Étiquette : monétisation

  • Quand 80% des créateurs de contenu monétisent leurs activités

    Comprendre la monétisation des créateurs et créatrices de contenu en France

    Selon  Fiverr International Ltd. (NYSE : FVRR), publie une étude  en collaboration avec Les Gens d’Internet

    Aujourd’hui, les créateurs de contenu allient passion et entrepreneuriat.
    Si partager une passion reste central, la montée en puissance du marketing d’influence montre une évolution vers des objectifs commerciaux, où les réseaux sociaux deviennent des leviers marketing clés. Cette transformation reflète la maturation du secteur, où créativité et stratégie répondent à un marché compétitif.

    Les micro-influenceurs, acteurs majeurs de la création de contenu

    Les créateurs français se distinguent par leur statut de micro-influenceurs, 56 % d’entre eux comptant moins de 100 000 abonnés. Malgré une audience plus restreinte, ils démontrent une grande adaptabilité en diversifiant leurs plateformes et leurs formats de contenu. Instagram domine avec 85 % d’utilisation, suivi par TikTok (80 %) et YouTube (48 %).
    Les vidéos courtes s’imposent comme le format phare, adopté par 92 % des créateurs. Pour maximiser leur visibilité et attirer des marques, 26 % se tournent vers des compétences commerciales, soulignant l’importance de stratégies professionnelles pour monétiser leur activité.

    « Les micro-influenceurs jouent un rôle clé dans l’écosystème des créateurs, car leur proximité avec leur communauté leur permet de générer un engagement authentique. Mais pour se démarquer dans un marché saturé, ils doivent professionnaliser leur approche, que ce soit en diversifiant leurs formats ou en développant des partenariats stratégiques, » explique Myriam Roche, fondatrice de Les Gens d’Internet.

    100 000 abonnés : le seuil pour commencer à monétiser son contenu

    La monétisation des créateurs varie considérablement en fonction de la taille de leur communauté. Si les revenus sont inégaux, les créateurs peuvent commencer à générer de l’argent dès 100 000 abonnés. Cependant, en dessous de ce seuil, la majorité peine à tirer des revenus significatifs : 30 % des créateurs ayant moins de 100 000 abonnés ne génèrent aucun revenu, et 24 % gagnent moins de 5 000 euros par an. À l’inverse, moins de 1 % des créateurs génèrent plus de 500 000 euros annuels, mais concentrent une part importante des gains.

    Les partenariats avec des marques représentent la principale source de revenus pour plus de 90% des créateurs interrogés. Les créateurs de moins de 100 000 abonnés, quant à eux, diversifient davantage leurs revenus : 13 % d’entre eux tirent des revenus des dons, tandis que 21 % génèrent des revenus via la vente de produits digitaux.

    Diversification des revenus et visibilité : les leviers clés pour les créateurs de contenu

    Pour sécuriser leurs revenus dans un secteur en constante évolution, 80% des profils interrogés disent monétiser leurs contenus. Ils n’ont pas qu’une seule source de rémunération, mais plusieurs. En combinant réseaux sociaux, partenariats, affiliation et vente de produits digitaux, ils parviennent à réduire leur dépendance à une seule plateforme ou à une seule source de financement.

    Maintenir une visibilité constante est une priorité : 52 % des créateurs publient plusieurs fois par mois pour séduire les marques et fidéliser leurs communautés. Cette régularité semble essentielle pour attirer de nouvelles opportunités de collaboration.

    Cependant, les défis persistent : 53 % des créateurs identifient la recherche de sponsors comme leur principal obstacle.  Pour 70 % des créateurs avec plus de 500 000 abonnés, la recherche des partenaires reste leur première préoccupation. 68% des créateurs avec moins de 100 000 abonnés, sont particulièrement affectés par les algorithmes des plateformes, qui affectent leur visibilité.

