Catégorie : fintech

  • Nouvelles opportunités pour les traders et les professionnels de la finance

    Nouvelles opportunités pour les traders et les professionnels de la finance

    La finance est l’un des secteurs les plus touchés par la digitalisation. Voilà plus de dix ans maintenant que le métier de trader est en train de se réinventer sur plusieurs fronts. De nouvelles opportunités continuent d’émerger.

    Le métier de trader facilité grâce aux technologies

    Avec le développement de la technologie, les traders traditionnels on assisté à une mutation profonde de leur fonction. L’arrivée du trading haute fréquence par exemple a considérablement modifié la sphère financière ainsi que les dynamiques de marchés. Cependant, la tendance décline depuis 2009 et est aujourd’hui controversée notamment par l’administration Trump. Une autre révolution est en train de s’amorcer. On estime en effet que l’intelligence artificielle sera bientôt un allié de taille pour les traders.

    De plus, la technologie a permis de délocaliser les salles de marché en rendant les places financières accessibles à tous. De nombreuses formations et cours en ligne ont été développés afin de permettre à chacun d’apprendre à son rythme et de maîtriser l’analyse financière. Les traders en herbe ont également la possibilité de s’entraîner avec des comptes démo afin de mettre ces nouvelles connaissances en pratique.

    Enfin, de nombreux outils ont vu le jour tels des outils d’analyse graphique en temps réel qui facilitent considérablement le travail d’analyse et accélèrent la prise de décision. Il est également possible d’automatiser certains ordres d’achat ou de vente par exemple lorsqu’un pourcentage de gains est atteint ou si les pertes deviennent conséquentes. La gestion du risque en est grandement simplifiée.

    La fintech offre des opportunités de carrière

    Autre volet de cette transformation digitale, la fintech est dorénavant omniprésente au quotidien. Le secteur bancaire traditionnel est d’ailleurs fortement menacé. Selon un rapport du cabinet de conseil McKinsey publié en 2019, plus de la moitié des acteurs du secteur financier n’engrangent pas suffisamment de profits à l’heure actuelle pour être viables sur le long terme.

    La fintech a véritablement bousculé l’ordre établi et ce secteur offre des perspectives intéressantes pour les professionnels de la finance. Selon le rapport « Pulse of Fintech », publié par KPMG, les investissements dans le secteur sur les six premiers mois de l’année 2019 atteignaient 37,9 milliards de dollars au niveau mondial. Beaucoup d’efforts sont réalisés en France pour dynamiser le secteur. Les entreprises fintech françaises ont par exemple participé pour la première fois en 2019 au Fintech Festival de Singapour, véritable référence dans le domaine.

    Les salaires dans ce secteur sont réputés compétitifs. Au Royaume-Uni par exemple, le cabinet de recrutement Robert Walters a constaté des hausses parfois supérieures à 25% sur une période d’un an. Les offres d’emploi pour le secteur fintech auraient d’ailleurs augmenté de plus de 60% entre 2018 et 2019. Les spécialistes de la compliance sont actuellement parmi les fonctions les plus recherchées.

    Les professionnels de la finance doivent s’adapter

    Ces deux exemples ne sont que des illustrations parmi d’autres des mutations profondes en cours dans le secteur financier. Les professionnels doivent en tenir compte pour s’adapter et orienter leurs choix de carrière. Ils pourront ainsi saisir à pleines mains les nombreuses opportunités présentes dans le secteur.

  • La transformation digitale sur le marché mondial des paiements.

    World Payments Report 2019 : les paiements non-cash sont en plein essor dans une période de bouleversement pour le secteur bancaire

    Selon le rapport World Payments Report 2019 de Cap Gemini 

    La croissance des paiements digitaux est portée par les marchés émergents au moment où le secteur des services financiers réagit à l’évolution de la règlementation et des exigences client.

    Alors que les transactions non-cash sont en plein essor dans lemonde et que la concurrence s’intensifie, de nombreuses banques sont réticentes à adopter l’Open Banking via le partage de données, les partenariats et les plateformes ouvertes, un grand nombre d’acteurs restant encore prudents face à ces changements. Les banques perçoivent l’Open Banking comme un obstacle potentiel alors même qu’il est indispensable pour améliorer l’expérience client et la rétention à long terme. C’est ce que révèle le World Payments Report 2019 de Capgemini, qui recense et analyse les volumes de transactions non-cash, les initiatives réglementaires et sectorielles ainsi que la transformation digitale sur le marché mondial des paiements.

    Le rapport révèle que le volume de transactions non-cash croît rapidement, notamment sur les marchés émergents asiatiques (croissance de 32 %) et dans la région ECMOA (Europe Centrale, Moyen-Orient, Afrique, croissance de 19 %). Ce volume de transactions non-cash devrait dépasser les 1 046 milliardsd’opérations dans le monde d’ici 2022, ce qui équivaut à un taux de croissance annuel composé de 14 %. Pourtant, dans un marché régi par l’innovation, de nombreux acteurs se montrent toujours frileux quant à la vitesse et à la direction que prend ce changement. Dans de nombreux cas, ils invoquent la menace constituée par les grandes entreprises technologiques et se limitent à appliquer les exigences réglementairesen matière d’Open Banking plutôt que de le percevoir comme une opportunité de différenciation, permettant de fidéliser les clients et prendre le leadership sur le marché.

    Voici les principales conclusions du rapport :

    Les paiements non-cash vont grimper en flèche

    Les marchés en développement sont le moteur de la croissance des paiements non-cash, dont le taux de croissance annuel composé (TCAC) devrait augmenter de 23,5 % entre 2017 et 2022. Dans un avenirproche, les marchés émergents façonneront le marché mondial des paiements sur le plan de l’innovation,de la gestion des capacités de transaction et des tendances du secteur.

