Catégorie : IT

  • Qui est responsable de la conduite de la stratégie digitale en entreprise ?

    CDO : pourquoi le poste le plus récent au sein de la direction sera aussi le plus éphémère

    Par François Rychlewski, Directeur Europe du Sud de Marketo

    Alors que notre monde et nos interactions n’ont jamais été autant dictés par le digital, les entreprises se voient soudain dans l’obligation d’entretenir un dialogue constant, personnalisé et individualisé avec leurs clients, les engageant tout au long de leur durée de vie.

    La nécessité de maîtriser cette transformation semble avoir créé un grand vide au sein de la direction, qu’il a fallu combler avec quelqu’un possédant les compétences appropriées. Il est ainsi difficile de reprocher aux chefs d’entreprise de s’être sentis contraints de recruter un CDO (Chief Digital Officer) pour les aider à définir une stratégie digitale.

    Le rôle du CDO a été beaucoup débattu au cours des dernières années. Il semblerait pourtant être la réponse pour les entreprises cherchant à s’adapter au monde digital. C’est ainsi que de nombreuses multinationales ont récemment annoncé la nomination d’un CDO, telles Nike, Morgan Stanley ou encore AOL.

    Pourtant, le recrutement d’un CDO s’apparente davantage à une politique de l’autruche plutôt qu’à une initiative judicieuse ou stratégique. D’une part, cela envoie à la fois aux employés et au grand public le signal que l’entreprise ne sait que faire avec le digital, mettant à mal les compétences que  l’entreprise a déjà développées dans ce domaine. D’autre part, à mesure que le digital s’étend à tous les points de contact avec les clients et que les entreprises prennent peu à peu leurs marques dans ce nouveau monde, la nomination d’un CDO revient à recruter un responsable de PowerPoint, voire de la respiration. Cela n’a pas de sens de confier à quelqu’un la responsabilité de quelque chose qui doit être le propre de tous.

    Par conséquent, si le CDO n’est pas la réponse pour faire entrer le digital partout dans l’entreprise, qui ou quelle est la réponse ?

    Commençons d’abord par nous intéresser à l’objectif du directeur marketing (CMO, Chief Marketing Officer), qui consiste à développer et faire évoluer la relation avec le client à travers tous les points de contact via des expériences personnalisées. Cela signifie qu’aujourd’hui, la fonction ayant le meilleur accès et la plus grande compréhension du client est le département marketing, l’essor du digital ayant d’ailleurs permis de lui donner encore plus de pouvoir pour piloter la relation client.

    Traditionnellement, le CMO était un créatif, qui était aussi chargé de coordonner le travail avec les agences et de sous-traiter la production des campagnes. Toutefois, dans le monde digital, ce rôle s’est transformé. Les directeurs marketing sont désormais à la fois des artistes et des scientifiques orientés données, ce qui leur permet d’établir une nouvelle proximité avec le client.

    Le digital s’est épanoui dans la fonction marketing car aucune autre équipe ne voulait en prendre la tête ni s’adapter aux changements. C’est pourquoi toute l’expertise s’est développée dans cette discipline au cours des dix dernières années. Le marketing agit ainsi comme un facilitateur des ventes, plutôt que comme une fonction complètement séparée du service commercial. Dans les entreprises déjà parvenues à ce stade, le besoin d’un CDO ne se fait tout simplement pas sentir.

    Une étude Gartner souligne que le marketing est tellement lié à la technologie que d’ici à 2017, les CMO devraient dépenser plus que les DSI en technologies informatiques et analytiques, ce qui représente une évolution remarquable compte tenu du nombre d’entreprises qui estiment nécessaires de nommer un CDO. Le CMO a ici l’opportunité de s’affirmer comme le moteur du digital au sein de l’entreprise.

    Cependant, la décision de recruter un CDO est sans aucun doute liée au fait que les CMO considèrent leur orientation digitale comme leur point faible. Pour que la fonction marketing soit prise au sérieux dans le rôle de moteur digital de l’entreprise, les CMO et marketeurs doivent se montrer à la hauteur du défi et faire du digital leur point fort. Une récente étude d’Accenture indique qu’il appartient au CMO de faire ses preuves en tant que catalyseur pour aider son entreprise à saisir plus largement les opportunités du digital tout en la protégeant des menaces.

    Il n’est donc pas surprenant que le poste de CDO continue de rencontrer un grand succès et que le nombre de responsables affectés à cette tâche soit croissant. Dans une récente étude de PWC, sur 1 500 entreprises interrogées, seules 6 % ont recruté un CDO mais 31 l’ont fait l’an passé, ce qui souligne l’importance qu’elles attachent encore à la présence d’un responsable du digital.

    Toutefois, si vous aspirez à devenir CDO, réfléchissez-y à deux fois. Il est largement établi que le véritable marqueur du succès d’un CDO est le moment où son rôle devient superflu. Par conséquent, toute entreprise qui fonctionne bien sur le plan digital n’a pas besoin d’un CDO et, dans les années à venir, cela sera le cas de toutes les entreprises. Il n’y pas de pérennité dans le rôle ou la fonction, dans la mesure où le digital devient partie intégrante de tous les aspects d’une entreprise et de sa relation avec le client.

    Pour l’instant, les entreprises ne peuvent être sûres qu’elles seront capables de s’adapter pour survivre dans ce nouveau monde. Accenture a interrogé des dirigeants pour savoir qui était responsable de la conduite de la stratégie digitale de leur entreprise, et il en ressort que cette responsabilité est confiée au CMO dans seulement 1 % des cas. Le digital n’étant plus une option pour le CMO mais un volet essentiel de sa stratégie, il est impératif que la direction réagisse en conséquence et offre aux marketeurs la marge de manœuvre nécessaire pour exercer leurs talents digitaux.

    Dans ces conditions, comment les directions marketing peuvent-elles anticiper l’invasion du CDO ? Le CMO doit inévitablement s’intégrer au programme général de transformation digitale de l’entreprise. Pour ce faire, il lui faut :

    Faire clairement comprendre à la direction qu’il saisit l’importance du digital et l’intègre activement dans tout ce qu’il entreprend

    Mettre en place des équipes possédant de nouvelles compétences, capables de comprendre les clients et d’interagir avec eux sur tous les canaux – le marketing doit former et/ou recruter les talents nécessaires pour l’ère du digital

    Démontrer une compréhension qui suscitera la confiance et le soutien de ses pairs et de la direction générale. Il incombe au CMO de se rappeler qu’en tant que responsable du digital ces dix dernières années, il est sans doute mieux placé que quiconque en interne

    Alors que l’évolution vers un monde digital devient de plus en plus manifeste, la stratégie digitale d’une entreprise et sa stratégie en général sont désormais étroitement liées et ne font souvent plus qu’un. Les marketeurs doivent être conscients que le digital n’est pas qu’une corde de plus à leur arc mais un élément fondamental de toutes les activités de l’entreprise. Plus vite les mentalités changeront dans ce sens, plus vite les entreprises pourront confier au marketing le pilotage de la relation client dans le monde digital.

     

     

  • Le DevOps : l’avenir de l’Internet des objets ?

