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  • La Reconnaissance Faciale – Quand la technologie devient un sujet philosophique, sociétal et juridique

    La Reconnaissance Faciale – quand la technologie de pointe devient un sujet philosophique, sociétal et juridique

    Selon Raphaël de Cormis, directeur du département innovations chez Gemalto.

    Le constat est clair, beaucoup d’encre, digitale ou non, coule sur la reconnaissance faciale. La controverse est là, largement exprimée et partagée par les médias. En revanche l’objectivité des réponses manque parfois à l’appel…

    En tant que fournisseur de technologies biométriques, telle que la reconnaissance faciale, il est primordial de rappeler que tout dépend de son usage et de son cadre d’application, en d’autres termes: comment la technologie est utilisée, à quels fins, y-a-t-il un cadre juridique à respecter etc.

    En reconnaissance faciale il existe une déclinaison prometteuse des cas d’usage basée sur un système de capture et vérification d’informations biométriques en temps réel. Un des plus grands bénéfices de cette technologie est qu’elle apporte une expérience simple, fiable et rapide, que ce soit pour procéder à un paiement, accéder à un lieu sécurisé, s’identifier auprès d’un fournisseur de service, mais aussi pour protéger les espaces publics. Et c’est précisément sur ce dernier usage que le débat est le plus fort puisqu’il peut être opéré à notre insu. Tout dépend de la situation, et il y a plusieurs nuances entre un contrôle automatisé au passage aux frontières et un scénario de science-fiction ‘Orwelienne’.

    La vraie question est de savoir si la biométrie doit jouer le rôle des « cookies web » dans la vie réelle ?

    La protection des espaces publics ou d’espaces privés accueillant en masse des individus (tels que les stades ou salles de concert) est un réel défi qu’aujourd’hui seule la technologie de pointe est capable de relever, car elle doit être des plus rapides, précises et non-intrusives.

    Mais quid du consentement individuel ? Il faut savoir qu’il existe des différences de réglementations entre les espaces privés ou publics. En France il y a des règles claires pour tout usage de vidéo protection. Par exemple les sociétés de transports n’ont pas le droit de stocker les informations récoltées par de la vidéo surveillance ; et toute zone protégée par de la vidéo surveillance doit être notifiée à la vue de tous. La bonne nouvelle est que l’on voit un réel essor de telles réglementations afin d’encadrer au mieux la transparence des procédés, sur le stockage ou non des données, les droits d’accès et de gestion des bases etc.

    On accepte dans notre expérience « web » que nos comportements soient tracés, analysés ou non et selon nos choix, afin de faciliter nos interactions sur Internet. La biométrie a le potentiel de faire office de « cookies » comme pour le web, afin d’améliorer notre expérience utilisateur dans la vraie vie.

    Mais voilà, avec la reconnaissance faciale en temps réel pour la sécurité des espaces, on touche bien évidemment aux questions liées à la surveillance qui pourrait se faire au détriment du respect de la vie privée, et même fondamentalement des droits de l’Homme. Aujourd’hui le constat est qu’il n’y a pas de loi universelle et que tout dépend du pays et du cadre que les gouvernements imposent ou non.

    De ce fait il existe de grandes différences qu’elles soient d’ordre éthiques et légales, en fonction de là où l’on se trouve. Que l’on soit en Europe avec la RGPD qui assure la protection des droits individuels ou à l’opposé, aux États-Unis (dans certains états) ou en Chine où l’on peut légalement capturer des données biométriques à des fins commerciales ou marketing ; il est certain que nous sommes encore loin d’avoir un cadre légal commun et clairement défini pour tous.

    Les réactions comme celles de Microsoft sont légitimes et annoncent un positionnement d’influence que le secteur privé peut être amené à jouer. Il faut toutefois noter que le NIST [organisme des standardisations] aux États-Unis a quant à lui déjà défini des réglementations pour les fournisseurs de technologie en biométrie non commerciale, pour les usages publics. C’est un bon début et les enjeux restent au plus haut car tout est question de trouver le bon équilibre entre les droits individuels et le devoir de protection qui se joue au niveau gouvernemental.

    En conclusion, toute nouvelle technologie aussi puissante que la biométrie, ne peut être bien accueillie que lorsqu’elle est déployée et exécutée dans un cadre législatif respecté par un plus grand nombre de pays, et cela afin de consolider des bases communes fortes.

