Étiquette : fintech

  • Salesforce révèle les tendances des consommateurs sur la banque de détail

    Evolution de la Banque de détail aux Etats Unis et au Royaume –Uni vis à vis du numérique

    Salesforce, publie son rapport de 2017 sur les clients connectés d’établissements financiers. Menée auprès de plus de 3 000 adultes aux États-Unis et au Royaume-Uni, cette enquête s’intéresse aux comportements et aux habitudes des clients de banques commerciales.

    Les fintechs bouleversent le secteur bancaire en offrant aux consommateurs de nouvelles solutions pour emprunter, prêter et gérer leur argent. Les banques commerciales font donc l’objet d’une pression plus forte que jamais afin de répondre à des attentes croissantes. En outre, l’instabilité politique et économique actuelle affecte la confiance des clients envers les sociétés de services financiers. Ainsi, moins de la moitié (48 %) des Américains titulaires d’un compte courant ou d’épargne sont sereins à l’idée de confier leurs informations financières à leurs banques. Pour survivre, les banques commerciales devront mettre en place des modèles orientés clients, interagir par le biais d’une variété de canaux, simplifier et connecter leurs processus internes, et tirer parti des outils adéquats pour proposer des relations personnalisées à grande échelle.

    L’enquête a été réalisée en ligne par Harris Poll pour le compte de Salesforce du 30 novembre au 2 décembre 2016. Pour télécharger le rapport de 2017 sur les clients de banques connectés, cliquez ici : salesforce.com/assets/2017-connected-banking-customer-report/index.html.

    Principaux enseignements du rapport

    • Pour leurs démarches courantes, les clients se rendent aussi bien en agence que sur les canaux numériques (Web et applications)

    – Bien que les banques leur simplifient la tâche à l’aide de services en ligne et mobiles, 58 % des Américains auraient effectué un tel déplacement dans les quatre semaines précédant l’enquête.

    – La banque mobile représente l’avenir. Près d’un tiers (31 %) des personnes interrogées de la génération Y et titulaires d’un compte courant ou d’épargne affirment utiliser l’application mobile de leur banque pour des opérations de routine, contre seulement 17 % des individus de la génération X et 6 % des baby-boomers.

    • L’émergence des fintechs bouleverse le milieu des banques commerciales

    – Les fintechs profitent de leur opportunité pour déstabiliser les établissements financiers traditionnels : 83 % des représentants de la génération Y, 79 % de la génération X et 62 % des baby-boomers* affirment avoir eu recours aux services de sociétés telles que Lending Club, Strope et Venmo pour des opérations de paiement basiques.

    – Plus de la moitié (55 %) des répondants de la génération Y* préfèrent effectuer de telles opérations grâce aux services d’une fintech, plutôt qu’en passant par leur banque. La commodité (56 %) et la simplicité d’utilisation (55 %) sont les principales justifications de cette préférence.

    • En ces temps d’incertitude politique et économique, la confiance et la sécurité des données personnelles restent des priorités pour les clients de banques commerciales

    – Près de deux tiers des Américains* affirment que la stabilité de l’établissement (63 %) et la sécurité de leurs données (66 %) sont des facteurs importants lors du choix de la banque où ils placent leurs comptes courants ou d’épargne.

    – Cependant, le contexte actuel fait naître des problématiques de confiance : 11 % des Américains de la génération Y* considèrent que le Brexit ou le résultat de l’élection présidentielle américaine pourrait changer leurs habitudes.

    • Les tendances constatées aux États-Unis s’appliquent également pour le Royaume-Uni

    – Les adultes britanniques** manquent eux aussi de confiance envers leurs banques. Moins d’un tiers (29 %) d’entre eux sont sereins à l’idée qu’elles disposent de leurs informations financières, et seuls 15 % sont convaincus qu’elles agissent en protégeant leurs intérêts.

    – En ce qui concerne l’adoption de ces nouvelles fintechs, la génération Y britannique est similaire à celle des États-Unis : 52 % d’entre eux préfèrent effectuer des opérations de paiement de base en passant par ces sociétés.

    Commentaires

    « Le secteur des services financiers est confronté au plus grand bouleversement de son histoire, et les banques vivent actuellement un moment charnière », déclare Rohit Mahna, directeur général chargé des services financiers chez Salesforce. « Ces dernières doivent donc d’évoluer pour ne pas se retrouver distancées et subir l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché. Leur capacité à profiter de l’innovation dans le domaine du numérique sera déterminante, notamment dans leurs transitions d’une approche traditionnelle à un modèle agile. »

    Ressources supplémentaires

    Téléchargez le rapport complet à l’adresse salesforce.com/assets/2017-connected-banking-customer-report/index.html

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  • Quel futur pour les services de paiement ?

