Étiquette : gouvernance

  • IA Générative : aubaine ou piège potentiel ?

    L’intelligence artificielle générative : opportunité ou défi pour les entreprises françaises ?

    Selon Antony Derbès, Président d’Open Lake Technology 

    Nous sommes à l’aube d’une révolution numérique qui, cette fois, dépasse largement la simple automatisation des tâches. L’intelligence artificielle générative, cette technologie capable de créer des contenus textuels, visuels, sonores, voire des codes informatiques, s’impose comme un bouleversement majeur pour les entreprises. En quelques mois, elle a modifié en profondeur nos façons de travailler, de concevoir, de vendre et d’interagir. Mais cette avancée spectaculaire est-elle pour les entreprises françaises une aubaine à saisir, ou un piège potentiel dans lequel elles risquent de s’engluer ?

    Une opportunité exceptionnelle pour innover et gagner en compétitivité

    L’IA générative ouvre des perspectives inédites. Elle permet d’automatiser des tâches créatives, souvent chronophages, et de libérer ainsi du temps pour se concentrer sur des missions à forte valeur ajoutée. Dans la conception de produits, par exemple, elle accélère la phase d’idéation et facilite les itérations. En marketing, elle génère des contenus personnalisés et adaptés en temps réel aux besoins des clients. Dans la relation client, elle peut répondre immédiatement à des demandes simples, améliorant ainsi l’expérience utilisateur.

    Les entreprises qui sauront intégrer intelligemment ces outils dans leurs processus bénéficieront d’un avantage concurrentiel indéniable. Elles pourront innover plus vite, réduire leurs coûts, et proposer des services plus personnalisés. C’est un levier de croissance et de différenciation qui, bien maîtrisé, fera toute la différence sur un marché toujours plus concurrentiel.

    Mais cette opportunité est aussi un défi majeur, aux multiples facettes

     Car il ne faut pas se voiler la face. L’IA générative soulève des questions fondamentales qui vont bien au-delà de la simple technologie. Le premier défi concerne la gouvernance des algorithmes. Qui conçoit ces modèles ? Sur quelles données sont-ils entraînés ? Sont-elles fiables, représentatives, et surtout respectueuses de la vie privée ? En France et en Europe, où la protection des données est une priorité, il est crucial de garantir que ces systèmes ne reproduisent pas ou n’amplifient pas des biais ou des discriminations.

    Ensuite, il y a la question de la transparence. Il faut pouvoir comprendre et expliquer les décisions prises par une machine, surtout lorsqu’elles impactent des personnes ou des décisions stratégiques. L’« intelligence » doit rester sous contrôle humain, avec des mécanismes clairs de responsabilité et d’auditabilité.

    Enfin, la souveraineté numérique est plus que jamais au cœur du débat. Dans un monde dominé par quelques géants américains et asiatiques, les entreprises françaises doivent veiller à ne pas devenir dépendantes de technologies externes qu’elles ne maîtrisent pas. Investir dans le développement de solutions locales, ouvertes et sécurisées est un impératif stratégique.

    Une mobilisation collective indispensable

     Face à ces enjeux, il est urgent d’agir. Il ne s’agit pas seulement pour les entreprises de s’adapter, mais pour toute la chaîne, acteurs publics, centres de recherche, formations, régulateurs, de se mobiliser ensemble.

    Investir massivement dans la recherche et le développement est indispensable pour conserver notre avance technologique et nos valeurs. Former nos talents aux nouvelles compétences que ces technologies exigent est un autre défi majeur : data scientists, éthiciens du numérique, spécialistes en cybersécurité, ingénieurs en IA, tous sont nécessaires pour bâtir un écosystème fort et autonome.

    Enfin, les pouvoirs publics doivent créer un cadre réglementaire clair et incitatif, qui protège les entreprises et les consommateurs sans étouffer l’innovation. Il faut un équilibre subtil entre régulation et liberté d’expérimentation.

    Une vision responsable et collaborative

    Je crois en un modèle d’IA générative ouvert, transparent et responsable, qui permette aux entreprises françaises de maîtriser leurs environnements IT, en garantissant conformité, sécurité et compréhension fine des usages. L’ambition est d’accompagner cette transformation en offrant autonomie, performance et sérénité, tout en restant fidèles à nos valeurs.

