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  • Banking-as-a-Service  : concrètement, comment ça marche ?

    Le Banking-as-a-Service, qu’est-ce que c’est ?

    Selon Jean-François Guillaumin, Directeur Général France de Solarisbank

    Face à l’émergence de nouveaux modèles économiques bancaires et au développement de la fintech, il devient difficile de s’y retrouver.
    Le terme Banking–as–a–Service, tout particulièrement, continue d’en intriguer plus d’un. Ne vous poser plus de question !
    Voici un tour d’horizon complet à travers la jungle du jargon des nouveaux modèles bancaires !

    Premier point… le Banking-as-a-Service, qu’est-ce que c’est ?

    La meilleure façon de l’expliquer est de donner un exemple concrêt. Vous êtes le directeur d’une compagnie aérienne, êtes confrontés à une concurrence féroce et souhaitez fidéliser au maximum vos clients en leur proposant une carte de débit, par exemple, qui vous permettrait de leur attribuer des points de fidélité à chaque paiement. A chaque utilisation , vos clients entreraient en contact avec vous. De plus, en analysant leur comportement d’achat, vous pourriez mieux les comprendre et leur offrir des services plus adaptés à leurs besoin et envies !

    Et si vous aviez la capacité de leur proposer un prêt en ligne pour financer leurs billets d’avion, directement sur votre site web ? Ainsi, il finaliserait leur acquisition sans jamais interrompre leur parcours et vous pourriez augmenter les ventes et influencer directement le montant des dépenses. Un prêt représente également une relation client plus forte, avec beaucoup plus de points de contact qu’une simple transaction.

    En proposant cela, les acteurs non-bancaires peuvent améliorer l’expérience de leurs clients et donc augmenter leurs revenus. Toutefois, pour offrir ce type de prestation, les divers gouvernements exigent la détention d’une licence bancaire souvent difficile à obtenir et qui impose également des exigences en matière de capital, mais aussi une conformité à des réglementations strictes en matière de blanchiment d’argent, de secret bancaire et de protection des dépôts, pour n’en citer que quelques-unes. C’est là que le Banking–as–a–Service (BaaS) entre en jeu ! C’est est un modèle dans lequel des établissements agréés intègrent leurs services bancaires directement dans les offres de leurs clients. Ainsi, une entreprise non-bancaire peut proposer une large gamme de services tels que des comptes bancaires mobiles, des cartes de débit, des prêts et des services de paiement, sans avoir sa propre licence bancaire.

    Au moyen d’API et de webhooks, le serveur de la banque communique avec celui de l’établissement non-bancaire, ce qui permet à leurs clients d’accéder aux services instantanément sur le site Web ou l’application de celui-ci. L’acteur proposant une solution BaaS ne manipule jamais vraiment l’argent de ses clients finaux, il agit en tant qu’intermédiaire. Il n’est donc pas soumis aux obligations réglementaires des banques. Avec les services de BaaS, il est dorénavant possible pour presque toutes les entreprises de devenir fournisseur de services bancaires. Il suffit pour cela de saisir quelques lignes de code. C’est pourquoi cette technique est aussi appelée « banque en marque blanche », les services bancaires étant assurés par la marque de l’établissement non bancaire elle-même.

    Banking-as-a-Service et Open-Banking : du pareil au même ?

    Et bien non ! Même si l’Open-Banking implique également que les établissements bancaires se connectent à des entités non-bancaires via une API, les deux modèles répondent à des objectifs totalement différents. Dans les approches BaaS, les entreprises non-bancaires intègrent des services bancaires complets dans leurs propres produits. Avec l’open-banking, les entreprises non-bancaires utilisent les données de la banque pour leurs produits : elles sont alors appelées « prestataires de services tiers » (PST).

