Quelles sont les 12 tendances RH pour 2017 ?
Talentsoft, le leader européen des applications Cloud de gestion des talents et de digital learning décrypte les tendances RH attendues pour 2017.

Talentsoft, le leader européen des applications Cloud de gestion des talents et de digital learning décrypte les tendances RH attendues pour 2017.

Selon une nouvelle enquête de BMC Software
Forum économique mondial – Alors que les dirigeants mondiaux se réunissent cette semaine pour aborder les défis qui attendent le monde en 2017, une nouvelle étude BMC révèle que les salariés estiment qu’il incombe davantage aux employeurs de les doter des moyens nécessaires pour réussir à faire face aux multiples changements engendrés par l’économie numérique.
Le thème retenu cette année à Davos porte sur un « leadership réactif et responsable », à l’heure où les secteurs traditionnels sont redéfinis et où de nouveaux secteurs se créent de toutes pièces. Les progrès dans les domaines de l’apprentissage automatique (Machine Learning), de l’intelligence artificielle, de la robotique, de l’Internet des objets, des véhicules autonomes et des nouvelles technologies de paiement sont nombreux et contraignent les entreprises, les pouvoirs publics et les individus à se pencher sur les méthodes de travail et les compétences requises pour répondre aux exigences et aux besoins du numérique.
L’étude de BMC, réalisée auprès de plus de 3 200 employés dans 12 pays, montre que bon nombre des employés sont enthousiastes devant le potentiel qu’offrent les nouvelles technologies d’améliorer leur vie professionnelle et de susciter de nouvelles opportunités de carrière. Cependant, ils sont en moyenne 40 % à craindre de ne pas pouvoir suivre le rythme des changements imposés parl’entreprise numérique. Pour 88 % des répondants, la création d’une culture d’innovation incombe d’ailleurs à leur employeur.
Paul Appleby, EVP Transformation numérique chez BMC, commente : « Les bouleversements liés au monde du numérique tel que nous le connaissons actuellement obligent les collectivités et les entreprises à créer de nouveaux environnements d’apprentissage afin de former leur personnel à faire face aux nouvelles exigences qui en résultent. L’étude révèle que les salariés veulent être des “acteurs du changement numérique” et cherchent à acquérir de nouvelles compétences, mais ils attendent de leur employeur une offre de formations plus complète pour pouvoir répondre aux impératifs de l’ère numérique. Pour faire simple : les entreprises qui seront pionnières dans cette démarche aujourd’hui seront les leaders de demain. »
Les salariés s’attendent à voir leurs rôles et leurs compétences évoluer considérablement d’ici à 2020
L’enquête de BMC révèle qu’environ 47% des salariés (monde) estiment qu’ils doivent apprendre l’utilisation de nouveaux logiciels et de nouvelles applications. Cette proportion atteignant 57 % aux Etats-Unis. Conscients que le numérique permet aux machines de jouer un rôle plus important sur le lieu de travail, un tiers des salariés (33 %) s’attendent à une automatisation de certaines de leurs tâches d’ici à 2020, en particulier dans les pays où le secteur de la fabrication prédomine, tel que la Chine (48 %).
Face aux changements engendrés dans les modes de travail, l’étude indique que de nombreux salariés sont également enclins à adopter ces changements et à saisir de nouvelles opportunités : 74 % en moyenne s’estiment armés pour le faire, cette proportion s’élève à 96% en Argentine et 93% au Mexique. Cette flexibilité nécessite un environnement de travail dans lequel des leaders réactifs et responsables font la promotion d’une culture d’innovation. 71 % des salariés interrogés jugent en outre leur lieu de travail propice à cet apprentissage ; le Brésil (80 %), la Nouvelle-Zélande (75 %) et le Canada (74 %) se situant sur le podium sur ce sujet. Cependant, tous ne considèrent pas comme positifs pour leur poste, le rythme et le changement insufflés par l’entreprise.
Les craintes s’accroissent alors que les salariés redoutent de ne pas pouvoir s’adapter assez vite
En Europe, 77 % des salariés reconnaissent que les bouleversements et l’augmentation de la concurrence nécessitent davantage de personnes possédant des compétences numériques indispensables à la compétitivité à l’échelle mondiale. Cette proportion culminant à90 % en Espagne. Cependant, plus d’un tiers (41 %) des salariés (monde) s’inquiètent de ne pas pouvoir acquérir ces compétences numériques assez vite pour réussir dans l’environnement de travail de demain, en particulier dans les pays d’Amérique latine.
Se pose alors la question de savoir à qui il incombe de fournir les outils et compétences nécessaires pour transformer la façon dont les salariés travaillent dans l’économie numérique. Par exemple, les employés chinois ne pensent pas qu’il soit de leur propre ressort de veiller à posséder les compétences numériques les plus récentes (39 %). Les Latino-Américains estiment par contre qu’ils sont responsables de leurs compétences et sont plus nombreux que la moyenne (62 %) à se dire prêts à suivre des formations sur leur temps personnel afin de combler un déficit de compétences numériques. Les leaders réactifs feront en sorte de mettre leurs salariés en situation de réussite ou de leur faire d’acquérir les nouvelles compétences nécessaires.
Les salariés attendent de leur direction qu’elle soit réactive et encourage le changement
Globalement, les employés de bureau sont intimement convaincus que les employeurs doivent créer une culture de l’innovantion afin de fidéliser et favoriser le succès de leurs salariés dans des rôles et responsabilités de plus en plus numériques. Toutefois, le niveau d’encouragement que les salariés estiment actuellement recevoir pour mener le changement au travail varie grandement. Seuls 64 % des participants aux Etats-Unis se sentent épaulés par leur entreprise pour conduire l’innovation, tandis que 90 % des Mexicains trouvent que leur environnement de travail les incite au changement.
