Étiquette : réglementation

  • TikTok publie son Rapport de Transparence

    TikTok publie son Rapport de Transparence pour le premier semestre 2020

    Par Theo Bertram, Director of Government Relations et  Public Policy, Europe et Cormac Keenan, Head of Trust and Safety, EMEA

    Ce raport met en lumière des données concernant les contenus supprimés de TikTok pour infraction à ses Règles Communautaires ou à ses Conditions d’utilisation.

    Il montre également comment le réseau social a répondu aux demandes de retrait de contenus pour infraction aux droits d’auteur et aux requêtes formulées par des organes judiciaires et agences gouvernementales.

    Des centaines de millions d’individus à travers le monde se rendent sur TIKTOK pour se divertir, s’exprimer et échanger. La priorité selon TikTok est de leur assurer qu’ils s’y trouveront en lieu sûr et vivront une expérience authentique, positive et y auront le sentiment d’appartenir à une communauté internationale qui ne cesse de croître.

    Il est important d’établir la confiance en étant transparent avec la communauté.

    Promouvoir la sécurité et le sentiment de communauté sur TikTok


    Au cours des six premiers mois de 2020, TIKTOK assure avoir apporté de nombreuses améliorations dans le cadre des efforts continus pour offrir aux utilisateurs une expérience sûre.

    • Enrichissement de Règles Communautaires et de nouvelles politiques destinées à lutter contre la désinformation.
    • Déploiement des programmes de contrôle d’information sur huit marchés (États-Unis, Canada, Australie, France, Italie, Espagne, Japon et Inde) pour vérifier plus efficacement les contenus trompeurs et frauduleux, comme les désinformations au sujet du coronavirus, les élections, etc. Nous projetons d’étendre ce programme à d’autres marchés.
    • Mise en avant au sein de l’application, des messages éducatifs d’intérêt général associés à des hashtags notamment sur des sujets comme le COVID-19. Durant les 6 premiers mois, notre bannière ‘Apprenez les faits sur le COVID-19″ a été intégrée à plus de 7 000 000 de vidéos en Europe.
    • Lancement du mode Connexion Famille, une série de fonctionnalités visant à protéger les plus jeunes et à permettre aux parents de relier leur compte TikTok à celui de leurs adolescents. Ils peuvent alors limiter la visibilité de certains contenus, inciter ces derniers à modérer leur temps de visionnage, et de décider des règles applicables à la messagerie directe.
    • Partenariats internationaux avec des organisations reconnues pour leurs actions dans le domaine de la sécurité, comme le National Center for Missing and Exploited Children et la WePROTECT Global Alliance
    • Collaborer avec des experts en matière de discours haineux, d’IA inclusive, de sécurité des jeunes, etc.

     

    Application des Règles Communautaires

    TikTok a vu sa communauté croître à un rythme incroyable en 2020, et le nombre de contenus créés a augmenté comme jamais auparavant.  Alors que de plus en plus de nos vies se déplacent en ligne, les gens trouvent de plus en plus de moyens de se connecter les uns aux autres sur notre plateforme. En conséquence, le nombre de contenus supprimés a également augmenté par rapport à notre dernier rapport.

    • À l’échelle mondiale, 104 543 719 vidéos ont été supprimées pour avoir enfreint nos Règles Communautaires ou nos Conditions d’utilisation, soit moins de 1 % du total des vidéos postées sur TikTok.
    • Parmi ces vidéos, 96,4 % ont été identifiées et supprimées par nos soins avant même de faire l’objet d’un signalement, et 90,3 % ont été retirées de la plateforme avant d’avoir été visionnées.

    Demandes émanant d’autorités publiques

    Le volume de demandes émanant d’autorités publiques a, lui aussi, progressé en raison de la croissance de notre communauté au cours du premier semestre de cette année.

    Avec 1 768 demandes d’informations sur les utilisateurs provenant de 42 pays ou marchés.

    135 demandes de restriction ou de retrait de contenus émanant d’agences gouvernementales de 15 pays/marchés.

    Examen de  10 625 demandes de retrait pour infraction aux droits d’auteur à l’échelle mondiale.

    Engagement en matière de transparence et de responsabilité

    TikTok s’efforce d’être l’entreprise la plus transparente et la plus responsable de son secteur concernant les mesures qu’elle prend pour protéger ses utilisateurs, que ce soit au niveau de la modération du contenu et des pratiques en matière de sécurité qmises à disposition des experts et du législateur au sein de nos Centres dédiés à la transparence et à la responsabilité. Par ailleurs TikTok fera un rapport à intervalles trimestriels, afin de mieux mesurer les progrès et rendre des comptes plus régulièrement.

