Catégorie : marketing

  • Les Français changent radicalement leur manière d’effectuer une recherche sur Internet

    Si Google reste un réflexe incontournable, l’IA s’impose peu à peu comme un nouveau point d’entrée

    Pour trouver une information, préparer un achat ou résoudre un problème du quotidien, les Français ne passent plus par un seul canal. En un an, leurs habitudes ont profondément évolué : ils jonglent désormais entre moteurs de recherche, intelligence artificielle, réseaux sociaux ou plateformes vidéo.
    Si Google reste un réflexe incontournable, l’IA s’impose peu à peu comme un nouveau point d’entrée. C’est ce que révèle la dernière édition de l’Observatoire[1] des usages de la recherche en ligne, menée par Eskimoz en partenariat avec l’institut Ipsos.

    La notoriété des IA génératives en forte progression

    Dans un paysage où l’ensemble des plateformes est désormais largement identifié, les IA génératives s’imposent cette année comme les grandes gagnantes en termes de notoriété. Leur progression est particulièrement marquée : +17 points en un an, pour atteindre 83 % de Français qui déclarent les connaître, soit un niveau désormais proche de celui des autres grands leviers du search . Cette progression est avant tout portée par les plus jeunes générations : 88 % des 18-34 ans déclarent connaître ces outils, contre 77 % des 55-75 ans, confirmant que, si l’IA s’installe dans le paysage, son appropriation reste encore inégale selon les publics.

    L’IA bouscule un paysage d’usages encore très stable

    Si la notoriété des plateformes progresse globalement, leurs niveaux d’usage restent, eux, relativement stables d’une année sur l’autre. Les moteurs de recherche demeurent un réflexe quotidien pour la grande majorité des Français avec 85 % des sondés qui les utilisent au moins une fois par jour, tandis que 76 % se connectent quotidiennement aux réseaux sociaux . Dans ce paysage plutôt stable, l’utilisation de plateformes d’IA génératives fait figure d’exception. Leur usage quotidien atteint désormais 23 % contre 14% en 2025, confirmant leur ancrage progressif dans les habitudes.

    Mais c’est surtout sur la fréquence hebdomadaire que la progression est la plus spectaculaire : l’usage des IA passe de 29 % à 52 % en un an, soit une hausse de +23 points. À l’inverse, certains usages reculent légèrement.

    Les plateformes d’achat en ligne enregistrent une baisse de 6 points, un recul qui peut s’expliquer par un contexte économique plus contraint, incitant les Français à limiter leurs achats.

    Les femmes demeurent plus prudentes que les hommes

    Autre enseignement marquant : des écarts significatifs persistent entre les hommes et les femmes dans l’adoption des nouveaux usages. Les femmes se montrent globalement plus en retrait face aux IA génératives. 29 % des hommes les utilisent au moins une fois par jour, contre 18 % des femmes (soit 11 points de moins). Sur un usage hebdomadaire, l’écart reste marqué : 58 % des hommes y ont recours, contre 46 % des femmes (soit 12 points de moins) . Cette différence se retrouve également sur les plateformes vidéo. 51 % des hommes les utilisent quotidiennement, contre 33 % des femmes (soit 18 points de moins) . Ces écarts traduisent une appropriation encore inégale de certains usages numériques, et laissent entrevoir une forme de prudence — voire de méfiance — plus marquée chez les femmes face à ces nouveaux outils.

    À chaque besoin sa plateforme : des usages de plus en plus spécialisés

    Lorsqu’il s’agit de rechercher une information, les Français continuent de privilégier les moteurs de recherche, mais diversifient progressivement leurs points d’entrée. L’étude met en évidence une hiérarchie des usages :

    ●       Moteurs de recherche : 74 % (en hausse par rapport à 2025 : 68 %)

    ●       IA génératives : 20 % (contre 9 % en 2025, soit une progression très marquée)

    ●       Réseaux sociaux : 11 %

    ●       Plateformes vidéo : 8 %

    ●       Plateformes d’achat : 5 %

    ●       Messageries en ligne : 4 %

    Au-delà de la recherche d’information, les Français adaptent de plus en plus leurs plateformes selon leurs intentions. Les moteurs de recherche restent dominants pour s’informer (74 %) ou comparer (66 %), tandis que les plateformes vidéo s’imposent sur les tutoriels (58 %). Côté achat, les plateformes e-commerce dominent logiquement sur les produits (59 %), alors que les moteurs restent incontournables pour les services (52 %). Dans ce paysage, les IA génératives progressent rapidement sur l’ensemble des usages, notamment en amont du parcours : 20 % des Français les utilisent déjà pour s’informer (contre 9 % en 2025) et 18 % pour comparer (vs 6 %).

