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  • Cybersécurité: l’IA permet-elle de garder une longueur d’avance?

    Le Machine Learning et l’IA

     Par Filip Cerny, Product Marketing Manager, Progress

    Il est impossible d’échapper au débat sur la façon dont le Machine Learning (ML) et les systèmes d’IA vont révolutionner la façon dont les gens et les industries travaillent. La majeure partie de ce débat doit être revue. En effet, les entreprises sont toujours en train d’évaluer la façon dont les systèmes d’IA (généralement des systèmes de grand modèle de langage (LLM) comme OpenAI, ChatGPT, Google Gemini, Anthropic Claude et autres) améliorent la productivité des travailleurs et favorisent la croissance.

    La cybersécurité est un secteur où l’utilisation intensive de solutions améliorées par l’IA est courante. Mais qu’est-ce que le Machine Learning et l’IA impliquent ? Et comment sont-ils liés aux autres techniques que nous utilisons en matière de cybersécurité ?

     Comprendre l’intelligence artificielle

     L’IA est un vaste domaine qui se concentre sur la création de systèmes intelligents capables d’effectuer des tâches qui nécessitent généralement une intelligence humaine. Les systèmes d’IA peuvent apprendre à partir de données, s’adapter à de nouvelles informations ou entrées et résoudre des problèmes complexes. Cela en fait des outils précieux pour effectuer de nombreuses tâches complexes.

    Le ML est un composant de l’IA. À la base, le ML aide un système à apprendre et à s’améliorer à partir de l’expérience sans être explicitement programmé. Les réseaux neuronaux, inspirés de l’anatomie du cerveau, sont un composant clé de nombreux systèmes d’IA, leur permettant de reconnaître des modèles et de prendre des décisions. Une application courante de l’IA est la reconnaissance d’images, dans laquelle un modèle ML est formé sur un grand ensemble de données d’images étiquetées pour identifier les modèles et les caractéristiques associés à chaque étiquette. Cela lui permet de classer avec précision de nouvelles images invisibles et fonctionne pour de nombreuses classes d’images, telles que les radiographies médicales. Ce n’est pas seulement utile pour les photos de chats !

    Les LLM mentionnés ci-dessus, qui se sont développés au cours des 18 derniers mois, utilisent une combinaison de techniques de ML supervisées et non supervisées pendant leur constitution. La plupart du temps de formation pour un modèle LLM (comme ChatGPT) se fait généralement via l’apprentissage auto-supervisé. Dans ce cas, le modèle est entraîné à prédire le mot ou le jeton suivant dans une séquence basée sur les mots précédents sans avoir d’étiquettes explicites. Cela permet aux modèles d’apprendre des modèles et des relations dans le langage. Ceci à partir de grandes quantités de données textuelles non étiquetées telles que des livres, le Web, des archives de journaux et bien plus encore.

    Il est important de souligner que les LLM utilisent des méthodes de ML, mais les LLM ne sont pas le seul moyen de créer des systèmes basés sur l’IA. Même s’ils sont sous le feu des projecteurs en 2024 et occupent une grande partie du paysage des débats liés à l’IA. D’autres techniques, qui utilisent également le ML, qui relèvent de l’IA sont utilisées depuis des années, offrant des avantages dans de nombreuses industries et secteurs, en particulier dans le domaine de la cybersécurité.

    Techniques d’IA dans les outils de cybersécurité

    En cybersécurité, les techniques de ML améliorent les capacités de divers outils, en particulier les solutions de détection et de réponse au réseau (NDR).

    Les algorithmes de ML peuvent analyser d’énormes quantités de données réseau en temps réel, ce qui améliore la capacité à identifier les anomalies et les menaces potentielles avant qu’elles ne causent des dommages importants.
    Les techniques d’apprentissage supervisé utilisent des ensembles de données étiquetés de cybermenaces connues pour classer les menaces nouvelles et inconnues. Alternativement, les techniques d’apprentissage non supervisé telles que le clustering et la détection d’anomalies peuvent identifier des modèles ou des comportements inhabituels sans s’appuyer sur des données étiquetées.

    Les modèles d’apprentissage profond, tels que les réseaux convolutifs et les réseaux récurrents, peuvent apprendre des modèles et des relations complexes dans les données de réseau. Ces modèles permettent de détecter les menaces sophistiquées en analysant les données de trafic réseau, notamment les en-têtes de paquets, les charges utiles et les informations de flux.

    Les modèles de ML s’entraînent à l’aide de différentes approches pour reconnaître le comportement normal du réseau, puis signaler les anomalies susceptibles d’indiquer des menaces potentielles telles qu’un accès non autorisé, des infections par des logiciels malveillants ou l’exfiltration de données. En apprenant et en s’adaptant en permanence, les modèles des outils basés sur le ML peuvent détecter les cybermenaces à un stade précoce, souvent avant qu’elles ne causent des dommages importants.

    Il existe des solutions qui exploitent la puissance du ML pour détecter et atténuer les cybermenaces en identifiant les anomalies en temps réel. Comme Progress Flowmon par exemple. Ces solutions combinent des techniques d’apprentissage supervisé et non supervisé pour détecter les menaces connues et inconnues. Certains modèles d’IA sont entraînés sur de grandes quantités de données réseau historiques, et ils sont continuellement mis à jour. Ils apprennent au fur et à mesure de leur fonctionnement. Lorsque de nouveaux modèles de menaces apparaissent, l’IA peut apprendre et adopter des pratiques en conséquence.

    Les techniques d’IA améliorent d’autres méthodes de détection

    Les méthodes de détection basées sur l’IA améliorent les autres techniques traditionnelles qui ont toujours leur place dans la protection de la cybersécurité. Ces autres techniques non basées sur l’IA, telles que l’heuristique et la correspondance de motifs, se combinent avec les méthodes d’IA pour offrir des capacités de sécurité robustes. Cette approche combinée signifie que les modèles d’IA peuvent identifier les comportements suspects du réseau, tels que les transferts de données inhabituels ou l’activité anormale des utilisateurs, tandis que les techniques d’heuristique et de correspondance de modèles peuvent détecter les signatures de menaces et les anomalies connues et inconnues.

    L’heuristique et le filtrage sont des techniques fondamentales utilisées dans de nombreux outils de cybersécurité, y compris les solutions NDR. Mais, ils ont toujours leur place dans une posture défensive moderne.

    Les heuristiques sont des règles pratiques qui utilisent des techniques basées sur l’expérience pour identifier rapidement les menaces. Ces méthodes basées sur des règles permettent une prise de décision rapide basée sur des caractéristiques couramment observées dans les logiciels malveillants ou d’autres types d’attaques. Lorsqu’elles sont intégrées à l’IA, les approches heuristiques réduisent les faux positifs tout en hiérarchisant les menaces réelles et affinent les capacités de détection des solutions de cybersécurité.

    Le filtrage automatique implique la recherche de séquences spécifiques dans les données. Il est efficace pour identifier les signatures de menace connues trouvées dans de nombreuses variantes de logiciels malveillants et de virus. Cependant, les cybermenaces sont de plus en plus sophistiquées, contournant souvent les techniques traditionnelles de correspondance de motifs. C’est là que l’IA amplifie le filtrage des modèles, car elle peut apprendre et identifier des variations ou des modèles entièrement nouveaux qui indiquent une activité malveillante. Cela améliore ainsi considérablement l’efficacité et la réactivité des défenses de cybersécurité.