  • #GardonsleLien #RestonsInspirés – Les webinars de la semaine du 11 au 14 mai 2020

    LUNDI 11 Mai 

    https://www.mdw.stellart-design.fr/event/marketing-gagner-de-la-visibilite-grace-au-storytelling-by-bee-you/?instance_id=4938

    MARDI 12 MAI

    https://www.mdw.stellart-design.fr/event/marketing-comment-anticiper-maitriser-et-appliquer-les-nouvelles-recommandations-cnil-by-frenchweb/?instance_id=4940

    https://www.mdw.stellart-design.fr/event/marketing-de-la-connaissance-a-lactivation-des-donnees-clients-les-enjeux-data-cles-post-covid-by-hub-institute/?instance_id=4943

    https://www.mdw.stellart-design.fr/event/technologies-securisez-lacces-a-vos-applications-cloud-legacy-by-oracle/?instance_id=4939

    https://www.mdw.stellart-design.fr/event/retail-developper-son-activite-e-commerce-avec-la-social-data-by-ecommerce-nation/?instance_id=4949

    https://www.mdw.stellart-design.fr/event/retail-vendor-central-seller-central-ou-les-2-by-lengow/?instance_id=4951

    https://www.mdw.stellart-design.fr/event/marketing-evolve-by-swapcard/?instance_id=4948

    MERCREDI 13 MAI

    https://www.mdw.stellart-design.fr/event/technologies-ransomware-comment-diminuer-les-risques-avec-une-strategie-de-gestion-des-acces-a-privileges-by-cyberark/?instance_id=4941

    https://www.mdw.stellart-design.fr/event/innovations-culture-et-transformation-numerique-a-lheure-du-reset-by-les-sommets-du-digital/?instance_id=4952

    JEUDI 14 MAI 

    https://www.mdw.stellart-design.fr/event/marketing-comment-reussir-sa-campagne-abm-en-10-etapes-by-cercle-marketing-client/?instance_id=4954

    https://www.mdw.stellart-design.fr/event/marketing-death-of-a-b2b-salesman-bis-vers-lexperience-digitale-by-visionary-marketing/?instance_id=4956

    https://www.mdw.stellart-design.fr/event/marketing-comment-adapter-votre-strategie-de-contenu-en-periode-de-crise-by/?instance_id=4953

  • Biométrie, identifications et réglementations : la décennie 2020 ou comment mieux se protéger pour éviter le chaos ?

    Biométrie, identifications et réglementations : la décennie 2020 ou comment mieux se protéger pour éviter le chaos ?

    (suite…)

  • Avis clients : vers un mode de publication plus respectueux des droits des consommateurs

    Quand les avis clients jouent la carte de la sincérité et de la transparence

     Selon Nicolas Gaud, Directeur général Délégué de Wethic

    Incontestablement, les avis clients jouent un rôle central dans le processus de sélection de produits ou de services des consommateurs qui lisent en moyenne une dizaine d’avis différents avant de sélectionner telle ou telle offre. Mais tous les avis sont-ils sincères ? Ont-ils la même valeur ? La réponse est clairement non. Il est donc indispensable que les avis soient publiés par des consommateurs identifiés, justifiant d’une preuve d’achat. A priori évident, un tel constat est pourtant loin d’être une approche répandue.

    En effet, il est très fréquent que les avis publiés soient inexacts et faux. Ils se caractérisent notamment par une tonalité exagérément positive ou purement dénigrante. Sur ces deux cas d’écoles très fréquents, le vendeur et les concurrents sont en général les personnes qui publient ces avis, ce qui ne reflète en rien un réel ressenti client. Dans les autres cas fréquemment rencontrés, nous pouvons aussi citer des procédés comme l’affichage discriminant ou encore la censure qui ne s’appuient sur aucun fondement.

    De faux classements qui dupent les consommateurs

    Une autre pratique courante est liée à l’affichage par les marchands de produits qu’ils proposent selon des critères faussement objectifs (méthode de classification opaque et non transparente). En effet, en référençant leurs produits ou services dans les premières pages des classements, les vendeurs ont l’assurance d’être identifiés par les consommateurs et de doper leurs ventes. Nous pourrions également évoquer certains dispositifs plus visuels et largement répandus comme les étoiles ou autres marqueurs qui peuvent donner l’illusion d’une analyse objective.

