Étiquette : blockchain

  • Quand le concept de la BlockChain, nous interroge sur l’avenir…

    Quelle confidentialité des données après la BlockChain ?

    Par Robert BENTZ – Directeur adjoint de FWA

    Pour faire simple, la BlockChain est l’architecture logicielle qui sous-tend le Bitcoin. Il devient assez simple de penser ce que l’on veut du Bitcoin, mais il est indéniable que personne n’a rien entendu sur la sécurité des échanges et des archivages des opérations pour cette monnaie numérique. Plus étrange le Bitcoin, avec cette architecture BlockChain, se supporte tout seul sans banque, sans serveurs hyper sécurisés localisés sans vraiment connaître l’emplacement. La BlockChain n’a pas besoin de serveurs pour exister. Les informations sont stockées sur l’ensemble des ordinateurs des « abonnés », les « mineurs».
    Le système quant à lui consiste à hyper crypter l’information, qui sera stockée par fragments sur les machines distinctes, sous forme de chaîne de blocks. L’abonné peut même être rémunéré pour l’espace qu’il met à disposition des échanges. La sécurité vient de l’atomisation de l’information, qui est aussi cryptée et qui est gérée dans une « chaine de blocs » qui évolue tout le temps, avec les échanges des abonnés. Hacker une information mouvante est quasiment impossible. J’aime beaucoup aussi, la théorie des « généraux byzantins » pour expliquer l’infaillibilité des échanges.

    La BlockChain peut être utilisée pour de nombreuses applications sécurisées, les échanges monétaires bien sûr, mais aussi des applications de type contractuelles (contrats types) avec la traçabilité de la validation (covoiturage, logistique, smart contrats, ..), notarisation de documents au niveau mondial (Valeur probante), le cadastre pour l’obtention d’informations, voire pour l’achat de parcelles (en Afrique), plus généralement, le stockage d’informations sensibles avec la traçabilité des consultations et sécurité des accès. Les hackers n’ont pas un serveur à attaquer, mais des milliers de PCs’ qui ne stockent que des fragments d’informations dont la reconstitution est quasiment impossible. Mais alors ! A quoi vont servir tous nos serveurs, nos tiers de confiance ? Le stockage dans le Cloud ? Sécurisé ou non. Voilà l’objet de mon angoisse depuis quelques semaines. Si les Microsoft avec Azure, Amazon avec son AWS, et tous les autres n’ont plus de clients pour acheter leur espace disque et leur puissance de calcul, c’est toute l’économie du Cloud qui va s’écrouler.

    Mais alors pourquoi les grands acteurs du stockage s’intéressent à la BlockChain : Orange en France La Banque Santander en Espagne, et aussi Microsoft Azure ? Y aurait-il un piège ? Ils s’y intéressent car ils ne veulent pas se faire « uberiser », comme les taxis l’ont été. Ces acteurs veulent intégrer ces nouvelles possibilités dans leur cœur de métier.

    L’idée maîtresse est d’utiliser la Blockchain pour la validation des transactions (échanges, requêtes, contrats, etc.) et garder la partie stockage dans le Cloud. Il est vrai que les enjeux du Bitcoin, qui ne gère que de la donnée numérique quantitative peut être satisfait au travers des espaces disques disponibles chez les abonnés (mineurs). Mais pour la gestion d’une masse plus importante de documents ou d’informations volumineuses, il n’est plus pertinent d’embarquer dans la chaîne de blocs ces éléments « polluants » en termes de performance. Alors l’on en revient au stockage classique dans le Cloud. C’est l’objet même de l’initiative Microsoft Azure avec Storj. Ainsi les acteurs du Cloud s’investissent dans la BlockChain. Mais qui peut en payer le prix ? Principalement les tiers de confiance, que la BlockChain va permettre de remplacer.

    A ce jour, nous n’en sommes qu’au début de l’histoire de l’utilisation de la BlockChain. Toute entreprise raisonnable doit aujourd’hui s’y intéresser, car les conséquences en lien avec le métier peuvent être importantes. Si de grands acteurs du numérique s’investissent autant sur ce sujet, c’est qu’il y a de belles opportunités à venir !

  • REPLAY – FORUM BLOCKCHAIN – 8/12

    capture-decran-2016-12-19-a-14-31-36
    Forum Blockchain 

     

    Le 8 décembre 2016 s’est tenu, à Paris, le Forum Blockchain, un colloque international majeur autour de la blockchain.

    Majeur à divers titres :

    • Par son importance :sur une journée entière, plus de 150 participants, une quarantaine d’orateurs venus de France mais aussi de l’étranger (Suède, Estonie, USA, Canada…), 11 keynotes, 7 ateliers interactifs, des pitches de startups, des sessions de networking.

    Par son ambition: intitulé « From closed to open innovation, blockchain coopetition platforms », le Forum a permis de sortir la blockchain de son créneau de la Fintech pour montrer qu’elle va impacter tous les secteurs et fonctions : santé, énergie, alimentaire, juridique, finance, co-création, etc. Le Forum avait ainsi comme fils directeurs l’open innovation et la coopétition.

