Étiquette : format

  • La création de contenu n’est plus un hobby : c’est une industrie !

    Création de contenu : une industrie qui crée de la valeur, des carrières… et des emplois

    Selon Adham Hassan Expert Creator Economy

    Pendant longtemps, la création de contenu a été perçue comme une activité marginale, presque opportuniste. Un terrain de jeu réservé à quelques figures visibles, souvent réduites au mot « influenceur ». Cette vision est dépassée. Aujourd’hui, la création de contenu est une industrie à part entière. Une industrie qui crée de la valeur, des carrières… et des emplois. Beaucoup plus qu’on ne le croit.

    Le mythe du créateur solitaire

    On continue d’entretenir l’image du créateur seul face à sa caméra, porté par son talent et l’algorithme. La réalité est tout autre. Derrière chaque créateur qui dure, il y a une organisation : des auteurs, des monteurs, des personnes en charge de la diffusion, de la coordination, parfois de la gestion administrative ou juridique. Le créateur ne « publie » plus. Il produit, structure, décide. Ce passage d’un modèle artisanal à un modèle organisé est aujourd’hui le vrai facteur de réussite. Ceux qui structurent avancent. Les autres s’épuisent.

    Pourquoi le format long est redevenu central

    Le format long est en train de reprendre une place centrale dans l’écosystème du contenu. Non pas par nostalgie, mais par efficacité. Le format long permet de développer une pensée, d’installer une relation, de créer de la confiance. Il donne de l’épaisseur à un discours. Et dans un environnement saturé, cette profondeur devient un avantage décisif. On observe d’ailleurs une tendance très nette : le contenu long est de plus en plus consommé sur les téléviseurs. Il remplace progressivement la télévision classique pour toute une génération. Ce n’est pas un détail. C’est un changement culturel.

    Le format court n’est pas une fin en soi

    Contrairement à une idée répandue, le format court n’oppose pas le format long. Il le complète. Le contenu court est un formidable outil de diffusion. Il permet de toucher large, d’éveiller la curiosité, puis de rediriger vers un contenu plus structurant. Utilisé ainsi, il devient un levier puissant. C’est particulièrement vrai pour les podcasts et les vidéos longues : un seul tournage peut générer des dizaines de formats courts, sans effort supplémentaire. La régularité n’est alors plus un problème, mais une conséquence logique.

    L’erreur que je vois le plus souvent chez les entrepreneurs

    Chez les entrepreneurs qui se lancent dans la création de contenu avec un objectif professionnel, une erreur revient sans cesse : vouloir déléguer trop tôt.
    > Déléguer le montage ou la technique est rarement un problème.
    > Déléguer le fond, en revanche, en est un.
    Le message, les idées, la compréhension fine de son marché ne se sous-traitent pas au départ. Embaucher quelqu’un pour « faire fonctionner » un compte sans avoir clarifié sa vision conduit presque toujours à une absence de résultats… et à beaucoup de frustration. Créer du contenu demande une implication personnelle initiale. Non pas pour tout faire seul, mais pour comprendre ce que l’on fait avant de le transmettre.

    Une industrie qui apprend à s’internaliser

    La création de contenu suit un cycle que d’autres industries ont déjà connu. À mesure qu’un marché mûrit, ce qui était externalisé est progressivement intégré en interne. On l’a vu avec la musique, avec les médias, et on le voit aujourd’hui avec les créateurs. Les profils les plus structurés montent leurs propres équipes. Ils reprennent la main sur la production, la diffusion, parfois même sur leurs relations commerciales. Les intermédiaires ne disparaissent pas, mais leur rôle change : ils doivent apporter une valeur claire, spécialisée, mesurable. C’est un signe de maturité, pas de fermeture.

    La création de contenu comme moteur d’emplois

    On parle beaucoup d’audience. Pas assez d’emplois. Pourtant, chaque créateur qui se structure génère du travail autour de lui. Chaque projet qui passe un cap fait émerger de nouveaux métiers. À grande échelle, la création de contenu n’est pas une économie de l’individu, mais une économie collective. C’est cette réalité que je veux mettre en lumière : la création de contenu n’est pas seulement un levier de visibilité. C’est un moteur économique. Et un moteur qui peut créer des milliers d’emplois durables si on lui donne les bons cadres.