    L’intelligence artificielle générative n’est pas un futur lointain, ni une menace abstraite. Elle est déjà là, maintenant, dans nos entreprises, nos vies, nos marchés. C’est une chance extraordinaire à condition de la saisir collectivement, avec lucidité, rigueur et audace.

    Le moment est venu d’écrire ensemble ce nouveau chapitre de la transformation numérique française. Ne laissons pas cette révolution se faire sans nous.

     

  • Comment s’annonce 2023 pour la gestion des données ?

    Quelles seront les 5 principales tendances de la gestion des données en 2023 ?

    Selon Irina Slavitch, Experte en data integration chez Fivetran

    Malgré l’incertitude économique actuelle, 2023 exigera de nous de faire toujours plus avec les données dont nous disposons : que nous les protégions mieux et que nous trouvions de nouvelles façons de découvrir des informations grâce à une meilleure gestion des données. Les tendances 2022 se poursuivront cette année. En 2023, tout le monde devra être agile avec ses données.  Et avec plus d’outils et une meilleure intégration, de nombreuses entreprises constateront une amélioration des résultats de leurs déploiements dans le cloud.

    L’adoption de l’Intelligence Artificielle et du Machine Learning se poursuivra

    En 2023, l’économie ne changera pas la tendance à l’adoption de l’IA et les opportunités de croissance. Il y a trop d’élan et d’investissements dans la Data Science malgré les vents contraires. Des entreprises comme Amazon et Walmart ont démontré comment améliorer la vente au détail en exploitant les données, et Amazon a partagé des lignes directrices pour guider les professionnels du marketing. Des modèles préconçus sont disponibles sur AWS, via Google Cloud et sur Azure pour que chacun puisse les utiliser et accélérer ses initiatives de Machine Learning.

    La croissance des Data Warehouses sera moteur

    Il fallait autrefois un budget à sept chiffres pour acheter et configurer un bon data warehouse. Aujourd’hui, le cloud permet d’accéder à des systèmes évolutifs à la demande qui peuvent fournir une puissance à court terme en cas de besoin, sans investissement à long terme dans les systèmes. Le passage à l’ELT (extract, load, transform) donne aux analystes de données plus de flexibilité pour extraire les informations dont ils ont besoin et la possibilité de jouer un rôle plus actif dans le traitement des données. En même temps, avec toutes ces données qui affluent, le CDC (change data capture) devient plus important pour maintenir la cohérence et la fiabilité avec un flux constant de données en continu.

    La confiance et la gouvernance des données seront nécessaires

    Nous assisterons à la croissance et à l’amélioration d’outils qui aident les analystes à tirer parti des données, notamment Atlan, Collibra, Alation et d’autres logiciels de catalogage des données. L’ajout de métadonnées rend les données plus faciles à utiliser et à valoriser. Dans le même temps, on doit être en mesure d’observer l’exactitude des données au fur et à mesure qu’elles passent par un système, afin de pouvoir faire confiance aux données. Et la gouvernance des données deviendra de plus en plus importante.

    Les données en continu deviendront essentielles

    À mesure que les entreprises cherchent des moyens de réagir rapidement aux besoins des clients et de reconnaitre leurs comportements, l’accent sera mis sur l’analyse des données à la minute, l’observation de la courbe des revenus et de l’évolution des tendances à chaud. Si votre carte est utilisée pour acheter quelque chose à Strasbourg, puis utilisée à Lyon cinq minutes plus tard, c’est un signal fort de fraude. Mais il est également important, dans le secteur industriel, sur les marchés de l’énergie et même dans le secteur des biens de consommation, d’examiner comment les chaînes de production fonctionnent, quels sont les prix qui varient et quels signaux de données indiquent un problème qui nécessite une intervention. La centralisation des données en continu aidera les entreprises à signaler les incidents pendant qu’ils se produisent.

    Les licences permanentes sont en voie de disparition

    La pratique consistant à acheter et à exploiter des serveurs sur site va disparaître à mesure que des entreprises comme SAP et Oracle font passer une majorité de clients de contrats de licence à des offres SaaS. L’accélération de cette évolution vers l’abandon des licences on-prime permettra aux éditeurs de logiciels professionnels de mieux concurrencer des entreprises comme Workday ou ServiceNow, et aux clients de reporter des investissements importants compte tenu de l’économie incertaine.

