et leur impact. Tout d’abord le web a considérablement accru le volume et la visibilité du faux, ensuite le modèle économique des plateformes sociales qui repose sur l’attention a favorisé leur propagation. Les dernières techniques en informatique visuelle, en langage naturel, en intelligence artificielle vont conduire à une industrialisation d’une désinformation devenue quasiment indétectable. Par exemple, l’automatisation de messages pourrait simuler des vagues de paniques sur les réseaux ou des fausses prises de parole de dirigeants en vidéos pourraient provoquer des scandales dans l’opinion. Certains redoutent une «infocalypse» c’est-à-dire un monde de mensonge qui nous ferait perdre contact avec le réel.

    Mais un retour dans le passé doit amener à prendre un peu de recul, car les Anciens redoutaient déjà «La Renommée» (la rumeur) comme la peste. Dans cette période antique où l’oralité dominait, le détournement de l’art de convaincre cher aux Sophistes était déjà dénoncé et combattu par Socrate. Autres temps, autres mœurs : à la dialectique et ses risques de manipulation ont été substituées la maîtrise des réseaux et ses risques de détournement…

    Faut-il en avoir peur pour nos sociétés ?

    Caroline Faillet : Ma conviction est que nous sommes dans une phase de transition : le marché de l’information n’a pas encore retrouvé de mécanisme de régulation qui intègre cette nouvelle fragmentation des producteurs de contenus et des diffuseurs. Les plus malins en ont tiré une forme de pouvoir et, comme toute forme de pouvoir, son danger réside dans le fait d’être concentré dans les mains de quelques-uns. Dans les pays où les plateformes sont soumises à censure, ou sur certains sujets où les croyants (militants politiques, militants anti- vaccins…) ont envahi le web de leurs mythes, il y a un vrai risque de basculer dans le populisme en politique ou l’obscurantisme en science. Comme pour un poison, tout est question de dose. C’est pourquoi les entreprises et les politiques doivent surveiller la part de fake news auxquels sont exposés leurs publics : au-delà d’un certain seuil, il est urgent d’agir.

    Que pensez-vous des initiatives des institutions, des médias et des plateformes ? Et que proposez- vous vous-même pour lutter contre ce risque ?

    Caroline Faillet : Ce qui est sûr, c’est que la lutte contre les fake news ne doit pas se faire au nom d’une défense de l’Ancien Monde, mais bien au nom d’un meilleur fonctionnement de cette démocratie d’opinion. Quand le politique veut légiférer pour interdire certains contenus, quand les médias veulent épingler les bonnes et les mauvaises sources d’info, il y a le risque que cette lutte contre les fake news ne soit qu’un moyen de préserver un pouvoir d’action sur les masses.

    Si les fake news sont bien une infection de la société post- révolution numérique, alors il faut agir à tous les niveaux : la prévention par l’éducation du citoyen, l’amputation des contenus douteux par la responsabilisation des plateformes (Google, Facebook, Twitter…) et la barrière physique aux attaques, la limitation de l’infection par l’action ciblée législative, le renforcement du système immunitaire en encourageant la corégulation citoyenne et la réponse des sachants. Je pense que l’on veut trop souvent éduquer les masses «non pensantes» alors que l’urgence pour préserver l’équilibre de nos démocraties, est que nos élites maîtrisent enfin ces techniques d’influence des réseaux afin justement, qu’ils ne soient pas détournés par les Sophistes des temps modernes ! Pour ma part, je redoute davantage la déconnexion de nos élites que l’irrationalité des foules.

  • Revivez les temps forts de la Journée de la Femme Digitale 2018

    Best of #JFD18 

    Le 17 avril 2018 se tenait la 6ème édition de la Journée de la Femme Digitale à la Maison de la Radio, en partenariat avec franceinfo. Autour du thème « For A Better World : le temps de l’action », la journée invitait chacun à choisir son verbe d’action pour s’engager à sa manière pour un monde plus juste et créatif.vez les meilleurs moments des 3 temps forts de la JFD 
    #Inspire #Network #Experiment

  • Dans la tête des marketers : quels sont leurs défis, leurs priorités, …

    Dans la tête des marketers : quels sont leurs défis, leurs priorités, …

    La mondialisation continue de brouiller les frontières entre les marchés. De nouveaux canaux ont été introduits, et la réglementation (arrivée du RGPD le 25 mai notamment…) menace de modifier les processus opérationnels fondamentaux.

    Face à ces nouveaux paradigmes, Rakuten Marketing s’est penché sur l’analyse des profils des marketers dans leur multiplicité, directement impactés par ces bouleversements conjoncturels.

    Quelles sont les nouvelles priorités des marketers aujourd’hui ?
    Quels sont les défis auxquels ils font face ?
    Quel impact les technologies ont-elles sur leur processus de prise de décision ?

     La toute dernière enquête de Rakuten Marketing réalisée auprès de 1000 répondants dans 5 régions du monde (France, Royaume Uni, Asie Pacifique, Allemagne & Etats-Unis) révèle que :
    50 % des nouveaux marketers sont des “explorateurs” tirant profit des NTIC pour gagner en autorité dans l’entreprise ;
    31 % des profils de marketers sont des “promoteurs”…Quelles sont concrètement les spécificités de ce profil ?
    43 % des profils dits “pragmatiques” sont agés de plus de 45 ans

     

    Le gaspillage de certains budgets, la volatilité des attentes des consommateurs…c’est dans ce contexte que la vidéo et l’image dominent les investissements.

