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  • #Session Rattrapage – Conférence Disruption Nationale du 13 juin

    Conférence de Paris sur le numérique

    La Conférence de Paris sur le Numérique s’installait pour la première fois au Palais Brongniart ce lundi 13 juin. Au programme, un panorama des disruptions à l’œuvre dans l’économie française. Mobilités, santé, territoires, cosmétique, ou comment les grands secteurs subissent la disruption ou s’en emparent ? Et aussi l’exposé de sociétés numériques qui prennent en charge les révolutions à venir, notamment celle de l’Internet des objets et de l’intelligence artificielle…

    Mobilités : autonomes et sans coutures
    Avec OuiCar, BlablaCar ou XYT, c’est la personnalisation qui était à l’honneur. Fabriquer sa voiture, la louer, la partager, la voiture passe du statut de propriété de masse à celui de service personnalisé, sous le signe de l’économie de fonctionnalité. Quand on lui demande à quoi ressemblera la voiture dans 10 ans, Frédéric Mazella répond simplement « elle sera moins vide » (aujourd’hui 97% du temps d’usage d’une voiture est réalisé avec une seule personne à bord). Pour Renault, le véhicule autonome est inévitable, comme les énergies renouvelables. Mais François Pistre n’oppose pas économie de propriété et de fonctionnalité, la preuve, alors que le co- voiturage et l’auto-partage se développent rapidement, on n’a jamais vendu autant de voitures dans le monde, notamment en France et en Europe qu’en 2015 ! Côté train, la SNCF a conduit en 18 mois un ambitieux plan de digitalisation piloté par Emmanuelle Turlotte, avec en ligne de mire une connectivité permanente, des services toujours plus fluides et à moyen terme l’ambition de faire de la SNCF une entreprise-plateforme, facilitant la mobilité en « porte-à-porte ».

    Cosmétique française, ou la beauté connectée
    La Cosmetic Valley et Chartres métropole ont candidaté pour créer un réseau thématique French Tech autour de la beauté. Réponse avant fin juin… Leur conviction vient des startups. Près de 150 startups, réparties sur tout le territoire national, travaillent dans ce domaine et peuvent permettre à l’ensemble de la filière de maintenir ses positions de leader mondial (la cosmétique est la deuxième filière exportatrice française avec 13 milliards d’euros d’excédent commercial). Au sein de ce réseau, les startups cosméto-digitales seront accélérées et parrainées par les industriels, et se verront ouvrir des marchés internationaux où la France domine les débats.

    Les nouvelles industries et l’Internet de objets
    Alain Ferrasse-Palé, Président de Nokia France, est venu présenter la feuille de route de Nokia France, 3 mois après le rachat effectif d’Alcatel Lucent. Nokia se positionne au cœur du socle numérique de l’industrie du futur, tous les process industriels sont optimisés par le Numérique, logiciels, réseaux, internet des objets. Un point développé lors de la table-ronde organisée par l’AFNUM et réunissant M20 City, Visiomed, Parrot et Sigfox. En 2020 on estime à 50 milliards le nombre d’objets connectés actifs dans le monde. Ils rendront des services inédits, adossés à des réseaux de nouvelle génération. Pour Thomas Nicholls de Sigfox « la question des standards est un faux problème, nous sommes présents en couverture totale dans 20 pays déjà, il faut avancer vite et tenir la promesse… » Les objets connectés se déploient partout et le mix technologique cher à Nokia doit leur permettre communiquer partout et sans frontières.

    Cet ultra-déploiement du numérique pose la question de son empreinte environnementale. Un sujet pris à bras le corps par le SFIB qui développe le volet « économie circulaire de la filière. Sylvie Thomas a révélé avec franchise que le Numérique produisait 5% des gaz à effet de serre. Mais elle pose la question : « combien de tonnes de GES le Numérique permet-il chaque jour d’économiser ? » Les industries qui sont devenues plus propres grâce au digital n’ont pas encore évalué cet apport à leur RSE… Recyclage, ré-emploi, ré-utilisation, Lexmark ou HP entre autres intègrent jusqu’à 50% de matière recyclé dans leurs appareils et la filière D3E a collecté 600.000 tonnes de déchets en 2015. Encourageant, et encore d’importantes marges de progrès.