    Aller vers une notion de confiance

    Au regard de ces éléments, il est donc fondamental que les marques s’emparent de ce sujet et repensent leur mode de gestion d’avis. Ces dernières doivent avoir une vision non biaisée des avis de leurs clients et entretenir avec eux une relation de confiance. Il convient donc simplement de garantir que les classements et comparatifs obéissent à des critères transparents et objectifs. Un point-clé permettant d’initier une relation fidèle tient à la notion de tiers de confiance certificateur. Sur ce point essentiel, des réponses existent avec notamment une autorité indépendante qui a pour unique but de s’assurer que les avis publiés soient de vrais avis de vrais clients. Il sera alors possible de collecter des avis clients en un point central, de garantir l’authenticité des avis et des commentaires de façon indiscutable et de publier des contenus sans modération cachée par les gestionnaires en back-office.

    Une prise de conscience du législateur

    La nouvelle directive européenne impose une preuve d’achat ou d’utilisation pour la publication d’avis clients ou de « like ». On ne peut que se réjouir de cette évolution qui va profondément faire évoluer les pratiques existantes et faire émerger de nouveaux standards. Concrètement, cette réglementation va imposer aux marques et prestataires d’avis une transparence et des contrôles accrus et exiger des « moyens techniques permettant de contrôler la fiabilité de la personne qui publie un avis », au risque pour les marques et plateformes d’avis de « considérer comme une pratique commerciale déloyale le fait de tromper les consommateurs… lorsqu’aucune mesure raisonnable et proportionnée n’a été prise pour garantir les contrôles ».

    Tous les avis ne se valent donc pas mais devraient prochainement converger vers un mode de gestion et de publication plus transparent et respectueux des droits des consommateurs.

     

     

  • Les challenges de la transformation digitale des acteurs financiers

    Les challenges de la transformation digitale des acteurs financiers

    Par Jean-Baptiste PERRAUDIN, Directeur du Marché Assurances et Services Financiers – Directeur Général de Foliateam Sud-Ouest

    Incontestablement, les acteurs traditionnels de la finance connaissent aujourd’hui de profondes mutations poussées notamment par de nouveaux entrants qui viennent les concurrencer fortement (Fintech, GAFA). Dans ce contexte, force est de constater que les banques et assurances investissent des sommes importantes pour se transformer en s’appuyant sur les technologies. Cela passe par des plans de grande ampleur qui semblent partager quatre axes centraux.

    Une amélioration de la relation client

    Proposer une expérience client de premier plan est l’une des principales préoccupations des banques et assurances. Dans ce contexte, un travail de fond est initié par ces acteurs pour se doter de plateformes permettant de gérer de manière centralisée les interactions réalisées avec leurs clients. Cette approche omnicanale doit prendre en compte tous les moyens de communication déployés dans l’entreprise : mail, téléphonie, SMS, chat, bot, etc. Surtout, ils doivent permettre une adaptation agile et rapide aux évolutions de la politique de l’entreprise, et de ses clients (scénarii d’urgence, lancement de produits ou de promotions, segmentation de clientèle etc). L’idée étant de proposer une qualité de service de très haut niveau pour les clients depuis un guichet unique et de permettre aux collaborateurs de travailler plus facilement.

    Une évolution des usages poussée par la génération Y

    Désormais, que ce soit au niveau des clients ou des collaborateurs, la génération Y est largement représentée. Cela amène une modification dans les usages, notamment au niveau des outils de communication utilisés en interne comme en externe. La mobilité s’est ainsi positionnée comme stratégique pour les collaborateurs comme pour les clients finaux qui souhaitent accéder à leurs comptes et piloter leurs opérations courantes simplement et en situation de mobilité. Ces outils doivent permettre de se positionner face aux fintechs et de fluidifier les échanges et processus de gestion.

    L’impact de la pression financière et de la réglementation

    À ce stade, plusieurs aspects sont abordés. Dans un environnement toujours plus réglementé, les banques et assurances se doivent de faire évoluer leur système d’information et de bâtir des architectures performantes et conformes aux orientations réglementaires propres à leur profession. Cela s’accompagne également d’une réflexion de fond sur la migration des environnements dans le Cloud. Ces bouleversements les amènent à faire évoluer leur gouvernance technique en se posant les bonnes questions et en se basant sur une approche industrielle.