    Le futur des services de paiement se décide aujourd’hui

    Par Olivier Berthelier, CTO de Limonetik

    Le contexte de mondialisation croissante du e-commerce, la multiplication exponentielle des moyens de paiement, le développement des marketplaces et des services de paiement intégrés (full service) remettent en cause le modèle économique dominant de l’industrie du paiement.

    Comme souvent en informatique, lorsqu’une nouvelle tendance apparaît, nous nous demandons si nous ne l’aurions pas déjà vu quelque part. C’est exactement ce qui se produit avec la demande grandissante d’offres intégrées de gestion des paiements, couvrant à la fois les processus transactionnels et de gestion financière. De fait, un ersatz de service intégré, ou full-service, de ce type a déjà existé dans l’histoire de l’industrie du paiement. Et il est presque aussi ancien que cette industrie elle-même : il s’agit de Paypal.

    A l’origine : la séparation des processus transactionnels et de gestion financière

    A son lancement, ce service, facturé à la transaction, comblait un vide laissé sur le marché par la recherche d’optimisation des coûts. Pendant longtemps, et sous l’influence des plus importants marchands, l’industrie s’est organisée selon un principe strict de séparation des processus transactionnels et de gestion financière. Ce découplage avait pour objectif de permettre aux grands e-marchands d’obtenir les meilleurs tarifs pour chacune des deux activités. Mais c’était compter sans les contraintes spécifiques de l’internationalisation.

    Les grands marchands ne peuvent plus compter seulement sur leurs interlocuteurs habituels, PSP et acquéreurs. Pour chaque nouveau pays, ils doivent négocier avec des prestataires techniques et financiers différents. Et ils ont aussi à réconcilier les paiements reçus de divers pays, ainsi que les reversements vers des vendeurs affiliés provenant eux aussi de différents pays. Silencieusement, l’industrie a opéré une véritable bascule. Hier technologique, elle est aujourd’hui technologico-financière.

    Bienvenue dans le monde des Fintech !

    Cette évolution affecte profondément le modèle économique de l’industrie du paiement, basé sur la séparation stricte des processus transactionnels et financiers. Les plus grands e-marchands font pression sur les PSP pour qu’ils prennent en charge cette nouvelle source de complexité. Pour ces derniers, la capacité à proposer une offre de service intégrée n’est plus seulement une option à valeur ajoutée, mais un élément indispensable de leur offre.

    Pour mieux comprendre ce qui se passe, il suffit de prendre l’exemple d’un marchand enregistrant 10 k€ de paiements par carte bancaire par jour. Dans un mode transactionnel, il suffit au PSP d’adresser au marchand un état de réconciliation correspondant au montant total des paiements par cartes de crédit enregistré sur le compte bancaire du marchand. Le service comptable du marchand n’avait plus qu’à effectuer une réconciliation globale, en comparant le montant reçu et le total des ventes. Il ne s’intéressait aux détails que lorsque la différence dépassait un certain pourcentage. Mais cette méthode de réconciliation globale ne fonctionne que pour une seule source de paiement. Plus les méthodes de paiement sont nombreuses, plus il faut pouvoir prendre en compte des frais de transaction différents, et les réconcilier de manière individuelle. Dans le contexte d’une marketplace, ce processus de réconciliation est encore plus complexe. Le reversement du produit de la vente aux vendeurs affiliés passe par une réconciliation ligne à ligne des paiements, des commandes et des frais de transaction associés à la méthode de paiement utilisée.

    Au bout du compte, cette obligation de réconciliation ligne à ligne se traduit par une charge de travail manuel supplémentaire que les marchands, toujours à la recherche d’économies d’échelles, entendent faire supporter aux PSP. Pour ces derniers, tout l’enjeu est en définitive d’intégrer un métier qui n’est pas le leur. Ils savent assurer la connectivité entre les systèmes et les serveurs et sécuriser de grands volumes de transactions. Mais ils ne disposent généralement pas de l’expertise professionnelle nécessaire et des compétences pour effectuer les tâches de réconciliation pour le compte de leurs clients e-marchands ou marketplaces.

    Résoudre un vrai casse-tête

    Sur le papier, il peut paraître simple de mettre en œuvre un système d’information de type bancaire. Mais dans la vraie vie, même si le PSP parvient à déployer et faire certifier par les autorités bancaires sa plateforme, il lui restera à déterminer et à paramétrer un ensemble complexe de règles de commissionnement pour prendre en compte la charge de travail supplémentaire de collecting à l’échelle internationale. Sans oublier que le système mis en œuvre doit pouvoir intégrer au fur et à mesure les nouveaux moyens de paiement apparaissant sur le marché, tout en assurant la compatibilité ascendante de tous les services de paiement déjà en place.