    Les applications de gestion financière sont des PST de premier plan qui bénéficient de l’open-banking. Elles regroupent les informations de l’ensemble des comptes bancaires de l’utilisateur en un seul et même outil, ce qui lui permet de mieux gérer ses finances. Grâce à cela, l’utilisateur peut atteindre ses objectifs d’épargne ou même améliorer ses habitudes de consommation. Pour recueillir ces informations, l’application doit extraire les données transactionnelles de la totalité des comptes bancaires de l’utilisateur – via une intégration API aux systèmes des banques. Cette intégration est souvent assurée par un tiers, généralement appartenant à la catégorie des plates-formes bancaires qui peuvent être considérés comme des intermédiaires reliant les banques aux PST. Elles fournissent la couche API réelle qui se trouve au-dessus du système de la banque et qui permet le flux de données entre la banque et les PST. Bien évidemment, de nombreux scénarios sont possibles. La directive européenne (DSP2) -entrée en vigueur le 15 septembre 2019-, contraint les banques à ouvrir leurs données à des prestataires de services tiers, avec l’intention de multiplier ces cas d’usage.

    Il faut garder à l’esprit que, contrairement aux fournisseurs de BaaS, les PST ne sont pas en mesure de fournir des services bancaires (tels que les prêts ou les dépôts), car ne possèdent pas eux-mêmes de licence mais réutilisent les informations des comptes existants.

    Qu’en est-il du Platform-Banking ?

    Le Platform-Banking relève d’une toute autre logique. Il s’agit de banques qui intègrent des services d’autres fintechs pour compléter leur offre existante. Ainsi, une banque peut intégrer un robo-advisor dans son application pour permettre à ses clients d’accéder à des produits d’investissement à partir du même compte que celui avec lequel ils effectuent leurs opérations bancaires quotidiennes. Le Platform-Banking peut être décrit comme l’inverse du BaaS car la banque conserve la relation client et intègre à son offre les services des fintechs. Dans le modèle BaaS, le contact client reste la responsabilité de l’acteur qui intègre les services offerts par une banque.

    Elles utilisent d’ailleurs souvent l’approche Platform–Banking comme stratégie défensive pour éviter de perdre leurs clients au profit de fintechs plus audacieuses ! Cependant, étant donné la vitesse d’évolution du monde, il ne serait pas étonnant que de nouvelles espèces apparaissent dans cette jungle bancaire !

  • Etude Criteo : les Tendances du marché M-commerce

    M-commerce : le smartphone domine le marché et continue son expansion

    Criteo (NASDAQ: CRTO), la société technologique spécialiste du marketing à la performance, publie son rapport sur le commerce mobile pour le 1er  semestre 2016. Le marché du m-commerce continue sa croissance, et son niveau de maturité ne cesse de croître, répondant ainsi aux attentes des consommateurs – notamment en matière d’expérience unifiée et continue à travers toutes leurs interactions.

    Que faut-il retenir ?

    En moyenne, les e-marchands ont vu la part de leurs transactions effectuées sur mobile progresser de 32% en un an, pour atteindre 27% au deuxième trimestre 2016.

    Les catégories Articles de Sport et Mode & Luxe occupent toujours la tête du classement en matière de e-commerce, avec des taux de croissance annuelle respectifs de 18% et 21%.

    Les smartphones représentent désormais plus de la moitié (55%) des transactions effectuées sur mobile en France, en volume. La part des transactions effectuées sur un smartphone Android a presque doublé (passant de 4,2% au second trimestre 2015 à 8,3% au second trimestre 2016), et devance désormais l’iPhone.

    La majorité des transactions mobiles s’effectue désormais sur les applications (54%), devant le web mobile (46%). Les applications affichent un taux de rétention des nouveaux utilisateurs 2 fois plus élevé, ainsi qu’un taux de conversion 3 fois plus élevé, que l’Internet mobile.

    Avec le Brésil et l’Australie, la France fait partie des pays où l’on a constaté les plus fortes croissances de la part du mobile dans les transactions. Le Japon et le Royaume-Uni ont quant à eux passé un cap et effectuent désormais plus de transactions sur mobile que sur ordinateur.

    Les pays ayant le plus fort taux de sites optimisés pour mobile présentent aussi la plus forte part des transactions effectuées sur mobile. Pour rester dans la course, il est donc indispensable d’optimiser la navigation sur son site pour utilisateurs mobiles.

