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  • Digitaliser la fonction finance : un horizon qui se rapproche ?

    Digitaliser la fonction finance : un horizon qui se rapproche ?

    Par Christophe Rebecchi – Directeur Général Europe du Sud, Winshuttle

    Entre contraintes réglementaires, système d’information vieillissant mais incontournable et défis RH, la fonction Finance n’a pas toujours la partie facile pour se digitaliser. Plutôt que de basculer en mode big bang, certaines choisissent une voie médiane qui sait s’accommoder de l’existant. Celle de la gestion des données applicatives.

    Comment résister à l’injonction de la digitalisation quand les technologies évoluent à grande vitesse et s’ancrent toujours davantage dans nos quotidiens ? Pour les entreprises, quelle que soit leur taille, c’est devenu impensable. Intégrer le numérique à leurs processus métier est devenu incontournable pour construire et distribuer des produits et services innovants, conformes aux nouveaux besoins et nouveaux comportements des clients. C’est aussi l’opportunité d’améliorer la productivité, l’efficacité, la responsabilisation et les modes de collaboration de leurs opérationnels, tout en leur permettant de gagner en qualité et confort de travail. Ce qui se joue avec le numérique, c’est la compétitivité et la pérennité des entreprises, dans des marchés de plus en plus ouverts, convoités par de nouveaux entrants, nés avec la révolution digitale, disruptifs et bien plus agiles que les entreprises traditionnelles. Et qui n’ont pas, eux, à gérer de legacy, cette lourde dette technologique.

    Un manque historique de moyens

    Dans cette course à l’agilité, les métiers de l’entreprise se transforment tour à tour, mais pas tous au même rythme. En toute logique, les premiers à embrasser la vague numérique sont les fonctions marketing et vente, en relation directe avec les clients. Suivent souvent les achats et la logistique. Et la direction financière ? Force est de constater qu’elle fait figure de retardataire dans cette vague de digitalisation tous azimuts des activités.

    C’est d’ailleurs le paradoxe d’une fonction qui se voit confier aujourd’hui des attributions et responsabilités grandissantes – elle va vers davantage de missions de co-pilotage auprès de la Direction générale et des Directions opérationnelles – sans avoir bénéficié ces dernières années du même niveau d’investissement que ses homologues dans l’entreprise. Ce manque relatif de moyens est souvent le lot des départements considérés uniquement comme des centres de coûts.

    La fonction n’a pas non plus la partie facile alors qu’elle est placée dans un contexte exigeant et contraignant, rempli de nouvelles obligations : normes IFRS, mise en place des pistes d’audit fiables, fichiers d’écritures comptables, adaptation des procédures de contrôle dans le cadre de la loi Sapin 2,… Autre handicap, elle doit faire face à une perte d’attractivité et une difficulté à recruter et fidéliser des équipes. La filière comptable en particulier pâtit d’une image peu attractive auprès des nouvelles générations. Ces digital natives se montrent en effet moins enclins à s’orienter vers un métier technique, très normé, encore parfois ingrat, avec beaucoup de tâches basiques de saisie, et surtout réputé gourmand en heures travaillées lors des clôtures fiscales.

    Peut mieux faire

    Alors où en est la fonction aujourd’hui face au digital ? Les processus financiers restent largement manuels. Ils font encore perdre beaucoup de temps et sont trop souvent sources de dysfonctionnements. Loin de leur cœur de métier, les équipes demeurent accaparées par des activités basiques telles que la saisie manuelle ou le nettoyage de données.

    C’est dans ce contexte empreint de fortes contraintes que la fonction Finance doit, à son tour, se réinventer. Son futur passe par un système financier plus efficient avec une solide maîtrise de ses processus et de ses référentiels de données. L’objectif : simplifier davantage et automatiser afin de générer un gain de temps pour les équipes, tout en fiabilisant les informations produites sur les activités de l’entreprise. Après avoir dématérialisé le processus Purchase to Pay, les DAF ont désormais d’autres gisements de productivité dans leur cible : le record-to-report, le reporting et l’élaboration budgétaire, la gestion des données de référence, les écritures de journal manuelles, le rapprochement des intercos, etc.

    Basculer ou attendre ?

