Étiquette : fraude

  • Signature électronique : un choix qui n’est pas anodin

    Signature électronique :
    3 critères clés pour faire son choix

    Par Julien Stern, CEO d’Universign

    La signature électronique s’est largement démocratisée depuis l’apparition des restrictions sanitaires et la généralisation du télétravail. Fort d’une très nette augmentation de la demande, ce marché a aiguisé l’appétit de certains prestataires.
    Pourtant le choix d’un tel service est loin d’être anodin car il exige de ceux-ci une capacité à assumer une responsabilité juridique forte, tout en étant capable d’accompagner les entreprises sur les aspects légaux liés à leurs usages de signature électronique. Seul un Prestataire de Services de Confiance (PSCo) qualifié selon le règlement européen eIDAS peut véritablement maîtriser les enjeux techniques et juridiques d’une telle solution, au profit de la sécurité de ses clients et des signataires.

    Maîtriser les risques en garantissant la valeur juridique

    Avec le développement des transactions numériques, il est de plus en plus difficile de s’assurer qu’une personne est véritablement celle qu’elle prétend être. Le vol d’identité est en hausse et la France est loin d’être épargnée par l’augmentation du nombre de fraudes en la matière.
    Selon le cabinet d’audit PwC, 53% des entreprises françaises auraient été victimes de fraudes à l’identité dont le montant est équivalant à 1,4 milliard de dollars de pertes au cours des 24 derniers mois. Les enjeux d’identification et d’authentification, notamment dans les processus de contractualisation dématérialisés, sont centraux et nécessitent donc de comprendre ce qu’ils impliquent pour les utilisateurs.

    S’il revient au PSCo de proposer différents niveaux de sécurité de signatures répondant à différents types de risques en matière de signature électronique, les entreprises doivent quant à elles évaluer le niveau de risque lié aux documents qui seront signés. Le règlement eIDAS est à l’origine de trois niveaux de signature : simple, avancée et qualifiée. Ces trois niveaux de signature sont mis en œuvre grâce à différents moyens d’identification électronique permettant de mieux maîtriser les risques d’usurpation d’identité. Plus le niveau de sécurité d’une signature augmente, plus les points de contrôle (à distance ou en face-à-face) de l’identité du signataire sont renforcés, réduisant ainsi le risque d’usurpation d’identité dans le cadre des transactions réalisées. Dans tous les cas, une signature électronique doit prouver l’identification du signataire et l’intégrité du document signé. L’horodatage qualifié apporte par ailleurs un niveau de sécurité supplémentaire en garantissant l’existence d’un fichier à une date donnée et que celui-ci n’a pas été modifié depuis. Il contribue ainsi à assurer l’intégrité du document signé.

    Depuis 2014, le règlement eIDAS a été adopté par le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne. Il permet notamment de qualifier un PSCo dont le rôle est de recueillir le consentement éclairé du signataire, c’est-à-dire le recueil de la preuve du consentement. Selon le niveau d’identification requis, le PSCo est habilité à vérifier l’identité du signataire au moyen de procédés fiables garantissant le lien entre son identité régalienne et l’acte.

    Bien qu’il s’agisse avant tout d’une opération à caractère légal comportant une dimension technique complexe entre l’acte de signature et le procédé d’identification du signataire, la signature électronique ne doit pas se faire au détriment de l’expérience utilisateur. C’est notamment pour cette raison que certains PSCo proposent aux signataires disposant déjà d’un certificat de pouvoir le réutiliser lors de futures signatures. Les Prestataires de Services de Confiance disposant d’une base d’identités numériques suffisamment large simplifient ainsi l’expérience utilisateur. Si la valeur juridique d’une signature électronique est un élément de choix majeur dans le cadre des problématiques d’identification et d’authentification pour limiter les usurpations d’identités, le nombre de certificats qualifiés détenus par un PSCo s’avère également un critère important.

    Garantir la sécurité et la confidentialité des données au regard du cadre européen

    Un PSCo doit garantir un haut niveau de sécurité sur les données de ses utilisateurs, aspect crucial pour la pérennité d’une organisation. Le vol ou la perte de données, la non-conformité avec les procédures légales telles que le RGPD, ou encore le coût engendré par une interruption de service peuvent effectivement infliger des dommages considérables à une entreprise. Qu’il s’agisse de se protéger contre les piratages externes, la divulgation d’information ou l’erreur humaine, la sécurité doit être au cœur de l’offre de service d’un Prestaire de Services de Confiance.