    • Par les annonces et découvertes faites à cette occasion :

    >   Bertrand Copigneaux a présenté en avant-première l’étude de marché de l’IDATE sur la blockchain. Pour l’Idate, la blockchain permet de réduire les coûts de fonctionnement des organisations, notamment dans les échanges inter-organisations (réduction des délais, fiabilité accrue). Elle peut contribuer à réduire le nombre d’intermédiaires sur certains cas d’applications. Mais globalement elle ne devrait pas remettre significativement en cause les chaînes de valeur existantes.

    >  A l’occasion de l’événement, Mickaël Réault, CEO de Sindup, plateforme de veille stratégique, a présenté le tableau de bord des tendances du secteur Blockchain. Chaque participant bénéficie d’un accès d’un an au tableau de bord pour détecter les événements clés du secteur : levées de fond, lancement de produits et service, partenariats, fusions-acquisitions, salon et rencontres du domaine… Ces 3 derniers mois, ce sont ainsi 824 événements détectés et restitués au travers d’une interface graphique interactive afin de suivre de près ce secteur en pleine ébullition.

    >  Philippe Bournhonesque, CTO d’IBM France, a annoncé le lancement de leur écosystème ouvert basé sur Hyperledger

    > Une session dédiée a permis d’entendre le pitch de 6 startups du domaine de la blockchain et a révélé quelques pépites :

    • La startup norvégiennePillar remporte le startup pitch : « À l’ère de la santé connectée et du Big Data, Pillar sécurise le flux des données et garantit leur intégrité, processus indispensable pour améliorer et personnaliser les soins de santé. Cette approche permettra au patient d’être traité au plus près de son domicile, d’avoir un meilleur contrôle de ses données médicales et globalement de réduire les frais de santé. L’échange sécurisé de données alimentera également la recherche axée sur les données, en respectant la réglementation sur la protection des données et le consentement des citoyens ». Pillar est la première entreprise commerciale exploitant IOTA, une nouvelle Blockchain / Distributed Ledger Technology. Son équipe internationale, qui comprend les leaders de la fondation IOTA, développe sa première preuve de concept pour début 2017 www.pillarlab.com, www.iotatoken.com
    • Crypviser : sécurisation des transactions
    • Connecting Food : traçabilitéalimentaire
    • iExec :solution de cloud décentralisée, avec annonce du lancement d’une crowdsale.
  • La Blockchain : la nécessaire alliance des marchés pour standardiser les protocoles

    A la recherche d’un protocole commun

    Par Lui Smyth, Head of Blockchain Research & Ecosystem Engagement chez EdgeVerve R&D Lab at Infosys et Fuat Bozkurt, Principal Solution Consultant chez Finacle at Infosys France

    Réduire la durée et les coûts des transactions financières

    La Blockchain est la technologie de transmission d’informations qui promet, dans les années à venir, une révolution des transactions financières au niveau mondial. Depuis 2009, la monnaie virtuelle bitcoin a fait rentrer la blockchain dans le vocabulaire commun, promettant un impact global, similaire à l’arrivée d’Internet dans les années 1990. Par son instantanéité, la Blockchain permet de réduire la durée et les coûts des transactions financières.
    Nul besoin de mise en place de plusieurs plateformes complexes et non-interopérables. Il subsiste néanmoins des avancées à concrétiser et des interrogations à résoudre avant que cette technologie ne s’impose comme une évidence pour de nombreux domaines. En première ligne, le secteur de la finance et les banques, qui cherchent à comprendre cette technologie.

    Une plateforme d’échanges 

    L’architecture de la Blockchain, comparable à un système de partage de fichiers de pair-à-pair, fonctionne de façon distribuée, en chaines, et donne plus de visibilité sur la structure et le contenu des échanges. Cette notion de circulation transparente des données devrait convaincre le plus grand nombre de la fiabilité de la Blockchain. De plus, la réduction des intermédiaires va permettre de mieux structurer le marché des plateformes spécialisées dans les transactions financières. Elle permettra aussi et surtout d’éviter des fraudes à grandes échelles, grâce à la traçabilité des échanges effectués de points à points.

    Pourtant, 46% des banques françaises considèrent l’absence d’une supervision ou d’un responsable qui régit ces échanges[1] comme le principal obstacle à l’adoption des technologies Blockchain par le secteur bancaire. Et tant que les conditions de sécurisation maximale des données bancaires ne seront pas réunies, les institutions bancaires n’entameront pas leurs projets de rénovation systèmes. C’est là que réside le plus grand défi de la Blockchain. Cet été, la plateforme d’échange de bitcoins Bitfinex a été victime de pirates informatiques qui ont réussi à dérober 120 000 bitcoins, correspondants à 65 millions de dollars. Malgré une architecture partagée, qui permet de tracer toutes les transactions et personnes ayant accès et participant aux échanges, d’importantes faiblesses subsistent au sein des systèmes Blockchain. Les hackers détectent de mieux en mieux les failles de sécurité, et il y a fort à parier qu’ils ne s’arrêteront pas là. Pour tenir ses promesses sur le long terme, la Blockchain doit démontrer sa « scalabilité », c’est-à-dire sa capacité à s’adapter à de lourds changements et supporter de forts volumes de données et transactions. Elle doit aussi garantir le maintien des fonctionnalités d’une solution ou d’un produit, sans en altérer ni le fonctionnement ni la performance.

     Comment imposer la blockchain comme référence ? 

