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  • Création de contenu : quel est le vrai avantage de l’IA ?

    Le vrai avantage de l’IA ?
    Son intégration intentionnelle avec l’humain

    Selon Canva

    99 % des directions marketing prévoient d’augmenter leurs budgets IA.
    Pourtant, 65 % des consommateurs jugent les publicités générées par l’IA trop facilement reconnaissables et s’en détournent.

    C’est la tension centrale que révèle l’étude State of Marketing & AI 2026 de Canva, conduite auprès de 1 415 responsables marketing et 3 547 consommateurs à travers le monde.

    Car si l’IA s’impose comme levier de productivité, avec 89 % des dirigeants qui économisent jusqu’à 4 heures par semaine, la performance ne se joue pas que sur la productivité. 87 % des consommateurs estiment qu’une touche humaine reste irremplaçable dans la publicité. Un signal clair : l’IA seule ne suffit pas à construire la confiance.

    Le vrai avantage compétitif ne revient donc pas aux équipes qui utilisent le plus l’IA, mais à celles qui l’intègrent avec discernement en gardant l’humain aux commandes de la qualité créative et de la cohérence de marque.

    Ce rapport est pertinent pour toute direction marketing qui cherche à industrialiser ses pratiques IA sans perdre ce qui fait la force d’une marque : son positionnement, son ton, son identité visuelle.

  • YouTube, TikTok, Instagram : la guerre des formats tue la créativité

    Quand rester créatif relève du défi … 

    Selon  Adham Hassan, Expert Creator Economy

    La Creator Economy s’est construite sur une promesse forte : permettre à chacun de créer librement, de raconter des histoires singulières et de toucher un public sans intermédiaire.
    Mais à mesure que les plateformes ont grandi, cette liberté s’est progressivement encadrée.
    Aujourd’hui, sur YouTube, TikTok et Instagram, les formats ne sont plus de simples supports : ils sont devenus des normes. Une norme de durée, de rythme, de narration. Et dans cette guerre silencieuse entre plateformes, c’est la créativité qui en sort affaibli.

    Quand les formats prennent le pas sur les idées

    La création commence de moins en moins par une intention créative et de plus en plus par une contrainte technique. Avant même de penser à ce que l’on veut dire, il faut se demander si le message tiendra dans un format court, s’il sera suffisamment accrocheur dans les premières secondes, s’il respectera les codes attendus.
    L’idée devient secondaire, presque accessoire. Elle doit s’adapter au moule plutôt que le façonner. Cette inversion du processus créatif appauvrit la réflexion et réduit la création à un exercice d’ajustement permanent.

    Quand les plateformes uniformisent les contenus

    Les algorithmes favorisent ce qui a déjà fait ses preuves. Un type de montage, une structure narrative, un rythme identifiable. À force de récompenser les mêmes signaux, les plateformes encouragent une standardisation massive des contenus. Les créateurs, consciemment ou non, finissent par se copier les uns les autres pour rester visibles. Ce mécanisme produit des flux efficaces, mais interchangeables, où la singularité se dilue dans une esthétique globale dictée par la performance.

    Quand la performance immédiate écrase la vision

    Dans cet écosystème, la valeur d’un contenu se mesure presque exclusivement à sa performance instantanée. Si une vidéo ne fonctionne pas rapidement, elle est considérée comme un échec.
    Or, la créativité ne se développe pas toujours dans l’urgence. Construire une vision, un univers, une narration cohérente demande du temps, des essais, parfois des contenus moins performants. La pression des chiffres pousse les créateurs à privilégier ce qui fonctionne à court terme, au détriment d’une construction plus profonde et durable.

    Quand les créateurs deviennent des exécutants

    À force de suivre des règles imposées par les plateformes, beaucoup de créateurs glissent vers un rôle d’exécutants. Ils appliquent des recettes, reproduisent des formats, adaptent des tendances existantes.
    La prise de risque devient un danger pour la visibilité. Ce glissement est insidieux : il ne supprime pas la créativité, il la canalise, la réduit, la rend prévisible. Peu à peu, la différence entre créer et produire du contenu s’estompe.