    Nous sortons d’une période où l’on promettait des raccourcis. L’époque qui s’ouvre est celle de la méthode. Structurer avant de déléguer. Penser long avant de diffuser court. Construire une organisation avant de chercher le volume. La création de contenu n’est plus une expérimentation marginale. C’est une industrie en train de se construire. Et comme toute industrie, elle a besoin de vision, de transmission… et de temps.

  • Snapchat :  une nouvelle expérience publicitaire pour les marques

    Avec Dynamic Ads disponible en France, Snapchat souhaite séduire les marques 

    (suite…)

  • Facebook : converser pour mieux acheter

    Quelle est est la stratégie de Facebook face à son nouveau format publicitaire ? 

    Par Jean-Christophe Bernard, Senior Product Consultant chez Marin Software

    Facebook a annoncé récemment un nouveau format publicitaire pour promouvoir son compte Messenger dans le newsfeed.
    Quelle est la stratégie de Facebook pour ce nouveau support ?
    En quoi consiste-t-il ?
    Quels sont les avantages pour les annonceurs ?

    Les bots ou chatbots sont devenus un sujet d’actualité de par leur capacité à pouvoir créer une relation interactive avec les utilisateurs. Certains annonceurs les perçoivent comme une formidable opportunité de rentrer en relation directe avec leurs clients. Dans ce contexte, Facebook, fort de son milliard d’utilisateurs de son application Messenger vient de lancer un nouveau format publicitaire permettant de sponsoriser un Page Post dans le fil d’actualités (newsfeed) de l’utilisateur qui sera redirigé non pas sur le site de l’annonceur mais dans le chatbot de Facebook. A partir de là, une conversation pourra s’engager automatiquement entre la marque et l’utilisateur.

    L’objectif affiché est celui d’accompagner le consommateur sur l’ensemble du comportement d’achat (en amont de l’acte d’achat, pendant l’acte d’achat à après l’achat) en créant un véritable échange entre l’utilisateur et la marque, similaire à une discussion privée.

    Ainsi, l’annonceur s’assure de bien comprendre le besoin ou la recherche de l’utilisateur afin de l’orienter vers le ou les produits / services susceptibles d’être achetés.

    La marque intervient donc en amont du processus d’achat et ce nouveau format vient combler en partie la méconnaissance des habitudes de consommation d’un nouveau client avant l’acte d’achat potentiel. De fait, au lieu de rebasculer directement le prospect directement sur son site sans connaitre son intention d’achat au risque de le perdre, l’annonceur aura l’occasion unique de rentrer en conversation avec lui pour identifier ses goûts avant de le diriger vers les produits / services les plus appropriés en espérant améliorer le taux de conversion finale.

    Par exemple, une compagnie aérienne pourra répondre aux questions de l’utilisateur sur les destinations idéales pour un mois de décembre si l’utilisateur le demande et ensuite le rediriger sur la page du site avec les prix pour ces destinations, accompagnant ainsi l’acheteur dans son achat final.

    Il existe aussi d’autres utilisations de cette nouveauté Facebook, notamment celle d’intégrer la fonction Messenger sur son site. L’annonceur pourra ainsi pousser des promotions ou nouveautés produits aux utilisateurs inscrits ou en finalisation d’un processus d’achat. Facebook a bien compris qu’il y avait une demande et un intérêt des marques à rester en contact et au plus près de ses clients et futurs clients. Reste à savoir si ce nouveau format correspond à une réelle attente des consommateurs et suscitera leur adhésion dans leur processus d’achat.

    Facebook compte bien profiter de cet engouement pour les chatbots mais devra aussi veiller toujours plus à garder le bon équilibre entre publicité et expérience utilisateur.

     

  • Pourquoi faut-il revoir le format publicitaire ?

    En quoi les formats « Rich media » réinventent-ils la publicité mobile ?

    Capture d’écran 2016-05-18 à 09.41.57

     

    Par Fabrice Guez, co-fondateur d’Adxperience

     

    À l’ouverture d’une application, un utilisateur de smartphone échappe rarement à la publicité qui occupe soudain tout son écran et bloque sa navigation pendant plusieurs secondes. Et lorsqu’il trouve la croix qui ferme l’image, il oublie très rapidement le contenu qui lui était proposé dans cette annonce fixe et peu attirante. Cette habitude partagée par des centaines de millions d’utilisateurs quotidiens est rapidement devenue un problème pour les annonceurs. Au point que se développent de nouvelles alternatives rendues possibles par l’analyse des données publicitaires et surtout l’apparition de nouveaux formats.

