Catégorie : IA

  • Pourquoi TikTok est en train de s’imposer comme la plateforme de Live Shopping en France ?

    Changer la manière dont le monde consomme
    le e-commerce

    Annie ABELA 

    Il fait beau ce matin sur 1to1 Retailà Monaco
    Il en va de même pour TikTok qui a donné sa keynote sur TikTok Shop sa plateforme de social shopping. Les chiffres explosent en France !


    Avec 200 millions d’acteurs et 100 000 seller social shopping en Europe, le modèle génère des ventes en hausse.
    Pour Laurent Delahodde, Head of Commerce de TikTok France:  » Le commerce de détail connaît aujourd’hui un tournant majeur. Les consommateurs ne suivent plus un parcours d’achat linéaire : ils recherchent des expériences immersives, inspirées par les dernières tendances qui révèlent de nouveaux besoins. »
    TikTok accompagne cette redéfinition des codes du commerce en comblant le fossé entre le digital et le physique : les contenus viraux deviennent de véritables dynamiques commerciales à grande échelle.

    Décryptage sur les temps forts avec :
    Laurent Delahodde, Head of Commerce de TikTok France,
    Mehdi Meghzifene, Country Manager de TikTok Shop France,
    Julie Troadec, Directrice e-commerce @ Colgate-Palmolive
    & Calvin Anderson , SVP Global Direct-to-Consumer SharkNinja 

    1- Quand TikTok réecrit les règles du e-commerce

    Exit les sites e-commerce classiques, place à la sérendipité des contenus!
     » C’est la découverte inattendue et pertinente d’informations lors de la navigation alors que l’utilisateur cherchait autre chose  » explique Laurent Delahodde.
    Favorisée par des algorithmes de recommandation (shuffle, suggestions) et l’exploration libre, elle enrichit l’expérience utilisateur.
    C’est fort. Très fort. Pourquoi ? Parce que l’algorithme devine ce que vous voulez regarder.
    Résultat : l’utilisateur n’explore plus activement un catalogue.
    Le contenu vient à lui.
    64 % des utilisateurs
    trouvent ainsi de nouveaux produits. 
    Dans l’économie de l’attention, cette capacité suffit à transformer TikTok en programmateurs invisibles de la culture populaire.
    Quatre formats sont disponibles : vitrine, boutique, live shopping en one to one ou one to many.

    2- Les marques doivent adapter leur visibilité en ligne 

    Selon une étude publiée par Luminate, les jeunes générations ne vont plus prioritairement sur Google ou Amazon pour chercher un produit.
    Leur 1er réflexe est d’aller sur TikTok, selon Luminate, 64 % des GenZ sont influencés dans leur consommation par TikTok.

    Et c’est la cas du Groupe Colgate Palmolive.

    Julie Troadec, e-commerce Director déclare :
     » Les créateurs de contenu jouent un rôle crucial en tant que prescripteurs, notamment via TikTok Shop où ils créent des interactions directes avec leur audience, transformant des moments de découverte en véritables séances de shopping.  »

    Pour la directrice e-commerce, ce n’est pas simple de changer la communication au sein d’un grand groupe.  » Nous sommes vigilants sur les données personnelles, il a fallu faire notre chemin au niveau légal et reconsiderer le search. »
    La marque mise sur la viralité, utilisant des formats courts et engageants pour transformer le brossage des dents en tendance lifestyle, s’inscrivant dans le boom du contenu beauté sur la plateforme.


    Pour Calvin Aderson SVP Global Direct-to-Consumer chez Shark Ninja –
    L’art de rendre sexy un produit banal

     » Nous avons structuré autour du contenus social media plutôt que que la publicité traditionnelle. Notre format dominant est la démonstration virale »

    Ce format fonctionne car les produits créent des moments visuels sympas qui favorisent la viralité. Une autre particularité forte, SharkNinja conçoit certains produits pour être viralisables. Un exemple ? les machines à glace … elles sont visuellement satisfaisantes et partageables.
    Pourquoi ça marche ? Les vidéos ressemblent à un test et non une publicité. « Show, don’t tell  » toujours démontrer, visiblement un slogan qui réussit à SharkNinja.

    3- Un potentiel réel mais qui a ses limites 

    Reste une question essentielle :  » Est-ce que la course à la monétisation de production massive de contenus promotionnelles peut entraîner un sentiment de lassitude et une baisse de l’engagement organique ?  »
    Pas de réponse officielle de TikTok mais ce qui semble logique c’est que le social shopping doit être utilisé dans une stratégie avec un ciblage précis, un story telling cohérent avec les influenceurs.

