Portrait d’une femme manager dans le monde très masculin de la finance
Polytechnicienne, Colonel au sein de l’Armée de l’AIR, femme engagée au sein du collectif Femmes du numérique, mère de famille de 4 enfants, …
Rencontre avec Pascale Moreau, directrice des marchés et des financements de la Banque Postale.
Annie Abela : votre parcours est exceptionnel. Vous aviez le choix entre une multitude de possibilités, mais vous avez opté pour la finance, pourquoi ?
Pascale Moreau : La finance est une fonction essentielle dans l’économie.
Elle permet de s’assurer que toutes les décisions créent de la valeur.
C’est aussi accompagner nos clients sur leurs projets ou pour renforcer leur structure. C’est très gratifiant de participer à leur succès.
Annie Abela : Tous les domaines professionnels se féminisent, mais un dernier bastion résiste: la finance. Pourquoi ce secteur majeur de l’économie qui, malgré des efforts récents, demeure si obstinément masculin ?
Pascale Moreau : Il y a une réelle difficulté à se projeter pour une femme dans ce monde si masculin. C’est aussi un milieu qui est associé à de nombreux clichés négatifs. L’image de la finance est associée aux traders motivés par l’appât comme dans le film « Le Loup de Wall Street ». Aujourd’hui, on est très loin de ces débordements qui datent des années 90. C’est un métier complet qui évolue très rapidement avec de nouvelles technologies. Les femmes ont fait des progrès considérables sur le marché du travail au cours des dernières décennies, mais elles sont encore sous-représentées dans ce secteur.
Annie Abela : Que peuvent apporter les femmes lorsqu’elles occupent des postes de direction en finance ?
Pascale Moreau : Elles peuvent aider à élargir la vision globale des entreprises en prenant en compte les aspects éthiques, environnementaux avec la transition énergétique, et sociaux au niveau des décisions financières. Une entreprise est équilibrée lorsqu’elle intègre des jugements différents en proposant des femmes à des postes clés.
Vous pouvez très bien allumer ou éteindre une équipe.
Le plus grand piège c’est de cloner les gens.
Annie Abela : Existe-t-il selon vous un leadership féminin ?
Pascale Moreau : Je ne pense pas qu’il existe un leadership féminin.
Cependant, féminiser le secteur apporte une diversité de pensée dans les décisions financières. Les femmes ont également tendance à être plus habiles à communiquer. Une approche qui peut améliorer la collaboration, là où les hommes ont tendance à foncer.
Annie Abela : Leadership et apprentissage sont indispensables l’un de l’autre, déclarait John F Kennedy. Est-ce aussi votre conception du manager ?
Pascale Moreau : Le manager progresse avec ses équipes. Il doit apprendre à tous les niveaux. Il doit aussi impulser son équipe, cela passe par un management assertif, c’est-à-dire trouver le compromis afin que chacun soit satisfait.
Annie Abela : En 2022, l’Unesco crée le collectif « We are the Future in Tech » l’objectif est de fédérer des femmes de grandes entreprises et de startups pour favoriser la diversité des genres dans la tech, La Banque Postale est partenaire de ce collectif . La tech et la finance est-ce le même combat ?
Pascale Moreau : Oui absolument. Les deux sont indissociables : paiement mobile, blockchain, crypto monnaies, intelligence artificielle… le monde de la finance est complexe et particulièrement propice à de nouveaux concepts qui viennent remettre en question nos connaissances sur le secteur. Deux secteurs où les femmes doivent pouvoir s’exprimer. C’est l’objectif de ce collectif. Les femmes doivent pouvoir s’appuyer sur des rôles modèles. Nous devons changer les clichés, impulser en accompagnant les jeunes femmes à se faire une place. Elles peuvent rêver GRAND !
Annie ABELA : Un message à faire passer ?
Pascale Moreau : Se dire que dans l’entreprise on est toujours en mode apprentissage. C’est le meilleur moyen d’impulser une équipe sans avoir peur de se remettre en question.
Ce canal est d’ailleurs considéré comme étant plus « orienté business » que précédemment : si 74% des décideurs jugeaient les réseaux sociaux « moins commerciaux que d’autres supports » en 2018, ils ne sont désormais plus que 70%. Ce constat n’entame pas pour autant les mises en relation, bien au contraire. 64% des décideurs ont déjà répondu à une sollicitation commerciale d’une personne qu’ils ne connaissaient pas (+11 pts vs 2018).

Une majorité de Français fait des projets et y croit !
La confiance en soi, moteur universel des projets des Français
Des projets de vie choisis qui traduisent la quête de sens des Français
Et des projets de vie qui « s’imposent »
« À l’heure d’une digitalisation croissante de la société et des services, être démuni face au numérique est un facteur supplémentaire d’exclusion, professionnelle, sociale ou culturelle. Si Internet facilite la vie à de nombreuses personnes en accélérant les démarches administratives, une partie de la population, estimée à 12 millions de personnes, peine à profiter de cet avantage* », pour Catherine Charrier-Leflaive, Directrice de la banque de détail et de l’assurance de La Banque Postale. À cette précarité numérique peuvent aussi s’ajouter des difficultés sociales pour une partie de la population comme le souligne Catherine Charrier-Leflaive en rappelant qu’il y a souvent une corrélation entre exclusion sociale et numérique. Dont acte. Depuis un an, La Banque Postale déploie sous l’impulsion de son Président, Rémy Weber, un plan de soutien aux exclus du numérique qu’il a annoncé lors des premières Assises de la Banque citoyenne.
Comme le détaille Mouna Aoun, Directrice marketing des marchés Mass Market et Spécifiques à La Banque Postale, le plan d’inclusion numérique se décline en trois types d’accompagnements dédiés à autant de catégories de population :