    Structuration d’un écosystème autour des créateurs

    L’organisation de leur activité représente également un défi : 62 % des créateurs travaillent seuls dans leur entreprise. Pour répondre aux besoins spécifiques de leur activité, ils font également appel à des freelances, qui représentent 41 % des recrutements, pour des missions telles que la production de vidéos ou la gestion des réseaux sociaux. Ce recours croissant à des experts extérieurs témoigne de l’émergence d’un écosystème structuré, où créateurs, freelances et marques collaborent pour générer une valeur économique partagée.

    « Le recours à des freelances est une étape clé dans la professionnalisation des créateurs de contenu. Cela leur permet de se concentrer sur leur cœur de métier, tout en bénéficiant de compétences spécifiques pour répondre aux attentes croissantes des marques et des audiences. Cette collaboration contribue également à structurer un écosystème dynamique et durable, » affirme Franck Thomas, responsable France chez Fiverr

    Bien que jeune, l’industrie de la création de contenu en France se structure rapidement. Avec une gestion professionnelle et stratégique, les créateurs posent les bases d’un écosystème où talent et collaboration sont au cœur de la réussite.

    Pour se développer sur les réseaux sociaux, les créatrices et créateurs doivent adapter leurs contenus aux tendances et aux évolutions des plateformes pour générer des revenus. Cependant, les plateformes ne sont pas leur seule source de rémunération : les collaborations avec les marques jouent un rôle clé, contribuant à leur professionnalisation et à l’expansion de leurs activités, » ajoute Benjamin Debon, créateur de contenu YouTube.

  • Les données des réseaux mobiles, sources d’informations précieuses

    Comment les données de trafic des réseaux mobiles peuvent fournir des informations à forte valeur marchande ?

    Par Thierry Boisnon, Président de Nokia France et Vice-Président en charge de la stratégie de l’activité Services de Nokia

    L’analyse des données représente un marché colossal, avec des évaluations comprises entre 80 et 100 milliards d’euros, voire beaucoup plus, d’ici 2025[1]. Mais il s’agit d’un marché complexe, avec de nombreux acteurs et des besoins en investissements considérables pour développer les plateformes et les algorithmes qui permettent aux opérateurs d’explorer de vastes ensembles de données afin de générer de la valeur. Plutôt que de se préoccuper de traiter des données, les opérateurs souhaitent (et doivent) se concentrer sur leurs clients et sur la rationalisation de leurs activités, en particulier si leurs données sont trop limitées pour délivrer le niveau de pertinence requis.

    Les données des réseaux mobiles, sources d’informations précieuses

    Les entreprises ont de plus en plus conscience de la valeur des données des réseaux mobiles. D’après le rapport d’Ovum[2] sur l’exploitation des données dans la publicité numérique et le rôle des opérateurs, 67 % des marques perçoivent déjà les opérateurs mobiles comme d’excellentes sources de données clients, devant les médias numériques, les plateformes de discussion et les fabricants d’appareils.

    Le problème est de déterminer comment suivre les clients sans s’immiscer dans leur vie privée et dépasser grossièrement les limites.

    La réponse est simple. Chaque jour, nous glissons dans notre poche un petit objet fait de verre et de métal, qui nous connecte au monde entier. Puisqu’il nous accompagne en permanence, il est capable de répondre à de nombreuses énigmes sur les lieux que nous fréquentons et sur ce que nous faisons lorsque nous ne sommes pas sur Internet. Il n’est pas ici question de créer de nouvelles données ou de suivre nos comportements, mais plutôt d’exploiter des données de trafic réseau existantes afin de fournir des informations précieuses.

    Les appareils mobiles partagent déjà de nombreuses données avec les opérateurs réseau afin de recevoir et de conserver un signal, d’envoyer des messages et de passer des appels. Ces données pourraient, et devraient, être davantage mises à profit. Lorsqu’elles sont rendues anonymes et collectées auprès d’importantes populations, elles révèlent comment les usagers se déplacent dans les villes ou interagissent avec les services publics, et même avec les panneaux d’affichage et les publicités.