    Eviter les pièges (source BPI), à savoir :

    • Téléachat 2.0 : Le flux constant de recommandations crée une pression à l’achat, les acheteurs succombant aux achats impulsifs sur les réseaux sociaux.
    • Sursollicitation : Les créateurs deviennent des vitrines publicitaires, délaissant la création de contenu original pour des placements produits répétitifs.
    • Vente > Création : La monétisation prime sur la créativité, transformant l’expérience utilisateur en une succession d’opportunités d’achat

     

     

     

     

     

     

  • Comment les E-commerçants abordent 2026 ?

    Consommation fragilisée, croissance des plateformes asiatiques, transformations technologiques…
    La Fevad dresse le moral des E-commerçants

    Annie Abela

    Ce mardi 10 Mars sur l’évènement 1to1 à Monaco, Marc Lolivier, Délégué général de la Fevad  (La Fédération du e-commerce et de la vente à distance ) en partenariat avec Toluna -Harris Interactive et LSA a dévoilé les chiffres sur le moral des
    E-commerçants.  

    Découvrez en avant-première, les temps forts de la conférence.

     » Les Français ont dépensé près de 200 milliards d’euros sur internet en 2025!  »
    L’e-commerce confirme son rôle de pilier durable de la consommation, malgré un environnement économique et politique incertain » explique Marc Lolivier et de poursuivre : « Cette croissance est avant tout portée par les usages : les Français achètent plus souvent en ligne, même si la pression sur les prix limite la progression du panier moyen ».
    Mais quel est le moral des e-commerçants ?
    Ont-ils confiance dans l’avenir?
    Quelles sont leurs priorités stratégiques et en investissements ?

    Le moral des e-commerçants 

    Surprise ! le moral des e-commerçants progresse de 36 %. Ils se disent plus optimistes pour 2026, contre 20 % moins optimistes, soit un solde positif de 16 points en hausse de 7 points par rapport à l’an dernier. Même dynamique chez les autres européens avec un solde positif de 23 points.

    Perception sur l’évolution du marché 

    Les e-commerçants décrivent un marché qui reste globalement orienté à la hausse, en France comme dans le reste de l’Europe.

    En France, 44 % des dirigeants estiment que leur marché est en croissance, contre 28 % qui le jugent en baisse. Dans les autres pays européens, 46 % considèrent également leur marché en croissance, contre 21 % en recul.
    Malgré un léger tassement par rapport aux années précédentes, l’exercice 2025 reste globalement positif. La moitié des entreprises françaises déclare un exercice rentable, tandis qu’environ une entreprise sur cinq reste déficitaire, un niveau stable.
    Ce climat plus positif coexiste toutefois avec de fortes inquiétudes sur la conjoncture économique.

    Cependant, 98 % des e-commerçants estiment que l’instabilité politique a un impact sur la consommation, et 43 % anticipent une dégradation de celle-ci dans les douze prochains mois, contre seulement 6 % qui envisagent une amélioration.

    Principales tendances à venir pour 2026 

    Ce climat « positif « coexiste  avec de fortes inquiétudes sur la conjoncture économique.

    En France, 98 % des e-commerçants estiment que l’instabilité politique a un impact sur la consommation, et 43 % anticipent une dégradation de celle-ci dans les douze prochains mois, contre seulement 6 % qui envisagent une amélioration.

    Pour 2026, les perspectives d’activité demeurent bien orientées : 67 % des e-commerçants français anticipent une hausse de leur chiffre d’affaires, contre seulement 8 % qui prévoient une baisse.

    Les perspectives sont également positives en matière de rentabilité : 56 % des entreprises françaises anticipent une progression de leur marge nette.

     

    La montée en puissance des grandes plateformes opérant depuis l’Asie est désormais perçue comme un facteur structurant pour le secteur.
    Ainsi, 70 % des e-commerçants français exposés à la concurrence de ces plateformes déclarent que leur activité est directement impactée, et près d’un tiers indiquent avoir dû adapter leur stratégie commerciale.

    Une donnée intéressante, les dirigeants observent des évolutions profondes des comportements d’achat :

    • 93 % constatent un renforcement de l’attractivité des promotions et des prix bas
    • 95 % estiment que les repères de prix des consommateurs ont changé
    • 80 % observent une hausse des achats impulsifs

    Quelles sont les priorités stratégiques et les investissements ?

     Deux points ressortent de l’étude : l’International et les investissements technologiques. 