    Donc s’il y a bien un sujet qui met tout le monde d’accord, c’est que sans cadre juridique et responsable la reconnaissance faciale ne pourra jamais mettre tout le monde

  • Snapchat une stratégie de monétisation sécurisée et durable

    L’introduction en bourse de Snapchat donne un aperçu de la puissance du logiciel

    Caroline Guillaume Vice-Présidente France, Gemalto Monétisation de Logiciels

    Alors que Snap, la société-mère de Snapchat, a récemment fait une entrée en bourse très réussie, l’industrie de la high tech observe attentivement son évolution pour voir si le succès se confirme à long terme, et quelles leçons en tirer. S’il est probable que Snap a trouvé le business model qui soutient au mieux sa croissance, de nombreux développeurs rencontrent encore aujourd’hui des difficultés à monétiser leurs logiciels.

    Avec un nombre croissant d’entreprises qui migrent du hardware au software (logiciels), cette problématique est en train de se généraliser et les défis rencontrés sont toujours plus complexes. Parmi ceux-là, on peut citer : comment protéger ses logiciels contre la fraude, s’assurer qu’ils sont utilisés conformément à leur licence, comprendre quelles fonctions les clients utilisent, etc.

    C’est pourquoi, avoir une stratégie de monétisation des logiciels est essentiel, et pas seulement pour protéger sa propriété intellectuelle. Les entreprises doivent s’assurer que leurs produits sont utilisés de la bonne manière, et comprendre comment, où et quand certaines fonctionnalités sont activées.

    C’est ce dernier point qui offre le plus de valeur aux entreprises. Car comprendre la façon dont les clients utilisent les produits peut orienter le développement, le packaging, le contrôle, la gestion et le suivi des offres à venir. Et surtout, cela aide une entreprise à se développer.

    Cela peut se faire en offrant plusieurs versions d’un même produit grâce à des fonctionnalités additionnelles payantes qui peuvent générer des revenus supplémentaires, ou en optimisant les investissements et l’allocation des ressources selon les comportements réels des consommateurs. Dans le cas de Snapchat, l’entreprise est capable d’apporter aux annonceurs de la visibilité sur les cibles sur lesquelles il est pertinent de se concentrer, grâce aux données utilisateurs collectées et analysées dans l’application. L’app devient de fait plus attractive pour les annonceurs, qui sont plus enclins à y acheter de l’espace.

    Cependant, les entreprises doivent comprendre les menaces inhérentes au développement de solutions logicielles, notamment en matière de piratage. Il serait naïf de croire qu’une fois une application protégée et distribuée, elle est immunisée contre la falsification, le vol, la rétro-ingénierie[1] et le viol de licences. Alors que le nombre d’attaques auxquelles sont confrontées les entreprises est en croissance constante, elles ne peuvent se permettre de perdre leur précieuse propriété intellectuelle et leurs revenus – particulièrement les start-ups.

    Alors comment une entreprise peut-elle mettre en place une stratégie de monétisation des logiciels de manière sécurisée et durable ?

    Suivre et identifier les usages

    Les entreprises ont besoin de proposer différents niveaux d’accès à leurs produits pour permettre à leurs clients de les utiliser de la manière dont ils le désirent. Pour cela, les développeurs ont besoin de suivre et d’analyser les comportements de consommation pour identifier des sous-ensembles de caractéristiques et en déduire des business models. Ainsi, les entreprises peuvent s’adapter rapidement à un marché en constante évolution sans avoir à concevoir de nouveaux produits.

    Segmenter en conséquence

    Une fois que les besoins des clients sont connus, ils peuvent être segmentés en petits groupes partageant des caractéristiques communes pour mieux comprendre leurs motivations et leurs comportements. En effet, il est bien plus facile de cibler des groupes homogènes avec des offres adaptées et cela évite de gaspiller des ressources sur des fonctionnalités qui ne seraient finalement pas utilisées.

    Tester des modèles

    Afin de toucher de nouveaux segments de marché, les entreprises font souvent des essais de packaging produit en réalisant des tests A/B. Ces tests, quand ils sont conduits sur un même segment de marché, permettent de déterminer les fonctionnalités ou modèles de licences préférés par cette audience, et ceux qui peuvent être éliminés. Une entreprise peut alors monétiser cette information en proposant des solutions sur mesure pour chaque cible, et ainsi augmenter son chiffre d’affaires.