    Les territoires 2.0
    Avec Nathalie Dirand, de Covage, l’impact des réseaux sur les territoires a été affirmé. Création d’emplois directs et indirects, attractivité, compétitivité… Les élus locaux savent pourquoi ils déploient des réseaux à présent. C’est le credo de Laure de la Raudière, Député d’Eure-et-Loir, un Département qui s’est donné une feuille de route 2020 dont la colonne vertébrale est le numérique : formation, agriculture, réseaux, entrepreneuriat , médiation numérique et services publics transforment radicalement les opportunités d’un territoire rural situé à 1 heure de Paris. Opportunités illustrées par Eric Charpentier, fondateur de Morning (ex-Payname), une société de la « néo-banque » de 50 salariés qui a installé son campus à Saint Elix le Château, à 50 km de Toulouse dont elle a quitté le centre-ville il y a quelques semaines. Un projet ancré dans la ruralité pour un campus à la Google. « Au début on n’avait pas la fibre sur ce territoire, alors on l’a installé », témoigne Eric Charpentier, autonomie encore…

    Santé collective
    La bascule promise du curatif au préventif tarde à se concrétiser selon Henri Isaac. Pourtant, le numérique, les datas et les capteurs permettraient de repenser totalement notre philosophie de la santé, qui reste encore une économie de la maladie. Ghislaine Alajouanine, auteure de « Enthousiasmez-vous ! » et membre du conseil d’administration de Visiomed, est optimiste : « le vieillissement de la population est une opportunité majeure, le marché du homecare pèsera 500 milliards d’euros ! » mais génèrera aussi des économies considérables pour un système de santé encore trop centré autour de l’hôpital. Parallèlement, les patients s’organisent autour de plateformes telles que Carenity, et les professionnels de santé autour de réseaux comme Eppocrate, créé par le Dr Cécile Monteil, qui constitue une forum ouvert autour de l’innovation et de la santé. L’effet numérique, porteur de disruption, est une fois encore la force de la « multitude » et sa capacité à s’auto-organiser…

    http://www.laconferencedeparis.com/sante-la-revolution-preventive/

     

    Changer le travail
    Avec Switch Collective et Remix Coworking, le travail change radicalement de visage. Penser son projet, trouver les clés d’un chemin personnel et unique, se mélanger avec des profils totalement différent… le travail devient histoire personnelle et collective en s’appuyant sur les mécanismes de la sérendipité : trouver ce que l’on cherchait vraiment en cherchant autre chose, tout l’esprit du Numérique ! Quand de son côté Antoine Jouteau s’empare du marché des offres d’emploi en proximité avec déjà 300.000 offres publiées ! Pour Marine Aubin, Co- Présidente de Girlz in Web, c’est, au-delà du travail, la manière même de faire société qui est en train de changer.

    http://www.laconferencedeparis.com/disruption-du-travail/

    https://www.youtube.com/watch?v=dT1h6BNjpyY

    Banque-disruption
    Côté finances, selon Alain Clot, président de la Fintech, la première disruption était l’émergence de la finance participative (notamment Kickstarter implanté en France par Axelle Tessandier) avec des réussites comme Leetchi, présentée par Céline Lazorthes. Mais un deuxième mouvement se dessine, qui vise le perfectionnement- même des institutions bancaires, désormais prêtes à l’open-innovation. Crédit Mutuel Arkéa a racheté Leetchi mais sans toucher un cheveu du projet et de sa philosophie… Un mouvement incarné par Fundvisory qui doit permettre, toujours en partant de l’amélioration de l’expérience-utilisateur, de piloter et gérer en toute transparence ses portefeuilles d’investissement, avec l’aide du « robot-advisor », la puissance de l’intelligence artificielle au service de la rentabilité et de la lisibilité…

    http://www.laconferencedeparis.com/qui-fera-sauter-la-banque/

    L’Afrique à l’honneur
    La Conférence de Paris a eu l’honneur d’accueillir le Président de Digital Africa, Evans Woherem. Digital Africa est une association qui fédère les acteurs du numérique africain, entreprises, pouvoirs publics et universitaires. Interviewé par Gilles Babinet, Digital Champion de la France à l’UE et fondateur d’Africa4Tech, le Docteur Woherem a présenté l’Afrique comme un continent à forte ambition. La moitié de la population fait désormais partie de la classe moyenne, et a une très forte appétence pour la consommation de produits et de service technologiques. L’Afrique invite l’esnemble des entreprises européennes et notamment françaises à considérer ce potentiel et à venir aider l’Afrique à réaliser son « leapfrog » (saut de grenouille) car elle ne veut pas passer par les étapes intermédiaires mais aller directement ver l’Internet of Everything. Déjà, des pays comme le Nigeria, le Kenya ou l’Afrique du Sud intègrent pleinement le Numérique dans leurs stratégie de développement…

    http://www.laconferencedeparis.com/afrique-continent-digital/

    Paris est magique
    Le Palais Brongniart, géré pour 30 ans par GL Events a pour mission d’être la scène numérique française. Il héberge la Fintech, l’EEMI… Mais pour son directeur Christophe Caillaud-Joos, il retrouve sa vocation première, être un lieu pour les innovateurs qui doivent présenter leurs projets, convaincre d’y investir. Avec 14.000 startups, Paris-Ile de France est le bon endroit pour cette effervescence. Stéphane Distinguin, Président de Cap Digital, confirme cette effervescence de projets, Futur- en-Seine mobilisera encore cette année près de 100.000 visiteurs !