    Il existe selon nous deux alternatives à considérer pour satisfaire à la fois les institutions financiaires et bancaires et le monde des entreprises, tout en préservant l’équilibre des plateformes spécialisées de transactions et par là même, l’intérêt général :

    –          L’interopérabilité des systèmes devra être garantie pour permettre l’harmonisation des échanges.

    –          Une autre alternative pour les banques et les institutions financières serait de s’engager dans un processus de standardisation des protocoles pour en dégager un qui soit commun et universel.

    Or actuellement, le secteur n’en prend pas le chemin : les grands groupes bancaires ou financiers développent chacun de leur côté des protocoles qu’ils espèrent voir s’imposer comme référence. Il y a donc un fort risque que se dégagent plusieurs protocoles selon les continents et les marchés financiers. Si cette tendance se confirme, il sera vite compliqué, par exemple pour les marchés américains, de communiquer simultanément et avec la même efficacité avec les marchés européens, asiatiques ou africains. En fonction des accords qui seront passés, et qui se baseront sur les liens économiques de marchés à marchés, certains acteurs risquent d’être relégués au second plan. Cette éventualité remettrait alors en cause le décollage économique de la Blockchain et tous les bénéfices de transparence et de fluidité des processus qui en découlent.

    L’alliance des marchés pour trouver un protocole commun s’impose donc comme la valeur sûre pour une Blockchain propre à dynamiser l’économie mondiale, favorisant ainsi les échanges de manière égale et avec une efficacité partagée.

     

     

  • Fintech et eSanté une opportunité ?

    Blockchain : l’ubérisation ultime qui atteint la santé

    Vincent Daffourd, président fondateur de Care Labs, société émettrice du titre Chèque Santé®,

    Les approches disruptives du marché ou du management créent une nouvelle chaîne de valeurs et finissent par remplacer l’économie dominante sur un marché. Peu importe que l’innovation porte sur un produit ou un service, l’ubérisation voire la blockchain imposent leur loi !

    En ce qui concerne mon métier, la rupture est encore plus flagrante. L’innovation de ma société est à la croisée de deux approches en rupture ou disruptives, si l’on veut être tendance : E-santé et Fintech.

    La « disruption » tient davantage à une nouvelle proposition de modèle économique que de l’innovation technologique en tant que telle. On nous considère comme « disrupteur » seulement parce que l’on chamboule un marché aux situations établies et on le bouleverse avec une proposition de valeur inédite.

    Dans le monde de la santé comme dans le milieu financier, le poids des traditions et des règles est bien installé … Il est donc difficile de proposer une autre approche, sans apparaître comme un trublion.

    L’innovation disruptive est en train de s’imposer comme la règle d’une nouvelle dynamique économique portée par une génération en rupture avec les modèles du XXème siècle.

    A travers les incubateurs, des groupements tels que France e-HealthTech ou des évènements tels que MedStartup Days à New York City, nous cherchons non seulement à promouvoir les innovations de rupture de manière pédagogique mais aussi à faire comprendre que l’économie bouge.

    Avec 16 milliards de transactions par an en France et 337 000 milliards de dollars (hors cash) dans le monde, les paiements constituent un service central de l’économie. Les nouveaux moyens et services de paiement représentent un segment d’activité en pleine révolution qui bouillonne d’innovations. De même, dans le secteur de la santé, les technologies révolutionnent notre approche médicale. Entre applications mobiles, objets connectés et big data, il existe désormais de nouvelles solutions permettant d’optimiser la prévention tout en replaçant l’individu au centre.

    Et pourtant … si la prévention est bien reconnue comme un axe prioritaire de la loi Santé, aux yeux de la sécurité sociale, elle n’existe pas : tous les actes destinés à prévenir la maladie, sont quasiment toujours à la charge des patients.

    Encore un paradoxe qui va à l’encontre de l’intérêt général !

    D’un côté, la bonne santé de tous à moyen et long terme passe par la prévention et une grande partie de l’intervention des médecins sera à l’avenir transférée vers la surveillance continue à distance pour des raisons d’efficacité D’un autre côté, on ne met pas les moyens en place (technologiques) pour rendre cet accès facilité.

    Qu’en est-il du financement ? Comment un acte médical préventif ou à distance sera-t-il tarifé, payé ou encore remboursé ?

    Une expérimentation que beaucoup souhaitent voir généralisée vient de voir le jour près de Chartres. Les discussions entre les médecins libéraux et l’assurance maladie portent notamment sur la question d’un forfait annuel pour financer la prévention, mais les échanges sont toujours dans l’impasse.

    Pourtant, les solutions existent et il serait enfin temps d’admettre qu’un nouveau monde émerge et qu’il est temps de changer les règles jusqu’ici unanimement admises, en fédérant enfin les parties prenantes historiques, les jeunes entreprises innovantes qui ont su développer des outils clefs en main à l’efficacité démontrée.

    Les moyens de paiement virtuels ou dématérialisés, simples d’utilisation et garantissant la sécurité des données, sont une réalité pour tous. Le E-commerce et la digitalisation des services sont à la base de notre économie et de notre capacité à rester compétitifs sur la scène internationale. Les Fintech et les Healthtech peuvent être une opportunité pour la croissance et la santé publique.