    Mesurer les résultats

    Les marchés se modifient inévitablement à mesure que les demandes des clients évoluent. De même, les produits doivent suivre la même évolution tout en évitant les frais associés à chaque changement de produit. La mise en place des 3 étapes précédentes permet de suivre et d’optimiser les performances de chaque produit en continu et de déterminer rapidement s’ils ont besoin d’être remplacés ou simplement mis à jour. Le cycle de vie des produits est alors rallongé et l’entreprise peut rester en tête de course grâce à l’identification précoce des besoins d’ingénierie, de R&D et business.

     Protéger les données

    Enfin, il est vital de s’assurer que le logiciel est protégé. Certes, il est important de se concentrer sur l’optimisation des revenus, mais laisser la porte ouverte à une attaque peut s’avérer être encore plus coûteux. De plus en plus de développeurs se tournent vers des solutions tierces qui protègent contre la falsification, la rétro-ingénierie et le viol de licences. Créer soi-même ces solutions est très couteux et demande beaucoup de temps, sans compter les efforts permanents pour les améliorer et les mettre à jour. Afin de continuer à proposer les meilleures solutions à leurs clients, tout en gardant le contrôle, la meilleure option est une solution sécurisée de protection de la propriété intellectuelle combinée à une plateforme de distribution de licences de logiciels fournie par un éditeur de confiance.

    A mesure que la transformation du monde matériel en monde logiciel s’accélère, les entreprises doivent trouver de nouvelles manières de croître. Celles qui mettront en place correctement une stratégie de monétisation de logiciels sauront offrir des solutions adaptées aux demandes de leurs clients, tout en augmentant leurs revenus.

     

     

     

  • Mobile Word Congress 2017 : tendances et prévisions

    Mobile Word Congress 2017 : tendances et prévisions

    Remi de Fouchier, expert en solutions mobiles chez Gemalto, analyse les 4 tendances technologiques placées sous le feu des projecteurs lors de cette nouvelle édition du Mobile Word Congress (MWC).

    Le Mobile World Congress est une nouvelle fois l’occasion de placer les principales évolutions en matière de mobilité au cœur des discussions.  « The Next Element » étant le thème choisi pour cette année, voici les 4 « éléments » qui rythmeront ces prochains jours.

    1 – Des engagements plus concrets pour favoriser le développement de la 5G

    La 5G est en chemin et les entreprises travaillent d’arrache-pied pour rendre cette technologie accessible au plus grand nombre. Pour autant, personne n’a pris d’engagement ferme concernant un lancement commercial à grande échelle pour le moment. Mais cet événement pourrait bien changer la donne. Les opérateurs devraient en effet prendre des engagements plus solides pour véritablement soutenir toutes les promesses de la 5G. Il s’agit d’un réseau révolutionnaire qui offrira une connectivité permanente et un découpage réseau – permettant aux opérateurs de créer des réseaux autonomes, personnalisés et isolés à la demande pour leurs partenaires – et pas uniquement d’un simple sujet de discussion autour d’une nouvelle technologie radio.

    Dans ce contexte, nous devrions voir l’éventail des applications 5G s’élargir au-delà du haut-débit mobile pour les utilisateurs de smartphones. La fiabilité renforcée et le temps de latence ultra-réduit promis par la 5G devraient avoir un impact sur de nombreux secteurs industriels et gouvernements. Le MWC est l’opportunité idéale pour donner plus de hauteur aux discussions autour de la 5G. La sécurité et la normalisation seront notamment au cœur des conversations pour que le marché puisse réaliser tout le potentiel business de la 5G.

    L’écosystème de l’IoT continue son développement et la 5G promet d’apporter une nouvelle forme de flexibilité tout en redessinant l’environnement réseau. Nous pouvons donc nous attendre, cette année encore, à toute une série d’annonces de partenariats entre les fabricants de matériel, les acteurs de l’IoT, les fournisseurs d’infrastructures, les intégrateurs systèmes et les fournisseurs de cloud.

    2 – Consumérisation de la biométrie

    L’année dernière, Mastercard a lancé le paiement par « selfie ». Cela a marqué un véritable tournant en matière de confiance accordée par les entreprises et les consommateurs à la biométrie.

    Nous pensons que 2017 sera l’année de la consumérisation de la biométrie et les fabricants et fournisseurs de solutions de paiement devraient faire un certain nombre d’annonces allant dans ce sens.

