Étiquette : perspectives

  • Quand le monde de la publicité vit une révolution qui change la donne en profondeur …

    L’avenir de la publicité


    Par Pascal Malotti, Directeur Conseil Marketing de Valtech France

    Les bonnes vieilles recettes
    Aujourd’hui encore, si l’on regarde un film à la télévision le soir, on se lèvera plusieurs fois lors des coupures pub pour lutter contre l’ennui. Rendons-nous à l’évidence : il faut bien que le monde et les affaires tournent, n’est-ce pas ?

    Oui et non ! Oui, car le modèle économique de nombreux médias repose toujours sur les recettes publicitaires et non, car certains d’entre eux, surtout les chaînes TV, sont confrontés à de sérieux défis du fait de la concurrence croissante du numérique. Les spots de 30 secondes sont moins nombreux au profit, notamment, de publicités d’une durée de six secondes comme ce sera, bientôt, le cas pour les rencontres de la NFL sur la chaîne Fox. Les tendances du marketing digital l’emportent sur les différents points de contact. Le monde de la publicité vit une révolution qui change la donne en profondeur.

    Les nouveaux maîtres de l’univers
    Le retour en arrière n’est pas une option pour les marques « challengées » par les nouveaux maîtres du monde, qui contrôlent la vie des gens avec leurs algorithmes, et les nouvelles marques que l’on dit indépendantes. Ces dernières sont à l’origine de changements importants dans la technologie, les modes de production et les usages, au point de s’ouvrir à de nouvelles perspectives business tout en servant une audience mondiale.

    La publicité traditionnelle ne vous aidera pas dans un monde où le succès est conditionné par l’agilité, l’intelligence artificielle et les réseaux. Les marques doivent donc jongler avec de nouvelles règles en faveur de campagnes de marketing et de communication personnalisées, et d’une présence multi-plateformes.

    La publicité traditionnelle perd du terrain dans les médias parce que la question de l’attribution n’est pas encore résolue. Dans un monde où le marketing est dominé par les algorithmes et l’automatisation, il faut privilégier la publicité programmatique multi-plateforme pour accroitre la valeur de la marque et la conversion. Ainsi, les leviers digitaux sont devenus essentiels à activer pour maintenir sa position et accroître sa performance financière.

    Dans ce nouvel ordre mondial, Facebook et Google prospèrent et se partagent la majorité des parts de marché : ils affichent une croissance rapide sur un marché stable, régnant en duopole sur l’ère du numérique.

    L’alignement des nuages
    Tout n’est pas parfait dans le meilleur des mondes. La protection déficiente de l’intégrité des marques utilisant le programmatique sur les réseaux de Google (via YouTube) et Facebook n’aide pas, à un moment où il faut créer un climat de confiance avec chaque composant de l’écosystème.

    Il y a quelques mois, certaines régies publicitaires ainsi que des grandes marques ont décidé de cesser de diffuser leurs publicités sur YouTube : des annonces programmatiques s’affichaient à côté de contenus indésirables, comme des vidéos de promotion du terrorisme…

    C’est le moment que Facebook a choisi pour produire ses pires excuses : non, ce n’est pas un média mais une plateforme et « Facebook ne veut pas être l’arbitre de la vérité (sic) ». Quand vous atteignez 67% de la population américaine, vous êtes devenu le plus grand média et diffuseur de publicité : difficile d’affirmer être un simple logiciel. Facebook a aussi été soupçonné de tricher sur les métriques et de publier de fausses données sur les nombres de vues et les ratios de campagnes.

    De grandes régies publicitaires appartenant à WPP et Publicis exigent désormais que l’on utilise des plateformes de tiers de confiance pour rassurer les marques : leurs annonces sur YouTube risquent moins d’être diffusées à côté de vidéos « infâmes ». Des sociétés analytiques indépendantes contribueront à restaurer la confiance par une analyse plus complète des conditions de diffusion des annonces publicitaires. Cependant, il apparaît incroyable que Google et Facebook négligent autant la sécurité des marques et rechignent à affiner la précision de leurs métriques, en prenant le risque de nuire à leur activité. C’est, au contraire, par une volonté de transparence que l’on pourra restituer la confiance entre marketers et géants de la tech.