    Grâce à ces innovations et à la créativité de ces start-ups notamment dans l’IoT ou la e-santé, la France est de nouveau « bankable » à l’International. Le label French Tech comme nos fleurons industriels sont les meilleurs porte-drapeaux de notre pays.

    Il est désormais de notre ressort de conserver notre avance concurrentielle en montrant que notre législation est, elle aussi, prête à passer au XXIème siècle.

     

     

  • Se préparer au Tsunami de la Blockchain…

    Blockchain – vers une nouvelle révolution

    Par Éric Lévy-Bencheton | Blockchain Strategist – Keyrus et Frédéric Maserati | Directeur Conseil – Keyrus Management

    La Blockchain est une technologie créée avec le bitcoin, devenue la 8ème monnaie mondiale en termes d’échanges. La Blockchain porte en elle de nouvelles promesses d’innovation dans tous les secteurs, mais aussi de disruption des modèles économiques dominants. S’intéresser aujourd’hui à ses applications possibles, c’est prendre un temps d’avance sur la prochaine étape de la révolution digitale et l’avènement d’une société « horizontale », sans intermédiaires, ni autorité centralisée…

    La Blockchain est probablement appelée à révolutionner les transactions et les échanges ; au même titre qu’Internet a permis la communication pair à pair, la Blockchain assurera dans les années à venir les transactions pair à pair avec une logique décentralisée et autonome.

    Si un mystère subsiste quant à l’identité réelle des initiateurs du Bitcoin, la preuve est faite, après 7 ans d’existence, qu’il est possible de créer et de faire fonctionner dans la durée une monnaie 100% digitale en s’affranchissant du système bancaire et de toute autorité centrale. Ce tour de force a fini par attirer l’attention sur la technologie sous-jacente au Bitcoin : la fameuse « chaîne de blocs » ou Blockchain, dont le potentiel de disruption inquiète autant qu’il suscite d’intérêt et d’enthousiasme à travers le monde.

    Pour preuve l’accélération des investissements, le nombre incroyable de conférences et d’articles. Engouement grandissant depuis notamment les effets d’annonce des Gourous de l’Internet ou de la Finance aux Etats-Unis, en premier lieu Blythe Masters au board de Digital Asset Holdings, qui a entamé un cycle de conférences sur les applications de la Blockchain au monde de la finance internationale, dont les impacts sont chiffrés en milliards de dollars… c’est peu dire !

    Pensé et construit sur les cendres de la crise de 2008, le système porte dans ses gènes une philosophie de la confiance (the trust machine)1, établie par une collaboration massive entre les membres du réseau, et par des techniques avancées de cryptographie. Confiance qui devait pallier les défauts d’une finance mondiale encore en déroute.

    COMPRENDRE LES PRINCIPES DE LA BLOCKCHAIN

    Avec la Blockchain, les informations partagées entre les membres d’un réseau sont stockées sur chaque nœud de celui-ci (chaque ordinateur), au lieu de dépendre d’un point central. La validation des blocs est assurée par des moyens cryptographiques et par une logique de consensus, 51% des nœuds de la chaîne, devant approuver l’information.

    Non seulement ce registre contient à tout moment l’historique complet des transactions mais il est infalsifiable et irrévocable, du fait même des technologies d’encryptions utilisées, et de sa réplication en de multiples points. Cette description rapide permet de dégager trois apports majeurs de la Blockchain :

    –          la possibilité de limiter les intermédiaires et les tiers de confiance dans les échanges ;

    –          la possibilité de garantir la conformité, l’intégrité et la traçabilité d’une transaction ou d’une information sans recourir à une autorité supérieure/centrale ;

    –          l’absence d’infrastructure dédiée, la puissance de calcul nécessaire étant fournie par les machines des participants (nœuds) et optimisée par des algorithmes.

    Nous parlons jusqu’à maintenant de Blockchain, « au singulier » en laissant éventuellement à croire en son unicité. Or il existe de nombreuses Blockchains (celle de la Bitcoin en est une) et elles adoptent différents modèles de gouvernance et/ou de partage d’informations : Privé, Public, Mixte, Hybride.

    Une Blockchain peut porter des informations « statiques » comme des transactions d’échange de Bitcoins, mais peut aussi être le porteur de programmes auto-exécutables, appelés Smart Contracts car ils peuvent agir comme des contrats « auto-porteurs » et automatiques.

    Nous en voyons apparaître les premiers usages comme par exemple une assurance agricole liée à la météo, dont le Smart Contract ira automatiquement chercher la pluviométrie / l’ensoleillement auprès d’une source agréée par avance (météo France par exemple), et paierait le cas échéant l’indemnité convenue de manière automatique entre les partis.

    Nous parlerons aussi d’Autonomous Agent, un ensemble de Smart Contracts, et donc un programme beaucoup plus complexe. Nous y voyons la promesse de nouvelles formes d’entreprises humaines, comme des organisations décentralisées. « The DAO » (Decentralized Autonomous Organization)2 en est un des premiers exemples. La campagne de collecte de fonds réalisée sur Kickstarter pour la DAO s’est élevée à 174 millions de dollars3, ce qui en fait le projet de financement participatif le plus important qu’on ait jamais vu. La DAO peut s’apparenter à une société de financement distribuée, où ceux qui lui ont alloué des fonds peuvent décider des projets qu’ils pourront financer via des Smart contracts en échange d’un revenu sur ses investissements.