    Dans cette étude, nous explorerons les opinions de plus de 1000 marketers des États-Unis, du Royaume-Uni, de France, d’Allemagne et d’Asie-Pacifique (APAC) afin d’identifier les leviers marketing qui guideront la prise de décision et monopoliseront les budgets en 2018.

    • Les marketers estiment qu’ils gaspillent 26% de leur budget marketing sur les mauvais canaux ou dans de mauvaises orientations stratégiques
    • À l’échelle internationale, les priorités 2018 des marketers sont pour 50% d’entre eux l’évolution des attentes du consommateur et la perte de ces derniers pour 43%
    • Les marketers français priorisent l’investissement dans la vidéo avec 58% d’entre eux prévoyant d’orienter leur budget vers ce type de leviers.

    Quel type de marketer êtes-vous ?

    En analysant les préférences et les comportements des marketers dans le monde entier, nous avons pu dégager quatre profils principaux : Les explorateurs, Les promoteurs, les agiles, Les pragmatiques..

  • #JFD18 Les femmes au coeur de l’innovation

    La 6ème édition de la JFD : un événement grand public à succès, actions concrètes pour les femmes dans le digital et lancement de la Fondation Margaret

    La JFD18 qui s’est tenue le 17 avril 2018 à la Maison de la Radio autour du thème “#ForABetterWorld, Le temps de l’action” a rassemblé une audience considérable grâce à un dispositif digital de grande envergure qui a permis au plus grand nombre de vivre en temps réel cet événement inspirant ! Entrepreneures et intrapreneures, toutes en chemises blanches, ont dévoilé leurs actions et engagements concrets pour agir. Parmi eux, le lancement de la Fondation Margaret qui redonne la place aux femmes dans le digital

    #JFD18 #ForABetterWorld, Le temps de l’action #LesMargaret

    La JFD, l’événement qui célèbre l’innovation au féminin 

    Ouverte par Sibyle Veil, pour sa première prise de parole publique en tant que Présidente Directrice Générale de Radio France, cette 6ème édition a rassemblé sur scène pas moins de 60 intervenants qui participent à la construction d’un monde meilleur grâce au digital. Engagée de longue date sur l’égalité femmes-hommes Stéphane Pallez, PDG de la FDJ, marraine de cette nouvelle édition, a partagé les actions menées par le groupe pour attirer plus de femmes dans les métiers du digital.

    Parmi les temps forts qu’il ne fallait pas manquer : la présentation des résultats de l’étude en présence de Mounir Mahjoubi, secretaire d’état au Numérique, “Elles changent le monde”, réalisée en partenariat avec Capgemini Consulting et La French Tech qui révèle notamment que 82% des femmes entrepreneures n’ont pas suivi de formation spécifique (coaching, e-learning, études supérieures…) et 67% des femmes disent privilégier d’autres moyens de financement que la levée de fonds. 

    “ Nous nous réjouissons d’un changement des mentalités depuis la première édition de la JFD. Cependant les chiffres stagnent avec 28% de femmes dans le numérique et 11% de femmes à la tête de start-up tech en France. Pour rappel, selon l’Union Européenne le PIB européen augmenterait de 9 milliards d’euros par an si les femmes représentaient la moitié du secteur du numérique, alors ne perdons plus de temps à passer à l’action ! ” déclare Delphine Remy-Boutang, co-fondatrice de la Journée de la Femme Digitale, fondatrice du JFD Club, de la Fondation Margaret et de l’agence the bureau. Et ajoute: “ Ne pas féminiser les métiers liés à l’intelligence artificielle, c’est recréer les biais et les stéréotypes de notre société actuelle et de construire un futur toujours plus inégalitaire.”

    Les Margaret et le lancement de la Fondation Margaret 

    Pour plus de rôles modèles dans le numérique. Après les César, les Oscar, les Margaret 

    En hommage à Margaret Hamilton, codeuse informaticienne de la NASA, le prix “Les Margaret” a été remis à trois femmes qui incarnent par leurs projets comment le digital peut être au service d’un monde meilleur. Cette année, en plus des catégories Femme Digitale Entrepreneure et Femme Digitale Intrapreneure, le jury a récompensé une troisième femme par un Prix spécial.

    Catégorie Femme Digitale Entrepreneure : Lucie Basch, Too Good To Go

    Lucie Basch est la co-fondatrice de Too Good To Go. L’application permet aux utilisateurs d’acheter les invendus alimentaires à très bas prix autour de chez eux.

    Catégorie Femme Digitale  Intrapreneure : Siham Laux, Ô fil des voisins (La Poste)

    Siham Laux est CEO et co-fondatrice de Ô fil des voisins, plateforme qui permet de mettre en relation les personnes qui souhaitent bâtir un projet d’habitat participatif afin de co-construire et de partager des espaces communs.

    Prix Spécial du Jury : Céline Bardet, We Are Weapons of War

    Céline Bardet, est la co-fondatrice de l’ONG We Are Not Weapons of War qui soutient les victimes de violences sexuelles et de crimes de guerre dans le monde et les aide à constituer des dossiers solides à présenter devant la Cour pénale internationale.

    Les lauréates se sont vues décerner un trophée digital conçu par l’artiste Judith Darmont par le biais d’une expérience immersive de réalité augmentée HoloLens réalisée par Synergiz.