    Mais dans sa route vers le tout digital, la fonction a plusieurs défis à relever. A commencer par l’évolution parfois radicale que ces outils amènent. Les projets, souvent transverses, de rupture, qui touchent aux processus, sont gourmands en ressources. Ils nécessitent un profond travail de conduite du changement et un effort de formation à de nouveaux savoir-faire. Mais surtout, ils nécessitent de tenir compte d’une réalité bien tangible : que faire du système d’information ? Même s’il montre ses limites (vieillissant, lourd et peu ergonomique vu des opérationnels), il a nécessité de gros investissements et est très utilisé par la direction financière.

    Face à la révolution promise par les nouvelles générations d’outils (le cloud, la robotisation, l’intelligence artificielle, l’analyse de données, qui seront la panoplie d’une DAF 3.0), nombre d’entreprises choisissent … d’attendre. Ce qui ne signifie pas s’en tenir au statu quo. Sur leur feuille de route de digitalisation massive, qui reste un objectif, elles s’équipent de solutions de gestion des données applicatives visant une amélioration progressive des processus. En surcouche de l’ERP, faciles à utiliser, elles permettent de remplacer les processus manuels inefficients de collecte, validation et transfert des données par des processus standardisés et automatisés. Ils redonnent de l’autonomie aux utilisateurs tout en capitalisant sur les savoir-faire acquis (Excel par exemple). Un atout non négligeable quand il faut encore batailler pour obtenir de nouveaux budgets.

     

     

  • Comment les nouvelles technologies vont-elles aider les services financiers à se transformer ?

    Comment les nouvelles technologies vont-elles aider les services financiers à se transformer ?

     Infosys propose 5 pistes pour aider les services financiers dans l’adoption d’innovations technologiques bénéfiques à leur business model

    La Blockchain ou encore l’Intelligence Artificielle sont sur toutes les lèvres. Ces nouvelles technologies apportent la promesse de donner une seconde jeunesse à de nombreux secteurs dont les services financiers. Pour ce faire, les banques doivent dès maintenant adopter ces nouvelles technologies à travers plusieurs leviers et domaines bien particuliers. L’objectif principal des services bancaires sera de proposer des offres améliorées voire totalement inédites, pour répondre aux nouvelles habitudes et attentes des consommateurs. Si au départ, ces changements peuvent sembler périlleux, ceux qui s’annoncent dans le domaine de la finance sont prometteurs. Car dans un monde hyper-connecté, il est indispensable de repenser son business model. En 2017, il s’agit de l’orienter pleinement vers les activités numériques. Infosys, propose cinq chantiers technologiques aux banques pour mener à bien cette redynamisation de leurs activités.

    Le passage à l’Open Banking

    Procédé relativement récent, l’Open Banking est perçu comme l’une des pratiques les plus bénéfiques pour la pérennité des banques. En ouvrant leurs plateformes à travers un écosystème connecté, les services financiers, non-financiers et les fournisseurs pourront alors échanger avec plus de fluidité. Se tourner vers l’Open Banking aura aussi des avantages en termes de coûts, qui pèsent actuellement sur la gestion des infrastructures vieillissantes. En réduisant cette part d’investissement conséquente, les banques pourront d’avantage soutenir leurs efforts en gestion de la relation client, à travers des offres qui vont leur permettre de se positionner face à une concurrence exacerbée. Les clients pourront également bénéficier d’interfaces unifiées et interopérables, pour une meilleure expérience utilisateur, grâce à des services complets et plus innovants.

    Relever pleinement le défi du Cloud

    Les banques traditionnelles, qui fonctionnent encore pour beaucoup avec des systèmes d’information bientôt obsolètes, courent le risque de disparaître au profit des banques digitales. Avec l’avènement du Cloud qui s’inscrit dans la transformation digitale des services financiers, les banques qui ont sauté le pas vers la modernisation de leurs activités, profitent déjà d’un large panel d’opportunités. Elles utilisent pleinement le mobile, le Big Data, l’IoT ou encore l’Intelligence Artificielle pour offrir de nouveaux services à leurs clients. Elles gagnent surtout en flexibilité, et suivent le courant insufflé par les FinTech. L’exemple des transactions électroniques qui s’amplifient, montre bien que les banques sont dès à présent obligées d’être de plus en plus agiles pour répondre aux nouvelles exigences des clients. Pour que cela se fasse sans encombre, les banques traditionnelles doivent migrer leurs activités vers des plateformes plus agiles comme le Cloud.