    Le DevOps et l’IOT 

    Par Eva Skoglund, Wind River

    Les méthodologies de gestion et de développement évoluent rapidement dans le monde de l’informatique, au point que dans de nombreux cas, les spécifications formelles et autres meilleures pratiques ne sont établies qu’une fois qu’un concept a gagné en popularité. C’est le cas avec celui de l’intégration entre équipes de développement et de production, une approche baptisée DevOps. Pour certains, le DevOps est davantage une culture, un mouvement ou une pratique mettant l’accent sur la collaboration entre ces deux équipes. L’objectif commun étant de créer un environnement où la conception, les tests et la publication de logiciels peuvent se succéder rapidement, fréquemment et, bien sûr, de façon fiable.

    Entre le DevOps et l’Internet des objets, une antinomie de façade…

    Le DevOps peut sembler aux antipodes des méthodes de développement d’applications des systèmes embarqués. Dans ce secteur, le processus de développement, de publication et de support  a toujours été très structuré et bien défini. Cependant, dans le cas de l’IdO, il apparaît de plus en plus nécessaire aux yeux de tous de changer et de faire évoluer les approches traditionnelles. En effet, les déploiements IdO doivent être effectués à un rythme élevé et nécessitent des changements par itérations régulières, en particulier avec l’acceptation croissante de cette méthodologie par les différentes branches d’activités. Tous ces éléments créent un environnement très différent par rapport aux environnements traditionnels.

    On considère que l’Internet des Objets permet aux organisations d’adopter de nouveaux modèles économiques et de profiter de nouveaux débouchés. Les organisations découvrent progressivement les nombreuses façons d’en extraire de la valeur, ce qui leur permet ensuite de créer des mises à jour logicielles offrant de nouveaux services. Cette approche par itérations permet également de raccourcir les cycles de développement sans compromettre la qualité, tout en augmentant la productivité des équipes informatiques.

    … Mais de véritables obstacles a dépasser

    Mais malgré tous les avantages qu’offre le fait d’adopter le DevOps pour une organisation, le chemin à suivre n’en est pas moins possiblement tortueux. Tout d’abord, tout changement de culture représente un défi pour beaucoup sur le plan des perceptions et des comportements. Cela implique des changements au niveau des structures hiérarchiques, des mis­sions et des responsabilités, qui engendreront à coup sûr un certain nombre de difficultés.

    Autre point lié à ce changement : le DevOps est source inhérente de problématiques au niveau des périphériques. Contrairement à un environnement logiciel d’entreprise où les équipements des serveurs sont globalement standardisés, les systèmes IdO peuvent être très vastes, uniques et complexes, et inclure une grande variété de plateformes matérielles.

    A l’évidence, mettre en place une méthodologie DevOps dans un contexte d’IdO implique d’être résolu à procéder à des changements. Heureusement, l’adoption d’une approche basée sur une plateforme unique simplifie grandement l’intégration entre développement, tests, déploiement et gestion des systèmes. Sans oublier qu’elle contribue à étendre l’effort collaboratif à l’ensemble de l’organisation, et permet aux équipes de voir au-delà de leurs fonctions et domaines.

  • Sage Summit et révolution technologique

    Robots, Blockchain, Cloud et voitures connectées, Sage présente sa vision de la révolution technologique


    Stephen Kelly PDG de Sage annonce des partenariats avec Salesforce et Microsoft, de nouvelles embauches et le lancement de nouveaux produits intégrant des technologies d’avenir

    À l’occasion du Sage Summit, le plus grand événement mondial destiné aux entrepreneurs et dirigeants de PME, Sage, un leader du marché des solutions comptables sur le Cloud, a réaffirmé aujourd’hui son engagement résolu en faveur des technologies d’avenir, en particulier à travers des partenariats soutenant la croissance des entreprises. Dans son allocution d’ouverture, le PDG de Sage, Stephen Kelly, a évoqué l’utilisation par Sage des tout derniers outils et technologies pour que chaque entrepreneur, où qu’il soit dans le monde, puisse s’appuyer sur des solutions efficaces. La révolution technologique ne fait que commencer et tous les entrepreneurs et acteurs de l’économie, quelle que soit la taille de leur entreprise, doivent suivre la cadence pour se développer et rester compétitifs.

    Investir dans l’avenir avec l’arrivée des solutions Cloud de Sage

     Aider les entreprises à se développer est l’un des chevaux de bataille de Stephen Kelly. Après un investissement de 139 millions de livres sterling dans la recherche-développement en 2015, le PDG de Sage a profité de son allocution d’ouverture pour annoncer la mise en place d’une stratégie axée sur le Cloud pour l’ensemble des produits Sage. Plusieurs nouvelles offres sont en préparation, parmi lesquelles des solutions mobiles et basées sur les réseaux sociaux, un robot conversationnel et l’exploitation de l’Internet des objets.

    Le Cloud de Sage permettra aux entreprises d’intégrer aisément et rapidement toutes leurs solutions Sage. Les clients de Sage pourront également procéder à l’intégration de produits partenaires en quelques clics, ce qui éliminera toute nécessité de maintenance ou de modification en cas de mise à niveau des produits. Sage a également démontré son engagement envers la communauté des développeurs en lançant Sage Marketplace, une nouvelle plateforme ouverte qui s’appuie sur des API et s’adresse aux éditeurs métiers, permettant à ces derniers de présenter leurs modules d’extension et applications Sage.

    Un autre temps fort a été le lancement officiel du nouveau robot administratif de Sage, baptisé Pegg, un assistant intelligent qui permet aux utilisateurs de suivre leurs dépenses via l’application de messagerie de leur choix. Pegg élimine la complexité et permet aux entrepreneurs de gérer leurs finances sur un mode conversationnel. La numérisation immédiate des informations contenues dans chaque message élimine toute nécessité de gérer les entrées et sorties, d’utiliser des supports papier ou d’encoder les données.

     

    De nouveaux partenariats 

    Sage a également conclu un partenariat avec Slack, qui sera l’une des principales applications de messagerie connectées à Pegg. Kriti Sharma, qui a récemment rejoint l’équipe de direction de Sage en tant que directrice mondiale des produits mobiles, commente : « Le développement du travail freelance et de l’économie du partage s’accompagne d’une croissance exponentielle des petites entreprises. La plupart de ces entrepreneurs utilisent des applications de messagerie. Avec Pegg, nous cherchons à combler l’écart qui existe entre ces applications de messagerie et les applications classiques à usage professionnel, pour rendre le travail comptable proprement dit invisible pour l’utilisateur final et rendre la gestion d’une entreprise aussi simple que l’envoi d’un texto. Nous sommes ravis de nouer ce partenariat avec Slack, qui est l’application de messagerie professionnelle connaissant actuellement la plus forte croissance. Nous partageons une même vision : celle d’un avenir où les méthodes de travail seront conversationnelles, simples et amusantes ». Pegg, le tout premier robot du secteur comptable, est désormais disponible dans sa version bêta et a fait l’objet de démos en direct dans le cadre du sommet.