    Les clés de la disruption
    Tout au long des conférences, rythmées par le sound design de DJ Laek, sont apparus trois principes de la disruption. Tout d’abord il s’agit de redonner le

    pouvoir aux utilisateurs et à la multitude. Le bottom-up devient le modèle dominant. Puis, pour les industries constituées, l’auto-disruption nécessite de penser en parallèle l’entretien de l’ancien modèle et l’accélération du prochain. Le management qui survivra sera celui qui disposera de ces deux cerveaux et les articulera dans le temps sans les opposer. Transformer la disruption en transition en somme… Enfin, refuser de subir la disruption implique de rapprocher startups et grands groupes dans des coopérations égalitaires et gagnant-gagnant. Si l’esprit startup à l’américaine est basé sur une logique d’agression (certes souvent de façade) où il s’agit d’être celui qui « tuera » les grands groupes et les rentes en place, la disruption made in France cherche à composer avec des industries historiques qui se sont mises en mouvement.

    La Conférence de Paris sur le Numérique est le rendez-vous annuel de la disruption. Elle a vocation à permettre à ses publics de saisir les mouvements disruptifs induits par le développement des technologies numériques dans notre vie quotidienne, pour les transformer en opportunités économiques.

    La Conférence de Paris sur le Numérique est organisée par Mon Territoire Numérique, agence également organisatrice des Etats Généraux des RIP (Deauville) de RURALITIC (Cantal) et actrice majeure du coaching de
    startups françaises dans le cadre du CES de Las Vegas via la « Mission CES ».

  • Pourquoi le numérique est essentiel à la compétitivité ?

    Quand le numérique met sous pression la production informatique des entreprises   

    Une étude de CA Technologies, réalisée par le cabinet d’analystes Freeform Dynamics auprès de 1 442 hauts dirigeants de départements informatiques et métiers, fait  un état de l’art de la transformation numérique dans les entreprises françaises et de plusieurs pays. Cette étude met notamment en exergue que les enjeux associés à la nécessité d’accélérer et d’adapter la production informatique des entreprises pour répondre à un nouveau paradigme de la consommation. 

    La transformation numérique des entreprises est en cours. Avec elle, la promesse d’une expérience client nouvelle, d’interactions plus riches et immédiates, de messages marketing mieux ciblés et de processus internes optimisés. Corollaire de cette évolution, les consommateurs sont de mieux en mieux informés et deviennent plus exigeants et impatients.

    Depuis quelques années, le numérique a permis de multiplier les points de contact : web, smartphones et tablettes, réseaux sociaux, places de marché, click-to-call, etc. Sans cesse de nouveaux canaux apparaissent : il est désormais possible de vendre via Twitter ou via une application mobile de « tchat ». 

    Les résultats de l’enquête de CA Technologies démontrent que pour réussir sur des marchés désormais mondialisés et répondre aux attentes toujours plus pressantes des consommateurs, les entreprises doivent aujourd’hui redéfinir une nouvelle organisation pour fluidifier leur production informatique afin de délivrer rapidement les nouveaux services attendus par les consommateurs ; un peu à la manière du Taylorisme qui a maximisé la production d’automobiles au début du XXème siècle grâce à une nouvelle organisation scientifique du travail. Cette méthode de production informatique – DevOps1 – a pour vocation d’optimiser et d’accélérer les processus de développement informatique, tout en maîtrisant les coûts. 

    Les pionniers de la transformation numérique enregistrent de solides résultats

    L’étude de CA Technologies montre que les entreprises qui ont mis en œuvre ce nouveau modèle d’organisation et de production informatique affichent des performances largement supérieures aux autres : pour elles, le numérique s’est révélé essentiel à leur compétitivité (63% considèrent que le numérique les aide à traiter rapidement des opportunités, 57% à conquérir de nouveaux marchés et 52% à créer de nouveaux business models, contre respectivement 17%, 19% et 15% des entreprises qui n’ont pas initié cette transformation). 

    Parallèlement, elles bénéficient d’une hausse significative de leurs chiffres d’affaires et se révèlent plus profitables : 26% d’entre elles ont enregistré une croissance de leurs revenus, 32% de leur profitabilité et 37% des revenus issus de nouvelles activités, contre 12% ; 13% et 19% des entreprises qui n’ont pas adopté dans DevOps.