    Quand l’adaptation est confondue avec l’innovation

    Changer de format, accélérer un montage ou passer d’un horizontal à un vertical n’est pas innover. Ce sont des décisions stratégiques, pas créatives. L’innovation naît d’un regard nouveau, d’une idée forte, d’un point de vue assumé. En glorifiant sans cesse la capacité d’adaptation aux formats, l’écosystème confond mouvement et progrès. Il donne l’impression d’évoluer, alors qu’il enferme la création dans des cadres toujours plus étroits.

    La guerre des formats dépasse la simple question technique.
    Tant que la création sera guidée par l’optimisation plutôt que par l’idée, elle restera enfermée dans des cadres prévisibles.
    Redonner de l’espace à la créativité, c’est accepter de sortir des formats dominants et de remettre la vision avant la performance.

  • Netflix prépare une mutation silencieuse vers le modèle des créateurs

    Netflix multiplie les signaux d’ouverture vers les créateurs issus de YouTube

    Face à une concurrence qui se joue désormais sur l’usage plutôt que sur le catalogue.
    Selon Adham Hassan, Expert Creator Economy

    Les grandes manœuvres de Netflix attirent souvent l’attention lorsqu’elles concernent des acquisitions spectaculaires ou des stratégies de consolidation du divertissement traditionnel. Ces annonces occupent l’espace médiatique, mais elles masquent parfois des évolutions plus discrètes, et pourtant déterminantes pour l’avenir de la plateforme.
    Depuis quelque temps, Netflix s’ouvre à des contenus portés par des créateurs indépendants, issus de plateformes ouvertes comme YouTube.
    Cette évolution marque une inflexion vers des logiques proches de l’UGC (User Generated Content, ou contenus créés par les utilisateurs), sans pour autant renier l’ADN éditorial de la plateforme.
    Podcasts intégrés à l’offre, formats YouTube adaptés ou programmes développés par des créateurs déjà installés en ligne : pris ensemble, ces choix dessinent une trajectoire claire.

    La coexistence de deux stratégies chez Netflix

    Netflix avance aujourd’hui sur deux fronts.
    > D’un côté, la plateforme poursuit une stratégie de consolidation du divertissement traditionnel, en renforçant ses catalogues et en sécurisant des contenus premium.

    > De l’autre, elle intègre progressivement des formats développés hors de son écosystème historique, portés par des créateurs. Cette coexistence n’est pas contradictoire. Elle traduit une prise de conscience stratégique : la valeur ne se concentre plus uniquement dans la possession de grandes franchises, mais aussi dans la capacité à capter des audiences déjà constituées autour de contenus nés sur le web.

    L’intégration progressive de contenus issus de YouTube

    Les choix récents de Netflix illustrent cette ouverture.
    La plateforme accueille des podcasts auparavant diffusés ailleurs, adapte des formats YouTube déjà populaires et intègre des émissions dont l’audience s’est construite en dehors des circuits traditionnels.
    Ces contenus présentent un avantage décisif pour Netflix. Ils arrivent avec des communautés existantes, une narration éprouvée et une relation déjà installée entre créateurs et publics. En s’appuyant sur ces formats, Netflix limite le risque créatif tout en élargissant son offre éditoriale et en touchant des audiences parfois éloignées de ses productions classiques.

    La comparaison structurelle entre Netflix et YouTube

    La principale concurrence de Netflix ne se limite plus aux autres plateformes de streaming ou aux acteurs historiques du divertissement.
    Elle se situe désormais face à YouTube, qui capte une part croissante du temps passé devant les écrans, notamment sur les usages télévisuels. Là où Netflix repose sur un modèle fermé et fortement éditorialisé, YouTube s’appuie sur un système ouvert, alimenté par une création continue et portée par des créateurs indépendants. Netflix ne peut ni racheter YouTube, ni en reproduire entièrement le fonctionnement, mais il peut en intégrer certains mécanismes clés, notamment ceux liés à l’usage et à la fidélité des audiences.