    Une formule perdant-perdant
    Tant que le digital continuera de démontrer un retour sur investissement si efficace, les grands gagnants resteront probablement Facebook et Google, avec un nouveau venu : Amazon, qui a étendu récemment son offre de publicité programmatique.

    En attendant, les marques doivent prendre conscience que le « precision marketing » est le nouveau dogme au sein duquel elles doivent opérer avec leurs nouveaux alliés/ennemis, à la recherche de la performance absolue. Elles doivent aussi établir des circuits plus directs et intégrer l’expérience dans la vente de détail. Et n’oublions pas que Netflix définit également de nouveaux standards d’expérimentation des divertissements, avec l’abonnement pour modèle économique, ce qui a pour effet d’accélérer l’obsolescence de la publicité traditionnelle pour les marques et pour les éditeurs…

    Tout converge vers une complète restructuration du marché de la publicité : l’évolution des usages des audiences, la technologie pour cibler les consommateurs et la redéfinition des règles commerciales, sont autant de facteurs qui imposent les nouvelles recettes du succès. Les grands publicitaires perdent du terrain dans un monde où les consommateurs n’acceptent plus d’être importunés par la communication classique des valeurs de marques et de leur positionnement…

    Souvent hors-contexte et synonyme d’interruption intempestive, la publicité n’est plus le meilleur moyen d’influencer les consommateurs en leur proposant de vivre des expériences : il faudra désormais bien plus qu’une bonne pub mettant en scène un ambassadeur de marque pour se différencier.

  • Quand huit directeurs marketing analysent les grandes tendances de la profession et leurs préoccupations – By CMIT

    Les bonnes pratiques du Marketing

    Huit directeurs marketing et/ou communication* analysent les grandes tendances de la profession et ses préoccupations dans le livre blanc « Marketing Stories » volume 2. Un recueil de témoignages réalisé par swpl pour le CMIT, le Club des directeurs Marketing et communication de l’IT.

    Ils imaginent le futur (perspectives) du marketing digital en BtoB.
    Morceaux choisis.

    Nathalie Mrejen, Directeur Marketing & Communication Open, Membre du CMIT @mrejen

    Dans notre organisation, prendre la mesure du marketing digital c’est appliquer à nous-mêmes ce que nous proposons à nos clients : la transformation digitale. Un enjeu majeur repose donc sur l’acculturation de l’entreprise à cette nouvelle donne, notamment pour faire comprendre les investissements à l’ensemble des parties prenantes. L’objectif est avant tout de susciter l’adhésion par une meilleure compréhension des ambitions et des bénéfices.

    Pour accélérer notre acculturation et trouver des raccourcis dans le développement de nos compétences internes, nous avons commencé par créer une fonction « marketing digital » en intégrant des profils dédiés. Il faut absolument éviter de faire son chemin seul… partager, recruter des spécialistes, confronter les générations, tout ça est essentiel. Le sujet est trop complexe pour improviser.

    Bien sûr, le contenu et la donnée sont devenus des sujets majeurs. Chez Open, le marketing digital traverse les enjeux RH et business. Nous structurons nos process en fonction des objectifs et nous nous assurons que la planification est alignée avec une mesure précise de nos indicateurs. D’un côté, le content marketing doit servir la valorisation de nos expertises, de nos différenciants et de notre performance, de l’autre l’analyse de la donnée nous pousse vers les meilleures décisions possibles. Mais le content marketing nous permet aussi d’influencer les orientations stratégiques de l’entreprise toute entière. Finalement, l’un ne fonctionne pas sans l’autre.

    Etienne Maraval, Directeur Marketing & Communication  Lexmark , VP du CMIT @emaraval

    C’est très dur de donner des conseils ou de synthétiser des bonnes pratiques. Je crois surtout qu’il faut se lancer, pratiquer, tester et parfois échouer. Rien ne remplace l’expérience en matière de digital. Un cadre de référence sur le sujet, pardon pour l’anglais c’est : Being Found, Being Seen, Being Touched. C’est un triptyque qui peut guider les actions. Pour réussir sur ces nouveaux canaux on ne peut plus se permettre de faire uniquement que du “push”, puisque la finalité c’est l’engagement des cibles. Il existe aussi un autre écueil potentiel en matière de digital, c’est le “nice to have” : monter des dispositifs sympathiques, se faire plaisir sans qu’il y ait de retours. Encore une fois le marketing doit d’abord servir le business.