    En raison de la nature juridique de la signature électronique, les PSCo sont étroitement concernés par la question du traitement des données personnelles. La sécurité des données liées à la contractualisation, la vérification de l’identité, la signature et la conservation du document à valeur probante, imposent que la localisation, le stockage et le traitement de ces données soient effectués au sein de l’Union européenne. Il est ainsi important qu’un PSCo qualifié selon le règlement européen eIDAS opère l’intégralité du traitement des données de ses clients en Europe et que ses infrastructures soient également localisées au sein de l’Union européenne. Ce dernier pourra alors garantir que le traitement des données personnelles sera sécurisé et réalisé dans le respect du RGPD. En France, la sécurisation des données et de la valeur juridique inhérentes à l’usage d’un service qualifié eIDAS sont garanties par l’évaluation régulière de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI), sur la base d’un audit eIDAS.

    Accompagner l’entreprise dans ses besoins spécifiques

    Le contexte sanitaire et les exigences globales du marché rendent la signature électronique de plus en plus indispensable et, plus largement, la dématérialisation des processus métier s’impose comme un réel enjeu de compétitivité pour toute entreprise.

    Être en mesure de comprendre la stratégie de contractualisation digitale d’une entreprise et l’agrégation des solutions actuelles ou futures au sein d’une organisation nécessite de solides compétences pour offrir des réponses adaptées. Les entreprises ont donc besoin d’un accompagnement pour évaluer et réduire les écueils (juridiques, financiers et business) inhérents pour tirer le meilleur parti d’une solution de signature électronique, tout en limitant les risques possibles selon les métiers ou les activités. A titre d’exemple, lorsqu’un PSCo dispose d’une connaissance pointue d’un marché au regard de ses clients, il bénéficie d’une expertise spécifique forte et sera ainsi à même de formuler des conseils plus pertinents au regard des pratiques métier.

    Les entreprises doivent ainsi demander aux experts que sont les PSCo de partager leurs expériences et leurs connaissances juridiques. La prise en compte des risques métier liés à la nature du contrat et aux contraintes réglementaires sont les gages de réussite de leurs projets. C’est en intégrant tous ces paramètres que les entreprises pourront tirer pleinement parti des bénéfices de la signature électronique pour leur activité.

  • Etude HypeAuditor – Quand un influenceur sur trois est impliqué dans la fraude …

    Les dernières statistiques sur la fraude dans la communauté des influenceurs 

    HypeAuditor, plateforme d’analyse IA pour les marques souhaitant réaliser des campagnes de marketing d’influence équitable, transparent et efficace, dévoile aujourd’hui ses dernières statistiques portant sur la fraude dans la communauté des influenceurs.

    Ces statistiques sont basées sur l’analyse des données de HypeAuditor entre le 1e janvier 2020 et le 16 mai 2021.

    Il est important de souligner que tous les influenceurs qui sont impliqués dans la fraude ne le font pas exprès ou sciemment.

    Les chiffres à retenir

    • En moyenne, 32% des influenceurs en France sont impliqués dans la fraude – ce phénomène est surtout présent auprès des influenceurs ayant plus de 1 millions d’abonnés (69%). Au niveau mondial, 55% des influenceurs sont impliqués dans la fraude.
    • La catégorie démographique la plus touchée par la fraude est la génération Z (35%), devant la génération Y (34%) et la génération X (28%)
    • Les secteurs comptant le plus d’influenceurs impliqués dans la fraude sont la mode (54%), la beauté (52%) et le secteur vestimentaire (47%)
    • En comparaison, les secteurs comptant le moins d’influenceurs impliqués dans la fraude sont la bande-dessinée / le dessin (19%), les voitures / motos (21%) et les sports de course (22%)

    Achat d’abonnés : à quel prix ?