    Compte tenu de tous les changements survenus au cours des dernières années, nous verrons comment tout cela évoluera. Mais nous pouvons affirmer que la gestion des données sera un aspect important de la stratégie de chaque entreprise. Les outils de gestion de données efficaces aideront les entreprises aux budgets limités à surmonter tout ralentissement économique. L’utilisation accrue de la technologie cloud aidera les entreprises à optimiser leurs budgets grâce à la tarification dynamique. Et les gens se tourneront davantage vers leurs données pour soutenir leur activité et réagir rapidement à la prochaine évolution du marché, où qu’elle se produise.

  • Savoir mesurer l’efficacité de ses contenus

    La gouvernance des contenus, du rêve à la réalité

    Tribune d’expert – Julian Maurel, Directeur des Produits de Jahia

    Beaucoup d’équipes marketing se convainquent du caractère primordial du contenu mais peu emploient une vraie stratégie dédiée. Pourtant, le concept de « gouvernance des contenus » semble encore quelque peu galvaudé par certaines entreprises qui mésestiment sa mise en place, ses ramifications et implications en interne. Il leur revient de changer de posture pour en voir les vrais bénéfices.

    Si le contenu est roi, tous les contenus ne se valent pas. Un constat qui trouve son origine dans la volonté des entreprises à communiquer en permanence sur tous les supports, le plus souvent sans stratégie globale définie en amont. La difficulté à mesurer simplement la pertinence de ses contenus contraint les sociétés à les produire sans réellement avoir d’indicateurs permettant leur amélioration. Ainsi, cette consécration du contenu ne doit pas faire oublier la complexité de sa conception, régulièrement sous-estimée, et son efficience.

    La gouvernance des contenus, une stratégie centrale

    La chaîne de création de contenu implique bien trop d’intervenants et autant d’approches pour ne pas être soumise à des process clairs où chacun sait ce qu’il a à faire. Qu’il s’agisse d’améliorer son image de marque, de générer des leads ou de booster son référencement, la variété des objectifs finaux nécessite de déployer une stratégie cohérente et commune à tous les acteurs impliqués.

    A ce titre, il est essentiel de décloisonner la production pour éviter de produire ses contenus en silo. En effet, selon les départements d’une entreprise, le ton, la forme ainsi que le fond peuvent varier. C’est ici que la gouvernance des contenus trouve toute son importance. Elle est là pour donner une ligne directrice à tout le monde, et faire ainsi comprendre que l’adoption d’une approche du contenu plutôt qu’une autre répond à des enjeux précis. En théorie, cela semble clair et évident mais en pratique, il convient de se poser les bonnes questions pour placer ses équipes sur les bons rails.
    Qui sont les personnes en charge de l’image de marque ?
    Quels sont les messages à véhiculer et pour qui ?
    Quels sont les experts en interne à solliciter ?
    Quelle typologie de contenu choisir ?
    Comment s’assurer que tous les contenus produits répondent aux objectifs fixés ?
    Ces interrogations sont cruciales pour fluidifier la création de contenus d’un bout à l’autre de la chaîne de valeur.

    Savoir mesurer l’efficacité de ses contenus

    S’il est relativement aisé de produire du contenu, force est d’admettre qu’il est difficile d’en mesurer la pertinence, les entreprises n’ayant pas ou peu de retours. Cela semble paradoxal pour une activité qui demande un investissement conséquent pour déployer de nombreux moyens : de la création de contenus à sa diffusion sans oublier sa promotion. Qu’il s’agisse d’augmenter son taux de conversion, le nombre de lectures ou le référencement de son site, la direction marketing doit déterminer un ou plusieurs objectifs précis au cœur de cette gouvernance des contenus afin de mettre en place une boucle de feedback ciblée et réduite.

    Une démarche qui s’accompagne nécessairement d’un outillage adéquat, répondant aux besoins de chaque service. Au-delà des solutions classiques de workflow et autres outils collaboratifs, il y a un réel intérêt à opter pour une solution de CMS et de GED (Gestion Électronique des Documents) pour gérer efficacement tous les contenus accumulés. L’objectif étant de parvenir à les centraliser pour mieux délimiter le périmètre d’action de chaque personne impliquée dans le processus de création. Cependant, une telle stratégie tomberait à l’eau si elle en oubliait l’analyse des résultats. Il s’agit donc d’organiser régulièrement des comités où est évaluée la pertinence des contenus déployés afin de déterminer ce qui fonctionne ou non. Une étape qui peut sembler évidente mais pas encore véritablement systématisée dans toutes les entreprises.