    Le 17 juin 2016, The DAO a connu un immense crash suite à une attaque informatique, le « pirate » a réussi à exploiter une faille dans le « smart contract » régissant la DAO, lui permettant de siphonner petit à petit les ethers (Token ou monnaie d’Ethereum) détenus par cette dernière. Ce ne sont pas loin de 3,6 millions d’ethers qui ont ainsi été piratés, soit plus de 30% des fonds de la DAO !4

    Nous y voyons volontiers également l’émergence de nouvelles formes d’intelligences artificielles basées sur les principes de l’IA « plantoïde »5 comme le montre l’incroyable travail de Primavera de Filippi6, chercheuse à la faculté de droit de Harvard.

    POURQUOI LA BLOCKCHAIN EST UNE RÉVOLUTION ?

    Certains y voient le moyen de passer à une économie collaborative à grande échelle et à de nouvelles formes d’exercice de la démocratie comme la nouvelle démocratie liquide ou liquid democracy7. D’autres tablent sur la promesse d’une réduction drastique des coûts de transactions grâce à l’élimination des intermédiaires ; d’autres encore y voient l’opportunité de développer des services inédits et, ce faisant, de prendre des positions dominantes sur des marchés totalement nouveaux ou existants – ce qui n’est pas sans inquiéter les acteurs en place, à juste titre… Même si cette technologie émergente, que presque personne ne comprend, reste absconse pour la plupart des gens, il faut avoir aujourd’hui le bon niveau d’abstraction pour pouvoir en parler, s’y intéresser, et commencer à imaginer les impacts sur les modèles des organisations d’aujourd’hui et de demain.

    Bien que le Bitcoin reste, à ce jour, la seule application à très grande échelle de la Blockchain, tous les observateurs s’accordent sur le caractère disruptif de cette technologie. Son irruption pourrait, selon certains, provoquer une rupture de même ampleur que le TCP/IP, le protocole à l’origine d’Internet !

    Nous sommes face à la deuxième génération de l’Internet, celle des valeurs et des transactions, là où la première génération a largement été celle de l’information et de la communication réseau. (de l’automatisation de la relation décentralisée à l’automatisation de la transaction décentralisée).

    Faut-il pour autant parler de révolution ? Outre qu’il faut beaucoup plus qu’une technologie pour faire une révolution, il est de toute façon trop tôt pour le dire. Cependant, le contexte social et économique est propice et, avec la constitution d’un écosystème très dynamique, les conditions sont réunies pour que les expérimentations se multiplient. Elles dépassent d’ores et déjà largement les moyens de paiement et même la finance, même si c’est dans ce secteur que l’on compte actuellement le plus d’initiatives et d’alliances avec des start-ups/fintechs travaillant sur la Blockchain.

    QUATRE GRANDES CATÉGORIES D’UTILISATION DE LA BLOCKCHAIN

    L’inventaire des initiatives et expérimentations en cours fait apparaître quatre grands domaines d’utilisation de la Blockchain.

    1/ La facilitation des échanges : les paiements transfrontaliers, les micro-paiements, l’échange de titres non côtés, sont les premiers cas identifiés. Nous évoquons volontiers le cas de la Banque Allemande Fidor, en association avec la start-up Ripple Labs, qui a mis en place des services de paiements et de change, à coûts extrêmement réduits pour ces clients. Deux avantages de la Blockchain sont mis en œuvre : sa rapidité et ses coûts largement optimisés. La Banque Santander prédit à ce propos une économie de 15 à 20 milliards par an pour l’industrie des services financiers, à compter de 2020.

    2/ La notarisation d’actes et de documents : la Blockchain ayant, comme nous l’avons vu, la capacité à stocker et rendre infalsifiable la preuve d’existence d’un document à une date donnée. L’Université Léonard de Vinci, à La Défense Paris, expérimente ce moyen dématérialisé pour certifier les diplômes qu’elle délivre.

    3/ L’exécution certifiée de workflows : la Blockchain permettant la publication ainsi que la vérification publique de chaque étape d’un workflow. Qu’il s’agisse d’un processus industriel de contrôle qualité ou bien encore d’un processus de logistique, la logique de trusted workflow permet tout simplement de s’assurer que toutes les parties prenantes ont participé au processus, de façon certaine, irrévocable, à la connaissance de tous, simplement et facilement, l’information étant partagée en tout point des nœuds du réseau. Des laboratoires pharmaceutiques envisagent, par exemple, d’utiliser la Blockchain pour accélérer le recueil du consentement des patients à chaque nouvelle étape d’un protocole de test et réduire ainsi les coûts et la durée des phases d’essais cliniques, sur de nouvelles molécules.

    4/ Les titres de propriété numériques : L’inscription sur le registre distribué d’une Blockchain permet d’attester la propriété d’un individu et de garder la trace de toutes les cessions d’un actif matériel ou digital. Avec l’aide de l’ONG Bitland, le gouvernement du Ghana table sur ces propriétés de la Blockchain pour mettre en place à moindre coût un cadastre officiel. Des artistes numériques commencent à l’utiliser pour authentifier leurs œuvres, en contrôler la diffusion et protéger leurs droits. Cette facette de la technologie Blockchain présente une rupture par rapport à la première génération de l’Internet qui a vu les créateurs, les ayants droits, se voir spoiler de leurs droits au profit d’acteurs comme Spotify, Apple Music … sans même évoquer les impacts du piratage.