    Un influenceur souhaitant augmenter son nombre d’abonnés pourra faire appel à un service de croissance Instagram. Des centaines de sites proposent des services pour augmenter le nombre d’abonnés de manière organique. Ces sites veillent à ce que l’utilisateur obtienne de vrais abonnés qui seront intéressés par le contenu de l’influenceur et qui aimeront et commenteront ses publications. Le coût de ces services peut varier de 25 à 50 dollars pour 1000 véritables abonnés.

    Cependant, ces services en ligne sont également la principale source de bots, de faux likes et de commentaires pour toutes les plateformes. Sur les 25 à 50 dollars déboursés par l’influenceur, seuls 3 dollars en moyenne sont utilisés par le service en ligne pour acquérir 1000 bots. L’achat de tels services pour des comptes va à l’encontre des conditions d’utilisation de diverses plateformes de médias sociaux.

    L’influenceur persuadé qu’il obtiendrait de vrais abonnés se retrouve avec des bots qui faussent toutes les mesures du compte du créateur, y compris la portée. Les chiffres augmentent, mais il ne s’agit pas d’une véritable audience, seulement de bots.

    Les commentaires : forte quantité mais peu de qualité

    Globalement, près d’un influenceur sur quatre (24%) a plus de 30% de commentaires non-authentiques. Les influenceurs ayant plus d’un million d’abonnés comptent en moyenne 65% de commentaires non-authentiques.

    Les pods sur Instagram sont également une pratique relativement courante sur Instagram – il s’agit de micro-communautés dont le but est de liker et commenter les publications de certains influenceurs dans le seul but de gonfler les chiffres d’audience.

    Les pods de commentaires sont mauvais car les commentaires sont laissés dans le seul but d’obtenir des commentaires, ils augmentent le taux d’engagement, mais ce ne sont pas des commentaires d’un public intéressé, ce sont des commentaires motivés.

    Cependant, en règle générale, les influenceurs ne voient rien de mal dans les pods de commentaires et considèrent qu’il s’agit d’une astuce de croissance légitime. En moyenne, 5% des influenceurs en France utilisent cette technique. Elle est surtout courante auprès des influenceurs ayant entre 5000 et 20000 abonnés (6%).

    Nous procédons du point de vue de la marque, et c’est mauvais pour la marque, car cela ne montre pas le niveau d’intérêt réel du public pour le contenu de l’influenceur.

    Les concours, source de commentaires non pertinents voire dangereux

    7% des influenceurs ayant entre 100 000 et 1 million d’abonnés utilisent la technique des jeux-concours pour booster le nombre de commentaires sous leurs publications – 6% pour les influenceurs ayant plus d’un million d’abonnés.

    Pour participer, en règle générale, il suffit de laisser un commentaire sous le post du concours ou taguer les comptes Instagram de vos amis.

    Les méga influenceurs ont le plus de problèmes avec l’authenticité des commentaires (64,82 % des méga influenceurs ont des commentaires inauthentiques). Ils sont souvent victimes de comptes de spam. Les méga influenceurs ont une grande portée, beaucoup de personnes réelles communiquent dans leur section de commentaires, donc les commentaires de spam sous le post de la célébrité deviennent de la publicité gratuite pour les spammeurs, qui peuvent faire la promotion de programmes d’affiliation, de sites de rencontre pour adultes, ou encore de comptes frauduleux de trading et de bitcoins.

    Quels abonnés pour quels influenceurs ?

    En ce qui concerne les influenceurs impliqués dans la fraude, il est intéressant également d’analyser le profil de leurs abonnés :

    • Plus d’un compte d’abonné sur 5 (22%) est considéré comme suspect.
    • Ce chiffre atteint 26% pour les comptes abonnés aux influenceurs ayant entre 1000 et 5000 abonnés.
    • 17% des abonnés sont des suiveurs de masse
    • Ce chiffre atteint 18% pour les abonnés aux influenceurs ayant entre 5000 et 20000 abonnés
    • La qualité de l’audience est la plus basse pour les influenceurs ayant entre 1000 et 5000 abonnés (43% des abonnés sont considérés comme étant de mauvaise qualité)

    * Sont considérés comme comptes suspects des bots Instagram ou des personnes réelles qui utilisent des services d’automatisation spécifiques pour faire croître le nombre de likes et de commentaires et acheter des followers.