    Sensibiliser et impliquer les équipes en interne

    Enfin, le facteur humain demeure trop souvent négligé dans de nombreuses stratégies de gouvernance des contenus. Manque de supervision, déficit de sensibilisation des équipes, collaboration difficile : la qualité du management joue un rôle crucial quant à l’adhésion de chacun au projet de création de contenus. Aussi, beaucoup de sociétés choisissent d’abandonner en raison de ces problématiques car la mise en place d’une telle stratégie devient trop lourde et contraignante pour l’activité de l’entreprise. Il revient aux managers de véhiculer les bons messages pour inverser la tendance.

    Dans tous les cas, il n’est pas question ici de culpabiliser qui que ce soit mais de montrer que la gouvernance des contenus peut réellement participer au développement d’une entreprise si on sait comment s’y prendre. Les entreprises du numérique l’ont bien compris et déploient quasi naturellement ce type de stratégie pour grandir plus rapidement.
    Toutes les sociétés n’ont cependant pas la même culture en la matière et il est important de les accompagner en ce sens, pas à pas.

  • Quand la RSE devient un véritable avantage concurrentiel…

    La RSE, plus qu’un simple concept : un réel engagement à long terme

    Par Philippe PELFORT, Président de SEA TPI

    Conduire une stratégie de croissance durable ne passe pas uniquement par la mise en œuvre d’une politique commerciale affutée et par une capacité à innover en continu pour anticiper et répondre aux attentes des clients.
    Dans ce contexte, les lignes ont fortement bougé ces dernières années avec la montée en puissance d’approches responsables orientées respect des valeurs environnementales et humaines. C’est précisément sur ce point  que le sujet de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) se positionne désormais comme une valeur clé pour fonder les bases d’une gouvernance moderne, performante et respectueuse.

     L’importance du support du Top Management

    Comme nous l’avons évoqué, la RSE n’est en aucun cas un simple gadget pour donner une image vertueuse à son entreprise, mais bel et bien un sujet stratégique et structurant qui va profondément faire évoluer la gouvernance, les processus et les modes de gestion de l’entreprise. En ce sens, ce sujet doit être porté par le Top Management en collaboration avec d’autres composantes clés de l’entreprise et dans la mesure du possible une ressource dédiée au pilotage de ce projet.

    N’oublions pas qu’une démarche RSE doit nécessairement s’inscrire dans la durée et qu’elle ne peut être déployée dans son intégralité du jour au lendemain. Il s’agit en effet de mettre en place des actions par étapes, d’en mesurer les effets et bien entendu d’opter pour une démarche d’amélioration continue.

    La RSE : une démarche plurielle

    L’autre point à intégrer impérativement est que la démarche de RSE va toucher de nombreux sujets et domaines complémentaires. En ce sens, il est nécessaire d’en saisir précisément les différents contours. Nous pouvons par exemple évoquer les sujets liés à la qualité (passage de certifications), ceux liés au management de l’énergie, au management environnemental, aux approvisionnements responsables, à la gestion des relations partenaires, aux actions réalisées en faveur des collaborateurs, aux pratiques commerciales mises en œuvre, à l’éthique, à la responsabilité sociale… Tous ces éléments permettront de construire une organisation vertueuse et de donner une vraie impulsion à son projet.

    La RSE : un véritable avantage concurrentiel

    Si la RSE est indiscutablement un sujet complexe qui va mobiliser de nombreuses ressources et investissements, elle est aussi une réelle opportunité de se distinguer et de pouvoir accéder à de nouveaux marchés. Ainsi, les entreprises pourront notamment nouer des relations partenariales de long terme avec des clients qui positionnent l’approche RSE de leur fournisseur comme un critère de sélection dans leurs appels d’offres par exemple.

    Ne pas tenir compte du développement croissant de la RSE est donc une réelle erreur de gouvernance. Plus que jamais, il est important d’en prendre conscience et de diffuser à large échelle cette approche dans les entreprises pour leur permettre de se développer sereinement.

     

     

     

  • Conduite du changement, gouvernance data, recrutement: les 3 défis que doivent relever les CDO

    CHIEF DATA OFFICER : DE L’INSPIRATION À L’ACTION

    Après avoir posé les piliers d’une stratégie data, les CDO se tournent vers la création de valeur pour ancrer durablement leur rôle.

    Depuis 3 ans fifty-five, l’EBG et Informatica s’associent pour se pencher en profondeur sur la fonction de Chief Data Officer grâce à une Taskforce.