    Enfin, 83 % des entreprises pionnières déclarent que leurs initiatives numériques ont suscité des améliorations quantifiables et importantes en matière de fidélisation clients, contre 28% des entreprises moins avancées en matière de transformation numérique. Les chiffres sont comparables en matière d’acquisition de clients et de nouveaux revenus (respectivement : 83% contre 28% ; et 71% contre 24%). 

    La transformation numérique des entreprises françaises est ralentie par une vision plus technologique que business

    Selon l’enquête de CA Technologies, les entreprises françaises sont conscientes de cette nécessité d’innover en continu : 80%pensent que les technologies de l’information seront essentielles pour assurer leur réussite future, 76% considèrent devoir libérer du temps de leurs équipes informatiques pour investir dans le digital et 71% croient nécessaire de privilégier l’innovation continue.  

    Mais, malgré cette compréhension des enjeux immédiats, elles peinent à saisir les opportunités offertes par l’économie numérique. Ainsi, si 87 % des entreprises françaises considèrent comme important que leurs équipes informatiques maîtrisent et comprennent les priorités métiers, seules 29 % ont fait le nécessaire. Dans le même ordre d’idée, 82 % des organisations françaises estiment qu’il est important de faire tomber les barrières culturelles entre les équipes de développement (Dev) et de production (Ops). Mais seulement 33 % d’entre elles ont déjà accompli cette transformation culturelle. 

    Seulement deux tiers des organisations françaises ont déployé ce nouveau mode de production informatique (DevOps)

    Si les chiffres montrent que cette nouvelle organisation de la production informatique commence à creuser son sillon dans les grandes entreprises françaises – près de deux tiers (65 %) des entreprises françaises ont vastement ou partiellement déployé cette approche – ce taux est néanmoins le plus faible d’Europe, à égalité avec l’Italie et derrière l’Allemagne (76 %), la Suisse (71 %), l’Espagne (69 %) et le Royaume-Uni (67 %).

    D’ailleurs, dans les faits, seulement 12 % des organisations françaises peuvent être qualifiées de pionnières, soit moins que la Suisse (23 %) et l’Espagne (13 %) ; autant que l’Italie (12 %) ; mais plus que le Royaume-Uni (11 %) et l’Allemagne (10 %).

    Au-delà de la dimension technologique, on sait que la transformation numérique des entreprises implique surtout des problématiques de culture de management, et decompétences. La lente transformation des entreprises françaises peut notamment s’expliquer par le fait que la culture numérique reste l’apanage des Directions informatiques (48%, contre 13% au PDG ou au Comité de Direction), alors que c’est le contraire en Inde (31 et 33 %) ou en Suisse (26% et 31%). Aux Etats-Unis la répartition est plus équilibrée (32% pour le PDG et 35% pour le Directeur informatique). Les entreprises françaises restent polarisées sur une vision informatique de leur transformation numérique, alors que les autres pays y voient davantage des opportunités business. 

    « Les interactions numériques avec les clients, partenaires et fournisseurs se font de plus en plus par le biais d’applications et de services en ligne. Afin de proposer des expériences client innovantes, de faire preuve de plus d’agilité et d’accroître leurs chiffres d’affaires, les grandes entreprises françaises doivent générer de la valeur plus rapidement et en continu pour se démarquer de leurs concurrents. Elles doivent également donner à leurs équipes informatiques les moyens d’être plus réactives et performantes », conclut Mos Amokhtari, Directeur Avant-Ventes chez CA Technologies France. « DevOps est clairement un moyen de parvenir à ces objectifs, comme le prouvent les résultats obtenus par les entreprises qui l’ont adopté de manière anticipée. L’étude de CA Technologies démontre que la réussite des projets DevOps implique un changement de culture de l’entreprise et un nouvel équilibre entre les équipes informatiques. Ainsi, la gestion du changement, le soutien du management et la communication sont des éléments essentiels, tout comme la définition d’indicateurs communs à toutes les équipes intervenant sur le projet et l’évolution des compétences individuelles en interne. DevOps est une méthodologie en 9 points, dont il faut patiemment assembler les pièces – de la définition de la stratégie jusqu’à la sécurité et à la conformité – pour mettre en œuvre le nouveau modèle de production informatique rendu nécessaire par l’évolution du marché vers le numérique ».

  • Loi Numérique : des dérives à craindre

    Loi Numérique : des dérives à craindre.