    L’émergence d’un modèle à deux niveaux pour les créateurs

    L’évolution la plus probable du modèle de Netflix repose sur une structuration différenciée de la création.
    Une première catégorie pourrait accueillir des créateurs produisant des contenus épisodiques, avec des règles plus souples et une logique orientée vers des offres soutenues par la publicité.
    Une seconde catégorie serait réservée à des créateurs plus établis, capables de livrer des formats durables et monétisables sur le long terme. Netflix pourrait alors licencier leurs catalogues existants et commander des productions originales, dans une logique déjà amorcée avec certains formats issus de YouTube.

    Le rôle de YouTube comme incubateur pour Netflix

    Dans cette configuration, YouTube conserve une place centrale. La plateforme reste le lieu où les formats émergent, se testent et se stabilisent. Les créateurs y construisent leur audience, affinent leur identité et démontrent la solidité de leurs concepts. Netflix intervient ensuite comme un accélérateur, en intégrant les formats les plus matures dans un environnement plus structuré et plus premium. Sans le formaliser explicitement, YouTube devient ainsi un véritable terrain d’incubation pour Netflix.

    La mutation engagée par Netflix ne relève pas d’un simple ajustement opportuniste. Elle traduit une évolution stratégique face à un changement durable des usages et à la montée en puissance de la création issue du web. En s’ouvrant progressivement à des contenus portés par des créateurs indépendants, Netflix adapte son modèle à une nouvelle réalité du divertissement, où l’attention et l’usage pèsent désormais autant que le catalogue.

     

     

  • Contexte mondial instable, dérèglements climatiques ou encore les incertitudes politiques, … Le nouveau rapport à l’information

    Quand les responsables de la veille deviennent les artisans discrets d’une lecture stratégique du monde, et ce en temps réel

    Selon Arnaud Marquant, Directeur des opérations chez KB Crawl SAS

    Ces dernières années ont profondément modifié notre rapport à l’information.
    Face à ce bouleversement, les professionnels de la veille jouent un rôle de plus en plus central dans l’analyse, la contextualisation et la diffusion d’une information qualifiée.

    Chacun peut constater combien le paysage informationnel traverse actuellement une mutation de fond. Longtemps structuré autour de quelques grands médias, ce paysage a progressivement muté en un écosystème complexe parce que tout à la fois enrichi, fragmenté et démultiplié.
    Aux premières loges de ces évolutions, les professionnels de la veille se trouvent de facto sommés de prendre au quotidien la mesure de la complexité informationnelle. Ils se positionnent de plus en plus comme des éclaireurs, garants d’une lecture stratégique, critique et structurée du flux continu et massif d’informations. Leur mission : capter l’essentiel sans se perdre dans l’accessoire.

    Covid, contexte mondial instable… Un nouveau rapport à l’information

    Le contexte récent n’est pas pour rien dans ces évolutions.
    Depuis 2020, plusieurs événements ont marqué une inflexion décisive dans notre manière d’appréhender l’information.
    La crise sanitaire du Covid-19, les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, les dérèglements climatiques ou encore les incertitudes politiques ont contribué à une densification de l’actualité. Ces événements, en évolution constante et pour certains dramatiques, ont révélé l’importance d’une information fiable, contextualisée et vérifiée.

    Les entreprises ont dû, elles aussi, s’adapter à ce tempo nouveau. Elles ne peuvent plus se contenter d’un suivi passif de l’actualité : elles ont besoin d’une veille proactive, capable d’anticiper les signaux faibles et de décrypter les impacts concrets sur leur activité. Pour elles, les veilleurs deviennent les artisans discrets d’une lecture stratégique du monde, et ce en temps réel.

    Diversification des formats : une richesse à intégrer, une complexité à gérer

    Comment aborder cette information ? Aujourd’hui, celle-ci court sur des canaux multiples : réseaux sociaux, newsletters professionnelles, vidéos courtes, blogs d’experts, chaînes YouTube et, de plus en plus, podcasts. Ces derniers ont gagné leurs lettres de noblesse. Offrant du recul, de l’analyse et une temporalité apaisée, ils séduisent un public en quête de compréhension plus que de réaction.