    • Ils représentaient 35 % de la croissance mondiale en 2017 et devraient atteindre 50 % dans les années à venir. Les pays contribuants le plus à cette performance sont la Russie, où les transactions non-cash ont augmenté de 40 % en 2017, l’Inde (39 %) et la Chine (35 %).
    • En revanche, les marchés matures (APAC, l’Europe et l’Amérique du Nord) ont enregistré un taux de croissance constant de 7 %. Le volume global des transactions non-cash a progressé de 12 % en 2016- 2017, atteignant les 539 milliards.
    • Les instruments de paiement non-cash ayant enregistré la plus forte croissance sont les cartes de débit (transactions en hausse de 17 % en 2017), devant les cartes de crédit (11 %) et les virements (10 %).

    Les acteurs du secteur méfiants vis-à-vis de l’Open Banking et des nouveaux concurrents
    Le marché des paiements est de plus en plus complexe, compte tenu de l’arrivée de nouveaux acteurs etdes technologies disruptives. Si les nouvelles attentes des consommateurs et exigences réglementaires forcent les banques à revoir leurs business models pour les paiements, beaucoup restent méfiantes à l’égard des changements.

    • Moins de la moitié (48 %) des personnes interrogées dans le rapport prévoient d’utiliser des API ouvertesau-delà du niveau requis pour respecter la réglementation.
    • Alors qu’une franche majorité (63 %) a identifié les grandes entreprises technologiques concurrentes comme une menace de premier plan, dans la mesure où elles tirent parti de leur marché global, de leur image de marque, de la confiance de la clientèle, de services digitaux de pointe, et enfin, de l’accès àl’infrastructure de paiements des banques.Bien que les banques s’orientent progressivement, mais trop lentement, vers une approche plus ouverte,axée sur les données et basée sur le Cloud, elles restent réticentes à adopter pleinement l’Open Banking. 90 % des personnes interrogées estiment que les business models fondés sur les écosystèmes sont un gage de réussite sur le long terme, mais seulement 44 % d’entre elles souhaitent élaborer et organiser leur propreécosystème.Des changements imposés par la réglementation, mais le rythme est lent

      La transition vers un écosystème de paiements convergent s’explique en partie par des changements réglementaires répondant à des exigences de normalisation et d’interopérabilité, par exemple, une plateforme commune d’identité digitale, des lignes directrices en matière d’interopérabilité et une vérification des paiements en temps réel.

      La plupart des efforts de transformation digitale, entrepris par 60 % des banques, visent à respecter laréglementation. L’adoption des API au-delà de ce qui est prévu par la réglementation a été laborieuse : lamajorité des banques n’a pas l’intention de recourir à des API qui exposent les données dans des domainestels que les données internes (53 %), les paiements conditionnels (53 %) et la localisation des agences/DAB (67 %). Lorsque les banques ne sont pas tenues de partager plus de données, elles choisissent généralementde ne pas le faire. Mettre en œuvre une API ouverte relève plus pour elles de la conformité réglementaire que d’une opportunité de croissance.

      « Le marché mondial des paiements est en pleine mutation, mais tous les acteurs du secteur ne sont pas àl’aise avec la vitesse et la direction que prend ce changement, déclare Anirban Bose, directeur général des Services financiers de Capgemini et membre du Comité de Direction générale du Groupe. Les banquesreconnaissent clairement l’importance d’adopter un modèle fondé sur l’écosystème pour répondre auxnouvelles demandes des clients et continuer de prospérer dans un environnement concurrentiel. Nous encourageons les acteurs en place à envisager des solutions rapides et efficaces, telles que la mise en placed’une architecture de micro-services visant à contourner les limites des infrastructures existantes, pour rester dans la course. »

      Méthodologie du World Payments Report 2019

      Le World Payments Report 2019 se base sur le « Payments Open Banking Assessment », qui dresse l’état des lieux de l’Open Banking dans 18 marchés du point de vue des services de paiements. Le WPR 2019s’appuie principalement sur les résultats d’une enquête en ligne menée en juin 2019 auprès d’acteurs dusecteur travaillant dans des banques, des institutions financières autres que des banques et des entreprises. Des entretiens avec des dirigeants ont également été menés.

     

  • Les 4 grands enseignements du Baromètre Deloitte 2019 sur les FinTech

    Open Banking : la FinTech est morte…Vive la TechFin!

    Quatre ans après le début de l’engouement pour les FinTechs et InsurTechs, quel espace occupent aujourd’hui ces acteurs au sein de l’écosystème bancaire et assurantiel ?

    Comment peuvent-ils collaborer avec les acteurs traditionnels pour répondre aux enjeux de l’Open Banking, mouvement impulsé par la DSP2 et qui semble aujourd’hui stratégique ? 

    Au travers de la 4e édition de son Baromètre « Les Français et les nouveaux services financiers », Deloitte livre ses conclusions pour éclairer un marché en pleine mutation. Face aux nouvelles attentes des Français qui recherchent des services qui leur simplifient la vie et à l’émergence de nouveaux comportements impulsés par le digital, le rapprochement entre acteurs traditionnels, FinTechs et InsurTechs semblent inéluctables pour construire des méga-plateformes TechFin capables de faire face aux GAFA et BATX.