    L’international : un levier de croissance majeure
    L’ouverture internationale continue de progresser parmi les acteurs du secteur.
    Deux tiers des e-commerçants français et trois quarts des entreprises européennes déclarent opérer à l’étranger.

    Parmi ces entreprises présentes à l’international, 77 % anticipent une augmentation de la part de leur chiffre d’affaires réalisée hors de leur marché domestique dans les deux prochaines années, confirmant le rôle croissant de l’export dans les stratégies de développement du e-commerce

    Investissements : priorité à l’informatique et au marketing

    Les priorités d’investissement pour 2026 traduisent une volonté de consolider les fondamentaux du modèle e-commerce. Les principaux domaines d’investissement concernent :

    • l’informatique et la cybersécurité (58 % des entreprises françaises prévoient d’augmenter leurs budgets)
    • le marketing et la publicité (48 %)
    • le développement international et la monétisation de l’audience (marketplaces, retail media…)

    A noter que les budgets marketing se concentrent principalement sur les réseaux sociaux, le référencement naturel (SEO) et la publicité en ligne, tandis que les canaux hors ligne (TV, radio, presse ou imprimés publicitaires) restent globalement stables ou en recul.

     

    Impact de l’IA dans les organisations

    L’IA, et en particulier l’IA générative, s’impose désormais comme un levier majeur de transformation du e-commerce. Ce sont 94 % des entreprises françaises qui déclarent utiliser au moins une solution d’IA générative. Elle est perçue comme l’innovation la plus prometteuse à horizon trois ans, notamment dans les domaines de :

    • la relation client
    • le marketing
    • la logistique et la sécurité.

    Cette diffusion s’accompagne d’une transformation rapide des métiers : 87 % des dirigeants déclarent observer des évolutions organisationnelles liées à l’introduction de solutions d’IA.

     

    Les dirigeants interrogés expriment également une attente forte en matière de souveraineté numérique européenne.

    • 90 % estiment que l’Europe est aujourd’hui trop dépendante des technologies et plateformes américaines et asiatiques
    • 83 % se déclarent insatisfaits de la politique européenne actuelle dans ce domaine

    En matière de politique européenne de souveraineté numérique, deux priorités se détachent très nettement aux yeux des dirigeants :
    👉faire respecter plus strictement les règles européennes par les acteurs extra-européens 👉et alléger les charges qui pèsent aujourd’hui sur les entreprises européennes.

     

     

     

  • IA en entreprise : passer de l’expérimentation à l’industrialisation

    L’IA en entreprise : les 10 questions à se poser pour sécuriser sa stratégie technologique

    Alors que l’AI Act européen entre progressivement en vigueur, les entreprises, en particulier dans les secteurs bancaires et assurantiels, font face à un double impératif : innover tout en garantissant une conformité totale. Le passage de l’expérimentation à l’industrialisation exige désormais une évaluation rigoureuse des solutions technologiques.

    Killian Vermersch CEO de Miralia (ex golem.AI)  identifie les dix questions critiques que tout décideur doit poser à son prestataire pour garantir un déploiement pérenne et sécurisé.

    1. L’IA peut-elle être explicable, démontrable et auditable ? 

    Pour les sujets importants pour l’activité de la société et dans les environnements réglementés, comprendre le résultat est aussi crucial que le résultat lui-même. Une IA doit pouvoir expliquer chacune de ses décisions. Cette traçabilité est la condition sine qua non de la confiance et de la conformité réglementaire.

    Une IA explicable peut tenter de se justifier sur un résultat, une IA démontrable peut exposer l’ensemble de son raisonnement de manière traçable, et enfin, une IA auditable implique qu’il est possible “d’ouvrir le capot” pour vérifier que cette justification correspond à la réalité du traitement effectué.

    2. La souveraineté des données est-elle garantie ?

    Il est impératif de savoir où résident les données. La solution technologique doit être souveraine pour assurer que les informations sensibles, notamment dans la finance ou la défense, ne transitent pas par des serveurs tiers non maîtrisés.

    Il est notamment important de prendre en compte le Cloud Act américain, qui permet aux États-Unis de récupérer la donnée d’un hébergeur américain même dans un datacenter basé en Europe.

    3. La solution est-elle conforme à l’AI Act et aux autres réglementations ? 

    À l’horizon 2026, l’anticipation réglementaire n’est plus une option. Le prestataire doit démontrer que sa solution intègre nativement les exigences de transparence, de gouvernance et de maîtrise des risques imposées par le nouveau cadre européen.

