Catégorie : Intelligence artificielle

  • « Bonjour, suis-je en train de parler à un robot ou à un humain ? »

    Humanisation de l’IA : jusqu’où peut-on aller ?

    Selon Javier Gonzalez Helly, Co-fondateur de Botfuel, plateforme de développement de chatbots pour les grandes entreprises et les développeurs.

    Que se passera-t-il le jour où nous ne saurons plus distinguer une machine d’un humain ? Ce jour sera celui où les ordinateurs auront atteint le niveau de l’intelligence humaine. Mais faut-il juger de l’intelligence des IA par leur capacité à nous imiter ? Et devons-nous continuer à les concevoir de façon anthropomorphique ?

    Robot ou un humain : une vraie différence ?

    Si vous n’avez pas encore parlé à une intelligence artificielle, cela ne saurait tarder, si l’on observe le rythme auquel fleurissent les chatbots et assistants vocaux… Ou plutôt est-ce arrivé sans même que vous le sachiez. Certains utilisateurs des applications de messagerie, plus prudents que la moyenne, ont pris désormais l’habitude de se renseigner avant d’entamer un dialogue plus approfondi : « Bonjour, suis-je en train de parler à un robot ou à un humain ? ».
    Car il y a dans nombre d’applications de l’intelligence artificielle au traitement du langage naturel un phénomène étrange : celles-ci semblent avoir été conçues avec le devoir d’imiter l’humain. On n’exige pourtant pas des voitures autonomes qu’elles klaxonnent compulsivement et insultent automatiquement par la fenêtre d’autres conducteurs indélicats ! Pourquoi demande-t-on aux agents virtuels d’avoir leur personnalité, d’être capables d’avoir des conversations mondaines, de faire preuve d’empathie ou d’avoir un peu d’humour ? Pourquoi faut-il qu’ils imitent le comportement humain ?

    Ouvrir le champ de la « bêtise artificielle »
    En 1950, Alan Turing conçoit un test d’intelligence artificielle qui consiste à mettre un humain averti en confrontation verbale à l’aveugle avec un ordinateur et un autre humain. Rapidement, le test est controversé, car il repose avant tout sur la capacité de la machine à imiter le comportement humain via le langage.
    Le prix Loebner, une compétition annuelle qui depuis 1991 récompense les agents conversationnels qui remplissent le mieux les critères de Turing, subit les mêmes critiques : les IA lauréates semblent être celles qui trompent le mieux les juges et non les plus intelligentes. Par exemple, pour paraître plus humaines, les IA prennent le temps de réfléchir plutôt que de répondre immédiatement, elles évitent de répondre à des calculs, complexes pour un humain, mais triviaux pour les machines, elles font exprès de faire des fautes de frappe… On pourrait aller encore plus loin, et considérer que les intelligences artificielles les plus plausibles sont celles qui se trompent, se contredisent, mentent ou s’emportent sans raison. Dès lors, c’est un nouveau champ de recherche qui s’ouvrirait, immense, celui de la « bêtise artificielle » (« Artificial stupidity », c’est le titre qu’avait choisi The Economist à l’annonce des résultats des premiers prix Loebner).
    En 2014 l’université de Reading affirme dans un communiqué qu’Eugène Goostman est la première intelligence artificielle à avoir passé le test de Turing, en convainquant 33 % des juges de son humanité au cours d’une conversation de 5 minutes. Seulement, pour y arriver, Eugène s’est présenté comme un garçon de 13 ans, ukrainien, et ne parlant pas vraiment bien l’anglais. En donnant à l’IA une personnalité aussi forte, cela rendait bien sûr beaucoup plus plausible qu’il connaisse peu de choses ou qu’il interprète mal certaines questions.
    Une conception de l’intelligence à notre image
    On pourrait ici conclure à une supercherie. Et pourtant, aussi vains que puissent sembler ces efforts d’imitation de l’humain, ils ne doivent pas être sous-estimés, ils ne peuvent pas tout à fait être considérés comme quantité négligeable.
    Faites l’essai de parler avec un chatbot et vous verrez qu’il suffit généralement de quelques interactions pour débusquer une intelligence artificielle. Faire croire à un utilisateur averti que l’on est un humain pendant plusieurs minutes n’est pas une tâche facile, même en usant de subterfuges. Il faut que l’agent virtuel ait une certaine connaissance du monde (on pourrait dire une certaine « culture »), car la variété des sujets que peuvent aborder les évaluateurs est infinie. Il est d’ailleurs amusant de constater que les agents virtuels, qui initialement adoptaient des stratégies consistant à être capables de répondre à un maximum de questions, se sont au fil des années tournés vers des stratégies consistant à orienter la conversation vers un nombre limité de thématiques bien maîtrisées.
    L’agent Eugène, par exemple, a tendance à beaucoup parler de son hamster. Mais il faut également que les agents conversationnels aient une compréhension fine du langage, non seulement des sujets, mais également des tournures. Il faut enfin qu’ils puissent répondre avec des phrases articulées de façon à la fois cohérente, naturelle et variée. On le voit, il y a de l’intelligence dans le fait de réussir à se faire passer pour un humain.
    On objectera peut-être que c’est autant l’intelligence des concepteurs que l’intelligence artificielle qui est ici à l’oeuvre. Turing avait lui-même émis les principales objections que l’on pouvait opposer à son test et sans doute ne considérait-il pas lui-même qu’il s’agissait de mesurer l’intelligence des IA. La postérité lui a d’ailleurs donné raison, puisque les chercheurs se sont majoritairement tournés vers d’autres formes de mesure des succès de l’IA, plus simples à mettre en oeuvre et plus pertinentes.
    Il reste que, pour nous, humains, la pensée est intrinsèquement associée au langage. Nous pouvons certes accepter que les voitures autonomes ou la victoire au jeu de go soient des progrès considérables de l’IA, mais nous sommes néanmoins fascinés par l’idée d’une intelligence artificielle à notre image. Il nous est pour ainsi dire difficile d’imaginer des intelligences évoluées qui prennent des formes non humaines. Il n’est donc pas étonnant que nous restions en quête d’avoir avec les machines des conversations « humaines », comme un horizon à la fois indépassable et un peu effrayant.
  • Que pensent les CDO de l’arrivée de l’Intelligence artificielle dans leur travail ?

    Qui sont les CDO, leurs cursus, leurs missions, les freins à leur développement …?

    DataGalaxy, 1ère plateforme agile de cartographie des données a réalisé une enquête auprès d’eux.
    Qui sont ces CDO, leurs cursus, leurs missions, les freins à leur développement…
    Que pensent-ils de l’arrivée de l’Intelligence artificielle dans leur travail ?

    Les CDO ne viennent pas tous de filières informatiques ou scientifiques.

    – 50 % ont suivi des études dans les filières de commerce/marketing ou management/gestion.
    – 31 % ont fait une école d’ingénieurs (11,5 % généraliste et 19,2 % informatique)

    Près de 85% des CDO ont un Bac+4 et plus. S’ils sont une majorité (42 %) à percevoir un salaire inférieur à 50 000 €, et presque autant (40 %) dans une fourchette allant de 50 000 à 100 000 €.

    Plus de 42 % d’entre eux travaillent dans entreprises de plus de 1000 personnes mais ils sont quand même près de 31% dans des entreprises de moins de 250 employés.

    Une fonction nouvelle, un recrutement interne, une expertise projet.

    Près de 54% des CDO ont été nommés depuis moins d’1 an et 30% depuis 2 à 3 ans.
    Le recrutement se fait majoritairement à l’interne (à 54%).