    Revoir les processus internes avec la Blockchain

    Les processus internes des banques vont bientôt nécessiter d’avantage d’interventions. Avec l’arrivée de l’automatisation, répondre à ces attentes croissantes deviendra possible avec la Blockchain. Les banques parient beaucoup sur l’agilité pour satisfaire les demandes de leurs clients. Il faut donc repenser les processus vers une agilité complète et efficace. Les communications inter-organisations vont par exemple s’accroître, et seule la Blockchain pourra porter les projets nécessitant des connexions entre différentes plateformes. Des initiatives conjointes à plusieurs banques autour de réseaux pilotés vont aussi voir le jour. Elles permettront d’assurer les envois de fonds internationaux et de financements commerciaux. Là- encore, seule la Blockchain assurera, grâce à sa traçabilité et sa sécurité, une qualité d’échange fiable et rapide.

    L’Intelligence Artificielle : quand la réalité dépasse la fiction

    Si la science-fiction a fait naître un sentiment de méfiance vis-à-vis de l’Intelligence Artificielle, la réalité de cette technologie est à l’opposé des craintes existantes. En amplifiant le potentiel humain, l’IA repose sur la définition même de l’intelligence, à savoir : un ensemble de processus de pensée permettant de s’adapter à des situations nouvelles, d’apprendre ou de comprendre. L’IA accroît son intelligence et ses performances dès lors que des interactions et des mécanismes de réflexion multiples se mettent en place. C’est ainsi que les opérations de front office et de back office peuvent être améliorées, grâce à l’IA qui résout les problèmes que les humains mettent tant de temps à solutionner. Sur le terrain de l’expérience client, l’IA intégrée aux processus opérationnels permet de réduire de 60% le temps de réponse donné à un client. Les possibilités de l’IA vont bien au-delà, via une expérience client digitale améliorée, ou encore des mesures de sécurité plus fiables, grâce à son intégration au cœur de l’infrastructure bancaire. Pour mener à bien ces expérimentations, les banques peuvent dès à présent mettre en place, par exemple, des démonstrations de faisabilité d’interfaces conversationnelles pour l’IA, à travers leurs stratégies omnicanal.

    Simplifier son architecture bancaire

    Avec l’arrivée de toutes ces nouvelles technologies, l’architecture des banques va se simplifier. Les banques doivent investir en conséquence pour que ces changements puissent s’opérer totalement. Auparavant, les architectures étaient concentrées en un bloc uniforme et très complexe. Désormais, elles seront fractionnées en plusieurs composants, pour faciliter le déploiement et la mise à niveau de fonctionnalités spécifiques. Il s’agira d’une concentration thématique des fonctionnalités, connue comme la modularisation. Les bénéfices seront les suivants : augmentation de l’agilité pour moderniser de façon sélective, suivi du rythme des tendances technologiques actuelles, et atténuation de certains risques liés à des projets nouveaux.

  • BLOCKCHAIN : pourquoi un tel engouement ?

    BLOCKCHAIN : CONCEPTS ET APPLICATIONS

    Bruno Teboul | Senior Vice-Président Science et Innovation Groupe Keyrus
    Frédéric Maserati | Directeur Conseil Keyrus Management
    Maxime Leroux | Consultant Data Scientist

    La Blockchain est née suite à la crise économique de 2008, et la remise en question du système financier. Fondée sur des recherches sur les crypto-monnaies, c’est-à-dire des monnaies chiffrées et opérées par des technologies totalement numériques, la Blockchain porte en elle, selon les plus grandssa gourous des technologies, de nouvelles promesses d’innovation et de disruption des modèles économiques dominants. La Blockchain est en cela une technologie révolutionnaire qui permet le développement et la mise en oeuvre d’un « Internet des transactions ». Mais qu’en est-il exactement ?

    L’idée de Blockchain est apparue avec le Bitcoin, la première crypto-monnaie, plus connue du grand public. Mais en réalité, nous pensons que la Blockchain partage plus de points communs avec le protocole TCP/IP qu’avec une crypto-monnaie. Et pour cause, Internet et son fameux protocole TCP/IP (« autoroutes de l’information ») a permis d’accélérer la révolution numérique, grâce à la diffusion notamment de l’information en mode « pair à pair ».

    La Blockchain est à la transaction ce que TCP/IP est aujourd’hui à l’information, à la communication… La Blockchain va produire les « autoroutes transactionnelles » en mode pair à pair !