    La remise des prix fut également l’occasion d’annoncer la création de la Fondation Margaret qui s’engage autour de cinq axes d’actions concrètes : la mise en avant de rôles modèles, l’éducation, le coaching, la communication et le financement. Sa mission est d’augmenter le nombre de femmes dans le numérique et de soutenir leurs projets, notamment en proposant des bourses et des formations pour les femmes souhaitant s’orienter dans les métiers de l’innovation et les sensibiliser à l’entrepreneuriat et à la tech dès le lycée.

    Des actions concrètes annoncées pour plus de femmes digitales 

    A cette occasion, Coca-Cola a lancé en partenariat avec Force Femmes une plateforme d’e-learning pour la réinsertion professionnelle des femmes, Facebook a présenté son programme #SheMeansBusiness qui propose de former 2500 femmes en France; quant à Google, ils ont annoncé la création d’Ateliers Numériques pour des formations en ligne; ou encore Microsoft qui a lancé récemment son école éponyme dédiée à l’IA et a proposé des initiations au code pendant la Journée. Les participants se sont vu remettre un certificat d’accomplissement.

    Télécharger l’étude #JFD18

  • #JFD18 #Etude Journée de la Femme Digitale : ce qu’elles disent …

    Se former : un enjeu capital pour les femmes qui souhaitent entreprendre et intraprendre dans le digital !

    « Il s’agit de trouver les bonnes compétences pour s’entourer, entreprendre s eule c’est complexe. S’il y avait quelque chose à faire différemment pour Habiteo, je prendrais un associé véritablement opérationnel qui emmène le projet tout autant que moi, pour avoir un miroir constant et confronter chaque étape de la construction et puis d’avoir des compétences complémentaires. J’ai dû aller chercher mes faiblesses au sein des équipes pour les compenser car c’est la mixité qui est intéressante. » Jeanne Massa , CEO et co – fondatrice d’Habiteo

    POUR LES INTRAPRENEURES

    Les intrapreneure s elles – aussi doivent se forme r à de nouvelles fonctions et s’adapter au caractère changeant de leurs métiers , surtout dans le digital .

    Plus de 92% des femmes salariées ayant répondu à notre étude souhaiteraient pouvoir suivre des formations au bénéficier de coaching . Or elles sont plus de 66% à noter que ce type d’accompagnement n’est pas proposé dans leur entreprise .

    ➢ S’ il est vrai que les filières d’entrepren euriat dans les grandes écoles et les e – learnings de type MOOC* ou COOC* se sont multipliés ces d ernières années, peu d’entreprises proposent aujourd’hui des formations ou du coaching pour se lancer dans la création d’un business, y compris au sein de sa propre entreprise * expliquer MOOC et COOC

    Encadré : Pour répondre à ces attentes, la Journée de la Femme Digitale a décidé de créer la Fondation Margaret , dont l’un des axes d’action sera la formation. La fondation organisera notamment des coachings au JFD Club, offrira un coaching de Rothschild à la lauréate entrepreneure du prix Les Margaret 2018, et financera des bourses pour les jeunes femmes souhaitant suivre des étude s dans le secteur du numérique . La J ournée de la Femme Digitale , en elle – même, est un événement qui permet aussi de se former au travers des rencontres, des experimentations propos ées, et en s’inspirant d’autres femmes : ces rôles modèles sont autant de mentors qui peuvent encourager à se lancer et partager leur expérience.

    #CREATE : Les Intrapreneures , les nouvelles héroïnes de demain ?

    Qu’elles soient intrapreneures (pour 68% d’entre elles) ou pas (pour 59%) au sein de leur entreprise, une majorité de femmes salariées souhaiteraient créer leur entreprise à moyen ou long terme – c’est – à – dire à horizon +3 ou +5 ans .

    Leurs motivations principales :

    La volonté d’indépendance à 68%
    L’envie de donner un sens à leur vie pour 64% des répondantes et le goût d’entreprendre pour 60%

    Désir de créer de la valeur ajoutée ? de prendre des initiatives ? de porter des projets innovants ? Plus que jamais, le modèle de « l’intrapreneuriat » e st à promouvoir pour encourager les femmes à proposer et mener à bien des projets, au sein de leur structure.

    Pour les entreprises, mettre en valeur ces intrapreneures revient à valoriser la prise d’initiative : un message positif qui laisse présager que les intrapreneures seront les héroïnes de demain !

    « J’ai créé les Insighters au sein de Capgemini Consulting, une équipe de 60+ talents de «makeurs » de la Data capable de proposer à nos clients de nouveaux modèles innovants basés sur la valorisation de la donnée. Ce que j’en retiens ? Notamment le fait que créer et réunir des talents en interne autour d’un rêve et d’une finalité business commune ne p eut se faire sans fédérer largement autour petits et gros acteurs externes qui partagent votre vision. La réussite repose sur l’impact d’un collectif mixte « in » et « out ». Intra – preneuse oui, et résolument ouverte et connectée sur le monde du business, du digital et de la data. » Charlotte Tison Pierron – Perles, Head of Data and AI services pour Capgemini Consulting France

     Mais, alors qu’il y a un regain très fort de l’entrepreneuriat depuis 5 ans, et que l’envie d’entreprendre n’aura jamais été si fort , les femmes ne représentent seulement que 10% des entrepreneures dans la tech (source French W eb) et 28% dans le secteur du numérique (source Syntec)

    Alors, un seul mot d’ordre pour accroitre la croissance économique en France : OSER, INNOVER, ENTREPRENDRE ! D’autant plus que de 45% des répondantes témoignent d’un soutien t rès fort de leurs proches dans leur projet d’entrepreneuriat.