    Les smartphones vont s’interconnecter avec plusieurs sources biométriques permettant par exemple de détecter les battements du cœur, de scanner l’iris de l’oeil, de cartographier le réseau veineux, etc. Les fabricants d’écrans OLED devraient annoncer le lancement de lecteurs d’empreintes digitales sur écrans tactiles pour répondre à l’engouement des écrans sans bord sur smartphones.

    Parallèlement aux développements matériels, les normes devraient elles aussi se multiplier. L’alliance FIDO (Fast IDentity Online) pourrait annoncer de nouveaux standards ou au moins présenter une feuille de route précise pour le développement de standards biométriques sur les appareils Android. Il sera intéressant de voir comment les OEM vont permettre facilement aux développeurs d’accéder à toutes ces Application Programming Interface (API), de façon à ce que les applications tierces puissent les utiliser sans compromettre la sécurité.

    3 – Connexion digitale de la voiture à l’identité numérique de l’utilisateur

    Depuis quelques années, le MWC est devenu une véritable vitrine pour les technologies et applications mises en œuvre dans les voitures connectées. L’édition de l’année dernière a par exemple été le théâtre du lancement de la voiture autonome Mercedes-Benz Qualcomm. Selon les prévisions, les revenus de ce secteur devraient quadrupler d’ici 2020. La technologie et les business models sont donc en train d’évoluer et de transformer le secteur de l’automobile pour le transporter dans l’ère de la « nouvelle mobilité » ou de la mobilité « nouvelle génération ».

    Cette « New Mobility » repose sur le principe suivant : relier l’identité de la voiture à l’identité digitale de l’utilisateur final (conducteur ou passager). La clé de voiture virtuelle (Virtual Car Key – VCK) en est un premier exemple. La clé, qui fait partie intégrante de l’identité digitale de la voiture, est stockée de façon sécurisée sur l’appareil mobile de l’utilisateur final. Ouvrir la voiture et démarrer le moteur est désormais devenu un élément crucial de n’importe quelle application mobile intelligente.

    D’autres applications devraient voir le jour cette année sur le MWC. Comme celles permettant de gérer de bout en bout l’identité de l’utilisateur final et permettant de connecter certaines informations comme les plans / itinéraires à des applications d’infodivertissement permettant ainsi d’améliorer l’expérience de l’utilisateur à l’intérieur de l’habitacle.

    4 – Une meilleure connectivité à la demande

    L’écosystème IoT doit être pourvu d’appareils capables d’offrir une connectivité à la demande (que ce soit pour les consommateurs ou les industries). Les eSIM et les Remote SIM Provisionning seront essentielles pour permettre de connecter au réseau cellulaire les appareils des utilisateurs et répondre aux pics d’utilisation générés par les multiples typologies de périphériques (les trackers fitness, les drones personnels, les casques de réalité virtuelle, les montres intelligentes, etc.) Ces dispositifs joueront aussi un rôle clé pour accélérer le développement de l’IoT industriel. Imaginez par exemple une entreprise de location de voiture qui souhaiterait changer de fournisseur de connectivité de toute sa flotte de véhicule en une fois.  Cela nécessite de l’interopérabilité et des standards communs entre les équipements. De gros progrès ont été faits les mois derniers pour soutenir l’IoT industriel. La GSMA a d’ailleurs mené de grandes vagues de tests.

    Nos solutions ont passé ces tests avec succès démontrant la force et la puissance de notre engagement pour développer les marchés de l’IoT et du M2M.

     

     

  • 2017 : l’année des failles de données de grande ampleur

    2017 ou l’année des failles de données de grande ampleur

    Par Jason Hart, CTO Data Protection chez Gemalto

    En 2017, nous devrions assister à des cyberattaques de plus en plus complexes et furtives, et ayant pour principaux motifs l’appât du gain ou l’activisme politique.

    Nous sommes actuellement à un moment clé de cette nouvelle année, pour laquelle l’ensemble des acteurs de la sécurité ont déjà annoncé leurs prévisions, voire même –pour certains – sont revenus sur celles mises en avant l’année passée.

    Parmi les prédictions que nous avions évoquées en 2016, celles relatives à l’intégrité des données devraient continuer de faire parler d’elles en 2017. Selon moi, cette nouvelle année devrait faire l’objet d’attaques de plus en plus sophistiquées, complexes et non détectables et ayant des motifs d’ordre financier ou bien politique.

