Étiquette : vision

  • Chronique d’une révolution numérique annoncée

    Les fondements d’une révolution numérique

    Par Matt Cain, President and CEO of Couchbase

    La lenteur et la régularité ne permettent pas toujours de gagner la course ; dans certains cas, une pensée révolutionnaire et des changements spectaculaires sont nécessaires. Actuellement, nous assistons à d’énormes bouleversements dans le monde numérique, à la fois dans les « soulèvements » technologiques à l’échelle de l’industrie, comme l’informatique de pointe et l’intelligence artificielle, et dans d’innombrables projets de transformation numérique interne où l’innovation révolutionnaire s’enflamme dans un coin isolé ou dans une entreprise. Qu’elle soit américaine, française, industrielle ou numérique, il est impossible de comparer avec précision une révolution à une autre. Cependant, il est tout aussi vrai qu’elles partagent bon nombre des mêmes attributs fondamentaux qui leur ont permis de créer des changements spectaculaires et de grande envergure.

    Nous pouvons étudier l’histoire pour identifier les éléments fondamentaux de toute entreprise qui ressent la pression de révolutionner ses produits, ses services, son expérience client ou son modèle économique.

    Un peuple
    Toutes les révolutions sont lancées par des individus et dirigées par ceux qui sont suffisamment engagés pour créer le changement. Dans le monde des affaires, la marque reçoit habituellement les applaudissements. Dans certains cas, la marque est l’entreprise, mais à quelques exceptions près, il s’agit d’une seule personne, comme Steve Jobs et Richard Branson. Quoi qu’il en soit, les individus sont au cœur de toute transformation. Pour chaque projet de transformation numérique, il y a un employé qui a posé une question que personne n’avait posée auparavant, un service qui avait le désir de s’attaquer à un problème que personne ne pensait possible, ou un client dont l’expérience ou les exigences ont changé un service ou une entreprise pour toujours.

    Toutes les entreprises devraient aujourd’hui essayer d’identifier ces révolutionnaires au sein de leur entreprise et de leur clientèle. Les projets de transformation numérique les plus réussis se déroulent généralement au sein d’entreprises qui écoutent leurs employés, qui les encouragent à s’exprimer et où la pensée créative et la prise de risques sont récompensées. Après tout, il suffit d’une seule personne, ou d’une seule équipe, pour déclencher une réaction en chaîne qui conduit une entreprise à un endroit que personne n’aurait jamais cru possible d’atteindre.

    Une opposition
    Les révolutions ne se produisent pas par hasard. Il doit y avoir quelque chose contre quoi se rebeller : la taxation ou le contrôle par une puissance coloniale, une aristocratie autoritaire ou simplement un statu quo insupportable. En affaires, cela signifie souvent qu’il faut cibler les opérateurs historiques qui peuvent être délogés par la perturbation numérique , ce qui explique en partie pourquoi la moitié de ceux présents dans le classement Fortune 500 de l’an 2000 ont maintenant disparus.

    Aujourd’hui, les consommateurs veulent une vie meilleure, de nouvelles opportunités et, souvent, briser les chaînes de l’établissement. Ce sont des terrains parfaits pour la révolution. Par exemple, pendant des années, les consommateurs ont été contraints par la programmation restreinte des sociétés de télévision, puis Netflix est arrivé sur la scène en livrant son énorme bibliothèque de contenu aux abonnés selon leurs conditions. Dans un autre domaine, Airbnb a fait de même pour l’hôtellerie. Et Skyscanner a transformé les réservations de vols et Transferwise a changé les transferts d’argent internationaux.

    Les attentes des utilisateurs ont fondamentalement changé à l’ère numérique, et les entreprises qui n’offrent pas une expérience vraiment exceptionnelle aux utilisateurs finaux sont susceptibles d’être perturbées. L’une des façons les plus courantes de réussir au cours des dernières années a été de cibler les industries et les entreprises qui ne sont pas toujours satisfaites et de chercher à les améliorer.

    Une étincelle
    Il peut y avoir le peuple, et même une opposition, mais, sans une seule étincelle pour agir comme catalyseur, une révolution va simplement gronder sous la surface sans jamais vraiment entrer en éruption. Pensez au Boston Tea Party ou à la Bastille, des événements qui, du moins maintenant, sont considérés comme le point de départ d’un bouleversement massif.

    Cette étincelle peut venir de l’intérieur ou de l’extérieur de l’entreprise ; ce qui est important, c’est de reconnaître l’opportunité qu’elle présente et d’en tirer profit. Par exemple, au 21ème siècle, la connectivité est devenue un facteur d’égalité entre les entreprises. La technologie mobile, l’Internet et l’internet mondial ont créé un potentiel pour les entreprises massivement interactif, où l’entreprise peut s’engager avec les clients, les travailleurs, les partenaires et même avec les machines, créant ainsi de nouvelles expériences et opportunités avec un véritable potentiel de transformation.

    Les entreprises qui surveillent ces étincelles peuvent agir rapidement et s’en servir de tremplin avant que leur révolution ne s’éteigne.

    Une vision
    Une révolution ne peut pas être dénuée de sens sinon elle se transforme en chaos. Au lieu de cela, il lui faut une cause digne qui crée de la bonne volonté et génère un soutien populaire. Pensez aux idéaux de différence tels que « Liberté, Égalité, Fraternité » ou « Pas d’imposition sans représentation » proclamés à leurs révolutions respectives. De même, toute révolution numérique doit être fondée sur un objectif fondamental. Prenez l’exemple de l’entreprise Amazon : elle peut revendiquer l’une des révolutions numériques les plus profondément perturbatrices de tous les temps. Son modèle commercial d’une expérience d’achat en ligne centré sur le client a contribué à propulser le commerce électronique là où il est aujourd’hui, et les entreprises de tous les secteurs d’activité ont suivi son exemple.

    Rien de tout cela n’aurait été possible si Amazon n’avait pas placé ses clients au premier plan et n’avait pas eu une vision de la façon dont elle pourrait améliorer leur vie. Savoir comment votre révolution affectera l’expérience des clients ou des utilisateurs finaux est un must.

