Étiquette : quantique

  • Se préparer au changement quantique

    Se préparer pour l’avenir est tout aussi important que se défendre contre les menaces actuelles

    Selon Allan Camps, Senior Enterprise Account Executive, chez Keeper Security

    Célébrons le Mois de la sensibilisation à la cybersécurité

     En ce mois de la sensibilisation à la cybersécurité, nous ne nous contentons pas de lutter contre les cybermenaces qui font aujourd’hui la une des journaux, nous nous préparons également à celles de demain.
    La technologie évolue à un rythme qui favorise à la fois les progrès des défenseurs et le développement de nouveaux outils pour les acteurs malveillants. Les mêmes avancées qui stimulent la découverte et l’innovation offrent également aux cybercriminels de nouveaux moyens d’attaquer plus rapidement, plus largement et avec un impact plus important.

    L’un des exemples les plus évidents de cette double avancée est l’informatique quantique : une percée qui pourrait changer le monde pour de bon, mais qui pourrait également mettre en péril les fondements mêmes de la sécurité en ligne.

    Qu’est-ce que l’informatique quantique ?

    L’informatique quantique est une technologie émergente qui traite l’information d’une manière que les ordinateurs traditionnels ne pourraient jamais égaler. Au lieu d’effectuer un calcul à la fois, les machines quantiques exploitent les principes de la mécanique quantique pour évaluer simultanément d’innombrables possibilités.

    Cette puissance présente un énorme avantage, car elle pourrait accélérer les percées dans les domaines de la médecine, des sciences et de l’ingénierie, mais elle pose également un défi majeur en matière de sécurité.
    Une fois pleinement opérationnels, les ordinateurs quantiques seront capables de briser la cryptographie à clé publique utilisée aujourd’hui, notamment RSA et la cryptographie à courbe elliptique (ECC). Il ne s’agit pas d’outils de niche : ils sécurisent presque tout ce qui se trouve en ligne. Des connexions HTTPS qui protègent votre navigation aux signatures numériques sur les logiciels, en passant par les services bancaires en ligne, les systèmes de santé, les plateformes gouvernementales et les comptes des consommateurs, le chiffrement est la couche de confiance de l’internet.

    Et la plupart d’entre eux ne sont pas résistants au quantique. Bien que l’Institut national américain des normes et technologies (NIST) ait commencé à normaliser les algorithmes de chiffrement résistants au quantique, dont Kyber, ceux-ci ne sont pas encore largement déployés. Cela signifie que les identifiants et les enregistrements que vous créez aujourd’hui pourraient être les portes ouvertes de demain.

    Les ordinateurs quantiques à grande échelle ne sont pas encore accessibles au public, mais attendre leur arrivée serait une erreur. Les cybercriminels n’attendent pas : beaucoup ont déjà commencé à se préparer.

    La menace « récolter maintenant, déchiffrer plus tard »

    Les pirates informatiques comprennent que la puissance quantique arrive et ils planifient à l’avance. Leur stratégie est simple : voler les données chiffrées maintenant, sachant qu’ils pourront les déchiffrer plus tard.
    Cette approche « récolter maintenant, déchiffrer plus tard » signifie que les informations bancaires, les dossiers médicaux ou les identifiants de connexion volés, qui sont actuellement protégés par un chiffrement puissant, pourraient être piratés dans plusieurs années, bien après que la violation initiale ait été oubliée.

    Les pratiques de sécurité insuffisantes aggravent ce problème.
    Une étude de Keeper Security montre que seulement 30 % des personnes mettent régulièrement à jour leurs mots de passe, laissant 70 % d’entre elles exposées.
    Plus inquiétant encore, 41 % réutilisent les mêmes mots de passe pour plusieurs comptes, ce qui facilite les attaques par « credential stuffing », où un mot de passe volé est utilisé pour pirater plusieurs comptes. Ces habitudes quotidiennes offrent aux cybercriminels exactement les faiblesses qu’ils peuvent exploiter, que ce soit aujourd’hui ou à l’ère quantique.

    Commencez dès aujourd’hui à vous préparer au changement quantique

     La meilleure façon de se défendre contre les attaques quantiques de demain est d’agir dès maintenant. Les grandes entreprises évaluent, développent et déploient déjà des systèmes de chiffrement résistants au quantique, notamment des algorithmes approuvés par le NIST tels que Kyber, afin de mettre en place des protections adaptées aux défis futurs.

