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  • Comment ChatGPT redéfinit le retail media ?

    ChatGPT redéfinit discrètement l’avenir du retail media

    Par Lee Metters, Retail Media Lead, Awin

    Le retail media est l’un des domaines de la publicité digitale qui connaît la croissance la plus rapide. Des réseaux sociaux aux moteurs de recherche, chaque espace publicitaire est un terrain de jeu pour attirer l’attention des consommateurs – et ChatGPT est en train d’en changer les règles.

    Cette année, OpenAI a lancé une nouvelle fonctionnalité, Product Finder, qui permet aux utilisateurs de découvrir et d’acheter des produits directement dans ChatGPT.
    Plutôt que de saisir une requête dans un moteur de recherche traditionnel ou sur un site web, les utilisateurs peuvent simplement décrire ce qu’ils recherchent et recevoir des recommandations de produits générées par l’IA, accompagnées de comparaisons, d’avis, d’avantages et d’inconvénients, ainsi que des liens pour acheter les produits – un parcours somme toute très simple, de la découverte du produit à la conversion.

    Bien qu’aucune donnée officielle n’ait été publiée sur les taux de clics de Product Finder, nous savons que ChatGPT traite plus d’un milliard d’interactions web chaque jour.
    Même si seule une petite partie de ces interactions est liée à des achats, cela signifie que des dizaines de millions de sessions de découverte de produits ont lieu chaque semaine sur la plateforme. Ce volume a le potentiel de drastiquement transformer la manière dont les gens découvrent, évaluent, et achètent les produits en ligne.

    Mise en situation : recherche d’un babyphone

    Ma femme et moi attendons un enfant. J’ai donc demandé à ChatGPT de me recommander un babyphone. Nous avions des critères précis en tête, que nous avons inclus dans notre prompt, et laissé ChatGPT faire son travail. Parmi les options proposées, le premier produit recommandé était le Hubble Connected Nursery Pal Glow. ChatGPT a fourni une description détaillée de ses fonctionnalités, et nous a recommandé de l’acheter dans un magasin spécifique.

    Ne faisant pas entièrement confiance à la recommandation de ChatGPT, j’ai consulté directement le site web du magasin suggéré et recherché « baby monitors ». Le premier produit répertorié, un placement sponsorisé sur cette page de catégorie, était le même moniteur Hubble. Ce placement était très certainement le résultat d’une campagne retail media endémique, par laquelle les marques paient pour obtenir un emplacement de choix sur le site web ou l’application d’un retailer.

    Ce conflit potentiel a attiré mon attention : ChatGPT m’a dirigé directement vers la page du produit, contournant ainsi efficacement le placement publicitaire endémique sur la page de catégorie. Si ChatGPT fait apparaître le même produit, provenant d’un contenu média tiers (tel qu’une annonce sponsorisée par le distributeur lui-même) ; nous assistons à une convergence importante dans les stratégies de retail media.

    L’impact de la découverte de produits par l’IA

    Cette expérience, certes modeste mais révélatrice, soulève une question plus importante : si des plateformes telles que ChatGPT deviennent un élément central du processus de découverte de produits, qu’adviendra-t-il des stratégies traditionnelles de retail media ?

    Aujourd’hui, le retail media endémique s’articule principalement autour de placements sur site, tels que des listes de produits sponsorisés, des bannières et des carrousels dans les écosystèmes digitaux des retailers. Cependant, les outils basés sur l’IA tels que ChatGPT introduisent une nouvelle dynamique, en déplaçant le point de départ du parcours d’achat des consommateurs en dehors de ces écosystèmes.

    Cela marque un changement fondamental dans la manière dont l’influence est acquise. Pour rester dans la course, les marques et les retailers doivent repenser la façon dont ils allouent leurs dépenses dédiées au retail media, et dont ils garantissent leur visibilité et leur influence dans la découverte de produits générée par l’IA.

    De nouvelles opportunités

    Avec l’essor des outils IA tels que ChatGPT, les sites média (sites de comparatifs, par exemple) jouent désormais un rôle de plus en plus important dans l’écosystème du retail média endémique hors site. Selon Digiday, ChatGPT a généré plus de 243,8 millions de visites sur des sites média en avril 2025, soit une augmentation spectaculaire de 98 % depuis janvier 2025. Bon nombre de ces sites sont cités directement dans les recommandations de produits générées par l’IA, contribuant à les positionner efficacement comme des intermédiaires de confiance dans le parcours d’achat.

    Si l’on reprend l’exemple du babyphone, l’une des sources citées par ChatGPT était Expert Reviews, un site média qui fournissait non seulement la recommandation, mais incluait également un lien d’affiliation redirigeant vers le magasin recommandé par ChatGPT. Cela montre clairement comment le contenu hors site alimente le commerce basé sur l’IA, et souligne la nécessité de stratégies intégrées et multicanales.

