Étiquette : société

  • Agir pour l’éthique numérique

    Avanade Trendlines :

    L’éthique numérique, la modernisation des environnements de travail et les expériences immersives seront au cœur des entreprises en 2019

    La nouvelle recherche Trendlines d’Avanade présente les tendances émergentes qui auront une incidence sur les stratégies d’entreprises en matière de projets, d’innovation et de technologie.

    Agir pour l’éthique numérique, combiner intelligence et design et se préparer à des expériences sans limites sont les tendances clés sur lesquelles les entreprises doivent se concentrer en 2019 pour répondre aux changements rapides du monde digital selon la nouvelle étude Trendlines d’Avanade, premier intégrateur mondial spécialiste de l’écosystème Microsoft.

    1. Agir pour un monde numérique plus éthique

    L’éthique est devenue depuis longtemps un principe fondamental dans la plupart des entreprises, mais l’essor de l’IA et de l’automatisation créé de nouveaux défis et enjeux éthiques. Ces défis peuvent concerner les employés, les clients et les partenaires d’une entreprise. Selon une étude d’Avanade, 89% des dirigeants à l’échelle mondiale affirment avoir été confrontés à un dilemme éthique lié à l’utilisation accrue des technologies intelligentes et de l’automatisation, 87% admettant qu’ils ne sont pas pleinement préparés à répondre aux préoccupations éthiques actuelles.

    « Les entreprises ne peuvent plus se contenter de parler d’éthique numérique », a déclaré Florin Rotar, responsable exécutif mondial Modern Workplace. « Il est clair que l’éthique numérique est désormais une priorité pour les conseils d’administration et les dirigeants, et les leaders de ce domaine vont devoir commencer à mettre en œuvre des principes directeurs et appliquer l’éthique « by-design«  dans le monde professionnel. »

    Face à ce constat, Avanade a créé un groupe de travail dédié pour accompagner les entreprises en interne, via notamment des forums réunissant des représentants des plus grandes entreprises mondiales.2

    2.Allier intelligence et design

    Les entreprises « model-driven«  associent le design et l’analyse des données pour créer des produits et des services plus personnalisés afin de mieux répondre aux exigences de leurs clients. Il est temps d’appliquer ces mêmes pratiques pour répondre également aux attentes des employés. Une étude du Centre de recherche sur les systèmes d’information (CISR) de la MIT Sloan School of Management[1] montre que les entreprises offrant une meilleure expérience à leurs employés obtiennent davantage de résultats business, avec une clientèle doublement satisfaite, d’avantage d’innovation et une rentabilité supérieure de 25% vs la concurrence.

    Des responsables d’entreprises font travailler ensemble leurs data scientists et leurs créatifs pour créer des équipes multidisciplinaires dès les premières étapes de création d’un produit ou d’un service, dans le but d’améliorer à la fois l’expérience des employés et celle des clients.

    Avanade a ainsi mis en place un réseau de « digital innovation studios » combinant plusieurs disciplines pour la création de nouveaux produits et services et proposer à ses clients une nouvelle manière d’allier l’intelligence des données et le design.

    3.Créer des expériences sans limites

    Alors que les expériences consommateurs et employées sont en perpétuelles mutations, de nombreuses entreprises n’arrivent toujours pas à développer de nouveaux produits et services sur les environnements de travail fixes et mobiles. Le monde évolue rapidement vers une société exclusivement mobile, expérience « en mouvement », à la fois physique et virtuelle. Créer ces expériences immersives « sans limites » nécessite un nouvel état d’esprit et un renouvellement de l’architecture informatique.

    « Ces nouvelles expériences requièrent un nouvel état d’esprit de la part de tous – dirigeants, employés et consommateurs », a déclaré Craig Gorsline, responsable exécutif mondial en conseil et innovation. « Les entreprises devront réorganiser leur architecture informatique afin que les consommateurs et les employés puissent vivre des expériences sans friction qui améliorent leur vie avec des informations pertinentes présentées sur toutes les plates-formes. Il est temps d’embrasser le changement. »

     

     

  • Quand la Banque Postale offre des cours scolaires digitaux à 1 million d’élèves …

    La Banque Postale offre des cours scolaires digitaux à 1 million d’élèves

    Fidèle à sa ligne de banque et citoyenne, la Banque Postale proposera un accès à 1 million d’élèves à la plateforme Maxicours dès la fin avril. Une offre qui s’inscrit dans la volonté d’inclusion prônée par les dirigeants de l’institution.

