Étiquette : collaboratif

  • Quand la sécurité des sites passe par une stratégie collaborative

    La collaboration est primordiale pour assurer la sécurité totale des sites


    Par Steven Commander – Business Manager de HID Global

    Le contexte à prendre en compte

    Pour affronter efficacement les cyber menaces de plus en plus présentes, une collaboration étroite entre les équipes de sécurité physique et informatique devient essentielle. Une approche conjointe doit être adoptée afin d’élaborer une stratégie complète permettant de lutter de manière plus globale contre les menaces à la sécurité physique et informatique. Comme il existe de plus en plus de dispositifs conçus pour relier et partager les informations dans les bâtiments intelligents d’aujourd’hui, l’équipe de sécurité physique doit impliquer l’équipe IT dans les discussions et les décisions sur les projets, leur conception et leur mise en œuvre.

    Nombreuses sont les infrastructures qui fonctionnent encore sur d’anciens systèmes de contrôle des accès qui ne sont souvent modernisés qu’après une faille de sécurité. Or il est bien plus avantageux pour un site d’opter pour un système de contrôle des accès en mode IP plus sophistiqué, qui intègre des principes de sécurité physique et virtuelle ou IT. Mais les équipes de sécurité ne doivent pas travailler séparément les unes des autres.

    Les principaux facteurs à prendre en compte pour élaborer une stratégie collaborative : 
    • Les équipes de sécurité physique et IT relèvent-elles de l’autorité de la même organisation ou d’un Directeur de la sécurité (CSO) ? Dans la négative, elles y auraient pourtant intérêt, de sorte que le CSO ou le responsable de l’organisation puisse avoir une vision globale de la sécurité des sites et prendre les mesures nécessaires pour la renforcer, qu’il s’agisse de sécurité physique ou informatique.
    • L’équipe IT a-t-elle mis en œuvre des politiques de sécurité plus perfectionnées, qui intègrent les attributs de localisation des lieux ou des informations souvent fournies par les systèmes d’accès physique ? Le suivi des personnes qui entrent dans votre immeuble et de ses installations et de ce à quoi vos employés ont accès exige une approche cohérente. Les équipes IT doivent veiller à ce que leurs systèmes soient intégrés aux systèmes de contrôle des accès physiques afin de suivre avec exactitude les déplacements des employés et des visiteurs dans un bâtiment, ce qui permet de mieux analyser le comportement et l’activité des utilisateurs.
    • Existe-t-il une plateforme récurrente et régulière où les différentes équipes peuvent échanger ? Les caméras de sécurité, par exemple, relèvent des compétences de l’équipe de sécurité physique mais aujourd’hui l’internet des objets (IoT) les connecte à d’autres dispositifs qui n’auraient traditionnellement peut-être pas été du ressort de cette équipe. La connexion de dispositifs tels que les caméras à d’autres systèmes et réseaux peut apporter une valeur ajoutée considérable en transformant les données en informations exploitables, mais cela accentue aussi en contrepartie l’exposition publique et le risque.
    • Les membres des équipes de sécurité IT ou physique participent-ils à des projets transfonctionnels ? La collaboration dans des projets qui associent la mise en œuvre de solutions de contrôle des accès informatiques et physiques est primordiale pour l’élaboration d’une approche solide et holistique des stratégies de sécurité d’une organisation. Cela favorisera également une culture organisationnelle de rapprochement des équipes de contrôle des accès informatiques et physiques.
    • Les éléments nécessaires à la mise en conformité dans l’entreprise font ils l’objet de programmes de formation et de contenus distincts ou communs ? Il est impératif que les équipes de sécurité physique et informatique soient formées ensemble pour élaborer des pratiques de sécurité sur l’ensemble du site. En travaillant conjointement sur la conformité, les équipes comprennent à quel endroit leurs compétences se recoupent et déterminent s’il existe des failles dans leurs pratiques ou leurs règles.