    C’est pour encourager ces femmes à oser que la Journée de la Femme Digitale ; le JFD Club premier club de networking au féminin en Europe, et la Fondation Margaret au travers du Prix Les Margaret s’attèlent à mettre en lumière de nouveaux rôles modèles inspirants.

    « Celà peut paraitre bizarre, mais j’étais quelqu’un de peu sûre de moi avant et le fait d’avoir cette ambition qui se construit peu à peu donne de plus en plus d’assurance. Je me rends compte que les femmes se brident énormément, s’empêchent de faire beaucoup de choses, ont beaucoup de croyances limitantes (…) je me dis toujoursqu’il faut vraiment encourager les femmes à avoi r confiance ; la confiance c’est la clé de tout. » – Alix de Sagazan , Co – fondatrice de AB Tasty

     

    « Je pense que globalement pour les filles c’est vraiment un e question d’oser, il faut oser prendre le risque. » – Stéphanie Hospital , Fondatrice de OneRagtime

    « Le fait d’oser m’a ouvert pas mal de portes. Je sais que souvent j’y vais avec le culot et mine de rien parler de soi permet de se faire connaitre , tout simplement. J’ai osé petit – à – pe tit grâce à la confiance qu’on m’a accordée dans mes expériences professionnelles. J’ai toujours demandé ce à quoi je pensais avoir droit. » – Eliette Vincent , Co – fondatrice de Cocolis.

    #FINANCE : Une recherche de financement dans la durée pour la pérenni té de l’entreprise et du projet

    67% des femmes disent privilégier d’autres moyens de financement que la levée de fonds , notamment l’apport personnel (à 75%) – Au – delà de l’aspect financement, elles ont vraiment pour préoccupation première la recherche de rentabilité, point – clé pour sécuriser la viabilité de leur entreprise, peut – être le syndrome de la bonne élève !

    « Notre objectif n’est pas de faire la plus grosse levée de fonds mais de pérenniser notre entreprise et je reste persuadée que c’est pour ça que nous [femmes] levons moins de fonds. Nous sommes moins dans le côté paillettes, où il faut sortir les gros chiffres. » – Sandrine Jullien – Rouquie , Fondatrice de Ludilabel

    « Je suis fière de générer du chiffre d’affaires. On parle beaucoup de levée de fonds pour les startups, mais finalement si on arrive à générer du CA, ça permet de tester plus longtemps et de développer à un niveau qui pourra intéresser des investisseurs. » – Eliette Vincent , Co – fondatrice de Cocolis

    « Si les femmes lèvent moins que les hommes, en moyenne, ce n’est pas parce que les investisseurs acceptent de leur donner moins, c’est parce qu’elles estiment en avoi r moins besoin pour leur projet. C’est , à m on avis , sur leur estimation du besoin de trésorerie et spécifiquement leur appréciation des moyens nécessaires à leur ambition qu’il faut travailler ! Et ce, uniquement en amorçage ; après cela, le gap de funding se résout naturellement. » – Audrey Soussan , General Partner chez Ventech Capital

    Pour trouver des financements pour leur projet ou leur entreprise, les intrapreneures et entrepreneures témoignent qu’être une femme peut se révé ler un inconvénient … ou un véritable atout !

    Plus de 70 % des femmes interrogées ont concentré leurs efforts sur la préparation de leur dossier de financement et +40% se sont fait coacher pour le préparer .

    « On s’attend toujours à ce qu’une femme soit moins à l’aise sur les chiffres, sur la rentabilité donc je prends soin de montrer que mon projet est solide sur ces dimensions » – (issue de l’étu de quant i)

    « En tant que fondatrice solo, il est plus difficile de donner confiance aux investisseurs. Toujours la question de la vie perso nnelle et des enfants qui est tacite » – (issue de l’étude quanti )

    « Il y a un moment où j’ai compris que, surtout en tant que femme , il faut investir le sujet [du financement] parce que c’est le nerf de la guerre. Donc tant que tu restes sur le banc de touche, tu passe s à côté de la discussion cœur ; ou alors tu ne montes pas un business, ce n’est pas possible. » – Camille Kiejman , DEO et fondatrice de Zogma

    « Rien que le verbe « lever » ou le terme “levée de fonds” me gêne personnellement Je le trouve très masculin. En tant qu e communicante je crois vraiment à la force du langage, au poids des mots et de leur s in jonctions dans notre inconscient personnel et collectif . Je pense que ce verbe “lever” ou le terme “levée de fonds” ne convient pas aux femmes.” Et je propose de créer un nouveau terme et de choisir un nouveau verbe d’actio n pour expliquer le financement , l’investissement de façon plus humaine ! – Delphine Remy – Boutang , Co – fondatrice de la Journée de la Femme Digitale, Fondatrice du JFD Club et de the bureau

    … ou un véritable atout !

    « Nous étions deux – moi j’étais enceinte et à partir du moment où les investisseurs voient que la boîte marche , ils ne sont pas du tout misogynes. Au contraire ! Je pense que c’est plutôt un atout parce que comme ils ont assez peu de femmes dans leurs portefeuilles, ils les mettent en avant et essayent d’en avoir. Je trouve que ce n’est absolument pas un frein. » – Alix de Sagazan , Co – fondatrice de AB Tasty

    #DRIVE : Le leadership au féminin, un leadership en adéquation avec les nouvelles tendances sociétales

     80% des femmes Managers déclarent n’avoir aucune difficulté à rec ruter des hommes en tant que femmes.