    Plus la complexité augmente, plus il faut chercher des solutions innovantes pour simplifier la chaîne de valeur du paiement. Au premier abord, il s’agit d’une question de stratégie. Chaque PSP doit se demander s’il veut réellement devenir également fournisseur de services financiers ou s’il est préférable pour lui de s’appuyer sur un tiers, voire sur plusieurs pour éviter d’être dépendant d’un seul partenaire. Dans l’élaboration de sa stratégie, le PSP devra également s’assurer qu’il peut conquérir une part suffisante de part de marché pour justifier cette transformation, et qu’il peut réaliser celle-ci suffisamment rapidement pour conserver la fidélité de ses clients existants.

    Et toujours en ligne de mire : le time-to-market !

    Au rythme d’adoption du collecting par les grands e-marchands et les marketplaces, l’enjeu de time-to-market est désormais un facteur déterminant. Les questions suivantes concernent l’informatique. La plateforme de paiement mise en œuvre doit être suffisamment flexible pour permettre l’adaptation aux nouveaux enjeux des processus transactionnels existants ; ceux utilisés par la base clients installés. Ce système doit aussi pouvoir intégrer dynamiquement les règles métiers et les systèmes d’information des grandes marketplaces et des sites de e-commerce. Simultanément, cette plateforme doit aussi pouvoir prendre en compte les processus métiers et les normes de reporting de l’industrie bancaire pour s’adapter sans charge additionnelle à toutes les institutions bancaires choisies par les clients. En tenant compte de toutes ces contraintes, les PSP ont en définitive un choix stratégique à faire. Soit ils veulent s’engager dans la voie du collecting par eux-mêmes. Soit ils préfèrent s’appuyer sur un partenaire technico-financier, capable de convertir rapidement le défi du collecting en une opportunité de croissance.

     

     

  • 5 tendances Fintech & Paiement à suivre en 2017

    5 tendances Fintech & Paiement à suivre en 2017

    Par Jérôme Traisnel, co-fondateur et CEO de SlimPay
    Déjà frémissantes en 2016, découvrez les 5 tendances 2017 qui ouvriront de nouvelles perspectives aux secteurs fintech et paiement avec un seul mot d’ordre : soutenir l’évolution des modes de consommation.

     

    1 – Fintegration ou la coopération entre banques et fintechs

    En 2017 LA question à se poser ne sera pas de savoir si banques et fintech devraient collaborer ou non mais plutôt COMMENT ce rapprochement doit-il se faire en unissant les forces de chacun : l’orientation service développée par les fintech et le rôle de stabilisateur de l’industrie financière pour les banques.

    L’intégration des acteurs fintech au système bancaire et financier existant, baptisé Fintegration, inaugure une période d’échanges nécessaires et obligatoires, poussés par des décisions européennes fortes en terme de régulation des paiements en Europe.
    L’exemple le plus concret que pourrait prendre cette collaboration se résume en 3 lettres : API – ou Application Programming Interface, protocole technologique permettant la communication entre différents systèmes d’information, et dans notre cas ceux des banques et des fintech permettant aux premières de faire bénéficier leurs clients des services proposées par les secondes.

     

    2 – Virement instantané : le paiement à la vitesse d’Internet

    En novembre 2016, le Ministre de l’économie Michel Sapin annonçait une décision qui impactera fortement le secteur du paiement :  la volonté de la France de soutenir l’utilisation du virement instantané réduisant l’utilisation des moyens de paiements papier tels que le chèque et le TIP au minimum. Les moyens de paiement nécessitant des délais de traitement de plusieurs jours détonnent alors que l’économie s’accélère et que les marchands, tout comme les consommateurs, souhaitent pouvoir effectuer des opérations en temps réel, comme c’est déjà le cas dans de nombreux secteurs liés à Internet.

    Cette annonce est la suite logique d’une évolution de la régulation européenne en termes de paiement, résumée par la Directive sur les Services de Paiements (DSP2) et qui fait du compte bancaire, non plus un simple lieu de dépôt, mais un élément fondamental du paiement.  Jusqu’à faire du compte bancaire un moyen de paiement ? Le débat mérite d’être ouvert.

     

    3 – DSP2 : transposition en droit français pour un renforcement de la sécurité et une clarification du rôle des acteurs du paiement


    Parlons DSP2 justement ! Adoptée le 25 Novembre 2015 à l’échelle européenne, les pays de l’Union se sont engagés à la transposer au niveau national d’ici fin 2017. L’enjeu est de taille puisque la DSP2 prévoit la création de deux nouveaux statuts chez les acteurs du paiement (
    les services d’agrégation d’information (AIS – Account information services) et les services d’initiation de paiement (PIS – Payment initiation services), ouvrant la voie à une nouvelle vague d’innovation, tout en garantissant la sécurité des consommateurs, notamment grâce à l’authentification forte.

