Catégorie : Innovations

  • Souveraineté numérique, retour en force du hardware, cybersécurité… les grandes tendances VIVATECH 2026

    Classement 2026 du “Top 100 Rising European Startups”de VivaTech « 

    VivaTech, l’événement européen dédié aux startups et aux technologies, révèle la seconde édition du « Top 100 Rising European Startups », classement mettant en lumière les 100 startups les plus prometteuses de l’écosystème tech européen, opérant sur tous les secteurs. Issues de 12 pays, ces entreprises ont chacune le potentiel de transformer leur industrie en profondeur et se distinguent par leur croissance rapide.

    La souveraineté en fil rouge et un trio de pays leaders qui se confirme

    En 2026, l’écosystème des startups européennes est plus diversifié et spécialisé que jamais: le « Top 100 Rising European Startups » couvre 28 secteurs et se renouvelle fortement, avec 70 nouvelles pépites aux côtés de 30 startups déjà présentes l’an dernier. Il confirme aussi un leadership net : le trio Royaume-Uni–France–Allemagne concentre 74% des startups du classement : 28 au Royaume-Uni, 23 en France et 23 en Allemagne. Les pays nordiques (Suède, Finlande, Danemark) surperforment sur les volets IA et Climate Tech, tandis que l’Italie émerge sur la LegalTech et l’AgriTech.

    Selon François Bitouzet, Directeur Général de VivaTech : “Cette année, la souveraineté technologique s’impose comme le fil conducteur du Top 100 : elle se cristallise particulièrement autour de la cybersécurité et de la Défense Tech. L’ascension de Mistral AI face aux géants américains en constitue l’un des exemples les plus visibles. Cette dynamique traduit un tournant stratégique : l’Europe investit massivement pour gagner en leadership et en souveraineté en matière de technologies déterminantes.”

    Les grandes tendances en 2026

      1. L’ère de « l’IA générique » est révolue, place à l’intégration et la spécialisation par usage
        L’Intelligence Artificielle se verticalise et les startups européennes se spécialisent par cas d’usage : création de contenu (4 startups dans le classement dont ElevenLabs et Lovable), voice & conversational (4 dont Parloa et GetVocal AI), productivité et automatisation (9 dont Dust, Langdock et n8n). Cette dynamique s’appuie sur des fondations technologiques européennes solides (Mistral AI, Axelera AI, Synthesia) et confirme un changement de paradigme : l’écosystème européen ne fait plus « de l’IA pour l’IA », mais innove dans l’application, l’intégration et la spécialisation par usage.
      2. Le retour en force du hardware
        Après une décennie dominée par le software, le hardware et l’industrie physique reviennent en force en Europe. Le Physical AI (Neura, Dexory) illustre la convergence entre Intelligence Artificielle et robotique autonome. Le spatial s’industrialise également grâce à de nouveaux acteurs (The Exploration Company, ICEYE, Isar Aerospace), tandis que la Defense Tech émerge comme un secteur stratégique (Helsing, ARX, Quantum Systems, Comand AI). Portée par ces dynamiques, le continent européen amorce une réindustrialisation technologique étroitement liée aux enjeux de souveraineté et de compétitivité industrielle.

      3.La FinTech européenne atteint sa maturité

    La FinTech reste un pilier de l’innovation européenne. Elle dépasse aujourd’hui le terrain des néobanques pour se concentrer sur des infrastructures « invisibles » et spécialisées. Les rails financiers (Truelayer, Silverflow), la finance embarquée (Taktile, Flatpay) et l’open finance (Insurely) prennent le relais, avec des modèles qui passent du B2C au B2B2C. Cette évolution s’accompagne d’une européanisation des infrastructures de paiement face aux géants américains et chinois : la fintech européenne construit désormais le backend / back-office financier de demain.

    4. Les secteurs réglementés basculent vers l’Intelligence Artificielle

    Le boom de la LegalTech (5 startups dont Lawhive, Summize, Solve Intelligence), la transformation de la HealthTech via l’IA clinique (Nabla, Voize, Tandem) ou la modernisation de la HR Tech (Skello, Sona, Jack&Jill) accélèrent l’ouverture des secteurs les plus réglementés à l’automatisation intelligente. Même l’InsurTech (Kota, Artificial) et l’EdTech (Emma) intègrent cette nouvelle technologie. En 2026, l’innovation n’est plus confinée aux industries « tech-native » : l’IA s’installe dans des univers dans lesquels conformité, réglementation et facteur humain étaient jusqu’ici perçus comme des freins.