    Pour la plupart des femmes interrogées, le sujet du management au féminin n’est pas un sujet en soi ; le management est une question de personnalité avant tout.

    Pour autant, les femmes mettent en avant un « savoir – être » qui leur est propre. E lles basent leur mode de management avant tout sur l’empathie, la collaboration , l’accompagnement de leurs collaborateurs pour les faire progresser (à +78 %) , la responsabilisation des équipes (à 81%) et la souplesse sur l’aménagement des horaires compte tenu des contraintes personnelles, familiales par exemple (à 6 7 %) .

    A l’ère des salariés « Digital Native », ces valeurs sont en complète adéquation avec leurs nouvelles attentes : quête de transparence, de flexibilité, de confiance et de communication en temps réel prônées par les réseaux sociaux et plus largement véhiculées par le digital. Vous avez dit génération Z ?

    « Personnellement je ne dirais pas en tant que femme, mais en tant que moi tout court : j’ai un style qui m’est propre, qui correspond à ma nature. C’est surtout parce que je suis moi donc une question de nature. » – Francesca Aceto , Présidente de « SNCF au féminin »

    « [En tant que femme et maman de 2 enfants] j’ai l’impression d’avoir été plus à l’aise avec le télétravail, avec plus de confiance à laisser des femmes rester chez elles quand elles en ont besoin que des hommes qui sont un peu plus loin de ces préoccupations. » – Nathalie Debras , Directrice de la Communication de L’Oréal Luxe France

     « Capgemini Consulting a lancé l’initiative Start Playing en 2017 afin de mieux répondre aux attentes de leurs salariés en termes de flexibilité, de transparence et de dévelo ppement personnel. Ainsi, les consultants peuvent désormais travailler dans des espaces de co – working ou prendre un break de quelques mois pour mener à bien un projet personnel. L’accent est également mis sur la formation, en e – learning sous forme de COOC ou en présentiel, pour que chacun puisse devenir expert du digital ou se former aux nouveaux outils pour délivrer autrement. Enfin, vivre de nouvelles expériences est facilité, par exemple pour partir faire une mission dans un bureau à l’étranger ou en sta rt – up avec le programme Vice Versa. »
     

    « Je sais que mon mode de management depuis le début c’est « manage comme tu aimerais être managée » – Camille Kiejman , CEO et Fondatrice de Zogma

    « Une des différences je dirais que c’est le fameux quotient émotionnel qui est quand même beaucoup plus féminin et qui va ramener une dimension d’empathie plus forte. Je le constate. Souvent les femmes vont plus être à l’écoute de l’autre, se préoccuper du développement personnel de leurs équipes, de cette dimension peut – être plus humaine dans le collaborateur que les hommes qui vont plus être orientés sur la performance et l’efficacité en priorité. » – Laurence Lafont , Directrice Division Marketing et Opérations chez Microsoft France.

    #LEAD : Un changement de mentalités en marche

     Être un homme ou une femme pour entreprendre un projet ou créer son entreprise n’est plus un sujet pour près de 80% des femmes interrogées.

     

    « Pour l’entrepreneuriat surtout en sortie d ’école, je trouve qu’il n’y a pas de différence à être une fille ou un homme. C’est pour cette raison que je n’aime pas trop faire les « trucs » uniquement femmes parce que je préfère faire des choses « entrepreneur » tout court. Là je le fais parc e que j’ ai envie de pouvoir montrer à des jeunes femmes que c’est possible. En tout cas dans mon écosystème , être un homme ou une femme ce n’est pas un sujet. » Rania Belkahia , Présidente et co – fondatrice d’Afrimarket

    « Pour moi être un homme ou une femme pour créer son entreprise, ça n’a rien à voir avec l’entrepreneuriat. J’ai toujours été une entrepreneure point. Femme ou pas, il n’y a pas de différence pour moi. Je pense justement que se considérer comme différente et femme est un problème et ça forme l’idée que l’entrepreneuriat féminin est différent donc si les femmes peuvent comprendre qu’elles font face aux mêmes problèmes que les hommes c’est bien. » Joséphine Goube , Fondatrice de Techfugees

    Pour autant, si les mentalités changent lente ment mais sû rement, la JFD entre autres acteur s – clé s de cette transformation , n’a pas encore réussi à faire bouger les chiffres puisqu’on ne rencontre toujours que 10% à la tête des startups dans la tech. (source : FrenchWeb)

    Les préjugés ont parfois encore la vie dure. Pour les 20% qui pensent q u’être une femme est handicap pour entreprendre :

    ➢ 80% jugent qu’elles sont victimes de préjugés

    ➢ 25% que les femmes prennent moins de risques

    ➢ 31 % qu’elles veulent préserver leur vie de f amille

    « J’ai créé One RagTime avec Jean – Marie Messier ; je vous passe le nombre de fois où j’ai eu ‘Vous êtes l’assistante de M. Messier ?’ » – Stéphanie Hospital , Fondatrice de OneRagtime

    « J’ai une amie qui en ce moment lève des fonds, son conjoint lève des fonds également.
    Ils sont chacun entrepreneur avec un associé : c’est un couple de filles et un couple de garçons. Ils vont voir les mêmes investisseurs. Dans un cas on leur dit : ‘Mais comment vous allez faire pour le développement international parce que vous avez des enfants ?’