    En théorie, la Blockchain est un registre dupliqué et partagé entre tous les noeuds d’un réseau ; chaque noeud pouvant être un utilisateur ou même un ordinateur. Pour simplifier encore notre propos, ce fameux registre notifie et horodate chaque échange entre chaque noeud dans un « bloc ». Dès que le « bloc » est rempli, il est « chainé » à la suite avec les blocs précédents, de sorte que tout y est inscrit… et visible de tous. C’est donc à la fois, un serveur horodaté, sécurisé et une base de données pair à pair sécurisée.

    Et c’est bien là où se situe la disruption des modèles transactionnelles classiques tels que nous les connaissions. En effet, quelle que soit la situation dans laquelle l’entreprise se trouve, et presque à chaque fois, un tiers de confiance assure, garantie qu’une transaction a bien eu lieu, et qu’elle n’est opérée qu’une seule fois (banque, notaire, auditeur,…). La Blockchain permet qu’une transaction, un échange a bien eu lieu entre plusieurs « parties »… en s’affranchissant de la présence du tiers de confiance. La disruption repose ici sur la désintermédiation sécurisée, distribuée, en mode « pair à pair ».

    Pour ce faire, les blocs sont automatiquement empilés de façon chronologique, horodatés, et bien sûr chiffrés, le tout ayant été « validés » par les « mineurs »… des personnes comme vous et nous (au travers de l’un des noeuds du réseau) qui mettent à disposition leur puissance de calcul informatique afin de résoudre le problème mathématique soumis par la « chaine de blocs ». La résolution du problème équivaut ainsi à « valider » la transaction, un peu comme le ferait une chambre de compensation pour les paiements. Et comme les transactions sont visibles de tous, la Blockchain se transforme alors en un formidable outil d’audit, ce qui permet d’asseoir la confiance entre les acteurs.

    C’est d’une certaine façon identique aux grands livres de comptes des établissements bancaires et financiers… mais sans banques, ni établissements financiers. Et la boucle est bouclée. On se retrouve dans un système de confiance… mais sans tiers de confiance… quel paradoxe ! Et quelle révolution !

    POURQUOI UN TEL ENGOUEMENT ?

    Si tout un chacun peut « transacter » en toute confiance directement en pair à pair, sans intermédiaires, sans tiers de confiance, alors on permet la suppression des plates-formes qui prélèvent la richesse (à titre d’exemples : AirBnB, Uber,…). Si bien que des modèles alternatifs à Uber existent déjà, ce sont des plates-formes collaboratives développées sous technologies Blockchain comme ArcadeCity ou Lazooz.org. On parle de phénomène de « Blockchainisation » désormais, après l’Uberisation !

    Pour preuve, l’accélération des investissements, le nombre incroyable de conférences et d’articles. L’engouement est grandissant depuis les effets d’annonce des Gourous d’Internet sur les applications de la Blockchain au monde de la finance, dont les impacts sont chiffrés en milliards de dollars…

    Et même si le principal challenge technique porte sur le nombre de transactions traitées par seconde, ce que la Blockchain Bitcoin apparait être incapable de réaliser, le recours à des Blockchains privées présente un intérêt fort, car elles peuvent permettre des approches distribuées à un coût réellement marginal.

    L’autre raison d’un tel engouement, c’est la scalabilité de cette technologie. En effet, toutes les Blockchains qui utilisent le « Proof of Work » peuvent être vulnérables à des attaques virales informatiques de type « Goldfinger ». Ces attaques consistent à rassembler une puissance de calcul équivalente à un peu plus de 50% de la puissance totale du réseau considéré (ou d’un groupe de serveurs, comme ceux du Pentagone qui font l’objet de centaines d’attaques quotidiennes). Dès lors, l’attaquant est libre de valider/invalider certaines transactions. Le but de ces attaques étant d’ébranler la confiance des utilisateurs dans la technologie, ici la Blockchain. Mais aujourd’hui, le Bitcoin est le plus puissant réseau du monde avec près de 1200 Peta Hash par seconde, ce qui signifie que l’attaque à 51% n’est pas impossible, mais serait terriblement couteuse. Il faudrait en effet près de 5 milliards USD pour 10 minutes d’intrusion, selon certains experts.

    Par ailleurs, le Bitcoin étant un projet mondial open source, un simple patch suivi d’un redémarrage des noeuds du réseau suffirait à résoudre le problème en quelques minutes. De plus, le code source étant auditable par tout le monde sans grande complexité.