    Quelques conseils pour les e-commerçants

    Plus les e-marchands font preuve de maturité dans le cadre de leur stratégie mobile, plus l’impact sur leur activité est important. Les e-marchands qui parviennent à retenir les utilisateurs et à encourager la consultation de produits génèrent 39% de conversions en plus sur navigateur mobile que les retailers dits émergents, en bas du spectre de la maturité mobile. Par ailleurs, les applications marchandes sur mobile qui maximisent la rétention des nouveaux utilisateurs et le nombre de produits consultés génèrent 90% de conversions en plus que les retailers émergents. Voici quelques conseils pour une stratégie mobile efficace :

    Encourager la découverte : les produits doivent être visibles et accessibles depuis la page d’accueil, avec la possibilité pour les utilisateurs de faire des recherches au sein des catégories proposées. Les carrousels sont un bon moyen d’afficher ces produits, à condition qu’ils ne bougent pas trop vite et ne soient pas l’unique moyen d’accéder à une page de destination (fiche produit, achat…)

    Faciliter la navigation entre les produits : les utilisateurs doivent être en mesure de consulter facilement les caractéristiques d’un produit. La fonction « sauvegarde » permet également de retrouver rapidement les produits qui ont suscité un intérêt chez le consommateur.

    Optimiser le processus d’achat : cela est possible par quelques modifications visuelles simples, telles que la mise en avant de l’option « finaliser mes achats », le rassemblement des options d’identification, l’optimisation des claviers tactiles pour certaines informations spécifiques, la désactivation de la correction automatique dans les champs d’information requis, ou encore l’affichage des options de retrait en magasin à côté des options de livraison.

    Les conclusions du rapport se basent sur l’analyse de 1,7 milliards de transactions électroniques individuelles représentant plus de 720 milliards de dollars de ventes effectuées pendant un an à l’échelle mondiale.

     

  • Se préparer au Tsunami de la Blockchain…

    Blockchain – vers une nouvelle révolution

    Par Éric Lévy-Bencheton | Blockchain Strategist – Keyrus et Frédéric Maserati | Directeur Conseil – Keyrus Management

    La Blockchain est une technologie créée avec le bitcoin, devenue la 8ème monnaie mondiale en termes d’échanges. La Blockchain porte en elle de nouvelles promesses d’innovation dans tous les secteurs, mais aussi de disruption des modèles économiques dominants. S’intéresser aujourd’hui à ses applications possibles, c’est prendre un temps d’avance sur la prochaine étape de la révolution digitale et l’avènement d’une société « horizontale », sans intermédiaires, ni autorité centralisée…

    La Blockchain est probablement appelée à révolutionner les transactions et les échanges ; au même titre qu’Internet a permis la communication pair à pair, la Blockchain assurera dans les années à venir les transactions pair à pair avec une logique décentralisée et autonome.

    Si un mystère subsiste quant à l’identité réelle des initiateurs du Bitcoin, la preuve est faite, après 7 ans d’existence, qu’il est possible de créer et de faire fonctionner dans la durée une monnaie 100% digitale en s’affranchissant du système bancaire et de toute autorité centrale. Ce tour de force a fini par attirer l’attention sur la technologie sous-jacente au Bitcoin : la fameuse « chaîne de blocs » ou Blockchain, dont le potentiel de disruption inquiète autant qu’il suscite d’intérêt et d’enthousiasme à travers le monde.

    Pour preuve l’accélération des investissements, le nombre incroyable de conférences et d’articles. Engouement grandissant depuis notamment les effets d’annonce des Gourous de l’Internet ou de la Finance aux Etats-Unis, en premier lieu Blythe Masters au board de Digital Asset Holdings, qui a entamé un cycle de conférences sur les applications de la Blockchain au monde de la finance internationale, dont les impacts sont chiffrés en milliards de dollars… c’est peu dire !

    Pensé et construit sur les cendres de la crise de 2008, le système porte dans ses gènes une philosophie de la confiance (the trust machine)1, établie par une collaboration massive entre les membres du réseau, et par des techniques avancées de cryptographie. Confiance qui devait pallier les défauts d’une finance mondiale encore en déroute.