    La proportion entre ceux venant des DSI et des directions métier est parfaitement égale à 26,9 % pour chacune. On peut en déduire que les entreprises recherchent des profils avec une expertise projet, une vision transverse, une capacité de pilotage. D’ailleurs on constate que le 2ème de vivier de recrutement est la SSII (11,5%).

    La maîtrise de la data est de plus en plus primordiale pour les entreprises expliquant le fait que 50 % des CDO sont rattachés à la Direction Générale.

    Les missions d’un CDO : qualité et fiabilité de la data avant tout

    Comme dans tous les postes émergents et très récents, les missions ne sont pas figées et peuvent varier d’un CDO à l’autre. Mais il ressort clairement que le CDO est garant de la qualité et de la fiabilité de la data, de ses usages et de la stratégie de sa collecte.

    Nous avons demandé aux CDO d’estimer l’importance de leurs missions au quotidien. Pour chacune d’elles nous avons proposé une échelle allant de 1 à 5 (1 étant la moins importante et 5 la plus importante). En cumulant les 2 plus hautes valeurs, il en ressort le top 6 ci-dessous :

    –       81 % : assurer la qualité et la fiabilité des données

    –       76 % : piloter l’usage de la donnée au quotidien

    –       62 % : organiser la stratégie de collecte des données

    –       60 % : assurer la conformité réglementaire liée aux données

    –       58 % : assurer et organiser l’accès aux données

    –       54 % : cartographier la donnée

    Objectifs des missions des CDO : gouvernance des données et culture data en priorité

    L’animation et la stratégie de gouvernance des données sont primordiales pour les CDO. Le classement par ordre d’importance des objectifs de CDO est le suivant :

    –       Animer la gouvernance et la culture data : 79 %

    –       Déployer une stratégie de gouvernance des données : 72 %

    –       Accompagner la transformation digitale de l’entreprise : 71 %

    –       Trouver de nouveaux usages aux données de l’entreprise : 63 %

    –       Redonner confiance aux utilisateurs internes dans les données de l’entreprise : 59 %

    Quels sont les freins des CDO dans l’accomplissement de leurs misions ?

    Le principal frein est lié à un manque de culture data et une résistance au changement ainsi qu’à une méconnaissance du potentiel de la data.

    On constate également que les CDO souhaiteraient être plus soutenus par leur hiérarchie. L’absence de moyens pour investir dans les outils n’est ressentie que par 19% des répondants.

    Top 3 des freins :

    –       Le manque de culture data dans l’entreprise et la résistance au changement : 68%

    –       Une connaissance insuffisante des utilisateurs internes du potentiel des nouveaux usages liés à la donnée : 63 %

    –       Le manque de soutien de la hiérarchie : 59 %

    CDO : des compétences managériales fortes

    Les 1ères compétences sont d’ordre comportemental (diplomatie, leardership, gestion transverse des projets…). Celles liées à la maîtrise technique arrivent ensuite. Quant aux connaissances « métier » juridiques et marketing, si elles sont appréciées, elles arrivent en fin du classement.

    Top 4 :

    –          Diplomatie / leadership : 81 %
    –          Capacité à gérer des projets de manière transversale avec des équipes métiers et DSI : 69 %
    –          Connaissance du secteur d’activité et du métier de l’entreprise : 67 %
    –          Connaissances en architecture data : 54 %

    CDO : quelles évolutions ?

    Pour une très large majorité des répondants (83 %) le poste de CDO sera rattaché à terme à la Direction Générale – quand ce n’est pas déjà le cas- et non à la DSI ou aux directions métiers. Néanmoins les problématiques « métier » seront de plus en plus au coeur de leurs préoccupations (88 %).

    Quant à l’intelligence artificielle, elle va s’imposer comme une technologie phare dans leurs missions (76%).

    Les CDO et l’Intelligence Artificielle : pour quels usages ?

    L’IA est bien accueillie par les CDO qui sont près de 54 % à estimer qu’elle facilitera beaucoup leur travail.

    L’IA va effectivement devenir incontournable avec un peu plus d’1/4 qui l’utilise déjà moyennement à fortement et 75% qui envisagent de l’utiliser prochainement.

    L’IA : plébiscitée pour les analyses et la personnalisation

    L’IA est plébiscitée dans le cadre des analyses prédictives. Sur une échelle de 1 à 5 dans leur utilisation ou intentions d’utiliser l’IA, le cumul des 2 plus fortes valeurs donnent les résultats suivants :

    –          Analyses prédictives : 65 %

    –          Personnalisation des offres et parcours clients : 46 %

    –          Analyse de la qualité des données : 31 %

    –          Automatisation de la gestion de la relation client : 31 %

  • La banque privée traditionnelle est-elle vouée à disparaître ? 

    Faible digitalisation, bouleversements réglementaires, concurrence des Fintechs : d’importants défis sont à relever dans le monde feutré de la gestion privée. Saura-t-elle évoluer à temps ?

    Par Albert d’Anthoüard, Directeur de la clientèle privée chez Nalo

    Pendant longtemps, le monde de la gestion privée, notamment des banques privées, est resté préservé des révolutions. C’était d’ailleurs sa force : associé à l’image d’un coffre-fort résistant à tous les assauts, le monde de la gestion privée est resté immuable au fil des décennies. Au point d’accumuler de sérieux retards et d’importantes fragilités. Face à une réglementation plus stricte et à l’émergence de nouveaux acteurs plus accessibles, plus personnalisés et moins chers, la gestion privée va devoir se réinventer.

    La gestion privée devient plus chère et moins attractive

    La première révolution à laquelle fait face la gestion privée est d’ordre réglementaire avec l’entrée en vigueur de la directive MIF 2 depuis quelques mois.

    Cette réglementation met notamment un terme aux rétrocessions que touchait la gestion privée (banques privées et CGP) en investissant leurs clients dans des fonds d’autres sociétés de gestion, appelés « fonds externes ». Les conséquences sont doubles. D’une part, la gestion privée voit désormais ses revenus diminuer et a déjà réagi en augmentant ses tarifs. D’autre part, pour améliorer leur rentabilité, ces établissements peuvent être amenés à abandonner progressivement la distribution des fonds « externes » et investir leurs clients plutôt dans leurs fonds « maison », gérés par exemple par la filiale de gestion d’actifs des banques privées. Or, en augmentant leurs tarifs et en limitant leur offre en architecture ouverte, la gestion privée perd en attractivité auprès de ses clients.

    La chasse aux coûts a également d’autres conséquences fâcheuses dans les établissements traditionnels : pour rester rentables, ceux-ci diminuent la personnalisation de leurs conseils, pour se concentrer sur des profils génériques dans lesquels un nombre important de clients sont gérés sur le même niveau de risque alors qu’ils ont tous des profils et des objectifs différents.

    Attention à la prise de conscience des tarifs par les clients

    L’entrée en vigueur de la directive MIF 2 va également imposer à la gestion privée d’envoyer en fin d’année à chacun de leurs clients un récapitulatif des frais qui leur auront été prélevés au cours des 12 mois écoulés. Attention au choc !

    La plupart des clients en gestion privée n’ont en effet pas réellement conscience du prix des prestations dont ils s’acquittent. En banque privée, les clients dont le patrimoine financier géré par l’établissement financier est inférieur à une certaine somme (environ trois millions d’euros la plupart du temps) n’ont par exemple pas conscience du fait qu’ils paient chaque année une partie des frais des services d’ingénierie patrimoniale dont seuls les clients ayant un patrimoine supérieur bénéficient réellement. Dans ce contexte, l’augmentation des tarifs de la gestion privée, due à la fin des rétrocessions, ne passera pas non plus inaperçue.