L’étude souligne par ailleurs que la fréquence à laquelle la direction recherche des idées en matière de changement et le degré d’écoute que les salariés perçoivent, influencent également la façon dont ils se sentent encouragés ou accompagnés pour conduire le changement au sein de leur poste. 57 % des salariés américains considèrent que la direction de leur entreprise leur offre la possibilité de proposer des changements uniquement pendant les entretiens d’évaluation, tandis que les Européens (39 %) se voient plutôt invités à formuler des suggestions par l’intermédiaire de questionnaires. Les Américains et les Britanniques se sentent parmi les moins mis en situation de conduire leur changement (64 % et 47 %, respectivement).
Le risque est réel pour les entreprises qui ne se montreraient pas proactives pour doter leurs salariés des compétences numériques nécessaires ou pour développer de nouvelles méthodes pour motiver les employés à mener les changements. Ces entreprises pourraient disparaître.
Informations complémentaires :
eBook
Pour aider les dirigeants d’entreprise à accompagner les acteurs de la transformation numérique et encourager l’innovation au travail, BMC publie aujourd’hui un eBook gratuit intitulé « Mission : Launch a Digital Workplace ». Ce document présente cinq façons dont les leaders réactifs et responsables peuvent améliorer l’engagement et la productivité des salariés avec des initiatives numériques sur le lieu de travail.
Il est téléchargeable gratuitement sur http://www.bmc.com/forms/DSM_ALL_TopRank_Q3FY17.html.
Selon Jamal Labed, co-fondateurd’EasyVista, leader des solutions de Service Management pour les services informatiques, le « Happy Management » est étape ultime de la Digital Workplace. En effet, en favorisant le bien-être au travail, la Digital Workplace contribue à séduire et fidéliser les salariés de demain et, notamment, les nouveaux profils digitaux.
En 2025, 75% de la population active sera composée de « digital natives ». Adeptes du télé travail ou des tiers lieux, les nouvelles générations font naître de nouvelles pratiques dont le dénominateur commun est la technologie. Privilégiant l’innovation, le partage et la mobilité, leur arrivée dans l’entreprise remet en question son organisation traditionnellement pyramidale et en silos. Leurs pratiques – mode projet, startups internes, collaboratif, etc. – sont directement inspirées du «modèle californien », poussé par le succès des licornes et les géants du web,Google en tête.
Recruter et fidéliser des compétences digitales
Au-delà des questions technologiques induites par ces nouvelles pratiques (dont la mobilité est aujourd’hui leprincipal enjeu), l’entreprise est face à un sérieux défi en matière derecrutement. D’une part, on le sait, elle éprouve aujourd’hui toutes les peines du monde à recruter les nouveaux profils qui l’aideront à matérialiser les bénéfices de la transformation digitale. Data scientists, développeurs, spécialistes de la visualisation de données, Chief data officers, Digital officers. sont les profils déjà les plus recherchés et leurs salaires atteignent des niveaux qui reflètent leur rareté.
D’autre part, non seulement les digital natives sont conscients de la rareté de leurs compétences, mais de plus, démontrant un goût certain pour le « zapping », ils ne sont pas fidèles à leur employeur. Selon une étude de Deloitte, deux milleniums sur trois sont convaincus qu’ils évolueront dans une autre entreprise d’ici 2020 et seulement16% d’entre eux se voient dans la même entreprise d’ici 10 ans. Dell préciseque 42% d’entre eux sont prêts à quitter leur poste s’ils considèrent que les technologies mises à leur disposition ne sont pas à la hauteur de leurs exigences.
Parallèlement, les formations en France peinent à suivre le rythme. Si la plupart des grandes écoles ont intégré descursus digitaux, il faudra du temps pour qu’ils se professionnalisent et répondent aux exigences liées à ce futur du travail. Elles devront être attentives à suivre l’évolution des technologies et des usages qui en découleront, ce qui n’est pas le plus facile, car certaines technologies disparaissent aussi vite qu’elles sont apparues (par ex. le WEP) ou deviennent progressivement obsolètes (les messageries instantanée, voire les réseaux sociaux remplacent les e-mails). Pourtant, comme le traduit le fameux «Software eats the world » de Marc Andreessen, les entreprises seront, dans un avenir très proche, entièrement numériques. Elles doivent donc de toute urgence se demander comment recruter et fidéliser les nouvelles générations de professionnels qui les aideront à passer le gué.
Happy Management : le bonheur au travail augmente la productivité
L’une des réponses apportées par des entreprises pionnières consiste à investir d’importants moyens pour garantir le bien-être des salariés. Les startups américaines (Zappos par exemple) ont été les premières à institutionnaliser le poste de « Chief Happiness Officer », enconsidérant les salariés comme des clients et en appliquant des recettes marketing pour les fidéliser. Ces rôles commencent à apparaître en France.
Toute entreprise est consciente qu’un employé heureux est un employé plus productif. L’absentéisme et les arrêts de travail diminuent, alors que l’engagement et les taux de fidélité s’accroissent. Au-delà des réformes organisationnelles qu’une entreprise peut appliquer pour répondre à ces nouvelles exigences (mode projet, collaborationet décloisonnement des espaces de travail, par exemple), le digital offre les moyens d’améliorer le bien-être au travail. Car, bien plus qu’une somme d’outils, le concept de « Digital Workplace » est avant tout une stratégie,couvrant l’ensemble de l’entreprise, soutenue par la direction et dont l’ambition doit être de faire converger les usages numériques personnels et professionnels afin de simplifier le quotidien des salariés.
Ce n’est pas par hasard si Facebook lance la version professionnelle de son réseau social ou si les courbes d’adoption d’outils comme Slack ou Dropbox atteignent des sommets. L’appstore d’entreprise, les catalogues de services et bientôt les « service bots » (des «chatbots » dédiés à la relation employé) apporteront aux salariés le confort qu’ils recherchent afin de se concentrer pleinement sur leurs objectifs.