    Une stratégie
    La passion peut déclencher une révolution et elle est essentielle pour la maintenir. Mais sans un leadership et une direction efficace, cette force initiale sans compromis peut finir par se transformer en rien. Les révolutions les plus réussies ont des objectifs clairement définis et un leadership stratégique fort pour s’assurer que les objectifs sont atteints. Microsoft en a été un exemple à deux reprises. L’entreprise a dominé l’industrie des ordinateurs personnels pendant des années sous Bill Gates. Et plus récemment, sous la direction de Satya Nadella, l’entreprise a redynamisé ses activités et est une fois de plus une force perturbatrice majeure dans l’industrie de la technologie. Toute entreprise prospère a besoin d’un leadership et d’une orientation solides, mais pendant les périodes de changements intenses, cette demande devient encore plus aiguë.

    Il y a toujours des exceptions : des révolutions qui surgissent de nulle part et de nouveaux modèles d’affaires qui réussissent contre toute attente. Cependant, pour les entreprises qui envisagent une révolution, ces éléments constitutifs peuvent être la base du succès. Les entreprises qui n’envisagent pas de changement devraient y réfléchir à deux fois. Il y a de fortes chances que les perturbateurs se rassemblent maintenant, en mettant sur pied leur propre révolution.

  • L’entreprise X.0 : réinventer ses relations dans son écosystème

    L’entreprise X.0 : Réinventer ses relations dans son écosystème

    Vision technologique 2018 d’Accenture 

    Les progrès rapides de technologies comme l’intelligence artificielle (IA) accélèrent la création d’entreprises intelligentes capables de s’intégrer à notre vie quotidienne, selon la Vision technologique 2018 d’Accenture. Ce rapport annuel anticipe les grandes tendances technologiques qui transformeront l’entreprise et ses activités dans les trois prochaines années. Mais pour les entreprises, bénéficier de ces opportunités de croissance tout en ayant un impact positif sur la société exige une nouvelle approche managériale favorisant confiance et responsabilité.

    Le rapport de cette année, L’entreprise X.0 : Réinventer ses relations dans son écosystème, montre comment les progrès technologiques rapides, notamment en IA, analytique avancée et cloud computing, permettent aux entreprises de créer des produits et services suffisamment innovants pour changer notre façon de vivre et de travailler. Les relations des entreprises avec leurs clients et leurs partenaires sont également en pleine mutation.

    Pour ce rapport, Accenture a interrogé plus de 6 300 cadres dirigeants (métiers et informatiques) dans le monde. La majorité des personnes interrogées (84 %) estiment que les entreprises s’intègrent progressivement à notre vie quotidienne à travers la technologie.

    Ainsi, Amazon – par sa présence en ligne mais aussi son enceinte connectée Echo et son assistant virtuel Alexa – entre à tel point dans notre quotidien que les promoteurs intègrent maintenant des casiers Amazon dans les nouveaux immeubles. Les consommateurs donnent à l’entreprise accès à leur domicile par un système de verrou intelligent pour permettre des livraisons en leur absence.

    « La technologie fait maintenant totalement partie de notre vie quotidienne et elle façonne des pans entiers de notre société », », affirme Marc Bousquet, directeur d’Accenture Technology en France.

    « De même que les villes se sont développées autour des ports puis du chemin de fer, et que nous avons reconstruit nos vies autour de l’électricité, le monde se repense aujourd’hui autour de l’innovation numérique et de ses acteurs. Cela implique un nouveau type de relation, reposant sur la confiance et le partage de grandes quantités d’informations personnelles. »

    Le rapport remarque que pour la première fois, les gens ne se contentent pas d’utiliser les produits et les services des entreprises, ils se font connaître d’elles spontanément en leur fournissant des informations. Un tel degré d’innovation intégrée et de confiance nécessite une relation plus profonde, basée non seulement sur les produits de l’entreprise, mais aussi sur ses objectifs et ses valeurs. Ce nouveau partenariat suppose de nouvelles responsabilités – pour les consommateurs, les partenaires et la société – et exige un engagement des dirigeants d’entreprise.

    Certaines entreprises comprennent ces nouvelles attentes de la société et cherchent à en faire une force. Elles utilisent cette intensification des interactions pour créer des partenariats avec les consommateurs, les employés, l’État et le grand public et vont au-delà de la relation commerciale.

    Tesla, par exemple, est partenaire de plusieurs Etats pour accélérer le développement d’un cadre pour le déploiement de véhicules autonomes. Quant à Siemens, en ouvrant son système d’exploitation MindSphere à l’Internet des objets, qui peut notamment être utilisé pour la fabrication d’appareils, pour des composants de réseau électrique intelligent ou des équipements de production d’énergie, il établit de nouveaux partenariats et s’insère dans les architectures de ses partenaires.

    La Vision technologique identifie cinq tendances émergentes à prendre en compte pour nouer des partenariats et réussir dans la nouvelle économie numérique :

    • L’IA citoyenne : éduquer l’IA pour qu’elle soit au service des entreprises et de la société. A mesure que l’intelligence artificielle (IA) gagne en capacités, son impact se fait davantage sentir sur nos vies. Les entreprises qui veulent utiliser l’IA doivent faire attention à son impact, et l’ « éduquer » pour qu’elle se comporte en employée responsable.
    • La réalité amplifiée : l’expérience sans la distance. Les technologies de réalité virtuelle et augmentée transforment la façon dont les gens vivent et travaillent en supprimant la distance entre les personnes, les informations et les expériences.
    • Des données infaillibles : l’importance de la confiance dans les données. En faisant des données leur moteur, les entreprises courent un nouveau risque : le risque de données inexactes ou manipulées conduisant à une vision déformée et à des décisions biaisées. Pour relever ce défi, les entreprises doivent simultanément optimiser la fidélité des données et réduire les tentatives de manipulation des données.
    • L’IT antichoc : une architecture prête pour un écosystème à grande échelle.  Les entreprises ont besoin de s’appuyer sur des partenaires technologiques pour croitre, mais leurs propres systèmes historiques ne sont pas conçus pour de tels partenariats. Pour réussir en tant qu’entreprises intelligentes connectées, elles doivent repenser leur architecture informatique.
    • L’Internet de la pensée : rendre intelligentes les architectures distribuées. Les entreprises comptent beaucoup sur les environnements intelligents exploitant la robotique, l’IA et les technologies dites « immersives », mais pour faire émerger ces nouveaux environnements elles devront renforcer leurs compétences et leur main d’œuvre, mais aussi moderniser leur infrastructure technologique.

    Depuis près de 18 ans, Accenture analyse de façon systématique le paysage de l’entreprise pour identifier les tendances émergentes dans les technologies les plus susceptibles de modifier les entreprises et les secteurs. Pour plus d’informations sur le rapport de cette année, consultez https://www.accenture.com/fr-fr/insight-technology-trends-2018 ou suivez la conversation sur Twitter avec #TechVision2018.