    Pour revoir ce modèle publicitaire, il faut tout d’abord en comprendre le fonctionnement. L’éditeur d’une application (ou d’un site Web mobile) choisit un réseau pour monétiser son audience. En effet, une application proposant un contenu gratuit monétise le plus souvent son audience grâce à de la publicité. Le choix du réseau de monétisation se fait souvent par la promesse d’un « taux de remplissage » plus élevé de leurs emplacements publicitaires, ce que l’on appelle l’inventaire. Les éditeurs d’applications décident le plus souvent d’intégrer plusieurs réseaux pour monétiser leur audience, un seul ne suffisant pas à remplir l’inventaire en question.

    La publicité mobile fonctionne à travers deux réseaux complémentaires. Les utilisateurs de smartphones ne savent pas qu’il existe ce mécanisme d’achat et de vente de publicités sur mobile décidant, à l’avance ou en temps quasi réel, quelle publicité va s’afficher sur un smartphone – ou une tablette – en fonction d’un grand nombre de paramètres : localisation, âge, sexe, centres d’intérêt, sites consultés, etc.

    Il existe deux types de réseaux d’achat et de vente sur le marché de la publicité mobile :

    • Les réseaux dits « traditionnels », gère les achats de publicités prévus selon un calendrier fixé à l’avance. L’acheteur et le vendeur se mettent d’accord en amont sur un nombre d’impressions, de clics, de vues voire même sur un prix. L’annonceur n’a plus qu’à livrer sa publicité.
    • Les réseaux dits « MarketPlace » (place de marché) ou « Exchange » (Bourse) vendant en temps réel (« RTB », pour Real Time Bidding, ou enchère en temps réel) des emplacements publicitaires au moment même où ils s’affichent. Le tout à un prix variable, dépendant de l’offre et de la demande, sous la forme d’enchères. Nés en 2009, il s’agissait à l’origine pour les sites Web de commercialiser leurs espaces publicitaires invendus : des emplacements comme des bannières de pub qui n’avaient pas trouvé preneur dans les schémas habituels de commercialisation, et qui se trouvaient mis en vente aux enchères jusqu’à trouver un acquéreur.

    Désormais, avec la généralisation de la segmentation des profils utilisateurs (collecte de données et algorithme de recommandation) ce ne sont plus les invendus qui sont mis aux enchères sur RTB mais une audience véritablement qualifiée. Si bien que le RTB, parfois également appelé le « programmatique », est en pleine explosion. La part d’achat de cette bourse est passée de 5% de l’intégralité des achats sur Internet en 2012 à 30% en 2015, avec une croissance de +50% entre 2014 et 2015 (*). Une tendance encore plus importante sur mobile.   Dans les années à venir, le programmatique devrait y grignoter une part du marché plus conséquente encore.

    Branding et performance, deux visées moins opposées qu’elles n’y paraissent. Autre aspect qui est en train de bouleverser le marché de la publicité mobile : les types de campagnes des annonceurs. Jusqu’à présent, deux objectifs étaient prédéfinis pour le lancement d’une campagne de publicité, le « branding » ou la performance. Pour faire simple, le « branding » correspond davantage à un objectif d’image, toucher le client pour faire connaître la marque, le produit, le service, etc. L’objectif de performance est, comme son nom l’indique, dans une optique de résultats concrets : obtenir un taux d’engagement le plus élevé possible (nombre de clics sur la publicité, nombre de téléchargement d’une application, nombre de vues d’une vidéo, etc.).

    Mais ces deux objectifs tendent désormais à se rejoindre : sur des campagnes de « branding », les annonceurs recherchent de plus en plus de résultats d’engagement. Cela s’explique par la montée en puissance du programmatique d’une part, mais également par l’émergence de nombreux nouveaux formats publicitaires dits « Rich Media ».

    L’engagement des utilisateur favorisé par les nouveaux formats. Les nouveaux formats sont en pleine explosion, car ils offrent un meilleur engagement auprès de la cible publicitaire. Ces nouveaux formats consistent le plus souvent à mixer des bannières traditionnelles avec de la vidéo et de l’interaction. Par exemple, on peut imaginer une simple bannière affichée en bas d’une application. Cette dernière, qui présente une nouvelle collection de prêt-à-porter, pourrait faire clignoter un bandeau animé. L’utilisateur est incité à faire glisser son doigt de la gauche vers la droite, comme pour déverrouiller son smartphone. Une fois que l’utilisateur a fait glissé son doigt, un pop-up va afficher, sous la forme d’un carrousel, avec différents modèles que l’utilisateur pourra directement acheter s’il clique sur l’image.