    Le danger pour ces établissements est donc qu’une partie de leurs clients décident de se passer de leurs services pour se tourner vers des alternatives moins onéreuses et plus personnalisées.

    La gestion privée du XXIème siècle existe déjà

    En effet, la gestion privée de demain existe déjà et porte un nom : il s’agit des Fintech. Ces solutions bénéficient d’atouts majeurs face aux établissements traditionnels : simplicité d’utilisation, personnalisation maximale, flexibilité et faibles coûts.

    Ces outils proposent des placements ultra-personnalisés qui prennent en compte avec précision l’environnement patrimonial et matrimonial ainsi que les projets personnels des clients (achat d’un bien immobilier dans X années, études de chacun des enfants dans X années, préparation à la retraite, ou valorisation de son capital par exemple). Ces investissements sont ainsi constamment en cohérence avec l’évolution de la vie financière et patrimoniale des clients. Au lieu de pousser leurs clients vers le monde des OPCVM et des Sicav aux frais élevés et ne surperformant pas les marchés pour la grande majorité, les Fintech guident leurs utilisateurs vers l’achat d’ETF qui suivent les performances des marchés financiers sur toutes les classes d’actifs et toutes les zones géographiques, aux frais jusqu’à 10 fois plus faibles.

    Enfin, en ce qui concerne certaines prestations de la gestion privée (conseils juridiques et fiscaux, immobilier, accès au crédit), les Fintech apportent également une réponse personnalisée à chacun de leurs utilisateurs grâce à l’aide d’un conseiller en faisant éventuellement appel à des experts externes, comme des avocats ou des courtiers en crédit. Ceci afin notamment de proposer une tarification juste et appropriée pour chaque besoin, et non une tarification globale pour finalement n’avoir accès qu’à certains services. Pour faire face à ces nouveaux modèles tout-en-un, peu de choix s’offrent à la gestion privée traditionnelle : faire évoluer son offre et ses tarifs en profondeur, ou envisager de s’allier à ces nouveaux acteurs.

  • Quand l’utilisation des technologies vocales par les entreprises triplera au cours des 12 prochains mois…

    L’utilisation des technologies vocales par les entreprises triplera au cours des 12 prochains mois 

    Selon la dernière Etude Pindrop sur l’utilisation des technologies vocales en entreprises

    500 chefs d’entreprise et responsables informatique s’entendent pour dire que « l’économie conversationnelle » décolle enfin malgré d’importantes craintes en matière de sécurité.

    85% des entreprises utiliseront la technologie vocale, telles que Amazon Alexa ou les assistants à commande vocale Cortana de Microsoft, pour communiquer avec leurs clients en 2019, contre 28% actuellement, selon la dernière étude de Pindrop, le pionnier de la sécurité et de l’authentification vocale. Cela marque l’avènement de
    « l’économie conversationnelle » annoncée depuis quelques années déjà par l’industrie, c’est à dire un écosystème où la voix, et non plus le toucher, devient la principale interface pour les clients.

    D’après les résultats de cette étude, le nombre d’entreprises qui prévoient d’utiliser la voix pour communiquer avec leurs clients va tripler. Plus des deux tiers (67%) prévoient d’utiliser des assistants à commande vocale pour la majorité des interactions avec leurs clients, tandis que près d’une entreprise sur quatre prévoit de les utiliser pour toutes les interactions, ce qui témoigne d’une confiance croissante dans les capacités de ces technologies.

    De fortes attentes pour les technologies vocales
    • 94% des responsables en entreprises considèrent la technologie vocale comme un levier essentiel de la satisfaction client
    • 88% estiment qu’elle représente un avantage concurrentiel
    • 57% estiment qu’elle augmentera l’efficacité opérationnelle
    • 57% déclarent que l’utilisation de la technologie vocale réduira le coût de chaque transaction client

    La France à l’avant-garde des technologies voix
    Dans l’adoption des technologies vocales, une fois n’est pas coutume, la France est pionnière en Europe : 30% des répondants ont déclarés avoir déjà implémenté un projet d’assistant vocal (UK : 26%, DE : 19%). Pour les intentions d’implémentations de cette technologie dans les 6 prochains mois, la France est même en tête du classement avec 37% (US : 34%, UK : 29%, DE : 33%). Ce résultat est très probablement lié au fait que 93% des répondants français (de nouveau en tête du classement) sont convaincus que la technologie vocale va leur apporter un avantage concurrentiel.

    France : la sécurité, clé de l’engagement client
    Interrogés sur leurs choix en matière d’investissements pour améliorer l’engagement client, voilà leurs priorités :
    – Solution anti-fraude et de sécurité : 90% (devant les US, UK et DE)
    – S’assurer que votre organisation est conforme à la réglementation : 79%
    – Compétences des employés et formation technologique : 77%
    – Technologies vocales : 76%
    – Machine learning et analyse comportementale : 76% (devant les US, UK et DE)
    – Reconnaissance faciale : 74% (devant les US, UK et DE)
    – Intelligence Artificielle : 72%
    – Reconnaissance via l’iris : 69% (devant les US, UK et DE)
    – Empreinte digitale : 65%

    Les leaders d’aujourd’hui resteront les leaders de demain
    Alors qu’Alexa fait les gros titres autour de l’économie conversationnelle, les entreprises adoptent une approche plus réfléchie lorsqu’elles introduisent des assistants dans leurs processus opérationnels.
    Les résultats de l’étude de Pindrop montrent que les technologies vocales sélectionnées par les entreprises pour développer des projets d’ici deux ans viendront principalement de Microsoft, de Google et d’Amazon.

    Technologies choisies pour un projet d’assistant vocal d’ici 2 ans :
    – Microsoft Cortana : 78 %
    – Google Assistant : 78 %
    – Amazon Echo : 77 %
    – IBM Watson : 69 %
    – Apple Siri : 68 %
    – Samsung Bixby : 62 %
    – SAP Co-pilot : 64 %

    Bien que les répondants estiment que la technologie vocale stimulera les ventes, ils sont aussi très inquiets (80%) à propos de la capacité des entreprises à conserver en toute sécurité les données acquises grâce à la technologie vocale.

    Vijay Balasubramaniyan, CEO et co-fondateur de Pindrop, explique :
    « L’économie conversationnelle au sens large, incluant la sécurité et l’identité des personnes, devient un enjeu central à mesure que son utilisation augmente. Si les entreprises ont l’intention d’utiliser la technologie vocale pour la majorité des interactions avec leurs clients dans un avenir proche, elles doivent également s’assurer que cette méthode d’interaction est aussi sûre que n’importe quelle autre. Actuellement, les contrôles biométriques peuvent être facilement trompés par une voix synthétisée, tandis que les numéros de téléphone qui seront utilisés pour intercepter les assistants virtuels peuvent être usurpés. Au fur et à mesure que l’utilisation des assistants à commande vocale augmente, des attaques suivront. »

    Les craintes en matière de sécurité pourraient ralentir la croissance
    Les dirigeants ont clairement indiqué dans l’étude que les questions de sécurité pourraient freiner la croissance des interactions vocales :
    • La sécurité est l’un des facteurs les plus importants pour assurer le développement rapide de l’économie conversationnelle.
    • Plus de huit répondants sur dix (85%) pensent que les craintes des clients au sujet de l’utilisation abusive de leurs données ralentiront l’introduction de la technologie.
    • 82 % des entreprises prévoient que les consommateurs seront préoccupés par la fraude.