    Dans le cadre d’une démo interactive en direct, la nouvelle vice-présidente exécutive du marketing chez Sage, Jennifer Warawa, a exposé le fonctionnement de la solution intégrée Sage Live – TomTom Telematics. Cette solution permet aux entreprises gérant un parc de véhicules, quelle qu’en soit la taille, d’enregistrer les kilométrages et d’automatiser la comptabilisation des dépenses de manière totalement transparente. Sage Live fonctionne sur la plateforme Salesforce : la solution peut donc aisément utiliser les intégrations existantes avec les applications d’autres fournisseurs, par exemple, TomTom WEBFLEET. Grâce à la fonction de gestion de parcs automobiles, les données d’entretien des véhicules sont automatiquement disponibles dans Sage Live.

    Plusieurs nouveaux partenariats ont été annoncés et les modalités de renforcement des partenariats existants ont également été abordées. Devant une assistance de 15 000 personnes et de plus de 35 000 internautes, Stephen Kelly a annoncé que la solution comptable en temps réel Sage Live, déjà primée, exploitera prochainement toute la puissance de Salesforce Lightning. Cette intégration offrira aux clients de Sage un service réinventé à la fois moderne, efficace et intelligent, et accessible via Sage Live sur n’importe quel type d’appareil.

    Le PDG de Microsoft, Satya Nadella, s’est joint à l’événement par vidéo interposée pour annoncer l’intégration d’Office 365 et de Sage 50. Sage est donc le tout premier éditeur de logiciels à établir un partenariat avec la plateforme. Le PDG de Sage a également été rejoint sur scène par Sir Richard Branson, pour une discussion sur leur vision commune de l’avenir des méthodes de travail des entreprises et de l’économie du partage.

    Soutenir les entrepreneurs et les créateurs

    L’engagement de Sage vis-à-vis des entrepreneurs à chaque étape de leur développement a été à nouveau démontré lorsque Stephen Kelly a dévoilé de nouvelles statistiques sur l’insatisfaction de ces derniers concernant le soutien qu’ils reçoivent du gouvernement américain. Il a également réitéré ses critiques vis-à-vis d’événements « déconnectés de la réalité » tels que le Forum économique mondial de Davos, et a annoncé une série d’événements politiques à venir dans le monde entier.

    L’économie du partage

    Le discours d’ouverture a ensuite abordé le rôle de Sage au sein de la collectivité, mentionnant notamment l’élargissement futur des initiatives caritatives menées à travers la Sage Foundation, avec des interventions ciblant particulièrement trois publics : les vétérans, les jeunes et les femmes. La directrice des talents de Sage, Sandra Campopiano, a lancé une nouvelle initiative de subvention destinée à financer une organisation caritative remarquable de Chicago, qui cherche à inciter un plus grand nombre de femmes à travailler dans le secteur des technologies.

    Elle a ainsi accordé un don de 50 000 dollars à Brave Initiatives, un programme qui encourage les étudiantes du secondaire à envisager une carrière de programmeuse tout en les sensibilisant aux différentes problématiques de leurs collectivités.

    Le PDG de Sage, Stephen Kelly, ajoute : « Il est pour ainsi dire impossible de faire le récit de la révolution technologique menée par Sage en une seule intervention. Un monde toujours plus connecté se traduit par avec de nouvelles exigences pour les héros que sont les entrepreneurs et créateurs, et nous avons justement pour passion de tout mettre en œuvre pour aider les entrepreneurs à réaliser leurs ambitions. Nous travaillons sur des concepts comme l’Internet des objets, l’apprentissage machine, les chaînes de blocs et les sciences des données pour en faire des réalités concrètes pour les entrepreneurs, les PME, les experts-comptables et nos partenaires. Ceci va bien plus loin que l’adoption du Cloud et des solutions mobiles. Il s’agit de concevoir et d’élaborer des technologies qui donnent réellement aux entrepreneurs et aux PME les moyens de se dépasser pour se développer et réussir ».
    Si vous n’avez pas pu assister au Sage Summit 2016, retrouvez l’ensemble des interventions et de nombreux autres contenus sur les pages de l’évènement : http://bit.ly/29N0zbE.

    et sur le lien  http://www.sage.com/us/sage-liv

  • La Business Intelligence à l’ère de la transformation digitale

    La Business Intelligence à l’ère de la transformation digitale

     Par Daniel Fallmann, Fondateur et CEO de Mindbreeze.

    Avec la transformation numérique, le client est plus que jamais au cœur des priorités des entreprises. Le consommateur moderne, disposant de possibilités illimitées en terme de collecte d’informations, se sent plus responsable et plus confiant que les précédentes générations. De plus, les tendances et les préférences changent à une vitesse vertigineuse, de même que les marchés.

    La bonne nouvelle, c’est que cette ultra disponibilité des informations permet aux entreprises d’anticiper et de s’adapter rapidement aux changements et aux nouvelles tendances. En effet, en parallèle des systèmes classiques tels que le CRM, existent d’innombrables sources d’informations telles que les emails, les réseaux sociaux ou encore celles provenant des Call Center.

    La mauvaise nouvelle, en apparence, et qu’avec la Business Intelligence (BI), il est très difficile de traiter telles quelles toutes ces informations, qui se composent de plus en plus de données non structurées, et qui sont pourtant essentielles à la prise de décisions.

    Que faire ?

    La BI est née à une époque où les données étaient stockées dans des banques de manière chiffrable et ordonnée, et où– au grand dam des utilisateurs – seul le département IT avait son mot à dire quant à la manière d’utiliser les applications, qui été de surcroit réservées à quelques usagers privilégiés. Or la demande est de plus en plus forte, comme le souligne Gartner, pronostiquant pour cette année une augmentation de 5,2% du chiffre d’affaires sur un total de 16,9 milliards de dollars US.

    Les systèmes les plus recherchés sont ceux qui disposent de services spécialisés et qui peuvent inclure une multitude de sources de données, structurées ou non, dans leurs analyses. Alors que les solutions de BI modernes en mode « self-service » (SSBI) sont en plein développement, elles atteignent rapidement leurs limites en ce qui concerne les données non structurées.

    La solution à ce dilemme peut être apportée par le principe du Search-driven Business Intelligence.Celui-ci associe le meilleur de l’univers de la BI aux avantages du Big Data. Les Big Data Analytics sont non seulement capables de faire face aux volumes croissants de données mais également, grâce à leurs fonctions intelligentes telle que l’analyse sémantique, de traiter les documents écrits et les vidéos, et de rendre structurées les données qui ne l’étaient pas, et de les remanier afin d’être utilisées par les systèmes de BI.

    Ce que cela signifie concrètement

    Prenons l’exemple d’une compagnie d’assurance qui souhaite mieux connaître ses clients afin d’orienter de façon plus ciblée ses actions marketing. La difficulté est d’inclure toutes les informations disponibles sur un groupe de clients dans l’analyse et la planification, c’est-à-dire les déclarations de dommage, les changements de contrats ou encore les demandes de la clientèle qui se présentent le plus souvent sous forme de mail ou de lettre, soit des données non structurées. La saisie manuelle de celles-ci par du personnel demande généralement beaucoup de temps et est sources d’erreurs.

