Étiquette : mutation

  • Quels sont les principaux défis auxquels sont confrontés les acteurs de l’assurance ?

    Les innovations et évolutions dans le secteur des Assurances

    Le choc du digital a conduit les assureurs à repenser leur offre, leur relation client, leur schéma de distribution, leur organisation.
    Mais les bouleversements technologiques qui se préparent pourraient bien purement et simplement transformer leur métier. Les objets connectés et le traitement des données en sont un début de preuve sans compter sur l’arrivée de plateformisation.

    Qui sont ces acteurs disruptifs ?
    Pourquoi la plateformisation est un enjeu majeur dans l’assurance?



    Les réponses avisées de
    Nelly Brossard,
    dirigeante dans l’assurance et advisor

     

    Annie Lichtner : Le marché de l’assurance est en pleine mutation et devient de plus en plus compétitif. Les assureurs traditionnels doivent se réinventer pour faire face à l’arrivée de nouveaux acteurs, plus inventifs et innovants.
    Quels sont les principaux défis auxquels sont confrontés les acteurs de l’assurance ?

    Nelly Brossard : L’assurance connaît une véritable transformation, qui révolutionne ses modèles économiques, s’intensifie en termes de réglementations, redéfinit les contours de ses stratégies de partenariats et ses modèles de distribution, et surtout, lui ouvre de nouvelles opportunités !
    La concurrence s’accroit et s’intensifie avec l’arrivée de nouveaux acteurs (assurtech, GAFA et BATX…) et s’internationalise,  les modes de consommation et attentes (mobilité, besoin d’instantanéité, de fluidité, etc) ont évolué à vitesse grand V.
    Le digital et les technologies (données, intelligence artificielle, IoT, blockchain…) sont utilisés sur toute la chaîne de valeur, les écosystèmes ouverts (les plateformes) e développent et le systèmes d’informations (« APIsation » et le développement de l’ « open insuring ») évoluent. Enfin,  les consommateurs et clients attendent des entreprises,  et ce dans la durée et de façon pérenne, un engagement très fort en faveur des enjeux clés de société : l’environnement et le climat, en priorité, la lutte contre le chômage et création d’emploi, le pouvoir d’achat, et la santé.

    Des attentes des consommateurs qui se sont encore exarcerbées avec la crise sanitaire actuelle. Cela pousse les groupes d’assurance traditionnels à s’adapter pour répondre à ces enjeux et attentes, trouver de nouveaux relais, se développer et créer de la valeur.

    Annie : Par leur expertise dans la relation clients, les géants du web s’avèrent de redoutables concurrents pour les acteurs de l’assurance .
    Peut on parler de disruption du modèle traditionnel de l’assurance ?

    Nelly :
    Les GAFA et les BATX, proposent depuis quelques années des services de paiement et aussi d’assurance pleinement intégrés aux parcours clients et qui répondent et s’adaptent aux besoins. L’assurance est intégrée à d’autre univers et usages (achats, divertissement, mobilité … avec une expérience “sans couture”.
    À titre d’exemple, Amazon propose des contrats d’assurance voyage, des contrats automobile,  des services de maintien a domicile, Amazon Protect propose, pour sa part, des extensions de garantie pour les achats effectués sur le site….

    De plus, certains grands groupes de distribution/retail, de télécoms etc. se calquent sur ces modèles afin de proposer à leur tour de tels services, dans une logique de plateformisation et de simplicité des parcours clients.

    Annie : Les startups de l’AssurTech sont nombreuses et déterminées.
    Comment font-elles bouger les lignes des modèles traditionnels ?

    Nelly : L’Assurtech se développe très fortement. Plus de 200 insurtech sont recensées en France début 2021 et 750 en Europe à fin 2020 ; 650 M d’euros ont été investis dans les insurtech en Europe en 2020. Elles constituent réellement l’une des composantes importantes de la transformation de l’assurance (et non  la seule). Chaque insurtech, apporte une certaine forme d’innovation, de réinvention ou de disruption sur tout ou partie des maillons de la chaîne de valeur. Les insurtech mettent en œuvre, sous diverses formes, une réelle coopération avec les assureurs et sont très utiles pour aider les assureurs à se transformer.