    Les méthodes de détection basées sur l’IA s’intègrent aux techniques traditionnelles pour fournir une approche multicouche de la détection des menaces. C’est le cas de Progress Flowmon. Ainsi, voici comment l’IA améliore les autres méthodes de détection:

    • Heuristique – Les modèles d’IA peuvent aider à affiner et à optimiser les règles heuristiques basées sur des données historiques et des renseignements sur les menaces en temps réel. Cela réduit les faux positifs et améliore la précision des heuristiques basées sur le comportement.
    • Correspondance de modèles – Certaines techniques d’IA améliorent la correspondance de modèles en apprenant à identifier de nouveaux modèles de menaces et des variantes qui peuvent échapper à la détection traditionnelle basée sur les signatures. Les modèles ML apprennent et s’adaptent également en permanence.
    • Détection d’anomalies – Les algorithmes d’apprentissage fonctionnent avec des méthodes statistiques de détection d’anomalies pour identifier des modèles ou des comportements inhabituels dans le trafic réseau qui peuvent indiquer une attaque ou une menace.

    Conclusion

     Ainsi, certaines solutions combinent la puissance de l’IA et du ML avec d’autres méthodes de détection efficaces pour créer une approche approfondie et flexible permettant d’identifier et d’atténuer les cybermenaces en temps réel. En utilisant le ML, l’heuristique, la correspondance de modèles et la détection des anomalies, elles permettent aux entreprises de garder une longueur d’avance sur l’évolution des menaces et de maintenir une posture de sécurité solide.

    Alors que les cybermenaces continuent de croître en sophistication et en fréquence, l’adoption de solutions de cybersécurité basées sur l’IA aidera les entreprises à garder une longueur d’avance et à maintenir une sécurité solide.

  • TPE-PME de plus en plus exposées aux risques cyber

    Les 5 conseils clés pour améliorer la cybersécurité des PME

    Selon SentinelOne

    Le paysage des menaces de cybersécurité évolue et les hackers ne font plus de distinction entre les entreprises. Que ce soient par des tentatives d’hameçonnage, des attaques par ransomware ou des violations de données, les hackers s’intéressent autant aux PME qu’aux sociétés du CAC 40.

    Toutefois, pas toujours armées contre les cyberattaques, les PME peuvent être plus vulnérables.  Selon l’ANSSI, seulement 1/3 des TPE et PME est correctement paré pour faire face à la menace et 60% d’entre elles font faillite dans les 18 mois suivant une cyberattaque[1].

    SentinelOne livre aux PME les 5 règles essentielles pour mettre en place une cyber posture adaptée aux menaces actuelles.

    1. Mettre régulièrement à jour les logiciels et les correctifs

    Les deux principaux moyens de se protéger contre les vulnérabilités logicielles sont les mises à jour et les correctifs réguliers et adaptés. Les mises à jour logicielles, mieux connues car automatiquement envoyées aux ordinateurs portables et PC, sont diffusées selon un calendrier précis (mensuel ou trimestriel) et apportent un ensemble de modifications et d’améliorations au logiciel.

    Les correctifs sont, quant à eux, fournis par les éditeurs de logiciels pour remédier à des problèmes ou des vulnérabilités spécifiques au sein d’un programme. Il peut s’agir de failles de sécurité connues, de bug ou de tout autre problème découvert par les utilisateurs ou les développeurs depuis la sortie initiale du logiciel.

    2. Sensibiliser à la cybersécurité

    La cybersécurité relève de la responsabilité de tous les collaborateurs d’une entreprise, quelle que soit sa taille. Des formations régulières leur permettent d’identifier, d’atténuer et de signaler les menaces de sécurité de manière appropriée. Des employés bien formés sont la première ligne de défense solide d’une entreprise ils contribuent à réduire considérablement les risques de violation de données, de malwares, etc. S’ils comprennent comment les cybercriminels essaient de les cibler, ils peuvent être capables notamment de détecter des escroqueries telles que le phishing.

    3. Appliquer des mots de passe et des politiques d’authentification solides

    Il est indispensable de créer une politique de mots de passe exigeante car plus un cybercriminel aura des difficultés à deviner un mot de passe, moins il tentera de compromettre des données sensibles. Selon les recommandations du NIST, il faut privilégier la longueur plutôt que la complexité (au moins 12 caractères), utiliser des gestionnaires de mots de passe, éviter l’utilisation d’indices de mot de passe, limiter le nombre de tentatives d’authentification. L’authentification multifactorielle (MFA) peut également ajouter une couche de sécurité.

    4. Programmer des évaluations des risques en temps utile

    Il est conseillé aux PME de procéder à des évaluations informelles des risques. En échangeant avec les éditeurs de cybersécurité sur les menaces actuelles et les scénarios basés sur des événements récents. ces évaluations peuvent permettent aux PME d’identifier les lacunes de leurs dispositifs de sécurité et de définir les actions nécessaires pour les renforcer et suivre l’évolution des menaces. Elles sont également essentielles pour planifier les plans de réponse aux incidents (IRP), les dispositifs de communication de crise et les stratégies post-attaque.

    5. Utiliser des réseaux privés virtuels (VPN)

    À l’ère du télétravail, les VPN permettent aux employés d’accéder au réseau de l’entreprise où qu’ils se trouvent. Grâce à ces réseaux qui atténuent les cyberattaques en créant un espace sécurisé et crypté, les utilisateurs peuvent dissimuler leurs informations personnelles, leur localisation et autres données lorsqu’ils se connectent à internet. Utiliser des VPN est une solution rentable pour les PME dont les budgets de sécurité sont limités. Essentiels pour protéger les informations et les communications sensibles de l’entreprise, ils permettent de contrôler l’accès à différentes parties du réseau en fonction du rôle de l’utilisateur et minimise ainsi le risque d’accès non autorisé.

     

  • Quand les craintes liées à l’IA décollent …

    L’IA ? Une menace pour 67% des Français !

    Alors que l’IA et les agents conversationnels font la Une de l’actualité depuis plusieurs mois, les Français s’interrogent sur l’impact de ces nouvelles technologies sur leur quotidien et leurs modes de vie.  » En tant qu’acteurs de la transformation digitale, nous devons entendre ces craintes légitimes et redoubler d’efforts pour montrer comment l’intelligence artificielle sera mise au service du bien commun » déclare Christophe NEGRIER, Directeur général d’Oracle France.

    C’est dans ce cadre qu’Oracle dévoile sa troisième grande étude élaborée avec Odoxa en avril 2023 qui porte son attention sur la perception de l’intelligence artificielle (IA) en France et sur les aspirations des Français à ce sujet. Alors que les innovations en IA se multiplient et que les robots conversationnels se perfectionnent, les citoyens s’interrogent sur l’effet qu’auront ces nouvelles technologies sur leur mode de vie. L’enquête d’opinion a été réalisée les 19 et 20 avril 2023 sur un échantillon de 1005 personnes représentatif de la population française, âgée de 18 ans et plus.

    LES CRAINTES LIEES A L’IA DECOLLENT

    Encore partagés il y a deux mois, les Français sont aujourd’hui 2/3 à voir le développement de l’intelligence artificielle comme une menace.

    Cette menace est majoritairement perçue dans de nombreux domaines (l’emploi, la véracité de l’information et les humains dans leur ensemble), et l’inquiétude progresse aussi dans les domaines où l’IA est généralement vue comme une opportunité (comme la productivité ou la santé).

    Pour 6/10 Français, l’intelligence artificielle pourra un jour dépasser l’intelligence humaine. ® Les 3/4 des Français ne se pensent pas capables d’identifier une photo, une vidéo ou un texte réalisé par une IA.

    PERCEPTIONS DES AGENTS CONVERSATIONNELS EN GENERAL…

    Les 2/3 des Français connaissent les agents conversationnels, et 18% en ont déjà utilisé un, signe d’une diffusion extrêmement rapide dans la population générale. ® Les intentions d’utilisation dépassent la part d’utilisateurs actuels (50% des Français envisagent d’utiliser un agent conversationnel pour faire une recherche documentaire, 40% pour effectuer une démarche administrative et 26% pour faire un devoir scolaire ou universitaire) mais restent encore limitées.