    Cela commence par connaître son niveau de risque au titre de l’article 6 de l’AI Act (https://artificialintelligenceact.eu/article/6/).
    Dans le contexte des services financiers comme la banque ou l’assurance, il s’agit souvent de “high risk”. Si c’est le cas, la solution doit être explicable de bout en bout dans ses prises de décisions ou son assistance aux décisions. Même si le projet rentre dans une catégorie moins restrictive, certaines règles de l’AI Act continuent à s’appliquer, ainsi que le RGPD.

    4. Quelle est la fiabilité réelle ? 

    Pour le traitement de messages critiques, le déterminisme et la démontrabilité doivent primer sur la créativité. L’entreprise doit s’assurer que l’IA est fiable et conçue pour répondre aux exigences opérationnelles des environnements sensibles, sans risque d’erreur aléatoire.

    5. La technologie est-elle frugale ? 

    L’efficacité ne doit pas se faire au détriment de l’empreinte environnementale. Une IA performante doit être frugale, optimisée pour limiter sa consommation de ressources et s’aligner avec les objectifs RSE des grands groupes.

    Une IA frugale utilise également moins de serveurs et d’énergie, ce qui réduit beaucoup le coût de son usage et donc améliore le ROI des projets qui l’utilisent.

    Les approches hybrides comme l’IA neuro-symbolique, qui peut combiner des systèmes d’IA Symbolique (basée sur des règles) et des IA Génératives (plus lourdes de part leurs phases d’entraînements qui mobilisent des fermes de GPU) permettent d’allier performance et frugalité, en utilisant pour chaque élément analysé la bonne technologie en bon endroit. Si la demande correspond à un contexte connu elle peut être traitée par une IA Symbolique, ou encore du traitement du langage ou des règles simples, et si elle quitte le contexte une IA Générative peut prendre  le relais.

    6. L’outil facilite-t-il l’adoption par les métiers ?

    Le déploiement de l’IA ne peut réussir que par l’adhésion des équipes. La solution doit être pensée pour être comprise et adoptée par les collaborateurs, en agissant comme un soutien aux équipes plutôt qu’un outil de remplacement. L’entreprise doit donc vérifier que le setup de la solution est co-construit avec les équipes métiers en interne et accompagné par des experts chez le client.

    7. Quel est le délai d’implémentation ? 

    Le temps est une ressource critique. La technologie doit permettre une intégration ciblée et pragmatique, capable de réduire les délais de déploiement sans nécessiter des phases d’entraînement interminables. À cela s’ajoute, la capacité d’industrialiser la solution.

    8. Le ROI est-il mesurable ? 

    L’IA doit servir la performance opérationnelle. Il est essentiel d’exiger des indicateurs clairs sur le retour sur investissement et l’efficacité, comme l’optimisation du traitement des messages entrants et des pièces jointes.

    9. Qui maîtrise la configuration (autonomie) ? 

    Pour garantir l’agilité, les équipes métiers doivent pouvoir conserver la main sur l’outil. L’IA doit être transparente et « blanche », permettant aux utilisateurs de comprendre et d’ajuster les décisions sans dépendance technique excessive.

    La collaboration entre le fournisseur de la solution d’IA, qui agit en tant qu’expert, et celui du client doit être très rapprochée.

    10. Le prestataire possède-t-il sa propre technologie ? 

    Il est préférable de s’appuyer sur un partenaire disposant d’une technologie propriétaire ou open-source. C’est un gage de pérennité, d’indépendance stratégique et de capacité à faire évoluer le produit en fonction des besoins clients.

    Ces réponses sont au cœur de l’identité même de Miralia (ex-Golem.ai). Killian Vermersch et ses équipes ont la conviction que l’intelligence artificielle ne s’imposera durablement que par la confiance.

    En s’appuyant sur une technologie d’IA neuro-symbolique propriétaire, explicable et frugale, Miralia a su convaincre les leaders de l’assurance et de la banque. La start-up, qui a enregistré une croissance de 100 % en un an, démontre qu’il est possible de concilier innovation technologique et exigences de conformité.

  • Les six ruptures qui vont redéfinir l’IA en entreprise

    2026 : point de bascule pour les organisations françaises et européennes

    Selon Ivanti (éditeur international de solutions logicielles IT et de sécurité )

    Après plusieurs années d’adoption rapide mais souvent désordonnée de l’intelligence artificielle, 2026 marque un point de bascule pour les organisations françaises et européennes. Entre IA Act, pression sur les budgets et accélération des attaques automatisées, les DSI vont devoir arbitrer vite pour mieux structurer, sécuriser et mesurer. Ivanti, éditeur de solutions IT et de cybersécurité, identifie six évolutions qui devraient concentrer l’attention des DSI dans les prochains mois.