    * Sont considérés comme des comptes de suiveurs en masse les comptes étant abonnés à plus de 1500 comptes. Ces personnes ont beaucoup moins de chances de voir le post d’un influenceur. Instagram donne la priorité aux publications des comptes avec lesquels vous interagissez plus souvent. Les followers de masse peuvent utiliser des méthodes comme les outils d’automatisation pour s’abonner ou se désabonner d’un influenceur afin de l’inciter à le suivre à son tour.

    Pour les influenceurs non-impliqués dans la fraude, le profil des abonnés est différent. En moyenne, les influenceurs sans fraude ont 7,3% de plus d’audience de haute qualité composée de vrais abonnés et moins de comptes suspects et de suiveurs de masse.

    Cela peut sembler insignifiant, mais si nous parlons de faire de la publicité sur un compte comptant 200 000 abonnés, par exemple, alors 7,3 % représentent 14000 vrais abonnés, et si la campagne de marketing d’influenceurs compte plusieurs dizaines d’influenceurs, alors nous parlons de centaines de milliers de vrais abonnés.

     

  • Comment le Machine Learning peut permettre de lutter contre la fraude ?

    Comment le Machine Learning peut permettre de lutter contre la fraude ? 

    Par Raphaël Savy, Directeur Europe du Sud, Alteryx

    Depuis quelques années, l’Intelligence Artificielle (IA) et le Machine Learning (ML) occupent le devant de la scène, de nombreuses entreprises y ayant recours pour développer leurs solutions et/ou services. Si l’IA est un concept global, le Machine Learning est une technologie qui permet aux machines d’accéder aux données afin qu’elles puissent apprendre, prédire et classer les informations.

    Le Machine Learning a été un instrument clé pour résoudre certains problèmes tels que la détection des spams, la recommandation ciblée de produits, le diagnostic médical précis, etc. Et pas que… Selon une enquête du Groupe RELX, plus de 91 % des cadres supérieurs interrogés ont compris que l’IA et le ML sont importants pour la transformation digitale de leurs entreprises.

    AI et ML dans le workflow analytique

    L’IA et le Machine Learning s’inscrivent dans le processus analytique et ce de trois façons. D’abord, grâce à l’analyse descriptive pour informer sur les actions passées. Ensuite, via l’analyse prédictive afin d’informer sur ce qui pourrait se produire ou pourquoi quelque chose s’est produit. Enfin, l’analyse prescriptive qui indique quelles sont les prochaines étapes.

    Ces trois étapes s’inscrivent donc dans le spectre analytique afin de mieux répondre à ces questions et ainsi avoir le cycle de vie complet de l’analyse. Pour cela, les organisations doivent disposer de données fiables, faciles à trouver et de bonne qualité. Ensuite, elles devront préparer les dites données afin de construire des modèles. Grâce à l’IA et le Machine Learning, les entreprises peuvent enrichir et exploiter ces informations. Enfin, via des modèles préétablis, elles pourront tester les résultats obtenus et les réitérer tout au long du cycle de vie.

    L’adoption du ML a été accélérée par l’augmentation de la puissance de traitement des données, le développement du Big Data et les progrès en modélisation statistique. Il repose sur des méthodes statistiques complexes et une puissance de calcul élevée. Au cœur de ce concept se trouve cependant une idée très simple. En identifiant les relations de cause à effet les plus influentes du passé, une machine peut apprendre à faire des prédictions précises pour l’avenir. Le ML se base sur des ordinateurs puissants qui sont guidés par l’intelligence humaine pour passer au crible des milliards de données et identifier des relations de cause à effet. Ensuite, toutes ces informations sont introduites dans une variété d’algorithmes pour arriver à des prédictions. Avec le temps, les ordinateurs s’améliorent dans l’identification de ces relations de cause à effet, ils exploitent les connaissances qu’ils ont acquises et les utilisent pour affiner les algorithmes. C’est « l’apprentissage » qui a lieu et avec une vitesse de traitement beaucoup plus rapide que celle du cerveau humain.

    La fraude traquée et résolue par le Machine Learning ?

