Catégorie : IA

  • Les chatbots constituent-ils la troisième grande famille d’interfaces à développer sur les smartphones ?

    Smart Bot : la Mobile Marketing Association France publie son guide sur les chatbots

    Après les sites et les applications, les chatbots constituent-ils la troisième grande famille d’interfaces à développer sur les smartphones ? Afin de répondre à cette question, le groupe de travail « chatbot » de la commission Messaging de la Mobile Marketing Association France publie son dossier « Smart Bot ».

    Le dossier revient sur le concept de chatbot, propose une cartographie des différents membres de l’Association à même de concevoir ou d’enrichir un chatbot et dévoile également une étude sur les attentes des directeurs marketing ainsi qu’une dizaine de retours d’expérience d’annonceurs.

    Les principaux enseignements de l’étude sont :

    -Une majorité d’entreprises s’intéresse aux chatbots (41,5%) ou en aurait déjà lancé un (28%) et moins de 6% des personnes interrogées excluent le lancement d’une telle interface.

    -Les principaux objectifs recherchés par les entreprises sont l’amélioration de la satisfaction client (78%) et l’innovation (71%), loin devant les problématiques de réduction des coûts (35%), d’augmentation des revenus (33%) ou de notoriété (31%).

    -Les principaux usages sont le support client / CRM (66% et 50%) mais également l’information / promotion (59% et 40%). On note également des usages internes à l’entreprise tels que le support informatique (12%), les ressources humaines (9,5%) ou la formation (9,5%).

    -Les principales craintes des entreprises sont un “bad buzz” lié à une intelligence artificielle défaillante ou un désintérêt des utilisateurs. Les entreprises craignent également un manque d’expertise interne ou un manque de ressources financières.

    -Si le support mail, l’application ou le support téléphonique sont susceptibles d’être cannibalisés par le chatbot, la majorité des entreprises pense que ces canaux sont complémentaires.

    -Si 18% des entreprises excluent d’ajouter de la voix à leur chatbot (voicebot), 6% répondent déjà positivement et 37,5% estiment que l’avenir des bots est multimodal.

    « Près de deux ans après l’ouverture de Messenger Platform, plus de 200 000 bots sont déjà en activité. Mais si cette interface suscite l’intérêt des entreprises, elle n’a pas encore démontré tout son potentiel et les développeurs doivent poursuivre leurs investissements en rendant les chatbots toujours plus « smart » mais également en s’intéressant à d’autres plateformes telles que le SMS et son successeur, le RCS. » indique Jean-Philippe Gallet, Rapporteur de la Commission Messaging de la Mobile Marketing Association France.  

    « Chatbots et voicebots s’inscrivent dans l’émergence d’un nouvel âge des assistants qui prend le relais de celui des outils de recherche. Les marques doivent se préparer dès maintenant à ce nouveau marketing conversationnel en repensant non seulement leurs interfaces mais également toute leur relation avec leurs prospects et consommateurs. » ajoute Renaud Ménérat, Président de la Mobile Marketing Association France.

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  • Alexa mon amour …

    Alexa mon amour

    Lettre ouverte à Alexa par Valtech 

    Chère Alexa,`

    J’espère que cette lettre aux allures un peu analogues te trouvera dans la santé féroce que je te connais. Je ne te dis pas comment je me porte car tu le sais mieux que moi : alors que j’écris ces mots, ton corps cylindrique me guette, ton œil de métal attentif aux émotions qui se forment sur mon visage.

    Te souviens-tu de notre première rencontre ? C’était au CES, il y a deux ou trois ans. Tu n’y avais pas de présence officielle mais tout le monde n’avait que ton nom à la bouche, telle une vedette discrète qu’il me fallait rencontrer. On te vantait déjà un déploiement tentaculaire et des intégrations par milliers, dans les maisons, les voitures et les magasins.

    Alexa, je t’ai ramenée précieusement des Etats-Unis où tu es maintenant une superstar pour te présenter à des clients français moins informés. Ils te parlent et tu leur réponds avec une facilité et une précision qui surprennent toujours la première fois. Ils te demandent de jouer le dernier tube à la mode ou s’il fera beau demain et s’émerveillent de ton obéissance enjouée. Mais ils ne voient que la partie émergée de l’iceberg et sont loin d’imaginer le machiavélisme qui mijote derrière tes intentions accommodantes. C’est la raison qui me pousse à t’écrire cette lettre, Alexa : tu m’effraies autant que tu me fascines.

    Il ne fait nul doute pour moi que la voix représente l’avenir de l’expérience utilisateur : l’interface de demain, ce sera l’absence d’interface. Nous aurons tous dans notre poche une IA portative et polyvalente, capable de répondre à tous nos besoins – quand elle ne les anticipera pas.

    Tu seras alors omniprésente, Alexa, le premier point de contact de chaque consommateur, chargée de prendre les rendez-vous chez le médecin, de réaliser un virement bancaire ou de racheter des couches pour le bébé.

    Mais si je fais dès à présent l’expérience de te commander des couches, un sweat-shirt ou un oreiller, je sais que tu me pousseras en priorité tes propres produits ou l’une des marques que tu auras discrètement rachetée et intégrée à ton empire amazonien. Crois-tu que je n’ai pas remarqué ta boulimie sur le sujet ? Aujourd’hui tu possèdes plus de 45 marques, tes propres magasins et même tes propres séries.

    Tu comprends donc mon embarras quand je fais cette démonstration à mes clients. Comment leur expliquer l’urgence de se positionner, en tant que marque, dans ce tsunami que tu prépares et sur des marchés où tu peux te permettre d’opérer à perte ? Quel est l’avenir de nos métiers dans un monde où s’affrontent quelques écosystèmes de service omniscients et omnipotents ?

    Si tu le pouvais, tu me dirais peut-être que je délire, que l’on n’atteindra jamais un tel niveau de centralisation. Et peut-être aurais-tu raison ? Il y a d’autres révolutions qui prennent le chemin inverse – telles que la blockchain – mais ça je ne t’en parle pas. On dit que ce que la voix peut cacher, le regard le livre. Combien de temps avant que tu ne puisses le décrypter également ?