    La sécurité des données

    Sur ce point, les banques et assurances doivent veiller à la résilience de leur SI et à garantir une parfaite sécurité des données dont elles disposent. Cela passe par des dispositifs complexes associant réseaux privés sécurisés, archivage dans des datacenters de nouvelle génération, mise en place de dispositifs de type PRA-PCA, etc. L’objectif est clairement d’évoluer dans un environnement de confiance, et cela touche toutes les informations et les flux (voix, video, données) que traitent ces acteurs.

    Ces différents éléments sont des points-clés qui sont au centre des opérations [de modernisation et] de digitalisation des professionnels de l’industrie financière. En actionnant ces leviers, ils pourront alors accroitre leur attractivité et continuer de développer leurs parts de marché et leur rentabilité dans un environnement en constante mutation.

     

     

  • Le « Know Your Customer » au sein des banques : une réglementation stratégique pour la relation-client

    Le « Know Your Customer » au sein des banques : une réglementation stratégique pour la relation-client

    Par Samy Benarroch, président d’Arca Conseil

    Pour une banque, être impliquée indirectement dans une affaire de blanchiment d’argent ou de fraude peut être lourd de conséquences. Pour prévenir cela, elles mettent œuvre le« Know Your Customer » ou « KYC », ensemble de réglementations qui leur impose de récolter des informations sur leurs clients afin de repérer les opérations frauduleuses.Retour sur les enjeux de la mise en œuvre du KYC et son impact sur la relation client.

    L’application du « KYC » est un enjeu économique de premier ordre. En cas de manquement,les banques s’exposent à de lourdes sanctions pénales et administratives et peuvent voir leurresponsabilité civile engagée. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR),chargée de surveiller leurs activités, inflige régulièrement blâmes, amendes, et avertissements sur le fondement de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. En 2017,sur 8 sanctions de l’ACPR, 6 ont été prises sur ce fondement, pour un montant total de 25,86 millions d’euros.

    En termes de réputation, une telle condamnation s’avère aussi très coûteuse. D’une part, les sanctions de l’ACPR sont publiques. D’autre part, les sujets liés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme sont parmi les plus sensibles auprès de l’opinion publique. Il n’estpas rare de voir le titre d’une banque, ainsi que la note des agences de notation, baissersubitement suite à une telle affaire.

    Le « KYC », un ensemble de règles à intégrer dans la relation client

    L’application du « KYC » reste un défi dans la mesure où il recouvre un nombre importantd’obligations plus ou moins contraignantes. Si à l’ouverture du compte, la vérification de l’existence réelle d’une personne morale à travers la fourniture d’un extrait de Kbis de moinsde 3 mois s’apparente à une simple formalité, l’application du « KYC » peut se complexifier pendant la relation commerciale.

    En effet, soumises à une obligation de « déclaration », les banques doivent communiquer à TRACFIN, organisme de Bercy, toutes les informations sur les opérations constituant destentatives ou des cas avérés de fraude, de blanchiment d’argent, ou de financement duterrorisme (pour ces deux derniers délits, les banques doivent fournir des éléments dèsqu’elles ont des soupçons).

    Pour ce faire, elles doivent en permanence mettre en œuvre une obligation de « vigilance »,qui leur impose notamment d’identifier le bénéficiaire effectif des opérations, ce qui impliquedans certains cas des recherches longues et approfondies, notamment face à des structures collectives ou à des montages juridiques complexes tels que les fiducies.

    Le recours à un prestataire externe pour gagner en réactivité

    En bref, plus le risque présenté par l’opération ou le client est élevé, plus l’obligation devigilance est exigeante. Ainsi par exemple, lorsqu’elles sont en relation avec descorrespondants bancaires étrangers, les banques doivent recueillir de nombreusesinformations sur l’établissement correspondant. Ou encore, face à une opération complexe,d’un montant inhabituellement élevé ou ne paraissant pas avoir de justification économique ou d’objet licite, elles doivent mener des recherches approfondies directement auprès duclient.

    Des chantiers lourds et coûteux, qui ne vont pas toujours de pair avec les exigences deréactivité imposées par l’ère digitale. La solution, pour à la fois se protéger et se prémunir dessanctions des régulateurs mais aussi pouvoir répondre aux demandes d’ouverture de compte« à la minute », est bien souvent le recours à un prestataire extérieur.

    Il mettra en place des procédures et des technologies appropriées pour systématiser la collecte de ces données clients « sensibles » afin de simplifier les procédures et gagner ainsi en réactivité. Autre point non négligeable : en déléguant le travail d’enquête parfois délicat etperçu comme intrusif à un prestataire extérieur, la banque sécurise sa relation client.