    Les 4 grands enseignements du Baromètre Deloitte 2019 :

    • L’adoption des services digitaux par les Français se poursuit et la complémentarité entre conseil physique et digital est plus que jamais au cœur de leurs préoccupations.
    • Ils sont ouverts à l’idée que leur banquier ou assureur leur propose de nouveaux services, y compris extra bancaires, ce qui ouvre la voie à l’Open Banking, stratégie déjà amorcée par les banques avec la DSP2.
    • Les Français plébiscitent des services innovants tels que l’agrégation de comptes, les nouveaux moyens de paiement et les assurances modulables.
    • Enfin, les partenariats entre institutions financières et FinTechs/InsurTechs seront déterminants dans l’aboutissement d’une stratégie d’Open Banking et la transformation des institutions en plateformes technologiques ouvertes.

    Les Français plébiscitent la banque en ligne

    Les Français sont toujours plus nombreux à réaliser en ligne ou via leur application bancaire des opérations simples (84%) : consultation de comptes (80%) et virements (74%) principalement. Parallèlement, ils n’hésitent plus à utiliser l’outil digital pour des opérations plus complexes, telles que la souscription à une assurance (24%), l’ouverture de compte (21%), la demande de crédit (19%) ou les placements (23%).

    Les Néo-banques s’installent durablement dans le paysage

    Cette tendance à la digitalisation se confirme par l’utilisation en hausse des Néo-banques 100% mobile, qui concernent désormais 7% des Français (soit +3 points vs le Baromètre 2018). 2 raisons principales à ce choix : la promesse de frais réduits (pour 49% des répondants) et la simplicité d’utilisation (47%).

    La relation humaine au cœur du conseil

    Dans un contexte de numérisation accrue, l’équilibre entre conseil physique et digitalisé est déterminant. En effet, les Français restent très attachés à la relation avec leur conseiller bancaire ou leur assureur dans ce domaine (47% des répondants, soit +9 points vs le baromètre 2018). Ils acceptent néanmoins plus facilement les modes de souscription entièrement automatisés pour les produits simples : produits bancaires du quotidien (44%) ou encore contrats d’assurance ou d’habitation.

    Des Français fidèles à leur banque et assurance mais en attente d’innovation

    Les Français restent majoritairement fidèles à leur banque et assurance traditionnelles, à qui ils font notamment confiance pour leurs produits d’épargne (84%) et ceux de la banque au quotidien (83%), ainsi que pour leur crédit à la consommation (78%). Ils considèrent par ailleurs ces acteurs comme légitimes pour leur proposer de nouveaux services pour lesquels ils sont demandeurs. C’est notamment le cas dans les domaines de la sécurisation de leur données personnelles (58%) et de la gestion de documents administratifs (44%).

    Ces nouveaux services plébiscités par les Français

    Les services attendus par les Français sont rattachés à leurs usages du quotidien. Ils recherchent avant tout la simplicité, la personnalisation ou encore l’instantanéité. Ainsi, on constate un intérêt grandissant pour les agrégateurs de comptes, 41% des Français savent ce que c’est (+7 points depuis la dernière édition), et 14% en utilisent (+5 points depuis la dernière édition). Les nouveaux moyens de paiement ont également le vent en poupe, avec dans le top 3 des services les plus utilisés par les Français : le paiement en ligne sans coordonnées type Paypal (63%), le transfert d’argent entre particuliers (37%) et le paiement sans contact avec un smartphone (26%). A noter que le Virement Instantané (IP) suscite l’intérêt de (35%) des Français, ce qui place ce nouveau moyen de paiement dans le top 3 des services qui intéressent le plus ces derniers.

    Des conditions propices à l’avènement de l’Open Banking

    Les Français sont de plus en plus nombreux (38%) à porter un regard positif sur le degré d’innovation du marché bancaire et assurantiel. Ils sont ouverts (78%) à l’idée que leur banque ou assureur leur propose de nouveaux services, même non financiers. On note d’ailleurs un fort intérêt pour les services de sécurisation des données qui pourront constituer le fer de lance de la stratégie Open Banking des banques et assurances. Parallèlement, la hausse de confiance des Français dans les FinTechs et InsurTechs associée à la reconnaissance de leur caractère innovant (80% des répondants), ouvre la voie à l’Open Banking.

    « Les résultats du baromètre laissent apparaitre la nécessité pour les institutions financières de multiplier les partenariats avec les nouveaux acteurs de services financiers et extra financiers, afin de jouer pleinement le rôle d’accompagnateur de vie de leurs clients. Ils doivent se positionner en chef d’orchestre de ces nouveaux usages liés à l’Open Banking. Amorcée grâce à l’évolution réglementaire de la DSP2 qui met fin au modèle traditionnel producteur/distributeur et permet également le développement d’API, cette stratégie donnera aux institutions traditionnelles la possibilité de devenir des plateformes technologiques ouvertes à l’intégration rapide des nouveaux services attendus, et de prouver leur utilité en les inscrivant dans le parcours client. De leur côté, les FinTechs et InsurTechs profiteront de ces partenariats pour monter à l’échelle et pérenniser leur modèle économique » déclare Julien Maldonato, Associé Industrie Financière chez Deloitte

  • Cinquième directive LCB-FT, quel impact pour le monde des Fintechs ?

    Cinquième directive LCB-FT, quel impact pour le monde des Fintechs ?

    Expertise de Nans Lorenzini, responsable juridique, Limonetik

    Depuis le texte fondateur de la lutte anti-blanchiment en 1996, l’Union Européenne n’a de cesse de légiférer pour encadrer et protéger le système financier et éviter une dérégulation massive. Le périmètre s’est élargi. Ciblant initialement le blanchiment de l’argent des stupéfiants, il a progressivement inclus toutes formes de criminalité, de fraude fiscale et de financement du terrorisme.