    COMPRENDRE LES PRINCIPES DE LA BLOCKCHAIN

    Avec la Blockchain, les informations partagées entre les membres d’un réseau sont stockées sur chaque nœud de celui-ci (chaque ordinateur), au lieu de dépendre d’un point central. La validation des blocs est assurée par des moyens cryptographiques et par une logique de consensus, 51% des nœuds de la chaîne, devant approuver l’information.

    Non seulement ce registre contient à tout moment l’historique complet des transactions mais il est infalsifiable et irrévocable, du fait même des technologies d’encryptions utilisées, et de sa réplication en de multiples points. Cette description rapide permet de dégager trois apports majeurs de la Blockchain :

    –          la possibilité de limiter les intermédiaires et les tiers de confiance dans les échanges ;

    –          la possibilité de garantir la conformité, l’intégrité et la traçabilité d’une transaction ou d’une information sans recourir à une autorité supérieure/centrale ;

    –          l’absence d’infrastructure dédiée, la puissance de calcul nécessaire étant fournie par les machines des participants (nœuds) et optimisée par des algorithmes.

    Nous parlons jusqu’à maintenant de Blockchain, « au singulier » en laissant éventuellement à croire en son unicité. Or il existe de nombreuses Blockchains (celle de la Bitcoin en est une) et elles adoptent différents modèles de gouvernance et/ou de partage d’informations : Privé, Public, Mixte, Hybride.

    Une Blockchain peut porter des informations « statiques » comme des transactions d’échange de Bitcoins, mais peut aussi être le porteur de programmes auto-exécutables, appelés Smart Contracts car ils peuvent agir comme des contrats « auto-porteurs » et automatiques.

    Nous en voyons apparaître les premiers usages comme par exemple une assurance agricole liée à la météo, dont le Smart Contract ira automatiquement chercher la pluviométrie / l’ensoleillement auprès d’une source agréée par avance (météo France par exemple), et paierait le cas échéant l’indemnité convenue de manière automatique entre les partis.

    Nous parlerons aussi d’Autonomous Agent, un ensemble de Smart Contracts, et donc un programme beaucoup plus complexe. Nous y voyons la promesse de nouvelles formes d’entreprises humaines, comme des organisations décentralisées. « The DAO » (Decentralized Autonomous Organization)2 en est un des premiers exemples. La campagne de collecte de fonds réalisée sur Kickstarter pour la DAO s’est élevée à 174 millions de dollars3, ce qui en fait le projet de financement participatif le plus important qu’on ait jamais vu. La DAO peut s’apparenter à une société de financement distribuée, où ceux qui lui ont alloué des fonds peuvent décider des projets qu’ils pourront financer via des Smart contracts en échange d’un revenu sur ses investissements.

    Le 17 juin 2016, The DAO a connu un immense crash suite à une attaque informatique, le « pirate » a réussi à exploiter une faille dans le « smart contract » régissant la DAO, lui permettant de siphonner petit à petit les ethers (Token ou monnaie d’Ethereum) détenus par cette dernière. Ce ne sont pas loin de 3,6 millions d’ethers qui ont ainsi été piratés, soit plus de 30% des fonds de la DAO !4

    Nous y voyons volontiers également l’émergence de nouvelles formes d’intelligences artificielles basées sur les principes de l’IA « plantoïde »5 comme le montre l’incroyable travail de Primavera de Filippi6, chercheuse à la faculté de droit de Harvard.

    POURQUOI LA BLOCKCHAIN EST UNE RÉVOLUTION ?

    Certains y voient le moyen de passer à une économie collaborative à grande échelle et à de nouvelles formes d’exercice de la démocratie comme la nouvelle démocratie liquide ou liquid democracy7. D’autres tablent sur la promesse d’une réduction drastique des coûts de transactions grâce à l’élimination des intermédiaires ; d’autres encore y voient l’opportunité de développer des services inédits et, ce faisant, de prendre des positions dominantes sur des marchés totalement nouveaux ou existants – ce qui n’est pas sans inquiéter les acteurs en place, à juste titre… Même si cette technologie émergente, que presque personne ne comprend, reste absconse pour la plupart des gens, il faut avoir aujourd’hui le bon niveau d’abstraction pour pouvoir en parler, s’y intéresser, et commencer à imaginer les impacts sur les modèles des organisations d’aujourd’hui et de demain.