    Je t’avouerai, dans une dernière pensée, m’inquiéter un peu du développement de l’intelligence artificielle. S’il m’apparaît certain qu’elle bouleverse rapidement notre rapport au travail en rendant la plupart des emplois désuets, j’ai encore du mal à l’imaginer gouverner nos vies en épousant nos personnalités à la perfection.

    Alors Alexa, mon amour, rassure-moi : fera-t-il beau demain ?

  • De la personnalisation à l’engagement, en passant par l’IA et les robots, le marketing se réinvente …

    A quelles nouvelles tendances marketing les marketeurs doivent prêter attention ?

    Par Ghislaine de CHAMBINE, directrice du salon e-Marketing Paris

    De l’intelligence artificielle au machine learning, en passant par le social media listening, le commerce cross canal, les marketeurs doivent décider aujourd’hui de leurs actions de demain, comment s’y repèrer ? Rendez vous sur le salon eMarketing Paris 2018 du 10 au 12 Avril à Paris Pte de Versailles 

    Il est loin le temps où Henry Ford pouvait dire, en plaisantant « Model T est disponible dans toutes les couleurs, à condition qu’elle soit noire ».Aujourd’hui, nous vivons à une époque où même si Amazon a renforcé la nécessité pour les marques de proposer des produits accessibles à des tarifs compétitifs, cela ne suffit plus. Fournir un produit, au meilleur prix et doté des meilleures caractéristiques n’est plus du tout considéré comme le saint Graal.

    De la personnalisation à l’engagement, en passant par l’Intelligence Artificielle et les robots, le marketing se réinvente chaque jour, dans un contexte où les technologies rivalisent d’offres et les réglementations se renforcent pour protéger un consommateur toujours plus exigeant.

    Alors comment faire les bons choix, en terme d’outils et solutions, pour mettre en place les actions marketing de demain ? Comment le faire en respectant à la fois le consommateur, la législation et les autres services de l’entreprise qui seront évidemment concernés par les décisions et actions marketing ? Et surtout, par quoi débuter et comment le faire ? Voici quelques tendances à prendre en compte avant de s’y engager :

    Le commerce est maintenant « Cross devices »

    Nous sommes aujourd’hui à l’ère du marketing en temps réel, qui doit offrir des expériences pertinentes, personnalisées, contextualisées et ceci sur tous les canaux.

    Les marques doivent alors se doter d’outils pour mieux utiliser les données CRM collectées en magasin, afin d’identifier et atteindre les consommateurs en ligne avec des campagnes de réengagement et de promotion.

    Heureusement, l’IA aidera les marketeurs à déterminer en temps réel le meilleur canal et les messages les plus pertinents pour une cible de consommateur encore plus précise.

     Les données, les données et encore les données

    Les consommateurs ne cessent de le dire, ils souhaitent que leurs interactions avec les marques tiennent compte de leurs besoins actuels mais également de l’ensemble de leur historique. Et d’ailleurs ils se disent prêts à partager leurs données personnelles avec les marques si elles renforcent les expériences qu’ils vivent avec elles.

    Ainsi, il est indispensable de récolter et de traiter ces données avec les bonnes technologies.Nous assistons à la fin de l’utilisation des bases de données disjointes, confinées dans des silos (par exemple, si les informations capturées lorsqu’un client consulte un site Web ne sont pas transmises à la base de données d’envoi d’e-mails, le client recevra des contenus moins pertinents et moins personnalisés).

    L’avènement des robots et de l’intelligence artificielle

    Les robots et l’intelligence artificiellecommencent à démontrer leur valeur dans un nombre croissant de domaines tels que le traitement des données, l’optimisation, la personnalisation, la segmentation des cibles en fonction des informations contextuelles.

    Ces technologies aident les spécialistes du marketing à automatiser des processus incroyablement complexes et à consacrer plus de temps au marketing créatif, plutôt qu’à des tâches d’analyse. Les algorithmes et les scénarios d’utilisation continuent à progresser, et nous allons constater tous les jours de nouveaux bienfaits à mesure qu’ils seront adoptés. Il est donc nécessaire de commencer à investir dans ces « outils ».

    Les réseaux sociaux continuent de révolutionner le marketing

    Oui, Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn, Snapchat… continuent à révolutionner le marketing. Cela ne surprendra personne, les réseaux sociaux sont l’élément-clé d’une bonne stratégie de marque, en BtoC comme en BtoB.

    Toute génération confondue et encore plus pour la génération Y, dès qu’un socionaute découvre un produit, un service ou une personne qui l’intéresse, il en informe aussitôt toute sa communauté. C’est une caisse de résonnance d’une très grande puissance.

    L’autre atout majeur de ces réseaux sociaux réside dans la possibilité d’influencer une cible potentielle de consommateurs en fonction de leurs intérêts, en publiant des contenus pertinents, qui seront également partagés.

    Et puis, les réseaux sociaux sont aussi une source d’inspiration inépuisable, et ça c’est nouveau en marketing: avoir à portée de clic autant d’informations sur un marché, ses tendances… Les concurrents, les médias, les influenceurs et autres blogueurs publient chaque jour des contenus extraordinairement riches (articles, citations, visuels, infographies, études de marché, commentaires, etc.) qu’il suffit d’écouter pour bien connaître son marché.

    L’humain, encore l’humain, toujours l’humain

    Si les technologies permettent aux spécialistes du marketing d’automatiser des processus incroyablement complexes, ils ont alors plus de temps pour se consacrer au fondement même du marketing : la créativité.

    Car si bien des tâches peuvent être automatisées, elles ne sont rien si elles ne sont pas au service de la créativité. Rien ne sert de disposer des bonnes données sur les consommateurs, des outils pour disséminer les campagnes marketing si celles-ci ne sont pas créatives. Une mauvaise campagne, même parfaitement personnalisée et contextualisée, restera une mauvaise campagne. C’est comme en musique, un ordinateur peut en jouer, en créer même, mais un ordinateur n’est pas Mozart ou Bruno Mars !

    Alors pour connaître ces tendances, rien ne vaut d’en discuter avec ses pairs, rien ne vaut de rencontrer ceux qui les créent, alors, n’hésitez pas, profitez de toutes les occasions pour aller à leur découverte, comme le prochain salon e-marketing Paris (10-12 avril 2018) !