    1. Compétence IA : l’urgence sous-estimée

    L’utilisation de l’IA en entreprise explose, mais l’accompagnement ne suit pas.
    84% des professionnels IT utilisent l’IA générative au quotidien, mais 60% des organisations n’ont mis en place aucun programme de formation pour accompagner cette évolution. Résultat : un déploiement hétérogène et des outils sous-exploités, un ROI faible et aucune solution de repli face à la pénurie de talents. En 2026, la différence se fera moins sur l’accès à la technologie que sur la capacité à industrialiser les compétences en matière d’IA.

    « Nous observons un paradoxe frappant : les budgets IA explosent pour les outils, mais la formation des collaborateurs reste négligée. En 2026, les entreprises qui n’investissent pas dans les compétences de leurs équipes vont se faire distancer » alerte Luc Sabot, Country Manager France.

    1. Le casse-tête réglementaire européen

    AI Act, Cyber Resilience Act, NIS2…Les DSI construisent leurs trajectoires 2026 au milieu d’un empilement réglementaire, sans visibilité claire sur leurs obligations. Deux postures se dessinent : attendre au risque d’une mise en conformité dans l’urgence ou anticiper dès maintenant. Les entreprises qui opteront pour la seconde transformeront les contraintes réglementaires en un avantage compétitif durable.

    1. IA “agentique” : la vitesse des attaques change d’échelle

    L’émergence d’IA plus autonomes (capables d’enchaîner des actions, d’itérer et de s’adapter) rebattent les cartes de la cybersécurité. Certaines peuvent analyser un correctif et identifier comment l’exploiter en moins de 72 heures, lancer des campagnes de phishing qui s’ajustent en temps réel ou tester méthodiquement des surfaces d’attaque. La question n’est plus seulement “sommes-nous protégés ?” mais “à quelle vitesse savons-nous agir ?”. En 2026, le patch management et l’automatisation deviennent plus que jamais stratégiques.

    1. La gouvernance de l’IA devient obligatoire

    Entre impact du Shadow AI, budgets dispersés et absence de visibilité sur les risques, le manque de gouvernance en matière d’IA coûte cher aux entreprises. Il devient impératif de mettre en place des règles simples pour en cadrer les usages. En pratique, les organisations qui tireront leur épingle du jeu seront celles qui traitent l’IA comme un employé : un périmètre clair, des responsables formés, des mesures de contrôle et des indicateurs pour mesurer son impact réel.

    « En 2026, les organisations vont devoir choisir : soit mettre en place une vraie gouvernance avec des règles claires, soit continuer à dépenser sans résultats concrets. Les comités de gouvernance IA vont devenir la norme » prévient Luc Sabot.

    1. Le ROI de l’IA sous surveillance

    Après l’enthousiasme aveugle, place aux comptes. Les budgets ont explosé, mais beaucoup d’entreprises se retrouvent avec des systèmes fragmentés, des pilotes sans suite et un ROI décevant. En 2026, les DSI seront attendus sur une discipline plus stricte sur les décisions concernant l’IA. L’IA ne sera plus “un projet innovation” tendance, mais un levier dont on exige des résultats, avec un arbitrage clair entre coût, risque et valeur. Cette discipline séparera les stratèges des suiveurs.

    1. Le leadership doit s’adapter

    Dans un contexte de reprise des investissements tech à son plus haut niveau depuis 2022 et de hausse des budgets cybersécurité, de nombreuses entreprises entrent en phase d’accélération. Reste une question centrale : les équipes dirigeantes ont-elles les ressources internes pour piloter cette transformation IA ?
    En 2026, les comités de direction devront composer avec de nouveaux arbitrages et adapter leur gouvernance pour exécuter vite, en se dotant des bons profils.

    En 2026, l’écart va se creuser entre les organisations qui structurent leur approche de l’IA et celles qui improvisent. La technologie seule ne suffit plus : c’est l’alignement entre gouvernance, compétences, sécurité et conformité qui fera la différence.

