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  • Toutes les entreprises ont-elles des valeurs ?

    Publication du Baromètre des Valeurs des Entreprises : un nouveau standard encore perfectible

    Par Sens Futur 

    Si les entreprises partagent (très souvent) les mêmes valeurs, c’est que ce n’est pas tant la valeur qui compte que la manière dont elle est incarnée.

    Car le monde est en constante mutation : les organisations vont changer, les produits et les marchés seront soumis à des disruptions et ruptures technologiques, il faudra constamment s’adapter et gérer des transformations de natures variées : technologiques, organisationnelles, culturelles, souvent un mélange des trois.

    Avoir un socle stable qui donne du sens et permet de maintenir un cap autrement plus inspirant qu’un objectif de chiffre d’affaires est crucial. Les valeurs – au même titre que la raison d’être ou la mission – peuvent jouer ce rôle.

    Mais pour que les leaders au sein des entreprises puissent incarner ces valeurs, et pour qu’elles puissent être réinjectées dans les stratégies opérationnelles de chaque business unit, de chaque département, encore faut-il qu’elles existent et soient clairement exprimées. In fine, les valeurs n’ont de sens que si elles sont incarnées et intégrées aux stratégies opérationnelles – des sujets essentiels mais complexes à évaluer.

    Dans ce contexte, l’agence de conseil Sens Futur publie le premier Baromètre des valeurs des entreprises. Avec un objectif : fournir un point de départ le plus objectif possible en observant les entreprises françaises (SBF120) et internationales (NASDAQ 100).

    Il répond aux questions suivantes : toutes les entreprises ont-elles des valeurs ? Sont-elles lisibles et quelles sont-elles ? 

    Une étude inédite sur un sujet d’actualité

    Les entreprises sont amenées à se réinventer dans le monde post-covid. Entre la redéfinition des priorités liées à la crise sanitaires et les récents mouvements de société (ex : Black Lives Matters, Me Too…), leur rôle social est constamment interrogé.

    En parallèle, on assiste à un vrai développement des entreprises à mission : leur nombre a été multiplié par 4 en un an à peine et elles représentent déjà un demi-million de salariés (source).

    Le Baromètre des valeurs des entreprises apporte donc un précieux éclairage sur la maturité des organisations sur ces thématiques essentielles.

    En tant que cabinet de conseil, Sens Futur intervient du passage de la vision à la stratégie opérationnelle. Or, il constate au quotidien que les valeurs ne peuvent pas être seulement une mention sur un rapport annuel ou sur un support de communication.

    Marie Beauchesne, co-fondatrice, soulign « Les valeurs doivent avoir un impact sur les stratégies opérationnelles mises en place. À système de valeurs égales, c’est l’incarnation de celles-ci par le leader (ou le manager) qui fera la différence. »

    Le leader ou le manager va donc avoir un rôle primordial à jouer : c’est lui qui va définir l’importance donnée à ces valeurs, et donc décider de l’impact que l’organisation aura dans la société sur ces sujets.

    Les grandes entreprises françaises doivent nettement s’améliorer

    L’étude menée par Sens Futur concerne les grandes entreprises du SBF120 et du NASDAQ100 avec une comparaison France – Outre Atlantique.

    Elle est structurée en 3 parties :

    • Adoption des valeurs par les entreprises (existence, accessibilité) ;
    • Tendances en la matière : valeurs les plus communes, les plus originales, différences France vs international ;
    • Pistes d’analyse : limites définition & adoption, valeurs génériques et valeurs non-partagées…

    85% des entreprises se sont dotées de valeurs…

    Ces valeurs sont d’ailleurs accessibles au public. De plus, celles qui n’en ont pas, ou ne les expriment pas comme telles, peuvent malgré tout être engagées via leur raison d’être, leur politique RSE, etc.

    …mais elles ne sont pas suffisamment lisibles ou visibles….

    Aujourd’hui, 1/3 seulement des entreprises mettent en avant leurs valeurs de façon fiable et accessible sur leur site internet.

    Pour nombre d’entre elles, l’information de leurs valeurs n’est qu’une mention dans leur rapport annuel. Mais dans ce cas, quelle est la place et l’importance qui leur est vraiment accordée ?