    Le « KYC » : un atout pour optimiser l’expérience client

    Le fait d’imposer aux banques de muscler l’identification de leurs clients n’est pas qu’unecontrainte. Bien au contraire, les données collectées dans le cadre du « KYC » leur permettent aussi de mieux connaître leurs clients pour mieux personnaliser leurs services. Préoccupées par la montée en puissance des banques en ligne et par l’arrivée de nouveaux acteurs bancaires, les banques ont désormais conscience de l’intérêt de la collecte et de la gestion desdonnées clients. Les données récoltées dans le cadre du « KYC » deviennent alors une mine d’informations complémentaires à l’optimisation de l’expérience client qu’il serait regrettable de ne pas exploiter.

  • REGTECH et FINTECH : panorama d’un secteur émergent associant technologie et réglementation

    L’étude Regtech (Sia Partners-AEC Fintech) dresse le panorama d’un secteur émergent associant technologie et réglementation

    Les Regtech, ces jeunes sociétés nourries aux nouvelles technologies, révolutionnent le secteur de la finance en permettant aux banques d’optimiser leur mise en conformité avec des réglementations sans cesse croissantes.

    Avec le développement du Cloud, du Big Data et de l’Intelligence Artificielle (IA), un sous-secteur de l’industrie technologique appliqué aux services financiers est apparu ces trois dernières années : la Regtech (Regulatory Technology). Combinant réglementation et technologie, ces nouvelles applications spécialisées dans la conformité ont pu émerger grâce à un secteur bancaire ayant à gérer de grandes quantités de données et à un régime réglementaire européen très strict.

    Mais alors que les sociétés Regtech se multiplient, apportant des solutions intéressantes pour les banques en matière réglementaire, peu d’études avaient jusqu’à présent été consacrées à ce secteur naissant. Associé à AEC Fintech, le cabinet conseil en management Sia Partners a mené une étude auprès de 80 sociétés européennes de Regtech afin de mieux comprendre leur modèle économique, les types d’innovations technologiques sur lesquelles elles s’appuient et les différents services qu’elles peuvent offrir à leurs clients bancaires.

    A noter qu’afin de compléter l’enquête, six entreprises européennes leaders dans le domaine de la technologie Regtech ont fait l’objet d’études de cas, basée sur des entretiens. Il s’agit de la suisse NetGuardians (lutte contre la criminalité financière), la britannique Eliptic (traçabilité des transactions Bitcoin), la luxembourgeoise KYC3.com (solutions de reporting) et les françaises FortiaFinancial Solutions (automatisation des processus de conformité), Neuroprofiler (solution d’évaluation de la conformité) et Scaled Risk (analyse et reporting).

    Le paysage du marché européen de la Regtech

    Les 80 entreprises européennes de Regtech analysées par l’étude couvrent huit sous-catégories correspondant à des enjeux de réglementation et de conformité cruciaux pour l’industrie bancaire : la gestion et le contrôle des identités, le reporting réglementaire, la gestion des risques, le suivi des transactions, la gestion de la conformité, le contrôle de la communication, la surveillance des marchés et les contrôles automatisés.

    1 / Gestion et contrôle de l’identité en temps réel et en continu

    Parmi les 80 entreprises Regtech étudiées, 27,2% se consacrent à la gestion et au contrôle des identités. Leurs solutions proposent de :

    –          créer des synergies à travers une base de données Blockchain partagée d’informations KYC (Know Your Customer : obligation pour les institutions financières de connaître leurs clients) entre les différentes filiales d’une même banque,

    –          identifier les profils biométriques comportementaux des utilisateurs en ligne,

    –          automatiser les contrôles KYC / AML (Anti-Money Laundering : lutte contre le blanchiment d’argent) en mettant en œuvre des API (interfaces de programmation applicative) pour relier les bases de données des organismes de contrôle aux bases de données des clients.

    A noter que 34,6% des entreprises de Regtech qui s’attaquent aux défis liés à la gestion et au contrôle de l’identité s’appuient sur des solutions basées sur l’IA

    2 / Aider les banques à respecter leurs obligations de reporting réglementaire

    L’autre type de Regtech le plus investi par les entreprises du secteur est la gestion du reportingréglementaire. Elles sont également 27,2% à présenter des solutions dans ce domaine et recourent pour cela essentiellement aux technologies Cloud (35,5%) et aux API (19,4%) permettant de :

    –          automatiser la production de rapports réglementaires

    –          soutenir et uniformiser la distribution transfrontalière des fonds d’investissement

    –          faciliter la supervision des sociétés financières par les autorités de régulation avec un portail de soumission de données sur le Web et une validation en temps réel.