    Par Maitre Antoine Chéron, avocat spécialisé en propriété intellectuelle et NTIC

    Le projet de loi pour une République Numérique et les mesures adoptées par les députés

    Le projet de loi pour une République Numérique, défendu par Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat au Numérique, en discussion devant l’Assemblée Nationale depuis le 19 janvier avait fait l’objet d’un dépôt de plus de 800 amendements, dont 457 restent à ce jour en cours d’examen.

    Au travers de ce projet de loi, le gouvernement a souhaité se saisir des problématiques résultant du développement du numérique. Dans cette optique, le projet de loi prévoit notamment la généralisation de l’open data, l’incitation à l’usage des logiciels libres par l’administration et règle enfin la question de la diffusion des photographies de bâtiments et sculptures protégés par le droit d’auteur.

    1- L’Open Data

    Le gouvernement souhaite étendre l’open data en imposant aux organismes publics de diffuser en ligne les principaux documents et données.

    Dans ce cadre, les députés ont approuvé le projet de loi dont certaines dispositions visent à contraindre les administrations à diffuser les documents administratifs ainsi que leurs de bases de données dans un format ouvert et aisément réutilisable. Les députés ont précisé que ces informations doivent être mises à jour régulièrement. La diffusion de ces données a pour objet de permettre à toute personne qui le souhaite de les réutiliser à titre gratuit et à d’autres fins que celles de la mission de service public.

    Les députés ont ajouté une exception à la mention selon laquelle les droits de propriété intellectuelle des administrations ne peuvent faire obstacle à la réutilisation du contenu des leurs de bases de données. En effet, ils ont exclu l’application de cette disposition aux bases de données produites ou reçues par ces administrations dans l’exercice d’une mission de service public à caractère industriel ou commercial soumise à la concurrence. Il est également précisé que lorsque cette réutilisation à titre gratuit donne lieu à l’établissement d’une licence, celle-ci devra être révisée tous les cinq ans après concertation.

    L’Assemblée Nationale a également précisé que l’échange d’informations publiques entre les administrations ne donnera lieu au versement d’aucune redevance. Néanmoins,  l’utilisation à titre onéreux des documents administratifs par toute administration dans le cadre de l’accomplissement de missions de service public autres que celle pour les besoins de laquelle les documents ont été produits ou reçus, n’est pas exclue.

    Par ailleurs, un autre amendement adopté par les députés a précisé que le « code source » constitue un document administratif qui est à ce titre communicable au public.

    2- L’utilisation des logiciels libres par l’administration

    Les députés ont adopté un amendement visant à encourager les administrations à utiliser les logiciels libres. L’adoption de telles dispositions s’explique d’une part par la volonté que l’administration s’adapte à cette nouvelle pratique que constituent les logiciels libres, et d’autre part afin de limiter les coûts.

    Il convient de noter que ces amendements relatifs au logiciel libre a fait l’objet de fort lobbying des éditeurs de logiciels.

    L’utilisation croissante de logiciels libres oblige actuellement les éditeurs et les intégrateurs à revoir leurs modèles économiques.

    3- « La liberté de Panorama »

    Les députés ont accordé « la liberté de panorama », malgré l’opposition de la Secrétaire d’Etat au Numérique, créant ainsi une nouvelle exception au droit d’auteur. Elle permet de diffuser des photographies de bâtiments ou de sculptures protégés. Cette exception est limitée aux reproductions faites par des particuliers à des fins non-lucratives. Antérieurement, les auteurs des bâtiments et sculptures pouvaient s’opposer à toute représentation de leurs œuvres.

    Le vote du projet de loi par les députés aura lieu ce mardi.

    Antoine CHERON, avocat associé, est docteur en droit de la propriété intellectuelle, avocat au barreau de PARIS et au barreau de BRUXELLES et chargé d’enseignement en Master de droit à l’Université de Assas (Paris II).

  • Etude Accenture/ Fjord – Trends 2016

    Les dix tendances numériques

    « Trends 2016 » publié par Accenture – Fjord recense les dix tendances numériques qui façonneront les services et les expériences de nouvelle génération pour cette année. En effet, le design numérique est aujourd’hui une interface majeure entre l’innovation, la technologie et les consommateurs, qui réclament des expériences intuitives, plus personnelles et réactives.

    Les grands enseignements de l’étude :

    • La disparition des applications ; ou « l’atomisation des services ».Les applications à usage unique ont atteint un point de basculement : leur surabondance dans notre vie quotidienne va disparaître. Ces applications, comme Spotify, sont en effet en train d’être « atomisées », ou « super distribuées », sur des plateformes et via des services tiers. La prochaine génération d’applications n’aura sans doute même plus besoin d’interaction humaine pour être activée et s’adapter au quotidien de l’utilisateur.