    …et elles semblent souvent constituer des réponses à des tendances du moment

    Si les entreprises affichent en moyenne 4 à 5 valeurs, certaines reviennent fréquemment : 1/4 à 1/3 des entreprises partagent les valeurs de tête (Innovation, Responsabilité, Esprit d’équipe). Ce chiffre monte à 50% et plus si on regroupe des valeurs similaires par thématique (thématiques liées à l’innovation et la créativité toujours en tête, puis toutes les valeurs liées au soin et au développement des collaborateurs).

    1/4 des organisations font toutefois preuve d’originalité en mentionnant des valeurs telles que la modestie, la lucidité, l’imagination ou le « no bullshit ».

        « Dans une entreprise solide, consacrer une partie des revenus même minime, mais une partie qui peut être d’ailleurs substantielle, à des causes, paraît une tendance qui se crée. Avoir des valeurs témoigne de cette volonté de jouer un rôle dans la société, et par là, de donner du sens à son activité, un sens qui ne se limite plus à générer du profit. »

    Le baromètre complet est accessible à tous en téléchargement sur le site de Sens Futur  www.sensfutur.com/barometre

     

  • Quand les consommateurs changent les entreprises …

    La recherche de sens est désormais un élément déterminant pour améliorer la compétitivité des entreprises et renforcer leurs relations avec les consommateurs

    Selon une nouvelle étude d’Accenture : Global Consumer Pulse Research – « From Me to We: The Rise of the Purpose-led Brand » , près des deux tiers des consommateurs dans le monde (63%) préfèrent acheter des biens et des services à des entreprises qui défendent leurs valeurs et leurs convictions personnelles et rejettent celles qui ne le font pas.

    L’étude révèle que les entreprises qui défendent des valeurs, au-delà de la simple commercialisation de leurs produits, communiquent leurs objectifs et font preuve d’engagement sont davantage susceptibles d’attirer les consommateurs et influencer leurs décisions d’achat, ce qui améliore leur compétitivité.

    « Pour les entreprises, la recherche de sens doit aller bien au-delà d’une simple réponse aux besoins du quotidien. Il s’agit d’un engagement sincère et significatif vis-à-vis des valeurs et des principes importants qui préoccupent les consommateurs, tels que la santé et le bien-être, le choix d’ingrédients naturels, le respect de l’environnement ou les relations familiales et qui influencent leurs décisions d’achat », déclare Emmanuel Jusserand, Responsable de l’activité conseil digital d’Accenture Strategy en France et au Benelux. « De nombreuses entreprises ont négligé cette notion de sens soit par suffisance, soit par léthargie ou par peur de polariser les consommateurs, ce qui a permis à des acteurs plus petits d’émerger. »

    La recherche de sens influence les décisions d’achat

    Aujourd’hui, 56% des consommateurs français souhaitent que les entreprises prennent position sur les questions sociales, culturelles, environnementales et politiques qui leur tiennent à cœur. De plus, 66% affirment que leurs décisions d’achat sont influencées par les déclarations, les valeurs et les actions des dirigeants de l’entreprise. Les consommateurs sont attirés par les entreprises qui s’engagent à utiliser des ingrédients de bonne qualité (80%), traitent leurs collaborateurs avec équité (64%) et œuvre pour le respect de l’environnement (62%).

    L’authenticité et la transparence comme moteurs de croissance

    Aujourd’hui, 60% des consommateurs en France déclarent que leurs choix d’achats sont dictés par les valeurs d’éthique et d’’authenticité véhiculées par les entreprises. En outre, les trois quarts réclament plus de transparence quant à la manière dont les entreprises s’approvisionnent, garantissent des conditions de travail sûres et prennent position sur des questions éthiques comme les tests de produits sur les animaux. Selon l’étude d’Accenture Strategy, une perte de confiance des parties prenantes peut avoir un impact considérable sur la compétitivité et les résultats potentiels d’une entreprise à hauteur de plusieurs centaines de milliards de dollars.