    Le piratage des donnés n’est pas une nouveauté. Afin de s’assurer que celles-ci restent à l’abri des menaces, il faut dans un premier temps être certain que seuls les utilisateurs autorisés soient en mesure d’y avoir accès ou de les modifier. Les attaques jouant sur l’intégrité des données mettent en péril ces précautions sécuritaires, en cherchant à accéder au serveur de manière non-autorisée et de pouvoir ainsi modifier les données. Cela représente le moyen ultime d’en faire de véritables armes aussi puissantes que nuisibles.

    Ce fut le cas en 2008, lorsque des entreprises d’exploitation forestières brésiliennes ont accédé aux réseaux du gouvernement pour en gonfler les quotas d’exploitation. On se souvient également du ver Stuxnet qui, en 2010, a utilisé des failles mineures pour tenter de détruire le programme nucléaire iranien. Toujours à titre d’exemple, en 2013, un groupe syrien pirata le compte Twitter de l’Associated Press en indiquant que le président Obama avait été blessé lors d’explosions à la Maison Blanche. A lui seul, ce tweet a causé une baisse du Dow Jones de 147 points.

    Si l’on continue à retracer les récentes attaques qui ont marqué les esprits, on peut également citer celle orchestrée par Anonymous. En publiant des rapports financiers exposant des entreprises américaines et chinoises, l’objectif était de contourner les marchés financiers, et par la même occasion, d’endommager la réputation de la marque de REXLot Holdings, un développeur de jeux qui avait gonflé ses revenus.

    La même année, il y eu la faille subie par la holding américaine JP Morgan Chase et la tentative de contrôler le marché. Ce qui nous amène, bien sûr, à 2016, avec les cyberattaques subies par l’Agence Mondiale Antidopage et le Comité National Démocrate, deux illustrations parfaites de piratage ciblant des entités gouvernementales.

    Dans quelle mesure les cyber-attaques vont elles s’aggraver ?

     Qu’est-ce qui diffère ici des prédictions de l’an passée ? Pourquoi ces attaques devraient-elles s’aggraver ? La première génération de cyberattaques se contentait de couper l’accès aux données. Elles ont ensuite évolué en cherchant à les dérober. Aujourd’hui, nous constatons que les données volées sont modifiées juste avant d’être transférées d’une machine à une autre, affectant ainsi toutes les chaînes des opérations.

    En outre, l’explosion de l’Internet des Objets (IoT) a considérablement ouvert le champ des possibles pour les pirates, en leur offrant une multitude de nouvelles cibles, représentées par autant de dispositifs connectés que d’utilisateurs. Prenons par exemple le Fitbit. Il suffit de voir le nombre de personnes qui y ont accès, de l’utilisateur au fabricant, en passant par le fournisseur de cloud hébergeant l’infrastructure informatique, à la personnes tierce qui y accède via une API (Application programing interface). Cela crée une prolifération des risques que le marché de la sécurité informatique n’avait jusqu’alors pas identifié, puisqu’il s’agissait juste d’objets utilisés par les consommateurs.

    Mais les vols de données peuvent avoir de lourdes conséquences, car elles ont le pouvoir de faire tomber une entreprise, voire l’ensemble des entités qui y sont liées.

    Le monde connecté d’aujourd’hui génère en permanence une multitude de données que les entreprises, professionnels et analystes du secteur utilisent pour prendre des décisions, faire des projections, émettre des prévisions et plus encore.

    Les attaques visant à compromettre l’intégrité des données d’une entreprise peuvent engendrer un arrêt total de son activité. Ainsi, les marchés boursiers pourraient être attaqués et s’effondrer si leurs données devenaient défectueuses. D’autre part, le réseau électrique et les autres systèmes IoT tels que les feux de signalisation ou les centrales d’alimentation en eau potable, pourraient être gravement perturbés si les données utilisées étaient altérées. Si l’on y réfléchit, la plus grande menace pourrait venir des attaques qui passeront inaperçues pendant des années jusqu’à ce que leur potentiel de nuisance ne soit enfin révélé. Le principal enjeu est donc la confiance. La prise de décision se faisant au niveau des hauts fonctionnaires, des dirigeants d’entreprises, des investisseurs ou encore des consommateurs sera biaisée s’ils ne peuvent se fier aux informations dont ils disposent.