    La détection des fraudes est un défi de taille. Pourtant, les transactions frauduleuses sont rares et ne représentent qu’une très petite fraction de l’activité au sein d’une organisation. Néanmoins, un faible pourcentage de l’activité peut rapidement se transformer en des pertes financières importantes sans les bons outils et systèmes en place pour y faire face. Les cybercriminels sont intelligents. Les stratagèmes frauduleux traditionnels n’étant plus efficaces, ils les ont fait évoluer. La bonne nouvelle, c’est qu’avec les progrès du Machine Learning, les systèmes peuvent apprendre, s’adapter et découvrir de nouvelles façons de prévenir la fraude. Les spécialistes des données ont réussi à résoudre ce problème grâce au ML et à l’analyse prédictive.

    Selon une étude menée par Bluewolf, auprès de 1700 clients de Salesforce, 75% des entreprises qui augmentent leurs investissements dans les technologies analytiques en tirent profit. Par ailleurs, il y a un certain nombre de points forts qui font du ML un outil aussi puissant et efficace dans la lutte contre la fraude :

    Faciliter la prise de décision en temps réel : les systèmes basés sur des règles, pour déterminer les types d’ordres à accepter ou à rejeter, exigent beaucoup de temps et des interactions manuelles. Le ML peut aider à évaluer un grand nombre de transactions en temps réel.

    Améliorer la précision : les cybercriminels se sont perfectionnés et sont devenus plus habiles dans la dissimulation de la fraude. Le Machine Learning peut souvent être plus efficace que l’humain pour détecter des modèles subtils ou non intuitifs afin d’identifier les transactions frauduleuses. Il peut également aider à éviter les « faux positifs », les bonnes commandes qui sont identifiées par erreur comme étant frauduleuses.

    Réagir rapidement au changement : les fraudeurs changeant constamment de tactique, c’est un réel « jeu » du chat et de la souris qui s’installe. Le ML analyse et traite en permanence de nouvelles données, puis met à jour ses modèles de manière autonome afin de tenir compte des tendances les plus récentes.

    Réduire les coûts : les innovations technologiques ont permis de réduire les coûts associés aux solutions de Machine Learning et aux systèmes informatiques capables de les faire fonctionner. Comme le ML améliore la précision, il réduit également les faux positifs coûteux et minimise le temps et les coûts des révisions manuelles.

    En général, les solutions de gestion de la fraude reposent sur deux types de modèles de Machine Learning pour lutter contre la fraude sur les paiements. D’un côté se trouvent des modèles statiques, qui apprennent à identifier la fraude à un moment donné en passant au crible des millions de transactions passées. Les modèles statiques sont efficaces pour identifier les modèles historiques de fraude et ont tendance à bien fonctionner juste après leur mise en place. Le problème, c’est qu’il n’y a aucun moyen de mettre à jour ou d’ajuster ces modèles à mesure que de nouveaux modèles d’activités frauduleuses apparaissent. De l’autre côté se trouvent des modèles de Machine Learning basés sur l’auto-apprentissage qui intègrent continuellement des données provenant de nouvelles transactions pour adapter et reconnaître des modèles de fraude en constante évolution. Les modèles d’auto-apprentissage sont très efficaces pour identifier les dernières techniques de fraude. Cependant, la nature « boîte noire » de ces modèles fait qu’il est pratiquement impossible pour un humain de suivre, contrôler ou ajuster ce que la machine apprend, ce qui signifie que le modèle peut soudainement causer d’énormes problèmes s’il fait de mauvais choix et commence à bloquer des clients fiables.

    Toutes les solutions de Machine Learning ne reposent pas uniquement sur des modèles statiques ou des modèles d’auto-apprentissage. Il existe un juste milieu qui peut compenser les faiblesses du ML en combinant un système automatisé avec une approche fondée sur des règles. Les règles servent de fil conducteur pour permettre aux entreprises de mieux contrôler en temps réel les décisions prises en matière de fraude.