    BLOCKCHAIN OF THINGS ET BLOCKCHAIN OF DATA

    Afin d’aller plus loin et d’ouvrir de nouvelles perspectives, avec notamment l’Internet des objets (Internet Of Things ou IoT) qui figure comme une déferlante inéluctable de nos sociétés numériques Nous pouvons évoquer divers exemples dans le B2C (traqueurs d’activité, domotique…) ou dans le B2B (capteurs de surveillance des voitures de flotte, capteurs de toutes les pièces d’un avion…), où l’IoT nécessite une capacité à effectuer chaque jour des milliards de transactions et de manière automatisée.

    L’émergence d’une Blockchain of Things, stockant toutes ces transactions, avec des Smart Contracts7 régissant les relations entre ces objets de plus en plus évolués, nous apparait comme un impératif. En fait, l’IoT donne aux objets la possibilité de réaliser directement, en toute autonomie, des transactions. Cette vision de l’IoT suppose que les objets communiquent et réalisent des transactions entre eux. L’aspect décentralisé de la Blockchain constitue le ciment permettant à ces objets de transacter entre eux, d’en garder la preuve, dans un cadre de référence (Smart Contract) préalablement défini, en toute autonomie (IA) et sécurité. L’économie digitale passant de la « plateformisation » (mettre en contact direct des personnes entre elles) à la « Blockchainisation » (mettre en contact direct des « agents » entre eux) correspond à cette révolution numérique en cours

    Dans une logique similaire, nous faisons confiance au quotidien à de nombreux organismes, qui stockent et utilisent nos données personnelles. Dans bien des cas, notre consentement éclairé n’est pas vraiment sollicité ni approuvé.

    La Blockchain of Data pourrait être une solution pour stocker nos informations individuelles, mais surtout gérer (via les mécanismes des Smart Contracts) les droits conférés et/ou délégués aux entreprises. Certaines données pourraient être gratuites sous certaines conditions, d’autres payantes à l’utilisation, enfin une dernière catégorie sur invitation uniquement.

    SE PRÉPARER AU TSUNAMI DE LA BLOCKCHAIN

    Devant le caractère universel de ces catégories, on comprend que tous les secteurs, publics et privés, sont concernés et seront touchés, d’une manière ou d’une autre, par l’adoption et la diffusion des technologies Blockchain. Le nombre de processus susceptibles d’être impactés est proprement phénoménal. Les banques ne s’y sont pas trompées. Seules ou collectivement, comme au sein de consortium R38, elles explorent et expérimentent les possibilités de la Blockchain avec un double objectif : tirer parti de ses avantages (de sécurité, de coûts et de transparence) et intégrer la logique de point à point dans leur propre modèle pour mieux résister à l’arrivée de nouveaux acteurs utilisant un modèle nativement distribué et désintermédié. Le monde de l’assurance fait de même et s’intéresse notamment aux possibilités offertes par les Smart Contracts.

    Les premiers fournisseurs de solutions pour constituer des Blockchains publiques ou privées commencent à apparaître. Les start-ups fleurissent et attirent les investisseurs. Il faut donc s’attendre à voir surgir, dans tous les secteurs, des acteurs proposant des services P2P quasiment gratuits. Disruptifs il y a 5 ans avec leurs plate-formes de mise en relation, les fleurons de l’économie dite du partage ne sont pas à l’abri : la start-up israélienne LaZooz.org et son homologue anglais Arcade City entendent bien « uberiser Uber » avec son service de covoiturage décentralisé et autogéré basé sur la Blockchain…

    Le seul moyen pour une entreprise de se préparer aux bouleversements annoncés est de s’intéresser dès maintenant à la Blockchain et à son écosystème. La première action est d’identifier les stratégies gagnantes pour accélérer ma transformation et garder ma longueur d’avance. Cela revient à se replonger dans tous les rouages de l’organisation et de sa chaîne de valeur et, en quelque sorte, à faire une mise à plat des modèles existants, avant de les re-penser à l’aune des technologies horizontales, décentralisatrices et sécurisées en mode P2P comme peut l’appeler de ses vœux Michel Bauwens9.

    L’exercice paraît complexe mais c’est le plus sûr moyen d’identifier précisément où la Blockchain peut apporter quelque chose et commencer à l’expérimenter dans une logique de Proof of Concept.

    La philosophie de cette démarche d’acculturation et d’expérimentation peut se résumer en une phrase : se « disrupter » soi-même pour ne pas subir la disruption. Internet promettait l’instantanéité, l’immédiateté et la permanence de l’information et de la communication en temps réel. La Blockchain promettra la collaboration, la transparence, la décentralisation, la sécurisation de toutes les transactions au sens large…

     

     

  • La Blockchain la technologie la plus impactante depuis Internet

    La blockchain sera probablement l’innovation technologique la plus importante depuis Internet dans le secteur de la finance

    Plusieurs études pointent la divergence entre les organismes d’ores et déjà préparés à l’avènement de cette technologie probablement révolutionnaire et ceux qui, au contraire, risquent de se retrouver à la traîne.