    Que faire pour protéger ces données ?

     À ce stade, il serait légitime de croire qu’il n’y a pas de solution à ce problème. Ce n’est pas le cas. Lors de mes échanges avec les entreprises pour lesquelles nous travaillons, l’une des premières questions que je leur pose est : « Que souhaitez-vous protéger ? » Si vous ne savez pas quelles données vous essayez de sécuriser, il ne sert à rien d’investir du temps et de l’argent dans cette tâche. Il s’agit d’une question assez simple, mais à laquelle il est pourtant difficile de répondre. Malgré cela, la réflexion qui doit y être apportée est primordiale pour n’importe quelle organisation. Quelques-unes des précautions à adopter ont été mises en avant dans notre récent blog intitulé « Securing the breach trumps breach prevention ».
    Une chose est sûre, les vols de données continueront de se produire. Se convaincre du contraire serait utopiste. Mais même si leur complexité et leur envergure ne cessent de croitre, il ne faut pas pour autant y consacrer l’ensemble de son attention, car cela aurait pour conséquence de mobiliser la totalité des ressources de l’équipe de Sécurite IT de l’organisation. En résumé, le meilleur point de départ consiste à savoir quelles sont les informations qu’il est important de protéger.

     

     

     

  • Quand l’univers digital tire profit des mesures sécuritaires du monde réel

    L’évolution de la sécurité bancaire a-t-elle quelque chose à nous apprendre en matière de cybersécurité

    Par Philippe Carrère, Directeur de la protection des données et de l’identité, Europe du Sud, Gemalto

    Risques et bénéfices. Les dirigeants du secteur bancaire doivent constamment prendre en compte les aspects liés à la cybersécurité pour déterminer quels sont les actifs qu’il est indispensable de protéger, de quelle manière et à quel coût. Un état des lieux qui est réalisé de la même manière par les hackers convoitant ces mêmes actifs. Le risque zéro n’existe pas, c’est pourquoi les équipes en charge de la sécurité informatique ne doivent pas uniquement chercher à éviter à tout prix les attaques, mais plutôt à donner du fil à retordre aux hackers en rendant ces dernières plus difficiles à mettre en place, plus coûteuses et plus risquées.

    Partant de ce constat, il est intéressant de comparer les actions qui ont été mises en place par les banques pour protéger leurs actifs physiques à celles dont elles ont aujourd’hui besoin pour garantir leur cybersécurité. Si les moyens utilisés pour protéger leurs biens physiques différent de ceux mis en place pour s’assurer de la sécurité de leur périmètre virtuel, des similitudes existent. Mieux encore, l’univers digital a su tirer profit des mesures sécuritaires déployées au sein du monde réel.

    Des coffres forts qui ont atteint leurs limites

    Jusqu’au milieu du 19e siècle, les banques avaient recours à de petits coffres forts pour protéger leurs biens de valeur. Après la conquête du Far West, les chercheurs d’or, rentrés les mains vides, se sont tournés vers une autre source de convoitise : les coffres forts et leurs richesses. Utilisant leurs pioches, ils sont parvenus à les forcer et à en piller le contenu.

    Avec le temps, ces coffres forts de petite taille ont été remplacés par d’autres plus volumineux et donc plus difficiles à déplacer, sans pour autant décourager les voleurs qui ont utilisé des explosifs pour parvenir à leurs fins. A l’aube des années 20, la plupart des banques se sont équipées de coffre-forts renforcés, spécialement conçus pour résister aux cambrioleurs, aux émeutes ou encore aux catastrophes naturelles. Les malfaiteurs se sont alors dotés de chalumeaux leur permettant de transpercer l’acier.

    L’humain comme monnaie d’échange

    Lorsque les serrures ont démontré leurs limites, les banques ont eu recours à des cadenas à combinaison. Cette transition a marqué un glissement vers une sécurité basée sur l’humain, chargé de retenir la combinaison du coffre. Ce point souligne un constat qui s’est avéré vrai tout au long de l’histoire de la sécurité du secteur bancaire : ce sont souvent les individus qui constituent le maillon faible.