    Vijay Balasubramaniya, ajoute :
    « Alors que nous sommes habitués à l’utilisation de pavés tactiles et de claviers, la technologie vocale sera le moteur dominant pour transformer les vies et les entreprises. En ce qui concerne la sécurité et l’authentification, les technologies vocales ou d’empreintes digitales devraient avoir la priorité sur la reconnaissance faciale ou via l’iris. Cependant, afin d’éviter les craintes des consommateurs et l’utilisation abusive des données acquises via la technologie vocale, les entreprises sont contraintes d’accorder la priorité à la sécurité pour conserver la confiance des clients. Les entreprises qui mettent l’accent sur l’établissement d’une relation de confiance avec les consommateurs assureront l’épanouissement de l’industrie de la voix et ce qui créera un nouvel écosystème technologique, alimenté par le pouvoir de la voix humaine. »

     

     

  • Comment l’avancée de l’intelligence artificielle aide les professionnels du marketing à prendre de meilleures décisions ?

    Comment l’avancée de l’intelligence artificielle aide les professionnels du marketing à prendre de meilleures décisions ? 

    Par Nikos Acuña, Chief Visionnary Officer, Sizmek
    Nous savons que l’intelligence artificielle (IA) a déjà de multiples implications dans notre vie quotidienne. Netflix réussit par exemple à prédire les séries dont nous allons enchaîner les épisodes les uns après les autres, alors que Nest assimile nos préférences pour adapter au mieux la température au sein de nos foyers. Même la médecine progresse rapidement en se servant de l’IA pour analyser de nombreuses données, dont celles liées à notre ADN, en vue de créer des traitements pour soigner différentes pathologies. Si l’exécution de certaines tâches est plus facile, plus rapide et plus efficace grâce à la technologie, il semble logique que l’IA appliquée à la publicité rende également les marques et les agences plus intelligentes.
    Des décisions fondées sur les données
    C’est notamment la grande quantité de données et d’informations sur les consommateurs dont disposent désormais les professionnels du marketing qui rend tout cela possible. Bien trop nombreuses pour être traités, organisés ou manipulés par l’esprit humain, ces gigantesques volumes de données représentent à la fois un défi et une opportunité exceptionnelle pour les entreprises. Car si nous ne savons pas encore comment exploiter tout le potentiel de ces données, nous savons déjà que celles-ci détiennent le secret que les publicitaires essaient de percer depuis l’époque des Mad Men : comment identifier clairement les personnes susceptibles d’acheter nos produits ?
    Grâce à l’IA, nous pouvons donner un sens à ces données, en tirer des informations utiles et les exploiter pour déterminer le consommateur, le moment, le type de matériel connecté et le contexte adaptés avant de diffuser une publicité. L’IA fait le gros du travail et s’avère un outil marketing puissant, dans la mesure où aucun être humain ne pourrait décider en une milliseconde où placer une publicité en analysant 300 milliards de signaux quotidiens.
    Des perspectives inédites
    Si tout cela semble déjà très prometteur, les capacités de l’IA vont bien au-delà d’une automatisation programmatique basique. Si une plateforme optimisée par l’IA, comme celle de Sizmek, peut déjà fournir les informations nécessaires pour décider en une fraction de seconde quelle publicité diffuser et à quel endroit, les avantages ne s’arrêtent pas là pour les marques et les agences. La valeur de l’intelligence artificielle réside également dans sa capacité à analyser des quantités de données qui semblent incompréhensibles, à en tirer des informations pertinentes et à les rendre exploitables. Ce qui offre des perspectives inédites pour les professionnels du marketing – voire les entreprises tout entières – qui peuvent ainsi utiliser l’IA pour optimiser leurs campagnes, toucher de nouveaux consommateurs et augmenter les conversions.
    Une meilleure compréhension des consommateurs
    L’IA nous aide en effet à identifier les dynamiques à l’œuvre dans les ensembles de données, mettant ainsi en lumière les facteurs qui favorisent la conversion. Elle aide ainsi les professionnels du marketing à optimiser leur ciblage vers un résultat recherché (par exemple, le pourcentage d’augmentation des applications d’assurance en ligne), sans avoir à s’appuyer sur des données tierces. L’IA peut analyser des milliards de points de données – en observant ce qui fonctionne bien ou non – de manière à identifier les consommateurs les plus susceptibles d’être intéressés par un produit ou un service.
    Au lieu d’utiliser un ensemble de paramètres spécifiques et restreints, tels que l’âge ou le sexe, les professionnels du marketing peuvent désormais choisir les éléments d’une campagne qui fonctionnent, et ainsi accéder à tout un vivier de nouveaux clients. Cela représente un tournant majeur pour la publicité programmatique et pour la publicité en général. Il s’agit en effet d’un secteur dans lequel les entreprises misent depuis des décennies sur la connaissance de leurs « clients cibles ». Aujourd’hui, l’IA pourrait leur donner de nouvelles informations sur l’identité de leurs clients, leur localisation ainsi que leurs aspirations.
    Intelligence augmentée
    Toutefois, l’IA ne se contente pas de rendre les technologies ou les plateformes plus intelligentes. Les dirigeants des entreprises, des services marketing et des campagnes publicitaires deviennent eux aussi « plus intelligents ». Et ce changement majeur dans la manière d’apprendre à connaître les consommateurs, et de les atteindre en ligne, va modifier fondamentalement le travail des professionnels du marketing. Contrairement à ce que l’on a pu lire dans de nombreux rapports alarmants concernant la prise de pouvoir des robots voleurs d’emplois, l’IA augmentera notre capacité décisionnelle en nous fournissant un outil puissant pour déterminer qui nous devons cibler, et comment. Ce sont les individus, et non les machines, qui tireront les ficelles à l’aide de technologies optimisées par l’IA, technologies qui leur permettront de progresser eux-mêmes et d’être mieux informés que jamais sur l’identité de leurs clients et sur la meilleure manière de les satisfaire, grâce à des messages créatifs délivrés au moment opportun.
    Il incombe aux professionnels du marketing d’adopter une approche hybride – basée à la fois sur la nécessité de rester centré sur le consommateur, mais également sur la nécessité de maîtriser ce qui a trait aux données, en comprenant comment chaque application ou outil technologique mis à leur disposition peut les aider à être plus efficaces, et participer au succès de leur entreprise. C’est la raison pour laquelle les professionnels du marketing ne sauraient désormais être confinés à une seule fonction, ou à un seul service. Ils joueront un rôle décisif en matière de gestion des données, de transformation digitale et d’orientation stratégique. La publicité programmatique optimisée par l’IA n’est qu’un début.
  • Les 10 startups qui rejoignent le startup Garage de Facebook

    Le Startup Garage de Facebook : la Saison 2 est officiellement lancée !

    • 10 nouvelles jeunes entreprises, à l’avant-garde de l’innovation sur la donnée, rejoignent le programme pendant 6 mois
    • Le bilan de la première édition du Startup Garage en 2017 est prometteur, avec plus de 80 % des startups qui ont atteint leurs objectifs de développement et plus de 40 millions d’euros levés

    Une promotion de 10 nouvelles startups prometteuses, à l’avant-garde DE l’innovation

    Parmi les 350 startups qui ont répondu à l’appel à candidatures en février dernier, 10 entreprises à l’avant-garde de la valorisation de la donnée ont été sélectionnées pour rejoindre la saison 2 du Startup Garage from Facebook.

    Le Startup Garage de Facebook poursuit son engagement pour l’économie digitale française, en intégrant une promotion de startups prometteuses, qui visent à aider les gens à gérer leurs données ou à s’en servir pour prendre de meilleures décisions, ou encore améliorer leur quotidien. Le Startup Garage aide notamment les startups à adopter l’approche « Privacy by design », en les aidant à développer des produits et services qui intègrent, dès leur conception et lors de chaque utilisation, le plus haut niveau possible de protection des données personnelles de leurs utilisateurs.