    Je crois beaucoup en la force des réseaux sociaux. ça permet d’aller plus loin dans le ciblage, dans la personnalisation des contenus et des messages. Linkedin, c’est la référence en BtoB sur les sujets, c’est un outil très puissant sur lequel on capitalise beaucoup en direct via des campagnes de lead gen mais aussi sur des campagnes de Brand Awareness auprès d’une cible très restreinte de grands comptes. En parallèle, je suis administrateur auprès des commerciaux pour la gestion de Sales Navigator et organise des actions de prospection en ligne via une politique de content marketing.

    Un point qui me semble important c’est la formation des équipes. La montée en compétences du staff sur le digital est primordial. On ne peut pas totalement improviser et le développement d’une culture numérique est clé pour faire face. Les techniques, les usages, les outils évoluent très vite…

    Enfin dans le prolongement de mon point de vue sur la place de la Direction Marketing dans les processus de transformation digitale, je crois que nos fonctions sont les mieux placées pour écouter et interpréter les signaux émis par nos cibles. Si une entreprise veut rester compétitive elle doit d’abord écouter ses clients ; et là le marketing a un rôle essentiel à jouer sur le sujet.

     

    Sandrine Avenier, Regional Marketing Director EasyVista, VP du CMIT @sandrinea

    Parmi les bonnes pratiques courantes j’apporte beaucoup d’importance à la considération du parcours d’achat et aux personas. Adapter les stratégies, choisir des canaux distincts, personnaliser les contenus, on peut vraiment aller plus loin pour adresser les cibles en fonction de leur parcours et de leur maturité.

    En parallèle, même si on doit faire de la place et aux tests et aux expérimentations, je pense qu’il faut faire en sorte de ne pas s’éparpiller. La règle des 80/20 s’applique bien sûr en matière de marketing digital.

    Le contenu est évidemment clé mais en produire peut prendre beaucoup de temps et d’argent. Pour rentabiliser ses investissements il faut chercher à innover sur les formats pour réutiliser ses contenus dans les meilleures conditions possibles et démultiplier les actions sur les différents canaux. On pourra par exemple, à partir d’un témoignage, créer des citations, un format vidéo, un format éditorial et même, si la matière le permet, un format illustré de type infographie. Il faut essayer d’être créatif.

    Mon dernier point repose sur une conviction : le marketing doit accompagner les commerciaux pour créer un cercle vertueux. Avec l’évolution des parcours d’achat, les commerciaux ne peuvent plus tout faire. Et le marketing doit les aider à certaines étapes. Par exemple on a déployé Limber pour aider les managers à partager automatiquement des contenus sur les réseaux sociaux. Et pour les commerciaux, nous avons déployé Linkedin Sales Navigator. Je les ai aidés à constituer leur profil. Et nous avons aussi préparé des pages de contenu pour l’utilisation du nouvel outil de Linkedin : PointDrive. Notre collaboration est constante.

    Solen Carreau, Responsable Marketing & Communication Panasonic Business @Solen_Carreau

    Avant tout, il faut définir une stratégie pour avoir un déroulé dans la communication et s’appuyer sur une véritable ligne éditoriale. Sur le sujet, nous nous efforçons le plus systématiquement possible d’éditer des messages directement issus des retours d’expérience client. Des « use case » concrets qui s’appuient sur des problématiques et des usages, bien sûr.

    On peut concevoir des campagnes très simples, par exemple en s’appuyant sur des dispositifs type microsite, emailing, livre blanc mais c’est la suite qui importe, comment on ajuste la campagne aux comportements observés. Le digital va progressivement nous amener à la relation humaine et au face à face. Le digital doit conduire à des échanges « en vrai ».

    Parmi les sujets importants j’ai évidemment la conviction que le marketing doit être très proche du commerce. Il ne faut absolument pas négliger l’apport des commerciaux et le chantier de l’éveil au digital des équipes que ça implique. Pour les aider et pour améliorer les résultats, on doit faire les choses main dans la main. Je mets un point d’honneur à le faire au quotidien.