    Aujourd’hui, la combinaison d’un coffre peut être comparée à des identifiants de connexion pouvant faire l’objet d’une attaque d’hameçonnage après intrusion sur le serveur ou le réseau. Un utilisateur disposant de certains accès peut également servir d’appât et ouvrir ou télécharger un fichier malveillant. Une fois installé sur l’ordinateur de ce dernier il devient alors possible, pour le hacker, de piloter à distance les préférences système et de lancer une attaque.

    Les sites excentrés, cibles privilégiées des attaques

    Au fil des décennies, le réseau des banques n’a cessé de s’étendre, accentuant ainsi le nombre de points d’entrée à surveiller. Au siège, viennent s’ajouter un nombre toujours plus croissant de succursales, de vitrines, de guichets automatiques, représentant autant de menaces potentielles. Ces sites annexes sont des cibles privilégiées pour les malfaiteurs qui délaissent les sites principaux, dont la sécurité est plus importante. Selon des sources policières, les braquages de banques ou de sociétés de transports de fonds diminuent au fil des ans en raison de la protection de plus en plus sophistiquée mise en place.

    De plus, une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) indique que parmi les 5 142 faits de vols à main armée recensés en 2013, 63% ont visé le « secteur marchand » (bijouteries, agences bancaires et de la Poste, etc.)

     La vulnérabilité des actifs lors du transport

    D’années en années, les malfaiteurs ont privilégié les cibles présentant la valeur la plus conséquente et le risque le moins élevé. Quiconque a déjà regardé un Western sait que l’étape du transport reste la plus vulnérable.

    Aujourd’hui, le transfert des données numériques sensibles transitant sur le réseau est particulièrement convoité. Lorsque des attaques telles que celles de l’homme du milieu et les écoutes clandestines se sont banalisées, se doter de solutions de chiffrement des données est devenu plus que primordial.

     Selon un sondage réalisé par le Département d’Etat de New York des services financiers, 90% des banques ont recours à des solutions de chiffrement pour sécuriser les données transmises ou reçues par des utilisateurs tiers. Cependant, seulement 38% des établissements interrogés utilisent le chiffrement pour des données qui ne quittent jamais le réseau.

     Déterminer vos points faibles en matière de cyber-sécurité

    Comme l’illustre parfaitement l’évolution de la sécurité bancaire, se concentrer sur une seule ligne de défense peut s’avérer risqué et inefficace.  La mise en place de nouvelles mesures de défense ne permet pas de garantir à 100% et H24 la sécurité de l’établissement bancaire. En effet, une fois que ces mesures sont identifiées et écartées par les hackers, ils se tournent vers d’autres failles potentielles.

    En matière de sécurité physique, les coffres forts sont devenus plus volumineux et plus difficiles à forcer, avec notamment la construction de voûtes protégées par des murs de plusieurs mètres d’épaisseur. Mais les banques ne se sont pas arrêtées là. Elles ont aujourd’hui recours, entre autres, à des détecteurs de mouvement et de chaleur et des caméras de surveillance vidéo, afin de se prémunir d’une éventuelle attaque.

    Il n’y a pas d’outil ou d’approche pouvant garantir une sécurité infaillible à 100%. Ceci est vrai tant pour la sécurité physique que digitale des banques. Cependant, une stratégie de sécurité à plusieurs niveaux reste la meilleure option pour se protéger des cyberattaques. D’autant plus que les défenses du réseau continuent d’être contournées. C’est pourquoi l’utilisation de solutions de chiffrements des coffre-forts digitaux aujourd’hui constitués de bases de données, de systèmes de stockage et des services utilisés au sein des environnements IT des banques, est devenue une mesure de sécurité essentielle à la protection des ressources clés des banques.

     

     

  • A quoi ressemblera le monde connecté en 2025 ?

    Dans son rapport intitulé « Connected Living 2025 », Gemalto révèle la perception et les attentes des 18-30 ans en matière de technologie connectée.

     Ils font partie de la « Génération Y », on les appelle aussi les « Millenials » ou encore les « Digital Natives », ils ont entre 18 et 30 ans et sont naturellement considérés comme très à l’aise avec les technologies de l’information. Dans son rapport Connected Living 2025, Gemalto (Euronext NL0000400653 GTO), le leader mondial de la sécurité numérique, a interrogé 1 200 jeunes de 6 pays, dont la France, âgés de 18 à 30 ans pour comprendre comment ils perçoivent le monde connecté de demain. Les principaux enseignements du rapport dépeignent une société hyper-connectée dans laquelle le contenu doit être accessible partout, à tout moment et en toute sécurité. Si certains ont une vision futuriste de l’avenir, les jeunes français se montrent parfois moins imaginatifs.