    “Sur le parcours d’achat, les plateformes d’achat renforcent leur domination sur le produit, tandis que les moteurs de recherche restent incontournables, notamment sur les services.L’IA progresse rapidement sur ces deux usages, en particulier sur le service, et s’insère en amont du parcours : elle recommande, avant que les moteurs ou les marketplaces ne convertissent. Un nouveau schéma se dessine : IA pour orienter, plateformes pour finaliser. L’enjeu pour les marques est donc d’être visibles dès la phase de recommandation, au sein des réponses générées par l’IA.” Jérémy Lacoste, DG France d’Eskimoz

    Paris en avance sur les nouveaux usages de recherche

    Lorsqu’on observe les méthodes de recherche utilisées au cours des 30 derniers jours, les écarts territoriaux apparaissent particulièrement marqués — et notamment entre Paris et le reste du territoire.
    Dans la capitale, le recours aux moteurs de recherche classiques recule nettement :
    66 % des parisiens déclarent les utiliser, contre 75 % en moyenne dans les autres villes . À l’inverse, les usages les plus récents y sont largement surreprésentés. 43 % des habitants de Paris ont recours à la recherche conversationnelle via une IA, soit près de deux fois plus que dans le reste du pays (24 %).
    Même tendance du côté de la recherche sociale : 30 % des parisiens utilisent les réseaux sociaux pour effectuer leurs recherches, contre 16 % en moyenne ailleurs . Ces écarts confirment l’émergence d’une géographie du search à plusieurs vitesses, où les grandes métropoles — et Paris en tête — apparaissent comme des laboratoires des usages les plus avancés.

    Des bénéfices perçus… mais encore inégalement compris

    Face à la multiplication des plateformes de recherche, les Français identifient plusieurs bénéfices concrets, qui traduisent une évolution de leurs attentes :

    ●       33 % citent la diversité des sources d’information

    ●       26 % évoquent la possibilité d’explorer différentes perspectives

    ●       24 % mettent en avant un plus grand nombre d’options de recherche

    ●       20 % perçoivent des résultats plus personnalisés

    ●       16 % estiment que cette diversité stimule la concurrence

    Parmi ces éléments, la personnalisation des résultats progresse nettement (+5 points vs 2025), signal d’une attente croissante pour une recherche plus sur mesure, adaptée aux besoins et aux préférences de chacun

    Vers une bascule durable des usages

    À la question des usages futurs, la tendance est sans appel : l’IA générative s’impose comme le levier le plus dynamique du search. Les intentions d’usage passent de 18 % à 58 % en un an, soit une progression spectaculaire de +40 points . L’IA rejoint ainsi les moteurs de recherche au sommet des usages envisagés, ces derniers restant à un niveau élevé (57 %), confirmant une transformation réelle des comportements de recherche en ligne . À l’inverse, les autres plateformes (réseaux sociaux, vidéo, messageries ou encore plateformes d’achat) restent globalement stables.

  • Création de contenu : quel est le vrai avantage de l’IA ?

    Le vrai avantage de l’IA ?
    Son intégration intentionnelle avec l’humain

    Selon Canva

    99 % des directions marketing prévoient d’augmenter leurs budgets IA.
    Pourtant, 65 % des consommateurs jugent les publicités générées par l’IA trop facilement reconnaissables et s’en détournent.

    C’est la tension centrale que révèle l’étude State of Marketing & AI 2026 de Canva, conduite auprès de 1 415 responsables marketing et 3 547 consommateurs à travers le monde.

    Car si l’IA s’impose comme levier de productivité, avec 89 % des dirigeants qui économisent jusqu’à 4 heures par semaine, la performance ne se joue pas que sur la productivité. 87 % des consommateurs estiment qu’une touche humaine reste irremplaçable dans la publicité. Un signal clair : l’IA seule ne suffit pas à construire la confiance.