    Une solution de Big Data automatise le tout. Le système analyse un email ou le PDF d’une lettre scannée, extrait automatiquement les valeurs de références telles que la date de naissance, la police d’assurance et l’adresse et reconnait le type d’envoi à l’aide de mots-clés tels que « appartement » et « cambriolage » qui sont placés dans un contexte sémantique. Ce processus se déroule en continu et se perfectionne au fur et à mesure de l’utilisation du système.

    Ces informations ainsi classées, traitées de façon intelligente et associées à d’autres outils comme le CRM, le CEO dispose d’une vue à 360 de ses clients. Via un portail web, aussi simple d’utilisation qu’un moteur de recherche en ligne, il peut combiner à souhait les données et affiner la recherche jusqu’à ce qu’elle corresponde avec précision à sa requête. Via des éléments graphiques typiques du Dashboard – regroupant diagrammes circulaires et frises chronologiques – il peut rapidement reconnaître les modèles et les tendances aidant à la conception d’actions marketing. Le résultat final de la recherche peut enfin être exporté vers n’importe quelle application de BI connue et y être utilisé plus avant.

    L’opération décrite est applicable non seulement dans le domaine des assurances mais également aux secteurs de l’économie et à celui du secteur public. Dans ce dernier cas, c’est notamment l’univers de la santé qui peut tirer profit du Search-driven Business Intelligence pour le diagnostic et le traitement des patients. Ainsi, clients comme patients bénéficient des avantages de la transformation numérique. De plus, et par l’approche du Best of Breed, les entreprises peuvent appréhender l’ère numérique en toute sérénité.

     

     

     

  • Quand le Brexit impacte les dépenses informatiques en Europe…

    Selon Forrester, les dépenses informatiques des pays européens stagneront en 2016, le Brexit impactera fortement celles du Royaume-Uni

    Après avoir enregistré une croissance de 7% en 2015, les dépenses informatiques européennes vont rester stables à 707 milliards d’euros cette année, et ne croitront que de 0,8% l’année prochaine selon les prévisions Forrester de milieu d’année. L’incertitude économique et politique provoquée par la décision des citoyens britanniques de quitter l’Union européenne (« Brexit »), ajoutée à une croissance économique déjà faible, amène Forrester à revoir à la baisse ses prévisions initiales quant à la croissance du marché européen de l’informatique  pour 2016 ainsi que pour 2017, que Forrester évalue à environ 2%.

    Au Royaume-Uni, les dépenses informatiques vont enregistrer le plus fort ralentissement, avec une progression d’à peine 1,3% en 2016 et une stagnation en 2017 – soit une baisse de respectivement 4,2% et 5,3% par rapport aux prévisions Forrester d’avant le Brexit. Les pays hors zone Euro feront exception à cette tendance : les pays d’Europe centrale comme la Pologne, la République Tchèque et la Hongrie, ainsi que les pays nordiques comme la Suède, enregistreront une croissance de leurs dépenses informatiques d’environ 5%.

    Voici d’autres données issues des nouvelles prévisions Forrester pour les dépenses informatiques en Europe :

    • La plus forte baisse des investissements informatiques au Royaume-Uni sera enregistrée par les services financiers, suivis par la distribution et la production, particulièrement dans l’industrie automobile. Le secteur public britannique ainsi que ceux de l’Energie/Gaz/Electricité, des télécoms et les services aux entreprises ne seront pas immédiatement affectés par le Brexit.
    • Les logiciels et les services de consulting informatique enregistreront à nouveau la plus forte hausse en 2016 avec respectivement 1,5% et 1,4%. Les équipements informatiques baisseront de 3,3%, les équipements en télécommunications de 1,5%. L’outsourcing informatique et les services télécoms se situeront entre les deux, avec une baisse  respective de  1,2% et 0,8%.
    • Les dépenses de Business Technology (BT) pour gagner, servir et fidéliser les clients continueront à croître plus rapidement que les dépenses liées à l’IT traditionnelle, mais moins rapidement que précédemment. Alors qu’en 2014 et 2015 les dépenses BT avaient augmenté de 9% et 13% – contre 2% et 5% pour l’IT – la croissance de la BT sera de 2,7% en 2016, contre une baisse de 1,3% pour l’IT.

     

  • Comment mettre en œuvre une cure de « data detox » ?

    L’été approche : envoyez vos données en cure de « Detox » !

     Par David Decloux, spécialiste des référentiels de données et de l’expérience client chez Informatica France

     

    Big Data, Master Data, Open Data… Les données sont, depuis toujours, la nourriture des systèmes d’information et le carburant des entreprises. Mais ces dernières années, les capacités de collecte, de stockage et d’analyse de ces données ont augmenté de manière exponentielle. Il s’agit donc maintenant de distinguer, dans cette masse, celles qui sont critiques au métier, nécessaire à l’organisme (l’information) et celles qui seront rejetées ou feront l’objet d’une accumulation malsaine (les déchets ou les graisses). Ces données inutiles viennent complexifier la gouvernance ainsi que l’identification et la mise en en valeur des informations indispensables. Gare à l’obésité, donc !

    Comment mettre en œuvre une cure de « data detox » afin de parvenir à une gestion et une vision saines de ses données ? Si à l’approche de l’été, certains commencent à se préparer « physiquement » pour la plage, David Decloux d’Informatica a mis au point un régime en 5 points pour en faire autant avec les données de l’entreprise. 

    1 – Ecoutez votre corps !

    Où exactement avez-vous mal ? Quels problèmes sur vos données sont les plus critiques pour l’entreprise ? Avant d’entreprendre une quelconque action « Detox », il s’agit d’identifier les erreurs d’alimentation qui doivent être corrigées. L’évaluation de ce type d’indicateurs peut être manuelle (mais fastidieuse), ou automatique, via des outils dits de « profiling ». La flexibilité de ces derniers pour créer, en plus des règles de base (champs vides, types non conformes, etc.), des règles spécifiques au métier, est un avantage primordial pour une découverte en profondeur et à forte valeur ajoutée pour l’entreprise (retro-engineering). C’est également l’opportunité d’en faire une vraie plateforme interactive pour les analystes de données, avec des tableaux de bord « instantanés » mais également un suivi sur la durée. Un outil parfaitement adapté pour mesurer le succès de votre cure « detox » et garder votre motivation intacte au fil du temps…

    2 – Eliminez les toxines !

    Une fois le diagnostic posé, quels principes actifs adopter pour votre régime ? L’objectif est d’éliminer, ou de limiter, l’apport au sein de l’organisme productif de 6 toxines primordiales : incomplétude, non-conformité, incohérence, inexactitude, duplication et corruption. Là encore, dans de nombreux cas, l’outil informatique vise à permettre le redressement des informations suivant ces 6 axes, tout en limitant le travail manuel d’un opérateur, dédié aux actions à forte valeur ajoutée. Il est tout aussi important de considérer dans ce processus l’ensemble des modes d’alimentation : l’en-cas restreint, rapide et ponctuel (temps réel), la prise globale, régulière et planifiée (batch) et le grignotage compulsif et ininterrompu (fil de l’eau). Une plateforme de qualité de données d’entreprise, permettant d’adresser de manière cohérente les 6 toxines sur l’ensemble des flux, est la clé d’une « detox » réussie, c’est-à-dire visible à tous les niveaux et valorisante, à l’intérieur comme à l’extérieur. 