    4 – Le paiement “invisible” ou l’expérience client fluidifiée

    Comment expliquer que la commande d’une course avec Chauffeur Privé semble si simple ? La qualité de service est certes au rendez-vous, mais ce qui rend cette expérience particulièrement agréable, est qu’à aucun moment le consommateur n’est amené à effectuer un paiement. Ainsi, pas d’échange d’argent en espèce ni de composition du numéro de carte bancaire à la hâte avant de sortir du véhicule.


    Récemment, Amazon créait le buzz en annonçant Amazon Go, la boutique dans laquelle on ne paie pas. Ou plus exactement ou l’acte de paiement, en l’absence de caisses, s’effectue automatiquement, sans action de la part du consommateur. Tout comme dans le cas de Chauffeur Privé : pas d’attente, pas d’erreur de code de carte bancaire, le tout pour favoriser l’expérience client vécue en magasin.
    Et si cette pratique s’étendait à toutes les formes de commerce?

    5 – L’économie de l’abonnement, une opportunité pour les acteurs du paiement

    Aujourd’hui ce ne sont pas moins de 68 millions de personnes dans le monde qui détiennent un abonnement à une plateforme musicale ; expérience beaucoup plus satisfaisante que d’effectuer un achat ponctuel à chaque album que l’on désire écouter. Tout l’écosystème du commerce par abonnement et de la consommation à l’usage est fondé sur ce même principe d’une expérience client améliorée et privilégiée à la possession.

    Dans ce contexte, le choix de la méthode de paiement est clé puisqu’elle doit se fondre et soutenir ce business model basé sur le long terme, la fluidité et la récurrence.

    Sachant que le paiement représente 43% des startups fintech selon McKinsey, le développement de l’économie de l’abonnement devrait jouer un rôle important pour tout le secteur.
  • La Fintech confrontée à la pénurie de talents

    Fintech : une transition en mal de formation

    Par Anaïs Raoux, fondatrice de WAKE UP, l’école de la Fintech

    Aujourd’hui, les Fintech incarnent à n’en plus douter le renouveau financier. Dopées à la créativité et aux nouvelles technos, ces startups ne jurent que par leur capacité à innover et à se mettre en rupture avec des modèles économiques devenus obsolètes. Reste qu’elles peinent à trouver les talents adéquats. En cause une absence de formations adaptées à ces structures au format atypique et en perpétuel mouvement.

    Le 21è siècle sera celui de l’ « homo creativus » assure Todd Lubart, auteur de « Psychologie de la créativité » (Ed. Armand Colin). Pour lui, libéré d’une grande partie des tâches opérationnelles grâce à l’informatique, l’Homme peut désormais se concentrer sur d’autres encore inaccessibles à la machine. En haut de l’affiche, la créativité et l’innovation seraient même, selon l’Unesco, la véritable richesse des nations (1). Le président de Créa-France, Edouard Le Maréchal, dit même qu’ « un bon processus de créativité produit de la cohésion d’équipe et du bien-être ». Alors, quand on sait que l’OMS place la dépression en deuxième place des causes de mortalité et de handicap juste après les maladies cardiaques en … 2020, on se dit qu’il est grand temps de réagir !

    L’incontournable modèle startup

    Pour Peter Thiel, cofondateur de Paypal et auteur de « Zero to one » (Ed JC Lattès), « à moins de prendre à bras le corps le fait de créer, inventer, réaliser des progrès verticaux et intensifs, les entreprises sont condamnées à disparaître dans le futur, peu importe la taille de leurs profits aujourd’hui. ». A leur façon, les multinationales s’y sont employées et rivalisent d’initiatives pour encourager leurs équipes à innover. L’exemple canadien de SnapTax, entreprise créée au sein d’une société de 7000 collaborateurs, Intuit, pour développer une app, permet de comprendre que l’esprit start-up peut s’appliquer aux grands groupes en quête d’évolution managériale. « Avec la mise en place d’équipes multi-fonctions libres de tester leurs idées, Intuit a pu atteindre en douze mois un objectif qui lui aurait pris plus de cinq ans avec des méthodes traditionnelles », raconte Eric Ries auteur de « Lean Startup » (Ed Pearson). Si l’idée est de s’inspirer de la culture startup et des lieux de créativité pour stimuler l’innovation et les projets internes dits « d’intrapreneuriat », nous subissons encore l’héritage d’un siècle d’organisation verticale et de mise en silos des responsabilités.