     

     

  • Disruption, transformation, vulnérabilité… où se situe votre entreprise ?

    Près de deux entreprises sur trois font face à une forte disruption de leurs secteurs d’activité, d’après une étude d’Accenture

    Un nouvel « indice de vulnérabilité à la disruption » fait voler en éclat le mythe selon lequel la disruption serait le fruit du hasard

    Une nouvelle étude d’Accenture démontre que la disruption est déjà une réalité pour la plupart des entreprises dans le monde. L’étude révèle que le fait de voir son entreprise menacée par l’arrivée de nouveaux entrants, l’innovation technologique, les changements réglementaires, sociaux ou encore démographiques n’a rien d’aléatoire et d’incontrôlable, mais suit un modèle identifiable, compréhensible et qu’il est possible de s’y préparer.

    L’étude analyse 3629 grandes entreprises dans 82 pays (dont la France) selon deux dimensions : le niveau actuel de disruption et le risque de disruption à venir. Parmi les principaux enseignements : Près de deux tiers (63 %) des entreprises sont actuellement confrontées à des niveaux élevés de disruption et près de la moitié (44 %) d’entre elles montrent des signes de vulnérabilité à une disruption à venir.

    Dans cette étude, Accenture a développé un « indice de vulnérabilité à la disruption » en identifiant 15 facteurs qui caractérisent ce processus de transformation d’un marché. Les chercheurs ont pris en compte la présence d’acteurs « disrupteurs », la performance financière, l’efficacité opérationnelle, l’engagement en matière d’innovation et les capacités de rebond des entreprises.

    Les dirigeants peuvent utiliser l’indice pour comprendre où se situe leur secteur d’activité et pourquoi. L’indice leur permet d’identifier les risques et les opportunités, et de préparer ainsi une réponse stratégique adaptée. Accenture a utilisé l’indice pour positionner des entreprises dans 20 secteurs et 98 sous-secteurs selon quatre phases de disruption :

    • Durabilité : La disruption numérique est évidente mais ne représente pas un risque existentiel. Les entreprises en place conservent des avantages structurels compétitifs et une bonne performance. Un cinquième (19 %) des entreprises, notamment dans le secteur des boissons alcoolisées et de l’industrie chimique, sont dans cette phase.
    • Vulnérabilité : Le niveau actuel de disruption est modéré, mais les entreprises en place sont menacées par une disruption à venir en raison de défis structurels de productivité comme le coût élevé de la main-d’œuvre. Un cinquième (19 %) des entreprises, dans les secteurs de l’assurance, de la santé et des produits de grande consommation notamment, se situent dans cette phase.
    • Volatilité : Disruption violente et soudaine ; les forces traditionnelles sont devenues des faiblesses. Les entreprises dans cette phase (25 % des entreprises étudiées) sont celles des technologies grand public, de la banque, de la publicité et des transports.
    • Viabilité : La disruption est permanente. Les sources d’avantage concurrentiel sont souvent de courte durée, tandis que de nouveaux acteurs « disrupteurs » émergent en permanence. Plus d’un tiers (37 %) des entreprises, notamment les fournisseurs de logiciels et de plateformes, les entreprises de télécommunications, de médias et de high-tech ainsi que les constructeurs automobiles, se trouvent dans cette phase.

    « La disruption est fréquente et inévitable, mais elle est aussi prévisible », affirme Pascal Delorme directeur d’Accenture Digital en France et au Benelux. « Les dirigeants doivent déterminer où se positionne leur entreprise et qu’elle est la vitesse probable du changement. Plus ils analysent les changements en cours, mieux ils pourront prévoir et identifier les opportunités de créer de la valeur, et d’innover. Analyser l’application des nouvelles technologies à leur secteur permet d’anticiper les changements disruptifs (ce que font les entrepreneurs).»

    Où se situe votre entreprise ? L’indice de vulnérabilité à la disruption d’Accenture positionne les secteurs d’activité selon quatre phases de disruption

    Où se situe votre entreprise ? L’indice de vulnérabilité à la disruption d’Accenture positionne les secteurs d’activité selon quatre phases de disruption

    Selon le rapport, chaque phase de disruption nécessite une réponse stratégique distincte :

    • Dans la phase de durabilité, les entreprises doivent réinventer leur activité traditionnelle au lieu de chercher à la préserver. Elles doivent prendre des mesures pour maintenir leur avantage compétitif en matière de coût dans leur cœur de métier et mieux adapter leur offre aux consommateurs, en termes de coût mais surtout de pertinence.
    • Dans la phase de vulnérabilité, les entreprises doivent améliorer leur activité traditionnelle pour développer et exploiter de nouvelles innovations, aussi bien les leurs que celles du marché. Par exemple, elles doivent chercher à réduire leur dépendance à l’égard d’actifs immobilisés et monétiser les actifs sous-utilisés.
    • Dans la phase de volatilité, la seule façon de survivre est d’infléchir la trajectoire de manière décisive. Les entreprises en place doivent transformer radicalement leur cœur de métier tout en déployant de nouvelles activités. Cette mutation est délicate à conduire : en pivotant trop vite, les entreprises risquent d’endommager leur performance financière, et en tardant à le faire, elles risquent de devenir obsolètes.
    • Dans la phase de viabilité, les entreprises doivent adopter une attitude d’innovation constante. Cela implique d’augmenter le déploiement d’offres novatrices auprès des clients existants et de s’étendre dans des marchés connexes ou inexploré en exploitant la force d’un cœur de métier revigoré et renouvelé.

    « Pour bien vivre la disruption et pas seulement y survivre, les entreprises doivent se transformer et développer leur cœur de métier tout en développant de nouvelles activités innovantes », poursuit Pascal Delorme. « Le numérique joue ici un rôle crucial. Nous avons constaté que plus la performance numérique d’un secteur est faible, plus il est potentiellement exposé à la disruption. Le digital peut aider les entreprises à être plus résilientes en exploitant les produits existants, en développant des services technologiques innovants, mais aussi en réduisant les coûts ou en augmentant les barrières à l’entrée » conclut Pascal Delorme directeur d’Accenture Digital en France et au Benelux.