    Au départ, seules les banques et assurances étaient concernées. Avec l’arrivée de la Directive sur les services de paiement (DSP 1), adoptée le 13 novembre 2007, puis de la DSP2, adoptée le 25 novembre 2015, le champ des possibles s’est ouvert, entrainant à sa suite la mutation de l’univers des paiements et des services financiers. De nombreuses Fintechs puis Regtechs sont alors apparues.

    Sous forme de startups, ces acteurs d’un nouveau genre ont renouvelé les métiers et les services du secteur. Aujourd’hui considérés comme des acteurs de la finance à part entière, ceux-ci sont directement concernés par toutes les évolutions règlementaires touchant leur domaine d’activité telles que les directives LCB-FT (lutte contre blanchiment et le financement du terrorisme). Cette dernière, actuellement dans sa 5ème version (AML 5 en anglais), approfondit les textes de la 4ème directive dans un contexte de lutte permanente contre la fraude et le financement du terrorisme.

    Retour sur les principales mesures de la 4ème directive LCB-FT

    La directive européenne 2015/849/UE, dite Quatrième Directive LAB, a été un chamboulement pour les acteurs du monde financier. Elle a permis d’élargir la lutte contre le blanchiment. Entrée en application en juin 2017, cette directive LCB-FT permet une approche graduée par les risques.

    Elle a notamment apporté :

    La mise en place du registre du bénéficiaire effectif

    Les États membres ont été obligés de mettre en place, dans un registre central (tel que le registre des sociétés), un dispositif d’identification des bénéficiaires effectifs des sociétés et entités juridiques constituées sur leur territoire. L’objectif étant de favoriser la transparence économique et de lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Ce registre vise à identifier les personnes physiques qui contrôlent en dernier lieu une société ou une entité juridique et bénéficient effectivement de l’activité économique.

    Dans le cadre de leur obligation de KYC ou KYB (know your customer or business), les établissements proposant des services de paiement à des professionnels doivent désormais obtenir de la part de leur client ce registre de bénéficiaire effectif. Cette obligation, en surajoutant de la complexité dans les relations d’affaires, a remanié l’organisation et les responsabilités des établissements financiers ou Fintechs.

    De nouvelles dispositions pour le contrôle de la monnaie électronique

    Phénomène qui prend de l’ampleur, la cryptomonnaie était jusqu’à lors délaissée. Désormais sa surveillance s’accroit, avec par exemple le contrôle des cartes prépayées.

    La surveillance accrue des Fintechs

    En tant que nouvel acteur sur le marché, les Fintechs représentaient une nouveauté dans la nébuleuse juridique européenne. La 4ème directive constitue la réaction du législateur face à ce vide législatif. Au même titre que les autres acteurs, les Fintechs évoluent maintenant sous le radar de l’UE.

    L’extension de la notion de personne politique exposée (PPE) et la création d’un correspondant désigné pour les autorités de contrôles

    Les nouvelles directives s’accompagnent d’un lexique enrichit. Ainsi les nouvelles réglementations liées à la lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme ont fait apparaitre de nouvelles responsabilités et fonctions. Le but est de renforcer l’approche par les risques. En effet, dans le secteur financier il est fondamental d’évaluer le risque d’un client en analysant le plus finement possible son profil.

    Il semble que la France ait été en avance sur le sujet par rapport à d’autres Nations. Créée par décret du 9 mai 1990, la cellule de renseignement financier (CRF) Tracfin (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins) est un organisme chargé de la lutte contre la fraude, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Il évalue et présente les tendances et risques du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme. Il est surtout chargé de recueillir et d’analyser les déclarations de soupçon que les entreprises du secteur financier sont tenues par la loi de déclarer.

    Les apports de la 5ème directive LCB-FT

    En plus des innovations concernant les pouvoirs de sanctions des autorités compétentes vis-à-vis des établissements assujettis aux règles de lutte contre le blanchiment de capitaux et de financement terrorisme (LCB-FT), l’UE, avec la 5ème directive, poursuit sa démarche. La volonté : que les règles soient les mêmes pour tout le monde et que les pays européens collaborent. L’UE a également entendu les demandes des établissements financiers et des Fintechs sur les difficultés rencontrées dans l’application d’AML 4.

    La 5ème directive, qui entrera en vigueur le 10 janvier 2020, précise et approfondit le texte de son aînée. Elle est, plus que jamais, d’actualité en ce qu’elle met l’accent sur la lutte contre le financement du terrorisme dans un contexte géopolitique en perpétuelle agitation. Il s’agit aussi d’avoir des dispositifs toujours plus efficaces face aux scandales qui font rage ; comme l’affaire d’évasion fiscale des Panama Papers. Par ailleurs, des sujets jusqu’à présent délaissés (les crypto monnaies, les agents immobiliers ou encore les experts comptables) sont désormais pris en compte.

    La 5ème directive présente des mesures phares telles que (liste non exhaustive) :

    • Le renforcement des compétences des cellules de renseignement financier de l’UE. La 5ème directive facilitera l’instauration d’une plus grande transparence concernant l’identité des propriétaires effectifs des entreprises et des trusts grâce à la création des registres des bénéficiaires effectifs.
    • La mise en place des registres nationaux centralisés des comptes bancaires et des comptes de paiement ou des système centraux de recherche de données dans tous les états membres. Pour les Fintechs et les établissements financiers il s’agit de l’une des mesures les plus importantes.
    • L’amélioration de l’accès des cellules de renseignement financier aux informations ainsi qu’une meilleure coopération entre ces différentes cellules. Y compris aux registres centraux de comptes bancaires.
    • La prévention des risques liés à l’utilisation des cartes prépayées et des monnaies électroniques aux fins du financement du terrorisme.
    • L’amélioration des garanties pour les transactions financières en provenance et à destination des pays tiers à haut risque.