    En 2017, seules 45% des entreprises avaient mis en place une stratégie data (Baromètre CDO, EBG et Informatica, Juillet 2017) et 23% comptaient un CDO dans leur organigramme (BCD2O, Baromètre des Chief Digital/Data Officers, Digital Jobs, Criteo, Salesforce et Viseo réalisé par Novamétrie, 2e édition, 2017).

    Aujourd’hui, la quasi-totalité des organisations pour lesquelles travaillent les répondants au Baromètre « CDO : de l’inspiration à l’action » ont mis en place des chantiers data et plus de la moitié ont recruté un Chief Data Officer. Cette évolution se traduit aussi
    dans les défis qu’ont à relever les experts de la donnée.

    Après avoir installé les fondamentaux (gouvernance, outils, acculturation, etc.) et s’être concentrés sur les aspects réglementaires, les CDO se lancent dans la création de valeur et le passage à l’échelle.

  • Pourquoi le RGPD va au delà de la simple protection des données ?

    Les implications du RGP

    Par William Bailhache, Vice-Président EMEA Sud d’Alfresco

    D’ici un an, le Règlement (UE) 2016/679, nouveau règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’union européenne, entrera en vigueur. Les préparatifs des entreprises pour leur mise en conformité commencent à prendre forme. Cependant, les idées fausses et la mauvaise compréhension des implications et de l’impact du RGPD entravent leurs efforts. Selon un rapport, certaines entreprises ont, à tort, mis fin à leurs préparatifs du fait d’un malentendu sur les effets du Brexit. (1) Un grand nombre d’entre elles ne savent même pas encore ce que le terme « données » désigne dans « protection des données » ; elles pensent, à tort, qu’il se limite au contenu des bases de données, et ne concerne pas les informations personnelles contenues dans les documents, feuilles de calcul, enregistrements de conversations téléphoniques, etc.

    Jusqu’ici, la cybersécurité était la principale préoccupation des spécialistes, mais les entreprises ne peuvent ignorer les problèmes liés au droit à l’effacement, à la portabilité des données et à la gouvernance. Le RGPD va au-delà de la simple protection des données contre les risques de sécurité ; il concerne, à importance égale, leur utilisation appropriée par les entreprises.

    La clé : une stratégie solide de gouvernance de l’information

    Fondamentalement, la conformité au RGPD est une question de gouvernance de l’information. Les entreprises doivent commencer par identifier les contenus dont elles disposent et adopter une approche cohérente pour leur gestion et leur protection. Si cela paraît simple sur le papier, un document qui définit la politique à suivre et quelques tableurs ne peuvent suffire à mettre en place une stratégie de gouvernance digne de ce nom. Tous les contenus sont différents et une seule politique ne saurait couvrir tous les types de données. L’emplacement du contenu et la manière dont il est utilisé bouleversent la façon dont les entreprises créent, partagent et sécurisent leurs fichiers, sous la pression de nombreux enjeux : modes de travail mobile et flexible, nouveaux appareils mobiles et connectés, politiques BYOD laxistes et explosion des applications de productivité mobiles et dans le cloud. Les entreprises doivent regarder vers l’avenir et concevoir un mécanisme capable d’assurer la conformité au RGPD de façon organique, à l’échelle de toute l’organisation.

    Identification et classification du contenu

    Pour dissiper la confusion, les entreprises doivent dans un premier temps identifier les entrepôts de données qui contiennent des informations personnelles sensibles et mettre en place des systèmes pour capturer, étiqueter et sécuriser ces données. Une fois les informations identifiées, leur gestion peut être confiée aux bonnes personnes conformément aux spécifications du RGPD. Une fois encore, la tâche n’est pas simple et nécessite une approche intelligente et stratégique. Concernant la portabilité des données, les entreprises rencontrent des obstacles comme le simple fait de savoir avec certitude à quel type de données s’applique la portabilité ou encore de disposer des outils adéquats pour constituer un jeu de données cohérent, au format adapté, avant sa restitution à un client ou à un tiers. À défaut de format spécifique ou universel recommandé par le RGPD pour le transfert des données personnelles, les entreprises doivent choisir un logiciel capable de crypter le contenu pour garantir une protection supplémentaire.