    Loin d’entrer en concurrence frontale avec la presse traditionnelle, ces formats divers s’inscrivent dans un champ complémentaire. Les grands médias ont pour leur part su s’adapter, en développant par exemple leurs propres podcasts et chaînes vidéo. Cette évolution démontre leur capacité d’innovation et d’adaptation, tout en conservant leur rôle fondamental de décryptage approfondi. Il en va de même de certains experts, voire de certains journalistes : spécialisés par secteurs, ils offrent des analyses poussées que nul ne peut plus ignorer.

    Les veilleurs, en toute logique, doivent composer avec cette pluralité des sources.
    Leur défi : filtrer, qualifier et synthétiser une information désormais omniprésente mais inégalement hiérarchisée.

    Un métier en mutation : entre esprit critique et intelligence artificielle

    Ainsi, le rôle du veilleur s’est nettement transformé. Face à l’infobésité et aux fake news – parfois amplifiées par des algorithmes –, l’exigence de fiabilité n’a jamais été aussi forte. Il ne s’agit plus seulement de collecter de l’information, mais de la comprendre, de la contextualiser, et souvent de l’interpréter à la lumière des enjeux spécifiques de l’organisation.

    Pour ce faire, l’intelligence artificielle, notamment générative, constitue un appui de poids. Elle accélère le traitement, aide à la synthèse, repère les signaux faibles. Mais elle ne remplace en rien le discernement humain. Le veilleur reste celui qui, par son regard critique, donne du sens à l’information.

    On l’aura compris : notre rapport à l’information est en pleine évolution.
    Cette transformation est continue, exigeante et profondément structurante.
    Dans ce nouvel écosystème, les veilleurs s’affirment comme des professionnels-clés de l’analyse, à la croisée de la technologie, de la stratégie et de l’éthique. Ils s’appuient sur le regard journalistique ainsi que sur l’expertise des spécialistes, tout en déployant une approche sur-mesure, orientée vers les besoins décisionnels des entreprises pour lesquelles ils agissent. En cela, ils incarnent une nouvelle figure de l’intelligence informationnelle, désormais indispensable pour éclairer les choix de demain.

     

     

  • Influence : réussir sans se laisser enfermer dans l’exigence des algorithmes ou la tyrannie des chiffres

    Et si la vraie richesse pour un créateur réside dans la liberté de choisir sa trajectoire…

    Selon Adham Hassan , Expert Creator Economy

    Alors que la course aux abonnés et aux vues semble inévitable, certains créateurs choisissent de privilégier la liberté et la maîtrise de leur vie quotidienne.  Pourquoi l’indépendance peut être la clé d’une carrière durable dans l’univers numérique.
    Pour les créateurs de contenu, la notoriété peut sembler être l’objectif ultime. Pourtant, certains choisissent délibérément de ne pas viser le « tout médiatique » et préfèrent se concentrer sur leur liberté et leur plaisir dans la création.
    Les réseaux sociaux offrent de nombreuses opportunités, mais ils peuvent aussi transformer le succès en fardeau, où chaque sortie dans la rue devient une expérience sous observation. Comprendre cet équilibre entre visibilité et intimité est crucial pour construire une carrière saine et pérenne.
    Apprendre à choisir sa notoriété
    Pour beaucoup, atteindre le million d’abonnés est un symbole de réussite. Mais ce seuil peut impliquer des sacrifices importants : pression constante, perte d’intimité et exposition permanente.
    Comme Victor Habchy le souligne : « Moi j’aime trop la liberté. Tu es plus libre quand tu n’es pas Mbappé ou Inoxtag. » Réussir sans se laisser enfermer dans l’exigence des algorithmes ou la tyrannie des chiffres demande une vraie réflexion. Apprendre à gérer sa croissance et à définir ses propres limites devient un atout stratégique.
    Comprendre les plateformes pour mieux créer
    Créer du contenu ne se résume pas à publier régulièrement : cela implique de comprendre les spécificités de chaque plateforme.
    Chaque réseau social a ses propres codes, son algorithme et son public.
    Savoir les maîtriser permet de diffuser le bon message au bon endroit.
    Il faut savoir adapter sa création à la logique de chaque canal, sans perdre son authenticité.
    YouTube favorise la profondeur et la fidélisation, TikTok mise sur la spontanéité et la réactivité, tandis qu’Instagram joue sur l’esthétique et la narration visuelle.
    Apprendre à jongler entre ces formats, c’est gagner en liberté de création tout en optimisant sa visibilité.
    L’objectif n’est pas de tout faire, mais de choisir les plateformes qui correspondent réellement à sa personnalité et à ses ambitions. C’est ainsi que les créateurs peuvent construire une présence cohérente et durable, sans se laisser enfermer par les exigences des algorithmes.
    Favoriser l’expérimentation et la créativité
    Au-delà de la croissance, la valeur réelle d’un créateur réside dans sa capacité à expérimenter et à se diversifier.
    Le podcast souligne l’importance de ne pas se limiter aux formats courts ou aux collaborations faciles. Les créateurs qui réussissent sont ceux qui explorent de nouvelles idées, testent différents contenus et construisent une identité qui leur est propre.
    Produire, se tromper, apprendre et évoluer devient alors plus important que de se focaliser uniquement sur la viralité.
    Aujourd’hui, la vraie richesse pour un créateur ne réside pas seulement dans les abonnés ou les vues, mais dans la liberté de choisir sa trajectoire. Entre visibilité et indépendance, le choix se fait souvent en conscience et détermine la durabilité d’une carrière.
  • Création de contenu : l’IA ne doit pas remplacer, mais augmenter !