    Pour accompagner ces 10 startups durant 6 mois, les équipes de La Javaness, un acteur de l’écosystème spécialisé dans l’incubation de startups, travailleront avec le Startup Garage from Facebook à la mise en place des différents ateliers et aideront les startups au quotidien.

    Les 10 startups qui rejoignent le startup Garage de Facebook

    Pour cette deuxième saison, la moitié des startups porte des projets à forte valeur sociétale, axés sur l’accessibilité, l’inclusion, l’aide à la personne ou encore le lien social :

    • Ava : Ava est une application permettant de sous-titrer en temps réel tous types de conversations, permettant ainsi de les rendre plus facilement accessibles aux sourds et aux malentendants. L’Intelligence Artificielle retranscrit en temps réel et identifie les différents locuteurs. Ava a été conçue pour concilier accessibilité de l’information et anonymité (les transcripts des conversations ne sont pas conservés sur le serveur).
    • Axeptio : A la manière des avis clients, Axeptio est le tiers de confiance qui recueille et certifie les consentements utilisateurs, conformément aux exigences du GDPR. Cette startup permet ainsi aux entreprises de valoriser leurs bonnes pratiques et de créer un nouveau lien de confiance avec leurs utilisateurs.
    • Publidata : Publidata est une plateforme transterritoriale de données et services publics qui permet aux collectivités de gagner à la fois en efficacité – dans la production, mise en qualité et circulation des informations dont ils sont garants – et en crédibilité, via des outils de mise en place instantanée de supports digitaux contextuels, qualitatifs et fiables. Publidata permet à ce sujet de rendre lisible et contextuelle l’offre de services des acteurs publics ou assimilés en fonction d’informations personnelles.
    • RandomCoffee : RandomCoffee aide les entreprises à favoriser des rencontres ciblées entre leurs collaborateurs. RandomCoffee s’appuie sur les données personnelles comme les services, les expertises ou les centres d’intérêts pour créer des connexions intelligentes entre collaborateurs d’une même entreprise.
    • Chance : Chance développe une solution qui démocratise le coaching professionnel pour permettre aux chercheurs d’emploi de révéler leurs talents invisibles. Grâce aux données issues du coaching et des différentes interactions avec les talents accompagnés, Chance améliore en continu la qualité de l’accompagnement mais aussi les recommandations de parcours professionnels.
    • Entourage : Entourage est une application au service des sans-abris pour créer du lien social. L’application Entourage utilise les données à caractère personnel comme un moyen de donner un pouvoir à chacun, en particulier aux sans-abris. Entourage garantit la sécurité et la confidentialité de chaque utilisateur, tout en leur permettant d’entrer en contact avec les autres.
    • DataGalaxy : DataGalaxy est la première plateforme agile de gouvernance de données qui permet de recenser les données personnelles au sein des entreprises (leur définition, leurs lieux de stockage et leurs parcours) et d’en assurer la traçabilité.
    • Foodvisor : Foodvisor est une application de nutrition basée sur une technologie de reconnaissance d’image afin d’estimer les quantités et de fournir les informations nutritionnelles. Les utilisateurs fournissent des informations afin d’avoir de l’aider pour mieux à atteindre leur objectif de santé. Foodvisor utilise uniquement leurs données pour améliorer le produit, les recommandations et les algorithmes.
    • Goshaba : Goshaba est une solution qui permet d’identifier les meilleurs profils pour un poste à travers un parcours gamifié basé sur les sciences cognitives. Goshaba propose aux entreprises une solution qui permet de mieux recruter en pré-qualifiant les candidats à la fois en termes de compétences et d’expérience, mais aussi en termes de personnalité et de fit culturel. Cette solution s’appuie sur les sciences cognitives, la gamificattion et le smart data.
    • RogerVoice : RogerVoice est une application qui permet aux sourds et malentendants de communiquer par téléphone.

    Un programme de soutien des startups françaises les plus innovantes

    Inauguré en janvier 2017 par Sheryl Sandberg, COO de Facebook, le « Startup Garage from Facebook » est la première initiative mondiale de Facebook dédiée à soutenir et accompagner dans un lieu physique les jeunes entreprises travaillant sur des projets liés à la valorisation des données pour créer des services utiles à la vie quotidienne. Les grandes idées peuvent rapidement prendre leur envol quand les startups se voient offrir l’espace et l’accompagnement nécessaires pour se développer ensemble et apprendre les unes des autres.

    C’est pourquoi le Startup Garage offre une opportunité idéale : les startups sont installées au cœur de l’écosystème pendant 6 mois, et bénéficient d’un programme unique animé par des experts mondiaux et des mentors de Facebook, avec des conseils-sur-mesure, des rencontres mensuelles et des ateliers de travail pour développer leur entreprise et se familiariser avec les aspects liés à leur activité.

    Caroline Matte, Responsable du programme Startup Garage de Facebook, se réjouit :“Nous sommes ravis d’accueillir cette nouvelle promotion de startups et de les accompagner durant ces 6 prochains mois. Dans cette deuxième saison, nous mettons en avant des jeunes entreprises qui sont, pour beaucoup, tournées vers l’aide aux entreprises et aux pouvoirs publics dans la gestion et l’organisation de leurs données, première étape nécessaire à la mise en place du nouveau Règlement général sur la protection des données. Nous avons hâte de commencer à découvrir comment le Startup Garage peut les aider à pousser leurs projets !”

    Facebook est né d’un écosystème de startups vigoureux qui lui a permis d’avancer et d’innover rapidement, et c’est pour cette raison qu’il s’engage, avec son Startup Garage, à soutenir la prochaine génération de success stories de startups en France.

     

  • eCOMMERCE : nous entrons dans l’An 1 du conversationnel

    Les 5 nouvelles tendances qui vont changer le retail de demain

    Ce mardi 5 juin , Comexposium qui organise Paris Retail Week les 10-11-12 septembre 2018 à Paris expo Porte de Versailles a présenté les 5 grandes tendances qui changeront le commerce de demain en France et dans le monde, mises en regard d’une étude réalisée auprès d’un panel de consommateurs Français, Chinois et Américains* en partenariat avec l’agence Havas Paris.

    En résumé : 

    Les 5 nouvelles tendances qui vont changer le retail de demain :
    1. Du parcours d’achat au parcours de vie : 41% des Français ont le sentiment qu’ils peuvent se passer des magasins physiques et commander ce dont ils ont besoin directement sur internet
    2. L’âge conversationnel commence vraiment : 63% des Français estiment que les assistants vocaux pourraient très bien remplacer le clavier ou l’écran d’ordinateur
    3. Du customer care au healthy manufacturing :  80% des Français se disent plus attentifs à l’impact des produits qu’ils achètent (environnement, déchets, énergie…)
    4. Big data, safe data et sale data ? : 81% des Français se sentent de plus en plus espionnés par les marques
    5. Le nouveau discount branché : 75% des Français pensent qu’aujourd’hui la qualité n’est pas synonyme de prix élevé

    C’est un fait, la frontière entre le physique et le digital n’est plus et l’édition 2018 de cette étude scelle plus que jamais cette union, qui met fin à la vision binaire d’un commerce tout digital et tout puissant face à un commerce physique en voie de disparition. Car la réalité est toute autre : un nouvel écosystème se met en place, plus complexe et plus changeant avec au centre de ce grand mouvement, les consommateurs. Pour toujours conserver un temps d’avance et répondre à leurs attentes, le commerce fait preuve d’hyper empathie, pense « parcours de vie » plutôt que parcours d’achat, place le sens et la valeur au cœur de leurs démarches/innovations et réconcilie on et off line, challengé qu’il est aussi par les technologies conversationnelles. Bienvenue dans l’ère du Smart Phygital !