    Bien que le Bitcoin reste, à ce jour, la seule application à très grande échelle de la Blockchain, tous les observateurs s’accordent sur le caractère disruptif de cette technologie. Son irruption pourrait, selon certains, provoquer une rupture de même ampleur que le TCP/IP, le protocole à l’origine d’Internet !

    Nous sommes face à la deuxième génération de l’Internet, celle des valeurs et des transactions, là où la première génération a largement été celle de l’information et de la communication réseau. (de l’automatisation de la relation décentralisée à l’automatisation de la transaction décentralisée).

    Faut-il pour autant parler de révolution ? Outre qu’il faut beaucoup plus qu’une technologie pour faire une révolution, il est de toute façon trop tôt pour le dire. Cependant, le contexte social et économique est propice et, avec la constitution d’un écosystème très dynamique, les conditions sont réunies pour que les expérimentations se multiplient. Elles dépassent d’ores et déjà largement les moyens de paiement et même la finance, même si c’est dans ce secteur que l’on compte actuellement le plus d’initiatives et d’alliances avec des start-ups/fintechs travaillant sur la Blockchain.

    QUATRE GRANDES CATÉGORIES D’UTILISATION DE LA BLOCKCHAIN

    L’inventaire des initiatives et expérimentations en cours fait apparaître quatre grands domaines d’utilisation de la Blockchain.

    1/ La facilitation des échanges : les paiements transfrontaliers, les micro-paiements, l’échange de titres non côtés, sont les premiers cas identifiés. Nous évoquons volontiers le cas de la Banque Allemande Fidor, en association avec la start-up Ripple Labs, qui a mis en place des services de paiements et de change, à coûts extrêmement réduits pour ces clients. Deux avantages de la Blockchain sont mis en œuvre : sa rapidité et ses coûts largement optimisés. La Banque Santander prédit à ce propos une économie de 15 à 20 milliards par an pour l’industrie des services financiers, à compter de 2020.

    2/ La notarisation d’actes et de documents : la Blockchain ayant, comme nous l’avons vu, la capacité à stocker et rendre infalsifiable la preuve d’existence d’un document à une date donnée. L’Université Léonard de Vinci, à La Défense Paris, expérimente ce moyen dématérialisé pour certifier les diplômes qu’elle délivre.

    3/ L’exécution certifiée de workflows : la Blockchain permettant la publication ainsi que la vérification publique de chaque étape d’un workflow. Qu’il s’agisse d’un processus industriel de contrôle qualité ou bien encore d’un processus de logistique, la logique de trusted workflow permet tout simplement de s’assurer que toutes les parties prenantes ont participé au processus, de façon certaine, irrévocable, à la connaissance de tous, simplement et facilement, l’information étant partagée en tout point des nœuds du réseau. Des laboratoires pharmaceutiques envisagent, par exemple, d’utiliser la Blockchain pour accélérer le recueil du consentement des patients à chaque nouvelle étape d’un protocole de test et réduire ainsi les coûts et la durée des phases d’essais cliniques, sur de nouvelles molécules.

    4/ Les titres de propriété numériques : L’inscription sur le registre distribué d’une Blockchain permet d’attester la propriété d’un individu et de garder la trace de toutes les cessions d’un actif matériel ou digital. Avec l’aide de l’ONG Bitland, le gouvernement du Ghana table sur ces propriétés de la Blockchain pour mettre en place à moindre coût un cadastre officiel. Des artistes numériques commencent à l’utiliser pour authentifier leurs œuvres, en contrôler la diffusion et protéger leurs droits. Cette facette de la technologie Blockchain présente une rupture par rapport à la première génération de l’Internet qui a vu les créateurs, les ayants droits, se voir spoiler de leurs droits au profit d’acteurs comme Spotify, Apple Music … sans même évoquer les impacts du piratage.