    Le vrai avantage compétitif ne revient donc pas aux équipes qui utilisent le plus l’IA, mais à celles qui l’intègrent avec discernement en gardant l’humain aux commandes de la qualité créative et de la cohérence de marque.

    Ce rapport est pertinent pour toute direction marketing qui cherche à industrialiser ses pratiques IA sans perdre ce qui fait la force d’une marque : son positionnement, son ton, son identité visuelle.

  • Netflix prépare une mutation silencieuse vers le modèle des créateurs

    Netflix multiplie les signaux d’ouverture vers les créateurs issus de YouTube

    Face à une concurrence qui se joue désormais sur l’usage plutôt que sur le catalogue.
    Selon Adham Hassan, Expert Creator Economy

    Les grandes manœuvres de Netflix attirent souvent l’attention lorsqu’elles concernent des acquisitions spectaculaires ou des stratégies de consolidation du divertissement traditionnel. Ces annonces occupent l’espace médiatique, mais elles masquent parfois des évolutions plus discrètes, et pourtant déterminantes pour l’avenir de la plateforme.
    Depuis quelque temps, Netflix s’ouvre à des contenus portés par des créateurs indépendants, issus de plateformes ouvertes comme YouTube.
    Cette évolution marque une inflexion vers des logiques proches de l’UGC (User Generated Content, ou contenus créés par les utilisateurs), sans pour autant renier l’ADN éditorial de la plateforme.
    Podcasts intégrés à l’offre, formats YouTube adaptés ou programmes développés par des créateurs déjà installés en ligne : pris ensemble, ces choix dessinent une trajectoire claire.

    La coexistence de deux stratégies chez Netflix

    Netflix avance aujourd’hui sur deux fronts.
    > D’un côté, la plateforme poursuit une stratégie de consolidation du divertissement traditionnel, en renforçant ses catalogues et en sécurisant des contenus premium.

    > De l’autre, elle intègre progressivement des formats développés hors de son écosystème historique, portés par des créateurs. Cette coexistence n’est pas contradictoire. Elle traduit une prise de conscience stratégique : la valeur ne se concentre plus uniquement dans la possession de grandes franchises, mais aussi dans la capacité à capter des audiences déjà constituées autour de contenus nés sur le web.

    L’intégration progressive de contenus issus de YouTube

    Les choix récents de Netflix illustrent cette ouverture.
    La plateforme accueille des podcasts auparavant diffusés ailleurs, adapte des formats YouTube déjà populaires et intègre des émissions dont l’audience s’est construite en dehors des circuits traditionnels.
    Ces contenus présentent un avantage décisif pour Netflix. Ils arrivent avec des communautés existantes, une narration éprouvée et une relation déjà installée entre créateurs et publics. En s’appuyant sur ces formats, Netflix limite le risque créatif tout en élargissant son offre éditoriale et en touchant des audiences parfois éloignées de ses productions classiques.

    La comparaison structurelle entre Netflix et YouTube

    La principale concurrence de Netflix ne se limite plus aux autres plateformes de streaming ou aux acteurs historiques du divertissement.
    Elle se situe désormais face à YouTube, qui capte une part croissante du temps passé devant les écrans, notamment sur les usages télévisuels. Là où Netflix repose sur un modèle fermé et fortement éditorialisé, YouTube s’appuie sur un système ouvert, alimenté par une création continue et portée par des créateurs indépendants. Netflix ne peut ni racheter YouTube, ni en reproduire entièrement le fonctionnement, mais il peut en intégrer certains mécanismes clés, notamment ceux liés à l’usage et à la fidélité des audiences.

    L’émergence d’un modèle à deux niveaux pour les créateurs

    L’évolution la plus probable du modèle de Netflix repose sur une structuration différenciée de la création.
    Une première catégorie pourrait accueillir des créateurs produisant des contenus épisodiques, avec des règles plus souples et une logique orientée vers des offres soutenues par la publicité.
    Une seconde catégorie serait réservée à des créateurs plus établis, capables de livrer des formats durables et monétisables sur le long terme. Netflix pourrait alors licencier leurs catalogues existants et commander des productions originales, dans une logique déjà amorcée avec certains formats issus de YouTube.