    «Avec la multiplication des innovations technologiques, le phygital s’impose dans le commerce. Alors que beaucoup ont cru que le e-commerce balaierait le magasin, c’est un commerce hybride qui émerge entre on et off line. Cette redistribution des cartes ouvre la voie à de nouveaux acteurs alternatifs et à des pratiques inédites. » David Mingeon, Directeur Général Adjoint d’Havas Paris.

    « Les résultats de l’étude démontrent l’essor d’un nouveau paradigme, que nous appelons Smart Phygital. Pendant toute l’édition de Paris Retail Week 2018 des speakers de renommée nationale et internationale analyseront et débattront de ce sujet pour donner les clés de lecture essentiels aux retailers, » commente Arnaud Gallet, Directeur de Paris Retail Week.

    Les cinq tendances du commerce identifiées en 2018 en détail :

    • Du parcours d’achat au parcours de vie
    • L’âge conversationnel commence vraiment
    • Du customer care au healthy manufacturing
    • Big data, safe data et sale data ?
    • Le nouveau discount branché

    1. Du parcours d’achat au parcours de vie

    Si le commerce change en profondeur, c’est d’abord parce que le consommateur a lui-même beaucoup changé. A cause et grâce au digital. Pour resserrer les liens entre ce dernier, une réponse semble s’imposer : l’hyper-proximité. Elle se traduit par la multiplication de magasins plus petits et plus proches des lieux de vie mais aussi par le marché en plein boom de la livraison aux particuliers, qui brouille les repères et devient le nouveau terrain de jeu des retailers. On se fait livrer partout, à la maison, au travail et, demain, dans des armoires connectées. Le digital, c’est une extension du magasin chez soi, à l’image de la réalité virtuelle qui donne la possibilité d’essayer un produit devant son écran et demain, les serrures connectées qui donnent accès au domicile et ouvrent d’infinies possibilités pour de nouveaux services. Cette plus grande porosité entre les espaces de vie privée et marchands, reconfigure toute la logique du parcours d’achat.

    • 41% des Français ont le sentiment qu’ils peuvent se passer des magasins physiques et commander ce dont ils ont besoin directement sur internet, à l’instar des Américains (48%). Les Chinois, eux, semblent avoir choisi leur camp (80%).
    • 74% des Français veulent être libres de pouvoir faire un achat à tout moment où qu’ils soient (dans les transports, au travail, chez soi, pendant leurs loisirs), comme les Américains (77%). Ici aussi, les Chinois se distinguent (94%).
    • 71% des Français ont l’impression que les magasins physiques font des efforts pour s’adapter à leur rythme de vie tout comme les Américains (74%). Les Chinois, eux, semblent un peu moins convaincus (61%).
    • 56% des Français de 18-24 ans achètent sur leur téléphone portable comme ils achèteraient en magasin contre 83% des jeunes chinois et 74% des américains.

    2. L’âge conversationnel commence vraiment

    Finis les tests et les expérimentations : nous entrons dans l’An 1 du conversationnel. Quoi de plus naturel que de parler aux objets, de contrôler son environnement dans un langage naturel ou de commander tout court sa liste de course préférée à des assistants vocaux. Rien de très étonnant non plus à ce que les objets s’adressent à nous pour orienter notre consommation, quitte à devenir notre double shopper ! La voix occupe une place grandissante dans l’acte d’achat et dans la vente avec le déploiement des technologies NLP (Natural Langage Processing) sur la plupart des interfaces digitales. De plus en plus intelligents, les assistants conversationnels proposent de nombreux services pour devenir des plateformes de commerce et des partenaires de vie. Leur montée en puissance pose déjà la question du référencement et de l’émergence pour les marques mais aussi l’instauration d’un nouveau type de relation avec les clients. La présence du conversationnel, potentiellement sans limite dans le commerce, s’impose auprès des enseignes jusqu’à challenger les points de vente. Quid de la place des assistants virtuels dans les magasins pour sceller l’alliance des mondes physiques et digitaux ?

    • 57% des Français pensent que les assistants conversationnels vont rendre leur vie plus facile, contre 91% des Chinois et 65% des Américains.
    •  28% des Américains possèdent d’ores et déjà un assistant conversationnel (contre 9% des Français) et 25% d’entre eux prévoient d’en acheter un dans les prochains mois (contre 28% des Français).
    • 63% des Français estiment que les assistants vocaux pourraient très bien remplacer le clavier ou l’écran d’ordinateur, contre 81% des Chinois et 62% des Américains.
    • 25% des Français de moins de 35 ans pourraient utiliser les assistants conversationnels comme simple ami, pour parler de choses et d’autres et avoir de la compagnie (contre 33% des Américains).3. Du customer care au healthy manufacturing

    Consommer est-il devenu dangereux? Cette question, posée hier par quelques militants, est aujourd’hui sur toutes les lèvres, ou presque. Les scandales à répétition creusent une défiance qui n’épargne aucune famille de produits. La liste des éléments suspicieux se cesse de s’allonger si bien que bien consommer se complique. Aux questions de santé publique s’ajoutent aujourd’hui des considérations éthiques, à l’image du bien-être animal.

    Face à ces peurs, le bien consommer est contraint de se réinventer. De nouveaux repères nutritionnels apparaissent. Les réponses sont techniques, commerciales et marketing. Le digital propose ainsi aux consommateurs des outils pour plus de transparence et de responsabilité, à l’instar des applications qui informent sur la composition d’un produit. Quant aux retailers, ils repensent leur offre et construisent des partenariats durables et équitables avec des acteurs ou des producteurs locaux pour restaurer la confiance. En plus du combat sur le bon et de l’utile, s’ajoute celui du sain et de l’éthique.

    • 80% des Français se disent plus attentifs à l’impact des produits qu’ils achètent (environnement, déchets, énergie…) contre 91% des Chinois et 71% des Américains.
    • 1/3 des Français ne fait pas confiance aux enseignes de distribution pour les aider à mieux consommer.
    • 86% des Français ont le sentiment que les produits du quotidien sont dangereux pour leur santé contre 72% pour les Chinois et 76% pour les Américains.

    4. Big data, Safe data et Sale data?

    On le sait, les données sont le nouvel or noir. Un or qui suscite toutes les convoitises, en particulier celles des retailers toujours plus curieux du consommateur. Associées à l’intelligence artificielle, elles leur permettent de fluidifier la relation avec le consommateur et de réduire les zones de friction. Mais ces données, sources d’innovation et de créativité, sont aussi sources de monétisation. On parle même de la data comme d’une monnaie virtuelle. Face aux dérives, à l’intrusion dans la vie privée et à la marchandisation des données, la résistance s’organise. Des Etats tentent de réguler la vie numérique et des acteurs proposent des solutions alternatives aux GAFAs pour garantir la sécurité et l’anonymisation des données. Malgré les nouvelles règles applicables en matière de protection des données, avons-nous d’autres solutions que de les partager et de laisser les opérateurs tout connaître de nous ? Jusqu’où sommes-nous prêts à livrer de notre vie privée ? Sommes-nous réellement prêts à disposer d’un service dégradé ou arrêter d’en utiliser certains ? Sommes-nous prêts à nous faire implanter une puce RFID sous la peau pour payer nos achats ?