    Les particuliers comme les entreprises peuvent se préparer en prenant des mesures proactives :

    • Respectez les normes : veillez à vous tenir informé des directives et normes officielles. Les organisations doivent suivre les recommandations fiables du NIST et de la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA).
    • Effectuez régulièrement des mises à jour et installez les correctifs : vous n’avez pas besoin de suivre toutes les mises à jour techniques, mais vous devez vous assurer que les outils et les fournisseurs que vous utilisez sont à jour et conformes aux dernières normes de sécurité. Il est essentiel de veiller à ce que les produits soient régulièrement mis à jour, car les correctifs contiennent souvent des corrections de sécurité critiques pour protéger vos informations.
    • Vérifiez vos fournisseurs : ne vous contentez pas de croire qu’un produit est sûr, vérifiez-le. Utilisez des produits qui satisfont et dépassent les exigences de conformité, en particulier ceux qui sont tournés vers l’avenir. Lorsque vous choisissez un produit pour vous-même ou votre organisation, vérifiez-le minutieusement par rapport aux normes pertinentes pour vos besoins.
    • Renforcez les bonnes pratiques : comme toujours, suivre les bonnes pratiques existantes est le meilleur moyen de vous protéger aujourd’hui et demain. Utilisez des mots de passe forts et uniques et changez-les régulièrement pour vous défendre contre les méthodes d’attaque actuelles et futures. Le moyen le plus simple de les gérer est d’utiliser un gestionnaire de mots de passe fiable, qui génère des mots de passe forts et les stocke en toute sécurité. Stockez les informations sensibles dans des environnements sécurisés et chiffrés, et non dans des navigateurs, des documents partagés ou des notes autocollantes.
    • Surveillez les risques d’exposition : chaque minute compte lorsque vos informations sont volées. Les organisations et les particuliers doivent utiliser des services de surveillance qui peuvent les alerter si leurs données apparaissent sur le dark web, afin qu’ils puissent prendre des mesures immédiates.

    Ne négligez pas le chiffrement actuel. Les normes actuelles restent très efficaces et sont essentielles pour protéger vos données aujourd’hui. Le défi consiste à se préparer à un avenir post-quantique tout en continuant à protéger le monde dans lequel nous vivons actuellement.

    Entrer dans un monde post-quantique

     L’informatique quantique et ses implications peuvent sembler intimidantes, mais la voie à suivre est claire. Les mesures fortes et proactives prises aujourd’hui contribueront à garantir un avenir plus sûr.

    En ce mois de sensibilisation à la cybersécurité, reconnaissons que se préparer pour l’avenir est tout aussi important que se défendre contre les menaces actuelles. En renforçant les meilleures pratiques, en exigeant des outils à l’épreuve du temps et en soutenant le passage à un chiffrement résistant au quantique, nous pouvons sécuriser non seulement le monde numérique d’aujourd’hui, mais aussi le monde post-quantique vers lequel nous nous dirigeons.

     

     

  • Netexplo dévoile les 10 projets les plus audacieux et innovants

    Les innovations qui changeront le futur de nos sociétés et de nos usages

    Comme chaque année, Netexplo, l’Observatoire de l’innovation durable mondiale, a capté parmi les meilleures innovations du monde les 10 projets les plus audacieux et innovants. En 2023, l’Observatoire s’est concentré autour du retour à une vie plus réelle et aux innovations qui font du bien à la planète, en mettant en avant la lucidité

    Parmi plus de 3000 innovations à travers le monde, l’Observatoire Netexplo en a sélectionné 100, les plus remarquables. Celles qui pourraient bien faire changer le futur de nos sociétés et de nos usages. Ces 100 innovations constituent la matière première des Tendances Netexplo 2023.