    5. La cybersécurité, levier incontournable pour protéger entreprises, collectivités et humains

    Alors que l’accélération de l’Intelligence Artificielle et l’arrivée de l’informatique quantique soulèvent de nouveaux enjeux de sécurité, cinq startups participant à la souveraineté européenne intègrent le classement : Aikido Security (Belgique), Stoïk (France), Riot Security (France), Filigran (France) et Exein (Italie).

  • Comment les E-commerçants abordent 2026 ?

    Consommation fragilisée, croissance des plateformes asiatiques, transformations technologiques…
    La Fevad dresse le moral des E-commerçants

    Annie Abela

    Ce mardi 10 Mars sur l’évènement 1to1 à Monaco, Marc Lolivier, Délégué général de la Fevad  (La Fédération du e-commerce et de la vente à distance ) en partenariat avec Toluna -Harris Interactive et LSA a dévoilé les chiffres sur le moral des
    E-commerçants.  

    Découvrez en avant-première, les temps forts de la conférence.

     » Les Français ont dépensé près de 200 milliards d’euros sur internet en 2025!  »
    L’e-commerce confirme son rôle de pilier durable de la consommation, malgré un environnement économique et politique incertain » explique Marc Lolivier et de poursuivre : « Cette croissance est avant tout portée par les usages : les Français achètent plus souvent en ligne, même si la pression sur les prix limite la progression du panier moyen ».
    Mais quel est le moral des e-commerçants ?
    Ont-ils confiance dans l’avenir?
    Quelles sont leurs priorités stratégiques et en investissements ?

    Le moral des e-commerçants 

    Surprise ! le moral des e-commerçants progresse de 36 %. Ils se disent plus optimistes pour 2026, contre 20 % moins optimistes, soit un solde positif de 16 points en hausse de 7 points par rapport à l’an dernier. Même dynamique chez les autres européens avec un solde positif de 23 points.

    Perception sur l’évolution du marché 

    Les e-commerçants décrivent un marché qui reste globalement orienté à la hausse, en France comme dans le reste de l’Europe.

    En France, 44 % des dirigeants estiment que leur marché est en croissance, contre 28 % qui le jugent en baisse. Dans les autres pays européens, 46 % considèrent également leur marché en croissance, contre 21 % en recul.
    Malgré un léger tassement par rapport aux années précédentes, l’exercice 2025 reste globalement positif. La moitié des entreprises françaises déclare un exercice rentable, tandis qu’environ une entreprise sur cinq reste déficitaire, un niveau stable.
    Ce climat plus positif coexiste toutefois avec de fortes inquiétudes sur la conjoncture économique.

    Cependant, 98 % des e-commerçants estiment que l’instabilité politique a un impact sur la consommation, et 43 % anticipent une dégradation de celle-ci dans les douze prochains mois, contre seulement 6 % qui envisagent une amélioration.

    Principales tendances à venir pour 2026 

    Ce climat « positif « coexiste  avec de fortes inquiétudes sur la conjoncture économique.

    En France, 98 % des e-commerçants estiment que l’instabilité politique a un impact sur la consommation, et 43 % anticipent une dégradation de celle-ci dans les douze prochains mois, contre seulement 6 % qui envisagent une amélioration.

    Pour 2026, les perspectives d’activité demeurent bien orientées : 67 % des e-commerçants français anticipent une hausse de leur chiffre d’affaires, contre seulement 8 % qui prévoient une baisse.

    Les perspectives sont également positives en matière de rentabilité : 56 % des entreprises françaises anticipent une progression de leur marge nette.

     

    La montée en puissance des grandes plateformes opérant depuis l’Asie est désormais perçue comme un facteur structurant pour le secteur.
    Ainsi, 70 % des e-commerçants français exposés à la concurrence de ces plateformes déclarent que leur activité est directement impactée, et près d’un tiers indiquent avoir dû adapter leur stratégie commerciale.

    Une donnée intéressante, les dirigeants observent des évolutions profondes des comportements d’achat :

    • 93 % constatent un renforcement de l’attractivité des promotions et des prix bas
    • 95 % estiment que les repères de prix des consommateurs ont changé
    • 80 % observent une hausse des achats impulsifs

    Quelles sont les priorités stratégiques et les investissements ?

