Étiquette : système d’information

  • Les APIs, le plus court chemin  vers l’hybridation du système d’information

    Les APIs, le plus court chemin 
    vers l’hybridation du système d’information

    Par Bertrand Masson, Co-Fondateur et Directeur Stratégie de Moskitos 

    A l’ère de l’innovation et de la transformation numérique, la majorité des informations vient de l’extérieur de l’entreprise : du cloud, des partenaires BtoB, des objets connectés, des applications mobiles… Le centre de gravité du système d’information bascule vers une hybridation combinant les ressources à demeure avec les sources de données dans le cloud.
    C’est là que la maîtrise des APIs, conçues pour l’interfaçage, devient indispensable.
    Dans un monde toujours plus complexe, c’est la capacité des organisations à se remettre en cause qui va assurer leur pérennité et leur croissance. Pour répondre à la demande toujours plus forte des consommateurs pour de nouveaux produits et services, les entreprises sont obligées de se réinventer, en faisant évoluer leur écosystème technologique via le Cloud, le mobile, les objets connectés et la Data.
    Appréhender cette nouvelle complexité et répondre aux exigences de flexibilité des directions métiers les oblige à repenser leur stratégie IT et à construire un système d’information hybride (« Hybrid IT »). Pour y parvenir, elles doivent pouvoir s’appuyer sur des ressources hétéroclites et ne pas se laisser prendre au piège des technologies qui ne restent qu’un moyen de gérer l’information.
    Un tournant stratégique
    Aujourd’hui, l’hybridation de l’IT revêt un caractère stratégique. De nombreux exemples (les voitures, les appareils photos, les plantes…) montrent que cette hybridation est vertueuse et accélératrice de l’innovation et de la performance. Ce nouveau système d’information étendu crée le besoin de faire cohabiter le Legacy et le Cloud, ce qui passe par de nouvelles typologies d’échanges inter-applicatifs reposant massivement sur les APIs. Ainsi, selon le cabinet d’études Gartner, d’ici à 2020, 90% des organisations utilisant des services basés sur le cloud vont opter pour une infrastructure hybride, basée en partie sur les APIs.
    L’hybridation semble donc être la solution adaptée pour de nombreuses organisations qui veulent tirer parti du meilleur des deux mondes : le Cloud public pour sa flexibilité, sa mise en place rapide, sa capacité à accélérer le développement et l’expérimentation. Le Cloud privé pour la garantie de contrat de service et le contrôle total des données.
    Pas d’Hybrid IT sans APIs
    Une informatique orientée APIs est un prérequis à la mise en œuvre d’une IT hybride. Sous l’effet de la bascule de son centre de gravité, le SI et son architecture doivent en effet s’ouvrir vers l’extérieur, en mode self-service et en toute sécurité. C’est dans ce contexte qu’interviennent les APIs, conçues pour permettre l’interfaçage à une source de données ou à une application, simplement et rapidement, afin de composer les informations et créer des services et applicatifs innovants.
    Ainsi donc, toutes les nouvelles applications mises en œuvre, qu’elles soient déployées on-premise ou dans le Cloud devront être interopérables et permettre une intégration sans couture et sécurisée au patrimoine applicatif existant. Ce qui pourra s’effectuer via un set plus ou moins complexe d’APIs dont la documentation sera publique et normalisée, afin de rendre simple l’utilisation en mode self-service par les communautés de développement.
    Les étapes clés pour démarrer
    Avant de se lancer, il est important de se poser quelques questions préalables à la définition d’une stratégie adaptée au contexte propre à l’entreprise :
    • Comment assurer la continuité des services et de l’activité pendant l’ouverture du système d’information à de nouvelles pratiques basées sur les APIs ? 
    • Quels ratios appliquer entre Legacy, Cloud public et Cloud privé ?
    • Comment organiser la transformation en interne entre l’IT et les métiers ? 
    • Comment assurer la conduite du changement ? 
    • Comment s’assurer de la sécurité et de la disponibilité de la Data ? 
    • A-t-on toutes les compétences nécessaires en interne ? 
    • Comment éviter l’« effet spaghetti » bien connu dans les anciennes infrastructures IT ? 
    • Comment gérer la complexité du SI ?
    • Quid de la souveraineté et de la localisation de la Data ?
    Une fois ces éléments abordés, pour démarrer la construction de sa stratégie hybride en mettant toutes les chances de son côté, il est conseillé de passer par trois étapes simples et progressives :
    • Réaliser un audit du patrimoine informatique : inventorier les applications qui restent utiles, celles qui sont arrivées en fin de vie et doivent être dé-commissionnées. Définir quelle stratégie d’hébergement permettra de répondre efficacement aux besoins des métiers.
    • Cartographier et catégoriser la Data selon 3 groupes : les données privées connues uniquement par les collaborateurs de l’entreprise, les données partagées avec une communauté de partenaires et des applications connues, et enfin les données publiques. La catégorie à laquelle appartient une donnée et sa criticité permettra de décider la meilleure stratégie de stockage.
    • Décliner les objectifs des directions métiers en un plan d’action « Hybrid IT » permettant de garantir la cohérence architecturale du SI et une qualité de service identique durant la phase de transformation des entités business, qui entrainera la multiplication des partenariats avec des sources de données et applications externes et la création de nouvelles couches de services sur systèmes existants.
    L’hybrid IT, étape vers la monétisation de la donnée
    Il existe de nombreuses entreprises à avoir lancé des initiatives APIs pour partager en toute sécurité leur patrimoine Data afin d’innover, élargir leur écosystème et améliorer l’expérience utilisateur. Ce ne sont là que les premières étapes d’un mouvement de transformation plus important : la monétisation des APIs. 
    Un bon exemple est le site américain Cookpad, qui contrairement à son équivalent français Marmiton, ne valorise pas son contenu de recettes de cuisine via un magazine papier et ne développe pas son audience par la publicité. L’entreprise a choisi d’enrichir son contenu via un réseau ouvert avec ses APIs et de proposer aux restaurants et à la grande distribution d’adapter leurs recettes et leurs offres, en se servant des tendances d’utilisation des produits constatés sur  le site Cookpad. Des données qui génèrent de la valeur et qui sont en train de devenir la source principale de revenus pour l’entreprise.
    L’hybridation de l’IT est donc la première étape de la transformation numérique : adopter une stratégie d’APIs permet de devenir rapidement une entreprise « API & Data-Driven », avec  une première porte ouverte sur l’économie des APIs.
  • De l’intérêt de mettre le client au cœur de toutes les décisions des DSI

