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  • Informatique Quantique : La Chine et les US déjà prêts !

    Informatique quantique : L’Europe ne doit plus être la colonie du monde numérique

    Par Mickaël Réault, dirigeant-fondateur de Sindup

    Depuis toujours se déroule à l’international une véritable course à l’armement en matière d’avancées technologiques. Reste que les différentes nations en lice rencontrent désormais la même limite : la puissance de calcul. Limite que l’informatique quantique promet de repousser si loin qu’elle en est devenue le nouveau graal et mobilise des investissements massifs des grandes puissances … excepté pour l’Europe en passe de manquer un des virages technologiques les plus importants.

     A l’aube d’avancées technologiques majeures, causes de mutations profondes dans nos sociétés, il en est une qui va jouer un rôle d’accélérateur de particules et décupler de façon exponentielle la vitesse de progression de toutes les autres : l’informatique quantique.

    Désormais investie par les géants du secteur comme Google, IBM, Microsoft et Atos côté français, cette technologie est en mesure de démultiplier la puissance de calcul au point de parvenir à résoudre en quelques minutes des problèmes qui prendraient des milliards d’années aux machines actuelles. Alors, quand on sait qu’aujourd’hui biotechnologies, intelligence artificielle, réalité virtuelle et autres innovations arrivent à un point où seule la puissance de calcul les empêchera d’aller plus loin, il est facile d’imaginer comment l’informatique quantique a le potentiel de propulser, d’un coup, l’évolution de nos sociétés. Derrière se dessinent sans surprise des enjeux de souveraineté face auxquels l’Europe tarde à réagir, surtout à se donner les moyens. Le vieux continent a en effet manqué suffisamment de virages technologiques pour ne pas laisser passer celui-là. Comme l’a très justement dit Victor Hugo, « En temps de révolution, qui est neutre est impuissant ».

    En 2016, la Commission Européenne annonçait une enveloppe de 50 milliards d’euros à destination de l’industrie 4.0, dont à peine 1 milliard dédié à la recherche quantique.

    Les Etats-Unis et la Chine déjà prêts

    Aujourd’hui, si les enjeux de souveraineté numérique et leurs conséquences économiques sont dans toutes les bouches en Europe, les démarches associées restent malheureusement bien insuffisantes et surtout en réaction aux initiatives extérieures. L’Europe ne doit plus se contenter de suivre.

    Depuis des décennies les acteurs économiques européens recourent à des technologies informatiques majoritairement issues de l’industrie américaine, qu’il s’agisse de systèmes d’exploitation (serveurs d’entreprise, smartphones, ordinateurs personnels, etc.), d’infrastructures du réseau Internet, de logiciels, de processeurs ou de moteurs de recherche. Une fois engagé, il est difficile de faire machine arrière, à la fois pour des raisons pratiques mais également d’amortissement des investissements réalisés puis d’interopérabilité. Reste qu’in fine, l’alternative européenne n’existe pas.

    Actuellement, c’est ce même schéma qui se reproduit avec l’ordinateur quantique, technologie d’avenir qui risque d’occuper une place considérable.

    Comme l’avait notifié la sénatrice Catherine Morin-Desailly, dans un rapport délivré à la Commission Européenne, « l’Europe est en passe de devenir une colonie du monde numérique, à la fois parce qu’elle devient dépendante de puissances étrangères et parce qu’il n’est peut-être pas exagéré de dire que le sous-développement la guette ».

    Depuis deux ans, Microsoft se livre à une véritable course contre la montre avec IBM et Google pour être le premier à sortir son ordinateur quantique et a annoncé début mai qu’il sera prêt d’ici… 5 ans ! Il est même envisagé de mettre cette technologie à disposition du plus grand nombre dans son cloud Azur. De son côté, la Chine n’est pas en reste sur la question puisqu’elle annonçait en 2017 la mise en service du super ordinateur quantique Sunway TaihuLight, considéré sur le moment comme le plus rapide du marché. Pendant ce temps, l’industrie 4.0 annoncée par la Commission Européenne devait voir ses premiers projets lancés en 2018 et à échéance 2020. A ce jour, aucune actualité n’est arrivée jusqu’à nous.