    Les agents conversationnels intelligents sont unanimement perçus comme une menace, plus fortement encore que le développement de l’IA : une menace pour l’emploi et pour la véracité de l’information (75%), pour l’égalité des chances et l’éducation (70%) ;
    à noter que ces résultats sont en deçà pour ce qui concerne la protection de l’environnement (65%), la productivité (57%) ou la santé (55%).

    8 Français sur 10 souhaitent une règlementation des intelligences artificielles comme les agents conversationnels, mais 64% sont pessimistes sur la capacité des états à le faire. …

    ET DANS L’EDUCATION EN PARTICULIER

    Les Français sont conscients de la dimension incontournable des agents conversationnels intelligents, à plus forte raison dans ce contexte critique. 56% d’entre eux attendent que l’Éducation nationale apprenne aux élèves à les utiliser intelligemment plutôt que de les interdire totalement.

    Les 3/4 des Français estiment que les agents conversationnels intelligents représentent un risque de manipulation des jeunes, vont limiter leur développement intellectuel et généraliser la triche.

    52% d’entre eux jugent qu’ils vont permettre aux professeurs et aux élèves d’accéder à un grand nombre de connaissances et 43% qu’ils feront gagner du temps aux professeurs, lesquels pourront se consacrer à des tâches à forte valeur ajoutée.

    Seuls 1/4 des Français pensent qu’ils permettront aux élèves d’apprendre plus vite.

    Les principaux enseignements :

    • La part de Français considérant que le développement de l’IA est une menace progresse de 14 points par rapport à février 2023 et devient nettement majoritaire (67%).

    • Une inquiétude alimentée par un sentiment de vulnérabilité et la crainte d’être dépassé par la technologie : les ¾ des Français ne pensent pas être capables d’identifier les contenus produits par une IA et 57% d’entre eux pensent que l’intelligence artificielle dépassera un jour l’intelligence humaine.

    • La place prise dans le débat public par les agents conversationnels intelligents explique certainement cette hausse des inquiétudes : ces outils sont encore plus perçus comme des menaces que l’intelligence artificielle au sens large.

    • Les Français sont 70% à considérer que les agents conversationnels sont une menace pour l’éducation. Ils ne les rejettent pas pour autant : 45% des moins de 25 ans pourraient s’en servir pour faire un devoir scolaire ou universitaire. Et, conscients de leur dimension incontournable, les Français attendent que l’Éducation nationale explique aux élèves comment utiliser intelligemment les agents conversationnels (56%) plutôt que les interdire totalement (40%).

    • Dans ce contexte très incertain, 8 Français sur 10 souhaitent leur régulation… mais 64% d’entre eux sont pessimistes sur la capacité des états à le faire avec succès.

     

  • Métiers dans le digital : des Inégalités dans le télétravail

    Un an après, quel bilan peut-on faire de l’expérience du télétravail ?  

    Du fait de la crise de la Covid-19 nous avons vécu une généralisation massive du télétravail que ce soit en entreprise, au sein des organisations ou encore des établissements scolaires. Le télétravail est peut-être même l’une des conséquences les plus novatrices de la crise sanitaire que nous traversons. Employés comme employeurs ont désormais assez de recul pour interpréter des résultats et tirer des conclusions de ce nouveau mode de travail.
    Ce Lundi 8 mars, Oracle France a organisé un webinar (replay ici) sur cette thématique avec:

    Résumé des temps forts.

    Les inégalités dans le télétravail

    Karine PicardKarine PICARD, DG ORACLE France, rappelle que “de manière générale la parité est particulièrement faible dans les métiers du digital. ORACLE France souhaite remédier à cette tendance d’où la mise en place de nombreux programmes de recrutement de femmes.”

    En ce qui concerne le télétravail, et particulièrement dans les métiers du digital, il est constaté que les inégalités homme-femme demeurent présentes. Les conflits conjugaux auraient augmenté notamment en ce qui concerne la garde des enfants. En effet, 48% des femmes en télétravail ont à charge un/plusieurs enfants contre 37% des hommes (Étude Coconel). Cet aspect a un impact certain sur les conditions de travail à distance car 42% des femmes travaillent dans une salle commune et partagée contre seulement 26% des hommes.

    Caroline Elbaz« Ce sont des inégalités de type personnel, qui se produisent en interne, dans le couple. Celles-ci ne peuvent être gérées par les DRH qui malheureusement les constatent parfois et ne peuvent réellement agir » Caroline ELBAZ, DRH ORACLE France.

    Selon Sophie FLAMENT, Psychologue de l’IAPR : « Une conciliation des choix de vie qui nécessite une réorganisation familiale ».

    La parité homme-femme n’est pas la seule forme d’inégalité constatée. On note par exemple que certains professionnels ont pu travailler en présentiel tandis que d’autres qui l’auraient souhaité ont été mis en télétravail. Les étudiants ont également été impacté ; inégalités dues au logement et à sa localisation, au suivi scolaire, au contact avec l’extérieur, aux moyens financiers,…

    Les risques psycho-sociaux

    Face à un contexte sanitaire complexe, le télétravail s’est multiplié, dure encore et a changé nos habitudes professionnelles. Les horaires dites « No limit » et sans réel temps de pause. Un encombrement de l’agenda, du fait des visioconférences qui s’enchaînent. D’autre part, le travail à distance signifie également que l’informel d’entreprise (machine à café, espaces de repos etc.) est mis à l’arrêt, ce qui renforce peu le sentiment d’appartenance des employés. Sentiment d’appartenance peu à peu remplacé par un sentiment de non-essentialité.

    Ces différents troubles psycho-sociaux rencontrés ou renforcés en travail à distance peuvent parfois influer sur le comportement et être source de démotivation, d’isolement ou de rupture du lien social. C’est ce qu’on put interpréter les intervenants qui ont eux aussi découvert et vécu ce nouveau mode de travail. Pour  Karine PICARD, « L’efficacité est contrebalancée par l’isolement ».

    Aspects positifs et enseignements du télétravail

    Comme le rappelle la psychologue Sophie FLAMENT : le télétravail c’est « une conciliation des choix de vie » qui oblige à une réorganisation de la vie familiale. Certaines familles voient donc cette période comme une opportunité pour passer plus de temps ensemble et essayer d’occuper les journées avec des activités nouvelles qui réunissent. Ont également été constatés de nombreux rééquilibrages personnels ou familiaux notamment car le travail à distance permet un gain de temps du fait de ne pas avoir à se déplacer. Cela a une influence certaine et positive sur la santé mentale et le niveau de fatigue des employés.

    D’autre part, ce nouveau mode de travail est un apprentissage pour tous ses utilisateurs et un premier pas vers un monde qui se digitalise toujours davantage. Les limites ont désormais été identifié dans l’objectif de concevoir, dans un futur proche, une solution hybride adaptée et satisfaisante. C’est aussi le cas concernant les étudiants qui jouissent d’une grande liberté d’organisation mais qui paradoxalement n’apprécient pas l’enfermement et l’isolement du aux cours en ligne. Dans ce second cas il est aussi question de trouver un compromis bénéfique. Toutefois, cette expérience particulièrement novatrice doit être vécue comme un exercice duquel on tire un enseignement, dans un monde où il sera de notre devoir de nous adapter rapidement.

    Les intervenants évoquent une accélération positive en matière de développement des soft skills et de la personnalité. En effet, il est plus facile pour les personnalités les plus réservées d’être à l’aise et de s’exprimer librement en télétravail. La pression semble être moins importante à la maison notamment car l’environnement de travail est souvent plus rassurant qu’en entreprise.

    Finalement, on retiendra que ce webinaire a permis d’étudier les analyses faites par rapport au travail à distance et d’en tirer des conséquences dans un objectif d’amélioration. Les questions d’avenir qui se posent désormais sont les suivantes :

    • Comment reprendre une dynamique collective de travail ?
    • Comment organiser le travail de manière hybride en associant efficacité et bien-être ?

    Louis LEBOT.