    Pour illustrer de façon concrète, beaucoup d’entre elles agissent sur la distribution (plus de 50 %), par exemple en France, les néo-courtiers comme +Simple, Assurup, Luko, Lovys… Ils amènent de la simplicité, de la transparence, de la fluidité. Et surtout, elles remettent le client et l’expérience client au centre en se basant sur les technologies, la data et la personnalisation, et cela fait un bien fou à notre secteur… D’autres se positionnent sur la tarification (exemple Akur8 avec son moteur de modélisation des risques et de tarification pour les assureurs qui permet d’accélérer les processus de tarification et de traiter beaucoup plus de types et de volumes de données) ;  Ou sur des solutions innovantes pour couvrir certains risques (exemple Descartes Underwriting pour les catastrophes naturelles à partir des données météorologiques pour optimiser les offres avec des tarifs plus justes, mais aussi les services) ; Ou sur la détection de fraude(exemple Shift  pour automatiser et aider les assureurs à mieux repérer les fraudes potentielles lors du traitement des sinistres) ; ou sur l’indemnisation (exemple Weproov pour la gestion des sinistres et l’expertise augmentée via l’IA pour estimer le coût d’un sinistre automobile, accélérer la gestion et l’indemnisation et simplifier l’expérience des assurés )…

    Et certaines insurtech en France agissent sur toute la chaîne de valeur et sont des  néo-assureurs « fullstack » qui disposent de l’agrément de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR).  L’élément qui évolue, depuis quelques temps, est que de nouveaux acteurs (en plus de Seyna  et Alan) devraient  bientôt disposer de l’ agrément (exemple Assurly, Acheel). Des compagnies qui maîtrisent donc la chaîne de valeur allant de la conception des produits jusqu’à leur distribution, si elles le souhaitent…

    Et  lorsque l’on regarde au delà de la France  dans le monde, il y a  beaucoup d’effervescence et la disruption arrive à travers certaines insurtech… Il y a de très  belles insurtech comme Limonade Root, Hippo, Zhong An, Wefox… Par exemple, Zhong An  a un modèle d’assurance contextuelle totalement intégrée dans les parcours d’achat, de santé, de réservation de voyages avec des centaines de produits des polices avec une très petites primes et avec des couvertures faibles et limitées, des produits très ciblés et peu coûteux…

    Annie : Les grands acteurs de l’assurance sont conscients des changements en cours, les plateformisations vont-elles bouleverser les modalités de distribution ?

    Nelly : Ma conviction est que deux grandes voies se profilent pour les assureurs.
    Choisir de s’intégrer aux plateformes existantes et celles à venir pour concevoir et fournir les offres d’assurance adaptées aux  plateformes, aux insurtech, aux distributeurs et à tous types de partenaires et aussi pouvoir s’intégrer directement dans les différents biens et services (mobilité, habitat, santé…) et / ou dans les parcours des consommateurs (e-ecommerce notamment).

    Décider d’aller bien au delà du rôle d’assureur actuel et du cœur de métier et créer ses propres plateformes avec des partenaires et différents écosystèmes pour être un véritable  « offreur de solutions et de services larges » aux clients. L’objectif est d’accompagner leurs clients tout au long de leur parcours de vie : santé, travail, environnement, viellissement…, pour leur proposer avec d’autres acteurs et partenaires des produits, des conseils et des services parfaitement adaptés à ses besoins et personnalisés

    Annie : Quels sont les tendances qui vont se développer le plus au cours des prochaines années ?

    Nelly : Le secteur de l’assurance est en pleine mutation et transformation majeure. L’utilisation des technologies constitue un des leviers importants et par exemple :

    – l’accélération de l’automatisation des tâches à fort volume et faible valeur avec le RPA (Robotic Process Automation .) pour à la fois gagner en productivité, optimiser les coûts, simplifier et fiabiliser les processus et sécuriser les échanges et interactions,  et bien évidemment mieux répondre aux attentes des utilisateurs, simplifier leur expérience et celle des collaborateurs.

    -l’importance cruciale de l’expérience client avec notamment l’utilisation du vocal et des applications avec de la réalité augmentée / virtuelle

    – le rôle encore plus accru de l’IA et la data  sur toute la chaîne de valeur   ( tarification, souscription, gestion, réduire les risques d’assurance, expertise, relation clients et l’expérience en ligne du client) ;  cela implique une nécessaire vigilance en termes de règles d’éthique et de mise en œuvre de principes forts de transparence et de respect des données personnelles.
    – l’open assurance pour créer des plates- formes ouvertes, interopérables et développer des écosystèmes de partenaires pour proposer ses services  et solutions …et/ou l’intégration à des plateformes pour fournir les offres d’assurance adaptées
    – blockchain, le développement et l’intégration massifs de la blockchain (pour les produits et services, la fraude, l’indemnisation…).
    – sans oublier l’amplification du développement des services avec des objets connectés notamment  pour la prévention (exemple en santé)

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Nouveau cadre réglementaire, monde cookieless… dans quel environnement marketing allons-nous travailler dans les mois à venir ?

    L’année 2021 marquera-t-elle le retour aux fondamentaux du marketing ?