    Solution

    La collaboration n’est pas une démarche à sens unique. Si l’équipe IT n’inclut pas l’équipe de sécurité physique à ses évaluations informatiques et à ses processus de gestion de crise, c’est l’entreprise qui en pâtit. Chaque membre de l’équipe de sécurité physique doit savoir ce qu’il faut faire et quelles sont les ressources technologiques critiques et doit participer activement à la planification afin de protéger ces actifs.

    Avec la recrudescence des problèmes de cybersécurité, il est important d’aller au-delà de l’inévitable convergence entre accès informatique et physique. La première étape consiste à établir un canal de communication et à développer les relations et les processus pour le rendre opérationnel. En garantissant la collaboration entre les équipes de sécurité physique et informatique, la sécurité globale du site est renforcée, pour une plus grande satisfaction des clients et des employés.

  • Outils collaboratifs et sociaux dans les entreprises : l’âge de la maturité

    Résulltats de l’Etude Arctus
    « Observatoire e-transformation & Intranet 2016 »

    Arctus l’annonçait depuis plusieurs années, cette fois l’étude le confirme : le déploiement du numérique est avant tout porteur d’opportunités pour les entreprises.

    Les initiatives vont bon train. L’intranet n’a plus l’exclusivité de l’information et de la communication qui se déploie également dans de nombreux autres espaces. Blogs, wikis, forum, espaces collaboratifs sont devenus des lieux d’échanges spécialisés, permettant aussi de réduire progressivement l’utilisation de la messagerie.

    Les espaces collaboratifs sont disponibles dans une majorité d’entreprises et leur création est sous-tendue par une gouvernance dans une très large majorité de cas, ce qui confirme la valeur donnée à ces espaces.

    Le réseau social d‘entreprise se déploie inéluctablement. Il est maintenant disponible dans plus d’une entreprise sur deux. Mais comme l’ensemble des fonctionnalités sociales, il va devoir gagner en maturité dans son niveau d’usage.

    Pour tous les répondants, le digital est perçu comme une opportunité pour l’entreprise.

    Une moyenne de 3 dispositifs numériques déployés en lien avec le digital par entreprise confirme que la transformation numérique est en marche. Dans 30% des cas, ils concernent le réseau social d‘entreprise, le knowledge management et l’innovation participative. 38% des entreprises annoncent même travailler au déploiement d’un dispositif unifié en matière de web interne.

    L’édition collaborative et l’innovation participative sont les deux propositions qui sont porteuses du plus fort pourcentage de projets.

    Dans le premier cas, l’adaptation des outils classiques au collaboratif répond aux enjeux de performance des organisations.

    Dans le second cas, il s’agit de recourir plus systématiquement à la créativité des salariés au travers des outils digitaux. Le numérique s’invite partout !

    Les applications mobiles sont des sujets de grand intérêt puisque 15% des entreprises déclarent leur déploiement en projet, et près de 20% en disposent déjà.

    Les fonctionnalités sociales (comme la possibilité de liker, commenter ou recommander un contenu mais aussi d’animer son réseau de contacts) se déploient deux fois plus vite que les outils collaboratifs. En effet, présentes dans environ 1 entre prise sur 2, elles se sont, en 5 ans, déployées à un niveau comparable à celui que le collaboratif aura mis 10 ans à atteindre.

    Concentrées sur le déploiement et l’utilisation des outils collaboratifs et sociaux, plus de 50% des entreprises désormais considèrent les services d’information et communication dans l’intranet comme annexes

    Les communautés, les groupes et les contacts personnels sont autant de nouvelles sources d’approvisionnement en information.

    Rendez vous au salon Solutions Intranet Collaboratif et RSE qui se tient du 21 au 23 Mars 2017 Porte de Versailles

    Les chiffres à retenir

    collabo

  • Comment engager en marketing collaboratif?