  • Promesses marketing et gestion des risques : une montagne à gravir !

    La leçon des alpinistes aux entreprises

    Par Romain Marcel, Directeur Général, Veeva France et Europe

    Les coûts liés aux promesses marketing — réclamations, produits défectueux, retours, etc. — sont une source d’inquiétude majeure pour toute entreprise. Ils sont en augmentation constante, conséquence d’une part d’une culture de consommation aux attentes toujours plus grandes, et d’autre part de l’implication plus importante des régulateurs.
    Dans ce contexte, la mise sur le marché de nouveaux produits devient une véritable montagne à gravir !
    En la matière les alpinistes, experts du risque, ont plus d’une leçon à partager…

    Si l’alpiniste chevronné n’a pas peur, c’est simplement qu’il n’a pas le même raisonnement que la plupart d’entre nous. Il possède une approche plus pragmatique, préparée, presque « froide » des situations périlleuses. C’est en quelques mots l’enseignement que nous livre le grimpeur Alex Honnold, devenu célèbre après avoir escaladé à mains nues la falaise El Capitan, dans le Yosemite, Californie. La paroi faisait peur, mais connaissant le risque, et surtout sûr de sa force, de son expérience et sa dextérité, il l’a escaladée malgré tout. Tel est ce qui distingue un alpiniste de haut niveau : une maîtrise totale, une préparation militaire, une concentration parfaite, en tout instant et en toute circonstance.

    Les coûts liés aux allégations marketing et produits sont en hausse constante et touchent près de 70% des entreprises ayant un chiffre d’affaires supérieur à 1 milliard d’euros. Le prix des assurances et les dangers courus quant à l’image de la marque suivent la même tendance. Pour s’en protéger, ces principes venus de l’alpinisme peuvent-ils aider les entreprises ?

    Une affaire de préparation, de concentration et de vigilance — sans oublier les bons outils

    La principale explication au sang-froid de ces athlètes ? Une préparation à toute épreuve. Des semaines durant, leur entrainement les familiarise avec l’itinéraire à emprunter, les aspérités du chemin, les dangers de chute. Une concentration d’acier. Des mouvements minutieusement calculés, anticipés. Rien ne peut les surprendre, donc rien ne les surprend.

    Précisément, les entreprises s’appuyant sur des allégations ambitieuses devraient avoir les mêmes rituels de préparation, pour ne pas être surprises et pour garder un temps d’avance. Anticiper les attaques. Connaître les difficultés en temps réel. Ces promesses marketing doivent être créées en coordination avec toutes les parties impliquées dans la production, et ce, de manière constante. Cela va des équipes juridiques et règlementaires aux divisions marketing et R&D : il est indispensable de disposer d’informations complètes pour avoir une vision nette de la situation et limiter l’exposition — le risque. Pour répondre à cette exigence opérationnelle, de la même manière que l’alpiniste choisit soigneusement ses harnais et ses prises, l’organisation doit choisir les bons outils de collaboration interne pour être plus agile, aux prises avec ses allégations.

    Des coûts financiers, mais pas que : l’image de la marque en jeu

    Pour l’alpiniste mal préparé, la chute peut être mortelle. Pour les entreprises, le risque est tout aussi important. Ceci est d’autant plus vrai dans le contexte que nous connaissons actuellement depuis l’apparition du Covid-19. Derrière les coûts directs liés aux procédures juridiques, remboursements, rappels, prix des assurances et autres mesures liées aux allégations trompeuses, le principal danger que court l’organisation vise son image de marque, son identité profonde. Des mesures de boycott, une réaction forte des consommateurs, des apparitions négatives dans la presse !

    Tout cela peut être évité à peu de frais en se préparant en amont à ces éventualités. Avec le mental d’un alpiniste, et en imitant ses méthodes : se focaliser sur l’essentiel. En l’occurrence, les allégations présentant le plus de risques, avec les plus importants dommages potentiels. Traiter chaque allégation avec les mêmes ressources impliquerait en effet une perte d’efficacité du traitement. Il appartient à l’entreprise de sélectionner ses combats pour les mener à bien.

    Au-delà du danger le succès

    C’est la motivation de l’alpiniste, c’est également la raison d’être de l’entreprise. S’il s’agit de la célébrité pour le premier, et du succès commercial pour la seconde, le processus est le même : un risque calculé et une opération réussie amènent des enseignements, une expertise, une renommée.

    Une traçabilité sans faille aidera l’organisation à anticiper les insatisfactions éventuelles des consommateurs, tout en lui permettant de se positionner pour bénéficier d’opportunités d’améliorer ses produits, leur conformité, etc. La traçabilité est l’assurance de rester au-devant de potentielles réclamations coûteuses… mais également d’anticiper les coûts inévitables et de s’y préparer.

    C’est d’un autre alpiniste célèbre, plus âgé, dont nous pouvons tirer la meilleure formulation de la leçon d’aujourd’hui. L’Italien Reinhold Messner disait : « Avant de partir, j’envisageais tous les scénarios possibles de sorte que je puisse prendre la meilleure décision le moment venu. » Tel est ce qui l’a maintenu en vie alors que tant d’alpinistes de sa génération n’ont jamais vu le 21ème siècle. C’est également cela, la préparation, la coordination de tous les services pour la meilleure gestion des promesses marketing, avec les bons outils et la bonne mentalité, qui maintiendra en vie et assurera la bonne réputation des entreprises d’aujourd’hui. Dans le monde post-pandémie, aucun faux pas issu de ces aspects ne sera toléré.

     

  • TESLA, UPLOADING THE FUTURE – L’analyse de FABERNOVEL

    TESLA, UPLOADING THE FUTURE

    Tous les ans depuis 2006, FABERNOVEL réalise une étude à destination de tous afin de remplir l’une de ses missions : contribuer à la lisibilité et à l’accessibilité de la révolution numérique. La réalisation de ces études qui prend en moyenne 3 mois et mobilise de 2 à 5 personnes est à la fois une occasion d’approfondir des sujets d’innovation, de prendre de la hauteur sur le numérique et de développer des frameworks de réflexion pour décrypter les recettes des succès des GAFA, licornes et géants chinois. Il s’agit d’analyser toutes les dynamiques compétitives de cette nouvelle économie, ses facteurs de performance et sa stratégie de développement. Depuis 2014, elles sont regroupées sous le nom « GAFAnomics » et font l’objet d’enseignements à Sciences Po Paris, HEC et l’ESCP, entre autres.

    En juin 2017, Donald Trump annonçait la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris. Selon le président des Etats-Unis, les engagements de la COP21 ne « respectaient pas les intérêts des Américains » alors que lui avait « été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris ». Au même moment, de nombreux responsables politiques et économiques, dont le maire de Pittsburgh, se désolidarisaient de la décision. Une personnalité en particulier décidait de démissionner du Conseil du président américain : Elon Musk, parce que « le changement climatique est quelque chose de réel ». C’est que, celui qui a consacré ces 10 dernières années à développer le transport propre en mêlant le meilleur des industries de l’énergie, de l’automobile et du software en sait quelque chose.

    Car la voiture électrique est une vieille idée, et une réalisation tout aussi ancienne. C’est au tournant des années 1900 que Nikola Tesla a inventé le moteur électrique.

    En ce début de siècle, 40% des véhicules fonctionnaient à la vapeur, 38% étaient électriques et 22% seulement étaient dotés d’un moteur thermique. Mais dès 1908, les performances du moteur à essence, les choix politiques de développement des transports individuels, les gains de productivité rendus possibles par la révolution fordiste (chaîne de production et division du travail) et les prix, accessibles, du pétrole permirent au moteur thermique de prendre la main sur le marché de l’automobile. En 1914, 99% des voitures en circulation sont des voitures à essence.