    UNE MULTITUDE DE BLOCKCHAINS

    Devant le caractère universel de la Blockchain, on comprend que tous les secteurs seront touchés par l’adoption de cette technologie. Le nombre de processus susceptibles d’être impactés est proprement phénoménal. Les banques ne s’y sont pas trompées. Seules ou collectivement, elles explorent et expérimentent les possibilités de la Blockchain avec un double objectif : tirer parti de ses avantages et intégrer la logique de point à point dans leur modèle, pour mieux résister à l’arrivée de nouveaux acteurs utilisant un modèle nativement distribué et désintermédié, notamment les FinTechs.

    Mais nous vivons bien une explosion cambrienne avec la naissance de centaines de Blockchains propices à l’expérimentation. Aujourd’hui, tout le monde peut créer son propre système, les conditions d’accès et de démarrage étant simples et accessibles financièrement.

    On assiste ainsi à l’apparition de Blockchains privées, dans lesquelles la participation au consensus (le minage) requiert une permission. Ainsi, malgré la disposition centralisée de ces Blockchains privées, certains traits des Blockchains publiques comme le Bitcoin ou Ethereum demeurent : une architecture hautement résistante car la base de données est distribuée, une permanence du système car les données sont immuables, une unicité avec un seul système : un « grand livre de comptes ».

    En résumé, il y a des Blockchains publiques dont le grand livre de compte est ouvert, sécurisées par l’utilisation de preuves de travail (« proof of work ») qui demandent de la puissance de calcul afin d’obtenir le droit en écriture dans un bloc (minage) ou encore la preuve par l’actif (« Proof of Stake » qui demande certains actifs numériques particuliers pour obtenir le même droit en écriture.

    Il existe également des Blockchains privées dont le grand livre de compte est fermé, et dont l’accès est « permissionné » et qui devraient concerner plutôt les entreprises et le monde professionnel, même si on pourrait bien assister à une forme d’hybridation des Blockchains publiques/privées dans les années à venir.

    QUELS SONT LES BÉNÉFICES DE LA BLOCKCHAIN ? ET QUELS SONT LES ENJEUX AUXQUELS LES ENTREPRISES DEVRONT FAIRE FACE ?

    TRAÇABILITÉ ET TRANSPARENCE

    Puisque toute transaction est inscrite de manière permanente, la traçabilité s’en trouve ainsi assurée (rail d’audit). À titre d’exemple, Walmart expérimente la technologie Blockchain en vue d’augmenter la traçabilité de ses produits. La technologie lui permet d’avoir accès de manière immédiate et certifiée aux informations relatives à la production, la distribution et la commercialisation de ses produits en marque propre.

    SÉCURITÉ

    Grâce à l’utilisation de méthodes cryptographiques, la Blockchain assure la sécurité des transactions. De plus, la mise en réseau des informations assure que les transactions ne peuvent être piratées. À titre d’exemple, les crypto-monnaies tirent pleinement bénéfice de cette propriété en incorporant dans le code source l’accès aux transactions passées associées à l’unité de valeur tout en protégeant l’identité des personnes associées à la transaction. Le vol d’identité lors de la réalisation d’une transaction n’est donc théoriquement plus possible.

    RAPIDITÉ D’EXÉCUTION

    Grâce à une infrastructure en réseau, l’enregistrement ainsi que l’accès à l’information se font de manière quasi-instantanée. Pour preuve, le monde de la finance expérimente actuellement l’utilisation de la Blockchain en vue de faciliter l’intermédiation entre les banques, les chambres de compensation et les banques centrales. Elles y voient l’opportunité d’augmenter l’efficacité des opérations : rapidité d’exécution, réduction des ressources et des coûts.

    TECHNICITÉ, ACCÈS ET DÉPENDANCE À LA TECHNOLOGIE

    Le sujet reste encore très technique et difficilement accessible pour le plus grand nombre. Pour autant, à force d’évangélisation, d’acculturation, de nombreux acteurs (comme Keyrus) contribuent chaque jour aux développements de nouvelles plateformes, et in fine de nouveaux usages. Les plus grandes ESN (Entreprises de Services Numériques) comme IBM intègre nativement des API pour favoriser l’intégration et la diffusion de la technologie Blockchain.