    3 – Adoptez de sains principes !     

    Les cures « detox », même régulières, ne sont pas suffisantes. Eliminer les toxines, une fois ingérées par le système d’information, est indispensable mais la réussite passe aussi par un changement de ses habitudes « alimentaires » pour en limiter l’absorption. C’est la nécessité d’adopter de nouveaux comportements vis-à-vis de ses données, de contrôler de manière plus efficace leur acquisition, leur gestion et leur utilisation. C’est la gouvernance des données, tout simplement. Seules la définition et l’application de nouvelles règles permettront d’ajouter un volet préventif au seul volet curatif que représente la majorité des initiatives de qualité de données aujourd’hui. C’est ce schéma de gouvernance, cette charte de bonnes pratiques liées aux données, qui garantira la réalisation optimale de leur potentiel.

     4 – Attention aux sacrifices !

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    Les cures « detox » sont fatigantes. Adresser les problématiques de qualité de données, en particulier lorsque l’on n’en contrôle pas l’ensemble des points d’acquisition, est coûteux en ressources et en temps. Comme dans le cadre des régimes alimentaires, il faut s’assurer d’équilibrer le rapport bénéfices/risques. Si la notion de plaisir n’est évidemment pas transposable de la cuisine à l’entreprise, de telles cures sont exigeantes : gare à la fatigue du SI (Système Immunitaire ou Système Informatique) et de ses gardiens ! Il est facile de tomber dans le piège de gérer plus de données que nécessaire, ou à des niveaux d’exactitude et de fidélité qui ne sont pas requis (voir exemple ci-dessus). Les principes de gouvernance visent également à évaluer la pertinence de chaque donnée et le niveau optimal de qualité qui lui est associé, pour mettre en balance sacrifice et bénéfice, coût et ROI. Attention, donc, à ne pas « maîtriser » vos données au-delà de leur valeur pour l’entreprise…

     5 – Et pourquoi pas un jeûne ?

    Une idée polémique dans un contexte de course à l’accumulation préventive ou prévisionnelle de données de toutes sortes… Et pourtant, si l’objectif n’est évidemment pas de couper tous les flux d’alimentation, on peut légitimement se demander si l’entreprise n’aurait pas intérêt, de temps en temps, à prendre un peu de recul face à ses données. Pour en analyser, via ses processus de gouvernance, le coût, la finalité et les besoins. Une manière de s’assurer qu’on ne se perd pas dans des données qui, si elles ne sont plus impossibles à capturer et conserver, seront autant de perturbations ou d’éléments de déconcentration pour l’IT d’abord et pour les métiers ensuite. L’aspect réglementaire est également à prendre en compte ici, et le jeûne de certaines données peut très bien se voir imposé par les autorités, ou par la pression réputationnelle. Savoir adapter son régime et sa politique à la fois aux besoins et aux contraintes devient essentiel. Autant se priver volontairement (et publiquement ?) des données dont on a estimé qu’elles n’étaient pas indispensables plutôt que d’entrer dans des processus de déclaration, d’acceptation et de purge contraignants. Une donnée de qualité peut se révéler toxique pour l’entreprise si toutefois cette dernière n’a pas le droit de l’utiliser ou même de la connaître…

     

     

  • SESSION RATTRAPAGE EVENEMENT – L’utilisation des données de santé du 28 juin 2016 by FNTC

    LES DONNEES DE SANTE : Entre HOLD UP et INNOVATION

     

    Le mardi 28 juin la FNTC ( Fédération des Tiers de confiance du numérique) organisait un débat autour de l’utilisation des données de Santé. Plusieurs questions clés ont été débattues notamment sur la transformation numérique de la santé et ses conséquences sur la relation avec le patient , mais aussi Intérêt général et protection de la vie privée : Quel équilibre trouver ? et des données c’est bien… mais pour quelles utilisations ? 

     

    Pour Alain Bobant, président de la FNTC , qui a introduit cette matinée : « le système de santé français fait face à une transformation de son activité impulsée par le numérique. Cet afflux colossal d’informations va induire la mise en applications de règles pour mieux protéger la vie privée. C’est la confiance fondée sur la morale et sur une forte expertise qui va constituer l’exigence stratégique fondamentale, c’est pourquoi la FNTC se devait d’être présente dans ce débat, pour aider les acteurs de ce secteur à forger la mécanique d’une mutation numérique efficace et aboutie.»

     

    Jean Yves ROBIN, DG d’Openhealth et ancien Directeur de l’ASIP Santé confie en ouverture des débats : “ que l’on prévoit une multiplication par 50 dans le monde du volume des données de santé d’ici à 2020 mais qu’aujourd’hui l’utilisation de ces données est sous-développée bien qu’elles représentent une somme de connaissances infinie. Il précise « que les enjeux sont considérables sur le ‘healthData’, qui représente déjà plusieurs milliards de dollars d’investissements aux USA.»

    Jeanne BOSSI MALAFOSSE, avocate DLA Piper et Experte auprès du Conseil de l’Europe, les données de santé méritent une gouvernance, un cadre, donné en partie par la loi de santé 2016. Elle précise « la loi donne enfin un fondement juridique à l’échange et au partage de données de santé à caractère personnel, notamment grâce à une redéfinition de la notion d »équipe de soins » permettant une plus grande coordination entre secteurs sanitaire, social et médico-social.»

     Félix FAUCON, inspecteur des affaires sanitaires et sociales a quant à lui, posé la question de l’utilisation des données de santé. Il explique : « Le débat de l’ouverture ou de la fermeture de l’accès aux données de santé ne peut être clair que si il est orienté par une vraie vision de l’utilisation des données captées. Permettre un accès aux données de santé, oui … mais pourquoi faire ?.»

     Monique TARON, Directeur Ventes et Marketing d’Almérys, a conclu sur le besoin de confiance des citoyens. Au delà des réglementations et de tout ce qui existe sur les aspects juridiques et réglementaires, il faut que ces derniers n’aient pas de craintes.  « Il est nécessaire que les organismes habilités à conserver les données soient des tiers de confiance qui s’engagent vis à vis des propriétaires des données sur le respect de règles claires et sur les conséquences en cas de défaillance. 

  • Cloud Public rien n’est acquis … Tout reste à faire

    Le Cloud Public tient-il toutes ses promesses ?

    Par Mos Amokhtari, Directeur Technique de CA Technologies 

    À l’heure de l’économie des applications, les organisations se montrent de plus en plus friandes de services Cloud. Ces infrastructures informatiques leur fournissent en effet l’agilité et l’efficacité nécessaires pour rivaliser avec leurs concurrents. Mais le Cloud public tient-il toutes ses promesses ? La question mérite débat.

     Alors que la Cloud Week Paris 2016 bat son plein cette semaine, Mos Amokhtari, Directeur Technique de CA Technologies précise que selon une étude du cabinet Forrester, près d’un tiers des entreprises françaises a recours au Cloud Public (Adoption Profile : Public Cloud in Europe, Q1 2016).  Même si la France est championne européenne en la matière, il est crucial de définir des cadres de réflexions pour appréhender en quatre points les gages de succès des projets de Cloud Public. En effet, rien n’est encore acquis et tout reste à faire.