  • Quand la voix concentre 61% des fraudes enregistrées par les services financiers…

    Reconnaissance vocale : l’ombre du piratage plane sur les consommateurs

    Etude européenne PINDROP 

    L’hystérie des GAFA autour des enceintes connectées – à laquelle Apple vient de contribuer avec son HomePod –  l’indique : la reconnaissance vocale s’impose dans notre quotidien. A tel point que la CNIL vient d’autoriser neufs établissements bancaires à utiliser la reconnaissance vocale pour s’authentifier lors d’une connexion à un compte ou pour effectuer certaines transactions. Toutefois comme tout moyen de reconnaissance la voix n’est pas infaillible. Elle fait également l’objet de piratage. Les consommateurs en ont-ils conscience ? En ont-ils déjà été victimes ? Quel est l’impact de ces actes de piratage sur leurs comportements ? Ces questions sont au cœur de la vaste enquête menée par Pindrop, le spécialiste de la sécurité vocale, auprès de 3 000 consommateurs européens. En voici les principaux enseignements :

    Un risque accru de fraude

    Le risque de devenir les victimes d’arnaques par téléphone est de plus en plus important pour les consommateurs. la nouvelle enquête de Pindrop montre en effet que les fraudeurs utilisent les informations glanées sur les profils des particuliers sur les médias sociaux pour répondre à des questions de sécurité offrant peu de protection (ex. : services bancaires) et accéder ainsi à leurs comptes. Cette pratique met en lumière les lacunes des centres de contact en matière de sécurité, ainsi que la nécessité de renforcer la protection des communications par téléphone, un canal négligé depuis trop longtemps.

    52 % des consommateurs s’alarment du manque d’originalité des méthodes d’authentification utilisées par les entreprises 

    Menée auprès de 3 000 personnes au Royaume-Uni, en France et en Allemagne, l’enquête indépendante révèle des similarités entre les pays. Près de deux tiers des répondants auraient ainsi déjà partagé des éléments de réponse à des questions de sécurité sur des réseaux sociaux. Les consommateurs se disent également frustrés par les méthodes d’authentification actuellement proposées, en particulier par téléphone. En France, 57 % d’entre eux contactent régulièrement (au moins une fois par mois) des prestataires de services par téléphone, et ils sont 41 % à admettre oublier leurs réponses aux questions de sécurité posées par leurs banques ou leurs fournisseurs d’eau, d’électricité ou autres pour s’authentifier. Enfin, 52 % d’entre eux estiment que trop d’entreprises leur posent les mêmes questions de vérification.

    La voix concentre 61% des fraudes enregistrées par les services financiers

    « Il semble que les arnaqueurs profitent des mauvaises habitudes des consommateurs en matière de partage d’informations personnelles sur les médias sociaux », déclare Matt Peachey, vice-président des activités à l’international chez Pindrop, un spécialiste de l’authentification et de la sécurité vocale. « Ces consommateurs s’exposent à des risques importants, car les arnaqueurs pourraient se servir de ces informations pour répondre à des questions de sécurité par téléphone à leur place. Ainsi, 61 % des cas de fraude enregistrés par les établissements financiers auraient lieu via ce canal. » (1)

    Informations personnelles : les pratiques à risque des jeunes européens

    Ce phénomène touche tout particulièrement les 18-24 ans. En effet, 80 % d’entre eux confirment qu’au moins une information visible sur leurs profils sur les médias sociaux pourrait être utilisée à des fins d’authentification, y compris leur date ou lieu de naissance. « Les lignes de défense doivent être unifiées pour les services en ligne et hors ligne, à la fois par les consommateurs, les banques et autres services publics. »

    Un risque sous-évalué et une ignorance sur l’usage des données personnelles

    L’enquête montre que les consommateurs sous-estiment gravement les risques du canal téléphonique. En effet, bien que 64 % des répondants craignent que leurs comptes soient piratés en ligne, seuls 55 % d’entre eux se soucient que des arnaqueurs puissent en prendre le contrôle par téléphone. En outre, les consommateurs ignorent comment ces derniers utilisent leurs renseignements personnels.

    Ainsi, seuls 8 % d’entre eux ont une connaissance étendue des canaux et de la façon dont ces données personnelles sont exploitées. Une personne sur cinq s’estime moins confiante qu’il y a 12 mois par rapport à la protection de ses informations personnelles.

    « Selon les résultats de l’enquête, 57 % de l’ensemble des répondants ont appelé leur banque au court des 30 derniers jours. Pour ces organisations, la problématique est donc de continuer à proposer un service client exceptionnel par téléphone sans négliger la sécurité », poursuit Matt Peachey.