  • Pourquoi le marketing d’aujourd’hui est-il dépassé?

    L’Ultime Personnalisation, pour arrêter le gâchis des budgets marketing !

    Selon Bertrand Diard, CEO et cofondateur d’Influans

    Le marché de la « MarTech » pèse désormais 30 milliards de dollars. Cependant, les stratégies et pratiques utilisées par les entreprises ne sont plus à la hauteur des besoins des entreprises soumises à une concurrence sans précédent et ne délivre pas les résultats escomptés. Il est donc désormais crucial de prendre les mesures nécessaires pour renouer avec la performance.

    Les algorithmes, au cœur des enjeux

    Nous évoluons dans un univers où efficacité rime avec succès. Les modèles économiques font preuve d’une agilité et d’une aptitude déconcertante à s’adapter à un écosystème en constante mouvance, dont le moteur est le consommateur. La performance est le mot d’ordre, les processus sont optimisés et rationalisés en permanence pour faire face à une concurrence accrue. Pour engendrer des gains, l’enjeu est la pertinence client et le moyen la technologie.

    De même que l’arrivée au XIXè siècle de la force mécanique a transformé l’industrie manufacturière ou les transports, la puissance algorithmique mise au service de l’exploitation des données révolutionne aujourd’hui des pans entiers de l’économie. Les gains de productivité générés ces dernières années par cette combinaison sont considérables. Une meilleure utilisation des données disponibles, par des modèles d’analyse prédictive, et par une amélioration permanente de l’efficacité grâce aux algorithmes en sont à l’origine.

    Cependant, force est de constater que certains métiers ne tirent pas suffisamment parti des innovations pour accroître leur efficacité. De façon surprenante, parmi ces métiers figure le marketing qui ne s’est pas renouvelé en intégrant tout le potentiel qu’offre les technologies existantes.

    Le client se veut unique, tout comme l’est le rapport qu’il veut avoir avec une marque donnée. Pour ce faire, ses données valent de l’or et les algorithmes permettent de dénicher les pépites.

    Or le marketing, tel qu’il est conçu aujourd’hui, est dépassé. Plus de 100 milliards de dollars ont été dépensés en campagnes marketing dans le monde l’an passé. Et en dépit de ces dépenses pharaoniques, les campagnes marketing continuent à produire des taux de retour inférieurs à 3 pourcent. Avec de tels montants en jeu, est-il acceptable de continuer à délivrer des performances aussi faibles ?

    Le concept de segment, une vision dépassée ?

    Aujourd’hui encore, les MarTech se focalisent sur la mesure des campagnes et sur un contenu certes de qualité mais pas forcément pertinent pour le client. Les incentives marketing sont traitées comme des campagnes de masse. Certes, les segments sont davantage affinés mais les entreprises ne parviennent pas à s’en affranchir. Les clients sont toujours segmentés dans des catégories et reçoivent la même offre au même moment et ce, indépendamment de leur profil personnel.

    Le marketing personnalisé n’a pourtant pas vocation à faire rentrer des cibles dans des cases. Son objectif est de créer l’offre qui sera par excellence parfaitement adaptée, promouvant le bon produit, au bon moment, avec le bon incentive. Pour obtenir cette personnalisation ultime de l’offre, il est nécessaire de prédire la sensibilité et le potentiel de réaction d’un individu. Cette sensibilité dépend du dosage des quatre éléments clés de l’offre :

    • La bonne personne – la sélection de la cible de l’offre prend en compte les informations démographiques mais aussi l’historique d’achat, le comportement, voire l’activité sociale.
    • Le bon produit – analysant les similitudes et différences entre catégories de produits, les associations, et les transactions passées.
    • Le bon moment – la temporalité de l’offre est essentielle et trop souvent ignorée. Il ne s’agit pas de cibler les messages aux heures où ils seront lus, mais lorsqu’ils vont résulter en une transaction.
    • Le bon incentive – les coupons de réduction générique sont au mieux inutiles, au pire générateurs d’une baisse de marge. Discount ciblé, service additionnel, reconnaissance particulière sont autant d’incentives qui, utilisés à bon escient, rendent une offre pertinente.

    Il n’y a aucune raison, aucune chance que deux personnes soient sensibles à la même offre. Même si leurs profils sont semblables, leurs historiques de transaction ne le sont pas et ils ne se trouvent pas dans la même situation au même moment. Les marques doivent désormais s’adresser à des individus et non des profils. Il est donc nécessaire de personnaliser totalement chaque offre. Un client qui reçoit des offres toujours pertinentes sera plus enclin à les prendre en considération.

    En conclusion, l’avenir du marketing réside donc dans la personnalisation ultime. Le qualificatif d’ultime se réfère au caractère unique, car personnalisé, de chaque offre. Au-delà d’une efficacité démultipliée qu’elle permet, la personnalisation ultime contribue à la fidélisation du client à la marque, en évitant l’effet dilutif, donc rebutant, du marketing de masse qui est bien souvent associé au spam.

  • Entretien exclusif : Kevin Kelly, cofondateur de Wired, visionnaire, philosophe…sur le futur de l’humanité

    Quel sera le futur de l’humanité ? 

    Intervenant à USI, l’évènement organisé par Octo Technology, le 19 juin à Paris , Kevin Kelly, co-fondateur de Wired, est venu évoquer le futur de l’Intelligence artificielle et la fusion de l’homme avec la machine pour donner naissance à une nouvelle humanité.
    Rencontre avec un visionnaire. Attention, parfois ça va un peu loin…

    Dire de Kevin Kelly qu’il est un touche à tout serait un peu cliché. Toutefois, notre homme a non seulement une vie bien remplie, mais aussi une trajectoire impressionnante : voyageur et photographe, cofondateur de Wired le magazine culte des nerds, fondateur d’une « religion » nerd. Il est aussi à la tête de diverses associations pour préserver la diversité de l’écosystème et créateur de Cool tools, sorte de site dédié à la recension de tous les outils et gadgets existants. Dilettant éclairé, mystique un peu barré, solutionniste avéré, positiviste métaphysique, Kevin Kelly est un peu de tout cela. il a aussi été le conseiller pour le film Minority Report issu du roman éponyme de Philippe K. Dick. Mai Kevin Kelly est surtout un orateur fascinant et un interlocuteur de choix pour évoquer non seulement l’intelligence artificielle, mais aussi l’avenir de l’humanité à l’aune de l’évolution technologique.

