Étiquette : patient

  • Big Data et Santé : ce que dit la législation

    Big Data et Santé : les données médicales relèvent d’une législation particulière

    par Lydie Balfet, Responsable Marketing et offres, NetExplorer

    Les données de santé occupent une place particulière dans le Big Data. Personnelles, sensibles mais aussi confidentielles, les données médicales relèvent d’une législation particulière. Qu’il s’agisse de la gestion d’un établissement de soin ou de la dématérialisation d’un dossier patient, leur nombre ne cesse d’augmenter. Est-il possible d’assurer la protection des données médicales, tout en permettant aux établissements et professionnels de santé de pouvoir les gérer facilement au quotidien ?

    Données de santé et confidentialité : une double protection juridique et technique

    Les données de santé, de par leur confidentialité, sont régies par le Code de la santé publique et plus particulièrement par l’article L. 1110-4. Celui-ci définit les conditions de cette protection juridique en autorisant l’échange de données de santé entre l’équipe de soin du même établissement ou des professionnels de santé d’entités différentes mais prenant en charge le même patient, sous réserve que celui-ci bénéficie du droit d’opposition. Par ailleurs, le patient peut accéder à ses données médicales, les faire rectifier, les mettre à jour ou les supprimer s’il le souhaite.

    Outre la protection juridique des données, des exigences techniques ont également été mises en place. Il s’agit ici des obligations de protection physique des données pour les professionnels de santé. Ils sont tenus de protéger les informations en les manipulant mais aussi en les stockant dans un environnement sécurisé. Pour cela, ils peuvent les conserver en interne ou faire appel à un hébergeur agréé pour les stocker.

    L’agrément « Hébergeur Agrée de Données de Santé » (HADS), a été créé afin de garantir la confidentialité, l’intégrité, la disponibilité et la traçabilité des informations sensibles que constituent les données médicales. Le respect de nombreuses exigences est ici impliqué comme l’authentification forte, le chiffrement des données, la traçabilité des accès etc.

    Un cadre légal strict ne veut pas dire la fin de la collaboration au sein des établissements de santé

    Aujourd’hui, l’essentiel des informations liées au patient est dématérialisé. Il peut s’agir d’une prescription médicale, de résultat d’analyse, d’un dossier d’hospitalisation ou de tout autre information dont un professionnel de santé peut avoir connaissance. Par ailleurs, les médecins et les hôpitaux ne sont pas les seuls à manipuler des données de santé et à être soumis à cette législation particulière. Par exemple, toute application mobile qui traiterait des données à caractère médical est aussi obligée de passer par un tiers hébergeur agréé. Ce cadre légal concerne donc un volume immensément important de données, d’autant plus que le marché de l’e-santé est en forte croissance.

    S’il doit permettre de sécuriser les informations médicales des patients, ce cadre légal ne doit pas être un frein pour les établissements et professionnels de santé dans leur travail quotidien. En effet, ces données regroupent toutes les informations concernant un individu. Si l’on prend l’exemple d’un hôpital, il est important que l’ensemble de l’équipe soignante puisse accéder facilement et rapidement aux informations d’un patient.

    Aussi la loi autorise à ce qu’une application puisse se superposer à la couche d’hébergement agrée dans la mesure où celle-ci est compatible avec les prérequis de l’agrément. Ainsi, l’établissement ou le professionnel de santé peut se doter d’une solution de gestion et de partage de fichiers sécurisée compatible avec un hébergeur agrée, et allier à la fois conformité à la loi et collaboration.

     

     

  • Les technologies au service de la santé

    Les établissements de santé en France dépenseront 1.7 milliards en 2015 en informatique, un chiffre en croissance de 2.5% par rapport à 2014.

    La dépense en logiciels est celle qui connaitra la croissance la plus important (+4.6%) mais les autres segments informatiques (matériels et services) connaitront également une hausse des dépenses pour faire face aux nouveaux défis de ce secteur.