    La France porte-étendard européen sur le Quantique ?

    Côté français, le Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives (CEA) annonçait le 3 mai dernier un projet de coopération avec la société australienne Silicon Quantum Computing (SQC) pour créer un ordinateur profitant de cette technologie. Le 22 mai, le Commissariat s’associait également à Atos pour créer une chaire industrielle dédiée à l’informatique quantique. Financée par l’Agence Nationale de la Recherche, la structure bénéficiera d’un budget de… 1,2 millions d’euros. Une initiative encourageante mais insuffisante.

    Pourtant, le danger d’un décrochage, que l’on risque de payer durant des décennies en termes de souveraineté et de retombées économiques, est flagrant. Il est urgent que l’Europe investisse massivement dans l’élaboration de son propre ordinateur quantique ! La France, en retard en matière de constitution de consortiums destinés à mutualiser les forces européennes, aurait tout intérêt à s’emparer du sujet. Nous éviterions ainsi aux startups de l’Union de devoir nécessairement migrer dans le Cloud du GAFAM pour rester dans la course. Un défi technologique incontournable, relevons-le !

  • Demain, le vivant se programmera… comme un iPhone !

    Biotechnologies
    Demain, le vivant se programmera… comme un iPhone !

    Par Mickaël Réault, dirigeant fondateur de Sindup

    En pleine ascension, les biotechnologies représentent désormais un enjeu économique et sociétal majeur. Pourtant, loin des récits de science-fiction et devant une succession de « prouesses », elles restent encore mal appréhendées et soulèvent beaucoup d’interrogations. Reste que le top départ est lancé et qu’il va falloir accrocher sa ceinture face à une déferlante d’applications en tout genre.

     Et si demain, l’avenue des Champs Elysées brillait de mille feux sous les projecteurs… d’arbres fluorescents ?

    Une idée saugrenue à première vue, mais plus tant que ça si on observe d’un peu plus près les recherches déjà bien avancées du Massachussetts Institut of Technology (MIT). Les chercheurs américains sont en effet repartis des travaux initiés par deux étudiants qui, en croisant l’ADN d’une bactérie aquatique avec celui d’une pousse végétale terrestre, donnaient naissance à une souche d’arbre naturellement lumineux. Derrière, les conséquences écologiques se révéleraient extraordinaires notamment en termes d’économie d’énergie. Et il s’agit là d’un projet biotechnologique parmi d’autres, beaucoup d’autres ! Le domaine de la santé, principal concerné, multiplie les recherches liées à la lutte contre le cancer ou le ralentissement du vieillissement ainsi qu’à de nombreuses pathologies associées. L’agriculture, l’industrie, la biodiversité marine et la protection de l’environnement misent aussi très fortement sur ce domaine d’avenir. D’autant qu’en matière de manipulation du vivant : épigénétique, cellules souches pluripotentes, clonage somatique, etc. les avancées sont nombreuses et les recherches vont vite. Très vite. Surtout depuis l’arrivée du Crispr/Cas9, le désormais célèbre « ciseaux ADN » capable de modifier tous types de génomes et à moindre coût. Le corolaire de tout ça est une redistribution des cartes en termes de compétences.

    Les premiers X-mens chez les biohackers

    En effet, jusqu’ici réservée aux biologistes, la manipulation du vivant va s’ouvrir à d’autres métiers. Fini les pipettes et place à la programmation ! Nous pouvons d’ores et déjà anticiper une diversification des développeurs dans le secteur du vivant comme cela s’est produit sur le web puis les applications mobiles. De grandes barrières technologiques ont été franchies et, dès l’apparition d’environnements de programmation complets, le mouvement jusqu’alors dormant des biohackers va voir surgir de nouveaux adeptes. Les expérimentations vont alors fuser de partout, ce n’est plus de la science-fiction. Internet regorge déjà de tutoriels vidéos mettant en scène des biohackers, dans leur cuisine ou leur garage, détaillant chaque étape de manipulation pour aimanter ses doigts, devenir phosphorescent, etc. L’américain Josiah Zayner a récemment annoncé avoir modifié la musculature de son bras et a tenté de commercialiser son produit sous forme de « Kit ». Verrons-nous ainsi apparaitre dans quelques années les premiers mutants à l’image des super-héros ? Ou le retour d’animaux préhistoriques, à l’image des travaux controversés de ce chercheur de Harvard, George Church, dont le projet est de recréer le mammouth laineux disparu il y a 4000 ans ?