    « En France 45 % des élèves ont l’angoisse d’échouer dans leur scolarité, et en moyenne le soutien scolaire coûte 1500 euros par an, ce qui en exclut l’accès à de nombreuses familles. Notre rôle en tant que Banque et Citoyenne est aussi d’apporter un soutien éducatif aux familles clientes », entame Franck Oniga, le directeur marketing de la Banque Postale. Pour ce faire, la banque a noué un partenariat avec la plateforme en ligne Maxicours fondée par Benjamin Magnard, le fils du créateur des cahiers de vacances Roger Magnard.

    Au-delà de cette anecdote, Maxicours propose l’intégral des cours et matières du CP à la terminale. « La plateforme est très ergonomique et propose de multiples formats, que ce soit de la vidéo, des quizz, des exercices et le tout est piloté par un système de points très ludiques. Cela permet aux enfants de se prendre au jeu et aux parents d’accompagner leurs enfants durant leurs révisions », détaille Franck Oniga. En cas de doute, les élèves peuvent aussi échanger par chat avec des professeurs.

    L’accompagnement, l’ADN de la Banque Postale

    Pour bénéficier de cette offre, il suffit que la famille, avec au moins un enfant, ait chacun un produit de la Banque Postale. À cette condition, la famille et l’enfant reçoivent un code pour se connecter sur le site partenaire avec un accès de 12 mois gratuit. « Cette offre est proposée aussi bien aux nouveaux et anciens clients, nous ne voulons pas faire de distinction. Nous ne sommes pas dans une logique d’acquisition, mais bien dans une volonté de faire bénéficier les quelques 1 200 000 enfants de ce programme. Cela fait partie de notre rôle singulier dans le paysage bancaire et cet accompagnement s’inscrit à plein dans notre ADN », rappelle Franck Oniga.

    Engager pour fidéliser

    D’un point de vue plus orienté marketing, cette approche permet aussi de consolider les liens avec les familles clientes et vient en complément de l’offre « talent booster » dédiée aux adolescents. « Contrairement à nos concurrents, nous ne souhaitons pas offrir de l’argent pour l’ouverture d’un compte. Cela n’a aucun sens et ne suscite aucun engagement. A contrario, nous préférons accompagner les familles et offrir des expériences à l’instar de ce partenariat, ou offrir des bons loisirs entre autres. Il ne peut y avoir d’engagement des clients si nous-mêmes ne sommes pas engagés. L’éducation est un axe très fort, nous avons déjà mis en place il y a 5 ans le programme envol pour accompagner individuellement des élèves en difficulté, ce partenariat avec Maxicours étend largement cet axe éducatif au plus grand nombre. Notre volonté d’inclusion est réelle », conclut Franck Oniga. À terme, la Banque Postale espère fidéliser 200 000 enfants. À suivre.

    Le site Maxicours

    Par Fabrice Frossard Journaliste et fondateur de Faber Content @labrigadeduweb

     

  • #MMAFP – Retour sur l’un des temps forts- l’Hyper Humanité par Joël de Rosnay

    Comment le mobile va changer le monde ?

    La MMAF Mobile Marketing Association a organisé sa quatrième édition Jeudi 1er décembre 2016.

    Parmi les temps forts
    L’intervention de Joël de Rosnay sur le thème de l’hyper humanité, grand vulgarisateur des sciences et des technologies qui « surfe » lui-même sur les vagues du présent…

    j2Morceaux choisis : 

     1-L’entreprise sera transparente

    L’entreprise de demain c’est partager des valeurs : respect, générosité, l’éthique…
    Plus que jamais, l’open sera de rigueur : plus d’entre soi ou de secrets financiers.Il faudra, faire confiance aux directeurs de l’intégration numérique et oublier les DSI. Vive les DIN : Direction de l’intégration numérique !