     Deux points ressortent de l’étude : l’International et les investissements technologiques. 

    L’international : un levier de croissance majeure
    L’ouverture internationale continue de progresser parmi les acteurs du secteur.
    Deux tiers des e-commerçants français et trois quarts des entreprises européennes déclarent opérer à l’étranger.

    Parmi ces entreprises présentes à l’international, 77 % anticipent une augmentation de la part de leur chiffre d’affaires réalisée hors de leur marché domestique dans les deux prochaines années, confirmant le rôle croissant de l’export dans les stratégies de développement du e-commerce

    Investissements : priorité à l’informatique et au marketing

    Les priorités d’investissement pour 2026 traduisent une volonté de consolider les fondamentaux du modèle e-commerce. Les principaux domaines d’investissement concernent :

    • l’informatique et la cybersécurité (58 % des entreprises françaises prévoient d’augmenter leurs budgets)
    • le marketing et la publicité (48 %)
    • le développement international et la monétisation de l’audience (marketplaces, retail media…)

    A noter que les budgets marketing se concentrent principalement sur les réseaux sociaux, le référencement naturel (SEO) et la publicité en ligne, tandis que les canaux hors ligne (TV, radio, presse ou imprimés publicitaires) restent globalement stables ou en recul.

     

    Impact de l’IA dans les organisations

    L’IA, et en particulier l’IA générative, s’impose désormais comme un levier majeur de transformation du e-commerce. Ce sont 94 % des entreprises françaises qui déclarent utiliser au moins une solution d’IA générative. Elle est perçue comme l’innovation la plus prometteuse à horizon trois ans, notamment dans les domaines de :

    • la relation client
    • le marketing
    • la logistique et la sécurité.

    Cette diffusion s’accompagne d’une transformation rapide des métiers : 87 % des dirigeants déclarent observer des évolutions organisationnelles liées à l’introduction de solutions d’IA.

     

    Les dirigeants interrogés expriment également une attente forte en matière de souveraineté numérique européenne.

    • 90 % estiment que l’Europe est aujourd’hui trop dépendante des technologies et plateformes américaines et asiatiques
    • 83 % se déclarent insatisfaits de la politique européenne actuelle dans ce domaine

    En matière de politique européenne de souveraineté numérique, deux priorités se détachent très nettement aux yeux des dirigeants :
    👉faire respecter plus strictement les règles européennes par les acteurs extra-européens 👉et alléger les charges qui pèsent aujourd’hui sur les entreprises européennes.

     

     

     

  • Les six ruptures qui vont redéfinir l’IA en entreprise

    2026 : point de bascule pour les organisations françaises et européennes

    Selon Ivanti (éditeur international de solutions logicielles IT et de sécurité )

    Après plusieurs années d’adoption rapide mais souvent désordonnée de l’intelligence artificielle, 2026 marque un point de bascule pour les organisations françaises et européennes. Entre IA Act, pression sur les budgets et accélération des attaques automatisées, les DSI vont devoir arbitrer vite pour mieux structurer, sécuriser et mesurer. Ivanti, éditeur de solutions IT et de cybersécurité, identifie six évolutions qui devraient concentrer l’attention des DSI dans les prochains mois.

    1. Compétence IA : l’urgence sous-estimée

    L’utilisation de l’IA en entreprise explose, mais l’accompagnement ne suit pas.
    84% des professionnels IT utilisent l’IA générative au quotidien, mais 60% des organisations n’ont mis en place aucun programme de formation pour accompagner cette évolution. Résultat : un déploiement hétérogène et des outils sous-exploités, un ROI faible et aucune solution de repli face à la pénurie de talents. En 2026, la différence se fera moins sur l’accès à la technologie que sur la capacité à industrialiser les compétences en matière d’IA.

    « Nous observons un paradoxe frappant : les budgets IA explosent pour les outils, mais la formation des collaborateurs reste négligée. En 2026, les entreprises qui n’investissent pas dans les compétences de leurs équipes vont se faire distancer » alerte Luc Sabot, Country Manager France.