    Près de la moitié de ces sociétés de Regtech (46,7%) se sont concentrées sur les clients de gestion d’actifs.

    3 / Une meilleure gestion des risques data

    Les sociétés de Regtech se concentrant sur de nouvelles façons de gérer les risques liés à la data (Risk Data Management, RDM) représentent 13,6% de l’échantillon étudié. Près de la moitié des RDM Regtechs (46,7%) s’appuient sur des solutions Big Data et ciblent principalement les clients Corporate & Investment Banking. La RDM porte aussi bien sur la gouvernance des données que sur leur suivi et leur protection, autant de tâches centralisées par un organe de supervision connecté à de nombreuses fonctions métier.

    4 / Gardez un œil sur vos transactions

    Le suivi des transactions est la quatrième problématique regroupant le plus de sociétés Regtech(11,1%). Pour assurer la surveillance des transactions, elles utilisent notamment les applications de la technologie Blockchain (36,4%) et l’IA/Machine Learning (27,3%). Elles offrent des solutions destinées à assurer le suivi de toutes les données clients en temps réel, l’identification des activités illicites et le contrôle des éléments d’identité physiques et numériques.

    5 / Une gestion de la conformité souple et automatisée

    L’étude Regtech met aussi l’accent sur un cinquième groupe de sociétés, celles spécialisées dans la « compliance management » (gestion de la conformité), à savoir tous les processus par lesquels les institutions financières s’assurent qu’un ensemble de personnes suit un ensemble de règles données. Là encore, l’IA/Machine Learning et les services Cloud (utilisé chacun par 37,5% des entreprises) sont les principales technologies mises à contribution. A noter qu’environ 30% des banques s’attendent à une plus grande implication des solutions Regtech en Compliance Management dans les années à venir.

    Levées de fonds européennes : le Top 10 des sociétés Regtech

    En tête du classement des montants levés en capital-risque, Fenergo (65,4 M€) a bénéficié de sa maturité et de l’étendue de ses solutions (KYC / AML, conformité fiscale, intégration client et gestion du cycle de vie). Suivent Onfido (49 M€), spécialisée dans la vérification d’identité et OpenGamma (32,7 M€), une société d’analyse experte dans la résolution des défis MiFID II (directive sur les marchés d’instruments financiers) sur les marchés dérivés. A noter en 5èmeposition, Behavox (17,4 M€), un outil de surveillance du marché alimenté par l’IA.

    M&A : un secteur déjà actif

    Quelques opérations de fusions & acquisitions de grande envergure ont eu lieu depuis 2015 sur le secteur de la Regtech européenne menées en majorité par de grands groupes américains : Dynatrace a ainsi jeté son dévolu sur le suisse Qumram (communication monitoring), Nasdaq sur le britannique Sybenetix (market surveillance) et Transunion sur l’irlandais Trusdev (transaction monitoring).

    A l’heure où les banques n’ont jamais consacré autant de ressources et de moyens financiers pour assurer la conformité aux risques, à la réglementation, à la connaissance du client et à la lutte contre le blanchiment d’argent, la Regtech peut offrir des solutions efficaces. Sans compter qu’à une époque où l’IA suscite de plus en plus d’inquiétudes et où les grandes entreprises brassent une masse considérable de données, la Regtech contribue à donner une image plus positive de ces nouvelles technologies notamment en termes de protection.

    Trois tendances à retenir

    1 / Les Regtech ont été à 86% créées après 2008, soit au moment de la crise financière et de la nouvelle ère de réglementations financières qui a suivi. Concentrées dans les pays d’Europe de l’Ouest, elles sont 47% à être implantées au Royaume-Uni.

    2 / L’Asset Management est le secteur d’activité bancaire le plus visé par les entreprises Regtech(28%). Suivent les fonctions supports des banques et le secteur du Corporate & Investment Banking.

    3 / Les technologies les plus utilisées par le secteur Regtech sont l’IA / Machine Learning (23% des entreprises de l’échantillon), le Cloud (19%) et le Big Data (19%).

  • La Reconnaissance Faciale – Quand la technologie devient un sujet philosophique, sociétal et juridique

    La Reconnaissance Faciale – quand la technologie de pointe devient un sujet philosophique, sociétal et juridique

    Selon Raphaël de Cormis, directeur du département innovations chez Gemalto.