    Création & stratégie sous IA : résister au prêt à penser

    Selon Zelie Albert responsable du pôle créatif et stratégique chez STRADA MARKETING

    Peut-on encore parler d’idée originale quand l’algorithme s’invite dès le brief ?
    L’IA assiste, certes. Mais qui impulse ? Qui transgresse ?
    Ne court-on pas le risque d’une création sans âme en utilisant notre facilitateur de contenu préféré ?
    Comment les agences peuvent-elles allier puissance technologique et création incarnée et différenciante ?
    Ce n’est pas une question d’outil, mais de posture : comment rester leader, metteur en scène du message, sans devenir simple opérateur de prompts ?
    Décryptage. 

    L’intelligence artificielle a fait irruption dans les agences comme un accélérateur fulgurant. Générative, prédictive, multifonctionnelle : elle bouleverse les manières de concevoir, d’écrire, de produire. Et dans les agences de marketing opérationnel, où agilité, performance et volume sont devenus la norme, elle promet des gains de temps considérables. Mais à quel prix ?

    En simplifiant le geste créatif, l’IA risque aussi de simplifier la pensée stratégique.
    À force d’aller vite, de promptiser, de générer des visuels ou slogans en chaine, on oublie que derrière une campagne mémorable, il y a un concept.

    Une tension. Une analyse fine du contexte. Une vision du monde. Et ce sont précisément ces dimensions, complexes, lentes, sensibles que l’IA ne sait pas saisir.

    Entre efficacité et singularité : le dilemme des agences 

    Dans notre secteur, la pression est forte : produire plus, plus vite, plus ciblé. L’IA devient réflexe : elle facilite les benchmarkings, enrichit les moodboards, structure des briefs, génère des insights. Elle élargit le champ des possibles. Mais si elle remplace la stratégie, elle en gomme l’essence, une stratégie puissante ne peut pas être une moyenne statistique de ce qui a marché hier. C’est une lecture contextuelle, culturelle, souvent intuitive, qui demande de s’extraire du flux pour mieux comprendre l’époque, les gens, leurs tensions invisibles. Et cette compréhension-là, l’IA ne la possède pas. Elle ne doute pas, elle ne creuse pas, elle ne ressent pas.

    Créer, n’est pas simplement produire. C’est concevoir un angle, trouver un parti pris, révéler un sens nouveau. C’est oser le contre-pied, prendre le temps du silence avant de nommer. C’est aussi savoir ce qu’on veut dire et pourquoi.

    L’intelligence artificielle, sans intention humaine, produit des formes vides. Elle simule. Elle compile. Elle automatise des esthétiques qui rassurent, mais qui ne dérangent plus. Or, dans un monde saturé de contenus, la seule façon d’émerger, c’est d’incarner une différence. Une idée forte. Une émotion vraie.