    Un autre exemple de format innovant, permettant un meilleur impact sans pour autant demander des coûts de développements faramineux ? Une fois que l’utilisateur a cliqué sur cette même bannière en bas du smartphone, une vidéo se lance sur le même écran, sans sortir de l’application. La vidéo n’apparaît pas sur l’ensemble de la page mais comme une sorte de pop up remplissant la moitié inférieure de l’écran. De cette sorte, l’utilisateur ne se sent pas « trahi » (en ne sortant pas de son application en cours) ni forcé à regarder la vidéo. Une fois terminée, elle s’efface toute seule pour laisser place à l’application originale. Ces nouveaux formats s’appuient presque systématiquement sur des caractéristiques bien moins invasives que par le passé : en respectant davantage la navigation de l’utilisateur, les chances de retenir son attention s’en trouvent décuplées. On dit d’ailleurs que ces nouveaux formats possèderaient un potentiel d’engagement 50% plus importants que des formats classiques. Un chiffre qui va certainement inciter les régies à multiplier ce genre d’initiatives.

    L’avenir de la publicité mobile : un savant mélange de créativité et de nouvelles technologies. Ces nouveaux formats, qui encore une fois ne s’appuient pas sur un développement technologique démesuré, nécessitent cependant de faire preuve de créativité. Comment attirer l’attention ? Créer une interaction ? Un stimulus de téléchargement ? Et tout cela, sans pour autant vampiriser l’application sur laquelle est hébergée la publicité ? Les possibilités sont nombreuses, mais elles restent limitées, sur mobile et en l’état actuel des choses, par des normes fixées par l’IAB (Interactive Advertising Bureau, association qui structure la communication sur Internet) : normes de taille, de poids, de durée pour une vidéo, etc. L’idée est avant tout d’éviter les publicités mal calibrées pour les écrans de smartphones. Celles-ci ne doivent pas être trop « lourdes » pour ne pas faire patienter trop longtemps l’utilisateur avant qu’il puisse accéder réellement à son application.

    Mais les smartphones sont de plus en plus puissants, de plus en plus réactifs et leur connexion Internet de plus en plus rapide. Ce qui devrait permettre, dans les mois qui viennent, d’assouplir ces règles instaurées par l’IAB.

    Le couple créativité/technologie permet par ailleurs d’assurer une meilleure visibilité et une meilleure lisibilité de la publicité par l’utilisateur. La technologie permet de capter tous les signaux d’exposition et d’interaction d’un utilisateur, mais également les signaux d’engagement suite à une campagne. Il devient ainsi de plus en plus intéressant de soumettre une campagne à une batterie d’A/B testing de différentes créations mettant en compétition 3-4 créations sur le système et d’analyser celle qui fonctionne le mieux. L’analyse en temps réel de tous les signaux reçus va permettre d’ajuster tous les paramètres d’une campagne afin d’obtenir l’exposition qui aura le plus de valeur pour l’annonceur.

    Ainsi, il nous est tout à fait possible de juger de l’efficacité d’une publicité, plus seulement en regardant le nombre de clics engendrés, mais en analysant le temps passé sur la publicité (par exemple pour une vidéo) ou le nombre d’interaction avec celle-ci (l’ouverture de la publicité ou une quelconque interaction). Cela permettra ensuite d’optimiser la campagne en sélectionnant la création dotée de la meilleure attractivité. Ces créations Rich Media rendent aujourd’hui possible un début d’interactivité avec l’utilisateur dès l’exposition à la publicité. Optimiser cette interaction aura une efficacité bien supérieure sur l’engagement de l’utilisateur avec la marque.

    Une chose est sûre : le smartphone représente l’avenir de la publicité puisqu’il touche l’utilisateur directement dans sa poche, au contraire de l’affiche ou de l’annonce traditionnelle (radio, TV, etc). Une proximité qui plait aux annonceurs : Internet, désormais plus consulté sur mobile que sur ordinateur, est devenu le deuxième marché publicitaire derrière la télévision, en termes d’investissements publicitaires. Et cette tendance va s’accentuer dans les années à venir.

    *Observatoire de l’e-pub