    Marketing collaboratif : Comment atteindre ses objectifs avec ses consommateurs ?

    Par Rafael Schwarz, International Key Accounts Director chez trnd Allemagne

    Il y a trente ans, les annonceurs pouvaient facilement atteindre leur audience avec une pub TV. Dans notre contexte médiatique, avec un portefeuille de marques de plus en plus diversifié et des consommateurs volatiles, il devient complexe de transmettre un message de manière efficace.

    Le consommateur perçoit la publicité comme intrusive et la rejette. Il enregistre ses émissions TV favorites, zappe les vidéos sur YouTube, installe des « ad blockers » sur internet… En revanche, il accorde de plus en plus d’importance et sa confiance dans l’opinion de ses proches, soit dans le bouche-à-oreille (WOM – Word Of Mouth). Progressivement, le besoin de consommer est complété par l’envie de s’engager et de partager ses impressions pour améliorer un produit, par exemple. Naturellement, il parle et recommande des produits sur la toile ou lors de conversations physiques. Sa force de prescription est tellement puissante qu’elle génère, en moyenne, 13% des ventes sur le marché[1] – imaginez lorsque celle-ci est stimulée et encadrée ?

    Du bouche-à-oreille organique au WOM Marketing
    Contrairement à la vision traditionnelle du marketing, les individus recherchent activement de « l’information brute » soit l’opinion franche d’utilisateurs et/ou consommateurs sur un produit ou service qu’ils auraient expérimenté – 69% d’entre eux plébiscitent ainsi les avis en ligne. Le fait de pouvoir s’identifier, et de se laisser guider dans le processus d’achat grâce à ses pairs, rend le WOM crédible et plus fiable que la publicité.72% des consommateurs feraient donc confiance à ces avis disponibles sur des plateformes dédiées ou sur les réseaux sociaux[2].

    Les recommandations personnelles, en face à face, seraient davantage puissantes avec 92% des consommateurs attestant de leur confiance en ce levier.[3] Le WOM étant généré au 2/3 en offline (c.-à-d. dans la vraie vie), les marketeurs ne devraient pas le négliger pour gagner en efficacité dans leurs différents types d’activation. Le WOM peut, en effet, être planifié, stimulé et mesuré au même titre qu’une campagne de marketing traditionnelle. Chez trnd, expert européen de marketing collaboratif, nous avons réalisé nos propres études d’impact sur la notoriété, les intentions d’achat et le retour sur investissement. Toutes ont prouvé que le marketing de bouche-à-oreille (WOMM – Word Of Mouth Marketing) est une brique essentielle du marketing mix des marques, ainsi qu’un levier de communication puissant et complémentaire aux média traditionnels. En collaboration avec Nielsen et l’ESCP Europe, nous avons notamment déterminé un ROI moyen de 3,93€[4]. Des recherches menées par l’association mondiale du WOMM ont également démontré sa rentabilité – plus de la moitié des ventes serait alors impactée par des opérations de bouche-à-oreille.[5]

    Le WOMM, un levier du marketing collaboratif.
    En réalité, le marketing est né « collaboratif ». Historiquement, sur la place du marché, un dialogue s’est naturellement crée entre les producteurs et les acheteurs pour discuter volumes, prix, qualité et caractéristiques des produits… Cela était bénéfique pour chacune des parties : le producteur obtenait assez d’informations pour ajuster son offre et son service ; ce qui satisfaisait les besoins et les envies de l’acheteur. Avec l’émergence de la grande distribution et du système de libre-service, cette communication a été rompue et rapidement remplacée par la publicité de masse.

    Aujourd’hui, ce modèle arrive à ses limites. La plupart des consommateurs n’accepte plus d’être de simples « récepteurs » d’informations et souhaitent plus d’engagement, plus d’interactions. Ils ressentent le besoin d’être reconnus comme des partenaires, à égalité, dans chaque processus marketing.