     

    • Le salarié, un consommateur comme les autres. Les nouvelles attentes des consommateurs débordent sur nos vies professionnelles. Les travailleurs souhaitent aujourd’hui pouvoir bénéficier, dans leur environnement de travail, des meilleures expériences que proposent les outils grand public. Et c’est ce qu’ont compris un certain nombre d’organisations, du secteur bancaire, aux télécoms, en passant par le milieu pharmaceutique. Ces organisations mettent ainsi un nouvel accent sur la conception de l’expérience du salarié, au travers d’une reconfiguration des processus, des structures et de la culture en milieu professionnel, optimisant leurs chances de capter et retenir les meilleurs profils.

     

    • Démocratisation : comment la technologie rend plus accessible les services de « luxe ». Les expériences numériques ont démocratisé l’accès aux produits de luxe et contribué à l’élévation des niveaux de vie, en mettant des services haut de gamme et ultra personnalisés, comme des chauffeurs personnels (Lyft) ou des assistants virtuels (Facebook M), à la portée du plus grand nombre.

     

    • Des appareils qui vous écoutent et apprennent de vous. Aujourd’hui, bon nombre d’entre nous utilisent des appareils qui nous encouragent à courir plus longtemps ou à manger plus sainement. Qu’ils soient de type wearable(à porter sur soi) ou nearable (à poser à proximité), ces nouveaux appareils connectés sont aujourd’hui capables d’écouter et de répondre. Mais là où réside le réel pouvoir de ces appareils est dans ce qu’on appelle les « micromoments » : ces instants où ils peuvent apprendre de l’utilisateur, en écoutant littéralement ses commandes vocales ou en analysant les flux de données qu’il génère afin d’apporter des réponses en temps réel, de façon intentionnelle, spontanée et fluide.
  • Le projet de loi République sous tension

    Les organisations du numérique appellent les députés à rejeter les dispositions qui fragiliseraient la French Tech et l’économie numérique

    Les organisations professionnelles du numérique, l’AFDEL, la FEVAD, le SFIB et Syntec Numérique s’inquiètent vivement de l’impact du projet de loi République Numérique sur la compétitivité des entreprises de la French Tech, de l’industrie et services numériques. En instaurant des obligations disproportionnées pour renforcer les droits du consommateur, en anticipant sur des  textes européens, de nombreuses dispositions du projet de loi fragilisent l’économie numérique française.

    Portabilité, nouvelles contraintes imposées aux plateformes et atteinte à la neutralité de la commande publique : le texte impose dans sa rédaction présente des contraintes susceptibles de mettre en danger les investissements R&D des startups, PME et entreprises numériques, dans un secteur qui représente 25% de la croissance du PIB.

    Malgré les efforts des rapporteurs et l’approche constructive de la Ministre Axelle Lemaire pour préciser un certain nombre de dispositions, le projet de loi risque en l’état de porter atteinte au secteur le plus innovant et porteur de croissance de l’économie. L’AFDEL, la FEVAD, le SFIB et Syntec Numérique appellent le gouvernement et la représentation nationale à amender le texte en séance publique afin de préserver un écosystème attractif, divers et favorable à l’essor de la French Tech.

     Le projet de loi République Numérique tente d’imposer des contraintes nouvelles et locales à un secteur par nature international, extrêmement divers et en évolution constante. Les organisations du numérique s’inquiètent par exemple de la création d’un nouveau statut pour les plateformes en ligne, alors qu’une consultation est en cours au niveau européen sur l’opportunité de classer dans une seule et même catégorie une multiplicité d’acteurs. L’établissement de règles franco-françaises sur un modèle d’affaires extrêmement dynamique porterait directement atteinte à l’attractivité du territoire national vis-à-vis des investisseurs et des startupers et poserait des barrières à l’entrée.

    Alors que le statut d’hébergeur est désormais stabilisé au niveau européen et a prouvé son efficacité, la loi Numérique modifie une nouvelle fois l’encadrement des plateformes en ligne, sans en réalité apporter de nouvelles garanties aux utilisateurs. Les organisations du numérique appellent donc les pouvoirs publics à encourager ce secteur en pérennisant son environnement réglementaire et en respectant systématiquement la hiérarchie des normes et en premier lieu le cadre européen.

    Les organisations professionnelles du numérique appellent aussi la représentation nationale à préserver l’incitation à innover en France et à s’aligner sur les normes européennes. Il est ainsi primordial en matière de droit à la portabilité, qui vient d’être adopté dans le Règlement européen relatif à la protection des données, de ne pas anticiper les travaux qui vont débuter au niveau de l’Union Européenne et qui ont pour but d’harmoniser l’interprétation et de préciser opérationnellement ce droit.