    40% des français prêts à utiliser une technologie d’authentification par la voix

    Les technologies d’identification par la voix peuvent être une solution pour les entreprises, car elles évitent souvent aux consommateurs de se rappeler de leurs mots de passe, ce qui représente un avantage précieux pour 42 % d’entre eux. Cependant, bien que 40 % des Français choisiraient d’utiliser une technologie d’identification vocale en guise de mot de passe, seuls 10 % des répondants dans chacune des régions s’estiment très confiants quant à la sécurité de cette approche d’authentification.

    « Compte tenu de la facilité avec laquelle il est possible d’abuser d’un système de biométrie vocale, il est clair que la seule utilisation de la voix comme mode d’authentification n’est pas une approche de sécurité suffisante. » said Peachey. « Pour mieux lutter contre les arnaques par téléphone, les organisations doivent mettre en place un système de défense à plusieurs couches. La solution doit être capable d’analyser la voix ainsi que les caractéristiques de l’appel lui-même au niveau sonore et du réseau. »

    La technologie PhoneprintingTM de Pindrop

    C’est ce que propose la technologie Phoneprinting™ de Pindrop, qui analyse 147 caractéristiques uniques du fond sonore des appels. Cette technologie permet d’obtenir la localisation réelle de l’appelant, identifie l’appareil utilisé, et détermine si celui-ci a déjà servi à contacter l’entreprise par le passé. Tout ceci contribue à une vérification bien plus fiable, et offre une protection bien plus renforcée que la simple utilisation d’une solution de biométrie vocale.

     

     

  • Publicité numérique dans le monde : un marché de 160 milliards de dollars !

    La visibilité, la fraude, le blocage de publicité et la mobilisation nécessitent des solutions d’industrie pour le marché publicitaire numérique mondial s’élevant à 160 milliards de dollars

    GroupM a publié aujourd’hui Interaction 2016, un rapport annuel qui présente des données sur la publicité numérique à l’échelle mondiale. Il couvre les comportements des consommateurs, la technologie et les tendances du marché, ainsi que les chiffres relatifs au nombre des consommateurs en ligne, le montant d’investissement publicitaire contribué à leur égard, les plateformes en ligne les plus populaires et le montant de transactions commerciales effectuées en ligne.

    L’édition 2016 traite de six tendances macro estimées importantes à l’étude, notamment le blocage de publicité, l’intégrité de l’approvisionnement numérique, la mobilisation et l’expansion de l’utilisation des applis, le passage de la télévision vers le service par contournement, l’application des données sur le marketing et l’expansion du commerce électronique. Le rapport suggère que le marché numérique est un point pivot important nécessitant une collaboration et un engagement à l’échelle de l’industrie pour assurer l’engagement continu des consommateurs grâce à la communication médiatique des marques.

    Le rapport Interaction fait partie des séries This Year, Next Year  de leadership éclairé du GroupM qui correspondent au réseau de communications mondial de WPP, des entreprises de données et de recherche pour modeler les vues médiatiques les plus détaillées de l’industrie à l’échelle mondiale. Le rapport Interaction 2016 comprend des données provenant de 45 pays et des analyses réalisées par M. Rob Norman, directeur de la stratégie numérique chez GroupM et M. Adam Smith, directeur chez Futures.

    GroupM prévoit que la publicité numérique en 2016 comportera 31 pour cent de l’investissement publicitaire pondéré dans les médias, jusqu’à 28 pour cent en 2015 et représentant une hausse de 14,4 dépassant 160 milliards de dollars américains. Les investissements visent à atteindre presque 2,3 milliards d’adultes qui devraient utiliser l’internet dans l’année et de plus en plus exécuté de manière programmatique. En 2015, 37 pour cent de l’investissement d’affichage publicitaire ont été menés de manière programmatique, jusqu’à 21 pour cent en 2014.