    Comment développer son infrastructure informatique en fonction des besoins des clients ?

    Par Nigel Moulton, Directeur technique, EMEA – VCE

    Les directions informatiques devraient mettre le client au cœur de toutes leurs décisions.

    Forrester les prévenait il y a 2 ans déjà, du fait que l’expérience client allait devenir leur priorité absolue[1]. Aujourd’hui, les trois quarts des dirigeants d’entreprise sont d’accord sur ce point[2], mais les directeurs informatiques n’en sont que partiellement convaincus, toujours préoccupes par les sujets d’analytique et de cybersécurité[3].

    Dans un monde de plus en plus numérisé, la technologie est le moteur de l’expérience client. Les opportunités ainsi créées pour l’informatique sont immenses, mais les risques le sont tout autant, si l’informatique ne parvient pas à s’adapter.

    La nécessaire adaptation aux évolutions du comportement des consommateurs 

    Améliorer l’expérience client vise uniquement à simplifier les interactions commerciales entre l’entreprise et sa cible et à donner à cette cible le sentiment de lui délivrer de la valeur et des avantages. Ces interactions s’effectuent de plus en plus par l’intermédiaire d’appareils mobiles. Une récente étude[4] de Kleiner Perkins Caufield & Byers souligne combien l’utilisation des appareils mobiles par les consommateurs atteint aujourd’hui un sommet. Plus de la moitié (51 %) des engagements en ligne s’effectuent à présent via un appareil mobile, soit plus qu’avec des ordinateurs de bureau traditionnels (42 %).