    Un siècle plus tard, l’urgence environnementale a redistribué les cartes et c’est dans la Silicon Valley, Olympe contemporaine, où les start-ups rêvent de changer le monde et de résoudre les problèmes fondamentaux, que l’on retrouve Elon Musk. Elon Musk, entrepreneur archétypal de la Silicon Valley, taillé pour un blockbuster des studios Marvel, le croit encore. Certaines de ses entreprises – PayPal, SpaceX, Hyperloop et Tesla – ambitionnent de repenser des industries structurelles : la banque, l’espace, le transport et l’énergie. Et il est en passe d’y arriver ! Voici comment.

    Pour FABERNOVEL, le succès de Tesla tient en sa capacité à évoluer au sein de 3 mondes distincts mais complémentaires : le monde des idées, le monde physique et le monde numérique.

    1. Maître du monde des idées, Tesla a développé une vision – celle d’un monde débarrassé du fléau de la pollution environnementale – soutenu par une mission ambitieuse : accélérer la transition du monde vers l’énergie renouvelable.
    2. Acteur du monde physique, Tesla s’impose comme un industriel taillé pour le XXIe siècle à la tête d’un système global. Devenu un acteur clé des secteurs automobiles et énergétiques, Tesla n’en a jamais suivi le moindre principe. Les codes d’industries réputées impénétrables sont ainsi bouleversés pour créer ce qui n’existait pas.
    3. Réelpure-player,Teslaestenquelquesannéesdevenuungéantdumonde numérique, développant des systèmes d’intelligence artificielle capables de rendre les voitures autonomes, et tirant profit de la connectivité pour créer des réseaux distribués de transport et d’énergie, infrastructures probables de notre futur commun. Tesla est avant tout un orchestrateur de réseau, à la manière des pionniers du genre : les GAFA.

    Mais comment ce jeune acteur a-t-il réussi à concilier ces trois mondes et à s’imposer en moins de 15 ans sur des marchés aussi fondamentaux que l’automobile et l’énergie ? 6 théorèmes, formulés par certains des plus grands entrepreneurs des ères industrielles et numériques, nous donnent les clés pour analyser et apprendre de cette épopée technologique.

    Théorème numéro 1 : Une vision ambitieuse est le meilleur moteur de croissance

    Si ses concurrents traditionnels du secteur automobile limitent leur réflexion et stratégie à leurs produits, voire leurs consommateurs, Tesla ose au contraire imaginer et affirmer une vision beaucoup plus vaste dans laquelle son produit – la voiture – n’est qu’une composante. Tesla est avant tout une vision, celle d’un avenir vert, fait de véhicules électriques autonomes et partagés, où chacun pourra capter l’énergie du soleil pour ses propres besoins énergétiques, libérant ainsi nos sociétés modernes de leur dépendance aux énergies fossiles. Revendicatrice, convaincue, l’entreprise se fait l’incarnation non pas d’une mission purement commerciale mais d’une véritable philosophie. Portant la perspective d’un monde meilleur, Tesla interpelle, engage, et embarque ainsi toutes ses parties prenantes : investisseurs, clients, employés, médias, « believers ». Cette vision ambitieuse est le moteur de l’aventure Tesla. C’est le catalyseur de sa croissance et sa boussole dans un monde en bouleversements perpétuels.

    Théorème numéro 2 : Le statu quo est fait pour être rompu

    Peu savent que le réchauffement climatique aurait pu être évité, ou a minima contenu, si le moteur à induction développé par Nikola Tesla au début du XXe siècle avait triomphé du moteur à combustion de Benz. Mais un entrepreneur ingénieux, Henry Ford, a défini une autre trajectoire pour le monde en créant la première voiture produite en masse : la Ford T. Si Henry Ford et sa chaîne de production ont tué le rêve de la voiture électrique, Tesla l’a ressuscité.

    Mécanique, technologie, infrastructures, consommateurs, … tout allait à l’encontre du projet Tesla. Insurmontables, ces défis ont pourtant été relevés, un par un. En décomposant le problème en autant de petits challenges, Elon Musk et son équipe ont pu repousser progressivement chacune de ces limites. Comment ? En appliquant les méthodes des start-ups et par opportunisme : tandis que les batteries de voitures étaient réputées trop chères, Tesla a utilisé les mêmes batteries que celles de nos ordinateurs, pour inventer une batterie automobile à bas coût. Le tout étant adapté sur le châssis d’un autre fabricant. Une voiture électrique plus rapide et performante que les meilleures voitures de sport à essence ? Soi-disant impossible jusqu’au Tesla Roadster. Le statu quo est fait pour être rompu.

    Théorème numéro 3 : L’intégration est la clé de la perfection

    Un des éléments principaux de la vision de Tesla est la création d’un véhicule électrique accessible au marché de masse. Pour atteindre le niveau de qualité requis et un coût de revient suffisamment bas, Tesla intègre et réinvente progressivement l’ensemble de la chaîne de valeur, en opposition totale avec la dynamique des 50 dernières années qui a consacré l’externalisation comme une stratégie gagnante : Tesla construit entre autres la plus grande usine de batteries au monde et repense la chaîne de production grâce à la puissance du logiciel et de l’automatisation.

    En rapprochant ses fournisseurs et en les intégrant, Tesla se donne les moyens d’optimiser considérablement son cycle d’innovation tout en gagnant

    progressivement en compétences pour maîtriser véritablement l’ensemble de la chaîne de production de ses produits. A la manière de Ford avec sa mythique usine River Rouge, Tesla se donne les moyens, non pas d’assembler un objet standardisé, mais de construire quelque chose de fondamentalement nouveau.

    Théorème numéro 4 : Il n’y a pas de marché, seulement des clients

    Tesla bouscule le marché du retail automobile avec de nouveaux codes : un modèle de vente directe sans intermédiaire ainsi qu’un service de maintenance et d’assurance porté par l’entreprise. Tesla développe également ses propres infrastructures pour répondre à un point de friction majeur : pour permettre à ses clients de parcourir de longues distances, il manque un réseau de chargeurs sur l’ensemble du territoire. La meilleure solution ? Le faire soi-même. Ce sont les Superchargers.

    Enfin, en plus de ses véhicules, Tesla propose à ses clients des produits destinés à la conversion et au stockage d’énergie solaire, leur permettant ainsi de réduire leur dépendance au réseau énergétique traditionnel et plaçant Tesla dans une quasi- position de service public.

    Tesla a construit un réel système industriel qui s’affranchit des barrières entre marchés, pour garantir l’expérience de ses utilisateurs et l’intégrité de sa vision.

    Théorème numéro 5 : Le logiciel dévore le monde

    Le logiciel est devenu une composante fondamentale de notre monde et Tesla l’a intégré à ses produits dès les premiers instants.

    Ses voitures sont construites autour d’un seul et même cœur, l’OS (système d’exploitation), rendant ainsi possible de multiples innovations, encore prospectives pour de nombreux industriels. D’abord, alors qu’une voiture classique se dégrade après sa sortie de l’usine, les Tesla peuvent être mises à jour, à la manière de nos smartphones, permettant une amélioration continue de leurs fonctionnalités et de leurs performances. Ensuite, l’utilisation des produits Tesla (automobiles ou énergétiques) peut être suivie à distance, permettant d’effectuer des opérations de maintenance prédictive pour prévenir une panne plutôt que d’y remédier à posteriori. Enfin, et c’est sûrement l’innovation la plus structurante, les véhicules produits par Tesla sont en passe de devenir autonomes, promettant ainsi de redéfinir des industries comme la logistique, le transport de personnes, le retail ou même les médias (on estime que les voitures autonomes libéreront 12,2j/an d’attention par conducteur).