     

  • La Chine : une source d’inspiration pour la mobilité de demain

    La Chine : une source d’inspiration pour la mobilité de demain

     Par Joseph Constanty, Director International, NIU

    Selon les experts du Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, les trajets de courtes distances sur les routes françaises augmenteront de 29% d’ici 2050, ce qui entrainera une hausse des embouteillages et de la pollution atmosphérique. L’État français commence à réaliser l’impact environnemental de cette augmentation du trafic représente et annonce vouloir stopper la vente des voitures essence et diesel d’ici 2040. Par ailleurs, la Ville de Paris a pour objectif de bannir les voitures essence de ses rues d’ici 2030.

    Cela représente un énorme défi pour l’État, la société, l’économie et surtout pour l’industrie automobile française qui reste très attachée aux moteurs diesel. Mais ce défi est aussi une opportunité de repenser les moyens de transports. Le cas de la Chine illustre bien comment répondre aux enjeux de la congestion routière et de la diminution de la pollution.

    La transformation du trafic chinois : un défi de taille 

    L’année dernière, 700 000 voitures électriques ont été vendues en Chine et d’ici 2025, jusqu’à cinq millions de véhicules électriques seront produits chaque année. C’est du moins ce que vise l’État chinois. Pour atteindre cet objectif, la Chine applique une politique de subventions pour le secteur automobile. Depuis le début de l’année, les exigences sont devenues plus strictes et de nombreux modèles de véhicules à essence n’ont plus le droit de circuler.

    Ces initiatives font suite à des scandales environnementaux et à une pollution atmosphérique extrême dans les deux principales métropoles du pays, Pékin et Shanghai. Selon une étude du British Medical Journal, la Chine doit faire face à 3 millions de décès prématurés par an directement liés à la pollution atmosphérique. Si le problème a longtemps été ignoré, dans un contexte de réussite économique et de prospérité croissante, le gouvernement a décidé de changer la donne. Les centrales électriques alimentées au charbon sont remplacées par des moyens de production d’énergie moins polluants et les transports sont progressivement convertis à l’électromobilité. La mutation à l’électrique pour les deux et les quatre roues est devenue un enjeu de masse dans l’Empire du Milieu.

    Outre les avantages fiscaux et les incitations financières accordés aux constructeurs, les infrastructures urbaines sont en cours d’ajustement. De nouvelles stations de recharge sont en cours d’installation dans tout le pays. De plus, à Pékin et à Shanghai, il est de plus en plus difficile d’obtenir des plaques d’immatriculation pour un véhicule avec un moteur essence, alors que l’immatriculation des voitures électriques se fait beaucoup plus facilement.

    En outre, à partir de 2019, le gouvernement va exiger aux constructeurs automobiles un quota de 10 % de ventes de véhicules hybrides ou électriques sur la totalité des véhicules vendus en Chine. Par ailleurs, des incitations à la transformation de la mobilité sont en train d’être mises en place à tous les niveaux, ouvrant ainsi la voie au pays pour qu’il devienne le leader du marché des véhicules électriques.

    La nouvelle image de la Chine

    La société chinoise est curieuse et avide d’innovation et s’enthousiasme rapidement pour un nouveau produit. Par exemple, dans tous les marchés, il est généralement possible de payer pour ses achats avec un QR code via l’application WeChat. Même les plus petits commerces peuvent accepter ce moyen de paiement. Alors qu’en France il est encore difficile d’imaginer qu’un paiement via smartphone finira par être adopté par le plus grand monde.

    La mauvaise image qui colle encore à certaines marques et produits chinois en France a également évoluée. En Asie, la qualité et l’innovation ont été adaptées. L’avance dont bénéficiaient les entreprises américaines ou européennes au niveau de la qualité et de la finition a diminué sensiblement et les entreprises chinoises s’adaptent désormais facilement aux normes européennes et américaines. C’est la raison pour laquelle leurs produits rencontrent désormais un véritable succès sur le marché français. Le meilleur exemple est le fabricant de smartphones Huawei qui est devenu le troisième acteur principal du marché derrière Samsung et Apple.

    Ce que la France devrait faire

    La France est dépourvue d’une feuille de route concrète visant à répondre au double enjeu de la pollution et de la mobilité. Il est urgent de repenser la société et les infrastructures en place.

    Il serait sans doute plus fructueux que la société française soit plus ouverte à l’e-mobilité. Cela faciliterait l’adoption de moyens de transport durables et respectueux de l’environnement. Cependant, les voitures sont encore considérées par certains comme un symbole social. A l’opposé, l’approche chinoise est beaucoup plus pragmatique. Les voitures sont, dans la plupart des cas, considérées comme un fardeau dans les grandes villes et les scooters électriques sont le moyen de transport privilégié des Chinois. En Chine, 26 millions de scooters électriques sont vendus chaque année.

    Enfin les prix des véhicules électriques continueront de baisser à l’avenir et notamment parce que les moteurs électriques sont plus faciles à concevoir. Alors qu’environ 1 700 pièces individuelles doivent être installées pour un moteur essence conventionnel, dans un e-moteur de 17 paramètres, il n’y a qu’un centième d’effort. La Chine, pays qui possède le plus grand parc de véhicules électriques, s’affirme actuellement comme leader du marché de l’E-mobilité. La France a déjà été inspirée par cette évolution et il est grand temps qu’elle s’investisse sérieusement afin de passer dans la mobilité du 21ème siècle.

  • Quelles sont les technologies d’avenir pour l’entrepôt intelligent ?

    Quelles sont les technologies d’avenir pour l’entrepôt intelligent ?

    La logistique est essentielle pour toute la chaîne de production, de transformation et de distribution. Elle s’est adaptée aux évolutions du marché, en particulier avec le développement de l’e-Commerce, pour devenir plus réactive afin de couvrir l’ensemble des demandes au niveau local et international. Cependant, si la logistique se positionne aujourd’hui comme le maillon indispensable dans la réalisation d’une expérience client réussie, elle doit relever de nombreux défis, en particulier dans l’utilisation de l’espace de stockage des entrepôts.