    1. Le casse-tête réglementaire européen

    AI Act, Cyber Resilience Act, NIS2…Les DSI construisent leurs trajectoires 2026 au milieu d’un empilement réglementaire, sans visibilité claire sur leurs obligations. Deux postures se dessinent : attendre au risque d’une mise en conformité dans l’urgence ou anticiper dès maintenant. Les entreprises qui opteront pour la seconde transformeront les contraintes réglementaires en un avantage compétitif durable.

    1. IA “agentique” : la vitesse des attaques change d’échelle

    L’émergence d’IA plus autonomes (capables d’enchaîner des actions, d’itérer et de s’adapter) rebattent les cartes de la cybersécurité. Certaines peuvent analyser un correctif et identifier comment l’exploiter en moins de 72 heures, lancer des campagnes de phishing qui s’ajustent en temps réel ou tester méthodiquement des surfaces d’attaque. La question n’est plus seulement “sommes-nous protégés ?” mais “à quelle vitesse savons-nous agir ?”. En 2026, le patch management et l’automatisation deviennent plus que jamais stratégiques.

    1. La gouvernance de l’IA devient obligatoire

    Entre impact du Shadow AI, budgets dispersés et absence de visibilité sur les risques, le manque de gouvernance en matière d’IA coûte cher aux entreprises. Il devient impératif de mettre en place des règles simples pour en cadrer les usages. En pratique, les organisations qui tireront leur épingle du jeu seront celles qui traitent l’IA comme un employé : un périmètre clair, des responsables formés, des mesures de contrôle et des indicateurs pour mesurer son impact réel.

    « En 2026, les organisations vont devoir choisir : soit mettre en place une vraie gouvernance avec des règles claires, soit continuer à dépenser sans résultats concrets. Les comités de gouvernance IA vont devenir la norme » prévient Luc Sabot.

    1. Le ROI de l’IA sous surveillance

    Après l’enthousiasme aveugle, place aux comptes. Les budgets ont explosé, mais beaucoup d’entreprises se retrouvent avec des systèmes fragmentés, des pilotes sans suite et un ROI décevant. En 2026, les DSI seront attendus sur une discipline plus stricte sur les décisions concernant l’IA. L’IA ne sera plus “un projet innovation” tendance, mais un levier dont on exige des résultats, avec un arbitrage clair entre coût, risque et valeur. Cette discipline séparera les stratèges des suiveurs.

    1. Le leadership doit s’adapter

    Dans un contexte de reprise des investissements tech à son plus haut niveau depuis 2022 et de hausse des budgets cybersécurité, de nombreuses entreprises entrent en phase d’accélération. Reste une question centrale : les équipes dirigeantes ont-elles les ressources internes pour piloter cette transformation IA ?
    En 2026, les comités de direction devront composer avec de nouveaux arbitrages et adapter leur gouvernance pour exécuter vite, en se dotant des bons profils.

    En 2026, l’écart va se creuser entre les organisations qui structurent leur approche de l’IA et celles qui improvisent. La technologie seule ne suffit plus : c’est l’alignement entre gouvernance, compétences, sécurité et conformité qui fera la différence.

     

  • Comment l’IA redéfinit le rôle du commercial

    IA : Quand les signaux d’intention redessinent le métier de commercial

    Selon Hugo Delattre, fondateur de Get In Touch 

    Il y a encore quelques années, la prospection commerciale se résumait à une mécanique répétitive fondée sur le volume et l’endurance. Les équipes multipliaient les appels, les emails et les relances, convaincues que l’insistance suffisait à faire émerger des opportunités.
    Ce modèle, construit sur une logique statistique, paraissait immuable. Pourtant, en silence, les comportements numériques se sont imposés comme une matière première nouvelle, révélatrice de besoins, d’intérêts ou de réflexions en cours. Chaque recherche, interaction ou consultation publique constitue désormais un indicateur potentiel de maturité. Avec l’essor de l’IA, ces traces, autrefois considérées comme anecdotiques, deviennent lisibles et interprétables. Elles transforment la manière dont les organisations envisagent l’acte de prospecter : non plus comme un exercice d’endurance, mais comme un travail d’observation fine et de compréhension du moment opportun.

    1. Une prospection guidée par l’intention plutôt que par le volume

    Les progrès technologiques permettent aujourd’hui de capter, d’interpréter et de mettre en cohérence des milliers de signaux générés chaque jour par les professionnels. La manière dont un dirigeant interagit avec un sujet, l’évolution d’un intérêt soudain pour une problématique ou la consultation répétée d’une typologie de solution dessinent un terrain d’analyse d’une richesse inédite. L’IA s’empare de cette matière et lui donne un sens opérationnel.