    Théorème numéro 6 : Les réseaux sont les nouveaux actifs

    Comme nous l’expliquions déjà dans GAFAnomics Saison 2, les pure players du numérique sont des réseaux, structures ultra-performantes qui redéfinissent les mécaniques de création de valeur et laissent beaucoup d’acteurs traditionnels

    impuissants. Tesla est aussi en train de créer un réseau. Un réseau de transport d’abord qui permettra, à la manière d’Uber, à des tiers d’accéder à des voitures autonomes Tesla mises à disposition par leurs propriétaires, changeant par la même occasion le modèle économique de Tesla de la vente vers la mise en relation. Un réseau énergétique ensuite, une « smart grid » qui permettra une gestion en temps réel de la production et de la consommation d’énergie solaire, et des échanges en P2P. Et c’est là le réel projet de Tesla : la construction d’un réseau planétaire de transport et d’énergie permettant une transition radicale vers les énergies renouvelables.

    Personne ne sait si le futur de ces industries sera dominé par Tesla, mais sa vision et son exécution ont déjà impulsé une transformation radicale à travers de multiples marchés et définit un standard pour les années à venir, poussant, entre autres, les constructeurs automobiles à électrifier leur flotte, à développer des voitures autonomes, et à investir dans des industries adjacentes à la leur.

    L’étude complète est ici 

  • Startups et international : les risques majeurs

    Quand les start-ups cherchent à surfer sur la vague de l’international

     Par Adrien Ledoux, CEO et co-fondateur de JobTeaser.com

     Selon l’Insee, la France a vu naître 10 000 start-ups au cours des 5 dernières années. Parmi tous les futurs champions de l’économie numérique, 43% réalisent déjà leur chiffre d’affaires à l’international. « L’international » qui, comme l’innovation et l’agilité, est le fil conducteur de nombre d’entre elles.

    Si elles ambitionnent de devenir leader sur d’autres marchés qu’en France, c’est parce qu’elles n’ont pas d’autre choix que d’être autant offensives que défensives dans leur stratégie de développement. Sans cette volonté de conquête, elles prennent en effet le risque qu’un autre acteur de leur secteur se positionne avec une promesse et une aura internationale lui permettant de prendre leur place sur leur marché d’origine. En partant à l’assaut de l’Europe, voire du monde, une start-up prend quatre risques majeurs qu’elle se doit d’anticiper pour les surmonter avec succès :

    Le premier est de négliger son marché d’origine. L’erreur à ne pas commettre est de croire que ce marché, qui lui permet de financer cette expansion, est acquis ;

    Le second est le risque de se lancer trop tôt. Il faut en effet se lancer quand on a trouvé une stabilité, un modèle économique dans son pays d’origine et que l’entreprise est déjà rentable. Et pour être rapidement rentable, en France, il faut avoir testé son produit ou son service très tôt même si ceux-ci ne sont pas encore complètement prêts.

    Arrive ensuite le risque, majeur, de se disperser. Pour savoir quels sont les marchés vers lesquels se tourner en priorité ou « choisir la bonne table de jeu », deux éléments sont à considérer : la taille du marché et sa dynamique. Il s’agit de savoir si le marché est en croissance et quelle est la situation concurrentielle afin de trouver ce que l’on appelle un « océan bleu » : un marché existant, avec une demande et des besoins mais sans trop d’acteurs pouvant y répondre. 

    Concernant son développement, une start-up peut faire le choix de se lancer sur plusieurs marchés en même temps et ainsi de nager en crawl, très vite, dans cet océan bleu. L’intérêt de cette stratégie c’est d’occuper l’espace le plus vite possible et ne pas prendre le risque d’être copié. Le fait d’attaquer plusieurs marchés en parallèle permet également d’asseoir encore un peu plus sa crédibilité internationale. En effet avoir des clients dans plusieurs pays peut s’avérer très convaincant pour un client. Cela permet également de toucher des budgets plus conséquents pour des sociétés internationales qui recherchent des partenaires capables de toucher toute une zone comme la zone EMEA par exemple. Quand on entre dans une course contre la montre avec des concurrents, miser sur une stratégie de croissance externe peut s’avérer payante. Acquérir des acteurs locaux fait gagner du temps lorsqu’on évolue dans un secteur où il n’y a de la place que pour un. « Winner takes all ». L’avantage de cette stratégie, comme BlaBlaCar l’a démontré, c’est qu’elle peut créer l’effet trou noir : ce n’est plus l’entreprise qui cherche à acquérir mais les autres qui cherchent à la rejoindre.

    A l’inverse, il y a la possibilité d’avancer dans l’internationalisation pays par pays, à la brasse, plus sereinement mais moins vite, tout en sachant que l’on peut plus facilement se faire doubler. Si on prend le temps d’installer son entreprise et son expertise en Allemagne, par exemple, rien n’indique que pendant ce temps-là, en Angleterre, un autre acteur ne sera pas en train de faire la même chose. Y a-t-il alors une bonne stratégie, LA méthode ultime pour étendre son activité à l’international ? Il n’y a pas de modèle unique. Ceci dit, cela dépend surtout de l’investissement nécessaire. S’il n’y a pas d’investissement trop lourd, en matière d’infrastructures notamment, alors les start-ups peuvent surement s’attaquer à plusieurs pays en même temps. 

    Enfin, dans sa course au leadership européen ou international, on prend le risque de perdre sa culture d’entreprise. L’idéal, pour lancer un marché, est d’avoir 2 à 3 personnes sur place. Loin de l’entreprise et des fondateurs, elles peuvent se sentir indépendantes de l’organisation et hermétiques aux valeurs de l’entreprise.

    L’une des solutions à cela est peut-être l’immersion. L’idée est de recruter des profils étrangers, natifs du pays vers lequel l’entreprise souhaite étendre son activité, mais de les former en France pendant plusieurs mois pour qu’elles ne se sentent pas isolées. Plus les collaborateurs étrangers s’imprègnent de la culture de l’entreprise et des valeurs de la mission, plus elles sont faciles à manager. Dans un second temps, quand l’entreprise commence à faire un chiffre d’affaires sur son nouveau marché et signe un nombre significatif de contrats, l’ouverture d’un bureau permet de structurer et de valoriser les équipes sur place.

    De tous les conseils reçus ou des observations menées, les conditions sine qua none de la réussite de sa conquête internationale sont probablement la faculté à s’adapter aux codes des autres marchés, d’où l’importance de recruter des locaux. Il sera difficile de séduire un prospect allemand sans lui amener des preuves en chiffres, par exemple. Il apparaît enfin essentiel que les dirigeants fondateurs s’impliquent dès le début dans l’aventure internationale. C’est pourquoi ils doivent prendre le temps d’endosser de nouveau les rôles de commerciaux et de managers. Si cela donne l’impression que l’on recommence l’histoire du début, en réalité on lui ajoute juste un, voire plusieurs nouveaux chapitres. Et leur récit, s’il a déjà captivé de nombreux publics, doit très logiquement être introduit par le ou les mêmes narrateurs pour maintenir l’attention et lui assurer le même succès.

  • IOT … Quand vertueux rime avec dangereux

    L’analytique à l’épreuve des objets connectés 

    Par Thierry Bedos, Directeur général SAS France.

    Le phénomène n’est pas nouveau, et sa croissance est exponentielle : on estime en effet qu’il y aura 30 à 50 milliards d’objets connectés dans le monde à l’horizon 2020. Une prolifération à laquelle la société, le monde, se voient contraints de s’adapter. Pourtant, peu d’entreprises semblent avoir pleinement conscience de la réalité qui se cache derrière ces chiffres, des possibilités qu’ils offrent comme des risques associés. Un nouveau défi pour le secteur de l’analytique, qui, après avoir fait ses preuves dans de nombreux métiers, pourrait endosser à présent son costume de cyber protecteur ! 

    Une promesse vertueuse…

    Portant depuis longtemps en germe la promesse d’une entreprise gérée de façon intelligente et d’une « vie facilitée », l’Internet des objets (ou plus communément l’IoT, de l’anglais Internet of Things,) est pourtant encore loin d’avoir dévoilé tout le spectre de ses fonctionnalités.