    Selon une enquête réalisée par Marketforce, près de deux tiers (60%) des multinationales de la finance estiment que la blockchain* s’imposera comme la technologique la plus impactante depuis Internet. Cette étude a été réalisée à la demande de l’éditeur de logiciels d’applications Pegasystems Inc. (NASDAQ: PEGA) et de Cognizant (NASDAQ: CTSH), leader des services de conseil, des technologies de l’information et de l’externalisation des processus métier.

    Dans le cadre de cette étude, plus de 500 responsables des secteurs de l’assurance et de la banque issus de 56 pays ont été interrogés en vue d’analyser les menaces et opportunités face à l’évolution rapide des technologies. Il en ressort notamment qu’une majorité de ceux qui savent en quoi consiste la blockchain y voient une technologie capable d’impacter voir de transformer de manière significative leur marché ; bon nombre des sondés ignorent aujourd’hui encore le fonctionnement de cette technologie, et encore moins son existence. Plus d’un tiers (35%) des personnes interrogées à travers le monde reconnaissent n’avoir jamais entendu parler de la blockchain, et près d’un quart (23%) de ceux qui connaissent les principes ignorent simplement son fonctionnement de cette technologie.

    Ceux qui sont au fait du principe de la blockchain estiment que son impact sur le monde des services financiers se révélera à l’avenir considérable ; de fait,  les acteurs du secteur ont tout intérêt à s’informer davantage sur les retombées potentielles d’une telle technologie. Plus de la moitié (53%) des personnes interrogées jugent cette technologie à même de bouleverser les marchés de compensation et de règlement des titres, tandis que plus d’un tiers (36%) d’entre eux livrent un pronostic similaire concernant le marché des comptes courants. Par ailleurs, près de la moitié (45%) des participants à l’étude estiment que les portefeuilles blockchain, couplés aux prêts entre particuliers, pourraient même « sonner le glas du système bancaire tel que nous le connaissons ».

    « Nombreux sont ceux qui se demandent encore si la blockchain constituera ou non une avancée positive. Ce que l’on sait, en revanche, c’est qu’on ne peut plus se permettre d’ignorer ce facteur possible de bouleversement. Un jour viendra peut-être où banques et assurances auront à gérer les données de clients stockées via la blockchain, qu’il s’agisse d’informations personnelles, du détail de leur portefeuille d’actifs ou même de données en temps réel liées à des liquidités virtuelles. Elles doivent d’ores et déjà s’y préparer », prévient Graham Lloyd, directeur et responsable du secteur des services financiers chez Pegasystems.

    « Il faudra pour cela prendre le temps de bien appréhender la blockchain et en quoi cette technologie émergente est susceptible d’impacter leur activité future. Plus tôt cette technologie sera comprise au niveau stratégique de l’entreprise, plus vite seront élaborées des stratégies destinées à réduire le risque tout en tirant le meilleur parti de cette transformation digitale. Les acteurs qui tireront leur épingle du jeu sont ceux qui ont d’ores et déjà commencé à mobiliser des équipes en vue de maîtriser cette nouvelle technologie. »

     

  • Et si on changeait notre regard sur la blockchain…

    La Blockchain s’empare de vos Valeurs

    par Laurent Henocque, Président de Keeex

    Le concept de « blockchain », ce livre de comptes inviolable accessible à tous sur internet, constitue le socle sur lequel est construite la monnaie électronique Bitcoin. Il s’agit d’une innovation considérable, car le réseau de pairs (les mineurs) qui sécurise la blockchain est théoriquement insensible à toute pression, et le coût théorique d’une attaque de ce réseau est très élevé (on parle souvent de plus d’un million de dollars par jour, sans compter de nombreuses autres difficultés).

    L’idée d’un système de pairs autonome a déjà montré sa résilience par le passé, comme l’atteste le protocole P2P de transfert de fichiers BitTorrent, aujourd’hui inarrêtable. L’idée de documents et données protégés par des calculs cryptographiques également, comme le montrent bien BitTorrent de nouveau, et le système de gestion de versions GitHub par exemple. Bitcoin valide sa blockchain sous jacente de manière éclatante : le système fonctionne de manière autonome depuis 2009 avec une valorisation d’environ 7 milliards de dollars à ce jour. C’est peut être le système P2P le plus attaqué de la planète.

    Il est devenu habituel aujourd’hui de comparer Bitcoin à de l’or électronique, car par conception cette monnaie organise sa rareté, et sa blockchain reste surtout adaptée à des transferts importants plus qu’à de très nombreux paiements de petites sommes.

    Mais par sa robustesse cette blockchain est également adaptée à enregistrer des preuves d’existence intangibles, gravées pour l’éternité. Tout identifiant, tout code représentant un objet réel ou virtuel peut y trouver sa place, en attestant, c’est important, de la date que lui donne ce réseau mondial. On peut ainsi par exemple notariser des diplômes, des factures, des contrats, des photographies, preuves de sinistres, d’identité, de patrimoine à assurer. Les applications sont immenses à des environnements démunis structurellement de tiers de confiance habilités et crédibles. Par exemple des espaces géographiques ne disposant pas de cadastre peuvent être équipés très simplement. La blockchain permet une confiance totale entre des individus ou programmes qui ne se connaissent pas.