    Si les plateformes d’IA telles que ChatGPT doivent devenir le nouveau sommet du funnel, les stratégies de retail media doivent évoluer au-delà des limites des placements sur site. Les retailers et les marques doivent envisager d’allouer une partie de leur budget publicitaire endémique au financement de contenus hors site de haute qualité, en particulier ceux susceptibles d’être classés dans les recommandations générées par l’IA.

    En fin de compte, l’association à des éditeurs, affiliés et créateurs de contenu devrait constituer une méthode pertinente pour gagner en compétitivité à mesure que les parcours d’achat en ligne évoluent.

  • Quelles sont les attentes des consommateurs lorsqu’ils recherchent des produits en ligne ?

    Observatoire des pratiques de recherche dans l’e-commerce, édition 2024

    Une Etude Sensefuel 

    Les usages sur les sites e-commerce et les attentes des consommateurs lorsqu’ils recherchent des produits en ligne évoluent d’année en année.
    Comprendre leurs habitudes est crucial pour optimiser l’expérience client de son site marchand, avec pour objectif de mieux servir le consommateur et accélérer ses ventes.

    Sensefuel a interrogé 1 292 consommateurs en janvier 2024 sur les trois plus grands marchés européens du e-commerce, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, et rassemblé leurs réponses dans l’Observatoire des pratiques de recherche dans l’e-commerce. Ces données précises permettent de mieux connaître le consommateur, de comprendre la manière dont il recherche ses produits et cerner ses motivations et ses freins à l’achat lors de la visite sur un site e-commerce.

    • Comment les internautes s’y prennent pour trouver un produit, quel que soit le device utilisé.
    • Dans quelle situation l’internaute utilise la barre de recherche, plutôt que la navigation
    • Les améliorations possibles des moteurs de recherche, selon les consommateurs
    • Et d’autres chiffres, utiles à l’amélioration de votre stratégie e-commerce…
    • Quelles sont les grandes tendances mises en avant ? 

    Pour cette édition 2024, les consommateurs sont 67 % à attendre une expérience adaptée, que le site e-commerce ait compris leurs goûts et envies et personnalise l’affichage.
    Ils choisissent en première place le moteur de recherche pour simplifier leur parcours d’achat et souhaitent accéder à des filtres précis et à un menu plus clair. La barre de recherche est toujours plus utilisée dans différents contextes.
    Ainsi, 74 % des consommateurs utilisent le moteur de recherche pour chercher un produit précis. 

    Parmi les principaux reproches des sondés se distingue notamment le fait que soient proposés des produits inadaptés (31 % des répondants).
    On note aussi, en termes de reproche concernant la recherche de produit par mot-clé, des résultats peu pertinents avec un score de 26 % en hausse de 25 % par rapport à 2023.
    Enfin, sur les douze derniers mois, 25 % des sondés ont perçu des améliorations concernant le fonctionnement de la recherche par mots-clés sur les sites e-commerce qu’ils fréquentent régulièrement.

    Pour télécharger l’étude c’est ici 

  • Moteur de recherche vocale dans le ecommerce : les nouveaux usages

    Recherche vocale : quelles perspectives dans le e-commerce ?

    Par Stéphane Vendramini fondateur de Sensefuel

    Nous connaissons tous la barre de recherche présente dans notre navigateur, sur notre ordinateur ou notre smartphone. Celle-ci nous permet de faire des recherches sur internet pour trouver des sites web, des informations, des produits ou bien encore des services. Tous ces résultats sont référencés par des moteurs de recherche. Lorsque l’on parle de recherche, il ne faut pas oublier qu’il existe aussi des moteurs de recherche internes, propres aux sites que nous visitons et indépendants de toute influence externe. Par exemple, sur un site e-commerce, le moteur interne permet aux visiteurs d’affiner leur recherche de produits grâce à des critères bien précis comme la couleur, la taille, la matière, etc. Cette aide est la bienvenue, un e-commerçant qui souhaite vendre doit tout faire pour faciliter l’accès à l’information concernant le produit recherché par le visiteur. C’est pourquoi un moteur de recherche interne efficace est primordial pour éviter de se perdre dans l’arborescence d’un catalogue conséquent.

     L’avènement du vocal dans la recherche

    Avec l’utilisation généralisée du smartphone, dont le clavier ne facilite pas toujours la frappe et dont l’écran – plus petit que celui d’une tablette ou d’un ordinateur – affiche moins d’informations, nous avons découvert de nouveaux modes d’interactions. Tout naturellement, le smartphone s’est donc mis à nous parler en se transformant par exemple en GPS mais également en gestionnaire de tâches et d’agenda, et finalement même en assistant pour faciliter la vie de l’utilisateur (émettre des appels, lire/envoyer des SMS, répondre à des questions, etc.). Ces nouveaux usages permettent d’interagir avec son téléphone en ayant le moins de contact physique possible.