    Pour résumer son intervention, l’IA sera partout, vraiment partout, et donnera naissance à de nouvelles modalités d’existence pour l’humanité en attendant la fusion, inéluctable, entre l’homme et la machine.

    Wired est le magazine culte de la culture « nerd » et sans aucun doute le magazine qui a contribué à l’émergence d’une certaine forme de positivisme technologique. Quel est l’héritage de Wired aujourd’hui ?

    Je pense qu’il y a deux choses. La première, difficile à évaluer aujourd’hui, est que « Wired a rendu les nerds cool ». Je le sais parce qu’avant que Wired n’existe, personne ne voulait s’identifier à un nerd. Les nerds étaient considérés comme des marginaux. Wired a mis les nerds en avant et du jour où, comme Bill Gates, ils sont devenus riches, ils sont devenus « cool ». Ensuite, Wired a contribué à donner une vision très optimiste du futur. À cette époque, les progrès technologiques et ses conséquences sociales étaient surtout évoqués avec une vision négative. Pour nous, la techno c’était génial, cela allait changer le monde et le rendre meilleur. Beaucoup de personnes partageaient notre point de vue, mais elles ne pouvaient pas l’exprimer. Wired a donné une voix à ces personnes, leur a donné la permission d’avoir une vision positive de la technologie et de ses bénéfices. Cet optimisme était la baseline de Wired.

    Nous sommes en 2017, Wired a quasiment un quart de siècle. Ce magazine n’est-il pas frappé d’une sorte d’obsolescence alors que la technologie triomphe ?

    C’est possible. Quand je dirigeais Wired, nous nous considérions comme un vaisseau pirate, nous attaquions les positions établies en disant qu’il y avait une révolution en cours. Au fil du temps et de la précession de la technologie dans notre économie, Wired est devenu un vaisseau amiral, une autorité, en donnant l’estampille de ce qui est cool ou non. Fatalement, vous n’avez pas la même acuité sur ce qui constitue un bouleversement ou non, ce qui est révolutionnaire ou non. Si vous pensez que le rôle de Wired est d’être disruptif, il ne fait plus le job. Si pour vous le rôle de Wired est de donner son imprimatur ? et son approbation, alors il le fait.

    Durant votre intervention vous avez évoqué les nombreuses formes d’intelligence humaine et surtout notre méconnaissance de celle-ci, d’où la difficulté à la répliquer en utilisant l’intelligence artificielle. Toutefois, vous n’avez pas fait mention de l’évolution de l’IA à l’aune des ordinateurs quantiques. Or nous savons maintenant que notre cerveau fonctionne selon des modalités quantiques. Pensez-vous que les progrès de ces machines contribueront à faire évoluer l’IA ?

    C’est vrai qu’il y a de nombreuses théories sur ce thème, dont celle de Penrose et Hameroff sur la conscience quantique. Je n’ai pas d’opinion et je ne sais pas si cela fait une différence. Vrai ou pas, il y a toutefois une vraie différence entre les formes d’intelligence issues d’un tissu humain humide et la sécheresse du silicone. Je ne crois pas que ce soit la même chose, il y a une vraie différence dans le calcul en temps réel fait par l’un et par l’autre. Nous ne sommes pas encore très au clair sur ce à quoi serviront les ordinateurs quantiques et leur objectif final. Ma conviction est que ceux sont des machines très puissantes, mais dédié à un problème particulier.

    Dans un essai, vous avez développé la fondation d’une « théologie nerd ». Selon vous, les nerds ou geeks sont, inconsciemment, à l’origine d’une nouvelle spiritualité issue de leur relation avec l’univers de la machine, du code et surtout des réseaux et de l’intelligence artificielle. En donnant naissance à de nouvelles formes de vie, le nerd est un nouveau Dieu. Votre message fait-il des adeptes ?

    Il y a un potentiel pour une nouvelle théologie, mais je n’ai pas preuve de l’émergence de cette théologie nerd au-delà de moi. Je suis seul dans mon église. J’ai réellement vu des milliers de personnes, très intéressées par l’aspect moral et éthique de l’IA et elles font un travail formidable sur ces aspects. Il y a une dimension spirituelle qui peut donner naissance à une nouvelle théologie. Nous vivons avec l’IA et l’émergence de la conscience dans l’IA à venir créera un grand moment théologique, mais cela n’arrivera pas avant des décennies. Je n’ai pas de preuves, mais la conviction que cela arrivera.

    Vous évoquez en permanence l’émergence de la conscience dans l’Intelligence artificielle. Dans cette vision anthropocentrique de l’IA, quelle différence faites-vous entre l’IA et l’humain ?

    La conscience est un concept délicat, car nous n’avons pas de preuves de son existence en dehors de sa dimension humaine. Avec le développement de multiples IA nous aurons un vocabulaire plus étendu pour définir ce qu’est la conscience. Ce faisant, nous serons à même d’établir une sorte de graduation de types de conscience tout en établissant un continuum. Nous verrons alors qu’elle est composée de multiples composantes avec différents types de conscience. Il est difficile de catégoriser la conscience, mais ce ne sera bientôt plus le cas. Aujourd’hui cela n’est pas possible parce que nous n’avons qu’un seul exemple, le nôtre. Quand nous arriverons à faire la distinction entre toutes ces consciences, alors nous pourrons dire ce qui différencie l’humain et l’IA. À ce jour nous sommes trop ignorants sur cette question.

    Pour continuer sur l’IA, vous avez évoqué un réseau d’IA. Et en restant dans la dimension métaphysique, pourrions-nous faire un parallèle entre la notion de synchronicité entendue comme une sorte de méta-réseau humain, une sorte de cloud des consciences de l’humanité et ce que l’on tente de réaliser avec l’IA ?

    Votre intuition est correcte et je pense absolument comme vous. Mais je n’ai aucun insight sur ce qui arrivera le jour où ce sera le cas. Je pense que nous aurons des surprises. Par ailleurs, nous sommes sur le chemin pour connecter tous les humains et tous les IA et les fédérer en une seule machine, une sorte de super organisme. C’est une évidence. Mais ce jour-là, de nombreuses choses inattendues arriveront.

    Dont la fusion entre l’homme et la machine, inspirée par la science-fiction et les adeptes du transhumanisme ?