    La 5ème directive, pour une meilleure coopération entre les Etats membres

    La création de normes communes va dans le sens d’une meilleure coordination entre les autorités nationales de surveillance. En outre, le registre des bénéficiaires effectifs devra être accessible à toute personne ayant démontré un intérêt légitime. On observe également une recrudescence de textes anti-blanchiment et lutte contre le terrorisme. Même la loi PACTE compte des notions LCB-FT pour encadrer au mieux tous les nouveaux acteurs du paiement.

    En harmonisant les pratiques entre les différentes entités européennes, l’UE a défini un cadre juridique global de lutte contre la collecte de biens ou d’argent à des fins terroristes. La meilleure vigilance et régulation des transactions permettra de lutter davantage contre le blanchiment, sujet au cœur de l’actualité. L’adoption de cette 5ème directive est la preuve que l’UE s’adapte constamment au contexte géopolitique et économique pour lutter contre les exactions.

    Alors que le texte s’inscrit dans un cadre juridique global d’encadrement du secteur financier, les Etats membres anticipent dès à présent l’application de la directive et s’organisent pour pouvoir appliquer ces mesures dès leur entrée en vigueur.

     

  • Le financement des FIntech dans le monde

    Le financement des fintech dans le monde

    KPMG revient sur les investissements dans les fintech dans le monde et dresse le bilan de l’année 2018 à travers son étude « Pulse of Fintech ».
    Principaux messages de l’étude :

    Dans le monde : 2018, année « blockbuster » !

    –          Les investissements dans les fintech dans le monde en 2018 atteignent le montant record de 111,8 milliards de dollars – soit une hausse de + 120 % vs. 2017.
    « Depuis le lancement de l’étude en 2013, 2018 s’annonce comme la meilleure année en termes d’investissements dans la fintech ; un fait que l’on peut notamment expliquer par une année globalement favorable aux levées de fonds dans le monde, marquée par plusieurs mega-deals. » décrypte Fabrice Odent, Associé KPMG, responsable du secteur bancaire.

    –          L’année 2018 compte 2 196 deals, soit une hausse très légère vs. 2017 (+ 1,5 %), témoignant d’une maturité de plus en plus grande acquise par le marché.

    Focus régions : l’Europe passe devant l’Asie

    –          Investissements en Amériques : 54,5 milliards de dollars (+ 88 % vs. 2017) ;

    –          Investissements en Europe : 34,2 milliards de dollars (+ 180 % vs. 2017) ;

    –          Investissements en Asie Pacifique : 22,7 milliards de dollars (+ 82 % vs. 2017).

    L’Europe affiche une année exceptionnelle en 2018 : toujours tirée par le Royaume-Uni (et ce, malgré le Brexit) et par des secteurs en forte croissance : paiements, investissements & néobanques.

    Les 10 prédictions de KPMG pour la Fintech en 2019 : retrouvez les prédictions de KPMG pour 2019 ici 

     

  • Technologie, partage de données, et moments de vie : quel avenir pour la relation client dans les banques ?

    Technologie, partage de données, et moments de vie : quel avenir pour la relation client dans les banques ?

    La 8e édition de l’étude Deloitte « Relations banques et clients » s’intéresse à l’évolution de l’expérience client et met en lumière les leviers d’actions pour améliorer la situation.

    En 2018, le sentiment de confiance reste stable avec une satisfaction client en hausse:64% des répondants ont confiance en leur banque (contre 66% en 2017) et 84% des répondants sont satisfait de leur banque (contre 82% en 2017).

    • Plus de 7 français sur 10 sont satisfaits du traitement du 1er coup de leur demande bancaire via leur agence bancaire et près de 6 sur 10 via une application mobile et internet.
    • Sur certains points, l’agence reste encore incontournable aux yeux des clients : 43% des français rencontrent leur conseiller pour réaliser des opérations complexes.
    • Le digital arrive à maturité et se stabilise: 69% réalisent leurs opérations de comptes sur internet et 29% sur une application mobile ; 74% des consommateurs consultent leur compte sur internet et 35% sur une application mobile
    • Principalement motivé par des raisons financières, près de 5 français sur 10 (47%) sont prêts à passer dans une banque en ligne, sans agence.
    • Les banques doivent repenser la relation client et trouver le juste équilibre entre technicité, simplification, partage de données et accompagnement lors des moments de vie jugés essentiels par les Français (chômage, invalidité, dépendance).

    Une confiance stable et une satisfaction client en hausse

    En 2018, le sentiment de confiance reste stable avec une satisfaction client en hausse : 64% des répondants ont confiance en leur banque (contre 66% en 2017) et 84% des répondants sont satisfait de leur banque (contre 82% en 2017).

    Avec le passage de l’internet fixe à l’internet mobile, le digital est arrivé à maturité. Pour autant, l’agence reste encore incontournable aux yeux des clients pour les opérations importantes. 43% des français préfèrent passer par leur agence bancaire (espace d’accueil ou conseillers) pour réaliser des opérations complexes, contre 17% qui le font sur internet et 7% sur une application mobile.

    Pour les opérations simples, les clients privilégient le digital : 69% réalisent leurs opérations sur internet et 29% sur une application mobile alors qu’ils ne sont plus que 12% à se rendre à en agence à ce sujet.

    Pour la consultation de compte également, le digital remporte la mise : 74% des consommateurs consultent leur compte sur internet, 35% sur une application mobile et seulement 4% en agence.