    Enseignements généraux du rapport

    Dans le monde hyper-connecté de demain, la sécurité et les systèmes d’authentification jouent toujours un rôle clé. Pour deux tiers des personnes interrogées au global, les empreintes digitales seront la principale méthode pour déverrouiller son smartphone. Viennent ensuite la reconnaissance faciale et le scan de la rétine (respectivement 44 et 43%). Cependant, les traditionnels codes PIN et mots de passe ont encore la faveur de 40% des sondés. Plus intéressant encore, 1/3 pense que des lecteurs d’ADN équiperont et sécuriseront l’accès aux smartphones.

    Des transports massivement connectés

    A l’heure où Google, Tesla et consorts sont en train d’effectuer des essais concernant les voitures autonomes, 63% des répondants pensent que d’ici 2025 les voitures se conduiront toutes seules. 62% pensent que les systèmes de navigation 3D équiperont les véhicules. Et parmi les plus optimistes, 27% pensent que des lits seront en option dans les voitures pour faire une sieste pendant que la voiture conduira à travers la ville. 36% pensent que la voiture deviendra une extension du lieu de travail.

    En matière de transport public, les répondants s’attendent à pouvoir accéder à n’importe quel type de contenu depuis n’importe où, même dans les tunnels (70% de l’échantillon). Sans grande surprise, 56% estiment que les technologies NFC remplaceront le ticket papier tel que nous le connaissons aujourd’hui. Selon les personnes interrogées, les transports deviendront aussi plus intelligents, les réseaux pourront par exemple juger de la demande en temps réel et ainsi augmenter ou diminuer la fréquence des passages. Un atout considérable pour l’environnement mais aussi pour adapter l’offre en fonction d’événements particuliers comme les manifestations sportives par exemple.

    Les européens de l’échantillon se montrent plus conservateurs dans presque chacune des catégories, les jeunes brésiliens et chinois ayant un taux de réponse plus élevé que la moyenne dans chacune des catégories. Les plus surprenants étant sans doute les jeunes chinois qui pensent à près de 42% qu’ils pourront faire la sieste dans leur voiture. Un peu plus de 60% des Français misent sur des fonctionnalités de voitures autonomes.

    Des mesures de santé plus précises

    Le spectre de la télésanté est bien présent au sein de l’étude. 63% des personnes interrogées pensent que les systèmes de contrôles du rythme cardiaque évolueront de telle manière qu’ils seront capables de renvoyer une image en 3D du cœur et de fournir des rapports quotidiens sur l’état de santé de l’utilisateur. Pour près de 60% des personnes interrogées, la technologie pourra collecter des données de pression sanguine qui aideraient le praticien et le patient. En France, ce sont les applications liées au cœur et aux dents qui sont les plus populaires.

    Une meilleure organisation de la vie quotidienne

    En 2025, la technologie devrait continuer à faciliter le quotidien. Nous commençons à nous habituer à parler à notre smartphone que ce soit via Siri, Cortana ou Google App. Mais dans les 10 prochaines années la relation avec les assistants personnels devrait encore plus évoluer. Interrogés sur les services que devraient rendre les assistants personnels, 62% des personnes pensent qu’ils permettront à mieux organiser la journée et à ne rater aucune réunion. Tout ceci grâce à l’analyse des emails permettant de produire des agendas quotidiens combinant les engagements personnels et professionnels. 56% pensent que ces outils permettront de faire découvrir de nouvelles choses et 41% espèrent que les assistants personnels virtuels organiseront leur vie sociale.

    « En 2025, nous regarderons probablement avec amusement les prédictions de notre échantillon, cependant nous verrons un monde foncièrement différent. A mesure que l’Internet des Objets continue d’intégrer notre quotidien, le monde mobile va devenir un point de convergence pour des douzaines d’industries. Ceci étant dit, les prédictions de notre échantillon mettent en avant des tendances très intéressantes qui sont assez similaires d’un pays à l’autre même si des nuances émergent localement à l’image d’une Europe qui se montre plus conservatrice dans ses attentes que les Brésiliens et les Chinois qui témoignent d’une vision plus futuriste. » explique Xavier Larduinat, Senior Technologist chez Gemalto.