    2-L’entreprise sera libérée  

    D’ici 2030, 44 millions d’Américains travailleront en indépendants sur une base hebdomadaire régulière. L’entreprise de demain sera fluide. Pourquoi ? Parce qu’avec les technologies et le digital, les pyramides sont en train de s’aplatir. La hiérarchie n’existe pas ou peu, chacun est responsable de ses actions. Il ne s’agira plus d’un management centralisé ou de contrôle, mais de communication, de partage et de confiance. En ce sens, l’entreprise doit passer du rapport de force au rapport de flux. 2030, signe la fin du salariat ! Les entreprises deviennent des coopératives d’indépendants.

    3- L’entreprise sera submergée par l’infobesité et la rareté du temps

    Le risque, dans cet univers ultra connecté, c’est de ne pas réussir à se débrancher… A l’heure où nous sommes confrontés à deux contraintes : la pléthore d’informations et la rareté du temps, les burn-out font des ravages. Il devient urgent d’apprendre à gérer son temps !

    4-L’entreprise jouera collectif et sera plus féminine

    L’expression « Mon entreprise » est dépassée, on dira « notre entreprise »Le manager de demain saura composer le lien social, et devra apprendre à intégrer le mieux possible les travailleurs nomades et fédérer les équipes distribuées aux quatre coins du globe !Il faudra aussi miser sur les jeunes pour s’imprégner d’une culture de startup et intégrer au moins 50% de femmes aux comités exécutifs sous risque de disparaître…

    5- Les disrupteurs seront les nouvelles formes d’entreprises

    La disruption, est une révolution mais elle est aussi source de partage et de personnalisation. La disruption est le passage d’une société de l’information à une société de recommandation, qui s’illustre dans toutes les entreprises « ubérisantes », à savoir les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple ) et les NATU ( Netflix, AirBnB, Tesla, Uber).

    6- GAFA et NATU sont des entreprises Etats !

    Ils constituent des fines couches qui se superposent à d’énormes systèmes de distribution (où résident les coûts) et qui s’interfacent avec une multitude de personnes (où se trouve l’argent). Ils ont le cash, la capitalisation boursière et les moyens de vendre dans le monde leurs services et leurs produits sans payer d’impôt dans les pays où ils se développent.

    6-L’entreprise fae à l’intelligence artificielle

    Quelle place restera t-il à l’homme, à l’empathie, à la bienveillance, à l’humour et à la créativité face aux machines ? Il ne faut pas avoir peur de l’intelligence artificielle, le cerveau est une machine beaucoup plus sophistiquée que tout réseau d’ordinateurs actuel, et ce qu’il est possible de faire avec des algorithmes a ses propres limites.

     7- L’industrie du numérique s’appuiera sur un écosytème

    Prévision de la fin d’Internet : l’écosystème numérique reliera toutes les activités professionnelles (production, services, éducation, culture, économie…)

    8- Le numérique démocratise l’énergie

    La production décentralisée d’énergie va nous permettre d’entrer dans une période de démocratie énergétique, on parle d’une énergie en peer-to-peer.

    9- Le Numérique et le MUP

    L’Industrie 2.0, ou comment les TPE et PME vont fédérer les unes avec les autres, en complémentarité avec les grandes entreprises, grâce à l’impression 3D, ou « micro usine personnalisée ».

    Annie Abela Lichtner

  • REPLAY Event du 28/11 – By SAS France – Intelligence artificielle, algorithmes, automatisation…La mort du travail ?

    Impact de la numérisation de l’économie sur l’emploi

    Le Club Business Analytics info a réuni, le 24 novembre dernier, pour un échange et une réflexion sur le thème de l’impact de la numérisation de l’économie sur l’emploi (de droite à gauche sur la photo) :

    capture-decran-2016-12-02-a-14-19-00Monique Dagnaud, sociologue, directrice de recherche émérite au CNRS à l’Institut Marcel Maus, membre du comité éditorial de Telos-eu.com et auteur de « Le modèle californien : Comment l’esprit collaboratif change le monde» ;

    Max Blanchet, senior partner chez Roland Berger, auteur de « Industrie 4.0, Nouvelle donne Industrielle,nouveau modèle économique» et conseil depuis plus de 20 ans auprès de groupes industriels et de la fonction publique ;

    Christian Fauré, président de l’IRI (Institut de Recherche et d’Innovation), managing partner chez OCTO Technology et membredu Conseil d’administration d’Ars Industrialis, co-auteur de l’ouvrage « Pour en finir avec la mécroissance » ;

    Mouloud Dey,directeur innovation et business development de SAS France. 