    « Nous vivons à l’ère de la transparence. Les consommateurs expriment leurs opinions, leurs valeurs et leurs convictions, scrutent les actions des entreprises et de leurs dirigeants et les tiennent pour responsables. Ils savent identifier le manque d’authenticité et ne le tolèrent plus » poursuit Emmanuel Jusserand. « L’opinion des consommateurs peut avoir un impact sur les résultats financiers des entreprises. Ils sont devenus bien plus que des acheteurs et sont désormais des parties- prenantes actives qui donnent de leur temps et de leur attention et exigent de se sentir écoutés. Pour tirer leur épingle du jeu aujourd’hui, les entreprises doivent sortir de la passivité et être proactives sur ces questions. » 

    Les consommateurs changent les entreprises

    Les deux tiers des consommateurs estiment que leurs actions individuelles, telles que le boycott d’une entreprise ou la prise de parole sur les réseaux sociaux, peuvent avoir une influence sur les engagements des entreprises. Plus du tiers (36%) ont déjà été déçus par une entreprise qui n’a pas respecté ses valeurs et près de la moitié (47%) a par la suite cessé d’acheter ses produits ou recourir à leurs services.

    Pour se distinguer, faire vivre leur engagement et maintenir leur compétitivité, les entreprises doivent suivre les trois principes directeurs suivants :

    1. Adopter une approche humaine : Impliquer les clients, les employés et plus largement l’écosystème de parties prenantes afin d’identifier les valeurs communes et les domaines dans lesquels l’entreprise peut se distinguer. La communication est essentielle, car 60 % des consommateurs français jugent les marques qui communiquent activement autour de leur engagement plus attractif.
    2. Être clair et authentique : Les consommateurs ne se laissent pas duper par les fausses promesses qui cherchent à faire vibrer leurs cordes sensibles. Ils récompensent en revanche l’authenticité, le leadership assumé et la franchise. Selon notre étude, 53 % des consommateurs français sont influencés par les discours, les actions, les valeurs et les convictions des employés d’une entreprise.
    3. Être créatif :  Les entreprises doivent orienter leurs investissements moins vers leurs clients et plus vers leurs nouveaux partenaires d’écosystème pour accroître leur compétitivité. Que ce soit en tant que partenaires de vente à travers les canaux qu’ils contrôlent ou influencent ou en participant à des programmes de crowdsourcing pour financer l’innovation, il n’y a pratiquement aucune limite aux rôles que les consommateurs peuvent jouer.

     

    Consultez l’étude complète ici.

  • Retour sur Les Assises de la Banque Citoyenne : Comment donner du sens à son épargne ?

    Retour sur Les Assises de la Banque Citoyenne : Comment donner du sens à son épargne ?

    Le 5 avril dernier, La Banque Postale a lancé la seconde édition des Assises de la Banque Citoyenne . Retour sur les temps forts de cet événement : comment donner du sens à son épargne ? Réponses avec Daniel Roy, le Président du directoire de La Banque Postale Asset Management (LBPAM)

    La nouvelle a secoué le landernau de la gestion patrimoniale : d’ici à 2020, 100 % des actifs gérés par la banque Postale Asset Management seront ISR. Daniel Roy, Président du directoire de la Banque Postale Asset Management revient sur cette annonce et promeut la nécessité d’une vision à long terme de l’épargne et de l’investissement sur les marchés.

    « L’Europe est en train de changer le monde. Ce monde où, depuis 1945 la société faisait tout pour vous, disparaît sous la pression du vieillissement démographique. Désormais, chacun devra s’occuper de son avenir et ne plus se reposer sur la seule société », constate le Président du directoire de La Banque Postale Asset Management (LBPAM). Ce constat, Daniel Roy le fait comme première piste pour expliquer l’annonce faite par Rémy Weber, le président de La Banque Postale, de la future conformité ISR des 220 milliards d’encours de gestion d’actifs de LBPAM. Lors de cette déclaration aux 2e assises de la Banque Postale, Rémy Weber rappelait aussi que « l’épargne a besoin de sens ». D’où ce syllogisme imparable : chacun a besoin de prendre en main son avenir, pour ce faire, l’épargne est indispensable, et lui donner du sens c’est être en conformité avec les valeurs de développement durable prônées par les jeunes générations, et de financement de l’économie réelle : « l’ISR est un moyen de donner du sens aux euros qui seront épargnés en participant à un développement plus équilibré de l’économie et des entreprises socialement responsables. Cette approche est selon nous la meilleure pour convaincre les jeunes générations de mettre de l’argent de côté pour préparer leur avenir », détaille Daniel Roy pour qui le levier des placements ISR est aussi un moyen de pallier la « carence culturelle » des européens vis-à-vis de leur relation à l’argent.