    À travers ces signaux, les organisations découvrent un indicateur de maturité d’achat d’une précision rarement atteinte. Elles ne ciblent plus « des profils », mais des comportements ; elles ne cherchent plus à pousser un message, mais à comprendre un contexte. Cette logique renverse les codes traditionnels de la prospection.
    Plutôt que d’imposer un rythme au marché, les entreprises s’alignent sur celui des prospects.
    Les décisions commerciales s’appuient désormais sur la probabilité d’intention, renforçant la pertinence des prises de contact et limitant les interactions inutiles.
    Parallèlement, l’analyse automatisée des échanges commerciaux offre une nouvelle lecture du cycle de vente. Les rendez-vous sont transcrits, les dialogues examinés, les dynamiques d’échange décryptées. Les commerciaux bénéficient d’une visibilité objective sur leurs performances : non plus un ressenti, mais une compréhension structurée de ce qui suscite une avancée ou provoque un blocage. L’IA devient un miroir parfaitement neutre qui éclaire les forces comme les axes d’ajustement.

    2. Le commercial recentré sur la valeur relationnelle

    Ce basculement technologique ne remplace pas la dimension humaine du métier ; il l’amplifie. En absorbant les tâches répétitives et chronophages, l’IA redonne du temps aux équipes pour exercer pleinement leur rôle stratégique.
    La recherche d’informations, la qualification initiale ou la segmentation manuelle ne constituent plus des freins au déploiement d’une démarche réellement personnalisée. Le commercial peut se concentrer sur ce que la machine ne sait pas faire : comprendre une histoire, écouter un enjeu, interpréter une nuance, instaurer un climat de confiance. Dans les organisations qui adoptent ces nouveaux outils, les interactions se transforment. Elles ne sont plus générées par obligation ou par automatisme, mais parce que le signal détecté justifie véritablement l’échange. Les prospects perçoivent cette pertinence.
    Le dialogue devient plus fluide, mieux ancré dans leurs problématiques, moins intrusif. La relation commerciale quitte alors le champ du volume pour entrer dans celui de la justesse.

    Cette évolution redéfinit aussi le rôle du commercial : il n’est plus celui qui sollicite en permanence, mais celui qui intervient au moment adéquat, avec une compréhension précise du contexte. La valeur ne réside plus dans le nombre d’actions réalisées, mais dans la qualité de l’intervention. L’IA ne fait pas disparaître l’humain ; elle clarifie son terrain d’expression.

    3. Un nouveau paradigme : interpréter plutôt que solliciter

    Ce mouvement marque l’entrée dans une ère où la performance commerciale repose autant sur la capacité à analyser un prospect que sur celle de le convaincre. Les organisations qui réussissent ne sont plus celles qui contactent le plus, mais celles qui savent interpréter les signaux laissés par le marché. Elles adoptent une culture nouvelle, dans laquelle la donnée ne sert pas à multiplier les actions, mais à en réduire le nombre tout en en maximisant la justesse.

    La collaboration entre l’humain et la machine devient la clé de cette transformation. L’IA observe, priorise et met en cohérence. Le commercial nuance, interprète et construit la relation. Ensemble, ils forment un modèle d’efficacité qui dépasse largement les méthodes traditionnelles. La performance n’est plus un résultat aléatoire, dépendant de la répétition, mais le produit d’une stratégie fondée sur la compréhension fine de l’intention.

    Ce n’est pas une rupture brutale, mais une transition profonde vers un métier plus intelligent, plus stratégique et plus respectueux du prospect. Le commercial n’est pas remplacé ; il est augmenté. Et dans cette évolution, une certitude s’impose : le futur desventes se construira moins dans l’insistance que dans la capacité à voir, avant les autres, ce que les signaux d’intention révèlent.

     

     

  • Quelles sont les tendances qui vont transformer l’engagement client et les écosystèmes numériques ?

    L’automatisation par IA, le RCS et l’intégration des plateformes sont en passe de redéfinir l’ensemble des marchés

    Selon infobip

    Les agents IA géreront la majorité des interactions clients

    D’ici 2026, on estime que l’IA agentique prendra en charge jusqu’à 95 % des interactions clients, offrant un support instantané et personnalisé 24h/24 et 7j/7.