    A ce jour, les promesses annoncées par les différentes recherches en cours laissent songeurs : homme génétiquement modifié et doté, dès sa naissance, de gènes de résistance aux maladies, voire augmentation du QI ; sang artificiel créé à partir de cellules souches ; utérus artificiel avec gestation hors ventre à partir de simples cellules de la peau et sans spermatozoïde ni ovule (une grossesse sans cordon ombilical permettrait par exemple de s’affranchir des quelques 250 perturbateurs endocriniens que l’on peut y trouver) ; etc. Bref, les exemples sont nombreux mais soulèvent aussi de vraies questions : surpopulation, risque d’appauvrissement de l’espèce, apparition d’une nouvelle forme d’eugénisme et bouleversement voire dérèglement des écosystèmes.

    Une révolution enclenchée aussi risquée que prometteuse

    Que penser pourtant de cette récente découverte aux Etats-Unis, dans l’Indiana, et qui a rapporté qu’à la suite d’une mutation génétique, les Amish voyaient leur espérance de vie rallongée de… 10 ans ! Si cette mutation génétique était proposée sur le marché de la santé de confort demain, ne serions-nous pas tentés ? Assurément, il faut dès à présent chercher à accompagner le mouvement biotechnologique ou bien le temporiser pour se donner les moyens d’avancer dans les meilleures conditions possibles. Rentrer dans une dynamique d’opposition manichéenne ne mènerait effectivement à rien et n’empêcherait pas ceux qui le souhaitent de pratiquer ce qu’on appelle désormais du tourisme cellulaire. Il est préférable d’éviter d’entrer dans une logique de pour et de contre. L’idée est que chacun parvienne à trouver son parti, que ce soit pour soigner des pathologies, pour du confort ou du loisir, mais dans un contexte où les libertés sont correctement délimitées. Demain en matière de bioéthique des règles fondamentales de respect et de protection devront être énoncées. D’une part pour libérer et encadrer l’innovation et, d’autre part, s’assurer qu’en cas de non-respect des sanctions exemplaires seront appliquées. Et, en cela les états généraux de la bioéthique entamés le 18 janvier et prévus pour aboutir à une nouvelle loi d’ici l’automne, vont dans le bon sens. La France est déjà en train de prendre du retard sur ses voisins. Eux innovent tandis que nous sommes dans l’interdit. La Chine, quant à elle, détachée de toutes contraintes réglementaires et de barrières culturelles, conjugue les biotechnologies au présent et a déjà pris sur tout le monde plusieurs longueurs d’avance. Côté européen, le risque est de perdre notre capacité à devenir autonomes sur ces sujets et à en capter les parts de marché.

  • Quand la force de frappe commerciale se digitalise…

    Social Selling : la force de frappe commerciale se digitalise

    Par Mickaël Réault, dirigeant fondateur de Sindup

     

    Les méthodes de vente B2B ne peuvent plus échapper à la révolution portée par les réseaux sociaux. Les équipes commerciales n’ont aujourd’hui d’autre choix que de s’adapter et de se réinventer en digitalisant leur force de frappe.