    Thomas Boullonnois de Rumeur Publique introduit cette table ronde en remarquant qu’inverser la courbe du chômage est la priorité affichée des candidats comme des gouvernements successifs depuis 30 ans. sans grand succès jusqu’à présent. Et d’énoncer quelques constats et chiffres récents.

    La technologie, pour reprendre une expression chère à l’association Ars Industrialis, est un « pharmakon », ce qui signifie qu’elle véhicule à la fois le poison et le remède. Côté poison, une étude de l’Université d’Oxford a récemment conclu que la numérisation del’économie menace un emploi sur deux en Europe. Le cabinet d’analystes Roland Berger a chiffré à 3 millions le nombre d’emplois voués à disparaître à l’horizon 2025, précisant que 42% des métiers ont une forte probabilité d’automatisation.

    Côté remède, Paul Duan, un jeune français sorti de Sciences Po et Berkeley, vient de lancer en collaboration avec Pôle Emploi une plate-forme tirant parti d’unalgorithme d’intelligence artificielle pour conseiller et guider le demandeur d’emploi de manière personnalisée. Son ambition : réduire le chômage de 10 % sans nouvelle prime à l’embauche, ni refonte du Code du travail, et ce, indépendamment de la conjecture économique.

    Depuis longtemps, la relation technologie-emploi a été analysée et interrogée par de nombreux commentateurs. Déjà en 1930, Keynes annonçait que la technologie allait permettre de travailler 15 heures par semaine. Mais, si elle est à l’origine de la disparition d’une part des emplois, la technologie peut-elle contribuer à en créer de nouveaux ? Ou faut-il se résoudre d’ores et déjà à repenser la société « après » le travail ? Et quel rôle attribuer à l’éducation dans cette transformation, quand deux tiers des métiers de demain restent à inventer ? Autant de questions posées aux experts de cette table ronde.

    Assiste-t-on à la mort du travail ?

    AUTOMATISER N’EST PAS DÉTRUIRE

    Intelligence artificielle, algorithme, automatisation. Assiste-t-on à la mort du travail ?

    Max Blanchet pense que si de nombreuses théories présentent la digitalisation et l’automatisation comme une vague inarrêtable de suppressions d’emplois menant tout droit à un chômage de masse, la réalité reste plus contrastée. Roland Berger a repris et enrichi les travaux de l’Université d’Oxford, pour analyser métier par métier, la probabilité de son automatisation. Si de 35 à 45% sont concernés, cela ne signifie pas qu’ils vont être détruits. La distinction entre automatisation et destruction estessentielle.

    D’autre part, l’industrie depuis le XIXe siècle a toujours recherché à améliorer la productivité. Alors qu’une usine automobile regroupait 30 000 personnes au début de l’industrialisation, ce nombre n’a cessé de baisser depuis, pour atteindre environ 3 000 aujourd’hui. L’industrie française a en moyenne supprimé 700 000 postes tous les dix ans, depuis 30 ans. Cette réduction est liée à deux facteurs principaux : la productivité et la compétitivité. Mais simultanément de nombreux emplois ont été créés ailleurs, notamment dans le tertiaire. On remarque que les métiers les plus recherchés aujourd’hui sur LinkedIn n’existaient pas il y a 5 ans. Ce mouvement de destruction s’accompagne donc, depuis toujours, d’un mouvement de création, comme l’a expliqué Schumpeter.

    DISTINGUER TRAVAIL ET EMPLOI

    Christian Fauré insiste sur la distinction entre travail et emploi. Beaucoup de personnes ont un emploi mais ne travaillent pas. Et inversement. L’enjeu aujourd’hui n’est pas l’emploi, mais le travail. L’automatisation ne détruit jamais un travail, mais elle détruit de nombreux emplois. Le défi est donc de faire en sorte que ceux qui travaillent reçoivent une rémunération.

    Le revenu universel est présenté, par les politiques tous bords confondus, comme une manière de pallier le chômage de masse. L’association Ars Industrialis,présidée par Bernard Stiegler, a plutôt dirigé sa réflexion sur le revenuc ontributif, qui se différentie du premier par sa conditionnalité. Le régimed es intermittents du spectacle est une source d’inspiration. Quand un comédien répète, il travaille, même s’il n’est pas payé. Là encore, il convient de faire la distinction entre rémunération du travail et rémunération de l’emploi.