    Avis d’Expert Michael Froment Directeur et Co-fondateur Commanders Act

    Une nouvelle donne technique (un monde cookieless), un nouveau cadre réglementaire (pour les consentements) et, in fine, un nouveau contrat entre annonceurs et audiences. Après une année 2020 chaotique, 2021 – soyons optimistes – pourrait marquer un retour sain aux fondamentaux du marketing.

    Se risquer aux jeux des prédictions pour 2021 alors que 2020 s’est caractérisée en premier lieu par son imprévisibilité représente un exercice délicat. Cela dit, sur nos terrains de jeu, ceux du marketing et de l’adtech, les chantiers à venir se dessinent suffisamment bien pour que l’on se livre à l’exercice. Dans quel environnement allons-nous travailler dans les mois à venir ? Avec quel impact sur nos audiences et notre écosystème ? Voire, sur nos compétences ? Quelques réponses.

    Un environnement technico-réglementaire en pleine mutation

    La transformation de notre environnement technico-réglementaire s’est bien accélérée en 2020. Comme on ne connait pas encore le dispositif qui prendra le relai des cookies, l’histoire est loin d’être finie, mais 2021 sera l’année durant laquelle il va nous falloir travailler autrement. Et pour plusieurs raisons :

    – Les cookies tiers sont de plus en plus filtrés par les navigateurs. Apple avait ouvert le bal avec ITP (Intelligent Tracking Prevention), Google promet d’éradiquer ces cookies tiers de Chrome dès 2022.

    – Les modalités se précisent pour la gestion des consentements. Entre le TCF v2 de l’IAB et les directives de la CNIL applicable au 31 mars 2021, le premier trimestre 2021 sera celui des campagnes de tests pour optimiser les taux de consentement.

    – Tout en s’appliquant à collecter au mieux ces consentements, les marques, soutenues par les acteurs de l’adtech, vont s’essayer à d’autres techniques de tracking comme le server-side.

    – Les GAFAs de leur côté définissent de nouvelles règles du jeu. Le fameux pixel Facebook est condamné à s’effacer devant la nouvelle API Conversion (similaire à une technique dite server-side). Apple va imposer sa propre popin de collecte de consentement à toutes les apps qui voudraient utiliser son identifiant IDFA. Quant à Google, il prépare à travers son projet Privacy Sandbox de nouvelles méthodes pour concilier les enjeux de la privacy avec ceux de la publicité digitale…

    On peut donc légitimement se demander jusqu’à quel point notre relation avec nos audiences va-t-elle être affectée ?

    Un contrat marque-audience à reformuler

    Cette question en cache en fait plusieurs : comment convaincre nos audiences de nous donner leur consentement pour assurer la collecte des données ? Et si nous souhaitons mettre en place un login pour tenter de contrebalancer la perte de tracking via les cookies tiers, comment motiver ce login ?

    On le voit bien, ces questions pointent toutes vers un même sujet : le contrat entre les marques et les audiences. Un contrat que les équipes marketing doivent reprendre en main pour mieux le reformuler. Ce sera le gros effort à fournir en 2021. Jusqu’à maintenant, ce contrat a été traité sous un angle avant tout technico-juridique et souvent délégué au service juridique.

    Cette époque est révolue. La collecte des données est au croisement de nombreux enjeux : ce contrat ne questionne pas seulement la conformité réglementaire, mais aussi la brand equity (la valeur d’une marque aux yeux de ses publics) et tout ce qui en découle. Promesse de marque, service apporté à l’audience, stratégie de contenu et, en retour, connaissance de l’audience… Nous sommes loin du juridique. Voilà pourquoi le marketing doit se réapproprier le consentement, le traduire sous la forme d’une gestion des préférences relationnelles entre la marque et son public. C’est le capital confiance de la marque qui se joue ici.

    Des compétences à construire

    L’évolution de l’environnement digital et la gestion des consentements peuvent représenter pour les marques une impasse ou… une formidable opportunité. Certaines marques continueront de gérer ces enjeux comme des sujets techniques et réglementaires. D’autres les saisiront, déploieront les efforts nécessaires pour se réapproprier ces sujets et mieux revenir aux fondamentaux du marketing.

    De quels efforts parlons-nous ici ? Probablement d’une mise à jour des compétences. La tension est double sur les compétences. Elles sont appelées à se spécialiser, car sur de nombreux sujets la technicité se fait plus forte. Et, en même temps, il importe de cultiver une capacité à garder une vue transverse et globale des enjeux, à hauteur de la marque et des publics. Cela ne peut se faire entre les lignes du quotidien. Travailler cette compétence, cette capacité à maîtriser la technicité des sujets comme à saisir le sens global de l’histoire représente un projet d’équipe à part entière.