    Trois enjeux majeurs associés aux nouvelles technologies concernent le secteur de la santé :

    • Le premier enjeu concerne l’expérience patient.
      Les patients attendent une amélioration de l’accès et de la qualité de leurs informations de santé. 31% des patients sont ainsi à la recherche d’une relation avec les institutions de santé via le canal mobile et 69% des organisations de santé investissent dans des applications mobiles pour les patients et la télémédecine.
    • Le deuxième enjeu concerne la continuité des soins. Pour favoriser cette continuité, 69% des établissements de soins vont demander un financement permettant de mettre en place un Dossier Patient Informatisé et Interopérable (DPII) et 45% un financement pour la mise en place de prescription électronique alimentant le plan de soins.
    • Le dernier enjeu enfin est l’optimisation des systèmes de santé. La loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST) adoptée en 2009 représente à ce titre un changement majeur compte tenu de son caractère contraignant. Les établissements de soins sont par exemple 43% à avoir déjà mis en place un Groupement de Coopération Sanitaire (GCS) pour leurs moyens informatiques et sont 26% à planifier cette mise en œuvre.L’ensemble de ces enjeux intègrera le recours massif aux nouvelles technologies.PLUS QUE L’ACCES A UN TERMINAL, LE DEVELOPPEMENT D’UN ECOSYSTEMELe terminal mobile deviendra un canal de communication privilégié entre le patient et les institutions de santé. Situé à l’extrémité de la relation, il reposera sur le développement d’un important écosystème intégrant en particulier:

    L’internet des Objets (IoT). A un stade de maturité naissant, l’IoT est encore fortement centré autour des objets et des terminaux. D’ici 5 ans, IDC perçoit l’évolution de l’IoT vers un écosystème de technologies interconnectées qui fournira des données exploitables et intuitives au service du patient. Ces données proviendront tant des capteurs personnels de santé (pression artérielle, taux de sucre dans le sang, rythme cardiaque, température, activité, etc.), que des terminaux mobiles ou des réseaux sociaux. Aujourd’hui, ce sont 19% des organisations qui sont en cours de mise en place d’approches associant l’IoT et 11% qui prévoient de le faire d’ici 24 mois. Actuellement, les usages tournent principalement autour du suivi et du monitoring des patients, qu’ils soient en unités de soins ou à leur domicile, mais les usages futurs concerneront beaucoup plus les infrastructures médicales: contrôle de température, contrôle d’accès, suivi des ambulances, gestion du circuit des médicaments, etc.

    • Les technologies Big Data et analytiques. Les données provenant entre autres de l’IoT ne pourront être exploitables et compréhensibles que si les technologies applicatives le permettent. Les technologies analytiques permettront de classifier les informations, de les évaluer, de les restituer voire de planifier et d’engager les prises de décision.
    • Le Cloud Computing. Afin de supporter ces traitements informatiques lourds et imprévisibles, le Cloud Computing apparait comme LA plateforme adaptée à ces enjeux de flexibilité, d’agilité, de contrôle des couts mais aussi pour des accès multiples d’utilisateurs, où qu’ils se trouvent et quel que soit le terminal utilisé.LA DONNEE, SOURCE ET SOLUTION DU PROBLEMEIl est aisé de comprendre tous les bénéfices que le secteur de la santé pourrait tirer d’une exploitation optimisée des données, qu’elles concernent les soins ou la gestion, mais la dernière enquête réalisée par IDC France en Février 2015 révèle que les taux d’adoption et les projets d’investissements autour du Big Data et de l’analytique sont toujours largement inférieurs à 50%, en particulier lorsqu’on analyse les solutions autres que financières ou comptables.Pour les établissements de soins publics par exemple:
    • Seuls 6% ont mis en place une solution d’aide à la décision clinique, et 9% prévoient de le faire;
    • 4% ont mis en place une solution d’identification des parcours de soins les plus adaptés à chaque patient et 5% prévoient de le faire;
    • 12% ont mis en place une solution de vérification de la conformité et reporting sur la qualité des soins dispensés;L’une des problématiques majeures concernent ce qu’on peut appeler la « liquidité » des données et des ressources (compétences, technologie). La liquidité des données est la capacité des données à être utilisées à des fins différentes et dans un contexte différent. Par exemple: les données des patients peuvent être utilisés non seulement pour fournir des soins, mais agrégées et anonymisées pour être utilisées dans le cadre de la recherche ou la planification des ressources.La liquidité des données exige qu’une information soit disponible en format basé sur des normes standards (pour l’interopérabilité et l’échange d’information) afin de faciliter le flux de données dans toute l‘organisation. Avec l’augmentation de la liquidité des données, de nouveaux modèles de coopération ne seront pas seulement limitées aux prestataires de soins de santé, mais ils incluront d’autres acteurs impliqués dans la chaîne de valeur de la santé (Recherche, services sociaux, patients).La capacité du secteur de la santé à mettre en place un écosystème technologique et réglementaire, à développer les compétences, les organisations et la gouvernance adéquates apparaissent comme des critères incontournables pour exploiter tout le potentiel que peuvent apporter les technologies numériques.
      Source novembre 2015, IDC #FR394 Document réalisé pour Samsung Business