    Sandrine Rollin, Senior Manager, Cloud Marketing EMEA NetApp, Administratrice du CMIT @sandrine_rollin

    Le marketing digital, c’est d’abord respecter certains fondamentaux, c’est à dire :

    – Avoir une bonne stratégie multi-canal pour s’assurer d’une présence sur les principaux points de contact avec la cible client.

    – Une stratégie éditoriale et de contenus pour diffuser un message pertinent.

    – La possibilité de mesurer les actions pour savoir prendre les meilleures décisions.

     

    Sonia Morand, Responsable du service Marketing Channel et Communication Toshiba, Membre du CMIT @soniaMorand

    Cette transformation digitale est globale et nécessite de repenser l’organisation, les outils et les compétences.

    Pour commencer, il est important de faire un état des lieux objectif de la culture digitale des collaborateurs et managers et de ne pas négliger l’accompagnement au changement. Il faut les évangéliser et les convaincre et cela prend parfois du temps.

    Pour avancer, on peut s’appuyer sur les plus matures et volontaires, ainsi que sur des études réalisées auprès de clients et prospects afin de démontrer que ces nouveaux comportements d’achats sont bien devenus une réalité d’usage.

    De notre côté, très tôt dans notre stratégie d’inbound marketing, nous avons développé un programme d’ambassadeurs puis de social selling, notamment auprès des forces de ventes. Evidemment nous avons trouvé en interne des volontaires motivés, mais on s’est vite rendu compte que si les managers ne sont pas convaincus et eux-mêmes embarqués ils deviennent potentiellement un frein. Si la preuve par l’exemple est complexe à activer, les convaincre a permis de débloquer les énergies.

    La digitalisation du marketing et des ventes est en marche mais il faut insister pour faire prendre conscience que tout le monde dans l’entreprise est vecteur de communication. Cette transformation doit embarquer tous les collaborateurs sans exception et chacun doit prendre conscience des évolutions et de la nécessité de développer ses compétences.

    Cela fait maintenant deux ans, que je forme et j’accompagne les commerciaux à l’usage de ces nouveaux outils digitaux, et je constate à quel point le digital rend le marketing plus riche et plus pertinent à leurs yeux. Incontestablement c’est un levier d’alignement entre les ventes et le marketing. La collaboration avec les équipes c’est du « gagnant-gagnant », on facilite leur mission au quotidien et l’atteinte de leurs objectifs, on développe la culture de marque et les collaborateurs leurs compétences.

    Annabelle Ducellier, Directeur marketing communication de Sogeti France et de Cloud Infrastructure Services France, Groupe Capgemini, Membre du CMIT @ADUCELLIER

    Pour vraiment progresser sur le sujet, je pense qu’au démarrage il est nécessaire d’embarquer des groupes restreints afin de s’assurer qu’il y ait des référents en interne pour accompagner les premières actions. Il y a près de 4 ans, au sein du groupe Capgemini, nous avons par exemple mis en place un programme : Expert Connect. L’initiative regroupe près de 1000 collaborateurs qui sont accompagnés et coachés. Des Media Social Partners ont été nommés. Leur travail consiste à faire de la veille pour le compte de nos experts tout en les accompagnant à appréhender les réseaux sociaux. L’effet démultiplicateur est majeur et tout cela est très positif en termes d’image et de business.

    Nous avons également remarqué que les équipes n’osent pas toujours dire qu’elles ne savent pas faire et qu’une partie des freins reposent sur les hésitations ou les manques d’inspiration éditoriale. Pour contourner ces problèmes, nous avons initié des newsletters régulières regroupant des posts déjà rédigés pour simplifier les partages. Et pour certaines opérations de premier plan, les équipes internes prennent directement contact avec les collaborateurs pour les encourager à relayer les campagnes.

    En matière de marketing, on a parfois tendance à sous-estimer les phases de préparation, tant certaines mécaniques semblent accessibles. Au contraire, je pense que l’étape de cadrage, la réflexion sur les campagnes et la recherche des bonne compétences sont des éléments essentiels pour atteindre les objectifs. S’il est vrai que l’on peut vite corriger et réorienter une campagne digitale, la viralité induite par les usages web est aussi un risque à considérer. Enfin, l’essor du marketing digital, c’est aussi se préparer à une vraie remise en question des modes de fonctionnement et des habitudes. Le travail sur les synergies avec les autres départements devient clé.