    Pour s’informer sur les produits ici encore c’est internet qui prime. Seulement près de 2 français sur 10 (24%) passent par leur agence bancaire pour s’informer sur les produits. Ils sont par contre près de 6 sur 10 à se renseigner en ligne : sur internet (47%) ou sur leur application mobile (11%).

    Les clients continuent de s’émanciper de leur agence bancaire et préfèrent s’informer par eux-mêmes : ils sont 43% à se rendre en agence pour réaliser des opérations complexes, contre 44% en 2017 et 47% en 2016, soit une baisse de 4% en 2 ans.

    Une forte propension pour le changement de banque

    Le risque d’attrition est toujours réel. Les banques en ligne attirent beaucoup, près de 5 français sur 10 (47%) sont prêts à passer dans une banque en ligne, sans agence.

    Ce choix est motivé principalement par des raisons financières : 15% des français estiment que leurs frais bancaires sont trop élevés et 18% considèrent que le crédit est peu attractif.

    On note également que 13% des clients trouvent le service client insuffisant et 10% estiment ne pas avoir de reconnaissance vis-à-vis de la banque.

    La personnalisation de la relation client reste la clé pour améliorer la satisfaction

    Plus de 7 français sur 10 sont satisfaits du traitement du 1er coup de leur demande bancaire via leur agence bancaire et près de 6 sur 10 via une application mobile et internet.

    Cependant, les principales attentes des clients se concentrent sur les frais bancaires, la rémunération des produits d’épargne et les coûts associés aux crédits.

    En effet, 59% des clients considèrent les frais bancaires trop élevés et souhaitent une amélioration, 41% mettent en avant la rémunération trop faible des produits d’épargne et de placement et 34% soulignent le coût trop important des crédits.

    35% des français préféreraient avoir un compte gratuit mais payer le rendez-vous avec un conseiller en agence.

    Technologie, partage de données, et moments de vie : quel avenir pour la relation client ?

    Le chatbot pourrait être une première réponse accessible et réactive, cependant 54% des français ne l’acceptent pas. On note un schisme entre les générations sur ce sujet, ce sont principalement les jeunes (entre 15 et 34 ans) qui sont pour, mais uniquement pour des problématiques simples.

    Les français sont de moins en moins prêts à partager leurs données. Seulement 22% des Français (28% en 2017) sont prêts à partager leurs données de consommation en échange de remises commerciales.

    Pour plus de 7 français sur 10 (73%) la banque est un tiers de confiance, notamment dans les grands moments de vie (chômage, divorce, succession, retraite, …).

    Cependant, l’accompagnement lors ces moments essentiels reste à parfaire. Ils doivent être traités de façon différenciée selon leur importance : chômage, achat d’un bien immobilier, succession, retraite, déménagement, divorce, naissance, mariage, etc.

    Sur ce point, malgré des améliorations les banques ont toujours une marge de progression : à la question « La banque vous a-t-elle suffisamment accompagné ? », les réponses sont presque toutes négatives cependant elles sont aussi en baisse par rapport à 2017.

    Ainsi les français considèrent que leur banque ne les a pas aidés lors de leur divorce (40%), lors de période de chômage (40%), pendant leur déménagement (38%), pour des raisons d’invalidité (38%), pour la retraite (38%) et lors des questions d’héritage et de succession (35%).

  • Les tendances 2018 de la digitalisation de la Fonction Finance

    ITESOFT dévoile les tendances 2018 de la digitalisation de la Fonction Finance

    •  57% des directions financières ont un projet de dématérialisation du processus P2P

    •  69% des directions financières sont en veille sur l’intelligence artificielle

    •  97% des directions financières font de la productivité leur enjeux n°1

    A l’heure où des technologies innovantes telles que l’Intelligence Artificielle ou la Blockchain commencent à émerger, qu’en est-il aujourd’hui de la digitalisation de la fonction finance ? ITESOFT, leader des solutions de digitalisation des processus et des documents, publie ce jour les principaux résultats du Baromètre Future of Finance, une étude organisée en partenariat avec LOSAM auprès de 107 organisations, représentées à 78% par des entreprises de plus de 1000 salariés. Un éclairage révélateur des nouvelles pratiques et des projets des organisations en matière de transformation digitale de leur fonction finance. Retour sur les principales tendances identifiées.

    L’automatisation du processus P2P : levier privilégié de digitalisation de la fonction finance

    Pour opérer sa transformation digitale, la fonction finance privilégie la « dématérialisation du processus P2P » : 27% des sondés sont déjà équipés (plus fort taux d’équipement de l’étude) et 57% des répondants déclarent un projet en cours ou à moyen terme (plus fort taux de projets d’équipement). Il s’agit donc du principal levier d’optimisation de la fonction finance identifié par les organisations.

    Parmi les outils qu’utilisent les organisations qui ont déjà franchi le pas de la dématérialisation de leur processus P2P, la numérisation des factures arrive en tête des pratiques des directions financières (67%), suivi de près par l’usage d’outils servant au traitement métier de la facture (workflow de validation pour 61% des répondants, automatisation de l’imputation pour 58% et fonction de rapprochement automatique factures-commandes-réceptions pour 53%). Au-delà du traitement de la facture, on retrouve 51% de digitalisation du traitement des demandes d’achats. « Il est intéressant de noter que suite aux évolutions réglementaires et normatives – Piste d’Audit Fiable, copie fiable, Factur-X – l’échange de factures par email est désormais une réalité pour 38% des sondés. Cette tendance confirme notre choix pour la capture omnicanal de factures afin de permettre aux organisations de s’affranchir progressivement du papier », souligne Eric Brétéché, Product Marketing Manager d’ITESOFT.