    BLOCKCHAIN OF THINGS ET BLOCKCHAIN OF DATA

    Afin d’aller plus loin et d’ouvrir de nouvelles perspectives, avec notamment l’Internet des objets (Internet Of Things ou IoT) qui figure comme une déferlante inéluctable de nos sociétés numériques Nous pouvons évoquer divers exemples dans le B2C (traqueurs d’activité, domotique…) ou dans le B2B (capteurs de surveillance des voitures de flotte, capteurs de toutes les pièces d’un avion…), où l’IoT nécessite une capacité à effectuer chaque jour des milliards de transactions et de manière automatisée.

    L’émergence d’une Blockchain of Things, stockant toutes ces transactions, avec des Smart Contracts7 régissant les relations entre ces objets de plus en plus évolués, nous apparait comme un impératif. En fait, l’IoT donne aux objets la possibilité de réaliser directement, en toute autonomie, des transactions. Cette vision de l’IoT suppose que les objets communiquent et réalisent des transactions entre eux. L’aspect décentralisé de la Blockchain constitue le ciment permettant à ces objets de transacter entre eux, d’en garder la preuve, dans un cadre de référence (Smart Contract) préalablement défini, en toute autonomie (IA) et sécurité. L’économie digitale passant de la « plateformisation » (mettre en contact direct des personnes entre elles) à la « Blockchainisation » (mettre en contact direct des « agents » entre eux) correspond à cette révolution numérique en cours

    Dans une logique similaire, nous faisons confiance au quotidien à de nombreux organismes, qui stockent et utilisent nos données personnelles. Dans bien des cas, notre consentement éclairé n’est pas vraiment sollicité ni approuvé.

    La Blockchain of Data pourrait être une solution pour stocker nos informations individuelles, mais surtout gérer (via les mécanismes des Smart Contracts) les droits conférés et/ou délégués aux entreprises. Certaines données pourraient être gratuites sous certaines conditions, d’autres payantes à l’utilisation, enfin une dernière catégorie sur invitation uniquement.

    SE PRÉPARER AU TSUNAMI DE LA BLOCKCHAIN

    Devant le caractère universel de ces catégories, on comprend que tous les secteurs, publics et privés, sont concernés et seront touchés, d’une manière ou d’une autre, par l’adoption et la diffusion des technologies Blockchain. Le nombre de processus susceptibles d’être impactés est proprement phénoménal. Les banques ne s’y sont pas trompées. Seules ou collectivement, comme au sein de consortium R38, elles explorent et expérimentent les possibilités de la Blockchain avec un double objectif : tirer parti de ses avantages (de sécurité, de coûts et de transparence) et intégrer la logique de point à point dans leur propre modèle pour mieux résister à l’arrivée de nouveaux acteurs utilisant un modèle nativement distribué et désintermédié. Le monde de l’assurance fait de même et s’intéresse notamment aux possibilités offertes par les Smart Contracts.

    Les premiers fournisseurs de solutions pour constituer des Blockchains publiques ou privées commencent à apparaître. Les start-ups fleurissent et attirent les investisseurs. Il faut donc s’attendre à voir surgir, dans tous les secteurs, des acteurs proposant des services P2P quasiment gratuits. Disruptifs il y a 5 ans avec leurs plate-formes de mise en relation, les fleurons de l’économie dite du partage ne sont pas à l’abri : la start-up israélienne LaZooz.org et son homologue anglais Arcade City entendent bien « uberiser Uber » avec son service de covoiturage décentralisé et autogéré basé sur la Blockchain…

    Le seul moyen pour une entreprise de se préparer aux bouleversements annoncés est de s’intéresser dès maintenant à la Blockchain et à son écosystème. La première action est d’identifier les stratégies gagnantes pour accélérer ma transformation et garder ma longueur d’avance. Cela revient à se replonger dans tous les rouages de l’organisation et de sa chaîne de valeur et, en quelque sorte, à faire une mise à plat des modèles existants, avant de les re-penser à l’aune des technologies horizontales, décentralisatrices et sécurisées en mode P2P comme peut l’appeler de ses vœux Michel Bauwens9.

    L’exercice paraît complexe mais c’est le plus sûr moyen d’identifier précisément où la Blockchain peut apporter quelque chose et commencer à l’expérimenter dans une logique de Proof of Concept.