    Le rôle de YouTube comme incubateur pour Netflix

    Dans cette configuration, YouTube conserve une place centrale. La plateforme reste le lieu où les formats émergent, se testent et se stabilisent. Les créateurs y construisent leur audience, affinent leur identité et démontrent la solidité de leurs concepts. Netflix intervient ensuite comme un accélérateur, en intégrant les formats les plus matures dans un environnement plus structuré et plus premium. Sans le formaliser explicitement, YouTube devient ainsi un véritable terrain d’incubation pour Netflix.

    La mutation engagée par Netflix ne relève pas d’un simple ajustement opportuniste. Elle traduit une évolution stratégique face à un changement durable des usages et à la montée en puissance de la création issue du web. En s’ouvrant progressivement à des contenus portés par des créateurs indépendants, Netflix adapte son modèle à une nouvelle réalité du divertissement, où l’attention et l’usage pèsent désormais autant que le catalogue.

     

     

  • Vérités humaines à l’ère algorithmique

    Simplicité, sociabilité et attention : les 3 piliers pour la croissance des marques dans un monde guidé par les algorithmes

    Dentsu dévoile son rapport 2026 « Vérités humaines à l’ère algorithmique », qui explore 3 piliers comportementaux humains intemporels : la simplicité, la sociabilité et l’attention. Ces comportements joueront un rôle clé dans la croissance des marques dans un monde de plus en plus guidé par les algorithmes.

    « Vérités humaines à l’ère algorithmique », ce rapport, fruit de la réflexion de 30 experts internationaux, décrypte les transformations qui redéfinissent le marketing et l’investissement média à l’échelle mondiale.
    Alors que l’intelligence artificielle, l’automatisation et la convergence culturelle bouleversent la façon dont les individus découvrent, interagissent et consomment, le rapport identifie les vérités humaines universelles qui perdurent et montre comment les marques peuvent s’y appuyer pour accroître leur influence et leur impact en 2026 et au-delà.

    « À une époque où chaque clic et chaque scroll sont influencés par des algorithmes, les enseignements les plus puissants restent profondément humains », déclare Will Swayne, Global Practice President, Media and Integrated Solution chez dentsu. « Les marques doivent concentrer leur réflexion stratégique sur ce qui demeure stable dans le temps, en s’ancrant dans des comportements humains fondamentaux afin de déterminer, avec rigueur, où investir à l’ère algorithmique. »

    Les 3 vérités humaines qui guideront la croissance en 2026 :

    1. Nous sommes simples… jusqu’à ce que nous devenions complexes

    Dans un monde toujours plus complexe, la commodité règne, mais seulement jusqu’à un certain point. Les marques doivent trouver un équilibre entre efficacité et émotion, en concevant des expériences à la fois simples et surprenantes. Parmi les opportunités émergentes figurent l’optimisation de l’expérience de recherche dans les environnements conversationnels et multimodaux, le déploiement stratégique de l’intelligence artificielle agentique et la montée du paradoxe de la friction.

    1. Nous sommes des êtres sociaux

    Le besoin de connexion reste au cœur du comportement humain, même dans des écosystèmes avant tout numériques. Alors que l’influence se décentralise, le rapport explore comment les communautés et les créateurs redéfinissent désormais la culture, des forums Reddit aux fandoms du streaming. Les marques qui favorisent la participation à travers des expériences live, des références nostalgiques partagées ou des canaux de messagerie conversationnelle renforcent l’engagement et la défense de la marque.

    1. Nous ne lisons plus la publicité

    L’attention est devenue la ressource la plus rare du marketing. Les recherches menées par dentsu montrent que les marques doivent privilégier la qualité plutôt que la saturation, en tirant parti des audiences générées par l’IA pour obtenir des informations plus précises, des vidéos NextGen pour mesurer l’impact de la marque, ainsi que de nouveaux formats de divertissement, des séries documentaires sur le sport, des jeux vidéo, des dessins animés et des mini-séries, afin de renforcer leur pertinence culturelle à long terme.

    Le rapport 2026 réaffirme que les médias ne sont plus de simples canaux mais chacun devient un véritable moteur de croissance, reliant créativité, commerce et culture. En utilisant les médias comme leviers dynamiques entre récit de marque et expérience consommateur, les marques peuvent passer de l’adaptation à la prise de leadership à l’ère algorithmique..

    Téléchargez le rapport complet ici