    Des attentes claires : Productivité, Pilotage et Fiabilité des processus

    Ce dynamisme des projets de dématérialisation du processus P2P semble parfaitement en ligne avec les enjeux de la fonction finance. En effet, confrontés à des enjeux de performances majeurs, les 3 attentes prioritaires de la fonction finance sont aujourd’hui de gagner en productivité (97%), d’améliorer le reporting et l’aide à la décision (94%) et de fiabiliser leur données et leur processus (93%).

    Les enjeux réglementaires ne sont pas à négliger pour autant. Ainsi 70% des sondés souhaitent s’appuyer sur les nouvelles technologies à leur disposition pour maitriser parfaitement leurs délais de paiement et éviter ainsi les sanctions financières ainsi que l’impact négatif sur l’image de leur organisation (« name&shame »).

    IA et la Blockchain : nouveaux sujets de veille de la fonction finance

    En quête permanente de nouveaux leviers d’optimisation, la fonction finance est très attentive aux nouvelles technologies lui permettant de répondre plus efficacement à ses enjeux de productivité, de pilotage et de fiabilisation de ses processus.

    Si l’intelligence artificielle et la blockchain sont encore très peu utilisées (1% de mise en œuvre de l’IA, 5% pour la blockchain), les attentes envers ces technologies sont très élevées. En effet, 69% des directions financières sont en veille sur l’IA et 50% sur les apports que pourrait avoir la blockchain en matière de sécurisation des transactions.

    Pour Eric Brétéché, Product Marketing Manager d’ITESOFT, ces tendances sont révélatrices du rôle précurseur de la fonction finance en matière de transformation digitale : « En tant qu’éditeur, nous accompagnons les directions financières dans leur dématérialisation depuis plus de 30 ans. Souvent à l’initiative des premiers projets de dématérialisation dans l’entreprise, le directeur financier est devenu un exemple à suivre pour les autres directions. Il a pris conscience de son nouveau rôle clé dans la transformation digitale de son organisation. Cette étude en témoigne : l’appétence de la fonction finance pour la digitalisation ne cesse de croître. »

  • Banques, FinTech et assurances : l’union des données client fait-elle la force ?

    Banques, FinTech et assurances : l’union des données client fait-elle la force ?

    Par Damien Dupouy, fondateur de la FinTech Anytime

    Depuis son entrée en vigueur en août 2015, la Loi Macron facilite la mobilité bancaire. Néanmoins, le premier pas vers un changement de banque est le passage obligé du KYC : le « Know Your Customer », étape où le client justifie son identité auprès de l’établissement choisi. Dans un contexte où la réglementation bancaire européenne s’intensifie et où les services compliance engagent des coûts financiers et humains de plus en plus importants, ne serait-il pas temps de créer un fichier commun de KYC, d’incidents AML et de fraudes, ouvert à toutes les banques, FinTech et assurances ?

    Entre digitalisation et réglementation

    La digitalisation du secteur bancaire impacte l’ensemble des procédures administratives. Or, digitaliser le KYC peut constituer un frein pour les générations qui ne sont pas nées avec le numérique, et donc restreindre leur accès aux services bancaires. En impactant très fortement l’expérience client, le KYC complique l’entrée en relation avec les banques car les documents exigés sont de plus en plus nombreux. Il devient alors nécessaire de faciliter l’usage des services financiers digitaux pour s’assurer qu’ils restent accessibles à tous, donc en simplifiant et en fluidifiant l’inscription.

    En parallèle, les directives européennes comme MiFID II, AML4 ou DSP2 annoncent le début d’une nouvelle ère qui va amplifier les vérifications, les analyses et la nécessité de croiser les informations pour mieux contrôler la fraude et les délits d’initié, mais également les financements du terrorisme et le blanchiment d’argent. Un vaste mouvement réglementaire est déjà amorcé et va avoir un fort impact sur l’expérience utilisateur et les procédures internes.

    Dans ce contexte, alors que les établissements bancaires, FinTech et assureurs récoltent séparément les mêmes données personnelles des mêmes clients, ne serait-il pas judicieux de travailler de concert sur un fichier commun aux établissements régulés regroupant KYC, AML et fraudes au sens large ?

    Mutualiser les données KYC pour réduire les coûts

     Selon une étude menée par Thomson Reuters, les banques britanniques dépensent en moyenne 47,8 millions d’euros par an pour la conformité KYC. Un coût important qu’une base de KYC commune aux banques, assurances et Fintech permettrait de réduire.

    Sans aller vers un modèle de Regtech qui consisterait à convaincre les utilisateurs de déposer leurs données puis de leur remettre une clé qui permettrait à n’importe quelle banque de les récupérer, l’idée serait de créer un Groupement d’Intérêt Économique (GIE) où tous les acteurs régulés déposeraient leurs données KYC pour mieux pouvoir les utiliser  sans coût de traitement supplémentaire. La valeur de la data d’un client ne se trouve pas dans le KYC, mais dans l’étude de l’usage qu’il fait de son compte bancaire. En partageant les informations administratives et en mutualisant les coûts de traitement, les services compliances pourraient se focaliser sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.

    Vers une base KYC commune ?

    Aujourd’hui un client qui souscrit à un compte bancaire et à un contrat d’assurance dans le même groupe doit fournir ses documents KYC à deux reprises. En effet, malgré une entité administrative unique, ce sont des branches juridiques distinctes qui contractualisent avec le client. En termes d’expérience utilisateur, cela n’a pas de sens. Centraliser les KYC et mutualiser les informations permettrait alors de mieux accompagner le client, de l’aider dans l’ouverture de services digitaux et donc de lui offrir une meilleure expérience.