    Le challenge ?
    Alors que 80% des consommateurs attendent des marques qu’elles les écoutent et qu’elles approfondissent leur relation, seulement 16% d’entre elles s’y appliquent[6]. Il y a donc un important fossé entre les attentes et les livrables, alors que les marketeurs pourraient tirer profit de cette volonté de participer au développement d’une marque.

    Cette collaboration entre les équipes marketing et leurs consommateurs est au cœur du marketing participatif (ou collaboratif). Ces derniers sont intégrés dans différents types d’activités marketing pour résoudre, ensemble, des problèmes de marque ou atteindre certains objectifs. Selon mon expérience, tous les challenges peuvent être surmontés avec leur aide : communication, prix, distribution, innovation produit, positionnement, image de marque… Nous pouvons les intégrer à n’importe quel étape du cycle de vie d’un produit (= développement, lancement, maturité, déclin).

    De quoi sont-ils capables ?
    Ils participent à des opérations de marketing de bouche-à-oreille en expérimentant, par exemple, de nouveaux produits pour pouvoir en parler à leur entourage – aidant ainsi une marque à accroitre sa notoriété. Ils distribuent des échantillons pour générer un maximum d’essais et faire valider la promesse d’un produit par son cœur de cible. En effet, le WOMM permet de toucher directement les « bonnes » personnes qui sont intéressées par une catégorie spécifique – Prenez le cas de l’iPhone 6, vous n’en parlerez pas à votre mère si elle n’est pas fan d’Apple, d’high-tech ou à la recherche d’un nouveau téléphone. Cette sélection naturelle rend le WOMM puissant et le différencie clairement de l’échantillonnage. Côté humain, cela permet un grand nombre de découvertes et de moments de partage avec ses proches. Les participants sont valorisés par la marque et au sein de leurs cercles de connaissances, en étant force de proposition et de recommandations.

    Les consommateurs sont également ravis de rapporter leurs expériences sur la toile pour, par exemple, relayer une actualité sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram…), produire des tutoriels ou encore publier leurs témoignages pour faciliter une décision d’achat. Ils peuvent remonter leurs impressions et leurs souhaits à une marque pour améliorer un produit ou encore un service. Friands de nouveautés, ils adorent prendre part au processus de développement marketing pour satisfaire leurs besoins et envies. La co-création est véritablement bénéfique pour l’ensemble des parties prenantes : les marketeurs réduisent les risques liés au nouveau lancement sur le marché, tandis que les consommateurs obtiennent de meilleurs produits.

    En résumé, il y a différentes façons de les engager en marketing collaboratif. trnd se concentre sur cinq types d’activité : le marketing de bouche-à-oreille (= encourager la prescription dans la vraie vie), la création d’online buzz (= stimuler la visibilité d’une marque sur la toile), le marketing de contenu (= générer du contenu sincère de la part d’utilisateurs et consommateurs)… A ce propos, les avis positifs en ligne peuvent se révéler particulièrement efficaces avec 40% de shoppers les lisant, directement sur le lieu de vente, via leur smartphone. De nombreuses études prouvent qu’ils influencent les décisions d’achat – notamment, à partir de 50 avis disponibles, les ventes peuvent augmenter de 63%[7]. Ce type de contenu (texte, vidéo, photo) est aussi valorisé par les marques pour alimenter leur plan média. Le 4ème volet est le développement marketing (soit, produit, packaging, communication, etc.) avec la co-création ou le crowdsourcing. Enfin, les études de marché en conditions réelles sont également valorisées – au lieu d’observer dix personnes rémunérées et activées dans un environnement artificiel, nous engageons des centaines, voire des milliers de consommateurs, depuis leur domicile pour vivre une expérience réelle et obtenir ainsi des insights, des retours produits objectifs.