    En tout état de cause, le champ d’application du droit à la portabilité actuellement prévu par le projet de texte, qui pèsera en premier lieu sur le e-commerce, les services Internet, et les pépites françaises, doit à tout prix être précisé. Par son caractère large, il impose des contraintes extrêmement lourdes à des secteurs dans lesquels la portabilité n’apporte pas d’intérêt du point de vue des consommateurs et sur le plan de la concurrence. En l’état, il menace directement les investissements massifs réalisés par les entreprises du secteur afin d’améliorer leurs services, comme par exemple dans la musique en ligne ou les outils de gestion de la relation client.

    L’enrichissement et la transformation des données est aujourd’hui au cœur de l’innovation du monde numérique mais aussi des secteurs plus traditionnels de l’économie. Il est légitime que les consommateurs puissent récupérer les données qu’ils ont fournies, mais les entreprises ne doivent pas être contraintes de transférer le fruit de la valeur apportée par leur service. L’AFDEL, la FEVAD, le SFIB et Syntec Numérique ont entendu la volonté exprimée hier par le gouvernement et le Parlement de trouver une définition reflétant un équilibre plus favorable sur le sujet et en phase avec le droit européen. Elles encouragent vivement la représentation nationale à s’engager en ce sens lors du vote en séance.

     

    Le projet de loi République Numérique prétend également dicter les choix de modèles d’affaires des entreprises. Ainsi, un amendement inscrit dans la loi la promotion du logiciel libre dans l’administration. Les organisations du numérique, qui représentent des éditeurs de logiciels libres comme propriétaires, expriment leurs plus vives inquiétudes face à cet écart au principe de neutralité technologique de l’Etat. Elles rappellent que 90% des éditeurs de logiciels français ont fait le choix du modèle propriétaire pour financer leur R&D[1] et seraient de facto exclus de la commande publique. Les organisations du numérique appellent le gouvernement à mettre fin à cette discrimination, afin que tous les modèles d’affaires du logiciel puissent exister et avoir accès à la commande publique.

    Signataires : 

    AFDEL (Association Française des Editeurs de Logiciels et de Solutions Internet)

    FEVAD (Fédération E-commerce et Vente à Distance)

    SFIB (Syndicat de l’Industrie des technologies de l’information)

    Syntec Numérique

  • MICROSOFT – Le Numérique à l’école


    Alain Crozier, Président de Microsoft France et Najat Vallaud Belkacem, Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ont signé aujourd’hui un partenariat afin de contribuer à la réussite du Plan Numérique à l’Ecole.

    13 millions d’euros seront ainsi investis par Microsoft pour le développement du numérique éducatif : l’accompagnement des enseignants et des cadres de l’éducation, la mise à disposition de plateformes collaboratives, ainsi que l’apprentissage du code informatique.
    Cette signature s’inscrit dans le prolongement de la visite à Paris de Satya Nadella, CEO de Microsoft, le      9 novembre dernier, et de sa rencontre avec le Président de la République, François Hollande.

    Un engagement fort de Microsoft auprès du Ministère de l’Education nationale et des partenaires de l’éducation et de la e-éducation

    Aujourd’hui, Mme la Ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud Belkacem et le Président de Microsoft France, Alain Crozier, ont officiellement signé un partenariat renforçant l’engagement de Microsoft auprès du monde de l’éducation.

    L’ambition du Plan Numérique à l’Ecole se traduit aussi par une nouvelle approche, partenariale, avec l’ensemble des acteurs qui peuvent accélérer la transformation numérique de l’Education nationale pour plus d’égalité des chances et de liberté pédagogique des enseignants » souligne la Ministre.

    Ce partenariat s’inscrit dans le cadre de l’engagement de long terme de Microsoft France auprès du Ministère de l’Education nationale et des enseignants impliqués dans les démarches innovantes grâce au numérique. « Au regard de l’implication historique de Microsoft auprès des acteurs de l’éducation, il nous est apparu naturel d’être une des parties prenantes engagées au service de la réussite du Plan Numérique à l’Ecole, projet ambitieux et unique par son ampleur en Europe » précise Alain Crozier.