    Il est indéniable qu’Amazon Web Services (AWS) et Microsoft Azure sont devenus les plateformes de Cloud Public les plus populaires et les plus fréquemment utilisées. Celles-ci peuvent offrir des performances et une puissance de calcul élevées, des capacités de stockage, et/ou une infrastructure tout entière sous forme de services à la demande.

    Malgré leurs avantages en matière de coût et d’agilité, toutes ces plateformes doivent être supervisées et gérées comme n’importe quel autre service : avec une gestion éprouvée des opérations et des procédures informatiques permettant aux entreprises de maximiser leur potentiel et celui de leurs applications.

    Adopter une supervision rapide et normalisée

    Auparavant, la supervision de l’infrastructure informatique représentait un coût largement accepté. Mais avec le modèle du Cloud computing, ce coût n’est plus viable. Désormais, les entreprises doivent pouvoir découvrir, configurer et déployer des capacités de supervision de leurs ressources Cloud. En outre, l’utilisation d’un ensemble d’outils unifiés de supervision d’infrastructures Cloud et internes permet de stimuler la productivité du personnel. Ce dernier peut ainsi gagner du temps en faisant l’impasse sur l’apprentissage ou la gestion de plusieurs outils.

    Collecter des informations globales et favoriser la prise de décisions

    Le Cloud Public ne doit pas être une « boîte noire ». Il est nécessaire de récupérer et de générer des rapports sur de nombreuses mesures de performances. Celles-ci doivent offrir suffisamment de visibilité pour assurer la fiabilité des ressources Cloud de façon proactive. Trop souvent, les organisations se contentent de métriques basiques intégrées aux plateformes. Cependant, pour qu’ils soient efficaces, les données, rapports et autres alarmes doivent favoriser la prise de décisions et être suffisamment pertinents pour éviter aux équipes de tourner en rond en essayant de résoudre de fausses alertes.

    Suivre les performances du Cloud sur le plan applicatif

    Certaines applications peuvent être entièrement basées dans le Cloud ; d’autres n’utiliseront qu’un ou deux éléments Cloud, comme des serveurs ou des bases de données Web. Quoi qu’il en soit, l’objectif des entreprises doit être d’obtenir une vue de leur infrastructure orientée applications. Elles pourront ainsi suivre et optimiser les performances de chaque élément, qu’il soit dans le Cloud en interne. Cette vue permettra également de montrer en quoi le Cloud améliore les performances des applications, et donc de justifier la migration d’éléments supplémentaires.

    Assurer une gestion proactive des performances

    En assurant un suivi proactif des performances des ressources Cloud (à l’aide de rapports sur les tendances, d’analyses de corrélation et de seuils avancés), il devient alors possible d’identifier des problèmes bien avant qu’ils n’affectent l’expérience des utilisateurs. En outre, ces informations offrent une meilleure visibilité sur l’utilisation des ressources Cloud, et permettent ainsi de mieux contrôler les coûts.

    En guise de conclusion, il faudra souligner qu’il existe des freins à l’adoption du Cloud Public tels que la sécurité et confidentialité des données. Les entreprises françaises ont besoin d’être rassurées sur ces questions qui demeurent vitales pour leurs activités et, surtout, pouvoir profiter pleinement des opportunités que le Cloud Public apporte en matière d’agilité et de flexibilité.

  • Données personnelles comment se mettre en conformité ?

    Six étapes préalables pour aider les entreprises à se mettre en conformité avec le GDPR

    Par Arnaud Revert, président directeur général d’Iron Mountain France

    2018 est l’échéance à partir de laquelle les entreprises vont devoir se conformer aux nouvelles réglementations sur le traitement des informations personnelles qui, au regard des énormes volumes de données annoncés, pourraient avoir de lourdes implications pour n’importe quelle entreprise qui manipule des données personnelles.

    Pour bien comprendre l’impact du nouveau règlement général de l’UE sur la protection des données (GDPR) sur les processus de gestion de l’information des entreprises et comment l’appréhender dans un contexte réglementaire plus général, voici six étapes préalables pour les aider à se mettre en conformité.

    La première question à se poser est de savoir ce que sont les données personnelles et si l’entreprise en a en sa possession.

    Vient ensuite la question de savoir comment le règlement GDPR s’applique au cas particulier de l’entreprise. Il est vital à ce stade, de bien comprendre la terminologie employée : données personnelles, champ d’application territorial, demande d’accès des personnes concernées par les données, évaluation de l’impact sur la protection des données (DPIA), droit à l’effacement et à la portabilité des données, et consentement.

     L’étape trois consiste à se demander où les données résident dans l’entreprise. Il peut s’agir de données enregistrées sur des systèmes en interne, sur les terminaux personnels des salariés, dans des archives sur d’autres sites et dans des classeurs, ainsi que les informations stockées par des fournisseurs, des sous-traitants et des partenaires commerciaux.

    Les entreprises devraient établir une carte de leurs données pour toujours savoir où se trouve l’information et s’assurer de pouvoir gérer les risques et les surveiller en continu.

    Parallèlement, l’entreprise devrait faire le point des règles de rétention en vigueur et les actualiser, pour savoir que faire de l’information et combien de temps les conserver. L’objectif est de ne conserver les données personnelles et autres archives que le temps nécessaire avant de les détruire, en application des obligations légales, réglementaires ou contractuelles, et de pouvoir aussi s’en justifier.

    Enfin, il est crucial de sensibiliser les personnes concernées et de rester réactif. Pour s’adapter aux réglementations changeantes, les règles de rétention doivent rester dynamiques et évoluer avec le contexte.

    Même si le nouveau règlement général sur la protection des données de l’UE a pour objet de protéger le droit constitutionnel des résidents européens au respect de leur vie privée, sans établir des conditions de rétention spécifiques, tout défaut de conformité pourra avoir de lourdes implications, à la fois financières et sur leur réputation. Si bien qu’il est très important de s’accorder sur les règles de rétention des archives. Les entreprises doivent impérativement observer ces étapes dès maintenant, pour s’assurer de pouvoir identifier facilement la localisation des données personnelles au sein de leur organisation et comprendre quelles sont leurs obligations de gestion.

     

     

     

     

  • Se préparer au Tsunami de la Blockchain…

    Blockchain – vers une nouvelle révolution

    Par Éric Lévy-Bencheton | Blockchain Strategist – Keyrus et Frédéric Maserati | Directeur Conseil – Keyrus Management

    La Blockchain est une technologie créée avec le bitcoin, devenue la 8ème monnaie mondiale en termes d’échanges. La Blockchain porte en elle de nouvelles promesses d’innovation dans tous les secteurs, mais aussi de disruption des modèles économiques dominants. S’intéresser aujourd’hui à ses applications possibles, c’est prendre un temps d’avance sur la prochaine étape de la révolution digitale et l’avènement d’une société « horizontale », sans intermédiaires, ni autorité centralisée…

    La Blockchain est probablement appelée à révolutionner les transactions et les échanges ; au même titre qu’Internet a permis la communication pair à pair, la Blockchain assurera dans les années à venir les transactions pair à pair avec une logique décentralisée et autonome.