    Ainsi, le regard le plus positif que l’on peut avoir sur cette technologie est naturellement éthique : la blockchain est non seulement un facilitateur, une source d’économies mais également le socle possible de relations pacifiées, dans l’économie, dans l’industrie, dans les relations avec les autorités, dans le respect du droits des individus. Car en donnant une preuve certaine d’existence à une entité, contrat, signature, décision, accord … à un moment précis et sans possibilité de fraude, la blockchain élimine jusqu’à la tentation de la mauvaise foi ou du mensonge.

    La blockchain devient la poignée de main immatérielle, l’accord d’homme à homme même à distance. Un simple tchat à plusieurs une fois notarisé peut devenir un contrat incontestable. La blockchain fait du monde virtuel le village qu’il avait cessé d’être.

  • Finance participative, blockchain … les FinTech, entre espoir et inquiétude

    Du crowdfunding au crowdlending

    Par Serge ROUANET, dirigeant de PrêtStory

    Avec les nouvelles technologies, l’économie dans son ensemble subit de plein fouet une véritable révolution.
    Le mot « Uberiser » s’apprête à rentrer dans le Larousse, c’est pour dire ! Et la finance n’est pas épargnée.
    Force est de constater que la tendance est au circuit court. Et donc que l’intermédiation en général est bien souvent malmenée. La France, devant la généralisation du phénomène à travers le monde, n’a pas d’autres choix que de prendre le train en marche. Tiraillée entre conservatisme et innovation, nul doute qu’elle va devoir s’adapter à ce qui s’annonce comme un grand chamboulement économique. Et si elle entend promouvoir sa fameuse French Tech aux quatre coins de la planète, elle ne pourra s’affranchir d’un certain remodelage économique.  Qui devra aussi s’appliquer à la finance dans son ensemble …

     Rompre avec les monopoles pour embrasser l’économie moderne

    Coller à l’évolution technologique et à l’économie moderne, c’est devoir renoncer à certains modèles et rompre avec les monopoles.

    La finance participative, notamment, est un parfait exemple de cette disruption des codes, puisqu’elle court-circuite les banques et permet aux citoyens de décider eux-mêmes de l’emploi de leur épargne et de leurs placements. En 2014, la règlementation française a ouvert une brèche. Mais d’autres dérogations se dessinent et la seule inconnue reste le temps. Concilier libéralisme et règlementation, le dilemme est posé. Reste à savoir où seront les jalons, mais nul doute que déjà, la finance et ses rouages ont changé de braquet.
    Changement de rythme, nouveaux usages, diversification des outils, les FinTech préfigurent un nouveau paradigme.


    Du crowdfunding au crowdlending
    .

    Si, à l’origine, les plateformes de crowdfunding se sont avérées être efficaces pour contribuer à l’avènement de projets utiles à des communautés ou à des causes, bien vite, nous avons pu constater que la philanthropie ou le mécénat, à eux seuls, ne suffisaient pas à faire émerger et propulser des projets aux intérêts privés. Le  crowdequity  ou le crowdlending ont répondu à la question. Et l’on constate aujourd’hui que la notion d’investissement tend inexorablement à prendre l’ascendant sur les autres formes de contribution. Pour preuve, en 2015, sur les plateformes spécialisées, le montant correspondant aux prêts rémunérés est presque 4 fois plus important que celui des dons.  Les plateformes de prêt participatif ont donc le vent en poupe ! Et ce n’est que le début si l’on en croit les prévisions des spécialistes du crowdfunding regroupés au sein d’une association homonyme.

    La nouvelle révolution : le blockchain

    Cependant alors que ces modes de financement commencent tout juste à être connus du grand public que déjà une autre révolution s’annonce : le blockchain.

    Mais qu’est-ce donc ? Ce terme à lui seul résume la dématérialisation, la décentralisation et l’authentification de tout ce qui peut s’échanger ou se monétiser.  Cela concerne des devises, à l’instar du bitcoin, la plus connue, mais aussi des contrats, et tous les actifs dans leur grand ensemble. On va jusqu’à dire que c’est une technologie à même de remplacer les institutions financières ! On imagine aisément l’inquiétude de ces dernières qui voient donc le Blockchain comme la lame de fond qui risquerait de tout emporter, des institutions aux corporations en passant par la gouvernance au sens large.
    Le blockchain fascine et inquiète à la fois. Toujours est-il que les institutions  ont pris conscience du potentiel danger que le Blockchain représente à court terme, puisqu’elles ont déployé des cohortes de moyens techniques et humains pour appréhender cette technologie disruptive, qui menace leur hégémonie. Quelles seraient en effet les raisons de penser qu’elles auront toujours une quelconque utilité si une technologie comme le Blockchain apporte toutes les solutions au public ?

    La réponse se résume en un mot : l’expertise.  En effet, si la technologie, et plus précisément les FinTech, semblent, à terme, court-circuiter l’intermédiation dans ses grandes lignes, en créant des outils spécifiques pour traiter de pair à pair, l’expertise et le conseil seront davantage exploités et mis en exergue. Et ainsi valorisés. Ce qui nous autorise à penser que cela obligera les experts à tendre vers l’excellence.

    Dans le crowdlending par exemple, c’est au niveau du choix des projets à financer, de leur appréciation et de leur sélection, que se fera la valorisation des plateformes. Ce qui rassurera les particuliers pour investir plus sereinement leur épargne dans un placement très concurrentiel.