    • 21% des Français disent fournir leurs données personnelles sans se poser de questions, comme 22% des Chinois et 24% des Américains.
    • 81% des Français se sentent de plus en plus espionnés par les marques. C’est un peu moins vrai pour les Chinois (69%) et les Américains (65%).
    • 62% des Français sont prêts à payer plus cher pour une enseigne ou une marque qui fait preuve d’éthique dans la gestion de leurs données (contre 83% des Chinois et 65% des Américains)
    • 15% des Français de 18-24 ans se disent prêts à se faire implanter une puce dans le corps pour se faciliter leur vie (payer des courses, badger dans l’entreprise, payer les transports en commun…).

    5. Le nouveau discount branché

    Nombreux sont les acteurs qui cherchent à « disrupter » les marchés dans lesquels ils évoluent. Si la technologie est un moyen, il suffit parfois plus classiquement de répondre à l’insight le plus élémentaire du consommateur : « en vouloir plus pour moins cher ». Partout dans le monde, des initiatives sont ainsi lancées pour proposer du beau et du branché pour moins cher. Avec le digital, il devient possible d’industrialiser la personnalisation de chaque objet ou de chaque produit. Résultat, chacun accède à un produit unique au prix d’une production de masse. Le « nouveau discount branché » s’affirme comme une manière de séduire une génération dont les moyens financiers sont inversement proportionnels à son pouvoir d’influence. C’est dans le secteur de la mode que ce phénomène est, aujourd’hui, le plus développé. Au-delà de la simple recherche de compétitivité, cette évolution illustre la volonté d’inventer de nouveaux modèles dans lequel la relation avec le produit consommé est doublement augmentée. D’une part, par la qualité délivrée au regard du prix payé et, d’autre part, par l’expérience de marque.

    • 80% des Français se considèrent comme plus exigeants qu’avant, soit plus que les Américains (67%) et moins que les Chinois (92%).
    • 75% des Français pensent qu’aujourd’hui la qualité n’est pas synonyme de prix élevé
    • 88% des Français ont l’impression qu’il y a trop d’intermédiaires dans le commerce contre 91% des Chinois et 66% des Américains.
    • 78% des Français préfèrent acheter directement aux producteurs et fabricants, contre 85% des Chinois et 69% des Américains.
    • 66% des Français estiment que le sur-mesure devrait être au même prix sur le standardisé contre 84% des Chinois et 67% des Américains.Quelles soient issues du monde digital ou du monde physique, les enseignes de distribution sont contraintes de réinventer leur relation avec les consommateurs en développant l’hyper- proximité, en faisant preuve d’exemplarité en matière de transparence et d’éthique, en proposant des offres augmentées. Chacune d’elles devra parcourir un chemin différent vers le consommateur pour construire un modèle où le monde physique et digital se rejoignent au service d’un écosystème toujours plus intelligent et agile.

    *Méthodologie :l’étude Havas Paris a interrogé on line, entre avril et mai 2018, un panel de 4000 consommateurs (18 ans et +) en France, en Chine et aux Etats-Unis, sur la base d’un corpus de + 100 questions.

  • Le chabot est mort ! Vive l’agent conversationnel !

    Le chabot est mort ! Vive l’agent conversationnel !

    Par Thomas Solignac , Cofounder Golem.ai

    Passé par hasard dans le langage commun, le mot chatbot recouvre un ensemble de produits ayant pour matière première le langage humain. Mais l’emploi de ce terme anodin d’apparence est loin d’être neutre…

    Le mot chatbotdérive de “chatterbot”, néologisme par lequel Michael Mauldin (expert américain en traitement du langage humain) désigna en 1994 les programmes conversationnels. L’ambition initiale justifiant le développement de ce type de programme était de conférer l’apparence d’une intelligence humaine aux logiciels, apparence dont attesterait la réussite aux test de Turing.

    Contrairement à ce qu’on pourrait penser, certains logiciels pionniers comme le populaire ELIZA (1966), ont fourni très tôt des résultats d’une étonnante qualité, donnant une satisfaction supérieure à celle qu’on enregistre aujourd’hui pour la plupart des chatbots.

    Ces applications étaient alors largement désignées par le vocable « agent conversationnel ». Le basculement vers le néologisme de Mauldin coïncida avec deux changements majeurs : les premiers développements de ces outils au service des entreprises, et l’utilisation massive du machine learning comme base technologique.

    Ce n’est pas que du “chat” !

    Dans une première phase de buzz technologique, les entreprises se sont vu proposer les services de « robots parlants », souvent vantés pour leurs caractéristiques humaines. Les attentes allaient donc vers de la conversation courante, et – c’était dans le nom, du “chat”.
    Mais chatn’est pas un mot neutre : il renvoie à toute une culture, des particularités… et des limites. Le chat, c’est du “small-talk”, la discussion de la pluie et du beau temps avec votre belle-mère, un échange des banalités entre amis, etc. Pas de quoi fouetter un bot, donc.

    Furent d’abord développé des chatbotsfun, dotés d’un avatar, capables de blaguer…  Ce qui laissa libre cours aux fantasmes quant à leur intelligence et leur anthropomorphisme. Rétrospectivement, cet imaginaire du fun présent dans le premier élan a ralenti la prise au sérieux de l’outil en éclipsant son potentiel en termes d’amélioration de la productivité et d’industrialisation.

    Ce n’est pas que du dialogue…

    Le mot chatbotest le porte-étendard d’un ensemble de technologies de compréhension du langage, et surtout de use cases. Ces technologies et ces usages restèrent longtemps difficiles à appréhender pour les entreprises. Le terme de “chatbot” contribua à en populariser une partie, et à occulter les autres développements.

    En effet, la finalité de ce type de programme ne réside pas nécessairement dans la capacité à entretenir un dialogue. Il s’agit bien plutôt d’atteindre un résultat le plus rapidement possible, idéalement en une phrase. La commande vocale est un bon exemple de “chatbot” avec une visée la moins conversationnelle possible. Engager un dialogue est nécessaire pour traiter les processus complexes, mais pour les demandes simples – au demeurant les plus nombreuses, c’est un ralentissement pour l’utilisateur visant à un résultat immédiat. S’il fallait pousser l’usage dans un sens unique, ce serait certainement la finalisation de la demande avec le plus petit nombre possible d’interactions qui primerait.

    Et ce n’est pas non plus un robot !

    Le mot robot, dont dérive le mot “bot”, est lourd de connotation. Dans l’imaginaire collectif, il renvoie un être de métal, conçu pour travailler et doté de capacités motrices. Son usage dans une seconde acception, « outil d’automatisation », est plutôt réservé aux experts.
    Rappelons-le : un chatbot, c’est un logiciel. Imaginer un android frappant les touches d’un clavier est assurément trompeur. Il va sans dire que cet imaginaire du robot a joué son rôle dans l’émergence du fantasme d’une intelligence artificielle toute puissante, consciente d’elle-même ou tout du moins capable d’une discussion générale pour laquelle elle n’a pas été originellement conçue.

    Bien nommé, mieux maîtrisé

    « Agent conversationnel » semble donc une expression alternative mieux appropriée et faisant autorité dans toute une littérature : celle du domaine de l’intelligence artificielle appelé « traitement du langage naturel ».