    Par définition, on ne peut se passer du travail. Même dans l’oisiveté ou le loisir(« otium » par opposition à « negotium »), on trouve le travail de l’amateur qui aime ce qu’il fait (par opposition au spéculateur). En travaillant, l’amateur « ouvre un monde », ce qui reflète le sens original du mot « ouvrier » : celui qui par son travail « œuvre », donc ouvre un monde autour de lui.

    La révolution industrielle et les gains de productivité dont parlait Max Blanchet, étaient les prémices de ce que Marx a appelé la prolétarisation : le fait que les compétences, les connaissances, le savoir-faire soient transférés de l’homme vers la machine. Le « prolétaire » ne désigne pas à l’origine un travailleur pauvre mais quelqu’un qui a été privé de sa capacité àtravailler. Et aujourd’hui, face à la généralisation de l’automatisation, nous sommes tous prolétarisés. Du médecin au financier, tous les métiers sont« court-circuités » par les algorithmes et l’automatisation. Cette perte concernant à la fois des savoir-faire et des savoir-être. La question fondamentale consiste ainsi à se demander comment les technologies peuvent nous aider à déprolétariser les populations, tout en redistribuant les hausses de productivité qu’elles ont générées.

    DE NOUVEAUX BUSINESS MODELS CRÉATEURS D’EMPLOI

    Un éditeur comme SAS, pionnier des algorithmes et de l’analytique, doit-il être placé sur le banc des accusés ? Après avoir avec humour « revendiqué la présomption d’innocence », Mouloud Dey explique que la transformation numérique suscite un fort clivage entre ceux qui pensent qu’elle va générer de nouvelles opportunités et d’autres qui pensent le contraire. Dans cet esprit, les technologies de SAS peuvent être utilisées pour générer des gains d’efficacité opérationnelle, mais également peuvent susciter des usages innovants, directement à l’origine de nouveaux business models,eux-mêmes créateurs d’emploi.

    Multiplier les capteurs dans un véhicule permet par exemple de créer de nouveaux services,de nouveaux usages, de nouvelles formes de mobilité à partir de l’analyse de données. L’intelligence artificielle doit être considérée aujourd’hui comme un outil permettant d’assister l’homme dans de nombreux aspects de sa vie, non seulement pour améliorer sa productivité, mais également pour dégager du temps afin de « faire autre chose ». Qui aurait imaginé, il y a 20 ans, qu’un agriculteur pourrait se connecter à une base d’informations pour sélectionner des semences pour une parcelle donnée ? Un drone peut lui apporter des informations supplémentaires afin d’améliorer sa productivité, mais également lui libérer du temps.

    Mouloud Dey convient que les lignes se brouillent. Vivons-nous aujourd’hui une crise del’emploi ou une révolution ? Le travail salarié traditionnel représente aujourd’hui moins de 50% des postes dans le monde. Les entreprises ressemblent de moins en moins aux organisations monolithiques d’hier, et intègrent des écosystèmes et des chaînes de valeur partagés. Par exemple, les constructeurs automobiles deviennent des opérateurs de mobilité, dont la principale activité dévie vers le service (batterie, assurance, communication). Dans ce contexte mouvant, l’entreprise doit donc nécessairement penser l’emploi d’une manière différente.

    INTÉGRATION DES INDIVIDUS CONTRE ALIÉNATION

    Le débat sur la perte des emplois générée par l’économie numérique n’est pas tranché selon Monique Dagnaud. Les travaux de Robert Gordonaux Etats-Unis ont montré que le numérique ne crée pas véritablement de croissance. Est-ce pour cela que le paradigme Schumpetérien va se vérifier,comme lors de chaque révolution industrielle ? Pour la sociologue qu’est Monique Dagnaud, le vrai sujet concerne la notion d’intégration des individus.D’un côté, des gens s’intègrent parfaitement, sont diplômés, parlent plusieurslangues et trouvent facilement une place dans la société, et de l’autre, des gens moins bien lotis éprouvent de grandes difficultés à vivre, que ce soit en France ou aux Etats-Unis. Une partie de la jeunesse, qui ne maîtrise pas les différents langages nécessaires, ni le numérique, ni cette capacité à se remettre en cause en permanence, est en très grande difficulté : 25% des 15-25 ans sont au chômage. 20% des jeunes ne sont ni en emploi, ni en étude, nien stage, ni en formation ; et au moins la moitié d’entre eux a déjà renoncé à chercher un emploi. On réfléchit donc à diverses formes du revenu d’activité, la question du travail étant au centre de cette réflexion : le rattachement à la société, par un statut ou une rémunération, est fondamental.