Souvenez-vous : si vous ne donnez pas à vos salariés les outils dont ils ont besoin, au mieux ils les trouveront seuls. Et au pire, ils iront voir ailleurs. Une stratégie bien pensée de DigitalWorkplace étayant une politique d’Happy Management devrait au contraire contribuer à les retenir.
RH Vs. Machine : Et l’humain dans tout ça ?
Ce que vous aimez, ce que vous adorez, ce que vous détestez, ce qui vous émeut, vous agace, vous excite, vous révolte, vos photos, vos soirées, vos amis, vos soirées entre amis, les photos de vos soirées entre amis, vos expos, films, bouquins préférés, vos playlists, ce que vous pensez de lui, d’elle, d’eux, vos études, vos expériences, vos compétences, vos centres d’intérêt, votre personnalité, vos motivations profondes et 1000 autres choses encore. Désormais, nos vies toutes E.N.T.I.È.R.E.S. sont sur Internet, compilées sous forme de Data. Et #GoodNews (ou pas, c’est selon, etc.), ces datas sont pour la plupart parfaitement exploitables par les recruteurs pour prédire la capacité de leurs candidats à réussir. Si le Facebook du candidat est ouvert, c’est pas stalker hein ? Allez, on commence par la première question : lorsque l’on recrute, est-il envisageable / raisonnable / éthique d’accéder aux données public d’un profil Facebook un peu open, de checker les tweets d’un candidat, de trainer sur l’Instagram de la future stagiaire ou encore de lire les commentaires que le next « Jean-Michel de la compta » a pondu sur Linkedin avant de les faire venir en entretien ? « Moi en tout cas, jamais je ne le ferai ! », déclare le RH drapé dans son costume de chevalier blanc inoxydable. YouQuoi ? Vous voulez que je vous dise ? Ça me fait penser à ces enquêtes sur la consommation de Porn. Faites le test, interrogez 100 personnes (hommes et femmes confondues) tout autour de vous : vos collègues, votre boss, votre femme, votre mari, vos ados… 98 d’entre elles vous répondront qu’elles ne voient pas de quoi vous voulez parler. Pourtant, d’après Google cette catégorie de sites génère près de 30% du trafic Internet mondial… Cherchez l’erreur. ^^ Let’s be honest : Lorsqu’une candidature retient notre attention, la majorité d’entre nous commençons par googler le/la candidat(e) et finissons par checker à peu près tout ce qui traine au moins sur la première page de Google… juste histoire de voir. Personne n’aime l’incertitude… En fait, cela n’est ni sale, ni malsain, ni tordu. Cela répond juste à un besoin psychologique fondamental : celui de réduire l’incertitude. Après tout, quoi de plus naturel : l’un des objectifs du recruteur est de réduire la prise de risque. Vu le coût d’un recrutement raté (50K€ en moyenne), qui voudrait tirer la décision à pile ou face ? Quand on a qu’un CV (80% sont maquillés) + une lettre de « motivation » toute standard à dispo, quoi de plus naturel que de chercher de l’information « en plus » pour tenter de ne pas se planter ? Qu’est ce qui compte ? Qui est VRAIMENT la personne… ou ce qu’elle aimerait que vous pensiez qu’elle est ? Bien évidemment, on se pose tous la question de la « pertinence » des données recueillies. Vous allez me dire : Linkedin, pourquoi pas. Mais Facebook, NON. #JeSuisUnChevalierBlanc En même temps, est-il vraiment délirant de supposer que toutes ces traces numériques que nous laissons derrière nous sont – quelque part – le reflet de notre personne, de ce qui nous anime, nous fait vibrer, de ce qui nous rebute, en somme tout ce qui fait que nous sommes qui nous sommes… « ou plutôt de la personne pour laquelle nous souhaitons nous faire passer » allez-vous me dire ? Certes, mais une partie de notre comportement au travail n’est-il pas directement impacté par cette image partielle et idéalisée de nous-même que nous souhaitons projeter aux autres ? (La réponse est OUI). Evaluations passives Vs. Evaluations actives En plus de toutes ces infos glanées sur Internet, vous pouvez aussi recueillir une mine d’information extraordinaire concernant la personnalité, les motivations ou encore les aptitudes de vos candidats avant même de les rencontrer, simplement en leur faisant passer un questionnaire de 10 à 12 minutes. Aujourd’hui, n’importe qui a déjà utilisé ce type d’approche SAIT l’apport inestimable en termes d’insights sur les comportements humains. Une fois que vous avez récupéré ces données, vous en faites quoi ? Bon, imaginez que vous ayez eu accès au Linkedin de votre candidat, que vous ayez ses résultats à un test de perso + un test de motivations et que vous soyez tombé sur 3 photos où il a l’air un peu raide, attablé avec 5 ou 6 potes un vendredi soir il y a près de 6 mois. Vous allez en déduire quoi ? Et vos autres collègues recruteurs ? Le problème, bien souvent, ce ne sont pas les infos que vous recueillez mais bien le poids que vous accordez à chacune d’entre elles. Feriez-vous mieux que la machine ? Et c’est là que la question des algorithmes se pose. Imaginez un algorithme qui soit capable d’appliquer systématiquement le même poids à chacune des catégories d’infos recueillies pour CHACUN de vos candidats. Imaginez qu’au terme d’un traitement qui lui prendrait à peu près une demi-seconde (pas pour chaque candidat hein, pour 400 d’entre eux), cet algorithme soit en mesure de vous donner un indicateur précis concernant les probabilités de réussite et d’engagement de vos candidats au long cours. Imaginez maintenant que cet algorithme soit 25% systématiquement plus pertinent que les décisions que les meilleurs experts en recrutement sont en mesure de prendre, vous y compris (concrètement, c’est ce que toutes les études réalisées à ce jour ont démontré). Que feriez-vous de cet indicateur ? « Et l’humain dans tout ça ??!? » …c’est bien ça tout le problème ! L’humain justement. L’humain qui pense qu’une photo d’une personne ivre signifie qu’elle sera