    Si un mystère subsiste quant à l’identité réelle des initiateurs du Bitcoin, la preuve est faite, après 7 ans d’existence, qu’il est possible de créer et de faire fonctionner dans la durée une monnaie 100% digitale en s’affranchissant du système bancaire et de toute autorité centrale. Ce tour de force a fini par attirer l’attention sur la technologie sous-jacente au Bitcoin : la fameuse « chaîne de blocs » ou Blockchain, dont le potentiel de disruption inquiète autant qu’il suscite d’intérêt et d’enthousiasme à travers le monde.

    Pour preuve l’accélération des investissements, le nombre incroyable de conférences et d’articles. Engouement grandissant depuis notamment les effets d’annonce des Gourous de l’Internet ou de la Finance aux Etats-Unis, en premier lieu Blythe Masters au board de Digital Asset Holdings, qui a entamé un cycle de conférences sur les applications de la Blockchain au monde de la finance internationale, dont les impacts sont chiffrés en milliards de dollars… c’est peu dire !

    Pensé et construit sur les cendres de la crise de 2008, le système porte dans ses gènes une philosophie de la confiance (the trust machine)1, établie par une collaboration massive entre les membres du réseau, et par des techniques avancées de cryptographie. Confiance qui devait pallier les défauts d’une finance mondiale encore en déroute.

    COMPRENDRE LES PRINCIPES DE LA BLOCKCHAIN

    Avec la Blockchain, les informations partagées entre les membres d’un réseau sont stockées sur chaque nœud de celui-ci (chaque ordinateur), au lieu de dépendre d’un point central. La validation des blocs est assurée par des moyens cryptographiques et par une logique de consensus, 51% des nœuds de la chaîne, devant approuver l’information.

    Non seulement ce registre contient à tout moment l’historique complet des transactions mais il est infalsifiable et irrévocable, du fait même des technologies d’encryptions utilisées, et de sa réplication en de multiples points. Cette description rapide permet de dégager trois apports majeurs de la Blockchain :

    –          la possibilité de limiter les intermédiaires et les tiers de confiance dans les échanges ;

    –          la possibilité de garantir la conformité, l’intégrité et la traçabilité d’une transaction ou d’une information sans recourir à une autorité supérieure/centrale ;

    –          l’absence d’infrastructure dédiée, la puissance de calcul nécessaire étant fournie par les machines des participants (nœuds) et optimisée par des algorithmes.

    Nous parlons jusqu’à maintenant de Blockchain, « au singulier » en laissant éventuellement à croire en son unicité. Or il existe de nombreuses Blockchains (celle de la Bitcoin en est une) et elles adoptent différents modèles de gouvernance et/ou de partage d’informations : Privé, Public, Mixte, Hybride.

    Une Blockchain peut porter des informations « statiques » comme des transactions d’échange de Bitcoins, mais peut aussi être le porteur de programmes auto-exécutables, appelés Smart Contracts car ils peuvent agir comme des contrats « auto-porteurs » et automatiques.

    Nous en voyons apparaître les premiers usages comme par exemple une assurance agricole liée à la météo, dont le Smart Contract ira automatiquement chercher la pluviométrie / l’ensoleillement auprès d’une source agréée par avance (météo France par exemple), et paierait le cas échéant l’indemnité convenue de manière automatique entre les partis.

    Nous parlerons aussi d’Autonomous Agent, un ensemble de Smart Contracts, et donc un programme beaucoup plus complexe. Nous y voyons la promesse de nouvelles formes d’entreprises humaines, comme des organisations décentralisées. « The DAO » (Decentralized Autonomous Organization)2 en est un des premiers exemples. La campagne de collecte de fonds réalisée sur Kickstarter pour la DAO s’est élevée à 174 millions de dollars3, ce qui en fait le projet de financement participatif le plus important qu’on ait jamais vu. La DAO peut s’apparenter à une société de financement distribuée, où ceux qui lui ont alloué des fonds peuvent décider des projets qu’ils pourront financer via des Smart contracts en échange d’un revenu sur ses investissements.

    Le 17 juin 2016, The DAO a connu un immense crash suite à une attaque informatique, le « pirate » a réussi à exploiter une faille dans le « smart contract » régissant la DAO, lui permettant de siphonner petit à petit les ethers (Token ou monnaie d’Ethereum) détenus par cette dernière. Ce ne sont pas loin de 3,6 millions d’ethers qui ont ainsi été piratés, soit plus de 30% des fonds de la DAO !4

    Nous y voyons volontiers également l’émergence de nouvelles formes d’intelligences artificielles basées sur les principes de l’IA « plantoïde »5 comme le montre l’incroyable travail de Primavera de Filippi6, chercheuse à la faculté de droit de Harvard.

    POURQUOI LA BLOCKCHAIN EST UNE RÉVOLUTION ?

    Certains y voient le moyen de passer à une économie collaborative à grande échelle et à de nouvelles formes d’exercice de la démocratie comme la nouvelle démocratie liquide ou liquid democracy7. D’autres tablent sur la promesse d’une réduction drastique des coûts de transactions grâce à l’élimination des intermédiaires ; d’autres encore y voient l’opportunité de développer des services inédits et, ce faisant, de prendre des positions dominantes sur des marchés totalement nouveaux ou existants – ce qui n’est pas sans inquiéter les acteurs en place, à juste titre… Même si cette technologie émergente, que presque personne ne comprend, reste absconse pour la plupart des gens, il faut avoir aujourd’hui le bon niveau d’abstraction pour pouvoir en parler, s’y intéresser, et commencer à imaginer les impacts sur les modèles des organisations d’aujourd’hui et de demain.

    Bien que le Bitcoin reste, à ce jour, la seule application à très grande échelle de la Blockchain, tous les observateurs s’accordent sur le caractère disruptif de cette technologie. Son irruption pourrait, selon certains, provoquer une rupture de même ampleur que le TCP/IP, le protocole à l’origine d’Internet !

    Nous sommes face à la deuxième génération de l’Internet, celle des valeurs et des transactions, là où la première génération a largement été celle de l’information et de la communication réseau. (de l’automatisation de la relation décentralisée à l’automatisation de la transaction décentralisée).

    Faut-il pour autant parler de révolution ? Outre qu’il faut beaucoup plus qu’une technologie pour faire une révolution, il est de toute façon trop tôt pour le dire. Cependant, le contexte social et économique est propice et, avec la constitution d’un écosystème très dynamique, les conditions sont réunies pour que les expérimentations se multiplient. Elles dépassent d’ores et déjà largement les moyens de paiement et même la finance, même si c’est dans ce secteur que l’on compte actuellement le plus d’initiatives et d’alliances avec des start-ups/fintechs travaillant sur la Blockchain.

    QUATRE GRANDES CATÉGORIES D’UTILISATION DE LA BLOCKCHAIN

    L’inventaire des initiatives et expérimentations en cours fait apparaître quatre grands domaines d’utilisation de la Blockchain.