    Un retour au long terme

    L’épargne est aussi souvent une question de long terme pour être fructueuse, a fortiori pour les placements ISR dont la performance est avérée sur des périodes longues. Une raison à cela, les entreprises gérées en suivant des critères autres que le seul résultat court-terme et avec une prise en compte de leur rôle social se développent mieux. « Nous voyons bien que les entreprises se réinscrivent dans du long terme et amorcent la bascule vers un autre monde. Quand Patrick Pouyanné rachète Direct Energie ou que HSBC se défausse des énergies fossiles, cela est un signal fort sur des directions prises. » Même chose quand LVMH ouvre des ateliers dans des villages de France et participe au développement des territoires. Autant d’exemples qui entérinent le rôle social et sociétal des entreprises. Un rôle qui participe bien entendu à l’analyse mise au point par LBPAM pour sélectionner ou non une entreprise au sein de ses portefeuilles

    Les critères extra financiers, facteurs de performance

    « Pour constituer nos portefeuilles ISR, il faut beaucoup de recherche. Nous avons longuement travaillé à la mise en place d’un cadre d’analyse rigoureux. Nous travaillons sur quatre critères extra financiers et avons développé un algorithme de scoring fondé sur une échelle de 1 à 10. 10 étant la plus mauvaise note », explique Daniel Roy. Ces critères sont:

    • La gouvernance de l’entreprise (G)
    • La gestion durable des ressources humaines et naturelles ( R)
    • La transition économique et énergétique (E)
    • Le développement des territoires (T)

    « Sur la gouvernance, le gérant d’actifs doit aussi être acteur des décisions de l’entreprise en votant lors des assemblées, poursuit Daniel Roy. La gestion des ressources humaines tout comme le développement des territoires sont fondamentaux et s’ajoutent au savoir-faire de l’entreprise. Enfin, la transition énergétique est un vrai sujet et nous pouvons désormais la mesurer grâce à l’article né de la COP21 (article 173) »

    Pour autant, ce virage vers des investissements socialement responsables suscite parfois des réticences, tant en interne que de la part des clients ; et pourtant les rendements des fonds ISR sur le long terme sont généralement assez bons, voire les plus performants surtout comparés au niveau livret A ou au rendement des fonds Euro. Certes, en investissant uniquement en ISR, il est possible de rater des occasions comme la croissance des GAFA de l’ordre de 50 % en 2017, mais elles ont vu leur cours rechuter en 2018. Enfin les spéculations hautes fréquences sur des indices qui ne sont que « l’écume des choses avec peu de volume en comparaison des grandes vagues boursières. » pour Daniel Roy qui rappelle logiquement que « la finance doit financer l’économie réelle ».

    Laisser le temps au temps…

    Car, au-delà des inflexions politiques internationales et européennes, la conviction du changement de modèle est aussi le levier de cette décision : « Nous n’allons pas changer le monde ni les hommes en un jour, mais si notre annonce incite à porter les messages, à remettre de l’extra financier dans l’analyse des entreprises, nous serons dans notre feuille de route. Surtout, nous pourrons nous inscrire contre le court-terme trop prôné par le monde anglo-saxon et qui le mène parfois à des impasses, à l’exemple du Brexit. Au regard de l’évolution du monde, nous avons une fenêtre historique pour réintroduire du long terme dans nos discours », conclut Daniel Roy.

    Un discours qui se veut ancré dans le réel de l’économie et porté par les 8 000 conseillers de la Banque Postale, premiers évangélistes de cette nouvelle inflexion auprès des particuliers.