    Les plates-formes numériques à travers lesquelles des jeunes accèdent à un emploi contribuent-elles plutôt à l’intégration ou à l’aliénation ? Les nouveaux emplois ne réclament pas beaucoup de qualifications, mais un statut d’indépendant (sans protection sociale assumée par l’employeur). Le lien de subordination existe pourtant, mais il est dissimulé. Parallèlement, l’économie numérique est une sorte de Far West qui passe pour l’instant entre les gouttes de la réglementation. Ce qui ne devrait pas durer ; les chauffeurs Ubero nt, par exemple, obtenus récemment la reconnaissance de leur statut de salarié.

    Malgré ces limites, il faut reconnaître que certains jeunes trouvent dans ce modèle d’ubérisation une possibilité d’intégration. Parallèlement, de nouvelles formes de travail émergent, comme les « slashers » qui cumulent -volontairement – plusieurs emplois. Il convient donc de considérer cette problématique comme évolutive, la situation n’est pas figée. Si ces nouveaux emplois ne sont idéaux, il n’est pas non plus justifié de leur jeter spontanément l’opprobre.

    UN POTENTIEL D’INVESTISSEMENT PLUTÔT QUE D’ÉCONOMIE

    Max Blanchet ajoute que la vision Malthusienne de la troisième révolution industrielle cache le nouveau mécanisme de re-création d’emplois qu’elle véhicule et qui est différent decelui des « 30 Glorieuses ». Pour reprendre l’exemple de l’industrie,les gains énormes de productivité ont contribué certes à supprimer des milliers d’emplois, avec une logique de productivité visant à massifier les usines et baisser les coûts de revient. Mais ce mouvement a simultanément augmenté le pouvoir d’achat des personnes, qui en retour pouvaient investir dans des nouveaux services. Une part de l’économie a ainsi été transférée de l’industrie vers les services.

    Or, aujourd’hui, ce transfert est différent. Si la digitalisation n’agit pas directement sur les prix de revient des produits, les actifs nécessaires pour les fabriquer vont être fortement réduits. Aujourd’hui, il y a beaucoup de gaspillage tout au long de la chaîne de valeur, les machines ne tournent pas à100%, les stocks ne sont pas gérés de manière optimale, etc. L’économie potentielle se situe donc dans l’investissement, plutôt que dans la baisse du coût de revient des produits. Ce potentiel a été chiffré, pour l’Europe, à 400milliards d’€, qui, réinvestis dans l’économie, pourraient générer le double en valeur ajoutée et créer 10 millions d’emplois ! Sur les 25 millions d’emplois industriels européens, on estime à 3 millions le nombre d’emploi détruits par la productivité, à 3 autres millions ceux détruits par la compétitivité et encore à 3 millions ceux détruits par la digitalisation. Onv oit que le potentiel de création d’emploi (10 millions) est supérieur au volume d’emplois supprimé.

    Le rôle de l’ETAT dans l’enseignement 

    QUELLE POLITIQUE INDUSTRIELLE DU NUMÉRIQUE ?

    Pour Christian Fauré, la question n’est pas d’être pour ou contre latechnologie. Il convient plutôt de se demander ce que l’on peut en faire, puisqu’elle existe. C’est-à-dire quelle politique mettre en œuvre, et avec quelles conséquences sur l’emploi ? Le Droit qui fonctionne principalementà partir de jurisprudences, ne suit pas le rythme des technologies et de l’innovation.Comme la fiscalité. La puissance publique devient une « impuissancepublique ».