    L’explosion des réseaux sociaux et la généralisation des usages mobiles ont entraîné l’adoption de nouveaux comportements par les consommateurs. Les directions marketing ont été contraintes de s’adapter et d’utiliser tous les nouveaux outils pour créer de la relation et vendre différemment : data management platforms, statistiques omnicanales, etc. Ce constat fait, il n’y a aucune raison de croire que les vendeurs B2B et leurs techniques commerciales fassent exception : le passage à la vente 3.0 doit se faire. Dès le début des années 2010 émerge le concept de « social selling », désignant les méthodologies de vente reposant sur des outils tels LinkedIn ou encore Twitter. Mais les méthodes « à l’ancienne » ont la dent dure et les entreprises peinent à transformer leurs habitudes, et en particulier en France. Et pourtant, la réussite de ces nouveaux procédés ne fait déjà plus débat …

    Être à l’écoute des acheteurs grâce à la veille stratégique

    Le social selling implique avant tout un changement d’approche : les commerciaux se doivent d’être à l’écoute de leur secteur et des besoins des décideurs en vue d’interpréter correctement les situations et les déclencheurs d’achat. Et cela ne peut se penser sans une veille stratégique. Pourtant, encore trop d’entreprises n’en discernent pas tous les enjeux et bénéfices. Mettre en place une veille efficace, c’est se donner les moyens de détenir l’information pertinente avant ses concurrents. La veille fournit ainsi toutes les données nécessaires pour prospecter et délivre des intentions d’achats immédiatement exploitables. La force de vente commerciale gagne alors en efficacité, désormais en mesure d’identifier les suspects, de connaître leur environnement, de s’imprégner de leur discours mais surtout de situer les événements dans leur contexte et de détecter les signaux faibles.

    Donner avant de recevoir : l’influence du contenu sur la décision d’achat final

    Face à des acheteurs B2B qui utilisent de plus en plus les réseaux sociaux dans leur processus d’achat, au cœur du social selling se trouve la diffusion de contenus riches et pertinents afin d’éveiller l’intérêt et de développer la confiance. Le commercial se positionne ainsi comme expert-ressource de son secteur et se bâtit une crédibilité forte au sein de ses communautés. « S’assurer de donner avant de recevoir, là est la clé », professe Martin Deslauriers, dirigeant d’AR Mobile, expert en social selling et stratégie numérique de commercialisation. La personnalisation des contenus en fonction du public et du contexte en augmentera encore l’efficacité. L’impact est alors sans équivoque : 65 % des acheteurs estiment que le contenu diffusé par l’entreprise a eu un impact sur leur décision d’achat final.

    Du virtuel au réel : la concrétisation de la relation commerciale

    S’appuyant sur sa veille stratégique et la pertinence de ses contenus, le commercial peut alors établir une première prise de contact mieux préparée et plus adaptée à ses prospects. Mais la relation ne fait que commencer : le vendeur doit cultiver et approfondir le contact, montrer sa valeur et inspirer confiance en participant activement aux échanges dans des groupes professionnels par exemple. La démarche de social selling exige ainsi de replacer l’humain au centre de la vente grâce à une relation de confiance pérenne et une réelle authenticité dans l’échange. À terme, les équipes commerciales parviennent alors à être source de propositions de valeur qui seront écoutées, comprises et adéquates aux besoins des acheteurs.

    Une pratique du social selling encore peu répandue

    Néanmoins, une récente étude de PeopleLinx a révélé que seuls 31 % des vendeurs utilisent actuellement le social selling dans leurs techniques de vente. Les incertitudes et la peur du changement sont certainement à mettre en cause. Sous le poids de l’habitude, nombreux sont les commerciaux réticents voire réfractaires. L’absence d’éveil par les pairs et le manque de formation n’y arrangent rien : 93 % des responsables de vente n’ont reçu aucun apprentissage sur le social selling. Pas étonnant que les méthodes de vente 3.0 peinent à faire leur place dans les entreprises.

    Et pourtant, les résultats sont là. 79 % des vendeurs engagés sur les médias sociaux surperforment. Les entreprises armées de vendeurs adeptes du social selling ont déjà pris un avantage considérable sur leurs concurrents. Succès parmi les succès : IBM. Depuis que Big Blue a décidé de développer massivement le social selling parmi ses équipes, ses ventes ont connu une hausse colossale de 400 % ! Dans ce domaine, la France a clairement pris du retard face à ses voisins anglo-saxons. Un vrai travail de sensibilisation doit se mettre en place d’urgence car le social selling ce n’est pas l’avenir, c’est le présent.