    PIRATAGE ET INTÉGRITÉ DU RÉSEAU

    Bien que théoriquement impossible à pirater, certaines applications, dans les couches hautes, connectées à des infrastructures Blockchain, ont permis récemment à des pirates de dérober d’importantes quantités de crypto-monnaies, aboutissant à une mise en cause de l’intégrité des infrastructures Blockchain. En réalité, même si la Blockchain dans le cas présent (une faille de sécurité dans une application métier opérant sur la Blockchain publique Ethereum) n’est pas à remettre en cause, force est de constater dans toute technologie naissante, les phases d’apprentissage sont le plus souvent émaillées d’une multitude d’écueils.

    QUELLES APPLICATIONS CONCRÈTES ? QUELS CAS D’USAGES DE LA BLOCKCHAIN?

    En revenant à la genèse de la Blockchain, on comprend mieux pourquoi, philosophiquement, cette technologie (ce protocole d’échange) est en phase de « disrupter » de nombreux secteurs.

    C’est donc sur un postulat assez simple que repose encore aujourd’hui le principe architectural de la Blockchain : assurer des échanges, des transactions entre 2 individus, 2 entités, en s’affranchissant de tous les intermédiaires, tiers de confiance, qui « trahissent » la confiance en abusant de leur position dominante dans leur écosystème.

    Depuis, les applications de la Blockchain se sont multipliées, s’étendant bien au-delà du système financier, allant de l’économie de partage à la gestion de la chaîne logistique en passant par les smart contracts (ces fameux algorithmes auto-exécutables et autonomes) et le vote numérique. Les domaines d’application transcendent donc les secteurs économiques, et la Blockchain est déjà prête à transformer toutes les industries actuelles. Cette technologie va transformer l’organisation du transport, de la chaine d’approvisionnement (Supply Chain), de la publicité, du secteur de la production et de la distribution d’énergie, du marché immobilier, de l’assurance… Elle va transformer l’avenir en nous faisant passer de l’Internet des objets aux objets autonomes. Elle va permettre d’unir le monde numérique et le monde physique… enfin !

    Les Contrats Intelligents (« Smart Contracts ») promettent aux objets à la fois l’immutabilité, la preuve de leur corruption le cas échéant, la résistance à la collusion. La Blockchain va permettre de donner aux objets une identité et une pleine autonomie. Les objets finiront même par « s’appartenir » eux-mêmes, en exécutant seuls du code, dans un futur proche et de manière autonome.

    Prenons l’exemple de la voiture autonome : son avenir n’est pas tant le fait qu’elle se déplace seule… le point ultime du modèle de voiture autonome, c’est qu’elle se loue elle-même, en toute autonomie, et où les utilisateurs ne paieront que l’usage, directement à la voiture elle-même, sans passer par un quelconque tiers de confiance. Sans doute les prochaines évolutions des modèles d’Uber et de Lyft.

    QUELLES SONT LES APPLICATIONS CONCRÈTES DE LA BLOCKCHAIN AUJOURD’HUI ?

    Secteur financier & actifs digitaux

    Au-delà du Bitcoin, les applications potentielles sont nombreuses dans le secteur financier. Le NASDAQ a dévoilé Linq en 2015 : la toute première plate-forme d’émission d’actions privées entièrement gérée par la Blockchain. À travers ce nouveau système, les investisseurs privés peuvent transiger les actions de compagnies privées. Ainsi nul besoin de certificats d’émission d’actions ou de détention de parts des entreprises : tout est digitalisé et immortalisé dans la Blockchain. On parle alors d’actifs digitaux. Openchain et Chain en sont d’autres exemples. Le premier digitalise tout actif alors que le deuxième se concentre dans la révolution du système financier.

    Identité digitale & sécurité

    oneName est une startup américaine utilisant la Blockchain pour générer une identité digitale qui pourra être utilisée uniquement par l’usager afin de se connecter aux différents services Web. Plus besoin de mémoriser d’innombrables noms d’utilisateur et mots de passe : une seule identité digitale est nécessaire.

    L’Estonie, précurseur dans le domaine, a depuis quelques années établit un projet d’identité digitale permettant à ses citoyens d’agréger leurs informations personnelles de manière sécuritaire : identité digitale aux fins de vote, références médicales, permis de conduire, etc. Un projet plus récent en partenariat avec la bourse de Tallinn permettra aux détenteurs d’actions de voter aux assemblées des actionnaires – évidemment sans se déplacer.

    La start-up FollowMyVote pour sa part, mise sur la digitalisation du système électoral. Observant les multiples déboires de plusieurs pays en terme de fraude électorale, la startup propose l’application de la Blockchain afin d’assurer l’audit et la traçabilité du processus de votation.