     

  • Comment l’IA redéfinit le rôle du commercial

    IA : Quand les signaux d’intention redessinent le métier de commercial

    Selon Hugo Delattre, fondateur de Get In Touch 

    Il y a encore quelques années, la prospection commerciale se résumait à une mécanique répétitive fondée sur le volume et l’endurance. Les équipes multipliaient les appels, les emails et les relances, convaincues que l’insistance suffisait à faire émerger des opportunités.
    Ce modèle, construit sur une logique statistique, paraissait immuable. Pourtant, en silence, les comportements numériques se sont imposés comme une matière première nouvelle, révélatrice de besoins, d’intérêts ou de réflexions en cours. Chaque recherche, interaction ou consultation publique constitue désormais un indicateur potentiel de maturité. Avec l’essor de l’IA, ces traces, autrefois considérées comme anecdotiques, deviennent lisibles et interprétables. Elles transforment la manière dont les organisations envisagent l’acte de prospecter : non plus comme un exercice d’endurance, mais comme un travail d’observation fine et de compréhension du moment opportun.

    1. Une prospection guidée par l’intention plutôt que par le volume

    Les progrès technologiques permettent aujourd’hui de capter, d’interpréter et de mettre en cohérence des milliers de signaux générés chaque jour par les professionnels. La manière dont un dirigeant interagit avec un sujet, l’évolution d’un intérêt soudain pour une problématique ou la consultation répétée d’une typologie de solution dessinent un terrain d’analyse d’une richesse inédite. L’IA s’empare de cette matière et lui donne un sens opérationnel.

    À travers ces signaux, les organisations découvrent un indicateur de maturité d’achat d’une précision rarement atteinte. Elles ne ciblent plus « des profils », mais des comportements ; elles ne cherchent plus à pousser un message, mais à comprendre un contexte. Cette logique renverse les codes traditionnels de la prospection.
    Plutôt que d’imposer un rythme au marché, les entreprises s’alignent sur celui des prospects.
    Les décisions commerciales s’appuient désormais sur la probabilité d’intention, renforçant la pertinence des prises de contact et limitant les interactions inutiles.
    Parallèlement, l’analyse automatisée des échanges commerciaux offre une nouvelle lecture du cycle de vente. Les rendez-vous sont transcrits, les dialogues examinés, les dynamiques d’échange décryptées. Les commerciaux bénéficient d’une visibilité objective sur leurs performances : non plus un ressenti, mais une compréhension structurée de ce qui suscite une avancée ou provoque un blocage. L’IA devient un miroir parfaitement neutre qui éclaire les forces comme les axes d’ajustement.

    2. Le commercial recentré sur la valeur relationnelle

    Ce basculement technologique ne remplace pas la dimension humaine du métier ; il l’amplifie. En absorbant les tâches répétitives et chronophages, l’IA redonne du temps aux équipes pour exercer pleinement leur rôle stratégique.
    La recherche d’informations, la qualification initiale ou la segmentation manuelle ne constituent plus des freins au déploiement d’une démarche réellement personnalisée. Le commercial peut se concentrer sur ce que la machine ne sait pas faire : comprendre une histoire, écouter un enjeu, interpréter une nuance, instaurer un climat de confiance. Dans les organisations qui adoptent ces nouveaux outils, les interactions se transforment. Elles ne sont plus générées par obligation ou par automatisme, mais parce que le signal détecté justifie véritablement l’échange. Les prospects perçoivent cette pertinence.
    Le dialogue devient plus fluide, mieux ancré dans leurs problématiques, moins intrusif. La relation commerciale quitte alors le champ du volume pour entrer dans celui de la justesse.

    Cette évolution redéfinit aussi le rôle du commercial : il n’est plus celui qui sollicite en permanence, mais celui qui intervient au moment adéquat, avec une compréhension précise du contexte. La valeur ne réside plus dans le nombre d’actions réalisées, mais dans la qualité de l’intervention. L’IA ne fait pas disparaître l’humain ; elle clarifie son terrain d’expression.

    3. Un nouveau paradigme : interpréter plutôt que solliciter

    Ce mouvement marque l’entrée dans une ère où la performance commerciale repose autant sur la capacité à analyser un prospect que sur celle de le convaincre. Les organisations qui réussissent ne sont plus celles qui contactent le plus, mais celles qui savent interpréter les signaux laissés par le marché. Elles adoptent une culture nouvelle, dans laquelle la donnée ne sert pas à multiplier les actions, mais à en réduire le nombre tout en en maximisant la justesse.

    La collaboration entre l’humain et la machine devient la clé de cette transformation. L’IA observe, priorise et met en cohérence. Le commercial nuance, interprète et construit la relation. Ensemble, ils forment un modèle d’efficacité qui dépasse largement les méthodes traditionnelles. La performance n’est plus un résultat aléatoire, dépendant de la répétition, mais le produit d’une stratégie fondée sur la compréhension fine de l’intention.