    Des grands banquiers à la tête de Fintech

    Pour avancer, le monde hyper cadré et règlementé des banques a vu s’opérer une vague d’ « extrapreneuriat » observant une migration de ses cadres au sein de Fintech qui, contrairement aux banques traditionnelles, conjuguent au mieux le sens du client, de la technologie et de l’humain. Dans l’univers de la finance elles représentent la voie unique pour préparer le renouveau financier et, à titre individuel, une opportunité tangible de vivre une success story sinon une belle aventure humaine. Certains banquiers de renom l’ont bien saisi et ont déjà sauté le pas pour rejoindre une Fintech : Jérôme Le Luel, ex-Barclays, désormais chez Funding Circle et Grégoire Lestapis, ex-BBVA, maintenant chez Lendix, en sont un parfait exemple.

    Une hypercroissance confrontée à une pénurie de talents

    En s’attaquant à l’ensemble des niches de l’univers financier (private equity, asset management, financement de trésorerie, gestion du poste client,, etc.), le secteur de la Fintech affiche une hyper-croissance de 22,3 milliards de dollars d’investissement à l’échelle mondiale en 2015 (dont plus de 5 milliards venus de grandes banques)(2) et pour une croissance annuelle de 75%. Revers de la médaille, cette croissance fulgurante révèle au passage une sévère pénurie de talents quelle que soit leur activité. Les Fintech cherchent à s’entourer de profils spécifiques dotés d’une expertise financière pointue et également d’une véritable culture start-up et numérique. Les profils experts existent notamment dans les grandes entreprises, néanmoins, l’acculturation au monde de la start-up est souvent nécessaire. « Chez Finexkap, il nous a fallu plusieurs mois avant de parvenir à mettre la main sur la bonne personne, et nous avons fait les frais de plusieurs recrutements insuffisamment capables d’embrasser les difficultés et les enjeux de notre entreprise. », confie Cédric Tessier, co-fondateur de Finexkap.

    L’école doit changer, alors changeons-là

    JobTeaser révèle dans une étude que 35% des étudiants souhaitent travailler en startup. Les Fintech semblent ainsi répondre à de véritables attentes de la part des futures générations. Parmi elles, « contribuer à changer le monde », comme le mentionne le Millenial Survey 2016 de Deloitte. Si l’on veut inventer un monde meilleur, l’école de demain devra nécessairement développer des esprits plus créatifs et plus agiles. Elle devra incarner de façon plus profonde sa véritable mission d’éducation, du latin ex-ducere, qui signifie guider, conduire hors, bref libérer !

     

  • L’engouement pour les fintech, menace ou illusion d’optique ?

    Banques et satisfaction client, quel est le problème?

    par Frédéric Durand, fondateur et CEO de Diabolocom

    Les enquêtes sur la satisfaction client dans les banques se suivent et, malheureusement, leurs résultats se ressemblent : les Français ne sont pas contents de leur banque. Selon une des dernières études en date réalisée par Ipsos Game Changers et Trusteam Finance, seul 1 Français sur 4 se dit très satisfait de sa banque et serait prêt à la recommander. Ce chiffre est peu élevé, surtout au regard des investissements que toutes les banques de détail font depuis des années pour inverser la tendance. Les banques en ligne s’en sortent mieux avec 37 % de clients très satisfaits, ce qui reste très insuffisant.

    Ce constat est inquiétant, surtout pour les banques. Les clients ont le choix et peuvent changer de banque : chaque année, 12,5 % des Français changent de banque principale (tout en y conservant un compte, dans près de 40 % des cas, ce qui brouille un peu les pistes). La nouveauté, qui devrait inquiéter davantage les acteurs traditionnels, c’est que tous ces clients peu ou pas satisfaits sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les services bancaires proposés par les fintech.

    Les fintech font-elles mieux ?

    Apparemment, oui ! Selon l’édition 2016 du World Retail Banking Report Capgemini-Efma, 63 % des clients interrogés dans le monde (61 % en Europe de l’Ouest, mais 77 % en Amérique Latine) ont déjà recours aux produits et services de ces nouveaux acteurs qui concurrencent les banques sur leurs anciennes chasses gardées : les moyens de paiement, la gestion de portefeuille ou encore le crédit. Les clients des fintech se montrent significativement plus enclins à en recommander les services à leurs proches (55 %) qu’à recommander ceux de leur banque (38 %). A quoi tiennent ces 17 points de différence en faveur des fintech ? A trois caractéristiques plébiscitées par leurs clients : la simplicité d’utilisation (citée par 82 % des personnes interrogées), la rapidité des services (81 %) et la qualité de l’expérience client (80 %).