    En plaçant des capteurs intelligents sur des plateformes pétrolières, des routes, des tuyaux ou des camions, les industriels sont désormais en mesure d’effectuer leur maintenance de façon prédictive. En générant des ordres de réparation préalablement aux incidents, ils évitent des pannes et optimisent l’utilisation de leurs ressources. Ceci n’est qu’un exemple d’application parmi tant d’autres : avec les objets connectés, le champ des possibles est colossal !

    …mais dangereuse !

    Qui dit « connecté », dit adresse IP, et donc… risques associés ! Pour les pirates informatiques, la recrudescence des objets connectés dans de nombreux secteurs d’activités constitue une véritable aubaine. Elle leur permet de s’emparer facilement et illégalement des données privées, confidentielles, précieuses.

    Un réel danger pour les organisations de toutes tailles et tous secteurs d’activités confondus, qui doivent en prendre conscience sans plus attendre, et se prémunir contre cette menace. L’impérieuse nécessité d’éducation est fondamentale, et ce à tous les échelons de l’organigramme. Mais pas seulement : les cyber risques introduits dans la sphère de l’entreprise avec l’Internet des objets doivent servir de sonnette d’alarme pour les chefs d’entreprise, et les inciter à modifier une bonne fois pour toutes leur stratégie en matière de cybersécurité.

    Mais, alors, comment faire ?

    Si le risque est bien réel, le clivage à la tête de l’entreprise, l’est également : d’après une étude mondiale réalisée par The Economist Intelligence Unit, plus de 30% des responsables de la sécurité informatique en entreprise s’attendent à subir une cyberattaque importante et préjudiciable dans les trois mois, tandis que seuls 12% des dirigeants partagent ce point de vue. Signe qu’il faut accentuer la pédagogie, surtout au sommet de la hiérarchie. Mais ce n’est pas tout.

    Bien que certains dirigeants aient déjà planché sur la création de nouveaux postes pour lutter contre la cybercriminalité — en introduisant par exemple des privacy officers, tenus comme leur nom l’indique de veiller au respect de la confidentialité des données —, il convient d’approfondir cette piste. Et de faire de l’analytique sa principale alliée pour mener à bien cette bataille.

    En matière de sécurité, l’analytique peut par exemple permettre d’obtenir une image continue et globale des menaces grâce à l’analyse des flux de trafic. Enrichie d’informations contextuelles telles que les données organisationnelles et les alertes générées par les infrastructures sécuritaires, elle rend compte de la normalité/l’anormalité de la situation au sein du réseau, et informe quant aux attaques à prévoir.  

     L’importance de l’analyse des « données chaudes »

    La prolifération des objets connectés partout dans la société a incité les professionnels de l’analytique à s’adapter et à faire évoluer leurs pratiques en matière d’analyse des données récoltées.  Par exemple, il est devenu nécessaire de traiter les données directement à la source, c’est-à-dire avant leur « refroidissement » (leur stockage). Facilitée par le dialogue permanent entre l’objet connecté et le reste du système d’information, cette exploitation immédiate des flux de données générées par l’IoT permet non seulement de prendre des décisions de manière instantanée, mais aussi de sécuriser ces dispositifs grâce à des algorithmes dédiés.

    En adaptant leurs solutions de traitement des données aux exigences du marché, les principaux acteurs du domaine de l’analytique ont transformé la menace de l’IoT en opportunité. Après avoir notamment fait ses preuves dans le domaine du marketing, l’analytique est devenue toute puissante, avec un nouveau champ d’application qui s’ouvre à elle : la cybersécurité.

     

  • Quelles sont les stratégies des entreprises pour leur transformation numérique ?

    41% des entreprises françaises ont défini une stratégie globale pour leur transformation numérique

     BMC, ledévoile une étude sur la transformation numérique menée auprès de 169 entreprises françaises. Elle fait le point sur les principaux enjeux, obstacles et risques identifiés par les répondants, ainsi que le niveau de maturité auquel ils pensent se situer sur cette question. De manière générale, l’étude montre que les entreprises avancent de manière encourageante sur cette question et cernent bien les tenants et aboutissants inhérents à la transformation digitale de leur entreprise. Revue point par point des principales conclusions.

    Un niveau de maturité encourageant

    41% des répondants déclarent avoir défini une stratégie globale pour mettre en œuvre la transformation numérique de leur entreprise, et 40% déclarent qu’il existe des initiatives individuelles ou par entité métiers. Seuls 12% d’entre eux en sont encore au stade de la réflexion. Sur une échelle de 1 à 7, 7 étant le niveau le plus mature, les répondants se situent en moyenne à 3,9, avec 82% des répondants dans les catégories 3, 4 ou 5.

    Les objectifs poursuivis par la transformation numérique

    On retrouve l’amélioration de l’expérience client en tête des enjeux que les entreprises considèrent comme « très important » dans le cadre de leur transformation numérique (58%), au même niveau que la fluidification du parcours client. Mais les enjeux ne sont pas seulement externes, puisqu’en 3èmeposition, c’est l’amélioration de la performance opérationnelle qui est considérée par 53% des répondants. Ces priorités font écho aux principaux points faibles des entreprises: la relation client reste souvent difficile à optimiser au regard du décalage qui sépare souvent les pratiques des clients et celles des entreprises. Leur besoin d’agilité est également fort tant les conditions de travail et de collaboration entre métiers restent difficiles.

    Les risques, contraintes et challenges rencontrés

    La disponibilité et l’intégrité des données sont considérées comme le principal challenge technologique de la transformation numérique (49%).L’amélioration de l’expérience client implique l’intégration de nouvelles technologies, de nouvelles parties prenantes et ouvre davantage l’entreprise vers l’extérieur. Dans ce contexte, il semble logique que la sécurité soit un sujet essentiel à relever pour garantir qu’il n’y ait aucun dysfonctionnement ou failles conduisant à une perte de confiance des utilisateurs. Pas surprenant alors que le principal risque associé par les répondants à la transformation numérique soit la perte de confidentialité des données (53,7%).

    Parmi les principales contraintes rencontrées dans le processus, on retrouve en tête la lourdeur de l’organisation et des processus (53,7%), qui représente un véritable frein à la transformation numérique rapide des entreprises. Les contraintes techniques elles (BYOD, infrastructures hybrides, identification des fournisseurs…) ne sont pas considérées comme déterminantes. D’autres points d’attention sont cependant considérés comme des obstacles, dont le déficit de culture numérique des collaborateurs, le manque de proactivité des métiers et l’inadaptation des compétences de la DSI.

     

    Ce sont pourtant les plus impliqués dans les projets de transformation numérique, avec 73% des répondants déclarant une implication forte, voire très forte de la DSI. Ils sont suivis par les DG (63%), les directions marketing (57%) et les CDO (53%).

    Le nouveau DSI

    Par conséquent, le métier de DSI s’en retrouve fortement impacté. 77,5% de répondants considèrent qu’un rapprochement de la DSI avec les autres directions métiers est essentiel à la transformation numérique, afin de combiner la vision stratégique des DG, les besoins des métiers, les attentes des utilisateurs et les expertises des DSI. La transformation numérique implique également une évolution des compétences du DSI (69%) principalement sur trois dimensions :

    • Technique :pour mettre en place de nouvelles architectures et des infrastructures renouvelées (Cloud, …)
    • Managérial :pour le leadership dans la conduite du changement et des relations plus étroites avec les métiers
    • Organisationnel :avec un changement nécessaire de processus et d’approches dans la gestion de projets

    Enfin, les répondants mettent en avant l’évolution du rôle de DSI vers un broker de services (56%), d’applications et d’infrastructures qu’il fournira aux métiers, afin de passer d’une logique de « faire » à une logique de « faire faire ». Ce qui n’impliquera pas nécessairement une marginalisation de la DSI à mesure que les métiers seront de plus en plus autonomes, puisque seuls 10% des répondants voient cette tendance émerger.