    Ce n’est pas une rupture brutale, mais une transition profonde vers un métier plus intelligent, plus stratégique et plus respectueux du prospect. Le commercial n’est pas remplacé ; il est augmenté. Et dans cette évolution, une certitude s’impose : le futur desventes se construira moins dans l’insistance que dans la capacité à voir, avant les autres, ce que les signaux d’intention révèlent.

     

     

  • Quelles sont les tendances qui vont transformer l’engagement client et les écosystèmes numériques ?

    L’automatisation par IA, le RCS et l’intégration des plateformes sont en passe de redéfinir l’ensemble des marchés

    Selon infobip

    Les agents IA géreront la majorité des interactions clients

    D’ici 2026, on estime que l’IA agentique prendra en charge jusqu’à 95 % des interactions clients, offrant un support instantané et personnalisé 24h/24 et 7j/7.

    Ces agents évoluent au-delà des simples bots FAQ pour devenir des modèles agentiques proches de l’humain, capables de communications complexes et autonomes. Le service client se transforme rapidement, avec des bots vocaux et des agents basés sur le chat, accompagné par la technologie human-in-the-loop.

    Des entreprises déploient déjà des chatbots IA pour gérer les demandes bancaires courantes et le suivi des commandes e-commerce, tandis que des bots vocaux avancés ouvrent de nouvelles opportunités pour automatiser et améliorer les conversations clients. Cela permet aux agents humains de se concentrer sur les cas complexes, et garantit aux clients un service rapide mais empathique.

    Les super apps et les canaux RCS favorisent des parcours clients fluides

    Des plateformes telles que WhatsApp et le protocole Rich Communication Services (RCS) évoluent en super apps intégrant marketing, communication et fonctionnalités de paiement au sein d’une interface unique.

    Les entreprises exploitent le RCS pour des conversations sécurisées et interactives, permettant aux clients de réaliser des parcours complets directement dans le canal.
    Les commerçants utilisent cette même technologie afin d’envoyer des carrousels de produits interactifs, permettant aux clients de parcourir, acheter et planifier la livraison, toujours dans la même interface. De même, les professionnels de santé permettent la prise de rendez-vous et le paiement des factures via WhatsApp, simplifiant ainsi les interactions avec les patients.

    La gestion des données, principal défi des solutions IA

    Alors que beaucoup d’innovations IA actuelles reposent sur de grands modèles génériques, on observe également un intérêt croissant pour des modèles de langage plus petits et spécifiques à un domaine, pouvant fonctionner sur du matériel standard ou sur site, offrant confidentialité des données et conformité tout en fournissant des réponses précises et contextuelles.
    Le plus  grand défi pour l’IA avancée reste les données : comment collecter, unifier, préparer et activer efficacement les données propriétaires et internes pour l’expérience client.

     

  • Comment l’IA redéfinit la cybersécurité 

    Six réalités que les entreprises doivent intégrer dès maintenant

    Selon Getronics

    Propulsées par l’IA, les cyberattaques sont toujours plus rapides, crédibles, automatisées et difficiles à détecter.
    La cybersécurité entre dans une nouvelle ère où les cybermenaces évoluent plus vite que jamais et où les modèles de protection traditionnels ne suffisent plus. Dans son livre blanc CyberSecurity Masterclass 2025, Getronics dévoile six réalités incontournables que les entreprises doivent désormais intégrer pour rester résilientes.

    1. L’IA est partout

    L’intelligence artificielle transforme profondément la cybersécurité. Elle offre aux cybercriminels de nouveaux leviers : reconnaissance automatisée, phishing ultra-ciblés, deepfakes audio-vidéo, ou encore malwares capables d’apprendre et de contourner les défenses traditionnelles.

    Mais elle ouvre aussi de nouvelles perspectives aux entreprises : traitement et analyse d’immenses volumes de données, accélération de la détection et la réponse aux menaces, identification des anomalies suspectes,… Pour en tirer pleinement parti, une gouvernance solide, des compétences adaptées et des processus maîtrisés sont indispensables, notamment pour répondre aux exigences réglementaires.

    Les dirigeants doivent structurer l’adoption de l’IA — en cartographiant chaque outil prétendant utiliser l’IA, en renforçant la gouvernance, en testant les outils, en développant les compétences des équipes, en actualisant les procédures et en impliquant le conseil d’administration pour garantir des décisions et des investissements adaptés aux risques.