    L’enjeu de cette technologie ne réside pas tant dans la production de chatbots que dans l’analyse logicielle du langage.  Les domaines d’application sont très riches : l’analyse thématique et sémantique d’un texte, la recherche et la synthèse de l’information, l’identification des sentiments…
    Certains fournisseurs de solutions conversationnelles ont pris acte de cette richesse, et proposent aux entreprises des prestations de plus en plus complètes Elles sont basées sur l’automatisation élargie et l’optimisation de leurs processus (documents, emails, sms, recherche…) par les agents conversationnels. Autant de gisements de valeur, occultés par l’usage abusif du mot chatbot, qui demeurent jusqu’ici sous-exploités

  • #VIVATECH18 – La sélection des temps forts du Jeudi 24 Mai

    VIVATECH 2018 – La sélection des temps forts du jeudi 24 Mai 

    . Le Hub Institute a sorti un rapport très complet à télécharger ici 

    . Pour écouter en replay l’intervention de Mark Zuckerberg CEO de Facebook cliquer  ici  

    . Pour les vidéos illustrant la journée :

    https://www.dropbox.com/s/h5qyso03ybptqxk/BEST_OF_VIVA_DAY1_12H.mp4?dl=0

    https://www.dropbox.com/s/5ajru874arqkbh5/BEST_OF_DAY1_19H.mp4?dl=0

    . Egalement le lien vers le livestream de la Stage One sur la chaine YouTube de VivaTech :

    https://youtube.com/watch?v=QgeWFQVRnWk

     

     

  • IA : comprendre les discours alarmistes et opportunistes  

     » Intelligence artificielle : serons-nous des collaborateurs augmentés ou… au chômage ? « 

    Par Saad Zniber, Co-fondateur de Yatedo

    Si pour une grande partie des pays de l’Union Européenne le taux de chômage baisse de manière significative, ce n’est pas le cas de la France (Eurostat). Dans ce contexte tendu, l’intelligence artificielle n’est pas toujours perçue de la meilleure façon, voire même, tend à devenir un bouc émissaire d’avenir. L’argument principal contre l’IA ? Son arrivée supprimerait de nombreux postes et augmenterait considérablement le taux de chômage. Mais qu’en est-il vraiment ? Quels métiers seraient menacés ? Quelle transformation pour l’Homme ? Et à quoi ressemblerait la collaboration Homme/IA ?

    Comprendre les discours alarmistes et opportunistes

    L’Intelligence Artificielle sera responsable de la suppression de nombreux emplois. C’est l’argument numéro 1 de ses opposants depuis des années. Une étude du cabinet Roland Berger (2014) annonçait une destruction de 1,5 millions d’emplois directs d’ici 2025 dans la zone Euro. En France, on parle de 225.000 emplois directs peu qualifiés menacés et presque autant d’emplois indirects. Plus largement et depuis toujours, les Hommes imaginent que des robots dotés d’une intelligence humaine prendront le pouvoir. Pour beaucoup c’est une légende. Pas pour Elon Musk qui tire la sonnette d’alarme : « […] jusqu’à ce que les gens voient vraiment des robots tuer des personnes, ils ne sauront pas comment réagir, tellement ça leur paraîtra irréel. Je travaille sur des formes très avancées d’intelligence artificielle, et je pense qu’on devrait tous s’inquiéter de ses progrès ».

    D’autres voient dans l’IA des opportunités. Les machines pourront remplacer les Hommes sur des tâches pénibles ou répétitives (sans valeur ajoutée) ou encore dangereuses. Elles n’ont pas de contraintes physiques (comme la faim, les effets du stress ou de la fatigue), et sont donc en activité optimale permanente. Aussi, concernant le coût horaire, celui des machines est de moins en moins élevé selon l’analyse de INSEE, IFR, Berger : s’il était de 116€ pour une machine il y a 30 ans (contre 9€ pour l’Homme), la courbe s’inverse et, en 2020, les rôles seront inversés (10€ pour la machine, 19€ pour l’Homme).

    Oui l’Intelligence Artificielle va détruire des millions d’emplois. Mais elle va aussi en créer! 21 millions d’après une étude de Cognizant Technology Solutions Corp.de 2017. Une autre étude de Accenture tend à prouver que l’IA va augmenter de 10% en moyenne les effectifs des entreprises ayant accès à cette technologie.

    Quels sont les métiers menacés par l’IA ?

    En 2017, les universités de Yale et d’Oxford se sont associées pour réaliser une étude sur l’IA. Le résultat est présenté sous la forme d’un calendrier précis sur l’évolution de l’IA. Elle serait capable de réaliser n’importe quelle tâche mieux que l’Homme d’ici 45 ans (2062) ! Entre temps, les traducteurs (2024), les chauffeurs de poids lourd (2027), les commerçants (2031), les écrivains (2049) ou encore les chirurgiens (2053) verraient leur emploi automatisé.
    En fait, toutes les catégories socio-professionnelles seraient touchées (47% des emplois seraient menacés, selon le rapport « The future of employment ». D’abord les emplois directs peu qualifiés, puis les emplois indirects. Une étude de McKinsey nous apprend que seulement 5% des actions humaines peuvent être automatisées à 100%. En effet, l’IA, c’est l’automatisation d’une partie des tâches, pas le remplacement radical des emplois. En réalité, si tous les métiers seront impactés par le développement de l’intelligence artificielle, ils vont surtout se transformer : 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore !

    Comment l’homme doit évoluer et envisager sa transformation culturelle

    Il faut maintenant apprendre à considérer l’automatisation comme une opportunité, non comme un risque ! Le premier changement à adopter n’est pas technologique, mais culturel. En encourageant par exemple les formations professionnelles (trop peu mises en avant aujourd’hui) à ces nouvelles technologies. Prenons l’exemple de la révolution industrielle qui a imposé l’automatisation dans l’industrie automobile : la population d’ouvriers a diminué de 50% et celle des cadres augmenté de 45% (Etude Roland Berger). L’IA nous permet de nous concentrer sur des tâches à forte valeur ajoutée.

    Cependant, pour assumer la mutation des postes à faible valeur ajoutée en postes à forte valeur ajoutée, il est nécessaire de former les employés aux nouvelles démarches méthodologiques, aux métiers de demain. Dans ce sens, le récent rapport de Cédric Villani, « Donner un sens à l’intelligence artificielle », prévoit de former des talents en IA. Objectif : multiplier par trois le nombre de personnes formées en IA d’ici à 3 ans, créer de nouveaux cursus et de nouvelles formations à l’IA.

    A quoi ressemblera la collaboration Homme/IA

    L’exemple parfait que je connais bien est celui de notre propre IA, Yatedo Talent, qui est une solution de sourcing capable d’identifier les meilleurs talents sur le web. Est-ce que cela signifie que notre IA va prendre la place des recruteurs ? Pas du tout. Elle automatise les tâches répétitives à faible valeur ajoutée (comme l’identification des profils) et permet aux recruteurs de se concentrer sur des tâches à forte valeur ajoutée « humaines » (mise en relation, entretien, décision). Elle recentre la fonction de recruteur sur l’humain, à qui la décision finale appartient et appartiendra toujours. Il faut imaginer l’automatisation comme l’opportunité d’une étroite collaboration Homme/IA. Les machines, si elles travaillent plus vite et sans se fatiguer, ont besoin de l’Homme qui est le seul à posséder des capacités d’adaptation.

    Nos métiers vont se transformer mais l’IA ne prendra pas la place de l’Homme. Techniquement, les IA que nous créons sont capables d’étudier, de lire, de traiter 100 millions de fois plus d’informations qu’un être humain. Elles sont capables de synthétiser ces informations pour nous fournir celles qui vont nous aider dans notre prise de décision. La peur générale suscitée par l’IA est aujourd’hui infondée car elle est très loin du niveau de l’intelligence humaine. Nous entrons dans la 4ème révolution industrielle, avec pour partenaire l’IA.