    Recueillir suffisamment de données et savoir les interpréter

    Les opportunités offertes par ces données de réseaux mobiles sont immenses, et les secteurs des transports, de l’aménagement urbain et du tourisme sont les plus susceptibles d’en récolter les fruits à court terme. En observant les mouvements de population, les urbanistes pourront mieux planifier l’aménagement des environnements urbains, les sociétés de transport pourront proposer de meilleurs services et les agences de voyage pourront proposer à leurs clients des offres plus personnalisées. À un niveau plus spécifique, les données des réseaux mobiles permettront de contacter les passagers affectés par des perturbations, de fluidifier la circulation en modulant le tarif des péages en fonction du trafic réel et d’identifier les itinéraires empruntés par les usagers lorsqu’ils se déplacent en ville.

    En outre, des données véritablement pertinentes et fiables optimisent l’efficacité, réduisent les coûts et génèrent une meilleure expérience client. En observant où se situe réellement la demande et en y répondant de façon appropriée, les entreprises pourront réduire leurs coûts en prenant uniquement des décisions qu’elles savent par avance profitables. La satisfaction des clients sera également renforcée grâce à des services plus efficaces et à la création de valeur ajoutée, par exemple par l’envoi d’alertes aux voyageurs, accompagnées de conseils pour éviter des retards ou emprunter des itinéraires alternatifs en cas d’incidents.

    La plus grande difficulté consistera à recueillir suffisamment de données et à savoir les interpréter efficacement. Certains opérateurs réseau ne disposeront pas d’une présence suffisante sur le marché pour collecter les gigantesques volumes de données requis. En outre, le développement de la plateforme et des outils indispensables pour donner du sens à ces données, constitue un processus long et complexe. L’utilisation d’une plateforme capable de compiler les données de plusieurs réseaux au moyen d’analyses intelligentes et d’algorithmes, représente l’approche la plus efficace pour accroître la qualité des données et générer une valeur économique tangible.

    Contacter les prospects au bon moment au bon endroit

    Il s’agit déjà d’une réalité. À l’occasion d’un essai mené récemment avec un opérateur du Royaume-Uni, nous avons collecté 9 milliards de points de données dans le but de tester notre plateforme et de démontrer sa viabilité en termes d’assurance de couverture. En Asie, notre partenaire StarHub a déjà intégré des données de navigation Web aux profils créés à partir de l’analyse de données de réseaux, afin d’identifier plus efficacement les clients. En observant les contenus consultés par les clients, et d’où ils y accèdent, StarHub peut déterminer à quel moment ceux-ci prennent des décisions d’achat et identifier les clients qui les intéressent. Il devient ainsi possible de proposer des publicités hautement ciblées qui touchent les consommateurs au bon moment et au bon endroit.

    Ceci n’est qu’un tout petit aperçu de ce qui est aujourd’hui possible et réalisé dans le monde. Encore en développement, cette technologie est potentiellement capable d’exploiter des données de localisation afin d’harmoniser l’utilisation d’applications ou de désactiver certaines fonctions dans des lieux stratégiques (par exemple de désactiver les appareils photos dans les aéroports ou d’autres zones avec un niveau de sécurité renforcé). De même, les données pourraient permettre d’optimiser le stationnement en déterminant automatiquement si les usagers disposent de l’autorisation appropriée ou ont procédé au paiement. Il est même envisageable que les données de réseaux fournissent aux annonceurs des informations sur l’efficacité de leurs panneaux publicitaires.

    Le marché des télécommunications joue un rôle de premier plan en matière d’optimisation de l’efficacité, dans une optique de réduction des coûts et d’amélioration du service aux clients. Les autres secteurs industriels doivent s’inspirer de cet exemple. L’efficacité va devenir le critère de mesure central dans tous les secteurs, et les données seront le principal levier de son accroissement. Il ne s’agit pas d’une révolution, mais plutôt d’une évolution que nous devons amorcer dès aujourd’hui.