    Pour le couple de garçons on ne voit aucun problème avec le fait qu’ils développent l’international en ayant des enfants. Ce sont les mêmes gens avec les mêmes enfants. » – Camille Kiejman , CEO et Fondatrice de Zogma

    « Je ne me serais jamais lancée à la fin de mes études. Une femme ne répond pas à une offre d’emploi quand elle n’est pas sûre à 90% de répondre à tous les items, alors que quand l’homme en coche 30%, il répond. Ça c’est très problématique ; pour moi, il fall ait que je valide 90% des acquis qui sont nécessaires pour pouvoir monter une boîte ; je ne me serais pas lancée dans le bain sans être sûre que j’allais savoir nager. » – Agathe Fourquet , Co – fondatrice de Usine IO

    L’éducation et la formation ont un rôle à jouer ici pour que les femmes se sentent plus légitimes et pour dépasser les préjugés car c’est en supprimant les stéréotypes dès le plus jeune âge que nous les supprimons de nos mentalités.

    « C’est très tôt qu’il faut s’occuper du sujet. On se rend compte que c’est vers l’âge de l’adolescence que ça commence à basculer à cause du regard de la société et des stéréotypes sur le fait que les métiers techniques seraient plus masculins. C’est au plus tôt qu’il faut commencer à travailler là – dessus (…) car ju squ’à 10 – 12 ans, il n’y a pas d’inégalités par rapport à ces sujets » – Laurence Lafont , Directrice Division Marketing et Opérations chez Microsoft France

    Selon une estimation de l’Union Européenne, le PIB européen augmenterait de 9 milliards d’euros par an si les femmes représentaient la moitié du secteur du numérique. Pourquoi ? Parce que les entreprises qui ont des femmes à leur tête ont une meilleure rentabilité.

    La tech, une affaire de femmes à reconquérir : Changer les mentalités est la première étape pour faire bouger les chiffres et construire un monde meilleur plus juste et plus créatif, il est donc grand temps de passer à l’action !

     METHODOLOGIE :

    L’étude a été réalisée conjointement par CapGemini Consulting et La French Tech du 19 février au 21 mars 2018. La partie quantitative, conçue par CapGemini Consulting a été administrée en ligne auprès de +1100 femmes. En parallèle, La French Tech a mené un e série d’entretiens qualitatifs, de visu ou par téléphone, auprès de 15 entrepreneures et intrapreneures issues de l’écosystème digital .

  • Le Growth Hacking, chimère ou véritable stratégie pour les start-ups ?

    Mais au fait, c’est quoi le Growth Hacking ?

    Par Dominique Pecqueur, Directeur e-retail de Wax Interactive Lille (agence digitale de SQLI)

    Les idées disruptives des Growth Hackers nous font nous poser beaucoup de questions, la croissance incroyable de certaines start-ups également. Le terme de Growth Hacking a été inventé par Sean Ellis*, au début des années 2010.

    Les start-ups existent et disparaissent grâce à leur capacité à engranger très rapidement de l’acquisition de clients.  Bon nombre d’entre elles en démarrage sont vouées à l’échec et ne peuvent pas croître parce qu’elles n’arrivent jamais à s’adapter au produit ou au marché.  Cependant, même avec un ajustement produit/marché, la croissance est difficile. Les démarrages sont soumis à des contraintes extrêmes en termes de ressources et doivent trouver comment annihiler les freins pour faire savoir à leurs clients cibles qu’ils disposent d’une solution efficace pour pénétrer un marché.

    La peur de l’échec mène à l’innovation !

    Pour bénéficier d’une croissance rapide et significative, une start-up doit changer radicalement les règles des canaux traditionnels ou/et innover en dehors de ces canaux de croissance.  Il est difficile de s’adapter aux anciennes règles du marketing, il faut les réinventer, creuser en profondeur, faire preuve de créativité et tester sans relâche de nouvelles idées.  Une start-up qui ne s’en pas rend compte rapidement, fermera boutique.

    Les puristes appelleraient ça du marketing.  J’appelle ça du piratage de croissance, d’où le terme Growth Hacking !

    Les meilleurs piratages de croissance profitent des opportunités et innovations offertes dans un monde connecté où les expériences numériques peuvent se propager rapidement. Puisqu’une majorité des idées de croissance échouent, il devient primordial d’en tester un très grand nombre.

    On va distinguer 5 étapes qui vont permettre une croissance fulgurante:A(cquisition)A(ctivation)R(étention)R(eferral)R(evenus)

    L’acquisition :

    La première étape du travail d’un Growth Hacker et d’une start-up consiste à attirer des internautes sur un service (via différents canaux : réseaux sociaux, SEO, SEA, etc.). C’est de l’acquisition de trafic, la base ! Pour cela, il faut que la proposition de valeur soit suffisamment attractive et que l’internaute la visualise très rapidement.

    Exemple : « louez chez l’habitant pour moins cher qu’un hôtel et avec plus de convivialité » (Airbnb).

    L’activation :

    Une fois que les internautes sont arrivés sur le site web via une landing page, qu’ils ont vu la proposition de valeur, il faut réussir à transformer l’internaute en utilisateur (client). Un des moyens pour mesurer le degré d’activation : les inscriptions (newsletter, flux RSS ou autres). Pour réussir cette étape, il faut que l’utilisateur ait une première expérience satisfaisante du produit ou du service. Par exemple, afin d’optimiser l’activation, Uber permet de visualiser les voitures qui se déplacent en direct. On parlera d’onboarding marketing.