    Cela arrivera bien sûr. Là aussi c’est une évidence et cela donner naissance à une nouvelle catégorie d’humains. Il y aura des « Amish », qui ne voudront jamais fusionner avec la machine et d’autres catégories d’humains. En fait, nous allons vers la création de nouvelles espèces d’humains, certains qui resteront à l’état « naturel », et d’autres qui voudront réellement fusionner avec elle et poursuivre leur rêve de fusion. Il y a de multiples options et cela donnera naissance à de multiples conflits. Les enfants d’Amish désireux de vouloir fusionner avec la machine, seront-ils autorisés à le faire ? Il y aura de nombreux problèmes sociaux qui naîtront de ces situations. Pour moi il est assez clair que nous allons multiplier les options.

    Vous avez publié il y a quelques années un livre recensant de nombreux outils. Aujourd’hui un site, baptisé « Cool tools », sur le même sujet. Vous semblez avoir une véritable obsession pour les outils ?

    Absolument. Les outils dirigent la science. Archimède a dit « donnez-moi un levier et je soulève le monde. » Les outils vous donnent un énorme pouvoir de changer le monde. Souvent, un outil existe et peut améliorer la vie de quelqu’un, mais, faute de le connaître cette personne n’en a pas conscience. C’est pour cela que je suis vraiment intéressé par l’expansion de Cool tools. Même si vous ne possédez pas l’outil, le seul fait de savoir qu’il existe peut donner l’idée d’une solution que vous n’auriez jamais eue avant. Le concept, l’idée d’un outil peut être très puissante. Les outils sont des leviers accessibles à tout le monde pour réaliser quelque chose de remarquable. Aujourd’hui ils sont nombreux, moins chers, variés et il y a tant de possibilités offertes… reste le problème de la connaissance de ces outils, il y en a tant. Mon rôle est donner un accès aussi facile que possible à cette connaissance.

    Si on poursuit dans la veine de l’IA, les outils peuvent-ils avoir une conscience ?

    Les esclaves étaient des outils et utilisés comme tels. Pour beaucoup ce n’étaient pas des humains. La question est, traiterons-nous les robots comme des esclaves ? Je ne sais pas encore. IL est possible qu’au fur et mesure qu’ils gagneront en conscience nous pourrons changer notre relation avec eux. Nous pouvons décider de les utiliser comme des outils, le resteront-ils ? Je ne sais pas.

    Le progrès accélère de manière exponentielle. L’écart entre le progrès et ce que nous pouvons absorber en termes d’éthique, d’usages, de régulation n’est-il pas trop grand ?

    Pour la première fois dans l’histoire, avec l’IA, nous explorons une technologie et ses possibles conséquences avant qu’elle n’advienne. Je n’ai pas d’autres exemples. Nous ne l’avons pas fait avec le téléphone ou le plastique. Penser avant une chose avant son existence est sans doute la marque que nous changeons d’époque et que nous entrons dans une nouvelle ère historique. Si vous prenez CRISP-R, difficile de ne pas se référer aux écrits apocalyptiques de science-fiction. Toutefois, je pense que nous avons tort de mettre toutes ces préventions. Certes il faut encadrer le progrès, c’est vital, mais réguler trop tôt est un désastre. Nous devons laisser les choses advenir et agir au regard de ce qu’il se passe. Nous devons être plus à l’aise avec l’absence de régulation, qui peut tourner à notre désavantage.

    Vos propos affichent des similarités avec le mouvement transhumaniste. Adhérez-vous à cette idéologie ?

     Je suis un transhumaniste dans un certain sens. Je crois que de nouvelles formes d’humanités vont advenir. Mais je ne suis pas dans ce mouvement de la singularité porté par Rau Kurzweil. La singulaire est un mythe. Un mythe utile, mais je ne crois pas que cela soit vrai. À bien des égards la singularité est contreproductive. Je suis un transhumaniste soft, pas un radical.

    Propos recueillis par Fabrice Frossard, Journaliste

    A lire : « The Inevitable » : understanding the 12 technological forces that will shape our future.

    En savoir plus sur le blog USI 

  • Le futur de la technologie pour les humains par les humains

    La vision technologique 2017 d’Accenture prévoit un futur de la technologie pour les humains, par les humains

    L’accélération du développement des technologies centrées sur l’homme dans les domaines de l’intelligence artificielle, des écosystèmes numériques et des places de marché donnera le pouvoir aux hommes et conduira à des transformations de l’entreprise et de la société 

    Ce sont les hommes qui détiennent le pouvoir de façonner et d’utiliser la technologie pour innover utilement, améliorer la vie quotidienne, transformer l’entreprise et la société. C’est le message de la vision technologique 2017 d’Accenture, le rapport annuel dédié aux technologies d’Accenture, qui anticipe les principales tendances technologiques qui transformeront l’entreprise et ses activités d’ici 2020.

    Le thème du rapport de cette année, « Technology for People » (la technologie pour les humains), invite les dirigeants économiques et technologiques à concevoir et utiliser la technologie pour augmenter et amplifier les capacités humaines. Le rapport indique que nous commençons à voir émerger des technologies faites pour les hommes et par les hommes, c’est-à-dire des technologies qui anticipent nos besoins et nous offrent des expériences hyper-personnalisées.

    « Le rythme des changements technologiques est extraordinaire et génère les avancées les plus considérables depuis les débuts de l’informatique », affirme Marc Bousquet, directeur d’Accenture Technology en France. « Parce que la technologie transforme notre façon de travailler et de vivre, elle soulève d’importantes questions sociétales et crée de nouvelles opportunités. Au final, les changements qui impacteront nos vies dépendent des hommes, et nous sommes convaincus que les dirigeants, réactifs et responsables, s’assureront de l’impact positif de ces nouvelles technologies. »

    Pour ce rapport, Accenture a interrogé plus de 5 400 cadres dirigeants (métiers et informatiques) dans le monde. Près de 9 répondants sur 10 (86 %) indiquent que si les technologies individuelles progressent rapidement, c’est leur effet multiplicateur qui crée de véritables innovations.

    La vision technologique 2017 montre comment, grâce aux progrès de l’intelligence artificielle, de l’Internet des objets et du Big Data, nous pouvons désormais concevoir des technologies proches de la pensée humaine, capables d’anticiper nos désirs et nos besoins. Cette approche technologique centrée sur l’homme est fructueuse pour les entreprises, qui passeront du statut de fournisseur à celui de partenaire, tout en transformant leur organisation interne.