    Le constat est clair, beaucoup d’encre, digitale ou non, coule sur la reconnaissance faciale. La controverse est là, largement exprimée et partagée par les médias. En revanche l’objectivité des réponses manque parfois à l’appel…

    En tant que fournisseur de technologies biométriques, telle que la reconnaissance faciale, il est primordial de rappeler que tout dépend de son usage et de son cadre d’application, en d’autres termes: comment la technologie est utilisée, à quels fins, y-a-t-il un cadre juridique à respecter etc.

    En reconnaissance faciale il existe une déclinaison prometteuse des cas d’usage basée sur un système de capture et vérification d’informations biométriques en temps réel. Un des plus grands bénéfices de cette technologie est qu’elle apporte une expérience simple, fiable et rapide, que ce soit pour procéder à un paiement, accéder à un lieu sécurisé, s’identifier auprès d’un fournisseur de service, mais aussi pour protéger les espaces publics. Et c’est précisément sur ce dernier usage que le débat est le plus fort puisqu’il peut être opéré à notre insu. Tout dépend de la situation, et il y a plusieurs nuances entre un contrôle automatisé au passage aux frontières et un scénario de science-fiction ‘Orwelienne’.

    La vraie question est de savoir si la biométrie doit jouer le rôle des « cookies web » dans la vie réelle ?

    La protection des espaces publics ou d’espaces privés accueillant en masse des individus (tels que les stades ou salles de concert) est un réel défi qu’aujourd’hui seule la technologie de pointe est capable de relever, car elle doit être des plus rapides, précises et non-intrusives.

    Mais quid du consentement individuel ? Il faut savoir qu’il existe des différences de réglementations entre les espaces privés ou publics. En France il y a des règles claires pour tout usage de vidéo protection. Par exemple les sociétés de transports n’ont pas le droit de stocker les informations récoltées par de la vidéo surveillance ; et toute zone protégée par de la vidéo surveillance doit être notifiée à la vue de tous. La bonne nouvelle est que l’on voit un réel essor de telles réglementations afin d’encadrer au mieux la transparence des procédés, sur le stockage ou non des données, les droits d’accès et de gestion des bases etc.

    On accepte dans notre expérience « web » que nos comportements soient tracés, analysés ou non et selon nos choix, afin de faciliter nos interactions sur Internet. La biométrie a le potentiel de faire office de « cookies » comme pour le web, afin d’améliorer notre expérience utilisateur dans la vraie vie.

    Mais voilà, avec la reconnaissance faciale en temps réel pour la sécurité des espaces, on touche bien évidemment aux questions liées à la surveillance qui pourrait se faire au détriment du respect de la vie privée, et même fondamentalement des droits de l’Homme. Aujourd’hui le constat est qu’il n’y a pas de loi universelle et que tout dépend du pays et du cadre que les gouvernements imposent ou non.

    De ce fait il existe de grandes différences qu’elles soient d’ordre éthiques et légales, en fonction de là où l’on se trouve. Que l’on soit en Europe avec la RGPD qui assure la protection des droits individuels ou à l’opposé, aux États-Unis (dans certains états) ou en Chine où l’on peut légalement capturer des données biométriques à des fins commerciales ou marketing ; il est certain que nous sommes encore loin d’avoir un cadre légal commun et clairement défini pour tous.

    Les réactions comme celles de Microsoft sont légitimes et annoncent un positionnement d’influence que le secteur privé peut être amené à jouer. Il faut toutefois noter que le NIST [organisme des standardisations] aux États-Unis a quant à lui déjà défini des réglementations pour les fournisseurs de technologie en biométrie non commerciale, pour les usages publics. C’est un bon début et les enjeux restent au plus haut car tout est question de trouver le bon équilibre entre les droits individuels et le devoir de protection qui se joue au niveau gouvernemental.

    En conclusion, toute nouvelle technologie aussi puissante que la biométrie, ne peut être bien accueillie que lorsqu’elle est déployée et exécutée dans un cadre législatif respecté par un plus grand nombre de pays, et cela afin de consolider des bases communes fortes.