    Un partenariat en 5 axes fondé sur l’accompagnement à la maîtrise de la technologie et le déploiement d’outils collaboratifs

    Cinq axes constituent le coeur du partenariat entre Microsoft et le Ministère de l’Education nationale:

    1. L’engagement dans une démarche visant à l’adhésion de Microsoft à une « Charte de confiance » en cours de rédaction sous l’égide des services de l’Etat permettant d’assurer la protection de la vie privée et des données personnelles des élèves et des enseignants.
    2. L’accompagnement et la formation des acteurs du Plan Numérique à l’Ecole, chefs d’établissements, cadres académiques et enseignants, utilisant les technologies Microsoft.
    3. La mise à disposition de solutions pour une utilisation pertinente, facile et optimale des équipements mobiles. Cette démarche passe notamment par l’accès à l’offre Microsoft Office 365 pour l’Education pour tous les établissements scolaires du Plan Numérique à l’Ecole qui le souhaiteraient.
    4. Une expérimentation pour l’apprentissage du code à l’école. Microsoft s’engage à accompagner la formation des enseignants pour les préparer à l’animation de cours spécifiques sur l’apprentissage du code, à mettre à leur disposition une plateforme de « jeux sérieux » et un réseau social interne sécurisé et privé.
    5. Une aide aux acteurs français de l’e-Education. Ce plan d’aide se traduira par un support financier, technique, opérationnel et commercial aux différents acteurs français de l’e-Education incluant des constructeurs français de terminaux mobiles, les éditeurs d’applications éducatives et les éditeurs de ressources numériques et de manuels scolaires.
    « La mise à disposition de ces outils va permettre aux enseignants qui le souhaitent de développer des approches pédagogiques innovantes. Les enseignants et les élèves vont ainsi pouvoir communiquer, s’organiser, coproduire, échanger et stocker des documents et des vidéos ou même créer une classe virtuelle, au sein d’un environnement sécurisé » précise Imad Bejani, Directeur Education et Recherche chez Microsoft France.
    Ce partenariat prend effet dès aujourd’hui et s’échelonnera sur les 18 prochains mois.
  • Le numérique au service de l’éducation

    LES ENJEUX TECHNOLOGIQUES

    Le secteur de l’éducation est un secteur particulier quand on aborde le sujet du numérique compte tenu de l’ampleur de ce secteur et des enjeux qu’il porte. En France, ce sont ainsi 54 000 écoles, 11 300 collèges et lycées, 13 millions élèves et apprentis et 860 000 enseignants en 1°et 2° degré qui sont concernés dans l’éducation nationale par les apports du numérique. Dans l’enseignement supérieur, environ 80 universités, 1600 écoles supérieures et 2,4 millions étudiants sont également concernés. Les enjeux identifiés pour ce secteur sont multiples.

    • Il s’agit tout d’abord de fournir des environnements d’apprentissage modernes et adaptatifs, pour permettre aux élèves et aux étudiants de développer les compétences nécessaires aux enjeux de société futurs. 27% des collèges et lycées et 20% des écoles et universités ont déjà déployé des tablettes mais les établissements sont encore plus nombreux à avoir des projets.
    • Il s’agit également de rechercher l’efficience pour l’éducation nationale, en permettant une utilisation optimisée des ressources. La refonte des infrastructures informatiques fait partie de ces initiatives.
    • Il s’agit également de fournir aux enseignants et aux formateurs de nouveaux outils, afin d’accompagner cette évolution.
    • Il s’agit enfin de permettre la mise en commun des ressources et des données, afin de permettre le partage des bonnes pratiques et une amélioration continue.DES RETOURS D’EXPERIENCES POSITIFSSi le développement du numérique est un enjeu de société majeur, des retours d’expérience concrets ont déjà été constaté au sein de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur. Lors d’un atelier de travail réalisé par IDC avec des acteurs exclusivement du monde de l’éducation, plusieurs retours d’expériences ont démontré les apports du numérique:
    • Pour le développement de l’innovation et de la créativité. L’usage de l’impression 3D permet par exemple à une école d’art et de design de tester des modèles et des approches irréalisables auparavant pour des raisons techniques et de couts.
    • Pour la communication entre les acteurs. L’échange entre les parents, les étudiants et les enseignants à travers des portails ou encore les alertes via les téléphones mobiles sont ainsi des exemples qui sont régulièrement revenus.
    • L’auto apprentissage et le développement de réseaux d’étudiants. Une école supérieure a ainsi développé un module d’apprentissage sur un environnement Cloud, qui permet aux étudiants d’accéder à l’ensemble des ressources mais aussi de suivre leur progression et d’échanger entre étudiants sur les difficultés rencontrées.De très nombreux autres exemples ont également été cités, qui permettent de renforcer l’engagement et la collaboration des étudiants, qui favorisent l’inclusion des étudiants plus vulnérables et l’implication de leurs parents, qui favorisent le développement des compétences des enseignants, mais aussi du contenu et des connaissances

    novembre 2015, IDC #FR393 Document réalisé pour Samsung Business

    (suite…)