    Ce n’est donc pas l’outil qu’il faut craindre, mais le fait d’abandonner la réflexion stratégique et le geste créatif. L’IA ne doit pas remplacer, mais augmenter. Elle peut faire gagner du temps, oui, mais uniquement si elle s’inscrit dans une logique exigeante : celle de la direction de création, de la planification stratégique, du storytelling de marque. Sans nous éloigner du sens, du contexte, de l’humain.

    Ce que les agences doivent défendre aujourd’hui, c’est le droit à l’idée. À la vision. À l’émotion lente. À cette part d’imprévisible qui fait toute la différence entre une campagne qui s’oublie, et une campagne qui marque.

    Créer à l’ère de l’IA, c’est réapprendre à dire non : non à la facilité, non à la répétition, non au prêt-à-penser.

     

  • Quel avenir pour les Agences Marketing ?

    202 : Le prochain virage des Agences Marketing

    Selon  , vice-président, analyste principal Forrester

    ,  vient de publierses “prédictions” pour les agences marketing en 2026, qui révèlent que les agences passeront du statut de partenaires axés sur le client à celui de fournisseurs de services marketing, transformées par l’automatisation, la consolidation et les stratégies axées sur les créateurs.

    D’ici 2026, les agences marketing abandonneront leur rôle traditionnel de représentants des clients et se transformeront en fournisseurs de solutions marketing diversifiées proposant des services d’exécution, des solutions gérées, des produits propriétaires et des partenariats stratégiques.
    Cette évolution est motivée par une décennie de pressions structurelles, notamment le remplacement des contrats de services permanents par des contrats à la tâche, l’internalisation du marketing, les pressions liées aux achats, la consolidation et les bouleversements liés à l’intelligence artificielle, qui obligeront les agences à rechercher de nouvelles sources de revenus et à accepter des risques commerciaux plus importants.

    En 2026, les prévisions de Forrester incluent :

    Acquisition et fusions 

    ●     Une acquisition de Dentsu ou WPP donnera lieu à une douzaine d’évaluations d’agences.
    L’acquisition d’IPG par Omnicom est la première étape.
    2026 verra une autre transaction majeure entre holdings.
    Nous prévoyons que Havas acquerra les activités internationales de Dentsu.
    Un deuxième scénario serait une restructuration de WPP en vue d’une vente à un fonds d’investissement privé ou à Accenture. Dans les deux cas, les spécialistes du marketing seront amenés à revoir leurs contrats de trois et cinq ans.

    Médias 

    ●      Les médias principaux représenteront un tiers du total des médias sous gestion.
    La revente d’inventaire média avec une marge et des garanties deviendra courante au cours de la nouvelle année.
    L’acquisition d’IPG par Omnicom élargit ses opportunités principales. Le regroupement des médias et d’Epsilon (Conversant) par Publicis ne ralentit pas.
    WPP Media place l’IA au cœur de ses activités de négociation média. Cependant, le trading en tant que principal marque une rupture avec le trading en tant qu’agent.

    Emplois 

    ●      Une réduction de 15 % des emplois dans les agences obligera ces dernières à modifier leur modèle économique.
    Les bénéfices médiocres et les prévisions anémiques de Dentsu, IPG, S4 Capital et WPP ont entraîné des réductions d’effectifs d’environ 8 % en moyenne en 2025. En 2026, l’automatisation et l’IA réduiront encore davantage les effectifs.
    Nous prévoyons que 15 % des emplois dans les agences seront supprimés en 2026 en raison de l’automatisation, des licenciements et de l’efficacité.

    Créateurs de contenus 

    ●      Le marketing des créateurs passera d’une tactique d’agences médias à une stratégie d’agences créatives.
    Les créateurs et les influenceurs évoluent vers le statut d’entrepreneurs, exigeant plus de contrôle, une rémunération plus élevée et des partenariats à long terme avec les marques.