     

    Pour obtenir le rapport complet, contactez bmcfrance@hotwirepr.com

  • Remodeler la sécurité des données dans l’optique du cloud

    Les nouveaux challenges des RSSI (CISO)

     Michael Sutton, CISO de Zscaler

    Comme l’a déclaré Warren Buffet, « Vingt années sont nécessaires pour construire une réputation, et cinq minutes suffisent pour la détruire. Pensez-y, et vous aborderez les choses différemment ». Échaudées par les conséquences du piratage dont l’opérateur de télécommunications britannique TalkTalk a récemment été victime, de nombreuses entreprises — et notamment leurs responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI[1]) — ne contrediront pas le célèbre homme d’affaires américain. En ce qui concerne la stratégie de sécurité de données, « aborder les choses différemment » n’est plus une case à cocher dans une to-do liste, c’est une priorité pour tout chef d’entreprise digne de ce nom.

    Le RSSI devient ainsi l’interlocuteur privilégié pour la défense des clients (customer advocacy), la protection de la marque et la mise en place de nouveaux moyens capables de sécuriser efficacement les données de son entreprise et des employés tout en réduisant les coûts et en simplifiant les processus métier pour favoriser la compétitivité.

    Or, face à la recherche d’un certain équilibre entre progression de la mobilité, cloud computing et Internet des objets, réussir en intégrant ces nouvelles responsabilités implique un changement d’approche. L’époque où la construction d’une forteresse permettait de repousser les méchants de manière efficace et de contrôler la situation est révolue. Aujourd’hui, les entreprises doivent assurer la sécurité d’employés qui travaillent à distance et qui utilisent des réseaux et des applications non sécurisés.

    Garder le contact avec les utilisateurs des TI

    Pour beaucoup, ce virage commence par l’évaluation des avancées technologiques et la manière dont elles peuvent être appliquées à la sécurité. À mesure que les technologies de l’information (TI) ont absorbé la virtualisation, la consolidation et la consommation des technologies, plateformes et services logiciels pour le cloud, les professionnels de la sécurité et de la gestion des risques ont été mis sur la touche. Et si l’automatisation et l’intégration constituent une pratique courante dans les processus informatiques, il n’en va pas de même pour la protection et la sécurité.

    Pour passer de la construction d’une forteresse à la sécurisation de « l’entreprise sans frontière », les RSSI se sont mis en quête d’un nouveau type de solution de sécurité. Celle-ci associe la sécurité et le chiffrement des données à des outils de sécurité dans le cloud et de protection des données à base de règles, et peut être mise en œuvre sur tous les canaux de connectivité. Les outils capables d’apporter de la visibilité à l’échelle du cloud et des renseignements concernant les menaces partagées par les utilisateurs rencontrent eux aussi un franc succès.

    De plus, ce changement doit intervenir avec effet immédiat ! Selon une enquête effectuée par le cabinet Forrester Consulting pour le compte de Zscaler, 82% des entreprises exigent une fonctionnalité assurant une solide intégration à une technologie de chiffrement ou de sécurité des données — tout de suite ou éventuellement l’année prochaine.

    Adopter une approche unifiée

    Outre cette transition vers une sécurité accrue, il convient également de changer la façon dont cette fonctionnalité est distribuée. Nombre d’équipes croulent actuellement sous les multiples appliances matérielles et solutions isolées, généralement distribuées par des fournisseurs dans le cadre d’offres souffrant d’une flexibilité et d’une capacité d’intégration limitées. Par conséquent, la prochaine étape logique  consiste à étudier comment les entreprises peuvent fédérer leurs outils et fonctions de sécurité dans un cadre centralisé.

    L’enquête menée par Forrester corrobore cette suggestion. À une majorité écrasante (98%), les professionnels de la sécurité se déclarent convaincus qu’une plateforme de sécurité intégrée permettrait de déployer une large gamme de fonctionnalités de cybersécurité avec une efficacité supérieure aux solutions indépendantes fournies par différents éditeurs. En fait, 76% des personnes interrogées affirment que cette approche serait plus efficace.

    Une étude plus poussée montre que pour les professionnels, de telles plateformes éliminent les barrières qui empêchent la mise en œuvre de techniques de pointe telles que les fonctions analytiques avancées ou l’apprentissage automatique (machine learning), qui reposent sur la distribution d’un grand volume de données cohérentes, toutes technologies confondues. Bien entendu, quand plusieurs outils sont utilisés, il devient extrêmement difficile d’extraire des données cohérentes pour nourrir des informations pertinentes et exploitables.

    Rentabiliser la sécurité dans le cloud

    De même qu’ils doivent envisager les implications financières d’un changement de stratégie, les différents métiers et les professionnels de la sécurité doivent travailler main dans la main pour aider les entreprises à atteindre ses objectifs globaux. Rendre l’entreprise agile et compétitive dépend non seulement de la productivité ou — dans le cas qui nous intéresse — de la sécurité, mais également d’une baisse des coûts généraux, ainsi que d’investissements intelligents qui ne compromettront pas la stabilité de l’entreprise.

    Associer des plateformes de sécurité intégrées et des options de déploiement dans le cloud est la clé d’une meilleure sécurité et d’une évolutivité accrue. C’est également le moyen de réduire les frais généraux et de déplacer des ressources vers des tâches critiques. Résultat, les RSSI doivent se demander comment apporter des améliorations sensibles au niveau des coûts. Cette définition des priorités se reflète dans les conclusions de l’enquête menée par Forrester auprès de 130 professionnels de la sécurité pour qui la réduction des coûts représente un objectif majeur — ainsi que le critère clé de l’adoption des technologies de sécurité dans le cloud.

    Cela étant dit, le coût n’est pas le seul argument en faveur des déploiements dans le cloud. Près de la moitié (49%) des répondants se déclarent prêts à adopter la sécurité dans le cloud en tant que service afin de bénéficier d’une protection accrue par rapport aux déploiements sur site. Ainsi, 48% des personnes interrogées indiquent que l’une des priorités de la mise en œuvre d’outils cloud consiste à sécuriser les zones inaccessibles aux outils sur site — sites déportés, appareils mobiles et solutions connectées à l’Internet des objets. Cette fonctionnalité devient primordiale à l’heure où les responsables de la sécurité des systèmes d’information s’intéressent à des stratégies d’avenir parfaitement étanches, au-delà de la forteresse.

    Dernières recommandations

    Naturellement, les méthodes courantes de sécurisation doivent être adaptées, dans la mesure où les entreprises sont confrontées à des contraintes telles que l’évolution des menaces ou encore des effectifs mobiles et disséminés. Avant de prendre des décisions quant à la manière d’appliquer des techniques plus avancées, les chefs d’entreprise doivent évaluer les outils qui sont déjà à leur disposition, ainsi que les fonctions qu’ils prennent en charge.

    Ils doivent ensuite déterminer quelle est la façon la plus efficace de déployer ces capacités. Il est indispensable de constituer un écosystème de sécurité qui donne la priorité à l’intégration et à l’orchestration dans toutes les technologies de sécurité dont dispose l’entreprise. Cette approche permettra aux équipes de rechercher activement des outils pour lesquels les fournisseurs ont déjà développé des capacités d’intégration, ainsi que d’évaluer les offres de sécurité administrée où les prestataires de services peuvent proposer des plateformes pré-intégrées.

    C’est en prenant les mesures nécessaires pour répondre efficacement à la nécessité de promouvoir la sécurité dans le cloud comme catalyseur de la compétitivité que les responsables de la sécurité des systèmes d’information pourront protéger l’entreprise ubiquitaire en alliant flexibilité et coût optimisé. Seule cette approche leur permettra de remplir leur rôle en préservant le fragile équilibre entre la confiance des clients et la réputation de la marque.