    2. Le phishing devient l’ingénierie sociale 2.0

    Les attaques ne se limitent plus aux simples e-mails. SMS, appels téléphoniques deepfake, messageries collaboratives et usurpation de fournisseurs, le phishing est devenu multi-canal. Le smishing (phishing par SMS) représente aujourd’hui 69,3 % de l’ensemble des attaques par hameçonnage[1]. Cette approche exploite avant tout la confiance humaine, rendant la sensibilisation et la vérification interne plus essentielles que jamais.

    Les entreprises doivent combiner contrôles technologiques, processus renforcés et conformité réglementaire (NIS2, DORA), pour limiter les risques opérationnels, financiers et juridiques, tout en renforçant la résilience globale.

    3. Le Zero Trust s’impose comme la nouvelle norme de sécurité

    Avec l’adoption du cloud, le travail hybride, l’intégration des partenaires et les chaînes d’approvisionnement numériques, le modèle périmétrique traditionnel est obsolète. Le Zero Trust part d’un principe simple : toute requête peut être compromise. Elle repose sur trois fondamentaux :

    • Ne jamais faire confiance, toujours vérifier ;
    • Limiter strictement les privilèges ;
    • Concevoir chaque système en anticipant une éventuelle compromission.

    Les entreprises qui adoptent ce modèle peuvent drastiquement réduire l’impact potentiel des attaques. Elles doivent agir immédiatement en cartographiant les accès, en sécurisant en priorité les systèmes critiques via la MFA, en enclenchant la segmentation, en informant la direction des bénéfices en sécurité et conformité, et en lançant une évaluation externe de la maturité Zero Trust.

    4. La sécurité de la supply chain : le nouveau maillon faible ?

    Les cybercriminels ciblent désormais les fournisseurs tiers, les opérateurs cloud, les fabricants de matériel et les éditeurs de logiciels pour atteindre indirectement leurs cibles finales : les entreprises.

    Compromissions logicielles, failles matérielles ou micrologicielles, accès privilégiés mal protégés et dépendances au cloud fragilisent l’ensemble de l’écosystème numérique.

    Dans un contexte où les exigences se renforcent (IA, blockchain, cadres réglementaires), les entreprises doivent renforcer la sécurité de leur supply chain, afin de protéger leurs opérations et leur réputation. Cela exige une gouvernance claire, une évaluation rigoureuse des fournisseurs, des contrôles techniques renforcés, une surveillance continue et une gestion stricte des accès.

    5. La réponse aux incidents devient un impératif stratégique  

    La fréquence, la sophistication et l’impact des cyberattaques d’aujourd’hui soulignent l’importance cruciale d’une préparation à la réponse aux incidents (IRR) solide. La capacité à détecter, contenir et remédier rapidement aux incidents est un facteur déterminant pour limiter les interruptions d’activités, les pertes financières et l’atteinte à la réputation. Les intrusions multi-étapes, les ransomwares à double extorsion ou l’exploitation de vulnérabilités zero-day démontrent qu’une attaque peut rester invisible pendant des mois avant d’être identifiée. Dans ce contexte, une maîtrise rapide des incidents devient donc essentielle pour limiter les temps d’arrêt, réduire les pertes de données et renforcer la confiance des partenaires comme des régulateurs. Les entreprises qui investissent dans une réponse aux incidents structurée transforment ainsi un risque majeur en véritable avantage opérationnel et stratégique.

    La résilience repose sur une préparation rigoureuse : plans d’intervention régulièrement mis à jour, rôles et responsabilités clairement définis, outils de détection unifiés (SIEM, EDR, NDR) et simulations régulières pour tester la coordination interne comme externe. Les entreprises les plus avancées s’appuient désormais sur des plateformes SOAR, l’intégration de renseignements sur les menaces et des scénarios d’attaque réalistes mobilisant des équipes offensives, défensives et de coordination (Red/Blue/Purple Teams) afin d’évaluer leur capacité de réponse en conditions réelles.

    6. Le facteur humain reste le meilleur pare-feu (…où le pire)

    Au-delà des actions malveillantes délibérées, l’erreur humaine demeure l’un des principaux vecteurs de violations de la cybersécurité : près de 60% des incidents en 2025 sont la conséquence d’une erreur humaine ou d’une interaction sociale. Fatigue MFA, erreurs, clics impulsifs, méconnaissance des menaces : la technologie seule ne suffit plus.

    Investir dans une véritable culture de la sécurité fondée sur la formation, les exercices réguliers de réponse aux incidents, l’authentification robustes et des protocoles de sécurité centrés sur l’utilisateur permet de faire des collaborateurs des défenseurs actifs plutôt que des vecteurs de risques.