    Quel est l’usage de la recherche vocale dans l’e-commerce ?

    Les canaux d’accès au vocal se multiplient, mais l’un des premiers reste le mobile. Gartner prévoit que 30 % des sites visités en 2020 le seront par la voix et ComScore prévoit que la même année, 50 % des recherches seront vocales.

    L’introduction des fonctionnalités vocales remonte à l’arrivée de Siri chez Apple en 2011. Quant à l’intégration du vocal dans le parcours de vente, elle est encore plus récente puisque cela ne fait qu’un peu plus de deux ans seulement. Mais durant cette période, 1,8 milliard de dollars auraient déjà été générés par la voix en 2017 aux États-Unis selon OC&C Strategy. Alors que les enceintes connectées font beaucoup parler d’elles, l’usage prioritaire du vocal s’effectue toujours par le biais du smartphone. D’ailleurs, il est important de rappeler que les fonctionnalités vocales sur ces deux types de devices sont identiques. Et même si près de deux tiers des utilisateurs de smartphones ont déjà utilisé l’assistant vocal de leur téléphone, on est encore loin d’un usage quotidien, car seuls 20 % l’utiliseraient plus d’une fois par mois.

    Côté e-commerce, seuls 15% des utilisateurs d’assistants vocaux aux États-Unis et au Royaume-Uni s’en seraient servis pour effectuer un achat de bout en bout. On note également que plus de 85% des achats effectués avec la voix ont des paniers moyens de moins de 100 dollars aux États-Unis. Le consommateur n’a pas encore pleinement pris confiance dans l’outil vocal. La recherche vocale a encore de nombreux défis à surmonter pour réellement pénétrer le marché du e-commerce.

    Faut-il inventer un parcours client 100 % vocal ?

    Dans un contexte omnicanal et omni device, il y a désormais deux parcours qui permettent d’effectuer une recherche : les parcours textuel et vocal. Ces deux moyens d’expression ne sont pas en concurrence. Au contraire, ils ne répondent pas aux mêmes besoins et sont tout à fait complémentaires. La voix permet de libérer la parole du consommateur et vient enrichir sa question. Quant à la réponse, elle s’exprime soit de manière visuelle sur un écran, soit par une réponse vocale concise et précise – si le contexte s’y prête. La recherche interne peut bénéficier du meilleur des deux mondes. L’affichage de produits, lorsque cela est nécessaire, pour éclairer le choix du client et la prise de commande par le vocal lorsqu’il s’agit juste de confirmer un achat par exemple. Au cœur de ce parcours, l’intelligence artificielle doit tenir compte de l’approche du client qui est de plus en plus hétéroclite et imprévisible.

    Que peut-on attendre en 2019 de la voix dans la recherche e-commerce ?

    L’oral est le mode de communication le plus simple; on apprend à parler bien avant de savoir écrire ! Être en capacité sur son site e-commerce de donner la parole à ses clients est la garantie de libérer leur expression du carcan du clavier et des comportements induits par 20 ans d’expérience de recherche sur internet.

    Bien entendu, il faut pouvoir tenir promesse ! C’est à dire écouter attentivement la demande, la comprendre et y répondre de manière précise et adaptée. C’est encore plus important si l’on prend en compte que bon nombre de comportements actuels sur les sites marchands sont liés à des frustrations d’usage. Le consommateur a par exemple appris à se servir d’un moteur de recherche en simplifiant énormément ses questions pour se garantir de trouver des réponses. L’évolution des comportements est un processus lent, le consommateur a une certaine aversion du risque, il lui faut du temps pour essayer et encore plus pour accorder réellement sa confiance et modifier ses habitudes.

    L’adoption de la recherche vocale ne dérogera pas à la règle même si les “Digital Natives”, non formatés par les capacités technologiques historiques, la plébiscitent déjà. Dans le retail, il faut comprendre qu’avec la recherche vocale, on est sur un impact similaire à la révolution du e-commerce.

    Faut-il dès lors, comme beaucoup l’ont fait à l’époque, limiter ses investissements au regard des seuls revenus directs et immédiats ? La première révolution a, par déficit d’investissement des acteurs historiques, généré de nouveaux concurrents devenus des leaders mondiaux.  Faut-il avec cette deuxième révolution les laisser définitivement prendre l’avantage ?