forcément un candidat moins fiable qu’un autre. L’humain qui préférera recruter telle candidate plutôt que telle autre parce que ses photos sur Insta sont bien plus flatteuses (ou le contraire d’ailleurs). L’humain qui privilégiera (inconsciemment) le profil de ce gars parce qu’il a été recommandé par 12 contacts sur Linkedin (ses potes en fait) plutôt que celui qui n’en a que 3 (des références pourtant solides celles-ci). Est-ce que cela veut dire qu’il faut déléguer totalement la sélection de ses futurs talents aux machines ? Non bien évidemment, c’est « just a kind reminder » pour vous dire de faire gaffe la prochaine fois où vous vous prendrez à imaginer ce qui est bon pour les autres en général et pour vos candidats en particulier. Vous pensez que vous êtes exempt(e) de ces biais (qui touchent pourtant 100% des êtres humains) ? Soit. Et dans votre équipe de recruteurs, tous ont-ils également un profil de Yoda ? Sont-ils tous aussi supérieurs à « nous autres pauvres mortels » que la probabilité qu’ils dérapent – consciemment ou inconsciemment – soit réduite à néant ? Prêter attention à l’humain, réellement et profondément, ce n’est pas s’empêcher de regarder ce qui est à la portée de tous. Ce n’est pas refuser par principe de googliser ses candidats avant de les rencontrer en entretien. C’est simplement prendre en compte les individus dans leur globalité et dans tout leur contexte. C’est aussi – et par dessus tout – s’intéresser à leur personnalité, à leurs motivations, à leurs passions, à leurs aptitudes, à ce qu’ils sont capables de faire, à ce qui fait leur singularité. Enfin, être humain c’est aussi accepter que nous avons des limites et que la meilleure manière de nous prémunir de nous-mêmes, c’est parfois d’accepter que la technologie puisse nous rendre de précieux services.
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Par Saad Zniber, co-fondateur de YATEDO
Dans le travail de tout recruteur, il y a incontestablement une partie très rébarbative. Lorsqu’on recherche un profil, il faut diffuser une offre d’emploi puis trier les candidatures et enfin contacter les profils retenus. Ces processus peuvent être automatisés et gérés beaucoup plus efficacement par une intelligence artificielle. Non seulement le recruteur gagne du temps, mais il gagne aussi en qualité !
Le sourcing est un processus critique. S’il est raté, la valeur ajoutée du recruteur devient nulle. Aujourd’hui, il est donc préférable de confier le sourcing à des algorithmes. Pourquoi ? Car même chez les recruteurs les plus expérimentés, qui ont constitué au fil des ans un carnet d’adresses impressionnant, leur performance en sourcing n’arrive pas à la cheville des capacités d’une intelligence artificielle. En effet, quand un bon recruteur active un réseau susceptible de toucher plusieurs milliers de candidats, l’outil gère lui des dizaines de millions de profils. Pour autant, la quantité est-elle forcément synonyme de qualité ? Si on utilise le bon outil avec le bon modèle, alors oui !
Choisir le bon modèle de recrutement prédictif
Car c’est un peu ça le problème… Les apôtres du recrutement prédictif utilisent des modèles assez douteux. En gros, voici leur pitch : « pour trouver le talent dont votre entreprise a besoin, nous allons établir un profil idéal à partir du croisement de milliers de données internes et externes. Puis, nous allons rechercher et sélectionner des candidats qui matchent avec ce profil. » Autrement dit, ils ne font que répéter les bons vieux usages : « Dans mon entreprise, les diplômés HEC ont très bien réussi donc je ne vais recruter que des diplômés HEC. » Au final, la stratégie de recrutement est celle du clonage et des préjugés. Dans un monde qui évolue vite et où chaque entreprise peut se faire ubériser en l’espace de 6 mois, cette stratégie est vouée à l’échec !
Si le modèle du recrutement prédictif est séduisant intellectuellement (je recrute des profils identiques à ceux qui ont réussi dans mon entreprise), il est faux. Pourquoi ? Parce qu’il trouve son origine dans les préjugés des recruteurs (lesquels choisissent des critères selon leur propre expérience personnelle) et selon l’idée que les recettes d’hier vont fonctionner demain.
Une autre IA est possible
Une intelligence artificielle est une technologie pouvant raisonner comme un être humain. Pour en retirer de réels bénéfices, le recruteur doit se laisser guider par l’outil. Car c’est bien l’intelligence artificielle qui va lui fournir son profil idéal.
Prenons un exemple. Je souhaite recruter un responsable marketing. Je vais demander à mon outil d’intelligence artificielle d’identifier le profil le plus à même de réaliser ce job. Scannant des centaines de millions de données (disponibles sur le web, les réseaux sociaux…), l’outil analyse les parcours, les compétences et les diplômes de centaines de milliers de responsables marketing (mais aussi d’autres professionnels du marketing dont les titres sont différents mais les missions relativement semblables). Suite à cette analyse, l’outil va définir ce qui constitue l’essence d’un responsable marketing : il a telles compétences, il a connu tel parcours professionnel, il a fait ce type d’études,…
Grâce à ces informations, je visualise nettement à quoi ressemble la perle rare. Il faut maintenant affiner ce profil en fonction de certains critères qui me sont propres. Par exemple, je souhaite que le candidat évolue dans telle région ou dispose d’une certification Y. Egalement, je cherche quelqu’un ayant un fort potentiel (donc une personne qui a connu une évolution de carrière rapide) et plutôt passionné (donc une personne menant des projets en dehors de son travail pour acquérir de nouvelles compétences). Ce travail d’affinage permet alors d’établir une short-list de candidats réellement pertinente.