    Respect du « droit à l’oubli »

    L’effacement complet des données personnelles ou le « droit à l’oubli » peut être un aspect particulièrement épineux en termes de conformité au RGPD. Les entreprises doivent rapidement s’assurer que plus aucune donnée client ne figure dans les contenus qu’elles conservent. De plus, chaque entreprise doit pouvoir prouver, hors de tout doute raisonnable, que lesdites données ont été effacées. La situation est encore plus complexe lorsqu’une entreprise ne sait pas avec précision de quels contenus elle dispose et où ils sont stockés. Si la plupart d’entre elles contrôlent la propagation et la duplication des données de leurs clients et employés, stockées dans les bases de données relationnelles, il en va autrement des informations stockées dans les fichiers, documents et autres supports. En termes de dissémination du contenu, les référentiels de contenu distribués et le travail mobile sont les principaux points d’ombre. Dans ces conditions, difficile de savoir si les données personnelles ont bien été effacées et encore plus d’en apporter la preuve. Par ailleurs, un processus cohérent doit être instauré pour gérer les demandes client recevables et justifiables. Les outils utilisés pour réunir la preuve de l’effacement des données doivent également être performants.

    La menace du Shadow IT

    Même si des procédures fiables sont en place, le Shadow IT peut poser un risque de conformité. C’est un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur et une menace qui plane sur la sécurité des données. Si le service informatique d’une entreprise n’est pas capable de répondre aux attentes des employés, ces derniers utilisent leurs propres méthodes, avec pour conséquence une dispersion des données. Sans des politiques claires ou un suivi du service informatique, ces fichiers « renégats » deviennent de véritables bombes. Si le Shadow IT s’est développé de manière incontrôlée, c’est notamment en raison de la nécessité de collaborer dans l’entreprise comme en dehors. En effet, 70 % des employés des multinationales(2) utilisent leurs propres plateformes de collaboration. Et ce chiffre devrait augmenter compte tenu de l’utilisation croissante des appareils mobiles dans l’entreprise et de la stagnation des dépenses d’une année sur l’autre dans de nombreuses sociétés. Pour assurer la continuité du workflow et encourager une collaboration transparente, un registre d’informations RGPD devrait être créé. Toutefois, sans gestion centralisée et sans visibilité, c’est une véritable gageure du fait de la dispersion des contenus sur une multitude d’appareils non approuvés, partages de fichiers, sites collaboratifs et disques durs.

    Si les inquiétudes concernant la sécurité des données sont justifiées, une méthode d’identification et de contrôle de l’accès aux informations sensibles doit être instaurée pour assurer la conformité au RGPD, avec une complète traçabilité et des processus automatisés pour les principales fonctions qui utilisent des données personnelles.

    Une plateforme capable d’assurer la conformité au RGPD doit être spécifiquement conçue pour s’intégrer aux applications métier et être à la fois évolutive et flexible pour accélérer le flux des informations. Il doit s’agir d’un système modulaire, ouvert, conçu pour la gouvernance, facile à intégrer, à faire évoluer et à adapter, pour un retour sur investissement plus rapide et une vraie transformation digitale. Une fois les contenus clairement identifiés (et les fichiers obsolètes supprimés pour éviter toute accumulation inutile), l’entreprise doit mettre en œuvre les processus et procédures de gouvernance nécessaires via une plateforme qui garantit le respect des exigences de conformité, sans perturber le bon déroulement et l’efficacité du workflow.

  • Qui est responsable des données ?

    La gouvernance des données une priorité pour les entreprises

    Par Erasmus Holm, Directeur Marketing EMEA & APAC chez Stibo Systems
    Cela fait maintenant plusieurs années que la gouvernance des données est un sujet d’actualité. Cependant, malgré tous les articles et livres blancs qui lui sont consacrés, il semble que les dirigeants ignorent toujours ce dont il s’agit réellement.

    Le terme « gouvernance » devrait naturellement impliquer la notion de qualité, car il s’agit de l’objectif fondamental de la gouvernance des données. Pourquoi considérer la qualité des données ? Tout d’abord, l’impact d’une mauvaise qualité des données sur l’entreprise est évident : marchandises expédiées à la mauvaise adresse, clients recevant des produits qui ne correspondent pas à la description de la publicité, etc. Mais la mauvaise qualité des données peut également avoir des effets plus subtils : rater une vente incitative en raison de l’impossibilité d’identifier avec exactitude les catégories de produits que le client achète, incapacité à négocier des remises à l’achat parce que les informations du fournisseur sont dupliquées un grand nombre de fois ; ce qui implique de perdre également des ventes sur Internet parce que les données de dimensionnement, imprécises, discréditent l’entreprise sur les sites comparatifs.Une approche plus proactive que réactive de la qualité des données