     

     

  • La monétisation de l’IoT en quatre étapes

    La monétisation de l’IoT en quatre étapes

    Par Houssem Abderrahman – responsable Grands Comptes chez Flexera

    L’Internet des Objets est en pleine expansion ! En début d’année dernière, Gartner estimait le nombre d’appareils de ce type utilisés en 2017 à près de 8,4 milliards d’unités, soit une hausse de 31 % par rapport à 2016. Mieux : selon les prévisions de l’éditeur, on devrait atteindre les 20,4 milliards d’objets connectés et intelligents en 2020. Sur le plan des dépenses, IDC annonce pour sa part des dépenses totales de 1 000 milliards de dollars en 2020, et de 1 100 milliards en 2021. Il est donc clairement temps de commencer à profiter des opportunités de monétisation de l’IoT, si ce n’est pas déjà fait. Mais quelles sont les mesures à prendre pour y parvenir ?

    1. Bien maîtriser son modèle économique et les fondamentaux

    Générer des revenus et créer des offres IoT rentables : c’est l’objectif de toutes les entreprises. Cela passe par la mise en place de nouveaux modèles économiques basés sur le numérique, et par un meilleur rendement. Cependant, même le meilleur modèle économique ne suffit pas lorsque l’on ne maîtrise pas les bases:

    • Livrer un produit sécurisé et dépourvu de vulnérabilités ; puis, suivre et gérer les failles tout au long du cycle de vie des appareils. Toutes les offres IoT s’appuient sur des composants open source, mais seuls quelques fournisseurs en assurent une gestion minutieuse.
    • La mise en place d’une technologie de gestion des licences et de monétisation permettra de créer de nouveaux modèles économiques ; de déployer des logiciels et de diffuser des mises à jour vers des objets connectés ; de collecter des informations sur ces appareils et leur utilisation ; et d’assurer la gestion de la conformité.

    2. Offrir des capacités de personnalisation

    2e étape : tirer parti de la puissance des logiciels pour différencier ses appareils et activer des fonctionnalités premium d’un seul bouton. C’est ce qui fait toute la différence entre les dispositifs intelligents et les autres. Vos clients apprécieront cette flexibilité, ainsi que les délais de rentabilisation plus courts.

    3. Profiter de la valeur des données et de leurs enseignements

    Tout bon modèle économique basé sur le numérique s’appuie sur des informations qualifiées. Lorsque l’on parle d’IoT et de données, on pense souvent uniquement aux données traitées en provenance de capteurs. Pourtant, d’autres questions doivent être posées. Quel logiciel est utilisé par quel appareil ? Quelles sont les fonctions utilisées par les clients, et à quelle fréquence s’en servent-ils ? En réunissant des données sur les dispositifs, les logiciels, les clients et leur utilisation, vous poserez des bases saines pour prendre des décisions stratégiques, et favoriser la réussite de votre entreprise sur le long terme. Vous serez en mesure de réagir proactivement aux changements de statuts des appareils et de mieux servir vos clients. Surtout, vous pourrez également prendre de meilleures décisions pour l’avenir, car vous saurez exactement comment vos produits sont utilisés.

    4. Monétiser l’intégralité de pile IoT tout en maintenant le client au centre des priorités

    Commencez à monétiser la valeur des logiciels – et intelligemment. Créez des offres pouvant être utilisées sous forme de service, au lieu de monétiser les composants de votre offre IoT différemment (voire pas du tout, dans certains cas). Une chose est sûre : les modèles basés sur des revenus récurrents (ex. : les offres par abonnement) vont prendre l’ascendant sur les modèles plus traditionnels. Compte tenu de cette tendance, il est donc plus important que jamais d’établir une relation étroite avec le client. Sachez ce que vos clients utilisent, mesurez la valeur qu’ils en tirent, et agissez au bon moment lorsque vous identifiez un potentiel de croissance, ou un risque d’attrition.

    Tout ce qu’il vous faut pour vous lancer sur ce parcours, c’est une plateforme demonétisation des logiciels. Alors, qu’attendez-vous ?