Adapt or die
D’ici à 5 ans, le métier de recruteur va radicalement se transformer. Toute la partie sourcing a vocation à être complètement automatisée. Même la prise de rendez-vous avec les candidats sera à terme gérée par l’intelligence artificielle. Ces fameux chatbots, dont on parle tant actuellement pour les plateformes e-commerce, seront chargés d’enclencher les premiers échanges avec les candidats. Dans le même temps, le tri des CV et l’animation de la CVthèque sera optimisée par les outils, permettant au recruteur de se libérer des tâches administratives et donc de se concentrer sur deux missions prioritaires : faire passer des entretiens d’embauche et prendre la décision finale !
Le Club Business Analytics info a réuni, le 24 novembre dernier, pour un échange et une réflexion sur le thème de l’impact de la numérisation de l’économie sur l’emploi (de droite à gauche sur la photo) :
Monique Dagnaud, sociologue, directrice de recherche émérite au CNRS à l’Institut Marcel Maus, membre du comité éditorial de Telos-eu.com et auteur de « Le modèle californien : Comment l’esprit collaboratif change le monde» ;
Max Blanchet, senior partner chez Roland Berger, auteur de « Industrie 4.0, Nouvelle donne Industrielle,nouveau modèle économique» et conseil depuis plus de 20 ans auprès de groupes industriels et de la fonction publique ;
Christian Fauré, président de l’IRI (Institut de Recherche et d’Innovation), managing partner chez OCTO Technology et membredu Conseil d’administration d’Ars Industrialis, co-auteur de l’ouvrage « Pour en finir avec la mécroissance » ;
Mouloud Dey,directeur innovation et business development de SAS France.
Thomas Boullonnois de Rumeur Publique introduit cette table ronde en remarquant qu’inverser la courbe du chômage est la priorité affichée des candidats comme des gouvernements successifs depuis 30 ans. sans grand succès jusqu’à présent. Et d’énoncer quelques constats et chiffres récents.
La technologie, pour reprendre une expression chère à l’association Ars Industrialis, est un « pharmakon », ce qui signifie qu’elle véhicule à la fois le poison et le remède. Côté poison, une étude de l’Université d’Oxford a récemment conclu que la numérisation del’économie menace un emploi sur deux en Europe. Le cabinet d’analystes Roland Berger a chiffré à 3 millions le nombre d’emplois voués à disparaître à l’horizon 2025, précisant que 42% des métiers ont une forte probabilité d’automatisation.
Côté remède, Paul Duan, un jeune français sorti de Sciences Po et Berkeley, vient de lancer en collaboration avec Pôle Emploi une plate-forme tirant parti d’unalgorithme d’intelligence artificielle pour conseiller et guider le demandeur d’emploi de manière personnalisée. Son ambition : réduire le chômage de 10 % sans nouvelle prime à l’embauche, ni refonte du Code du travail, et ce, indépendamment de la conjecture économique.
Depuis longtemps, la relation technologie-emploi a été analysée et interrogée par de nombreux commentateurs. Déjà en 1930, Keynes annonçait que la technologie allait permettre de travailler 15 heures par semaine. Mais, si elle est à l’origine de la disparition d’une part des emplois, la technologie peut-elle contribuer à en créer de nouveaux ? Ou faut-il se résoudre d’ores et déjà à repenser la société « après » le travail ? Et quel rôle attribuer à l’éducation dans cette transformation, quand deux tiers des métiers de demain restent à inventer ? Autant de questions posées aux experts de cette table ronde.
AUTOMATISER N’EST PAS DÉTRUIRE
Intelligence artificielle, algorithme, automatisation. Assiste-t-on à la mort du travail ?
Max Blanchet pense que si de nombreuses théories présentent la digitalisation et l’automatisation comme une vague inarrêtable de suppressions d’emplois menant tout droit à un chômage de masse, la réalité reste plus contrastée. Roland Berger a repris et enrichi les travaux de l’Université d’Oxford, pour analyser métier par métier, la probabilité de son automatisation. Si de 35 à 45% sont concernés, cela ne signifie pas qu’ils vont être détruits. La distinction entre automatisation et destruction estessentielle.
D’autre part, l’industrie depuis le XIXe siècle a toujours recherché à améliorer la productivité. Alors qu’une usine automobile regroupait 30 000 personnes au début de l’industrialisation, ce nombre n’a cessé de baisser depuis, pour atteindre environ 3 000 aujourd’hui. L’industrie française a en moyenne supprimé 700 000 postes tous les dix ans, depuis 30 ans. Cette réduction est liée à deux facteurs principaux : la productivité et la compétitivité. Mais simultanément de nombreux emplois ont été créés ailleurs, notamment dans le tertiaire. On remarque que les métiers les plus recherchés aujourd’hui sur LinkedIn n’existaient pas il y a 5 ans. Ce mouvement de destruction s’accompagne donc, depuis toujours, d’un mouvement de création, comme l’a expliqué Schumpeter.
DISTINGUER TRAVAIL ET EMPLOI
Christian Fauré insiste sur la distinction entre travail et emploi. Beaucoup de personnes ont un emploi mais ne travaillent pas. Et inversement. L’enjeu aujourd’hui n’est pas l’emploi, mais le travail. L’automatisation ne détruit jamais un travail, mais elle détruit de nombreux emplois. Le défi est donc de faire en sorte que ceux qui travaillent reçoivent une rémunération.
Le revenu universel est présenté, par les politiques tous bords confondus, comme une manière de pallier le chômage de masse. L’association Ars Industrialis,présidée par Bernard Stiegler, a plutôt dirigé sa réflexion sur le revenuc ontributif, qui se différentie du premier par sa conditionnalité. Le régimed es intermittents du spectacle est une source d’inspiration. Quand un comédien répète, il travaille, même s’il n’est pas payé. Là encore, il convient de faire la distinction entre rémunération du travail et rémunération de l’emploi.