    Rétention :

    Le GH doit s’assurer que les utilisateurs du service deviennent actifs et l’utilisent régulièrement, via par exemple des mises à jour régulières, des nouveautés, la proposition de nouvelles fonctionnalités, l’organisation d’événements, les bons de réduction, les programmes fidélité, etc. Il est essentiel de bien travailler la rétention avant même de chercher à faire du referral (Trafic en provenance d’un site tiers, partenaires, annuaire, etc). Le travail de rétention est une étape cruciale du mix produit/marché. On peut considérer que si l’on a atteint ce stade, la start-up aura su créer son marché ou saisir une demande préexistante.

    Referral :

    A ce stade, il faut tout mettre en œuvre pour que les utilisateurs actifs deviennent des ambassadeurs du service auprès de leur réseau. On est ici au cœur du Growth Hacking !

    C’est la viralité qui va permettre à la base utilisateurs de grossir de manière exponentielle. Le Growth Hacker peut utiliser un ensemble d’actions pour accroître le refferal.

    Une des qualités essentielles est d’être inventif, créatif…

    Revenus :

    Cette dernière étape consiste à transformer les utilisateurs actifs en chiffre d’affaires. C’est une étape importante, mais qui n’arrive qu’à la fin. C’est l’étape de monétisation (pub, souscription…) au cours de laquelle les prospects deviennent de véritables clients.

    Ce résumé tente d’expliquer la philosophie du Growth Hacker. Dans un premier temps, il ne cherche pas à gagner de l’argent. Son objectif est d’accroître le nombre d’utilisateurs d’un service. Pour assurer une croissance durable, le GH portera particulièrement son attention sur la qualité des utilisateurs, d’où l’importance des phases activation et rétention. Ce n’est que lorsque la base utilisateurs devient suffisamment importante, que ceux-ci sont devenus actifs, que le travail de monétisation peut commencer.

    Comment les marketeurs traditionnels ont réagi au piratage de la croissance ?

    La plupart des spécialistes du marketing traditionnel disent que c’est exactement ce qu’ils font, c’est du marketing !   Mais il est rare de voir l’un d’entre eux avoir des antécédents en matière d’élaboration de programmes vraiment novateurs et de changement de règles pour stimuler la croissance.  La plupart n’ont pas la nécessité ou la motivation de changer ces règles, d’innover dans de nouveaux canaux.  Contrairement aux start-ups, les grandes entreprises ne sont pas attractives pour les personnes qui aiment l’innovation, la prise de risques.

    Cependant, certains spécialistes en marketing des entreprises et agences traditionnelles ont examiné les taux de croissance sans précédent qui se dégagent des entreprises émergentes du numérique et ont trouvé cela incroyable !

    Ils se sont posés cette question : Mais comment puis-je constituer une équipe d’experts dans mon organisation et obtenir des résultats de croissance semblables ?  Je suis certain que c’est « la » question pour toute grande équipe ou agence de marketing qu’il faut se poser.  Les grandes entreprises ont toujours cherché des moyens d’améliorer leur capacité à innover comme les startups Je ne suis pas surpris que les plus intelligents cherchent maintenant à reproduire les approches novatrices de découverte de croissance des entreprises en démarrage.

    Pour finir, voici un exemple d’action de Growth Hacking liée à la phase « Rétention » justement. Twitter s’apercevait que de nombreux utilisateurs s’inscrivaient sur le réseau social mais n’utilisaient plus leur compte au bout de quelques jours ou quelques semaines. Twitter a pris conscience (on voit là toute l’importance de l’analytics) que la majorité des comptes inactifs appartenait à des utilisateurs qui avaient un nombre de followers inférieur à 20. Pour améliorer la rétention de ses utilisateurs, les équipes de Twitter ont eu une très bonne idée : proposer au moment de l’inscription une liste de personnes à suivre. Le succès a été au rendez-vous et la proportion d’utilisateurs inactifs a fortement diminué.

    « Les growth hackers, en utilisant leur connaissance sur le produit & la distribution, trouvent des moyens ingénieux et technologiques axés sur la croissance, qui poussent parfois les limites de ce qui est attendu ou même conseillé » Neil Patel*

    *Sean Ellis en est l’inventeur. Il a tout simplement permis à plusieurs startups américaines de devenir des entreprises valorisées plus d’un milliard de dollars ! La plus célèbre ? Dropbox !

    * Neil Patel est le co-fondateur de Crazy Egg, Hello Bar et KISSmetrics. Il aide des entreprises comme Amazon, NBC, GM, HP et Viacom à accroître leurs revenus. The Wall Street Journal l’appelle un influent de premier plan sur le Web, Forbes dit qu’il est l’un des 10 meilleurs spécialistes du marketing en ligne, et Entrepreneur

  • Quel pays offre aux entreprises le meilleur environnement pour prospérer dans une économie toujours plus digitalisée ?

    Indice Euler Hermes d’Agilité Digitale
    Quel pays offre aux entreprises le meilleur environnement pour prospérer dans une économie toujours plus digitalisée ?