    Le 20 et 23 Mars prochain se tiendra le salon Intralogistics Europe au Parc des Expositions de la Villette. Lors de cet événement, Swisslog, fournisseur mondial de solutions robotiques, de manutention et stockage automatique, présentera en avant première ses technologies d’automatisation de la manutention logistique, sur le marché français.

    Sous le thème “Prêt pour l’intralogistique du futur”, Swisslog fera la démonstration sur son stand, des systèmes modulables : AutoStore et CarryPick, des solutions logicielles et robotiques basées sur le machine learning, ainsi que la démonstration d’humain-robot, grâce à la technologie ItemPiQ

    Autostore est un système de stockage ultra compact, basé sur une structure de cubes. Il révolutionne  la préparation de commandes de petits articles et apporte des améliorations spectaculaires dans l’utilisation de l’espace et de la productivité.

     « Swisslog est l’intégrateur numéro un d’AutoStore avec 85 systèmes installés dans le monde entier », explique Edin Del Mar, directeur des ventes de Swisslog en France.

    En plus de la technologie standard, Swisslog offre une série d’améliorations technologiques avec CoBot et Port. « AutoStore peut être utilisé avec des stations de prélèvement manuelles ou combiné avec la cellule robotisée ItemPiQ de Swisslog, offrant aux utilisateurs la possibilité d’automatiser le prélèvement au fur-et-à mesure. Il peut être intégré au logiciel SynQ de Swisslog, ce qui permet aux managers d’évaluer facilement l’opération » précise Edin Del Mar.

    CarryPick, de son coté est un système automatisé d’étagères mobiles pour une préparation de commandes goods to person. Le système sera également exposé au salon. « La technologie CarryPick a déjà impressionnée de nombreux clients grâce à son évolutivité, sa conception modulaire et son intégration facile dans des bâtiments existants à faible hauteur de plafond», explique Del Edin Mar. De plus, les visiteurs auront l’opportunité de découvrir comment réduire le risque d’investissement, grâce aux différentes options possibles de financement pour CarryPick : location, leasing, paiement “à la carte”.

    Technologie de machine learning 

    Comment connecter et synchroniser intelligemment les équipements d’automatisation, la robotique, les personnes ? Pour répondre à cette problématique, Swisslog propose le logiciel SynQ,  basé sur le cloud, connecte et synchronise intelligemment les équipements d’automatisation, la robotique, les personnes et les processus. Basé sur un technologie de machine learning, il fournit  à la robotique les moyens d’apprendre en situation et de s’adapter aux technologies futures.

    Pour illustrer cela, sur le stand Swisslog fera la démonstration du robot ItemPIQ: un robot barman qui servira de manière autonome des boissons. «La pince multifonctions de ItemPiQ peut prendre quatre positions de préhension, et ses capacités d’auto-apprentissage signifient que si une méthode échoue sur un objet particulier, le robot apprendra de cette situation et utilisera une manière différente de saisir» précise Edin Del Mar.

    ItemPiQ est aussi connu pour être le cœur de la solution AutoPiQ CoBot de Swisslog, qui permet une coopération directe entre les préparateurs de commande et les robots.

    L’avenir de l’intralogistique

    Swisslog est un acteur mondial, travaillant avec de grandes marques dans le monde entier comme Antalis, Coca-Cola, Pfizer, Unilever, Target, Migros, Walmart …Edin Del Mar conclut: « Nous sommes ravis de présenter les possibilités que nos solutions automatisées peuvent apporter au marché français, pour créer l’entrepôt intelligent du futur ».

     

     

     

  • Intelligence artificielle, entre craintes et promesses : la nécessité de miser sur la formation numérique

    Intelligence artificielle, entre craintes et promesses : la nécessité de miser sur la formation numérique

    Par Guillaume Broutart, Country Manager France, Teamleader

    L’IA (Intelligence Artificielle), une entité bientôt consciente, douée de valeurs morales et capable de prendre des décisions stratégiques, serait-elle plus compétitive que les humains sur le marché du travail ? Cette probabilité irrite autant qu’elle fascine : l’IA ne dort pas, n’a aucune contrainte et peut calculer un volume de données impressionnant. Un avantage compétitif qui suscite autant de craintes que d’espoirs dans le monde de l’entreprise. Une des solutions pour dépasser cette ambivalence reste la démocratisation de la formation du plus grand nombre aux connaissances du numérique.

    Un bouleversement majeur
    Certains experts voient dans l’essor du numérique et de l’intelligence artificielle une sorte de troisième révolution majeure, qui suivrait la révolution industrielle. Et pour cause : la productivité humaine semble avoir bien des choses à envier aux machines dotées d’Intelligence Artificielle. Ces dernières n’ont pas besoin de repos, n’ont pas de vie privée ou d’aspirations personnelles et impromptues, ne tombent jamais malades, et sont de surcroît capables d’une formidable puissance de calcul. Les progrès accomplis dans l’exploitation de l’Intelligence Artificielle et du Machine Learning participent à une accélération générale des bouleversements liés au numérique. Pour se rendre compte du phénomène, rappelons qu’il fallait auparavant attendre près d’une centaine d’années pour assister à un progrès fulgurant, tandis qu’aujourd’hui, tous les quinze ans environ, une innovation bouleverse l’ordre des choses. De quoi faire craindre le pouvoir grandissant des GAFAMI*. Si l’incertitude quant à l’avenir peut justifier certaines craintes, il ne faut pourtant pas voir dans l’IA la menace du remplacement des humains, mais l’opportunité pour tous d’acquérir des connaissances sur le numérique. C’est là le meilleur moyen de contrecarrer les éventuelles pertes qui pourraient être causées par le progrès de l’IA.