Par définition, on ne peut se passer du travail. Même dans l’oisiveté ou le loisir(« otium » par opposition à « negotium »), on trouve le travail de l’amateur qui aime ce qu’il fait (par opposition au spéculateur). En travaillant, l’amateur « ouvre un monde », ce qui reflète le sens original du mot « ouvrier » : celui qui par son travail « œuvre », donc ouvre un monde autour de lui.
La révolution industrielle et les gains de productivité dont parlait Max Blanchet, étaient les prémices de ce que Marx a appelé la prolétarisation : le fait que les compétences, les connaissances, le savoir-faire soient transférés de l’homme vers la machine. Le « prolétaire » ne désigne pas à l’origine un travailleur pauvre mais quelqu’un qui a été privé de sa capacité àtravailler. Et aujourd’hui, face à la généralisation de l’automatisation, nous sommes tous prolétarisés. Du médecin au financier, tous les métiers sont« court-circuités » par les algorithmes et l’automatisation. Cette perte concernant à la fois des savoir-faire et des savoir-être. La question fondamentale consiste ainsi à se demander comment les technologies peuvent nous aider à déprolétariser les populations, tout en redistribuant les hausses de productivité qu’elles ont générées.
DE NOUVEAUX BUSINESS MODELS CRÉATEURS D’EMPLOI
Un éditeur comme SAS, pionnier des algorithmes et de l’analytique, doit-il être placé sur le banc des accusés ? Après avoir avec humour « revendiqué la présomption d’innocence », Mouloud Dey explique que la transformation numérique suscite un fort clivage entre ceux qui pensent qu’elle va générer de nouvelles opportunités et d’autres qui pensent le contraire. Dans cet esprit, les technologies de SAS peuvent être utilisées pour générer des gains d’efficacité opérationnelle, mais également peuvent susciter des usages innovants, directement à l’origine de nouveaux business models,eux-mêmes créateurs d’emploi.
Multiplier les capteurs dans un véhicule permet par exemple de créer de nouveaux services,de nouveaux usages, de nouvelles formes de mobilité à partir de l’analyse de données. L’intelligence artificielle doit être considérée aujourd’hui comme un outil permettant d’assister l’homme dans de nombreux aspects de sa vie, non seulement pour améliorer sa productivité, mais également pour dégager du temps afin de « faire autre chose ». Qui aurait imaginé, il y a 20 ans, qu’un agriculteur pourrait se connecter à une base d’informations pour sélectionner des semences pour une parcelle donnée ? Un drone peut lui apporter des informations supplémentaires afin d’améliorer sa productivité, mais également lui libérer du temps.
Mouloud Dey convient que les lignes se brouillent. Vivons-nous aujourd’hui une crise del’emploi ou une révolution ? Le travail salarié traditionnel représente aujourd’hui moins de 50% des postes dans le monde. Les entreprises ressemblent de moins en moins aux organisations monolithiques d’hier, et intègrent des écosystèmes et des chaînes de valeur partagés. Par exemple, les constructeurs automobiles deviennent des opérateurs de mobilité, dont la principale activité dévie vers le service (batterie, assurance, communication). Dans ce contexte mouvant, l’entreprise doit donc nécessairement penser l’emploi d’une manière différente.
INTÉGRATION DES INDIVIDUS CONTRE ALIÉNATION
Le débat sur la perte des emplois générée par l’économie numérique n’est pas tranché selon Monique Dagnaud. Les travaux de Robert Gordonaux Etats-Unis ont montré que le numérique ne crée pas véritablement de croissance. Est-ce pour cela que le paradigme Schumpetérien va se vérifier,comme lors de chaque révolution industrielle ? Pour la sociologue qu’est Monique Dagnaud, le vrai sujet concerne la notion d’intégration des individus.D’un côté, des gens s’intègrent parfaitement, sont diplômés, parlent plusieurslangues et trouvent facilement une place dans la société, et de l’autre, des gens moins bien lotis éprouvent de grandes difficultés à vivre, que ce soit en France ou aux Etats-Unis. Une partie de la jeunesse, qui ne maîtrise pas les différents langages nécessaires, ni le numérique, ni cette capacité à se remettre en cause en permanence, est en très grande difficulté : 25% des 15-25 ans sont au chômage. 20% des jeunes ne sont ni en emploi, ni en étude, nien stage, ni en formation ; et au moins la moitié d’entre eux a déjà renoncé à chercher un emploi. On réfléchit donc à diverses formes du revenu d’activité, la question du travail étant au centre de cette réflexion : le rattachement à la société, par un statut ou une rémunération, est fondamental.
Les plates-formes numériques à travers lesquelles des jeunes accèdent à un emploi contribuent-elles plutôt à l’intégration ou à l’aliénation ? Les nouveaux emplois ne réclament pas beaucoup de qualifications, mais un statut d’indépendant (sans protection sociale assumée par l’employeur). Le lien de subordination existe pourtant, mais il est dissimulé. Parallèlement, l’économie numérique est une sorte de Far West qui passe pour l’instant entre les gouttes de la réglementation. Ce qui ne devrait pas durer ; les chauffeurs Ubero nt, par exemple, obtenus récemment la reconnaissance de leur statut de salarié.
Malgré ces limites, il faut reconnaître que certains jeunes trouvent dans ce modèle d’ubérisation une possibilité d’intégration. Parallèlement, de nouvelles formes de travail émergent, comme les « slashers » qui cumulent -volontairement – plusieurs emplois. Il convient donc de considérer cette problématique comme évolutive, la situation n’est pas figée. Si ces nouveaux emplois ne sont idéaux, il n’est pas non plus justifié de leur jeter spontanément l’opprobre.