    Donc s’il y a bien un sujet qui met tout le monde d’accord, c’est que sans cadre juridique et responsable la reconnaissance faciale ne pourra jamais mettre tout le monde

  • Chronique du RGPD : un résumé en 4 lettres

    Chronique du RGPD : un résumé en 4 lettres

    Le 25 mai se profile et de nombreuses entreprises tentent de se conformer au RGPD. Pour répondre aux exigences de cette nouvelle réglementation, le travail s’annonce important et surtout complexe. Xavier Leclerc, CEO de DPMS résume en 4 lettres les nouveautés apportées par le RGPD, pour éclairer tous ceux qui sont en pleine restructuration de leur service.
    R comme Registre 
    Avec la mise en place du RGPD, de nombreuses pratiques des entreprises en matière de protection des données vont être modifiées. L’un des points les plus importants de cette réforme réside dans l’obligation pour chaque entreprise de tenir un registre de traitements des données et ce, même en l’absence d’un DPO. Celui-ci pourra avoir deux niveaux de lecture dans le cas où il serait traité par un sous-traitant, dont le rôle sera de tenir un registre par catégorie de traitements. En parallèle, certaines mesures seront allégées : les responsables ne seront plus contraints de déclarer leurs traitements auprès de la CNIL (hormis pour des autorisations particulières). En résumé, les entreprises devront donc attester de leur conformité grâce à leur registre de traitements qui sera systématiquement réclamé par la CNIL durant les contrôles.
    G comme Gouvernance 
    Autre enjeu de taille dans cette nouvelle réglementation : la gouvernance, qui désigne ici un ensemble de procédures internes et de bonnes pratiques organisationnelles. Avec l’entrée en vigueur du RGPD, la responsabilisation des entreprises face à la protection des données personnelles sera accrue, et affectera en profondeur leurs process de conception et de traitement. En imposant le respect du « Privacy by Design » (prise en considération de la protection de la vie privée dès la conception) et du « Privacy by Default » (garantie du plus haut niveau de protection possible), le RGPD contraint chaque organisme à prouver qu’un projet, depuis sa conception à son application, a pris en compte le respect et la protection de la vie privée à chaque étape. Les entreprises devront également traiter dans un délai d’un mois, et non plus deux, les demandes de réclamations. Cette nouvelle forme de gouvernance n’est en fait l’expression de la notion d’accountability établie par le RGPD. Si l’entreprise constate une violation de données, elle dispose de pour le notifier à la CNIL. Elle peut également envisager la réalisation d’Etudes d’Impact Vie Privée (ou PIA) pour les traitements dits « sensibles ».
    P comme Preuve 
    Pour prouver facilement leur conformité avec le RGPD, les entreprises vont devoir mettre en place différents process. Plusieurs dispositifs s’ouvrent à eux : par exemple, pour prouver le respect du Privacy by Design, les entreprises peuvent procéder à l’horodatage d’un élément nécessaire à la conception du projet (document portant sur les droits des personnes) ou à la tenue d’un « clausier » contenant toutes les informations sur les sous-traitants afin de prouver facilement la présence de clauses portant sur la protection des données dans les contrats. Avec le passage du RGPD, la preuve est élargie et comprend toutes les notions relatives à la protection des données pour permettre aux entreprises de prouver plus facilement la véracité des informations délivrées aux personnes, la légalité du processus d’obtention des données personnelles sensibles (conscience, consentement libre et éclairé…) et le respect des droits des personnes (en particulier le droit à la vie privée).

    D comme DPOAu coeœur de l’inventaire des traitements de l’organisme, fortement recommandé et dans certains cas obligatoires, le DPO (délégué à la protection des données) supervisera et assurera le respect de la conformité de son entreprise au RGPD. Il se verra conférer des missions plus larges que celle de l’actuel CIL. Tout comme le CIL, le DPO n’aura pas d’engagement de responsabilité par principe, sauf en cas de complicité active avec le responsable du traitement ou s’il accomplit mal des tâches en dehors du cadre de ses missions.

    Fondateur et Président de l’Union des Data Protection Officer (UDPO), Xavier Leclerc créé DPMS en 2016. Sa vocation, accompagner les entreprises dans la protection, la gestion et le traitement de leurs données personnelles, mais aussi les professionnels (DPO et experts RGPD) en leur proposant une formation qualifiée par Bureau Veritas Certification. Au programme, un accompagnement de ses clients d’un bout à l’autre de la chaîne de valeurs sur le sujet, afin de préserver les libertés individuelles et respecter le règlement général de la protection des données et la loi Informatique et libertés

    Depuis près de 20 ans, Xavier Leclerc participe à tous les grands rassemblements autour de la protection des données, sujet dont il a fait son cheval de bataille. En 2001, il est le seul professionnel de France à porter le titre de Data Protection Manager, poste qu’il occupe au sein d’Experian. Directeur du Service CIL dès 2006 pour la profession notariale, et co-fonde l’association Française des Correspondants à la Protection des Données Personnelles en 2004.
    https://www.dpms.eu/