    Un sérieux décalage de perception…

    La révélation étonnante – et peut-être la plus éclairante – de cette étude est que les banques interrogées ont tendance à fortement sous-estimer l’importance que les clients accordent à ces aspects, comme le montre cette infographie :

    capture-decran-2016-10-25-a-18-54-06Ce décalage de perception explique en partie le problème de la satisfaction client dans la banque de détail : les banques traditionnelles n’arrivent pas à donner la priorité à ce qui compte de plus en plus pour leurs clients, notamment les plus jeunes.

    L’engouement pour les fintech, menace ou illusion d’optique ?

    Tout en reconnaissant aux fintech un avantage concurrentiel en termes d’agilité et de capacité d’innovation, les banques traditionnelles n’arrivent pas non plus à considérer les fintech comme des concurrents sérieux. A court terme, elles n’ont pas vraiment tort dans la mesure où, aujourd’hui, aucune fintech ne couvre la totalité des services bancaires que toute banque classique est en mesure d’offrir. Dans les pays ultrabancarisés comme le nôtre, les clients qui utilisent les services des fintechle font ponctuellement et n’abandonnent pas leur banque pour autant. L’engouement est donc à relativiser, notamment en Europe de l’Ouest où la structure vieillissante de la population est un frein à l’abandon pur et simple des services des banques traditionnelles.

    Les grandes banques auraient cependant tort de miser sur le conservatisme de leurs clients ou le fait que seulement 10 % des Français souhaitent avoir une banque accessible uniquement sur Internet, selon l’observatoire 2016 de l’image des banques (BVA- Fédération Bancaire Française). L’adoption, même ponctuelle, des ces nouveaux services – simples, pratiques et, qui plus est, peu onéreux voire gratuits – ne peut se faire qu’au détriment de ceux qui en avaient jusqu’ici le monopole, c’est-à-dire les banques. C’est une nouvelle atteinte aux marges de ces dernières, déjà réduites à peau de chagrin. Dans ces conditions, on voit mal comment les banques pourraient préserver ce à quoi les clients sont malgré tout encore très attachés : avoir un conseiller attitré qui les suit personnellement (souhaité par 56 % des clients), et pouvoir se rendre dans une agence, même s’ils le font de moins en moins, sachant qu’ils ne sont que 29% à être tout à fait prêts à s’en passer.

    C’est tout le paradoxe : les clients adorent détester leur banque telle qu’elle est, mais n’ont pas envie qu’elle change, même s’ils n’en sont pas pleinement satisfaits. Et en se tournant vers des acteurs non bancaires, ils obligent les banques à accélérer leur transformation digitale, ce qui ne saurait se faire sans remise en question radicale des réseaux d’agences et du rôle des conseillers bancaires. Un vrai problème dans un pays comme la France où on compte plus de 37 000 agences bancaires où travaillent quelque 300 000 personnes

     

  • Fintech et eSanté une opportunité ?

    Blockchain : l’ubérisation ultime qui atteint la santé

    Vincent Daffourd, président fondateur de Care Labs, société émettrice du titre Chèque Santé®,

    Les approches disruptives du marché ou du management créent une nouvelle chaîne de valeurs et finissent par remplacer l’économie dominante sur un marché. Peu importe que l’innovation porte sur un produit ou un service, l’ubérisation voire la blockchain imposent leur loi !

    En ce qui concerne mon métier, la rupture est encore plus flagrante. L’innovation de ma société est à la croisée de deux approches en rupture ou disruptives, si l’on veut être tendance : E-santé et Fintech.

    La « disruption » tient davantage à une nouvelle proposition de modèle économique que de l’innovation technologique en tant que telle. On nous considère comme « disrupteur » seulement parce que l’on chamboule un marché aux situations établies et on le bouleverse avec une proposition de valeur inédite.

    Dans le monde de la santé comme dans le milieu financier, le poids des traditions et des règles est bien installé … Il est donc difficile de proposer une autre approche, sans apparaître comme un trublion.

    L’innovation disruptive est en train de s’imposer comme la règle d’une nouvelle dynamique économique portée par une génération en rupture avec les modèles du XXème siècle.

    A travers les incubateurs, des groupements tels que France e-HealthTech ou des évènements tels que MedStartup Days à New York City, nous cherchons non seulement à promouvoir les innovations de rupture de manière pédagogique mais aussi à faire comprendre que l’économie bouge.

    Avec 16 milliards de transactions par an en France et 337 000 milliards de dollars (hors cash) dans le monde, les paiements constituent un service central de l’économie. Les nouveaux moyens et services de paiement représentent un segment d’activité en pleine révolution qui bouillonne d’innovations. De même, dans le secteur de la santé, les technologies révolutionnent notre approche médicale. Entre applications mobiles, objets connectés et big data, il existe désormais de nouvelles solutions permettant d’optimiser la prévention tout en replaçant l’individu au centre.