    Les américains, de par leur tradition (« The american way of life »), adoptent les technologies. En Europe, on nous dit : « il faut s’adapter ». Entre la logique d’adoption qui agit comme un moteur de croissance et la logique d’adaptation, plutôt passive en termes de politique industrielle, un fossé existe. C’est la thèse de l’ouvrage de 2008 de ChristianFauré « Pour en finir avec la mécroissance », qui pointait« l’incurie » politique, c’est-à-dire le manque de « soin »ou d’attention de responsables considérant la transformation numérique comme relevant d’un monde virtuel, alors que les data centers ou les infrastructures informatiques des entreprises sont des éléments on ne peut plus concrets ! Nous manquons avant tout en France d’une politique numérique, ce qui est dommage au vu de la qualité des compétences que notre système d’enseignement forge depuis des siècles (et qui a d’ailleurs lui-même bénéficié du « Plan calcul », le dernier effort de planification numérique de l’Etat français lancé en 1966 !).

    Pour alimenter la réflexion, tout en œuvrant de manière concrète, Ars Industrialis a initié, en collaboration avec l’Etat et les Collectivités locales, une vaste expérimentation d’une durée de 10 ans minimum sur le territoire de Plaine Commune(400 000 habitants). L’idée est d’engager le territoire dans le numérique afin d’éviter à sa population la prolétarisation, tout en imaginant un nouveau modèle de redistribution. Ce travail démarre par la rédaction d’une charte d’économie de la contribution, dans une logique de« recherche-action », c’est-à-dire d’expérimentations de terrain imaginées sur la base des travaux de recherche menés par des doctorants.

    FAUT-IL REPENSER L’ÉDUCATION ?

    Monique Dagnaud admet que lesystème éducatif français n’est pas adapté à cette transformation, puisque basé sur l’apprentissage des savoirs traditionnels ; la culture numérique n’ayant pas encore une place à part entière. Si certains pensent que l’avenir pourrait être réservé à des personnes n’ayant pas de diplômes traditionnels -des autodidactes de la programmation informatique par exemple – il  faut se méfier de l’idée qu’on peut réussir facilement dans ce nouveau monde sans le bagage éducationnel traditionnel, sans les savoirs acquis par le biais du système scolaire existant. Les créateurs de startups ou les managers dits « influents » sont, le plus souvent, bardés de diplômes.

    Monique Dagnaud ajoute que la difficulté des pouvoirs publics à saisir les enjeux du numérique est lié à unc adre de réflexion qui n’a pas été actualisé. D’une part, le monde du numériquese pense de manière planétaire, mais est concentré dans quelques régions, Silicon Valley, Paris, Israël. Les politiques raisonnent eux en nations. De plus, ils sont issus de formations généralistes et ne connaissent pas vraiment les nouveaux métiers émergents.

    Mouloud Dey considère qu’on se focalise trop sur les aspects technologiques alors que d’autres, fondamentaux,sont oubliés, comme la démographie, la culture, la géopolitique. Si la population active mondiale est de 3 milliards d’individus, au moins 1/3 vivent et travaillent hors de chez eux. L’âge et le sexe deviennent des critères fondamentaux, la population étant plus jeune, plus féminine, plus éduquée, ce qui change fondamentalement notre manière de vivre le travail. La vision actuelle et utilitariste de l’enseignement, trop centrée sur les sciences, la technique, l’ingénierie, est court-termiste.

    Christian Fauré rebondit en posant la question de savoir ce que va devenir l’Etat, dans le contexte de l’évolutiondes modèles d’intelligence artificielle et des nouveaux outils. Les seuls qui ont un discours à propos de l’avenir de nos sociétés sont les géants du web, c’est-à-dire des acteurs qui ont conquis une partie du pouvoir autrefois dans les mains de l’Etat, sans passer par des élections. La puissance publique est devenue inaudible.

    MaxBlanchet conclut en expliquant que chaque métier a plusieurs composantes. La première est technique ou administrative et est fastidieuse, voire répétitive. La seconde est son expertise et la troisième représente l’interface avec des clients et la compréhension de leurs besoins. La digitalisation leur apporte des outils permettant de supprimer les tâches fastidieuses (automatisation et intelligence artificielle)et de mieux analyser des situations (analytique et big data). La valeur ajoutée qu’ils vont produire se situera plus dans l’empathie et la compréhension des besoins des clients, le conseil, la prospective.

    https://www.youtube.com/watch?v=lUxXUaV0vxQ&feature=youtu.be

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