UN POTENTIEL D’INVESTISSEMENT PLUTÔT QUE D’ÉCONOMIE
Max Blanchet ajoute que la vision Malthusienne de la troisième révolution industrielle cache le nouveau mécanisme de re-création d’emplois qu’elle véhicule et qui est différent decelui des « 30 Glorieuses ». Pour reprendre l’exemple de l’industrie,les gains énormes de productivité ont contribué certes à supprimer des milliers d’emplois, avec une logique de productivité visant à massifier les usines et baisser les coûts de revient. Mais ce mouvement a simultanément augmenté le pouvoir d’achat des personnes, qui en retour pouvaient investir dans des nouveaux services. Une part de l’économie a ainsi été transférée de l’industrie vers les services.
Or, aujourd’hui, ce transfert est différent. Si la digitalisation n’agit pas directement sur les prix de revient des produits, les actifs nécessaires pour les fabriquer vont être fortement réduits. Aujourd’hui, il y a beaucoup de gaspillage tout au long de la chaîne de valeur, les machines ne tournent pas à100%, les stocks ne sont pas gérés de manière optimale, etc. L’économie potentielle se situe donc dans l’investissement, plutôt que dans la baisse du coût de revient des produits. Ce potentiel a été chiffré, pour l’Europe, à 400milliards d’€, qui, réinvestis dans l’économie, pourraient générer le double en valeur ajoutée et créer 10 millions d’emplois ! Sur les 25 millions d’emplois industriels européens, on estime à 3 millions le nombre d’emploi détruits par la productivité, à 3 autres millions ceux détruits par la compétitivité et encore à 3 millions ceux détruits par la digitalisation. Onv oit que le potentiel de création d’emploi (10 millions) est supérieur au volume d’emplois supprimé.
QUELLE POLITIQUE INDUSTRIELLE DU NUMÉRIQUE ?
Pour Christian Fauré, la question n’est pas d’être pour ou contre latechnologie. Il convient plutôt de se demander ce que l’on peut en faire, puisqu’elle existe. C’est-à-dire quelle politique mettre en œuvre, et avec quelles conséquences sur l’emploi ? Le Droit qui fonctionne principalementà partir de jurisprudences, ne suit pas le rythme des technologies et de l’innovation.Comme la fiscalité. La puissance publique devient une « impuissancepublique ».
Les américains, de par leur tradition (« The american way of life »), adoptent les technologies. En Europe, on nous dit : « il faut s’adapter ». Entre la logique d’adoption qui agit comme un moteur de croissance et la logique d’adaptation, plutôt passive en termes de politique industrielle, un fossé existe. C’est la thèse de l’ouvrage de 2008 de ChristianFauré « Pour en finir avec la mécroissance », qui pointait« l’incurie » politique, c’est-à-dire le manque de « soin »ou d’attention de responsables considérant la transformation numérique comme relevant d’un monde virtuel, alors que les data centers ou les infrastructures informatiques des entreprises sont des éléments on ne peut plus concrets ! Nous manquons avant tout en France d’une politique numérique, ce qui est dommage au vu de la qualité des compétences que notre système d’enseignement forge depuis des siècles (et qui a d’ailleurs lui-même bénéficié du « Plan calcul », le dernier effort de planification numérique de l’Etat français lancé en 1966 !).
Pour alimenter la réflexion, tout en œuvrant de manière concrète, Ars Industrialis a initié, en collaboration avec l’Etat et les Collectivités locales, une vaste expérimentation d’une durée de 10 ans minimum sur le territoire de Plaine Commune(400 000 habitants). L’idée est d’engager le territoire dans le numérique afin d’éviter à sa population la prolétarisation, tout en imaginant un nouveau modèle de redistribution. Ce travail démarre par la rédaction d’une charte d’économie de la contribution, dans une logique de« recherche-action », c’est-à-dire d’expérimentations de terrain imaginées sur la base des travaux de recherche menés par des doctorants.
FAUT-IL REPENSER L’ÉDUCATION ?
Monique Dagnaud admet que lesystème éducatif français n’est pas adapté à cette transformation, puisque basé sur l’apprentissage des savoirs traditionnels ; la culture numérique n’ayant pas encore une place à part entière. Si certains pensent que l’avenir pourrait être réservé à des personnes n’ayant pas de diplômes traditionnels -des autodidactes de la programmation informatique par exemple – il faut se méfier de l’idée qu’on peut réussir facilement dans ce nouveau monde sans le bagage éducationnel traditionnel, sans les savoirs acquis par le biais du système scolaire existant. Les créateurs de startups ou les managers dits « influents » sont, le plus souvent, bardés de diplômes.
Monique Dagnaud ajoute que la difficulté des pouvoirs publics à saisir les enjeux du numérique est lié à unc adre de réflexion qui n’a pas été actualisé. D’une part, le monde du numériquese pense de manière planétaire, mais est concentré dans quelques régions, Silicon Valley, Paris, Israël. Les politiques raisonnent eux en nations. De plus, ils sont issus de formations généralistes et ne connaissent pas vraiment les nouveaux métiers émergents.
Mouloud Dey considère qu’on se focalise trop sur les aspects technologiques alors que d’autres, fondamentaux,sont oubliés, comme la démographie, la culture, la géopolitique. Si la population active mondiale est de 3 milliards d’individus, au moins 1/3 vivent et travaillent hors de chez eux. L’âge et le sexe deviennent des critères fondamentaux, la population étant plus jeune, plus féminine, plus éduquée, ce qui change fondamentalement notre manière de vivre le travail. La vision actuelle et utilitariste de l’enseignement, trop centrée sur les sciences, la technique, l’ingénierie, est court-termiste.
Christian Fauré rebondit en posant la question de savoir ce que va devenir l’Etat, dans le contexte de l’évolutiondes modèles d’intelligence artificielle et des nouveaux outils. Les seuls qui ont un discours à propos de l’avenir de nos sociétés sont les géants du web, c’est-à-dire des acteurs qui ont conquis une partie du pouvoir autrefois dans les mains de l’Etat, sans passer par des élections. La puissance publique est devenue inaudible.