    Aujourd’hui, la startup dévoile le TOP10 des innovations les plus remarquables et les plus inspirantes à Station F. Sylvain Louradour, Directeur associé Netexplo et auteur des tendances 2023, et son équipe ont pensé trois séquences :
    Prendre acte : des mots-écrans, concepts bullshit et échecs industriels.
    S’adapter : aller de l’avant, une fois qu’on a pris acte, en se tournant vers l’inventivité
    Ecouter : une proposition de positionnement non invasif face à la nature

    EXCLU : les 10 lauréats 2023 en direct le 18 avril : qui sera le Grand Prix 2023 ? Des idées et des projets qui pourraient bien changer le futur et faire du bien à la planète. Au cœur de la captation : l’intelligence artificielle.

    Coral Reef Soundscape AI : Analyse des fonds marins à travers un algorithme qui permet de connaître l’état de santé des sols marins

    Democratic AI : Un projet de Google Deep Mind qui a conçu un modèle de redistribution avec des participants humains qui l’ont jugé plus juste que les modèles égalitaires ou libertaires

    Diffusion Bias Explorer : Un nouvel outil conçu par un chercheur en éthique de l’IA qui sensibilise aux biais de l’IA en permettant à tout un chacun d’interroger deux systèmes populaires de conversion de texte en image, en montrant comment certaines combinaisons de mots produisent des résultats biaisés.

    Erica : Dans le but de rendre les conversations entre l’IA et l’homme plus naturelles, voire de créer de l’empathie, des chercheurs de l’université de Kyoto ont appris à un robot, Erica, à rire de la bonne manière au bon moment.

    Intracerebral Optical Device : Le CEA-Leti réalise les premiers essais cliniques chez l’homme d’un dispositif intracérébral qui émet une lumière neuroprotectrice visant à ralentir la neurodégénérescence.

    Living Carbon : Living Carbon a modifié génétiquement des peupliers pour qu’ils stockent plus de 50 % de carbone en plus que les arbres standard sur une période donnée. À grande échelle, la solution peut être équivalente à une part importante des émissions mondiales

    Neuroelectrics : Une technologie de stimulation cérébrale non invasive qui peut aider les patients souffrant d’épilepsie, de troubles du sommeil et d’autisme. Le casque contient de petites électrodes qui injectent des courants dans le cerveau, ce qui a pour effet d’exciter ou d’inhiber l’activité neuronale, en fonction des besoins du porteur.

    Quadloop Idunnu : Une grande partie des déchets électroniques des pays riches est déversée en Afrique, souvent de manière illégale. Parallèlement, l’éducation et les services dans des pays comme le Nigeria sont fréquemment perturbés par des coupures d’électricité, ce qui nécessite des solutions écologiques pour l’éclairage, par exemple. Quadloop s’attaque à ces deux problèmes en fabriquant des lampes et des panneaux solaires abordables à partir de déchets électroniques.

    Vall-E : Vall-E peut simuler la voix de n’importe qui avec 3 secondes d’audio. L’IA, développée par Microsoft, est un « modèle de langage à codec neuronal », basé sur EnCodec, publié en octobre 2022 par Meta.

    WWW (World Wide Wind) : L’éolienne flottante contra-rotative fournit deux fois plus d’énergie que les plus grandes éoliennes actuelles. La société norvégienne World Wide Wind (WWW) a dévoilé un nouveau type d’éolienne flottante à axe vertical (VAWT) qui pourrait révolutionner la façon de capter et utiliser l’énergie éolienne.

     

  • Informatique Quantique : La Chine et les US déjà prêts !

    Informatique quantique : L’Europe ne doit plus être la colonie du monde numérique

    Par Mickaël Réault, dirigeant-fondateur de Sindup

    Depuis toujours se déroule à l’international une véritable course à l’armement en matière d’avancées technologiques. Reste que les différentes nations en lice rencontrent désormais la même limite : la puissance de calcul. Limite que l’informatique quantique promet de repousser si loin qu’elle en est devenue le nouveau graal et mobilise des investissements massifs des grandes puissances … excepté pour l’Europe en passe de manquer un des virages technologiques les plus importants.

     A l’aube d’avancées technologiques majeures, causes de mutations profondes dans nos sociétés, il en est une qui va jouer un rôle d’accélérateur de particules et décupler de façon exponentielle la vitesse de progression de toutes les autres : l’informatique quantique.