    Anne Pierre GUIGNARD, Directeur Marketing Ivanti, Membre du CMIT @APGuignard

    En 2017, les clients ou prospects sont de plus en plus sollicités et de plus en plus mobiles. Plus que jamais, le marketing a besoin de s’adapter pour pouvoir retenir leur attention, leur parler, les rencontrer, mais sans être intrusif.

    La qualité et le format du contenu sont clés ! Une fois ce contenu créé, mon conseil est de le réutiliser. Depuis plus deux ans, nous utilisons pour cela une plateforme de Content Marketing : « Limber »

    L’automatisation, le lead nurturing sont incontournables et permettent d’alimenter différentes cibles avec des contenus pertinents pour elles.

    Des outils comme Marketo combinés au CRM Salesforce peuvent être très puissants pour l’envoi d’emails ciblés, à condition de posséder des infos de qualité dans le CRM. Et un scoring adapté.

    Aujourd’hui, chez Ivanti, nous avons un meilleur alignement avec nos commerciaux. Le Marketing digital contribue non seulement à leur fournir des opportunités business, mais les aide également à prospecter les comptes cibles. Les équipes Marketing Sales Development et les commerciaux travaillent en étroite collaboration en s’appuyant sur une plateforme d’ABM (Account Based Marketing), comme Azalead.

    Ce type de solution permet d’obtenir des informations pertinentes en temps réel afin d’identifier des opportunités business auprès des comptes ciblés.

    Une autre bonne pratique est de laisser la parole à ses clients. La dimension humaine, personnelle est beaucoup plus efficace, comme un retour d’expérience (il en va de même que les recommandations dans le BtoC). Les assessments en ligne (auto-évaluation sur le degré de maturité de l’entreprise sur un sujet donné) ou les contenus interactifs commencent à se développer et permettent de collecter des informations très pertinentes et ciblées. Ces outils permettent d’apporter conseils et information. Ce type de contenu permet d’attirer les prospects sur le site web, d’engager et d’augmenter le temps passé sur le site.

     

  • Perspectives du CRM – 2017

    Personnalisation, simplicité, chatbots… les tendances 2017 

    Par Matt Keenan, vice-président solutions CRM d’Aptean

    Faire des prévisions est toujours délicat. Il est en effet difficile de faire le tri entre rumeurs et réalité lorsque vous vous penchez sur les tendances qui façonnent le marché. À mes yeux, ce défi est exacerbé par le rythme rapide de l’innovation, tant au sein de l’espace fondamental de gestion de la relation client (CRM) que dans les technologies adjacentes qui l’influencent.

    Une rapide rétrospective de 2016 révèle que les investissements continus en termes de mobilité et d’intégration sociale ont généré une abondance de nouvelles données et ouvert les vannes des canaux d’interaction mis à la disposition des clients. Les outils analytiques ont également bénéficié d’investissements permanents, avec une réelle focalisation sur la concrétisation d’idées en actions. L’évolution dans ces domaines a d’importantes répercussions sur les tendances pour 2017.

    Une demande de personnalisation 

    La première tendance qui devrait influer le paysage CRM en 2017 est la personnalisation. Notre main-d’œuvre ne cesse d’évoluer en une entité multiculturelle et multigénérationnelle incroyablement variée. Les modes d’interaction de la population avec les solutions CRM varient énormément en fonction de l’environnement, de l’expérience et des attentes. Le concept de solution « standard » ou « prête à l’emploi » appartient dès lors complètement au passé. Nous assisterons l’année prochaine à une demande de personnalisation approfondie des solutions CRM à quatre niveaux essentiels :

    • L’organisation veut pouvoir définir son propre ensemble de normes ;
    • Le département veut pouvoir définir ses processus uniques ;
    • L’équipe veut pouvoir définir ses propres affichages de données, rapports et tableaux de bord ;
    • L’individu veut pouvoir définir sa propre expérience utilisateur CRM.

    Une personnalisation efficace favorise un sentiment d’adhésion à tous les niveaux, se traduisant par l’adoption, l’utilisation et la concrétisation de la véritable proposition de valeur CRM.