    L’entreprise CVS Health illustre l’adoption d’une approche centrée sur l’homme, en l’occurrence pour améliorer les soins de santé. Son application mobile compatible avec les montres intelligentes (smartwatch) permet aux utilisateurs de paramétrer des rappels personnalisés pour la prise de médicaments, de prendre des photos de leurs ordonnances pour les renouveler, et de scanner leur carte d’assurance maladie pour présenter des informations à jour aux pharmaciens. Dans un secteur longtemps connu pour des interactions impersonnelles et des temps d’attente insupportables, des entreprises comme CVS Health permettent aux individus de prendre la main sur leur santé tout en renforçant la relation patient-médecin.

    La vision technologique identifie cinq tendances émergentes essentielles au succès dans l’économie numérique d’aujourd’hui :

    • L’IA, une nouvelle identité. L’intelligence artificielle (IA) prend son envol. Elle traite les grands comme les petits problèmes en rendant les interactions simples et intelligentes. L’IA devient la nouvelle interface utilisateur (IU), sur laquelle s’appuient les transactions et les interactions avec les systèmes. 79 % des personnes interrogées considèrent que l’IA révolutionnera la façon dont les entreprises collectent l’information et interagissent avec leurs clients.
    • La technologie conçue pour l’homme. La technologie est conçue par des humains, pour des humains. Elle s’adapte à la manière dont nous nous comportons et apprend de nous pour améliorer et enrichir nos vies. 80 % des cadres interrogés pensent que les entreprises doivent non seulement comprendre la situation actuelle de leurs utilisateurs mais aussi la direction qu’ils souhaitent prendre, et mettre la technologie au service de ces projets.
    • Les écosystèmes, ces macrocosmes. Les entreprises-plateformes offrant un point d’accès unique à de multiples services ont bouleversé les règles de fonctionnement et de concurrence des entreprises. Pour prendre l’avantage dans cette nouvelle ère de l’intelligence, les entreprises n’ont pas seulement besoin d’une stratégie de plateforme mais aussi d’une approche par écosystème. Plus d’un quart (27 %) des cadres interrogés indiquent que les écosystèmes numériques transforment déjà l’activité de leur entreprise et leur manière de créer de la valeur.
    • La synergie des talents.Les plateformes de travail dédiées aux travailleurs indépendants (freelances) et aux solutions de gestion du travail en ligne se multiplient.  De grandes entreprises font disparaitre les hiérarchies traditionnelles et les remplacent par des marchés de talents, entrainant une transformation économique sans précédent depuis la Révolution industrielle. Et de fait, 85 % des cadres interrogés prévoient d’augmenter l’utilisation par leur entreprise de travailleurs indépendants au cours de l’année prochaine.
    • Des territoires à explorer. Pour réussir dans l’économie numérique d’aujourd’hui, fondée sur les écosystèmes, les entreprises doivent s’aventurer en terre inconnue. Au lieu de se concentrer exclusivement sur le lancement de nouveaux produits et services, elles doivent voir plus grand et saisir les opportunités d’établir des règles et des normes dans de nouveaux secteurs. Et en effet : 74 % des cadres interrogés indiquent que leur entreprise prend pied dans des secteurs numériques entièrement nouveaux et encore à définir.

    Depuis près de 17 ans, Accenture analyse de façon systématique le paysage de l’entreprise pour identifier les tendances émergentes dans les technologies les plus susceptibles de modifier les entreprises et les secteurs. Pour plus d’informations sur le rapport de cette année, consultezwww.accenture.com/technologyvision ou suivez la conversation sur Twitter avec #TechVision2017.

     

  • Evolution et enjeux des métiers RH

    Etude « Evolution et enjeux des Métiers des RH

    présentée à l’occasion du Salon Solutions Ressources Humaines à Lyon le 14 Novembre Team Metrics by Opinion Way 

     Dans quelle mesure la fonction RH est-elle associée à la stratégie de l’entreprise ? – Quelles qualités un RH doit-il avoir pour accompagner la transformation digitale et humaine des entreprises ? Les moyens mis à la disposition des RH sont-ils à la hauteur pour relever ces enjeux de transformation ?

     Principaux enseignements de l’enquête

    • Imaginer l’avenir pour piloter l’évolution de l’entreprise : une qualité devenue fondamentale pour les DRH
      • La qualité que les DRH jugent aujourd’hui la plus importante dans leur métier est la vision stratégique (79%), devant l’écoute (69%), l’adaptabilité (48%) et le leadership (44%). La primauté de la vision stratégique sur toutes les autres qualités est encore plus nette lorsque l’on s’intéresse à l’ordre de citation des réponses : 33% en font « LA » qualité première d’un bon DRH loin devant les autres qualités énoncées.
      • Et à les écouter, l’évolution semble aller plutôt dans le bon sens : 68% des RH interrogés estiment en effet que la fonction RH est de plus en plus associée à la stratégie de l’entreprise, 18% pensent qu’elle l’est autant qu’avant et 13% qu’elle l’est de moins en moins.
    • Une vision stratégique indispensable pour accompagner la transformation digitale et humaine de l’entreprise
      • Les DRH en sont convaincus : la transformation digitale et la gestion des talents sont deux enjeux prioritaires pour la fonction RH et plus globalement pour l’entreprise.
        • Les ¾ des RH interrogés estiment que la digitalisation est prioritaire pour leur entreprise (74%) et qu’elle va révolutionner les pratiques en matière d’accompagnement (77%).
        • Ils sont en encore plus nombreux à faire de la gestion des talents une priorité (80%) et à considérer qu’il s’agit à la fois d’un vrai levier de croissance pour leur entreprise (89%) et d’un moyen de fidéliser les salariés (82%).
    • Relever le défi des compétences et de l’évolution des métiers
      • Dans un monde en pleine transformation, les personnes interrogées estiment en effet que le rôle du DRH aujourd’hui est avant tout de « prévenir et assurer les évolutions des métiers et des compétences » (50%).
      • De ce point de vue, les priorités identifiées par les RH en matière de gestion des talents ciblent en premier les collaborateurs déjà en poste à travers à travers la gestion des compétences, les carrières, la mobilité et la formation. Le recrutement et l’intégration sont également cités, mais n’apparaissent pas en haut de tableau.
    • Mais des RH rattrapés par la réalité et des moyens qui ne sont pas aujourd’hui à la hauteur des enjeux
      • Si les enjeux de l’accompagnement humain des transformations ne font plus guère de doutes pour les RH, la confrontation à la réalité reste source de difficultés pour nombre d’entre eux :
        • Moins de la moitié des RH interrogés estiment avoir les moyens de développer la digitalisation dans l’entreprise (46%) et pouvoir accompagner tous les métiers vers la digitalisation (45%)
        • Seuls 50% déclarent par ailleurs disposer des moyens nécessaires pour détecter et accompagner les talents
      • Plus globalement, plus de 1 RH sur 4 ne se sent pas suffisamment formé pour accompagner l’évolution de son métier et plus de la moitié estime que la fonction de DRH n’est pas reconnue à sa juste valeur dans l’entreprise. Des réponses qui reflètent avant tout les fortes attentes des RH pour relever les (nombreux) défis de la fonction!