    Santé & pharma

    Le secteur de la santé regorge également d’applications potentielles. Dans le domaine des industries pharmaceutiques par exemple, la légitimité, l’authenticité et la traçabilité des résultats cliniques sont primordiales. BlockRX utilise la technologie de la Blockchain afin d’assurer la traçabilité de la chaîne d’approvisionnement. Autre cas d’utilisation dans le domaine de la santé : les dossiers médicaux. En digitalisant ces derniers, l’information du patient est plus aisément transmise d’un professionnel à un autre (avec l’accord du patient bien sûr). Fini les fax et les feuilles de soin du médecin ? L’intérêt dans ce secteur est si important que Phillips a lancé, début 2016, son propre laboratoire de recherche sur la Blockchain.

    Assurance

    Autre domaine de fort intérêt pour la Blockchain : l’assurance. Ici les possibilités sont multiples et nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Par exemple, l’assurance pair à pair (Ex : Dynamis ) met fin à la relation tripartite habituelle entre payeurs, assurés et assureurs. Elle permet à chacun de participer à la fois au pool d’assurés et aux gains d’investissement. Autre exemple, l’assurance paramétrique (Ex : Rainvow) pour sa part permet d’indemniser l’assuré automatiquement lorsqu’un certain événement survient grâce aux Smart Contracts. Ainsi, grâce à l’inter-connectivité des objets (IoT), et à la programmation d’événements, il est possible d’enregistrer des contrats d’assurances automatiques. Un exemple frappant est le potentiel d’assurance sur la production agricole contre les intempéries. Grâce à des capteurs (de pluie ou de température par exemple), le paiement de la prestation (au producteur assuré) pourra être déclenché automatiquement par exemple, après 2 mois de sécheresse (exemple fictif).

    Programmes de fidélité

    Les programmes de fidélité subiront eux aussi de grands chamboulements avec l’arrivée de la Blockchain. La technologie permet déjà aujourd’hui d’inscrire au fur et à mesure au registre les points gagnés et utilisés par les membres en temps réel. Une fois les partenaires participants enregistrés et connectés, toutes les transactions (achats et rédemption de points) peuvent se faire en temps réel. Plus besoin alors d’attendre son relevé de fin du mois ou encore d’atteindre un seuil minimal avant deracheter (redeem) vos points sur une sélection réduite de produits ; l’achat et la rédemption de points peuvent se faire simultanément. C’est d’ailleurs ce que loyyal propose.

    Mais la vrai révolution dans les programmes de fidélité utilisant une crypto-monnaie en close loop, c’est le caractère cessible du Coin versus le point qui est révolutionnaire. On « déverticalise » la relation en « l’horizontalisant ». De fait, on n’adresse plus simplement un programme de fidélité (l’enseigne vers la carte de fidélité, elle-même vers le client), mais on échange avec une communauté de clients, on favorise les échanges à l’intérieur même de cette communauté. C’est un changement profond et complet de paradigme.

    Smart Contracts

    Les Smarts Contracts vont bien au-delà du secteur de l’assurance. Toute entente entre deux parties a le potentiel d’être digitalisée et automatisée. Ces contrats dit auto-exécutables donnent aux différentes parties l’assurance qu’une fois les conditions remplies, le contrat sera honoré avec aucune possibilité de fraude, de mauvaise foi ou d’interférence avec une tierce partie. C’est d’ailleurs le pari du projet Ethereum.

    Processus et échange d’information

    Au final, tout échange entre différentes parties peut être géré par la technologie de la Blockchain. Qu’il s’agisse d’argent digital, de preuve d’identité, de paiement d’assurance ou de transfert à un fournisseur ou un client, la logique reste la même : le processus nécessite l’échange et l’historisation des transactions et ce doit d’être auditable, traçable, efficient et transparent.

    Au regard de l’incroyable potentiel disruptif de cette technologie et de ses applications, une chose apparait presque comme une évidence : face à de telles potentialités, il devient important de mesurer toutes les conséquences de la Blockchain et de ses applications sur ses modèles d’affaires, de revenus, de croissance…

    Le Groupe Keyrus, a construit son propre écosystème Blockchain et a ainsi développé une offre innovante qui se déploie depuis l’accompagnement stratégique jusqu’à l’intégration de projets Blockchain au sens technique. Keyrus accompagne depuis près de deux ans déjà ses clients dans cette démarche : de l’acculturation à l’identification de cas d’utilisation (« use cases »), jusqu’aux développements et à l’intégration de projets reposant sur les technologies Blockchain.