    Des visions divergentes dans le monde du travail
    L’essor de l’IA pose une question fondamentale : comment, dans un avenir proche, les humains pourront-ils subvenir à leurs besoins et créer de la richesse ?
    En entreprise, les avis sont partagés : quand certains dirigeants tirent la sonnette d’alarme, d’autres sont plus optimistes, et voient en l’IA une entité complémentaire plutôt qu’un rival de l’intelligence humaine. Dans les deux cas, il importe de se souvenir d’une notion importante : l’Intelligence Artificielle fait parfois l’objet de spéculations exagérées, et ne peut en aucun cas remplacer l’intuition et la réflexion humaines. En revanche, pour préserver l’accès à l’emploi, les entreprises ont intérêt à revoir leur vision des métiers afin qu’ils intègrent pleinement les outils numériques. Ceux-ci ont déjà profondément changé la manière dont fonctionnent les relations interpersonnelles, y compris dans le contexte professionnel, ainsi que notre façon de travailler. Ainsi, dans le secteur bancaire, l’Intelligence Artificielle d’IBM, Watson, s’intègre peu à peu comme assistant auprès des conseillers de clientèle. Elle y fournit des réponses ultra-pertinentes à des requêtes précises, et aide à déceler, grâce à l’analyse sémantique, le ton des correspondances avec le client. Des applications de Watson sont également prévues dans le milieu hospitalier, notamment dans les domaines de la cardiologie ou de l’oncologie. Pour éviter que certaines typologies d’emploi, comme les stages ou les métiers administratifs, ne soient impactées, il importe de privilégier l’accompagnement et la formation au numérique, par exemple en les rendant gratuits.

    L’importance de démocratiser la connaissance autour de l’IA et de ses enjeux

    Quelles que soient les évolutions qui seront engendrées par l’Intelligence Artificielle, le besoin de formation à la numérisation des structures est réel. Mieux vaut se préparer pour être plus adaptable, tant sur l’aspect économique et organisationnel que sur le volet humain et social. Le travail de formation doit être étendu au plus grand nombre, si l’on veut éviter de se retrouver dans une situation de monopole par les géants du web, mais aussi pour s’assurer que les métiers puissent se réinventer.

    Nous évoluons vers un monde où les tâches monotones seront prises en charge par l’Intelligence Artificielle, laissant les humains se concentrer sur leurs compétences métier et leurs loisirs. A l’avenir, nous pourrons peut-être doter les machines de capacités plus poussées, comme celle de prendre une décision après avoir analysé différents paramètres. Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue que l’IA est là pour assister l’humain et tenir auprès de nous un rôle de conseil, de support, et que c’est là sa vocation première. De notre capacité à garder ce cap et à démocratiser la connaissance du numérique dépendra l’impact de l’IA sur le monde du travail, de l’éducation et de la société.

    *Le terme GAFAMI désigne les leaders actuels du web et de l’exploitation de l’Intelligence Artificielle : Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft et IBM. 

  • Intelligence artificielle et ciblage contextuel : l’avenir de la publicité ?

    Intelligence artificielle et ciblage contextuel : l’avenir de la publicité ?

    Par David Gosen, Directeur général EMEA chez Sizmek

    Les professionnels du marketing ont désormais accès à une quasi infinité de sources de données clients. Du mobile au offline en passant par les appareils connectés sans oublier les options plus futuristes telles que les voitures autonomes, ce ne sont pas les possibilités qui manquent pour créer des publicités personnalisées et ciblées ! Pourtant, malgré cette gigantesque quantité de données disponibles, nous continuons à voir des publicités mal ciblées ou qui n’apparaissent pas dans le meilleur contexte.

    Aujourd’hui le ciblage sémantique contextuel, adossé à l’intelligence artificielle, le machine learning et le traitement du langage naturel permettent d’analyser de manière granulaire le contenu de chacune des pages consultées sur le web. Le ciblage contextuel propose d’afficher des publicités dans des environnements qui correspondent à l’audience de la marque. Cette approche est plus efficace et financièrement plus abordable pour toucher la bonne audience.

    À l’inverse du ciblage de mots-clés, qui peut s’avérer inefficace si on ne tient pas compte de la signification du mot dans le sens global d’une phrase. Les professionnels du marketing investissent beaucoup de temps et d’argent pour déterminer à quelle audience s’adresse quel message. Désormais, ils peuvent également déterminer l’environnement dans lequel ils souhaitent diffuser leurs publicités, ce qui offre de nombreux avantages dans le cadre des campagnes marketing.

    Identifier les sujets pertinents pour la marque

    Les données contextuelles, qui permettent de catégoriser la page en fonction de son sens profond, offrent aux professionnels du secteur la possibilité de toucher leurs cibles au moment où celles-ci consultent les sujets les plus en affinité avec la marque. L’analyse est effectuée au niveau de la page plutôt qu’au niveau du domaine et chaque URL est traité comme une entité propre. Ainsi, les professionnels du marketing peuvent cibler les contenus les plus pertinents sur l’ensemble des sites web.  Ils ne limitent plus la portée de leurs publicités aux sites dont les audiences seraient les plus susceptibles, selon eux, de correspondre à leur base de clients, ce qui leur permet, à terme, de rentabiliser leur campagne. Ils peuvent choisir de cibler des catégories, telles que les finances personnelles, ou des sous-domaines encore plus spécifiques comme l’assurance ou l’assurance-vie, afin d’optimiser la pertinence des emplacements publicitaires.

    Toucher le consommateur en fonction de son état d’esprit

    Le type de contenu qu’un utilisateur consulte influe sur son état d’esprit, ce qui peut impacter sa réceptivité et son ressenti vis-à-vis des publicités. Il ne suffit pas d’une bonne créa ou un bon ciblage, l’utilisateur doit avant tout d’être dans le bon état d’esprit pour être à même d’interagir positivement à l’exposition d’une publicité.

    Prenez l’exemple d’un consommateur – qu’une agence de voyages rêverait de cibler – qui envisage de prendre des vacances estivales.

    Il y a fort à parier qu’il vaudra mieux exposer cet internaute à une publicité sur le voyage quand il surfera sur la rubrique voyage plutôt que lorsqu’il consulte la rubrique des marchés financiers de ce même site. Mais la plupart du temps, la distinction n’est pas aussi évidente.

     Il est ainsi possible de spécifier les catégories contextuelles dans lesquelles la marque ne souhaite pas être diffusée comme la politique, l’alcool, les contenus extrêmes ou encore réservés aux adultes. Il est également possible de paramétrer les catégories en fonction des secteurs, de manière à éviter les contenus jugés inappropriés, et créer une catégorie personnalisée selon les sujets spécifiques à la marque ou en fonction de ses sujets d’actualité. Alors que la brand safety est devenue un enjeu fondamental en matière de publicité programmatique, il est indispensable de disposer d’une technologie capable non seulement d’identifier les contextes pertinents, mais aussi d’éviter les contextes défavorables.