    Et pourtant … si la prévention est bien reconnue comme un axe prioritaire de la loi Santé, aux yeux de la sécurité sociale, elle n’existe pas : tous les actes destinés à prévenir la maladie, sont quasiment toujours à la charge des patients.

    Encore un paradoxe qui va à l’encontre de l’intérêt général !

    D’un côté, la bonne santé de tous à moyen et long terme passe par la prévention et une grande partie de l’intervention des médecins sera à l’avenir transférée vers la surveillance continue à distance pour des raisons d’efficacité D’un autre côté, on ne met pas les moyens en place (technologiques) pour rendre cet accès facilité.

    Qu’en est-il du financement ? Comment un acte médical préventif ou à distance sera-t-il tarifé, payé ou encore remboursé ?

    Une expérimentation que beaucoup souhaitent voir généralisée vient de voir le jour près de Chartres. Les discussions entre les médecins libéraux et l’assurance maladie portent notamment sur la question d’un forfait annuel pour financer la prévention, mais les échanges sont toujours dans l’impasse.

    Pourtant, les solutions existent et il serait enfin temps d’admettre qu’un nouveau monde émerge et qu’il est temps de changer les règles jusqu’ici unanimement admises, en fédérant enfin les parties prenantes historiques, les jeunes entreprises innovantes qui ont su développer des outils clefs en main à l’efficacité démontrée.

    Les moyens de paiement virtuels ou dématérialisés, simples d’utilisation et garantissant la sécurité des données, sont une réalité pour tous. Le E-commerce et la digitalisation des services sont à la base de notre économie et de notre capacité à rester compétitifs sur la scène internationale. Les Fintech et les Healthtech peuvent être une opportunité pour la croissance et la santé publique.

    Grâce à ces innovations et à la créativité de ces start-ups notamment dans l’IoT ou la e-santé, la France est de nouveau « bankable » à l’International. Le label French Tech comme nos fleurons industriels sont les meilleurs porte-drapeaux de notre pays.

    Il est désormais de notre ressort de conserver notre avance concurrentielle en montrant que notre législation est, elle aussi, prête à passer au XXIème siècle.

     

     

  • Nouvelle Directive Européenne sur les Services de Paiements (PSD2) : opportunités ou risques de disruption pour le secteur financier ?

    Une nouvelle étude sur l’impact de la directive PSD2 indique que le secteur financier et plus particulièrement les banques doivent s’atteler dès maintenant à réviser leurs modèle de gestion des services financiers, sous peine de voir leurs clients s’en détourner vers des acteurs plus innovants, moins coûteux et offrant une meilleure expérience utilisateur. CA Technologies a voulu comprendre toutes les implications de l’application de cette directive, tant du point  de vue des consommateurs, des technologies ou du contexte réglementaire.

    Dans cette enquête,  les fournisseurs de services de paiement (banques, fintechs, opérateurs télécoms et prestataires tiers émergents (TPP) expliquent qu’au-delà de la contrainte réglementaire, la directive PSD2 doit favoriser  la création de nouveaux canaux de revenus grâce à l’innovation, la création de nouveaux produits et services financiers et la promesse d’une expérience transactionnelle pratique et sécurisée pour les consommateurs.

     « Les experts interrogés reconnaissent que la mise en application de la directive PSD2 permettra aux acteurs du secteur financier de mieux se différencier », explique Marie-Benoîte Chesnais, Business Tech Architect chez CA Technologies. « La majorité d’entre eux sont convaincus que cette directive sera un facteur de transformation, et y voient une opportunité de développer de nouvelles branches d’activités, de nouveaux modèles de services et de nouvelles propositions de valeur à leurs clients. 

    Cette réglementation va-t-elle révolutionner la banque de détail en dynamisant son rythme d’innovation, en offrant davantage de choix aux clients, et en créant de nouvelles expériences afin de les fidéliser ?

    Parue au Journal Officiel de l’Union Européenne en janvier 2016 avec une date limite de mise en application fixée à début janvier 2018, la nouvelle réglementation PSD2 invite les banques à rationaliser et sécuriser leurs méthodes de gestion des paiements. Objectifs : améliorer la protection et la qualité d’expérience des utilisateurs pour ce qui concerne leurs moyens de paiement et encourager une baisse des prix des transactions.

     « Les transactions de paiement  sont cruciales pour l’économie mondiale. En France, 16 milliards d’opérations bancaires ont lieu chaque année.  L’adoption de la directive PSD2 en France et dans les autres pays de l’Union Européenne permettra réellement de transformer le marché dans le sens d’une concurrence, d’un rythme d’innovation et d’une sécurité accrues » explique Diane Mullenex, associée et responsable mondiale des télécommunications chez Pinsent Masons.