    Ces agents évoluent au-delà des simples bots FAQ pour devenir des modèles agentiques proches de l’humain, capables de communications complexes et autonomes. Le service client se transforme rapidement, avec des bots vocaux et des agents basés sur le chat, accompagné par la technologie human-in-the-loop.

    Des entreprises déploient déjà des chatbots IA pour gérer les demandes bancaires courantes et le suivi des commandes e-commerce, tandis que des bots vocaux avancés ouvrent de nouvelles opportunités pour automatiser et améliorer les conversations clients. Cela permet aux agents humains de se concentrer sur les cas complexes, et garantit aux clients un service rapide mais empathique.

    Les super apps et les canaux RCS favorisent des parcours clients fluides

    Des plateformes telles que WhatsApp et le protocole Rich Communication Services (RCS) évoluent en super apps intégrant marketing, communication et fonctionnalités de paiement au sein d’une interface unique.

    Les entreprises exploitent le RCS pour des conversations sécurisées et interactives, permettant aux clients de réaliser des parcours complets directement dans le canal.
    Les commerçants utilisent cette même technologie afin d’envoyer des carrousels de produits interactifs, permettant aux clients de parcourir, acheter et planifier la livraison, toujours dans la même interface. De même, les professionnels de santé permettent la prise de rendez-vous et le paiement des factures via WhatsApp, simplifiant ainsi les interactions avec les patients.

    La gestion des données, principal défi des solutions IA

    Alors que beaucoup d’innovations IA actuelles reposent sur de grands modèles génériques, on observe également un intérêt croissant pour des modèles de langage plus petits et spécifiques à un domaine, pouvant fonctionner sur du matériel standard ou sur site, offrant confidentialité des données et conformité tout en fournissant des réponses précises et contextuelles.
    Le plus  grand défi pour l’IA avancée reste les données : comment collecter, unifier, préparer et activer efficacement les données propriétaires et internes pour l’expérience client.

     

  • Netflix prépare une mutation silencieuse vers le modèle des créateurs

    Netflix multiplie les signaux d’ouverture vers les créateurs issus de YouTube

    Face à une concurrence qui se joue désormais sur l’usage plutôt que sur le catalogue.
    Selon Adham Hassan, Expert Creator Economy

    Les grandes manœuvres de Netflix attirent souvent l’attention lorsqu’elles concernent des acquisitions spectaculaires ou des stratégies de consolidation du divertissement traditionnel. Ces annonces occupent l’espace médiatique, mais elles masquent parfois des évolutions plus discrètes, et pourtant déterminantes pour l’avenir de la plateforme.
    Depuis quelque temps, Netflix s’ouvre à des contenus portés par des créateurs indépendants, issus de plateformes ouvertes comme YouTube.
    Cette évolution marque une inflexion vers des logiques proches de l’UGC (User Generated Content, ou contenus créés par les utilisateurs), sans pour autant renier l’ADN éditorial de la plateforme.
    Podcasts intégrés à l’offre, formats YouTube adaptés ou programmes développés par des créateurs déjà installés en ligne : pris ensemble, ces choix dessinent une trajectoire claire.

    La coexistence de deux stratégies chez Netflix

    Netflix avance aujourd’hui sur deux fronts.
    > D’un côté, la plateforme poursuit une stratégie de consolidation du divertissement traditionnel, en renforçant ses catalogues et en sécurisant des contenus premium.

    > De l’autre, elle intègre progressivement des formats développés hors de son écosystème historique, portés par des créateurs. Cette coexistence n’est pas contradictoire. Elle traduit une prise de conscience stratégique : la valeur ne se concentre plus uniquement dans la possession de grandes franchises, mais aussi dans la capacité à capter des audiences déjà constituées autour de contenus nés sur le web.

    L’intégration progressive de contenus issus de YouTube

    Les choix récents de Netflix illustrent cette ouverture.
    La plateforme accueille des podcasts auparavant diffusés ailleurs, adapte des formats YouTube déjà populaires et intègre des émissions dont l’audience s’est construite en dehors des circuits traditionnels.
    Ces contenus présentent un avantage décisif pour Netflix. Ils arrivent avec des communautés existantes, une narration éprouvée et une relation déjà installée entre créateurs et publics. En s’appuyant sur ces formats, Netflix limite le risque créatif tout en élargissant son offre éditoriale et en touchant des audiences parfois éloignées de ses productions classiques.