    La philosophie de cette démarche d’acculturation et d’expérimentation peut se résumer en une phrase : se « disrupter » soi-même pour ne pas subir la disruption. Internet promettait l’instantanéité, l’immédiateté et la permanence de l’information et de la communication en temps réel. La Blockchain promettra la collaboration, la transparence, la décentralisation, la sécurisation de toutes les transactions au sens large…

     

     

  • Pourquoi le m-paiement est un moteur clef du développement du e-commerce ?

    Plus du tiers des transactions en ligne dans le monde s’effectuent sur mobile

    • Pour la 1ère fois, les smartphones l’emportent sur les tablettes pour l’achat de bien physiques
    • L’iPad enregistre la plus forte valeur du panier moyen, devant les PC
    • En France, 22% des achats se font sur mobile dont 13,8% sur smartphone

    Adyen, leader international des technologies de paiement, publie aujourd’hui la dernière édition trimestrielle (septembre-décembre) de son Index des Paiements Mobiles (MPI) qui suit l’évolution des habitudes de paiement mobile pour l’ensemble des paiements traités par Adyen. L’Index des Paiements Mobiles d’Adyen indique que pour la première fois, plus du tiers (34%) des transactions en ligne sont effectuées sur un appareil mobile, contre à peine plus de 30% au trimestre précédent.

    Les moyens de paiement asiatiques, porte-étendards du passage au mobile

    Les principaux moyens de paiement issus d’Asie, JCB, UnionPay et Alipay, sont l’un des moteurs importants de l’essor du paiement mobile. JCB enregistre la plus forte part des paiements mobiles parmi tous les moyens de paiement analysés, avec 54% des paiements sur la plateforme d’Adyen effectués sur un appareil mobile, contre 47% au trimestre précédent. Alipay passe de 35% à 44% et UnionPay de 23% à 31%.

    « Le paiement mobile, qu’il soit in-app ou sur navigateur, est un moteur clef  du développement du e-commerce. Cette tendance est particulièrement visible dans l’accélération du paiement mobile pour les moyens de paiement locaux au quatre coins du monde » note Philippe de Passorio, Directeur France d’Adyen. « Le mobile est devenu aujourd’hui le moyen préféré des consommateurs pour faire leurs courses en ligne. Les moyens de paiement tels que JCB voient déjà plus de la moitié de leurs transactions basculer sur les terminaux mobiles : nous entrons véritablement dans l’ère du « mobile first » »

    En Europe, iDEAL (Pays-Bas) reste stable à 49% de paiements en ligne sur mobile, Open Invoice (Scandinavie et Allemagne) atteint 47%, Bancontact/Mr Cash (Belgique) s’élève à 39% et SEPA Direct Debit (paneuropéen) à 22% de transactions sur mobiles.

    Les smartphones dépassent les tablettes pour les achats en ligne…

    Historiquement, les consommateurs privilégiaient les tablettes aux smartphones pour leurs achats. Pour la première fois, l’Index montre que les smartphones ont dépassé les tablettes comme outils d’achat en ligne : 17,5% de transactions sur smartphone contre 16% sur tablette (14% et 17% respectivement au trimestre précédent). Concernant les produits numériques, 29% sont achetés sur smartphone et 7% sur tablette, à peu près comme au trimestre précédent.

    … et l’emportent sur les tablettes en part des paiements mobiles dans le monde
    Les smartphones poursuivent leur conquête du paiement mobile comparé aux tablettes en volume des transactions, augmentant leur part de 2% en un trimestre (à 68%) au détriment des tablettes (32%). Cette tendance se poursuit depuis dix trimestres consécutifs.

    Sur le plan régional, l’utilisation des smartphones dépasse de loin celle des tablettes en Asie (29,5% des paiements en ligne contre 4,5%). L’Europe et les Etats-Unis enregistrent des tendances similaires, mais moins prononcées : 23% des paiements en ligne sur smartphone et 11% sur tablette en Europe ; 23% et 8% respectivement aux Etats-Unis. En France, 13,8% des achats se font sur smartphone contre 8,2% sur tablette.