    1/ La facilitation des échanges : les paiements transfrontaliers, les micro-paiements, l’échange de titres non côtés, sont les premiers cas identifiés. Nous évoquons volontiers le cas de la Banque Allemande Fidor, en association avec la start-up Ripple Labs, qui a mis en place des services de paiements et de change, à coûts extrêmement réduits pour ces clients. Deux avantages de la Blockchain sont mis en œuvre : sa rapidité et ses coûts largement optimisés. La Banque Santander prédit à ce propos une économie de 15 à 20 milliards par an pour l’industrie des services financiers, à compter de 2020.

    2/ La notarisation d’actes et de documents : la Blockchain ayant, comme nous l’avons vu, la capacité à stocker et rendre infalsifiable la preuve d’existence d’un document à une date donnée. L’Université Léonard de Vinci, à La Défense Paris, expérimente ce moyen dématérialisé pour certifier les diplômes qu’elle délivre.

    3/ L’exécution certifiée de workflows : la Blockchain permettant la publication ainsi que la vérification publique de chaque étape d’un workflow. Qu’il s’agisse d’un processus industriel de contrôle qualité ou bien encore d’un processus de logistique, la logique de trusted workflow permet tout simplement de s’assurer que toutes les parties prenantes ont participé au processus, de façon certaine, irrévocable, à la connaissance de tous, simplement et facilement, l’information étant partagée en tout point des nœuds du réseau. Des laboratoires pharmaceutiques envisagent, par exemple, d’utiliser la Blockchain pour accélérer le recueil du consentement des patients à chaque nouvelle étape d’un protocole de test et réduire ainsi les coûts et la durée des phases d’essais cliniques, sur de nouvelles molécules.

    4/ Les titres de propriété numériques : L’inscription sur le registre distribué d’une Blockchain permet d’attester la propriété d’un individu et de garder la trace de toutes les cessions d’un actif matériel ou digital. Avec l’aide de l’ONG Bitland, le gouvernement du Ghana table sur ces propriétés de la Blockchain pour mettre en place à moindre coût un cadastre officiel. Des artistes numériques commencent à l’utiliser pour authentifier leurs œuvres, en contrôler la diffusion et protéger leurs droits. Cette facette de la technologie Blockchain présente une rupture par rapport à la première génération de l’Internet qui a vu les créateurs, les ayants droits, se voir spoiler de leurs droits au profit d’acteurs comme Spotify, Apple Music … sans même évoquer les impacts du piratage.

    BLOCKCHAIN OF THINGS ET BLOCKCHAIN OF DATA

    Afin d’aller plus loin et d’ouvrir de nouvelles perspectives, avec notamment l’Internet des objets (Internet Of Things ou IoT) qui figure comme une déferlante inéluctable de nos sociétés numériques Nous pouvons évoquer divers exemples dans le B2C (traqueurs d’activité, domotique…) ou dans le B2B (capteurs de surveillance des voitures de flotte, capteurs de toutes les pièces d’un avion…), où l’IoT nécessite une capacité à effectuer chaque jour des milliards de transactions et de manière automatisée.

    L’émergence d’une Blockchain of Things, stockant toutes ces transactions, avec des Smart Contracts7 régissant les relations entre ces objets de plus en plus évolués, nous apparait comme un impératif. En fait, l’IoT donne aux objets la possibilité de réaliser directement, en toute autonomie, des transactions. Cette vision de l’IoT suppose que les objets communiquent et réalisent des transactions entre eux. L’aspect décentralisé de la Blockchain constitue le ciment permettant à ces objets de transacter entre eux, d’en garder la preuve, dans un cadre de référence (Smart Contract) préalablement défini, en toute autonomie (IA) et sécurité. L’économie digitale passant de la « plateformisation » (mettre en contact direct des personnes entre elles) à la « Blockchainisation » (mettre en contact direct des « agents » entre eux) correspond à cette révolution numérique en cours

    Dans une logique similaire, nous faisons confiance au quotidien à de nombreux organismes, qui stockent et utilisent nos données personnelles. Dans bien des cas, notre consentement éclairé n’est pas vraiment sollicité ni approuvé.

    La Blockchain of Data pourrait être une solution pour stocker nos informations individuelles, mais surtout gérer (via les mécanismes des Smart Contracts) les droits conférés et/ou délégués aux entreprises. Certaines données pourraient être gratuites sous certaines conditions, d’autres payantes à l’utilisation, enfin une dernière catégorie sur invitation uniquement.

    SE PRÉPARER AU TSUNAMI DE LA BLOCKCHAIN

    Devant le caractère universel de ces catégories, on comprend que tous les secteurs, publics et privés, sont concernés et seront touchés, d’une manière ou d’une autre, par l’adoption et la diffusion des technologies Blockchain. Le nombre de processus susceptibles d’être impactés est proprement phénoménal. Les banques ne s’y sont pas trompées. Seules ou collectivement, comme au sein de consortium R38, elles explorent et expérimentent les possibilités de la Blockchain avec un double objectif : tirer parti de ses avantages (de sécurité, de coûts et de transparence) et intégrer la logique de point à point dans leur propre modèle pour mieux résister à l’arrivée de nouveaux acteurs utilisant un modèle nativement distribué et désintermédié. Le monde de l’assurance fait de même et s’intéresse notamment aux possibilités offertes par les Smart Contracts.

    Les premiers fournisseurs de solutions pour constituer des Blockchains publiques ou privées commencent à apparaître. Les start-ups fleurissent et attirent les investisseurs. Il faut donc s’attendre à voir surgir, dans tous les secteurs, des acteurs proposant des services P2P quasiment gratuits. Disruptifs il y a 5 ans avec leurs plate-formes de mise en relation, les fleurons de l’économie dite du partage ne sont pas à l’abri : la start-up israélienne LaZooz.org et son homologue anglais Arcade City entendent bien « uberiser Uber » avec son service de covoiturage décentralisé et autogéré basé sur la Blockchain…

    Le seul moyen pour une entreprise de se préparer aux bouleversements annoncés est de s’intéresser dès maintenant à la Blockchain et à son écosystème. La première action est d’identifier les stratégies gagnantes pour accélérer ma transformation et garder ma longueur d’avance. Cela revient à se replonger dans tous les rouages de l’organisation et de sa chaîne de valeur et, en quelque sorte, à faire une mise à plat des modèles existants, avant de les re-penser à l’aune des technologies horizontales, décentralisatrices et sécurisées en mode P2P comme peut l’appeler de ses vœux Michel Bauwens9.

    L’exercice paraît complexe mais c’est le plus sûr moyen d’identifier précisément où la Blockchain peut apporter quelque chose et commencer à l’expérimenter dans une logique de Proof of Concept.

    La philosophie de cette démarche d’acculturation et d’expérimentation peut se résumer en une phrase : se « disrupter » soi-même pour ne pas subir la disruption. Internet promettait l’instantanéité, l’immédiateté et la permanence de l’information et de la communication en temps réel. La Blockchain promettra la collaboration, la transparence, la décentralisation, la sécurisation de toutes les transactions au sens large…