    Dans une économie mondiale en pleine digitalisation, quel pays offre aux entreprises les conditions idéales pour continuer leur développement et amorcer leur transformation digitale ? C’est ce que mesure l’Indice d’Agilité Digitale (IAD) d’Euler Hermes. Le leader mondial de l’assurance-crédit évalue l’environnement digital de 116 pays selon 5 dimensions : la réglementation et l’environnement des affaires, le système éducatif et les dispositifs de recherche, la connectivité, les infrastructures logistiques et la taille du marché. En résulte une note de 0 à 100[1] qui reflète la capacité d’un pays à aider les entreprises à prospérer dans un contexte de digitalisation croissante.

    L’Europe de l’Ouest récolte-t-elle les fruits du marché unique ?

    Les Etats-Unis occupent la première place du classement avec un score de 87. Le pays bénéficie d’un marché imposant de par sa taille, d’un système éducatif et de dispositifs de recherches solides, et d’un environnement des affaires favorable. Trois dimensions primordiales pour favoriser la transformation digitale des entreprises et assurer leur succès face aux nouveaux défis digitaux.

    Derrière la locomotive américaine, l’Europe de l’Ouest a su sauter dans le bon wagon. « La surprise provient de l’Allemagne, qui se classe deuxième avec un score de 75,3. Même si les résultats de la digitalisation sont moins visibles en Allemagne et aux Pays-Bas qu’aux Etats-Unis, ces deux pays disposent de fondamentaux robustes en matière d’infrastructures, de connectivité et de développement des savoirs », explique Georges Dib, économiste chez Euler Hermes et co-auteur de l’étude.

    Quand on parle d’environnement favorable au développement digital des entreprises, l’Europe de l’Ouest est à la pointe, avec 16 pays classés parmi le top 30. Mieux encore, 4 pays de la zone figurent parmi le top 5 : l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse et le Royaume-Uni. La région a su profiter de la construction de l’Union Européenne, avec des pratiques réglementaires et business harmonisées, des infrastructures logistiques améliorées et des systèmes d’éducation, de formations et de recherches développés.

    Et la France dans tout ça ? « Classée 19ème avec une note de 65,5, la France dispose d’un bon profil digital qui repose sur des infrastructures logistiques et commerciales efficaces, un climat des affaires plutôt favorable aux entreprises et une taille de marché conséquente à l’échelle européenne (2ème marché de la zone euro). Nous sommes légèrement en retrait en matière de connectivité par rapport aux pays qui nous devancent, mais notre place dans le top 20 démontre que la France est dans les temps en matière de digitalisation », analyse Mahamoud Islam, économiste chez Euler Hermes co-auteur de l’étude.

    L’Asie présente ses champions et ses étoiles montantes

    L’Asie-Pacifique apparait également comme une région soutenant la digitalisation de l’économie et des entreprises, plaçant 8 pays dans le top 30 : le Japon (7ème), Singapour (8ème), Hong-Kong (9ème), la Corée du Sud (10ème) et la Chine (17ème) montrent la voie, suivis par l’Australie (20ème), la Nouvelle-Zélande (22ème) et la Malaisie (30ème).

    « D’importantes améliorations sont à noter en Thaïlande, en Inde et en Indonésie depuis l’année dernière. Ces trois pays sont les étoiles montantes de la région. En tant que géant démographique, la Chine bénéficient largement de la taille de son marché domestique mais est à la traîne quand il s’agit de connectivité », pointe Mahamoud Islam.

    L’Amérique Latine, le Moyen-Orient et l’Afrique en retrait malgré quelques exceptions

    La situation est plus compliquée pour les entreprises d’Amérique Latine. La faiblesse de la connectivité, les infrastructures logistiques et l’innovation sont les principales lacunes de la région. Les deux premiers pays de la zone sont le Chili (43ème), grâce à un environnement des affaires relativement favorable et le Mexique (52ème), grâce à la taille de son marché domestique.

    Au Moyen-Orient, les Emirats Arabes Unis sont en pole position (24ème), avec un score impressionnant en matière d’infrastructures logistiques, relatif à leur rôle de plateforme commerciale centrale dans la région. Les autres économies peinent à tirer leur épingle du jeu, en témoignent la 50ème place de l’Arabie Saoudite et la 80ème de l’Egypte.

    Côté africain, l’Afrique du Sud ouvre le bal (46ème) devant le Kenya (70ème). Le Nigéria, malgré un marché domestique conséquent, ne se classe que 100ème.

    « Développer la réglementation digitale, former le capital humain, miser sur une logistique intelligente et réduire les inégalités digitales sont autant de stratégies efficaces pour améliorer son indice d’agilité digitale et aider les entreprises à suivre la transformation digitale de l’économie mondiale », conclut Ludovic Subran, Chef économiste d’Euler Hermes.

    En résumé : 

    • L’Indice d’Agilité Digitale (IAD) d’Euler Hermes mesure la capacité de 115 pays à fournir aux entreprises un environnement leur permettant de continuer leur développement dans un contexte de digitalisation de l’économie mondiale.
    • Les Etats-Unis, l’Allemagne et les Pays-Bas occupent les trois premières places du classement. L’Europe de l’Ouest place 16 pays dans le top 30, et la France se maintient dans le premier tiers (19ème).
    • L’Asie tire son épingle du jeu avec 8 pays parmi le top 30. Situation plus complexe pour l’Amérique Latine, le Moyen-Orient et l’Afrique, malgré quelques rares exceptions comme le Chili, les Emirats Arabes Unis et l’Afrique du Sud.