    L’iPad en tête pour la valeur du panier moyen
    En dépit de cet engouement croissant pour les smartphones en volume de transactions, dans toutes les zones géographiques et pour tous les secteurs du commerce de détail étudiés, la tablette prend la tête en ce qui concerne la valeur du panier moyen. En effet, pour la première fois, l’iPad mène le jeu à 107 dollars, devançant non seulement les smartphones mais aussi les PC de bureau et portables, les leaders historiques, qui plafonnent à 106 dollars. Suivent les tablettes Android (86 dollars), l’iPhone (83 dollars) et les smartphones Android (73 dollars).

    Le Royaume-Uni tutoie les 50% de transactions mobiles
    En termes de marchés, le Royaume-Uni caracole toujours en tête en matière d’adoption du paiement mobile, avec 49% de transactions en ligne effectuées sur un terminal mobile (dont plus de 34% sur smartphone). Parmi les autres leaders du paiement mobile, les Pays-Bas atteignent 35% (dont 23% sur smartphone) et la Suède 32% (25% sur smartphone).

    À propos de l’Index des paiements mobiles d’Adyen
    Depuis juin 2013, l’Index mondial des paiements mobiles Adyen rend compte de l’évolution rapide des paiements mobiles comme canal de vente et met en lumière les tendances du paiement mobile sur les diverses catégories d’appareil, dans différents secteurs d’activité et zones géographiques. Il s’appuie sur les chiffres des transactions de paiement sur la plateforme d’Adyen à l’échelle mondiale et ne prend pas en compte les paiements mobiles « in-app ». Pour consulter les éditions précédentes, rendez-vous sur le site d’Adyen.

  • Achats de Noël sur Internet : les ventes online s’essoufflent

     

    Achats de Noël sur Internet

     Les e-commerçants s’engagent sur la livraison à la dernière minute… pourtant les ventes online s’essoufflent (source WL PANEL) 

    Si le volume des transactions en ligne avait bondi de 58% entre le 3ème  weekend de novembre et le 1er de décembre, la courbe s’est très rapidement inversée. Lors du 3ème weekend – les 19 et 20 décembre – le WL Panel a constaté une baisse des transactions de 35% (par rapport au 1er weekend de décembre) et ce malgré l’engagement des e-commerçants à assurer un acheminement des cadeaux jusqu’à la dernière minute.

    Le 1er weekend de décembre reste, encore cette année, le temps fort du e-commerce français. Les semaines suivantes, le volume des transactions émises sur Internet a largement baissé pour atteindre -35% le weekend dernier (vs 1er weekend). Pourtant, à grand renfort de campagnes publicitaires,            e-marchands et professionnels du transport et de la livraison de colis, n’ont cessé de clamer leur capacité à livrer tous les cadeaux jusqu’à la veille de Noël. Cette année et pour la première fois, La Poste, pour les aider dans cette démarche, a même expérimenté la livraison le dimanche. Malgré cela, la garantie d’une livraison express au pied du sapin n’a pas suffi pour rassurer les internautes puisque cette tendance baissière se confirme à mesure que Noël approche.

    La mode et les biens d’équipement de la maison en peine

    La baisse du volume des transactions s’est confirmée sur les deux secteurs par excellence des fêtes de fin d’année. La mode, qui perdait déjà 4% de ses volumes de transactions entre le 1er et le 2nd weekend de décembre, connaît une nouvelle baisse spectaculaire de   -27% entre le 1er et le 3ème weekend de décembre. La chute est encore plus impressionnante pour le secteur des biens d’équipement de la maison qui, après une baisse de 10% de ses volumes de transactions entre le 1er et le 2nd weekend de décembre, perd 39% entre le 1er et le 3ème weekend.

    A propos du WL Panel :

    WL Panel est un panel d’e-marchands, créé par Webloyalty. Il mesure les évolutions des volumes de transactions de 37 e-marchands parmi les leaders du e-commerce en France. Les e-marchands de WL Panel, évoluent dans les secteurs du loisirs/ticketing, de l’équipement de la maison, de la mode et du travel.