    La comparaison structurelle entre Netflix et YouTube

    La principale concurrence de Netflix ne se limite plus aux autres plateformes de streaming ou aux acteurs historiques du divertissement.
    Elle se situe désormais face à YouTube, qui capte une part croissante du temps passé devant les écrans, notamment sur les usages télévisuels. Là où Netflix repose sur un modèle fermé et fortement éditorialisé, YouTube s’appuie sur un système ouvert, alimenté par une création continue et portée par des créateurs indépendants. Netflix ne peut ni racheter YouTube, ni en reproduire entièrement le fonctionnement, mais il peut en intégrer certains mécanismes clés, notamment ceux liés à l’usage et à la fidélité des audiences.

    L’émergence d’un modèle à deux niveaux pour les créateurs

    L’évolution la plus probable du modèle de Netflix repose sur une structuration différenciée de la création.
    Une première catégorie pourrait accueillir des créateurs produisant des contenus épisodiques, avec des règles plus souples et une logique orientée vers des offres soutenues par la publicité.
    Une seconde catégorie serait réservée à des créateurs plus établis, capables de livrer des formats durables et monétisables sur le long terme. Netflix pourrait alors licencier leurs catalogues existants et commander des productions originales, dans une logique déjà amorcée avec certains formats issus de YouTube.

    Le rôle de YouTube comme incubateur pour Netflix

    Dans cette configuration, YouTube conserve une place centrale. La plateforme reste le lieu où les formats émergent, se testent et se stabilisent. Les créateurs y construisent leur audience, affinent leur identité et démontrent la solidité de leurs concepts. Netflix intervient ensuite comme un accélérateur, en intégrant les formats les plus matures dans un environnement plus structuré et plus premium. Sans le formaliser explicitement, YouTube devient ainsi un véritable terrain d’incubation pour Netflix.

    La mutation engagée par Netflix ne relève pas d’un simple ajustement opportuniste. Elle traduit une évolution stratégique face à un changement durable des usages et à la montée en puissance de la création issue du web. En s’ouvrant progressivement à des contenus portés par des créateurs indépendants, Netflix adapte son modèle à une nouvelle réalité du divertissement, où l’attention et l’usage pèsent désormais autant que le catalogue.

     

     

  • Comment l’IA redéfinit la cybersécurité 

    Six réalités que les entreprises doivent intégrer dès maintenant

    Selon Getronics

    Propulsées par l’IA, les cyberattaques sont toujours plus rapides, crédibles, automatisées et difficiles à détecter.
    La cybersécurité entre dans une nouvelle ère où les cybermenaces évoluent plus vite que jamais et où les modèles de protection traditionnels ne suffisent plus. Dans son livre blanc CyberSecurity Masterclass 2025, Getronics dévoile six réalités incontournables que les entreprises doivent désormais intégrer pour rester résilientes.

    1. L’IA est partout

    L’intelligence artificielle transforme profondément la cybersécurité. Elle offre aux cybercriminels de nouveaux leviers : reconnaissance automatisée, phishing ultra-ciblés, deepfakes audio-vidéo, ou encore malwares capables d’apprendre et de contourner les défenses traditionnelles.

    Mais elle ouvre aussi de nouvelles perspectives aux entreprises : traitement et analyse d’immenses volumes de données, accélération de la détection et la réponse aux menaces, identification des anomalies suspectes,… Pour en tirer pleinement parti, une gouvernance solide, des compétences adaptées et des processus maîtrisés sont indispensables, notamment pour répondre aux exigences réglementaires.

    Les dirigeants doivent structurer l’adoption de l’IA — en cartographiant chaque outil prétendant utiliser l’IA, en renforçant la gouvernance, en testant les outils, en développant les compétences des équipes, en actualisant les procédures et en impliquant le conseil d’administration pour garantir des décisions et des investissements adaptés aux risques.

    2. Le phishing devient l’ingénierie sociale 2.0

    Les attaques ne se limitent plus aux simples e-mails. SMS, appels téléphoniques deepfake, messageries collaboratives et usurpation de fournisseurs, le phishing est devenu multi-canal. Le smishing (phishing par SMS) représente aujourd’hui 69,3 % de l’ensemble des attaques par hameçonnage[1]. Cette approche exploite avant tout la confiance humaine, rendant la sensibilisation et la vérification interne plus essentielles que jamais.