    L’efficacité de ces investissements est perturbée par les problèmes portant sur l’intégrité de l’approvisionnement numérique, notamment la fraude, la visibilité et l’évaluation qui ont été étudiées dans les rapports précédents Interaction. Cette année, le rapport cherche à ajouter plus de lumière sur le problème relatif au blocage de publicité. Certains correspondants ont rapporté un manque de faits concrets sur l’état du blocage de publicité, mais 19 pays ont rapporté des chiffres sur le pourcentage des consommateurs qui utilisent la technologie de blocage de publicité installée sur leurs appareils. Parmi les pays affichant le pourcentage le plus élevé de consommateurs utilisant la technologie de blocage de publicité figurent la France, la Pologne et l’Autriche dont chacun a rapporté un pourcentage d’utilisateurs plus élevé que 30 %.

    « La hausse de l’adoption par les consommateurs de la technologie de blocage de publicité enfreint le contrat de consommation présumé qui supporte l’investissement publicitaire pour appuyer le développement de contenu. Pour cette raison et sa capacité d’empêcher la marque à atteindre son public, il doit donc faire l’objet d’une une étude poussée et de mesures préventives », a déclaré M. Adam Smith, directeur chez Futures. « Nous devons nous rendre encore plus loin pour comprendre l’impact réel du blocage de publicité, car les estimations de perte d’inventaire sont insuffisantes. Nous allons suivre de près le progrès des initiatives comme le programme LEAN d’IAB aux États-Unis qui encourage les éditeurs à développer des stratégies publicitaires faciles, cryptées et des choix soutenus par des publicités et non-invasifs pour réduire la latence de page et d’autres désagréments qui pourraient encourager l’adoption de blocage de publicité. »

    Outre que d’éviter les publicités, d’autres tendances importantes traitées dans le rapport Interaction 2016 comprennent :

    —  L’intégrité de l’approvisionnement numérique : Les fraudes portant sur l’impression ou non-impression publicitaire demeurent une préoccupation et le risque varie selon le marché. GroupM recommande de travailler avec des partenaires fiables, d’utiliser les commandes pré-offres dans les marchés inconnus, le développement de contrats pécifiques et l’appui sur les outils de vérification et les fournisseurs.
    —  L’utilisation des applis : une majorité des utilisateurs de téléphones intelligents possèdent entre 30 à 50 applis installées
    et la hausse de l’utilisation d’applis constitue un défi pour les annonceurs. Des formats publicitaires émergents, plus interactifs et
    intégrables dans les applis sont prometteurs.
    —  Le commerce électronique : À l’échelle mondiale, le commerce électronique prévoit atteindre 1,81 billion de dollars américains cette année (8 pour cent du secteur de commerce au détail), une hausse de 1,57 billion en 2015. Les stratégies de commerce électronique facilitant les transactions partout et en tout temps sont en hausse et deviendront la norme.
    —  Le service par contournement OTT : La consommation télévisuelle est de plus en plus non-linéaire, plus précisément auprès du public plus jeune. Cependant, les correspondants ont rapporté parallèlement des changements d’investissement mineurs en raison du manque de compréhension dominant sur les formats non-traditionnels et le manque de mesures normalisées sur le public relatif à la vidéo numérique. L’année prochaine, nous prévoyons que la vidéotransmission sur Facebook et d’autres plateformes sera un sujet important dans le rapport Interaction.
    —  L’application des données : Les correspondants ont rapporté que l’accessibilité, la collecte et l’application de données à partir de sources tierces demeurent impératifs et un défi pour plusieurs clients.
    « Nous n’étions jamais, ni n’avons été dans un « état stable » quant à la publicité numérique. La vitesse du changement rend le secteur houleux pour les spécialistes du marketing, mais nous avons identifié ce que nous croyons être des évidences immuables », a expliqué Rob Norman, directeur de la stratégie numérique. « Les données et la technologie ont changé positivement le domaine de la publicité, même de la vidéo. Cependant, les annonces publicitaires sont inutiles lorsqu’elles sont bloquées et lorsque l’écosystème facilite la fraude ou lorsque les stratégies ne suivent pas le consommateur sur les applis et le commerce partout. Bien qu’il demeure davantage de données à apprendre sur les tendances de blocage de publicité, les données suggèrent que le temps est venu de partager un sens profond de responsabilité, de transparence et de vigilance pour assurer un engagement continu des consommateurs à l’égard des communications de la marque. »