    Atteindre ce nouveau type de consommateurs nécessite tout un ensemble de solutions technologiques, en particulier des sites Web, du e-commerce et des plateformes de transaction optimisées pour les utilisateurs d’Android et d’Apple iOS compatibles avec leurs applications mobiles favorites. Vient ensuite le besoin de processus métiers optimisés et intégrés tels que les CRM, les catalogues produits, la logistique et la gestion de la chaîne d’approvisionnement.

    Sans oublier les données. Des quantités de données. Il y a les données des clients, structurées et non structurées, qui reflètent chaque interaction, sur chaque plateforme, sur chaque appareil. Il y a les données financières, de stock et d’approvisionnement ; et pour certains, il y a également des données utilisateur-machine comme dans la santé et le bien-être. Toutes ces données doivent être capturées, traitées, stockées, gérées et analysées, tout en se conformant aux différentes lois concernant la protection des données personnelles.

    La prévision de ce que les consommateurs vont vouloir demain

    En outre, cet environnement n’est pas statique. Ce que veulent les consommateurs aujourd’hui permet déjà d’imaginer ce qu’ils voudront demain. Ainsi, améliorer l’expérience du consommateur c’est bien sûr les satisfaire aujourd’hui, mais aussi prévoir ce qu’il vont vouloir prochainement pour être capable de s’adapter pour y répondre rapidement ,

    Sans informatique efficace, tout cela serait voué à l’échec.

    L’informatique devrait prospérer dans ce contexte, et pourtant, dans de nombreuses entreprises, le service informatique est plutôt vu comme un obstacle que comme un moteur. Une récente étude[5]a montré que 44 % des entreprises considèrent comme très frustrant que les services informatiques aient le contrôle du Big Data. Ce chiffre atteint 55 % pour les entreprises en contact direct avec les consommateurs. Une autre étude[6] a montré que 54 % des chefs d’entreprises voient l’informatique comme un obstacle au bon déroulement des opérations.

    Les directions informatiques perdraient leur ascendant sur la technologie ?

    Oui, l’informatique commence à perdre son ascendant sur la technologie. En moyenne, elle a perdu le contrôle de près de 40 % du budget informatique[7] et un cinquième des directeurs informatiques[8] pense que leur rôle est devenu secondaire car leurs collègues prennent eux-mêmes en main, leurs besoins technologiques.

    Comment l’informatique en est-elle arrivée là ? Les raisons sont nombreuses, toutes ne sont pas justifiées, mais elles incluent les compétences, la culture et l’héritage de l’informatique historique. Les infrastructures en place, avec leur approche généralement déconnectée de l’informatique, du réseau et du stockage, sont souvent incapables de faire face aux nouvelles demandes qui leur sont imposées. Au lieu d’être la ressource agile, flexible et rapide dont l’entreprise a maintenant besoin, ces plateformes héritées et inflexibles ont contribué à construire une forteresse informatique qui est perçue comme évidemment rigide, lente, compartimentée et nécessitant de nombreuses ressources.

    Il est temps pour les services informatiques de reconquérir leur rôle et leur importance dans les entreprises, pour leur plus grand intérêt mutuel. Un bon point de départ consiste à converger l’infrastructure informatique. La convergence transformera un ensemble disparate de programmes informatiques, de réseau, de stockage et de virtualisation, en un écosystème vivant, Software-Defined et intégré. Géré facilement et centralement, il sera en mesure de prendre en charge l’entreprise avec des cycles de développement rapides pour accélérer l’innovation dont elle a besoin, offrant de meilleures capacités de gestion de données et la possibilité d’accueillir toutes les initiatives sociales, mobiles et numériques qui, ensemble, prodigueront une expérience client en constante amélioration.

    Mais ça n’est pas tout. L’informatique orientée client peut contribuer à identifier et à fournir de nouvelles opportunités de services et de création de valeur. D’ailleurs, il suffit de s’intéresser aux tracteurs !