    Méthodologie d’enquête

    Enquête réalisée par OpinionWay pour TEAM-metrics et le Salon Solutions RH de Lyon auprès d’un échantillon de 208 responsables RH. L’échantillon a été interrogé en ligne sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview). Le terrain a été réalisé du 23 septembre au 26 octobre 2016. Les résultats de ce sondage doivent être lus en tenant compte des marges d’incertitude : 6 à 7 points au plus pour un échantillon de 200 répondants.

    OpinionWay a réalisé cette enquête en appliquant les procédures et règles de la norme ISO 20252.

  • Quand le marketing devient un catalyseur de la transformation des entreprises ….

    Marketing Meetings Cannes 2016
    La vision des marketers 

    Du 8 au 10 Novembre, s’est déroulé à Cannes CRM Meetings et Marketing Meetings organisé par WeYou (anciennement Tarsus)
    L’événement qui a réuni plus de 400 top décideurs du marketing et de la relation client a permis de poser des questions de fond lors des conférences plénières.
    La conférence d’ouverture était dédiée à la vision des marketers sur leur métier.
    Plus les technologies évoluent, plus le rôle du marketeur doit se réinventer.
    Quels en sont les nouveaux enjeux, leurs attentes, leurs visions du marché et les perspectives ?

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    Tribune de Nelly Brossard,
    Directrice marketing et Digital Factory MAIF

     

     

     

    Nous vivons dans un monde digital, avec des consommateurs digitalisés. L’économie mondiale accélère sa mue digitale à une vitesse fulgurante et exponentielle (développement de l’intelligence artificielle, de la robotisation, de l’analyse de la donnée, des objets connectés et notamment du véhicule autonome….).

    L’ubérisation est présente sur tous les secteurs et pans de l’économie.

    Chaque acteur du marché doit repenser et réinventer  son métier, son rapport à ses clients, à ses salariés et surtout son business model. Et chacun doit engager sa  transformation profonde sous peine de disparaître …

    Le digital agit sur l’interaction avec le client final et sur la possibilité des modes de travail différents au sein des entreprises. Il a un impact sur les comportements des consommateurs : attentes de personnalisation, de simplicité, de proximité, hyper-connectés,  mobiles,  informés, ubiquitaires; par ailleurs les consommateurs privilégient de plus en plus l’usage à la possession, et ils cherchent à consommer mieux…
    En bref, des consommateurs digitalisés, hyper-connectés, informés,  mobiles et ubiquitaires.

    Trois piliers sont au cœur de cette transformation en cours : la culture, l’expérience utilisateur, la donnée

    La culture. Il est clé d’installer une nouvelle culture de l’innovation, de la collaboration, de la coopération, de l’agilité, de faire évoluer les fonctionnements et aussi d’acquérir de nouvelles compétences et savoirs. Elle constitue le socle.

    L’expérience utilisateur (UX). Il est crucial de partir des besoins des utilisateurs, le design devient un sujet au cœur pour offrir une expérience simple, addictive et de qualité.

    La donnée. Il est nécessaire de se mettre en capacité de les collecter, les comprendre et exploiter, avec une utilisation éthique de ces données. La donnée nourrit fortement la qualité de l’expérience.

    Avec cette transformation des entreprises et des consommateurs, un rôle croissant du marketing qui doit se réinventer,

    Le marketing est au centre de la transformation des entreprises  et joue un rôle croissant, il étend sa fonction bien au-delà de son périmètre « classique ». En effet, avec ces évolutions la fonction marketing est pleinement au cœur de la compréhension du consommateur, des parcours et expériences, de la relation clients, de la donnée, de la création et de l’évolution des offres et services. Le marketing agit à la fois comme  un catalyseur de ces transformations pour l’entreprise et un facilitateur en apportant des expertises, des outils, du lien et une vision globale de l’expérience harmonieuse…

    Et, face à un monde qui a changé, face à des consommateurs digitalisés, le marketing se réinvente afin de réussir la transformation digitale : marketing de la relation continue, marketing collaboratif et co-créatif avec les clients, marketing de l’expérience aux différents points de contacts, marketing ultra coopératif avec l’ensemble des acteurs de l’entreprise… Une  mutation qui n’est évidemment pas si simple à mettre en œuvre …

    Le marketing se réinvente sur les 3 piliers :

    Culture : installer une nouvelle culture de travail et de l’innovation, de l’agilité, du time to market court, de l’amélioration continue, de la collaboration et de la coopération transverses dans l’entreprise, casser les silos, repartir de la feuille blanche et savoir se remettre en cause …

    Expérience : dépasser les frontières organisationnelles pour piloter l’ensemble de l’expérience client. Le marketing est l’architecte du parcours client de bout en bout. Il permet d’harmoniser les objectifs pour une expérience de marque et une expérience client unifiées sur l’ensemble des points de contacts avec les consommateurs. Il est le garant d’une expérience harmonieuse et globale et s’attache à délivrer la meilleure expérience de marque (offre et services, communication, de l’offre, distribution) et la meilleure expérience client (relation).

    Donnée : mieux connaitre et comprendre le consommateur et le client, réaliser de l’intelligence marketing à partir de la donnée, adapter la relation, l’expérience client et les produits et les services proposés… La donnée, est devenue en quelque sorte l’âme du digital. La performance et la qualité de l’expérience fournie par chacun des points de contacts est mesurée.

    D’un marketing du produit à un marketing de la relation et de l’expérience

    Le marketing est passé du produit à la relation client : moins de produit, plus d’expérience et d’humain et de relation. Un marketing de la relation qui n’est plus ponctuel, mais continu et qui démarre en amont de la vente et se poursuit bien au-delà. Ce marketing continu allie le fonctionnel au symbolique. Il s’agit de  proposer une « expérience totale », à tous les points de contacts entre la marque et les consommateurs.  Le marketing associe les produits et services à une véritable expérience à valeur pour le client… La notion d’expérience voit son rôle s’élargir. Le consommateur co-construit les offres, il participe à l’amélioration des offres et services. Il ajoute aussi une dimension complémentaire pour effectuer son choix, celle des valeurs environnementales et sociétales des marques : un marketing créateur de valeur pour le client, pour l’entreprise et pour la société au sens large.