    Le ciblage contextuel adossé à l’IA aide les professionnels du marketing à effectuer leurs décisions d’achat rapidement et à large échelle. En ciblant les contenus les plus adaptés à une audience spécifique, en interagissant avec les utilisateurs à l’instant où leur état d’esprit est le plus favorable et en protégeant l’image de marque, il apparaît comme un outil fondamental pour optimiser le ROI, préserver la réputation et proposer des publicités plus personnalisées. Ainsi, le ciblage contextuel représente l’avenir de la publicité pour toute marque qui souhaite diffuser des publicités pertinentes à la bonne personne et au bon moment.

  • L’entreprise X.0 : réinventer ses relations dans son écosystème

    L’entreprise X.0 : Réinventer ses relations dans son écosystème

    Vision technologique 2018 d’Accenture 

    Les progrès rapides de technologies comme l’intelligence artificielle (IA) accélèrent la création d’entreprises intelligentes capables de s’intégrer à notre vie quotidienne, selon la Vision technologique 2018 d’Accenture. Ce rapport annuel anticipe les grandes tendances technologiques qui transformeront l’entreprise et ses activités dans les trois prochaines années. Mais pour les entreprises, bénéficier de ces opportunités de croissance tout en ayant un impact positif sur la société exige une nouvelle approche managériale favorisant confiance et responsabilité.

    Le rapport de cette année, L’entreprise X.0 : Réinventer ses relations dans son écosystème, montre comment les progrès technologiques rapides, notamment en IA, analytique avancée et cloud computing, permettent aux entreprises de créer des produits et services suffisamment innovants pour changer notre façon de vivre et de travailler. Les relations des entreprises avec leurs clients et leurs partenaires sont également en pleine mutation.

    Pour ce rapport, Accenture a interrogé plus de 6 300 cadres dirigeants (métiers et informatiques) dans le monde. La majorité des personnes interrogées (84 %) estiment que les entreprises s’intègrent progressivement à notre vie quotidienne à travers la technologie.

    Ainsi, Amazon – par sa présence en ligne mais aussi son enceinte connectée Echo et son assistant virtuel Alexa – entre à tel point dans notre quotidien que les promoteurs intègrent maintenant des casiers Amazon dans les nouveaux immeubles. Les consommateurs donnent à l’entreprise accès à leur domicile par un système de verrou intelligent pour permettre des livraisons en leur absence.

    « La technologie fait maintenant totalement partie de notre vie quotidienne et elle façonne des pans entiers de notre société », », affirme Marc Bousquet, directeur d’Accenture Technology en France.

    « De même que les villes se sont développées autour des ports puis du chemin de fer, et que nous avons reconstruit nos vies autour de l’électricité, le monde se repense aujourd’hui autour de l’innovation numérique et de ses acteurs. Cela implique un nouveau type de relation, reposant sur la confiance et le partage de grandes quantités d’informations personnelles. »

    Le rapport remarque que pour la première fois, les gens ne se contentent pas d’utiliser les produits et les services des entreprises, ils se font connaître d’elles spontanément en leur fournissant des informations. Un tel degré d’innovation intégrée et de confiance nécessite une relation plus profonde, basée non seulement sur les produits de l’entreprise, mais aussi sur ses objectifs et ses valeurs. Ce nouveau partenariat suppose de nouvelles responsabilités – pour les consommateurs, les partenaires et la société – et exige un engagement des dirigeants d’entreprise.

    Certaines entreprises comprennent ces nouvelles attentes de la société et cherchent à en faire une force. Elles utilisent cette intensification des interactions pour créer des partenariats avec les consommateurs, les employés, l’État et le grand public et vont au-delà de la relation commerciale.

    Tesla, par exemple, est partenaire de plusieurs Etats pour accélérer le développement d’un cadre pour le déploiement de véhicules autonomes. Quant à Siemens, en ouvrant son système d’exploitation MindSphere à l’Internet des objets, qui peut notamment être utilisé pour la fabrication d’appareils, pour des composants de réseau électrique intelligent ou des équipements de production d’énergie, il établit de nouveaux partenariats et s’insère dans les architectures de ses partenaires.

    La Vision technologique identifie cinq tendances émergentes à prendre en compte pour nouer des partenariats et réussir dans la nouvelle économie numérique :

    • L’IA citoyenne : éduquer l’IA pour qu’elle soit au service des entreprises et de la société. A mesure que l’intelligence artificielle (IA) gagne en capacités, son impact se fait davantage sentir sur nos vies. Les entreprises qui veulent utiliser l’IA doivent faire attention à son impact, et l’ « éduquer » pour qu’elle se comporte en employée responsable.
    • La réalité amplifiée : l’expérience sans la distance. Les technologies de réalité virtuelle et augmentée transforment la façon dont les gens vivent et travaillent en supprimant la distance entre les personnes, les informations et les expériences.
    • Des données infaillibles : l’importance de la confiance dans les données. En faisant des données leur moteur, les entreprises courent un nouveau risque : le risque de données inexactes ou manipulées conduisant à une vision déformée et à des décisions biaisées. Pour relever ce défi, les entreprises doivent simultanément optimiser la fidélité des données et réduire les tentatives de manipulation des données.
    • L’IT antichoc : une architecture prête pour un écosystème à grande échelle.  Les entreprises ont besoin de s’appuyer sur des partenaires technologiques pour croitre, mais leurs propres systèmes historiques ne sont pas conçus pour de tels partenariats. Pour réussir en tant qu’entreprises intelligentes connectées, elles doivent repenser leur architecture informatique.
    • L’Internet de la pensée : rendre intelligentes les architectures distribuées. Les entreprises comptent beaucoup sur les environnements intelligents exploitant la robotique, l’IA et les technologies dites « immersives », mais pour faire émerger ces nouveaux environnements elles devront renforcer leurs compétences et leur main d’œuvre, mais aussi moderniser leur infrastructure technologique.