  • Transition numérique : les industriels doivent changer leur vision

    Les modèles de monétisation dans la fabrication industrielle : la nécessité d’un changement d’état d’esprit

    Par Houssem Ben Abderrahman – Responsable Grands Comptes, Flexera

    Beaucoup de fabricants sont actuellement en pleine transition numérique, avec l’intention de révolutionner la vente de produits et leur marketing. J’ai eu l’occasion d’échanger avec un acteur du domaine de la robotique qui cherche désormais à monétiser le concept de motion (c’est-à-dire le fait de déplacer des objets d’un point A à un point B) plutôt que des robots. Aujourd’hui, les constructeurs automobiles traditionnels deviennent progressivement des fournisseurs de services de mobilité. Enfin, en ce qui concerne les villes et les bâtiments intelligents, on entend de plus en plus parler d’éclairage ou d’énergie sous forme de service.

    On pourrait être amené à penser que ces tendances correspondent uniquement à l’action de leaders internationaux, mais ce n’est pas le cas. J’ai discuté avec de nombreuses entreprises de taille moyenne bien avancées dans ce domaine : elles entrevoient clairement une énorme opportunité d’exploiter de nouveaux marchés ou d’accroître leurs parts en proposant de nouveaux services, ou grâce à des barrières à l’entrée moins importantes pour les sociétés ou les consommateurs, notamment avec des investissements initiaux moins élevés.

    Quels modèles de tarification sont les plus populaires ?

    On parle beaucoup de regrouper les appareils, les logiciels, les services et les données au sein d’une offre proposée uniquement par abonnement, ce que font déjà certains fabricants. On constate également d’autres approches que je diviserais en deux catégories de tendances :

    • Certains fabricants ne veulent pas abandonner les modèles basés sur les appareils. Ils continueront à vendre des équipements avec des licences perpétuelles, et passeront progressivement vers des modèles hybrides : des fonctionnalités logicielles avancées supplémentaires seront proposées par abonnement, et des modèles basés sur la consommation seront adoptés en tenant compte du nombre de fichiers traités, des gigaoctets utilisés, etc.
    • D’autres fabricants bouleversent leurs modèles de tarification et proposent des approches innovantes. Dans le domaine de l’automatisation, par exemple, on ne vend plus de produits : on monétise un ensemble d’offres en fonction des avantages pour les clients (gain de temps, économies d’énergie, etc.). Les fabricants héritent ainsi d’une part de ces économies, ce qui en fait un modèle exclusivement basé sur la valeur.

    Un changement majeur pour les fabricants traditionnels. Comment s’en sortent-ils ?

    Pour certaines entreprises, le changement est de taille, car il nécessite un nouvel d’état d’esprit, que ce soit au niveau des dirigeants, des employés ou des clients. Il s’agit d’avancer d’une vision axée sur les produits à une appréciation des résultats et de la valeur dérivée issue du matériel, des logiciels, des données et des services connectés. Cela n’est pas toujours une mince affaire, mais les choses sont plus simples lorsque les dirigeants disposent d’une vision claire et d’une stratégie pour l’avenir, et se montrent ouvertes à ce changement.

    Certes, certains fabricants ont encore du chemin à parcourir. D’ailleurs, bien plus de la moitié d’entre eux utilisent encore un modèle basé uniquement sur du matériel. Cependant, ceux qui franchissent le pas enregistrent d’ores et déjà un franc succès et dominent généralement la concurrence. Nous pouvons donc clairement dire que cela en vaut le coup !

  • Snapchat une stratégie de monétisation sécurisée et durable

    L’introduction en bourse de Snapchat donne un aperçu de la puissance du logiciel

    Caroline Guillaume Vice-Présidente France, Gemalto Monétisation de Logiciels

    Alors que Snap, la société-mère de Snapchat, a récemment fait une entrée en bourse très réussie, l’industrie de la high tech observe attentivement son évolution pour voir si le succès se confirme à long terme, et quelles leçons en tirer. S’il est probable que Snap a trouvé le business model qui soutient au mieux sa croissance, de nombreux développeurs rencontrent encore aujourd’hui des difficultés à monétiser leurs logiciels.