    Le conseil de l’expert
    D’après mes 15 ans d’expérience internationale, le marketing collaboratif est le moyen le plus efficace pour engager des consommateurs. En tant que média, c’est également un levier puissant de communication qui permet d’atteindre une cible et de promouvoir avec crédibilité, avec de forts retours sur investissement. J’encourage tous les marketeurs, toute industrie confondue, à essayer et à profiter de tous les avantages de cette pratique. En réalité, je leur conseille de s’engager davantage avec leurs consommateurs – de les écouter et d’en tirer des enseignements – pour pouvoir leur fournir une offre plus appropriée et obtenir de meilleurs outils marketing.

  • Quand l’économie collaborative bouleverse le fonctionnement de l’entreprise

    Comment intégrer ces nouveaux usages sans perturber la gestion de l’entreprise ?

    Par Emmanuel Vergé, directeur marketing de Concur France

    L’économie collaborative et la consumérisation déchaînent les passions. L’industrie du voyage d’affaires, qui contribue rappelons-le pour plus de 1 trillion de US dollars à l’économie mondiale[1] en est une illustration frappante : chaque entreprise se trouve aujourd’hui confrontée à des dépenses liées à de nouveaux acteurs. L’arrivée de ces nouveaux modèles économiques au sein de l’univers professionnel suscite de nombreuses interrogations mais aussi des transformations (digitales) des usages à venir : Comment les salariés réservent-ils aujourd’hui leurs déplacements et quels sont les enjeux en termes de sécurité, de maîtrise de coûts et de conformité ? Autant de considérations qui sont aujourd’hui à prendre en compte par les dirigeants.

    Principe de réalisme : le bouleversement des habitudes de consommation

    Par la désintermédiation des acteurs historiques au travers de plateformes internet, des nouvelles façons de consommer sont de plus en plus adoptées et plébiscitées au quotidien. Louer plutôt qu’acheter, voyager différemment, partager plutôt que conserver pour soi. La pleine maturité que nous observons des technologies mobiles, associée au développement de nouveaux modèles économiques, ont bouleversé les habitudes des consommateurs. Ils sont aujourd’hui de plus en plus sensibles à la qualité des services proposés de façon instantanée, à leur simplification de la vie courante et à leur dimension communautaire. Il s’agît toujours de convivialité mais surtout de prix proposés.

    Ce phénomène s’applique avec force au marché du voyage d’affaires qui voit aujourd’hui se développer le recours à de nouveaux acteurs qui offrent de alternatives plus attractives les unes que les autres. Ainsi, certains salariés préféreront réserver un appartement via Airbnb plutôt qu’une chambre d’hôtel, ou encore commander un chauffeur privé via Uber à la place d’un taxi. Le partage de véhicule se profile à l’horizon et l’échange ou rachat de billets de trains (non remboursables) se développe.

    De nouveaux usages qui, même s’ils ne sont pas encore systématiques chez les « pros », prennent de l’ampleur comme le démontre une étude réalisée par le Business Travel Show (BTS) indiquant que 20% des Travel Managers savent que leurs salariés ont recours à ces fournisseurs d’un genre nouveau[2]. Pour autant, peu d’entreprises ont inclus ces nouvelles pratiques à leurs politiques de réservation et plus largement de dépense. Par conséquent, elles manquent de visibilité quant à la maîtrise de leurs coûts et de la sécurité de leurs salariés. Plus de 40% des entreprises se plaignent d’ailleurs de ce manque de visibilité[3]. 

    La révolution industrielle : Vers la transformation digitale des acteurs traditionnels

    Dans un secteur en pleine effervescence difficile aussi pour l’entreprise de réagir face à la pratique du « bleisure », qui consiste notamment à prolonger le séjour initialement prévu dans un cadre professionnel à des fins privées. Les générations « Milléniales », qui représenteraient 75% des professionnels en 2025 devraient renforcer cette tendance[4]. Une tendance qui semblerait être très française puisque considérée comme « systématique » par 24 % des voyageurs[5].