    Désormais investie par les géants du secteur comme Google, IBM, Microsoft et Atos côté français, cette technologie est en mesure de démultiplier la puissance de calcul au point de parvenir à résoudre en quelques minutes des problèmes qui prendraient des milliards d’années aux machines actuelles. Alors, quand on sait qu’aujourd’hui biotechnologies, intelligence artificielle, réalité virtuelle et autres innovations arrivent à un point où seule la puissance de calcul les empêchera d’aller plus loin, il est facile d’imaginer comment l’informatique quantique a le potentiel de propulser, d’un coup, l’évolution de nos sociétés. Derrière se dessinent sans surprise des enjeux de souveraineté face auxquels l’Europe tarde à réagir, surtout à se donner les moyens. Le vieux continent a en effet manqué suffisamment de virages technologiques pour ne pas laisser passer celui-là. Comme l’a très justement dit Victor Hugo, « En temps de révolution, qui est neutre est impuissant ».

    En 2016, la Commission Européenne annonçait une enveloppe de 50 milliards d’euros à destination de l’industrie 4.0, dont à peine 1 milliard dédié à la recherche quantique.

    Les Etats-Unis et la Chine déjà prêts

    Aujourd’hui, si les enjeux de souveraineté numérique et leurs conséquences économiques sont dans toutes les bouches en Europe, les démarches associées restent malheureusement bien insuffisantes et surtout en réaction aux initiatives extérieures. L’Europe ne doit plus se contenter de suivre.

    Depuis des décennies les acteurs économiques européens recourent à des technologies informatiques majoritairement issues de l’industrie américaine, qu’il s’agisse de systèmes d’exploitation (serveurs d’entreprise, smartphones, ordinateurs personnels, etc.), d’infrastructures du réseau Internet, de logiciels, de processeurs ou de moteurs de recherche. Une fois engagé, il est difficile de faire machine arrière, à la fois pour des raisons pratiques mais également d’amortissement des investissements réalisés puis d’interopérabilité. Reste qu’in fine, l’alternative européenne n’existe pas.

    Actuellement, c’est ce même schéma qui se reproduit avec l’ordinateur quantique, technologie d’avenir qui risque d’occuper une place considérable.

    Comme l’avait notifié la sénatrice Catherine Morin-Desailly, dans un rapport délivré à la Commission Européenne, « l’Europe est en passe de devenir une colonie du monde numérique, à la fois parce qu’elle devient dépendante de puissances étrangères et parce qu’il n’est peut-être pas exagéré de dire que le sous-développement la guette ».

    Depuis deux ans, Microsoft se livre à une véritable course contre la montre avec IBM et Google pour être le premier à sortir son ordinateur quantique et a annoncé début mai qu’il sera prêt d’ici… 5 ans ! Il est même envisagé de mettre cette technologie à disposition du plus grand nombre dans son cloud Azur. De son côté, la Chine n’est pas en reste sur la question puisqu’elle annonçait en 2017 la mise en service du super ordinateur quantique Sunway TaihuLight, considéré sur le moment comme le plus rapide du marché. Pendant ce temps, l’industrie 4.0 annoncée par la Commission Européenne devait voir ses premiers projets lancés en 2018 et à échéance 2020. A ce jour, aucune actualité n’est arrivée jusqu’à nous.

    La France porte-étendard européen sur le Quantique ?

    Côté français, le Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives (CEA) annonçait le 3 mai dernier un projet de coopération avec la société australienne Silicon Quantum Computing (SQC) pour créer un ordinateur profitant de cette technologie. Le 22 mai, le Commissariat s’associait également à Atos pour créer une chaire industrielle dédiée à l’informatique quantique. Financée par l’Agence Nationale de la Recherche, la structure bénéficiera d’un budget de… 1,2 millions d’euros. Une initiative encourageante mais insuffisante.

    Pourtant, le danger d’un décrochage, que l’on risque de payer durant des décennies en termes de souveraineté et de retombées économiques, est flagrant. Il est urgent que l’Europe investisse massivement dans l’élaboration de son propre ordinateur quantique ! La France, en retard en matière de constitution de consortiums destinés à mutualiser les forces européennes, aurait tout intérêt à s’emparer du sujet. Nous éviterions ainsi aux startups de l’Union de devoir nécessairement migrer dans le Cloud du GAFAM pour rester dans la course. Un défi technologique incontournable, relevons-le !