    Avec un nombre croissant d’entreprises qui migrent du hardware au software (logiciels), cette problématique est en train de se généraliser et les défis rencontrés sont toujours plus complexes. Parmi ceux-là, on peut citer : comment protéger ses logiciels contre la fraude, s’assurer qu’ils sont utilisés conformément à leur licence, comprendre quelles fonctions les clients utilisent, etc.

    C’est pourquoi, avoir une stratégie de monétisation des logiciels est essentiel, et pas seulement pour protéger sa propriété intellectuelle. Les entreprises doivent s’assurer que leurs produits sont utilisés de la bonne manière, et comprendre comment, où et quand certaines fonctionnalités sont activées.

    C’est ce dernier point qui offre le plus de valeur aux entreprises. Car comprendre la façon dont les clients utilisent les produits peut orienter le développement, le packaging, le contrôle, la gestion et le suivi des offres à venir. Et surtout, cela aide une entreprise à se développer.

    Cela peut se faire en offrant plusieurs versions d’un même produit grâce à des fonctionnalités additionnelles payantes qui peuvent générer des revenus supplémentaires, ou en optimisant les investissements et l’allocation des ressources selon les comportements réels des consommateurs. Dans le cas de Snapchat, l’entreprise est capable d’apporter aux annonceurs de la visibilité sur les cibles sur lesquelles il est pertinent de se concentrer, grâce aux données utilisateurs collectées et analysées dans l’application. L’app devient de fait plus attractive pour les annonceurs, qui sont plus enclins à y acheter de l’espace.

    Cependant, les entreprises doivent comprendre les menaces inhérentes au développement de solutions logicielles, notamment en matière de piratage. Il serait naïf de croire qu’une fois une application protégée et distribuée, elle est immunisée contre la falsification, le vol, la rétro-ingénierie[1] et le viol de licences. Alors que le nombre d’attaques auxquelles sont confrontées les entreprises est en croissance constante, elles ne peuvent se permettre de perdre leur précieuse propriété intellectuelle et leurs revenus – particulièrement les start-ups.

    Alors comment une entreprise peut-elle mettre en place une stratégie de monétisation des logiciels de manière sécurisée et durable ?

    Suivre et identifier les usages

    Les entreprises ont besoin de proposer différents niveaux d’accès à leurs produits pour permettre à leurs clients de les utiliser de la manière dont ils le désirent. Pour cela, les développeurs ont besoin de suivre et d’analyser les comportements de consommation pour identifier des sous-ensembles de caractéristiques et en déduire des business models. Ainsi, les entreprises peuvent s’adapter rapidement à un marché en constante évolution sans avoir à concevoir de nouveaux produits.

    Segmenter en conséquence

    Une fois que les besoins des clients sont connus, ils peuvent être segmentés en petits groupes partageant des caractéristiques communes pour mieux comprendre leurs motivations et leurs comportements. En effet, il est bien plus facile de cibler des groupes homogènes avec des offres adaptées et cela évite de gaspiller des ressources sur des fonctionnalités qui ne seraient finalement pas utilisées.

    Tester des modèles

    Afin de toucher de nouveaux segments de marché, les entreprises font souvent des essais de packaging produit en réalisant des tests A/B. Ces tests, quand ils sont conduits sur un même segment de marché, permettent de déterminer les fonctionnalités ou modèles de licences préférés par cette audience, et ceux qui peuvent être éliminés. Une entreprise peut alors monétiser cette information en proposant des solutions sur mesure pour chaque cible, et ainsi augmenter son chiffre d’affaires.

    Mesurer les résultats

    Les marchés se modifient inévitablement à mesure que les demandes des clients évoluent. De même, les produits doivent suivre la même évolution tout en évitant les frais associés à chaque changement de produit. La mise en place des 3 étapes précédentes permet de suivre et d’optimiser les performances de chaque produit en continu et de déterminer rapidement s’ils ont besoin d’être remplacés ou simplement mis à jour. Le cycle de vie des produits est alors rallongé et l’entreprise peut rester en tête de course grâce à l’identification précoce des besoins d’ingénierie, de R&D et business.