    Des coopérations à inventer.

    Pour terminer ce tableau de l’année à venir, évoquons la coopération. Celle qui peut voir des acteurs d’un marché mettre en commun des services comme des données pour mieux servir leurs audiences. La crise a révélé à quel point nous sommes fragiles, car interdépendants. Cela peut aussi fonctionner dans l’autre sens : nous pouvons être forts par la coopération et, notamment, face aux jardins clos des GAFAs. D’autant que ces derniers nous demandent de plus en plus de faire confiance à leurs algorithmes de prédiction et aux automatismes qui vont avec.

    Comment créer une alternative ? Sans doute pas en attendant la création d’un grand acteur européen. Mais plutôt en comptant sur un maillage de coopérations qui associent les marques, mais aussi les « vendors » de notre écosystème. Nouveau contrat entre marques et audiences, nouvelles coopérations, nouvelles compétences… Faisons de l’année 2021 l’année des nouvelles voies.

     

  • L’industrie du futur rend les français optimistes !

    Les Français n’ont jamais autant cru dans … l’industrie.

    Selon une étude GoudLink pour GLOBAL INDUSTRIe, un événement qui regroupe l’ensemble de l’écosystème industriel hexagonal et européen du 27 au 30 mars 2018, à Paris Nord Villepinte

    D’après le décompte exclusif de L’Usine Nouvelle fin 2017, 104 créations et extension de sites industriels ont été inaugurées en 2017. L’année 2017 présente un bilan positif avec plus d’ouvertures que de fermetures. Dans une interview donnée à l’hebdomadaire, Bruno Lemaire ministre de l’Économie et des Finances déclare : « Je crois à la France des usines, à l’industrie et au monde ouvrier ». Comme le Premier ministre l’a dit lors du Conseil national de l’industrie du 20 novembre, le gouvernement souhaite accélérer ce mouvement de reconquête. C’est le cap qu’a fixé le président de la République, celui d’une industrie de haute technologie qui innove et qui monte en gamme. C’est ce qui nous permettra de voir s’ouvrir de nouvelles usines et de créer des emplois partout en France.

    Dans Les Echos : Une étude du cabinet Trendeo montre que la région Hauts-de-France est celle qui a créé le plus d’emplois industriels en 2017. « Le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand, qui revendique fortement ce choix de l’industrie, annonce une réflexion stratégique et un plan d’action sur l’avenir de l’industrie régionale. » Dans l’interview donnée au quotidien, il y est question de reprise.
    A l’heure du JT il n’est question que de fermetures d’usines, de mouvements syndicaux, de reprises qui tournent mal …  Pourtant, les Français croient dans les industries du futur.

    L’industrie du futur rend les français optimistes

    Les Français croient dans les industries du futur. Le sujet les rend même très optimistes, selon un sondage GoudLink réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1000 d’entre eux. Selon ce premier baromètre d’opinion des Français sur l’industrie, 77% d’entre eux estiment qu’elle est primordiale ou très importante pour l’emploi en France. Ils sont 66% à avoir le même avis sur les exportations françaises…

    La nécessité de muter
    Deuxième constat, les Français sont de vrais supporters de l’industrie et sont confiants sur sa capacité à muter. 64% jugent l’industrie française très ou assez avancée pour aller vers l’usine du futur, seulement un tiers la juge peu ou pas du tout avancée. De même, 48% de nos concitoyens estiment que les salariés sont plutôt motivés par cette perspective, à défaut d’être suffisamment formés (66%).

    Ils sont même prêts à jouer les ambassadeurs de l’industrie : 80% des Français de 50 ans et plus encourageraient un proche, un jeune ou leur enfant à étudier pour travailler dans l’industrie.

    Transformation créatrice

    Dernier constat, et non des moindres : s’ils mesurent les risques de cette mutation, ils n’hésitent pas à parler de « transformation créatrice », pointant très majoritairement les opportunités : pour les technologies françaises, pour la croissance économique et pour la place de l’industrie française dans le monde.

    La grande majorité des français est consciente que l’essor de l’usine du futur générera de nouveaux métiers (89%) et la disparition de certains métiers (74%). Soit à la fois la création d’emplois nouveaux (77%) et la destruction de certains emplois (68%).

    Les Français sont plus enclins à voir dans cette modernisation une complémentarité homme /robot (75%) qu’un remplacement de l’homme par le robot (46%).

    Enfin, ils en attendent clairement des bénéfices : de meilleures conditions de travail (75%) et des métiers plus valorisants (73%).

    Entre menace et opportunité, ils choisissent très majoritairement l’opportunité.

    Au final, 64% estiment que cette transformation de l’industrie vers l’usine du futur est globalement positive.