MaxBlanchet conclut en expliquant que chaque métier a plusieurs composantes. La première est technique ou administrative et est fastidieuse, voire répétitive. La seconde est son expertise et la troisième représente l’interface avec des clients et la compréhension de leurs besoins. La digitalisation leur apporte des outils permettant de supprimer les tâches fastidieuses (automatisation et intelligence artificielle)et de mieux analyser des situations (analytique et big data). La valeur ajoutée qu’ils vont produire se situera plus dans l’empathie et la compréhension des besoins des clients, le conseil, la prospective.
https://www.youtube.com/watch?v=lUxXUaV0vxQ&feature=youtu.be
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Le top 5 des principaux défis RH les plus ardus des 10 prochaines années
Un décalage inquiétant entre enjeux RH et priorités de formation
Les employeurs doivent mettre l’accent sur l’engagement et la motivation de leurs équipes, mais aussi trouver de nouvelles idées, de nouveaux moyens de rendre l’expérience professionnelle épanouissante.
Il ressort de cette étude un décalage entre les besoins des entreprises et les formations qu’elles mettent en place. Par exemple parmi un grand nombre de compétences, la maîtrise de plusieurs langues figure dans les qualités phares du collaborateur idéal. Pourtant, les formations en langues et communication ne sont qu’en 5ème position des priorités de formation.
Pour réussir dans un environnement économique international tendu, et malgré la pénurie de talents, les entreprises doivent de toute urgence, revoir leurs priorités en matière d’investissement RH pour résoudre les problématiques liées à la motivation des équipes déjà en poste avant même d’attirer les talents internationaux très qualifiés dont elles ont besoin pour être compétitives à l’avenir.
Etude complète à télécharger gratuitement ici: http://page.ef.com/Talent-Crunch-Report_TalentCrunch-LP_FR.html
présentée à l’occasion du Salon Solutions Ressources Humaines à Lyon le 14 Novembre Team Metrics by Opinion Way
Dans quelle mesure la fonction RH est-elle associée à la stratégie de l’entreprise ? – Quelles qualités un RH doit-il avoir pour accompagner la transformation digitale et humaine des entreprises ? Les moyens mis à la disposition des RH sont-ils à la hauteur pour relever ces enjeux de transformation ?
Principaux enseignements de l’enquête
Méthodologie d’enquête
Enquête réalisée par OpinionWay pour TEAM-metrics et le Salon Solutions RH de Lyon auprès d’un échantillon de 208 responsables RH. L’échantillon a été interrogé en ligne sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview). Le terrain a été réalisé du 23 septembre au 26 octobre 2016. Les résultats de ce sondage doivent être lus en tenant compte des marges d’incertitude : 6 à 7 points au plus pour un échantillon de 200 répondants.
OpinionWay a réalisé cette enquête en appliquant les procédures et règles de la norme ISO 20252.
Jobijoba HR, service dédié aux professionnels des RH et nouveau-né de la technologie Jobijoba, publie le classement des dix mé-ers de l’informa-que aux salaires annuels bruts les plus élevés en France. Il en ressort que les entreprises valorisent aujourd’hui fortement les compétences informa-ques, qu’elles soient en lien avec les systèmes d’informa-on de plus en plus complexes à gérer, ou avec le développement de solu-ons innovantes dans un marché à la fois rapide et concurren-el. Les mé-ers de l’informa-que semblent bel et bien avoir le vent en poupe pour encore quelques années.

LES PRINCIPALES CONCLUSIONS
Le métier de Data ScienAst arrive en 7ème position avec un salaire annuel brut de 47 450€, un métier très prisé lié à la généralisaAon de l’utilisation des algorithmes big data dans tous les secteurs d’activité.
A propos de Digital RH le 6 Octobre
My Digital Week : Vous animez la keynote qui a pour thème « La fonction RH face au risque de gadgetisation » pouvez vous nous en dire un peu plus ?
François Geuze : Cette table ronde est l’occasion je l’espère de prendre du recul et réflechir sur ces nouvelles applications censées aider et accompagner les RH dans leur missions quotidiennes. Une pléthore d’applications qui viennent s’interfacer entre les RH et les collaborateurs pour essayer d’éclairer nos prises de décisions. La question qui se pose est simple « Est ce qu’on n’est pas en train de succomber à la gadgetisation ? »
My Digital Week : Ou bien : Qui de l’homme et de la machine est le mieux à même de choisir un futur salarié ?
François Geuze : Ces applications fonctionnent comme des boîtes noires. Certaines d’entre elles permettent une analyse de données fines et de servir de premier filtre. Mais elles n’ont pas vocation à remplacer les décisions des humains.
My Digital Week : Dans ces conditions, comment voyez vous évoluer la fonction RH ?
François Geuze : Le premier changement majeur est intervenu dans les années 80 consécutivement à l’émergence de l’informatique et aux débuts de l’externalisation de la paie qui ont permis aux RH de s’affranchir des tâches à faibles valeurs ajoutées. C’était l’ère du RH 1.0 .
Au début des années 2000, les RH commencent à faire face au grand défi de l’entreprise numérique qui engendre au-delà des évolutions techniques et technologiques, une véritable transformation organisationnelle. C’est l’avènement, collaboratif et des réseaux sociaux. L’ère du RH 2.0. Avec les data et l’analytique la fonction entre dans l’ère 3.0 pour mieux anticiper les problèmes et les prises de décisions. De fait, cela entraîne de nouveaux métiers tels que Data scientist RH ou « architecte RH » qui lui aura pour mission de faire évoluer les procédures de recrutement, formation, SIRH, dans une véritable logique d’agilité grâce à l’analyse fine des datas. Bien sûr nous devons faire face à une augmentation des technologies mais la dimension éthique et morale de notre métier demeure importante. On a une augmentation de la part du technique au détriment d’humain mais les RH font de la résistance parcequ’il y a et il y aura toujours une dimension ethique et morale dans notre métier.