    Des solutions plus simples 

    La deuxième tendance qui dominera le CRM en 2017 sera la simplification. Les solutions CRM font partie intégrante d’un écosystème technologique standard depuis plusieurs années. Au fil du temps, la solution est modifiée, développée et optimisée en fonction des changements rendus nécessaires par l’évolution des besoins commerciaux. Par nature, ces modifications ont toutefois tendance à s’additionner. Le cycle continu de changements est à l’origine de modèles de données trop complexes, d’écrans déroutants et de processus compliqués. Lorsque leur déploiement CRM a plus de trois ans, les organisations devraient prendre le temps d’entreprendre un examen approfondi de tous les aspects de leur système, en mettant l’accent sur les questions suivantes :

    • Comment utilisons-nous les données recueillies ?
    • Le processus que nous avons développé s’applique-t-il toujours à notre activité aujourd’hui ?
    • L’expérience CRM accorde-t-elle toute l’attention nécessaire à nos utilisateurs ?

    Un projet de simplification présente deux avantages très spécifiques. D’une part, la simplification débouche sur une adoption accrue et des coûts de possession inférieurs. Des solutions plus simples sont aussi plus accessibles et s’intègrent plus facilement au quotidien d’un utilisateur. Sans compter que des solutions plus simples limitent les exigences globales de formation (et de recyclage) ainsi que les coûts globaux d’assistance aux utilisateurs.

    Deuxième argument, peut-être plus important encore, un projet de simplification pose les jalons d’une analyse à la fois prédictive et prescriptive. L’efficacité de l’apprentissage machine et de l’analyse avancée repose entièrement sur la qualité et la cohérence des données fournies aux algorithmes. L’expression « à données initiales douteuses, résultats douteux » prend tout son sens dans le monde de l’analyse avancée. Les organisations mettant l’accent sur la simplicité généreront des jeux de données plus propres et plus ciblés pour alimenter les algorithmes de modélisation, avec à la clé de meilleurs résultats. Au fil du temps, des données supplémentaire peuvent être ajoutées aux modèles – et devraient d’ailleurs l’être – mais mieux vaut opter pour la simplicité au début.

    Interactions vocales et ChatBots

     La dernière tendance importante de 2017 porte sur l’offre de solutions CRM par le biais d’expériences utilisateur alternatives. La mobilité est désormais incontournable Il est courant d’entrer dans n’importe quel café et d’y voir des individus interagir avec des solutions CRM sur leur smartphone, tablette ou ordinateur portable. L’innovation à l’avant-garde en 2017 portera sur l’exploitation des interactions vocales et par chat avec les outils CRM. L’évolution récente de l’interaction en langage naturel dans l’espace du consommateur par le biais d’outils tels qu’Alexa, Siri, OK ou Google, donne l’occasion aux utilisateurs d’interagir de la même manière avec leur solution CRM. De simples cas d’utilisation, tels que la recherche et l’obtention d’informations, jusqu’à des scénarios plus sophistiqués, notamment la dictée du compte-rendu d’une réunion ou la mise à jour de dossiers, les interactions vocales finiront par révolutionner les interactions des individus avec la technologie CRM.

    On a par ailleurs constaté une innovation rapide des agents conversationnels artificiels, plus connus sous le nom de ChatBots, qui permettent des interactions profondes avec des systèmes CRM par le biais d’interfaces non traditionnelles telles que Skype de Microsoft. À l’instar des cas d’utilisation vocale, ces ChatBots offrent à la fois de simples fonctions de recherche et de récupération d’informations, ainsi que des possibilités approfondies en termes de navigation et de manipulation des données.

    2017, une année de transformation

     La proposition de valeur en faveur de ces modèles alternatifs d’expérience utilisateur réside dans l’absence totale de courbe d’apprentissage pour assurer l’efficacité d’un utilisateur dans ses interactions avec un système CRM. La possibilité de cadrer les questions et de mettre en place des actions au moyen de commandes vocales ou en texte clair se traduira par une nette réduction du coût total de possession. Sans compter que ces nouveaux modes réduiront le décalage informationnel inhérent à la plupart des systèmes CRM aujourd’hui. L’accès à des mises à jour pour les utilisateurs en temps réel permettra aux organisations de réagir plus rapidement aux opportunités et défis du marché.