    La gouvernance des données a impulsé un changement d’attitude : on s’éloigne aujourd’hui d’une approche réactive de la qualité pour aller vers une approche plus proactive. Souvent, on ne réalise l’insuffisance de la qualité des données qu’une fois un processus échoué, quand une livraison ne peut pas être effectuée ou quand le système informatique cesse de fonctionner. Dans certains cas, cela s’avère le meilleur moyen de déceler les problèmes. Il est également courant que des incidents surviennent à cause d’une mauvaise qualité des données dont personne ne veut assumer la responsabilité. La gouvernance des données garantit qu’une personne est clairement responsable, pas seulement de corriger les problèmes, mais aussi de réduire le risque de leur apparition.

    Peut-on seulement acheter un outil de gouvernance des données ? Hélas, la réponse est non ! De nombreux éditeurs prétendent offrir des solutions de gouvernance des données et il existe certainement des outils pour cela. Des outils qui permettent d’enregistrer et de communiquer des règles métier définies, de mesurer la qualité des données, d’identifier des problèmes de conformité, etc. Toutefois, la gouvernance porte surtout sur l’entreprise, les processus et les responsabilités dans le cadre desquels elle peut déployer ces outils. Même pour une entreprise de référence sur le marché du contrôle des données, sans une organisation adéquate, il est impossible de bénéficier des avantages qu’apportent ces outils de gouvernance.

    Qui doit être responsable des données ?

    Dans une perspective globale, l’entité de gouvernance des données n’assume que deux fonctions mais, en pratique, ces deux fonctions peuvent être très complexes et leur exécution peut demander un ensemble de ressources. L’équipe de gouvernance des données est chargée de la gestion des changements et de la conformité comme suit :

    • Gestion des changements – Une fois que l’ensemble des normes a été défini et que les données ont été alignées sur celles-ci, il importe de suivre les modifications de ces normes. Par exemple, si nous établissons que toutes les dates sont enregistrées au format jour/mois/année, cela pose un gros problème si quelqu’un souhaite utiliser le format mois/jour/année. Le rôle de l’équipe de gouvernance des données consiste à évaluer l’impact d’une telle modification, à se mettre en rapport avec les intéressés, à mesurer les coûts et avantages, puis si la modification est jugée pertinente, à la gérer au niveau de toutes les activités concernées de l’entreprise.
    • Conformité – Dès qu’il existe des règles, un contrôle s’impose. Il incombe à l’équipe de gouvernance des données d’exercer ce contrôle pour mesurer la conformité de l’entreprise aux normes qui la régissent et pour agir afin d’améliorer le niveau de conformité.

    Quelle organisation ? Quelles normes ?

    De nombreux adeptes de la gouvernance des données ont établi des modèles dont le fonctionnement a été éprouvé au cours de projets antérieurs. Le problème est que nombre de ces solutions établies ne tiennent pas compte des capacités organisationnelles, du niveau de disponibilité des ressources ou du budget. La bonne organisation est celle qui s’adapte aux besoins de la gouvernance mais aussi à la capacité de votre organisation à l’exécuter et à la gérer.

    L’une des clés de la réussite d’une organisation de gouvernance des données réside dans « l’autorité ». Lors de la création d’une organisation de gouvernance des données, une question est essentielle : que faire si un membre de l’entreprise refuse de respecter les normes ? En l’absence d’autorité, on assiste généralement au développement de normes locales et à la prolifération d’interfaces complexes dans le but de gérer la transition entre les domaines de l’entreprise qui ont adopté des normes différentes. Le nombre de normes augmente jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de norme du tout.

    Ce genre de problèmes est typique des entreprises qui se développent par le biais d’acquisitions, mais dont les filiales conservent une certaine indépendance en matière de gestion. À l’inverse, les projets de gouvernance des données les plus réussis sont ceux du secteur pharmaceutique où la conformité aux normes est imposée par des organismes externes.

    La gouvernance des données n’est pas compliquée en soi, mais son application peut devenir à la fois complexe et très « politique ». Sa mise en place nécessite des conseils d’expert, mais aussi la connaissance locale de l’entreprise et de ses particularités afin d’élaborer une solution qui fonctionne dans chaque situation tout en apportant des avantages réels.