    Les compétences clés des hommes et femmes de marketing

     Il est nécessaire d’être agile, proactif, ouvert, polyvalent, de penser autrement, et de continuer à se réinventer en permanence…

     Le marketing joue un rôle primordial dans la transformation des entreprises.
    Il définit une vision commune en termes d’expérience de marque et d’expérience client et il fait adhérer à la vision centrée sur les consommateurs. Il agit à la fois comme un catalyseur de ces transformations pour l’entreprise et un facilitateur en apportant des expertises,  des outils et du lien….

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Quelle est la vision des marqueteurs en 2016

    Synthèse de l’enquête menée lors de 7ème édition du Forum CMIT : Être marketeur en 2016 ?

    A l’occasion de la 7ème édition du Forum du CMIT (Le Club des Directeurs marketing et communication de l’IT) qui s’est tenue à la Maison de la Chimie le 1er avril 2016, les marketeurs B2B se sont prêtés au jeu d’une enquête live sur les nouveaux enjeux, leurs attentes, leur vision du marché et les perspectives.

     La fonction du responsable marketing est en pleine évolution

    « Le métier du Marketeur change, il n’est plus envisageable de pratiquer ce métier sans parler de digitalisation. La révolution digitale est une formidable opportunité de transformation pour les entreprises. Il est donc primordial dans ce nouveau contexte d’intégrer de nouvelles réflexions et de nouveaux outils plus adaptés à cet environnement en mutation. Plus les technologies évoluent, plus le rôle du marketeur doit se réiventer » explique Michel Mariet, Director Marketing Alliances & Channels Europe EMEA Oracle, et Président du CMIT / @MichelMariet.

    Cette infographie traite de ces nouvelles préocupations de l’évolution du métier des Directeurs Makerting, leurs attentes et leurs besoins.

    « Le CMIT souhaitait donner la parole aux directeurs marketing IT, avec 150 à 230 répondants selon la question, cette infographie résume les résultats de l’enquête live, et pointe un état de la transformation numérique au sein des fonctions marketing. Elle reflète aussi la maturité d’adoption des nouveaux outils à leur disposition : marketing automation, content marketing, ABM, DMP …) » explique Jean-Denis Garo, Director of Marketing Southern Europe & North Africa Mitel, et Vice-président du CMIT / @JeanDenisG.

    A la question 2 :  Quel est l’évolution de votre budget marketing en 2016 ? Les réponses sont partagées puisque nous constatons que 36% ont répondu qu’il resterait stable, tandis que32% déclarent qu’il sera en hausse et32% en baisse.

    A la question 3 : Quelle est votre attitude par rapport aux solutions Marketing Cloud ? Les solutions Marketing Cloud font parties des priorités des marketeurs depuis déjà un certain temps puisque 27% ont déjà déployé ce type de solutions, 26% les ont adoptées ponctuellement, tandis que 28% utilisent des solutions standards et 19% n’ont pas du tout adapté de solutions de ce type pour le moment.

    A la question 4 : Quels sont vos usages de plateformes de Marketing Automation ?

    Les outils d’automatisation commencent à être bien ancrés dans les outils du marketeurs puisque 51% d’entre eux l’ont déjà intégré dans leur démarche marketing, 23% l’expérimentent de façon ponctuelle, 8% les utilisent via un prestataire et 8% ont planifié une acquisition. Seuls 11% d’entre eux n’envisagent pas l’outil pour le moment.

    A la question 5 : Faut-il investir dans une DMP (Data Management Platform) ?

    Les outils de gestion des données sont encore en phase de déploiement progressif puisque 28% des sondés affirment les utiliser actuellement et 33% envisagent d’étudier la question. Il demeure néanmoins une problématique de compréhension de l’outil puisque 34% des marketeurs ne parviennent pas à le définir.

    A la question 6 : Le Marketing doit-il piloter l’ABM (Account Based Marketing) ?

    Sur cette question, 52% des marketeurs pensent qu’il s’agit d’un sujet devant être géré de façon égale par les services marketing et commercial tandis que 31% le considèrent comme une chasse gardée du marketing et seulement 2% comme ne relevant pas de leurs fonctions.

     A la question 7 : Le Social Selling est-il mature ?

    Constat similaire pour le Social Selling qui est arrivé à maturité pour 15% des personnes interrogées et en cours de mise en place plus ou moins avancé pour 47% d’entre eux. Si la compréhension de la méthode est claire pour la grande majorité des marketeurs (8% ne savent pas la définir), ils sont encore 31% à ne pas du tout l’avoir intégrée dans leur démarche.

    A la question 8 : Le marketing doit-il s’appuyer sur les Etudes des Analystes (Gartner, IDC, Markess etc.) ?

    Une grande majorité (77%) des sondés déclarent devoir s’appuyer sur les études des cabinets d’analyse avec 30% d’entre eux qui en sont convaincus et 47% qui s’y sentent quelques peu obligés. Les 23% restants préfèrent ne pas prendre les études en considération.

    A la question 9 : Le Marketing Mobile est-il mature ?

    Les avis sont plus partagés sur la maturité du Marketing Mobile avec 59% des marketeurs qui conçoivent désormais le Marketing autour de la MUX (Mobile User Experience) et 40% qui ne le considèrent que comme un élément parmi d’autres dans leur Mix Communication.

    A la question 10 : La publicité a-t-elle encore un sens en B2B ?

    La publicité seule ne suffit plus aujourd’hui pour 73% des marketeurs B2B qui considèrent qu’elle doit être associée à du Content Marketing et du Nuturing par exemple. 18% pensent que le ROI de la publicité est désormais trop difficile à prouver tandis qu’ils ne sont plus que 10% à affirmer qu’elle est toujours pertinente pour le Branding.

    A la question 11 : Faut-il encore utiliser une Agence de Relations Presse pour toucher, journalistes, bloggeurs, influenceurs ?

    Les Agences de Relations Presse sont reconnues majoritairement (75%) par les marketeurs pour leur efficacité, 53% d’entre eux étant convaincus de la nécessité de les utiliser comme médiateur ou relais. 25% des sondés ne croient en revanche pas à leur action.

     

    infographie-CMIT-etre-marketeur-en-2016- 17 05 2016[1]