    John Deere fabrique du matériel agricole depuis 1837. En écoutant ses clients, l’entreprise s’est rendu compte que les agriculteurs n’achetaient pas simplement des tracteurs, ils achetaient plutôt le potentiel de meilleurs rendements, et les tracteurs n’étaient qu’un élément de cet objectif. C’est pourquoi, en collaboration avec son équipe informatique, l’entreprise a repensé la manière dont elle pouvait aider les agriculteurs à atteindre leur véritable projet. Elle a alors mis au point une solution de gestion numérique, équipée de capteurs installés sur les tracteurs. Cette solution numérique optimise l’exploitation de la terre, des véhicules et elle parvient à créer de nouvelles sources de valeur pour les clients, ainsi que des revenus supplémentaires pour l’entreprise.[9]

    L’informatique a le choix entre plusieurs directions. L’avenir de l’entreprise dépend de sa capacité à comprendre et à satisfaire les besoins en évolution constante du client. Si l’informatique veut avoir de l’importance dans cinq ans, elle doit être prête à entreprendre un remaniement profond.

     

  • Le Procure-to-Pay : quelles pratiques adopter pour optimiser la réussite de son projet ?

    Qualiac livre les étapes  clés dans la mise en place d’un Procure-to-Pay performant

    Le sujet des bonnes pratiques en matière de Procure-to-Pay est un sujet au cœur des préoccupations des entreprises car il impacte quasiment toute l’économie.

    C’est en effet un nouvel enjeu pour le secteur public qui se rapproche du privé en matière de planification de la dépense dans des budgets contraints. La réorganisation de l’Etat induit des mutations au sein des opérateurs nationaux : la fonction achat est créée, l’organisation revue, les systèmes d’information optimisés, les budgets contrôlés.

    Au sein du secteur privé, en particulier pour les groupes, la fonction achat est désormais plus en place : les entreprises se sont dotées de professionnels des achats qui ont mis en place des process qualité optimisant le sourcing et le référencement fournisseur. Il s’agit dès lors pour ces groupes d’organiser les approvisionnements dans des structures multi-sites et de mettre en place le système d’information P2P adéquat.

    les étapes clés dans la mise en place d’un Procure-to-Pay performant :

     1.   Anticiper une organisation interne et les objectifs précis d’un P2P

    Les fournisseurs référencés, les contrats cadres mis au point, il convient de définir la manière dont vont s’effectuer les approvisionnements afin de garantir la bonne maille de suivi budgétaire, le meilleur coût d’approvisionnement, la capacité d’évaluer la performance fournisseur.

    L’aide d’un conseil externe permettra aux acteurs de l’entreprise de se voir proposer des schémas personnalisés et de pouvoir en tirer de bonnes pratiques.

    2.   Faire évoluer l’outil en place pour répondre à de nouvelles attentes

    Le schéma de réorganisation induit des caractéristiques fonctionnelles ou technologiques du système d’information : approche par processus, dématérialisation, contrôle budgétaire, mobilité, pilotage de la performance, sécurisation de l’information, focus sur des opérations à valeur ajoutée… Atteindre l’objectif « métier » nécessite très souvent de faire évoluer le système d’information, éventuellement via l’acquisition d’une nouvelle solution de gestion.

    3.   Une mise en œuvre sur-mesure pour une expérience utilisateur optimum

    Le projet de mise en œuvre du système d’information doit alors respecter les bonnes pratiques : avoir les idées claires sur la cible, détacher les ressources internes suffisantes pour mener à bien le projet, penser utilisateur final. Ce dernier point est capital. En effet, un système P2P est performant quand l’intégralité des acteurs du processus utilise l’outil sans retenue, tout en indiquant l’exhaustivité des informations qui, in fine, servent le pilotage pour la prise de décision. Le système doit donc être « centré utilisateur final », avec une ergonomie adaptée à chaque profil, dans une technologie proposant à la fois sédentarité et mobilité. Il doit également permettre aux managers achats de pouvoir prendre la bonne décision au bon moment en proposant à ces derniers l’entière capacité d’analyser la performance de l’organisation interne ou bien celle des fournisseurs pour mieux préparer les négociations.