    En 2026, l’équilibre des pouvoirs au sein des agences en matière de marketing des créateurs basculera des agences médias officielles (AOR) vers les agences créatives et les agences spécialisées dans les réseaux sociaux.
    À mesure que les créateurs assumeront davantage de responsabilités en matière de conception et de production, les agences créatives agiront davantage comme des orchestrateurs de l’accès à la technologie et aux créateurs.

  • Influence : quelles sont les tendances et les contenus qui performent réellement ?

    Mais que se cache-t-il derrière le flot continu de vidéos : Instagram, YouTube TikTok …?

    Que ce soit à travers les Reels d’Instagram, les Shorts de YouTube ou encore les TikToks, les réseaux sociaux se livrent une véritable bataille pour capter l’attention des utilisateurs. Mais que se cache-t-il derrière ce flot continu de vidéos ?

    Pour le savoir, Metricool, plateforme de gestion et d’analyse des réseaux sociaux, a analysé près de 600 000 comptes catégorisés selon leur nombre d’abonnés et près de 6 millions de vidéos courtes (Reels, TikToks et Shorts, programmées ou non via son outil) à travers d’une étude intitulée Rapport 2025 sur le format vidéo courte, afin de décrypter les grandes tendances actuelles et identifier les contenus qui performent réellement.

    La vidéo courte s’impose comme le format incontournable des plateformes sociales 

    Par rapport à 2024, le format court poursuit sa progression spectaculaire : le nombre de vidéos publiées via Metricool a bondi de 71 %, tandis que le nombre de comptes actifs sur ce format progresse de 51 %.

    La dynamique est tirée principalement par TikTok, qui connaît une véritable explosion avec 129 % de comptes et 156 % de vidéos courtes.
    YouTube Shorts affichent eux aussi une croissance soutenue (37% de comptes et 61 % de vidéos publiées), tandis que Facebook surprend avec une hausse de 72 % de publications et 56 % de comptes.
    En comparaison, Instagram conserve sa place de leader en volume absolu, mais sa croissance reste plus modérée que ses concurrents : +27 % de comptes et +34 % de publications.

    La production de contenu est en pleine hausse, mais les performances chutent 

    Bien que le nombre de vidéos publiées explose sur l’ensemble des plateformes, la qualité de l’engagement s’affaiblit.
    Contrairement aux attentes, cette croissance de volume ne se traduit pas par une amélioration des résultats.
    Au contraire, la plupart des indicateurs de performance affichent une nette baisse. Sur Instagram, les Reels augmentent de 34 %, mais les vues chutent de 59 % et les interactions de 21 %.
    YouTube Shorts subissent le même phénomène : malgré une hausse de 61 % de vidéos, la portée (-31 %), les interactions (-47 %) et l’engagement (-36 %) s’effondrent.
    Même sur TikTok, où l’engagement global grimpe (35 %), le temps moyen de visionnage diminue (3,75 secondes contre 4,7 en 2024), réduisant la fenêtre pour capter l’attention. Seul Facebook tire son épingle du jeu, avec une portée en hausse ( 23 %) et des vues en progression ( 24 %).

    Metricool

    « La vidéo courte n’est plus seulement une tendance, elle est devenue la norme incontournable des réseaux sociaux. Notre étude révèle un paradoxe : si la production explose, l’engagement global recule. Dans ce contexte, les créateurs de contenus doivent redoubler d’efforts pour capter l’attention de leur audience dès les premières secondes et maintenir une connexion authentique. » explique Sara Montorio, Chargée des Relations Publiques, Événements et Formation chez Metricool.

    Succès inattendu des petits comptes sur Instagram

    Bien que sur Facebook, la hausse de la portée et les vues en progression bénéficient surtout les très grands comptes, tandis que les petits s’effondrent, les données pointent du doigt que la tendance s’inverse pour les Réels Instagram.

    Sur Instagram, la hiérarchie est bousculée : alors que les comptes Medium, Big et Huge voient leurs indicateurs reculer, les petits comptes (<1 000 abonnés) tirent leur épingle du jeu.
    Leur portée reste quasiment stable, mais leurs performances progressent nettement avec 22 % d’interactions, 29 % de likes et un engagement en hausse de 30 %.

    Le rapport complet est disponible ici : Rapport 2025 sur le format vidéo courte Méthodologie