     Protéger les données

    Enfin, il est vital de s’assurer que le logiciel est protégé. Certes, il est important de se concentrer sur l’optimisation des revenus, mais laisser la porte ouverte à une attaque peut s’avérer être encore plus coûteux. De plus en plus de développeurs se tournent vers des solutions tierces qui protègent contre la falsification, la rétro-ingénierie et le viol de licences. Créer soi-même ces solutions est très couteux et demande beaucoup de temps, sans compter les efforts permanents pour les améliorer et les mettre à jour. Afin de continuer à proposer les meilleures solutions à leurs clients, tout en gardant le contrôle, la meilleure option est une solution sécurisée de protection de la propriété intellectuelle combinée à une plateforme de distribution de licences de logiciels fournie par un éditeur de confiance.

    A mesure que la transformation du monde matériel en monde logiciel s’accélère, les entreprises doivent trouver de nouvelles manières de croître. Celles qui mettront en place correctement une stratégie de monétisation de logiciels sauront offrir des solutions adaptées aux demandes de leurs clients, tout en augmentant leurs revenus.

     

     

     

  • Et si demain vous monétisez vos données personnelles ?

    A quand la gestion marchande par les Français de leurs données personnelles ?

    Par Maitre Antoine Chéron, avocat spécialisé en propriété intellectuelle et NTIC

    Les Français semblent être sur la bonne voie…

    A l’heure où le rapport Terrasse sur l’économie collaborative a été remis au Premier ministre, Capgemini Consulting publie les résultats d’une étude menée par OpinionWay, portant sur « Les Français et l’ubérisation de l’économie ».

    L’étude révèle que 20% des Français ont déjà utilisé un service collaboratif et que 15% des sondés ont l’intention d’y avoir prochainement recours. Il est démontré que ce nombre ne cessera de croître dans les années à venir. La tranche d’âge des 18-24 ans est la plus concernée par ce nouveau phénomène tant en termes d’offre que de demande. Ainsi 43% d’entre eux utilisent ou utiliseront prochainement un service issu de l’économie collaborative.

    Trois facteurs explicatifs doivent être pris en compte.
    Tout d’abord, 70% des Français se disent avoir confiance dans l’e-commerce. Ensuite, les prix et la qualité des services proposés sont les arguments avancés par 65% des personnes interrogées pour le premier et 44% pour le second. Le développement des services collaboratifs s’explique enfin par la dégradation de l’offre des entreprises traditionnelles. En effet, 24% des 18-24 ans font part de leur mécontentement en la matière.

    Ce sondage montre également que 55% des Français sont enclins à partager leurs données à caractère personnel en contrepartie de l’obtention d’un service à moindre prix, de meilleure qualité ou personnalisé.

    L’exigence de qualité semble donc être privilégiée par les Français, à celle du strict respect de leur vie privée. Reste à savoir sur la base de quelles données à caractère personnel l’étude a été menée. Cette information permettrait d’établir un baromètre à partir duquel il serait possible de déterminer jusqu’où les Français sont prêts à révéler leur vie privée pour obtenir un service qu’ils estiment plus intéressant.

    Ce troc de la donnée personnelle contre un meilleur service démontre a contrario la prise de conscience des Français quant à la valeur économique que représentent leurs données. La donnée est un bien marchand à l’égard duquel les Français ont exprimé au travers du projet de loi pour une République Numérique, la volonté d’en reprendre la maitrise de gestion face à la croissance du Big Data. C’est un business pour tout à chacun, qu’il est possible au travers de l’économie collaborative de faire fructifier.

    A cet égard, Arnaud Bouchard, Senior Vice- Président en charge de l’entité Marketing & Sales à Capgemini Consulting fait remarquer que « nous observons peut-être ici le passage d’une société de la possession à une société qui fait la part belle à l’économie collaborative, au sein de laquelle la co-création de nouveaux services ou produits avec les entreprises deviendrait monnaie courante ».