    Le phénomène va prendre de l’ampleur dans les prochaines années. En effet, le chiffre d’affaires généré par le commerce vocal pourrait atteindre 40 milliards de dollars dans le monde d’ici 2022, contre 2 milliards actuellement (chiffres OC&C Strategy Consultants) Alors, autant prendre le virage dès à présent !

    S’il paraît donc évident, à la lumière de l’histoire récente, d’épouser au plus vite cette courbe de changement, il est primordial d’assurer quatre fondamentaux :  Optimiser (vraiment) l’expérience client , être disponible sur tous les devices, comprendre le sens de chaque demande et dépasser “l’exprimé consommateur”.

     

     

  • Les dérives de l’utra-sponsorisation en matière médicale

    BAIDU le moteur de recherche chinois mis à mal par les internautes 

    Par Maitre Antoine Chéron, avocat spécialisé en propriété intellectuelle et NTIC, fondateur du cabinet ACBM (http://www.acbm-avocats.com)

    Baidu a été fondé en 2000 et est aujourd’hui le plus grand moteur de recherche Chinois, ce qui en fait le 5ème site le plus consulté au monde. A l’instar de Google avec son système AdWords, Baidu se finance grâce à la sponsorisation des liens internet. Or, les publicités médicales représentent environ 20% des revenus de son moteur de recherche. Début janvier, on a découvert que Baidu avait supprimé les messages négatifs de la part d’internautes de forums de santé sur des contenus sponsorisés de médicaments et hôpitaux. Ce n’était que les prémices d’une dénonciation des pratiques commerciales du groupe par l’autorité de régulation administrant l’internet chinois, la CAC.

    Wei Zewi, un étudiant chinois de 21 ans diagnostiqué d’une forme rare de cancer a fait une recherche sur Baidu concernant sa maladie et les premiers résultats ont mis en évidence une immunothérapie expérimentale par un hôpital pekinois. Ce traitement très onéreux s’est révélé totalement inefficace et, avant de mourir, le jeune homme a écrit une lettre accusant Baidu de tromper ses usagers en classant les résultats selon les recettes publicitaires. L’émotion qu’il a suscité sur les réseaux sociaux a attiré l’attention des médias et autorités, jusqu’à faire dégringoler le cours du groupe chinois à la Bourse de New York.

    L’enquête du régulateur de l’internet chinois révèle que « le mécanisme utilisé par Baidu pour classer les résultats dépend de façon excessive du prix payé et les contenus sponsorisés ne sont pas clairement signalés ». La CAC insiste sur le fait que ce système « influence l’impartialité et l’objectivité des résultats obtenus et contribue facilement à induire en erreur les internautes ». Ces remarques sont vraies dans tous les secteurs, mais les conséquences peuvent-être particulièrement désastreuses en matière médicale comme l’a montré le cas Wei Zewi. Ainsi, sans être des professionnels de la santé, on peut dire que les moteurs de recherche devraient respecter d’eux-mêmes une forme d’éthique médicale vis-à-vis de ses internautes malades.

    Enfin une remise en cause du modèle économique biface des moteurs de recherche gratuits ?

    Suite à cette affaire, Baidu a pris divers engagements. Il a assuré avoir supprimé les résultats sponsorisés de la part de plus de 2500 établissement médicaux ou entreprises de santé et a annoncé la mise en place d’un fonds d’indemnisation des usagers victimes de résultats publicitaires trompeurs de l’équivalent de 135 millions d’euros. De manière plus concrète, Baidu s’est engagé à signaler ostensiblement les contenus sponsorisés à l’aide de marqueurs et avertissements et les limitera à 30% de chaque page de résultat affiché.

    Le modèle économique de Baidu est dit « biface » car on a d’un côté les internautes, qui ne payent pas et de l’autre coté les annonceurs, qui eux payent pour être mis en avant. Cette seconde face finance le moteur de recherche à concurrence de 84% du chiffre d’affaire. C’est donc de manière indirecte que les usagers de Baidu, Google, Ebay et de la multitude d’autres sites en apparence gratuits peuvent prendre le statut de consommateur. Ce statut permettrait aux internautes d’être protégés plus efficacement contre les abus des moteurs de recherche et de leurs partenaires annonceurs pour les inciter à se tourner vers tel ou tel produit ou service.

    Mais le droit de la consommation ne s’est pas encore à proprement parler emparé de la question du modèle biface et de ses conséquences pour les internautes-consommateurs. Par exemple, le cheval de troie des attaquants du service AdWords de Google devant la Cour de justice de l’Union Européenne le 23 mars 2010 a été le droit des marques et la lutte contre la contrefaçon sur internet. Les mésaventures de Baidu catalyseront peut-être une prise de conscience collective des risques liés à l’influence des résultats de recherche sur les choix de consommation des internautes, particulièrement concernant leur santé.