    Les entreprises doivent combiner contrôles technologiques, processus renforcés et conformité réglementaire (NIS2, DORA), pour limiter les risques opérationnels, financiers et juridiques, tout en renforçant la résilience globale.

    3. Le Zero Trust s’impose comme la nouvelle norme de sécurité

    Avec l’adoption du cloud, le travail hybride, l’intégration des partenaires et les chaînes d’approvisionnement numériques, le modèle périmétrique traditionnel est obsolète. Le Zero Trust part d’un principe simple : toute requête peut être compromise. Elle repose sur trois fondamentaux :

    • Ne jamais faire confiance, toujours vérifier ;
    • Limiter strictement les privilèges ;
    • Concevoir chaque système en anticipant une éventuelle compromission.

    Les entreprises qui adoptent ce modèle peuvent drastiquement réduire l’impact potentiel des attaques. Elles doivent agir immédiatement en cartographiant les accès, en sécurisant en priorité les systèmes critiques via la MFA, en enclenchant la segmentation, en informant la direction des bénéfices en sécurité et conformité, et en lançant une évaluation externe de la maturité Zero Trust.

    4. La sécurité de la supply chain : le nouveau maillon faible ?

    Les cybercriminels ciblent désormais les fournisseurs tiers, les opérateurs cloud, les fabricants de matériel et les éditeurs de logiciels pour atteindre indirectement leurs cibles finales : les entreprises.

    Compromissions logicielles, failles matérielles ou micrologicielles, accès privilégiés mal protégés et dépendances au cloud fragilisent l’ensemble de l’écosystème numérique.

    Dans un contexte où les exigences se renforcent (IA, blockchain, cadres réglementaires), les entreprises doivent renforcer la sécurité de leur supply chain, afin de protéger leurs opérations et leur réputation. Cela exige une gouvernance claire, une évaluation rigoureuse des fournisseurs, des contrôles techniques renforcés, une surveillance continue et une gestion stricte des accès.

    5. La réponse aux incidents devient un impératif stratégique  

    La fréquence, la sophistication et l’impact des cyberattaques d’aujourd’hui soulignent l’importance cruciale d’une préparation à la réponse aux incidents (IRR) solide. La capacité à détecter, contenir et remédier rapidement aux incidents est un facteur déterminant pour limiter les interruptions d’activités, les pertes financières et l’atteinte à la réputation. Les intrusions multi-étapes, les ransomwares à double extorsion ou l’exploitation de vulnérabilités zero-day démontrent qu’une attaque peut rester invisible pendant des mois avant d’être identifiée. Dans ce contexte, une maîtrise rapide des incidents devient donc essentielle pour limiter les temps d’arrêt, réduire les pertes de données et renforcer la confiance des partenaires comme des régulateurs. Les entreprises qui investissent dans une réponse aux incidents structurée transforment ainsi un risque majeur en véritable avantage opérationnel et stratégique.

    La résilience repose sur une préparation rigoureuse : plans d’intervention régulièrement mis à jour, rôles et responsabilités clairement définis, outils de détection unifiés (SIEM, EDR, NDR) et simulations régulières pour tester la coordination interne comme externe. Les entreprises les plus avancées s’appuient désormais sur des plateformes SOAR, l’intégration de renseignements sur les menaces et des scénarios d’attaque réalistes mobilisant des équipes offensives, défensives et de coordination (Red/Blue/Purple Teams) afin d’évaluer leur capacité de réponse en conditions réelles.

    6. Le facteur humain reste le meilleur pare-feu (…où le pire)

    Au-delà des actions malveillantes délibérées, l’erreur humaine demeure l’un des principaux vecteurs de violations de la cybersécurité : près de 60% des incidents en 2025 sont la conséquence d’une erreur humaine ou d’une interaction sociale. Fatigue MFA, erreurs, clics impulsifs, méconnaissance des menaces : la technologie seule ne suffit plus.

    Investir dans une véritable culture de la sécurité fondée sur la formation, les exercices réguliers de réponse aux incidents, l’authentification robustes et des protocoles de sécurité centrés sur l’utilisateur permet de faire des collaborateurs des défenseurs actifs plutôt que des vecteurs de risques.