    De la même manière qu’un fichier FICP a été créé, mettre en place un fichier KYC commun permettrait de mieux appréhender les risques relatifs à l’inscription d’un nouveau  client et à l’utilisation des services. En partageant ainsi les données collectées et en offrant la possibilité à chaque banque de déposer des incidents AML, la lutte contre la fraude serait à la fois plus effective et moins coûteuse.

    Création d’un compte digital personnel

     Un tel fichier doit être mis en place par l’impulsion de l’Etat ou bien par les banques, FinTech ou assureurs privés. Si l’Etat décide de prendre en charge ce projet, il s’inscrira sûrement dans la continuité de son chantier de digitalisation mais il faudra compter de nombreuses années avant qu’il ne voit le jour.

    Au contraire, si le secteur privé était à l’origine de cette initiative, il serait plus facile de disposer rapidement d’une base KYC conséquente. Ainsi, chaque établissement – que ce soit des assureurs, des banques ou bien des FinTech – réunirait ses KYC, reliées en blockchain, sur une base commune. Un client qui souhaiterait alors changer de banque, souscrire à une nouvelle offre d’assurance, ouvrir un compte dans une néobanque, louer un appartement, souscrire un forfait mobile… n’aurait plus qu’à entrer son numéro de sécurité social et par un système de token et de credentials, viendrait donner son accord et poser ses limites d’utilisation.

    De nombreux philosophes, dont Gaspard Koenig, s’interrogent sur la valeur des données personnelles et la possibilité pour les citoyens de choisir celles qu’ils souhaitent vendre ou conserver. En construisant un premier socle concentré sur l’identité du citoyen (KYC), des acteurs du secteur bancaires, assureurs et FinTech, pourraient rendre ces idées tangibles, puis contrôler et préserver ce qu’elles ont de plus précieux, la data.

    Avec l’explosion des néobanques, il n’est plus rare de voir un utilisateur à la fois client d’une banque et de différentes néobanques. Pour lutter contre l’usage possiblement frauduleux des comptes, les établissements ont ainsi tout intérêt à mutualiser les données clients. A partir d’un numéro de sécurité social, tous les acteurs autorisés pourraient alors obtenir les documents indispensables à l’ouverture d’un compte ou à la souscription d’un contrat d’assurance et récupérer un certain nombre d’incidents liés à des utilisateurs.

     

  • Etude – L’engagement suscité par les apps bancaires VS Fintech

    Mobile : banques traditionnelles versus Fintech par pays

    Une étude menée par OGURY 

    La grande majorité des établissements financiers proposent une large gamme de services et d’applications mobiles destinées à répondre aux nouvelles attentes de leurs clients. Par conséquent, les services bancaires et de transfert d’argent sur mobile font désormais partie intégrante du quotidien de millions de consommateurs dans le monde entier. Soutenues par la progression de l’adoption des nouvelles technologies par le grand public ainsi que par les conditions favorables du marché, une nouvelle vague de startups évoluant dans l’univers des technologies financières est en train d’émerger et de prendre une place de choix auprès des consommateurs. Afin d’identifier les entreprises les plus prometteuses de chaque catégorie, Ogury analyse l’engagement suscité par les applications et les sites web mobiles des principales banques et de leurs challengers,  les Fintech.

  • Le marché de l’emploi de la Fintech en France

    Le marché de l’emploi de la Fintech en France

    Chaque année, KPMG et H2 Ventures publient leur classement des FinTech mondiales les plus innovantes. Cette année, Lendix, une entreprise française figure dans le Top 50 du secteur. Dans ce contexte, le méta-moteur de recherche d’emploi Joblift a étudié l’emploi du marché français de la Fintech, qui en 2017 affiche une augmentation mensuelle moyenne de 3% environ, contre -3% pour le secteur bancaire. Si la Fintech embauche principalement des développeurs, les portes restent ouvertes aux autres professionnels de la banque. Par ailleurs, face à ses voisins européens, Paris garde une place de poids dans la Fintech en termes d’emplois, derrière Londres et juste devant Berlin.

    La Fintech affiche une augmentation inversement proportionnelle au secteur bancaire
    5 286 emplois ont été publiés en France les 24 derniers mois. Une augmentation mensuelle moyenne de 10% a été observée en 2016 et de 3% en 2017. Malgré une nette baisse, cette augmentation tranche avec le secteur bancaire qui a vu sa publication d’offres baisser de 3% en 2017, après une hausse de 3% l’année précédente. Le ralentissement est significatif en comparaison avec le marché de l’emploi qui affiche 2% d’augmentation mensuelle moyenne depuis les 24 derniers mois. Il est par ailleurs intéressant de noter que 34% des offres Fintech ont été émises par des banques traditionnelles, le reste étant dominé par les PME et les start-ups.

    Des opportunités d’évolution pour les conseillers bancaires

    Avec presque 70% des postes pourvus en CDI, la Fintech se pose en secteur innovant et sûr. Le secteur bancaire offre quant à lui 57% de CDI, soit seulement cinq points de plus que la moyenne nationale. Dans la Fintech, 24% des offres s’adressent aux développeurs, 11% aux conseillers financiers et 10% aux commerciaux. Dans la banque, les conseillers financiers (19%), les employés de services administratifs et financiers (10%) et les analystes (5%) sont les principaux profils recherchés. Par ailleurs, s’il est trop tôt pour affirmer que la Fintech remplacera les conseillers bancaires, le nouveau secteur semble ouvert et offrir des opportunités pour les professionnels de la banque. 45% des annonces pour commerciaux demandent une expérience de trois ans minimum et 12%, cinq ans.