    La réponse des acteurs traditionnels du voyage ne s’est pas fait attendre et se matérialise par l’investissement massif dans les applications mobiles et le développement des programmes de fidélisation. La conquête (ou la reconquête) de la relation client est le nouveau champ de bataille marketing et commercial où compagnies aériennes, grandes chaînes hôtelières, services de transport, de location, d’hébergement, de restauration, et nouveaux entrants, construisent aujourd’hui des offres ciblées. Seul condition pour y avoir accès : posséder la bonne application mobile installée sur son smartphone. Mais la multiplication de ces solutions peut être perçue comme un risque par les entreprises, car elles viennent impacter la gestion de la politique dépense ou du programme voyage mis en place.

    De vrais enjeux pour les entreprises : sécurité, maîtrise des coûts et conformité

    Visant à encadrer les déplacements réalisés par les employés, les programmes et politiques de voyage reposent entre autres sur des canaux de réservations dits traditionnels et font appel à différents prestataires de voyages (compagnies aériennes, agences de voyage, etc.) avec lesquels des accords tarifaires sont négociés. Face aux nouveaux usages ce modèle historiquement centralisé s’effrite. Les voyageurs d’affaires français sont de plus en plus nombreux  (60 % en France selon notre étude menée avec GBTA[6]) à utiliser ces canaux de réservation dits « alternatifs » (ceux non directement recommandés par l’entreprise). C’est là une des conséquences directes de l’émergence des acteurs de l’économie collaborative et des prestataires de voyages qui développent des nouveaux canaux de distribution. Ces réservations alternatives induisent plusieurs problématiques pour les entreprises. Tout d’abord en termes de conformité, car ne respectant pas le cadre et les processus définis (en des temps anciens ?). Ensuite en termes de sécurité. Les Travel Managers n’ayant pas de visibilité sur ces déplacements, il leur est impossible de récupérer les informations propres aux voyageurs afin de les localiser et de s’assurer qu’ils sont en sécurité. Et enfin, elles ont une incidence sur la maîtrise des coûts, les salariés ne pouvant pas bénéficier des tarifs préférentiels (méconnus) qui ont pu être négociés par leur entreprise avec certains fournisseurs.

    Dépenses invisibles : Pouvoir maîtriser les dérives du « Direct Booking ».

    Il semble venu le temps de réagir pour les directions achat et finance plongées jusqu’alors dans l’obscurité comptable (qui dépense quoi ?) Le fait de réserver en direct – le « Direct Booking » – est donc devenu une réalité. A défaut de l’interdire, ce qui serait illusoire, les entreprises se doivent de mettre en place des solutions qui visent à l’encadrer. Pour y parvenir, deux possibilités s’offrent aux dirigeants. La première, consiste à encourager les salariés à avoir recours aux services dédiés aux voyageurs d’affaires de ces nouveaux acteurs tels que Airbnb for business ou encore Captain Train for business. Ils pourront ainsi disposer de tarifs mieux adaptés et envoyer leurs notes de frais simplement, facilitant ainsi la gestion comptable. Une autre option repose sur la mise en place de solutions techniques qui permettent de récolter et traiter les informations émanant de ces réservations alternatives, et de les intégrer au programme voyage.

    Pour conclure…

    La consumérisation et l’économie collaborative ne devraient pas être perçues comme une menace mais comme une opportunité par les entreprises. Une mise à jour des politiques et processus déjà en place est toutefois nécessaire. En effet, avoir recours à ces nouveaux acteurs peut améliorer la productivité des salariés, en prenant en compte leurs préférences quant à leurs conditions de voyage et de séjour. De plus, l’intégration de ces nouveaux usages aux bonnes pratiques de l’entreprise permettra de limiter les dépenses invisibles, tout en restant conforme aux processus internes. Le devoir de protection vis-à-vis de la sécurité des collaborateurs s’en verra également renforcé.