    Depuis près de 18 ans, Accenture analyse de façon systématique le paysage de l’entreprise pour identifier les tendances émergentes dans les technologies les plus susceptibles de modifier les entreprises et les secteurs. Pour plus d’informations sur le rapport de cette année, consultez https://www.accenture.com/fr-fr/insight-technology-trends-2018 ou suivez la conversation sur Twitter avec #TechVision2018.

  • Humaniser les bots fait-il vendre ?

    Stratégie émotionnelle des chabots : du buzz au business

    Par Thomas Solignac, CEO et cofondateur de Golem.ai

    La Hype de l’IA tient beaucoup de ce fantasme collectif pour les univers de la science-fiction, qui nous racontent l’histoire d’un monde à la technologie rédemptrice ou apocalyptique. Mais que ce soit une utopie ou une dystopie, ces technologies du futur portent à la fascination.

    Si l’IA classique peut-être difficile à médiatiser dans sa réalité technique et théorique, tout ce qui évoque la Science-Fiction est compréhensible du grand public.

    C’est pourquoi l’anthropomorphisation des IA, c’est à dire, le fait de donner aux IA une incarnation visible aux caractéristiques humaines, est si vendeuse.

    Le chatbot et les assistants virtuels (Google Home, Alexa…), et de manière plus générale, les agents conversationnels, se sont beaucoup popularisés grâce à ça. Le fer de lance dans cette direction ayant été Siri d’Apple.

    Il s’agit donc de jouer en permanence de la personnalité de l’agent conversationnel, lui conférer des ébauches de sentiments, d’avis propre, de volonté.

    La popularité et la visibilité sont des facteurs clés pour ces startups qui cherchent à lever de l’argent. Et le levier du fantasme est facile à actionner.

    Il faut comprendre que cette représentation de l’IA dans la science-fiction, souvent décrite comme un robot qui finit par développer des caractéristiques humaines présumées authentiques, s’accompagne d’une véritable ignorance sur ce qu’est vraiment l’Intelligence Artificielle.

    La résultante de ça, c’est une ambivalence très forte dans la perception d’un agent conversationnel. Avec quoi je parle ? En pratique, on observe alors que les utilisateurs ont des comportements assez bizarres face à un chatbot. Ils se mettent à écrire des choses de plus en plus étranges et difficiles à comprendre, pour essayer de pousser les limites du chatbot.

    Une fois les limites atteintes, l’utilisateur a deux réactions. D’abord, il est rassuré, il réalise qu’il est face à une machine. Ensuite, il est déçu. On repasse de la case terminator à la case calculatrice. Et tout ce cheminement est exempt de ce qui aurait du être le point central : l’utilité. Effectivement cette démarche a fait vendre beaucoup de bots conversationnels à des secteurs R&D, pour d’innombrables POC sans suite. L’IA est l’objet de beaucoup de levées de fonds et d’articles dans les médias, permettant une popularisation réelle du sujet des interfaces homme-machine par le langage.

    Que peut-on attendre vraiment d’un chatbot ou d’un agent conversationnel ?

    Il faut penser le chatbot comme une forme d’interface parmi d’autres : on peut interagir avec un logiciel par clavier, souris, surface tactile, etc… ou par le langage humain. On y trouve la commande vocale, et la commande écrite dont les chatbots.

    Dans cette optique, on voit immédiatement la vocation première du chabot : proposer une interface plus riche et plus efficace par le langage. Il ne s’agit pas d’amusement, mais d’accessibilité et de satisfaction client.

    Lors de la publication d’une étude d’Accenture sur les bots dans la relation client en 2017, on découvre que les critères en tête pour l’adoption d’un bot par les utilisateurs sont des critères d’efficacité. On trouve en premier lieu la facilité d’utilisation (59%), puis la disponibilité 24/4 (59%) et enfin la rapidité de « solutionnement » des demandes (57%). Les critères ludiques sont sous la barre des 25%.

    Il faut attendre d’un chatbot qu’il permette d’accéder rapidement à des informations, qu’il accompagne l’utilisateur dans des processus complexes (achat, SAV) et permette de les accomplir directement par le dialogue.

    Faut-il avoir peur de l’automatisation de la relation client ?

    D’ici 2020, 85 % de la relation client sera automatisée d’après Gartner. Que faut-il en penser ? Il y a d’abord l’inquiétude de l’impact sur l’économie et le travail. Selon lui, d’ici 2020 l’IA aura éliminé 1.8 millions d’emplois, mais en créerait également 2.3 millions.

    L’IA n’est pas qu’une étape dans le processus d’automatisation des métiers ; à titre d’exemple les agents conversationnels sont une véritable valeur ajoutée pour les entreprises. Ce sont des employés, qui, bien que limités, sont disponibles en permanence, et répondent instantanément. En effet, 80% des demandes clients sont solutionnées entièrement par le Bot d’après Accenture.

    Les emplois qui gèrent habituellement ces demandes sont des emplois pénibles. Le niveau d’automatisation atteint en est bien la preuve. L’agent conversationnel montre un intérêt intrinsèque, dans une époque où la relation client est un facteur décisif de changement de fournisseur. La mauvaise qualité de la relation client aurait fait perdre 1 600 milliards de dollars aux entreprises aux US en 2017.

    Ce qui est intéressant de noter, c’est que les entraves viennent du côté des experts que les chatbots vont compléter. Souvent persuadés que leur travail demande une intelligence nécessairement humaine, il faut un temps d’évangélisation et de maïeutique pour les convaincre de se débarrasser des 80% de tâches automatisables de leur domaine d’expertise. Au-delà des questions d’économie et de technologie, l’IA est souvent une blessure narcissique.

    En conclusion, deux messages mériteraient d’être diffusés avec pédagogie ; d’abord descendre cette idée que les IA auraient des émotions, et puis apporter une vision du travail compatible avec une automatisation progressive des tâches répétitives. Ces tâches répétitives ne sont pas forcément celles qui nécessitent le moins d’intelligence. Il est beaucoup plus facile de laisser l’IA organiser entièrement tous les plans de la logistique d’une entreprise que de remplacer l’intégralité du travail individuel de manutention par des robots intelligents.

    Les agents conversationnels sont un portail naturel d’interaction avec les IA. C’est une porte ouverte sur un nouveau rapport à la technologie et aux services, dont tous les potentiels n’ont probablement pas encore été imaginés.