    En conclusion, 2017 constituera une année de transformation pour l’espace CRM. Des technologies sophistiquées telles que l’apprentissage machine et le traitement en langage naturel ouvrent la porte à une multitude de nouvelles capacités pour le marché CRM. Les organisations doivent toutefois prendre le temps de se préparer soigneusement à l’adoption de ces technologies. Cette année, il leur faut s’atteler à repenser leurs objectifs CRM globaux et contribuer aux efforts de simplification par le biais de leurs solutions. Une fois la solution rationalisée et simplifiée, la voie à suivre apparaîtra bien plus clairement pour permettre la personnalisation et les expériences utilisateur alternatives.

  • Conjoncture et perspectives 2016 du secteur numérique

    Chiffres clés et perspectives 2016 du secteur numérique par le Syntec Numérique

    PREVISION DE CROISSANCE en 2016 : + 2,6 % pour le secteur conseil en technologies, édition de logiciels et conseil et services

    La croissance est soutenue par celle des SMACS (Social, Mobility, Analytics, Cloud, Security) qui augmente de 18,2% en 2016 et représente 16 % du marché.

    L’évolution de la dépense numérique prévue par les DSI est en croissance avec des dépenses de fonctionnement stables et une hausse des nouveaux projets de transformation : 80 % des DSI anticipent une augmentation ou une stabilisation de leurs dépenses informatiques en 2016.

    Comme en 2015, la transformation numérique reste la priorité des DSI pour 2016. Cette transformation est engagée et s’accélère pour près de 2/3 des DSI.

    Les DSI constatent que leurs fournisseurs de solutions et services ont une bonne vision des besoins de la DSI et des métiers.

    En parallèle, les dépenses numériques influencées par les directions métiers se renforcent avec 63 % des dépenses dans lesquelles elles sont engagées.

    Conseil en technologies : + 2 % en 2016

    Après une année difficile en 2014, et une reprise en 2015, l’année 2016 s’annonce prometteuse avec une croissance de 2 %. Au premier trimestre 2016, le nombre des appels d’offres croit pour 43 % des acteurs du conseil en technologies. Les carnets de commandes sont stables pour les petites structures, et s’améliorent pour les grands acteurs.

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    Les secteurs clients « Energie », « Industrie », « Militaire et défense » et « Automobile » portent la dynamique de la croissance du conseil en technologies.

    Les secteurs « Energie / Utilities / Transports », « Banque / Assurance / Finance », et « Commerce / Distribution » portent la croissance du Conseil et Services.

    Conseil et services : + 2,5 % en 2016

    Le nombre de projets gagnés augmente au premier trimestre 2016 pour 68 % des ESN. De même que leur taille pour 45 % des entreprises.
    Les projets de transformation et d’innovation restent la priorité des ESN, comme au troisième trimestre 2015.

    La part des SMACS dans le secteur des services informatiques en 2016 atteint 13 %.
    Les politiques de partenariat avec les startups se renforcent en 2016.

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    Edition de logiciels : + 3,6 % en 2016

    Les carnets de commandes sont en progression pour près d’un éditeur sur deux. Le SaaS progresse de + 23 % en 2016 et atteint 14 % du marché des logiciels.

    La part des SMACS sur le secteur est de 22 % et croient de + 18,6 % en 2016.

    Les secteurs « Santé », « Commerce / Distribution » et « Services » contribuent à la croissance du secteur logiciel.

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    Social

    La pyramide des âges du secteur continue, année après année, son mouvement de professionnalisation. Depuis 2007, la part des jeunes est en repli en faveur des classes d’âges expérimentées et des seniors. Pour la première fois, la part des salariés de 30-34 ans dépasse celle des 25-30 ans. 60 % des collaborateurs du secteur ont entre 30 et 50 ans.

    Les conditions de travail du secteur logiciels et services informatiques restent attractives avec 93,9 % de CDI et 69,3 % de cadres.

    En 2015, Les embauches de cadres dans le secteur informatique et des télécommunications ont augmenté de + 8 %, après une progression de + 9 % en 2014.

    En 2016, les entreprises prévoient d’embaucher entre 38 800 et 41 800 cadres. Le secteur reste le premier secteur recruteur de cadres en France. Les jeunes diplômés et les cadres ayant entre un à cinq ans d’expérience seront les profils les plus recherchés.

    Selon l’Acoss, le secteur « Activités informatiques et services d’information » crée des emplois depuis 22 trimestres consécutifs, avec une accélération forte en fin d’année.

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    En RESUME 

     

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