    Keyrus se charge par ailleurs de l’interconnexion avec les Systèmes d’Information existants des entreprises.

    Plus d’information sur l’offre Blockchain de Keyrus : Blockchain@keyrus.com

     

  • Directeur Financier : une fonction sous pression face à de nouveaux enjeux

    Pourquoi le Directeur Financier d’aujourd’hui doit enrichir la palette de solutions mises en œuvre

    Pierre-Emmanuel Tetaz, Managing Director, Concur

    Les mutations opérées au sein du monde de l’entreprise ces dernières années – la transition numérique étant la dernière en date – ont donné naissance à de nouveaux enjeux auxquels dirigeants et décideurs doivent faire face. En effet, les attentes des investisseurs n’ont jamais été aussi élevées, et la gestion d’une main d’œuvre diversifiée se révèle de plus en plus complexe. De plus, les coûts liés au turnover du personnel et à la perte de productivité qui en découle, ont atteint des niveaux inédits au sein d’un environnement devenu hyperconcurrentiel. En conséquence, les entreprises doivent faire preuve d’une extrême flexibilité et élargir le périmètre d’intervention de certaines de leurs fonctions clés, comme celle du Directeur Financier, qui ne peut plus se limiter à ses attributions classiques telle que le contrôle des coûts opérationnels ou la production des résultats financiers.

    Conscients de ces problématiques, et afin de ne pas se faire distancer, certains d’entre eux se sont équipés de solutions technologiques de gestion des notes de frais et de déplacements professionnels. S’intégrant facilement aux process et systèmes déjà existants de l’entreprise, elles permettent de répondre aux nouveaux enjeux de ces DAF modernes, à savoir :

    Apporter une meilleure visibilité sur les performances pour rationaliser les coûts et optimiser les processus décisionnels. Les solutions sur-mesure permettent d’automatiser les processus et de générer des rapports plus poussés sur une grande variété d’indicateurs économiques, plus efficacement que les processus manuels. Ce qui nécessitait autrefois des jours, voire des semaines entières, ne prend plus que quelques heures.

    Un récent rapport[1] réalisé par le cabinet de recherche IDC révèle que les entreprises équipées d’une solution de gestion des notes de frais et de déplacements professionnels devraient réaliser une  économie de 55.000 dollars en moyenne pour 100 collaborateurs sur 3 ans. Par ailleurs, les solutions prédictives apportent bien plus que de simples capacités d’automatisation et offrent aux dirigeants des informations qui leur permettent d’identifier de nouvelles opportunités.

    Proposer des solutions « user-friendly » aux salariés permettant d’augmenter leur productivité et de limiter le turnover.

    L’impact du personnel en déplacement sur les performances financières étant de plus en plus important, il est indispensable de mettre à leur disposition un ensemble d’applications qu’ils voudront utiliser fréquemment pour rendre compte de leurs dépenses avec précision et les saisir rapidement. Cela pourra s’illustrer, entre autres, par l’utilisation d’applications mobiles permettant de réaliser des captures d’écran des justificatifs et d’enregistrer facilement les frais au fil de l’eau. Toujours selon le  rapport IDC,  les salariés des entreprises utilisant ce type de solutions ont réduit de moitié le temps alloué à la planification d’un voyage et ont limité de 70% le temps passé aux traitement de leurs notes de frais. Ils peuvent ainsi se consacrer pleinement à leur mission et être plus productifs.

    De plus, la mise en place de solutions permettant de simplifier le quotidien des utilisateurs a un impact positif sur leur satisfaction, et peut limiter le turnover dont le coût et la baisse de productivité qui y sont associés n’ont jamais été aussi importants. Il est donc nécessaire de proposer des outils innovants, qui peuvent être facilement adoptés, notamment par la génération Y dont les exigences en matière de conditions de travail sont plus élevées.

    En conclusion. Le Directeur Financier d’aujourd’hui doit enrichir la palette de solutions mises en œuvre. En optant pour une solution de gestion des notes de frais et de déplacements professionnels, il pourra gagner en visibilité et en maitrise sur les procès, et accroitre ainsi les performances tout en rationalisant les coûts. De plus, l’aspect novateur et convivial apporté par ces applications sauront remporter l’adhésion des salariés, et limiter ainsi le turnover pouvant porter préjudice à la productivité de l’entreprise.