    L’impact de PSD2 dépendra également de la réussite de sa mise en application, poursuit-elle. « Les écarts de comportements en matière de paiements sur les différents marchés représentent le principal défi pour une mise en œuvre localisée : en France, 71 % des paiements se font par carte. En revanche, la situation est tout autre en Allemagne. Outre-Rhin, l’argent liquide est fortement utilisé, et une grande quantité de billets de 500 euros sont en circulation. Enfin, le Royaume-Uni est de loin le marché de paiements via PayPal le plus important. Le paiement sans contact y est également largement répandu. »

    Comment PSD2 va redéfinir les règles du jeu sur le marché ?

    La directive PSD2 représente pour les banques une importante source de revenus potentiels. Pour Jurgen Vroegh, responsable mondial des paiements chez ING : « PSD2 est une étape majeure vers l’ouverture du marché des services financiers. Elle représente la révolution de la décennie, ainsi que l’occasion de revoir nos propres modèles économiques. Elle nous permettra également d’offrir un meilleur service à nos clients en collaborant avec de nouveaux acteurs, en adoptant de nouvelles technologies, et en suivant les exemples établis par des concurrents faisant preuve d’agilité ».

    Pour beaucoup, PSD2 implique de donner la priorité à la transformation et à l’innovation. Selon la banque néerlandaise ABN AMRO, « cette directive offre de nombreuses opportunités, comme celle de créer une plateforme bancaire ouverte et sécurisée, permettant d’offrir une place de marché pour les Fintechs, et de développer de nouveaux services financiers. » 

    Les Fintechs ont elles aussi l’intention de tirer parti de l’accès aux comptes clients pour aider les banques traditionnelles à innover et à générer de nouvelles sources de revenus, tout en améliorant leurs propositions à leurs clients.

    Grâce à cette directive, les opérateurs télécoms et les commerçants pourront proposer leurs propres plateformes de paiement, réduire les commissions liées aux transactions, renforcer leurs relations avec leurs clients, et se positionner en tant que fournisseurs d’identités. 

    Cependant, pour d’autres, cette opportunité exige un investissement considérable sur le plan de la conformité, voire la création d’entités professionnelles distinctes. « Pour les opérateurs télécoms, le problème ne se situe pas au niveau des processus techniques, mais plutôt au niveau de la charge que représentent de nouveaux processus métiers », remarque Diane Mullenex de Pinsent Masons.« Malgré cela, ces opérateurs devraient continuer à former des alliances stratégiques. »

    Le débat est également ouvert quant à la capacité du e-commerce à tirer parti de PSD2 afin de développer leurs services de paiement, et même d’aller au-delà des paiements jusqu’à proposer des services bancaires.

    Enfin les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) sont aussi en ‘embuscade’ et représentent une menace supplémentaire pour le secteur financier. Si les standards technologiques à base d’API sont définis à temps pour PSD2, ces acteurs n’hésiteront pas à se lancer en s’appuyant sur une matière qu’ils maîtrisent parfaitement : les open APIs.

    Mettre en place le changement nécessaire pour respecter la nouvelle directive PSD2 grâce aux technologies de l’information

    Comme le révèlent les résultats de l’enquête, plusieurs banques et prestataires tiers ont déjà mis en route les processus nécessaires afin de respecter les recommandations de la PSD2. Malgré des incertitudes concernant des normes techniques, il est clair que les services informatiques ont un rôle essentiel à jouer afin de favoriser ce changement.

    Cette directive obligera les banques à faciliter l’accès aux comptes de leurs clients et à fournir des informations sur ces comptes à des applications tierces avec l’accord préalable de leurs titulaires. Beaucoup de personnes interrogées militent d’ailleurs pour l’utilisation d’interfaces de programmation (API), par exemple, pour gérer l’accès de tiers à de telles informations. 

    Le consensus est que les banques doivent agir maintenant, avant que des normes techniques ne deviennent disponibles. 

    L’authentification forte (à double identifications) sera nécessaire pour valider l’identité de l’utilisateur d’un service de paiement ou d’une transaction, et la plupart des banques ont annoncé leur intention de respecter les exigences de PSD2 une fois celles-ci connues. « L’innovation apporte des risques supplémentaires, et il nous faut un système d’identification adéquat pour les clients », explique Diane Mullenex de Pinsent Masons. Pour Anne Boden, PDG de la banque Starling : « Nous sommes autant une société de technologies qu’une banque et nous sommes certains que nos clients attendent un niveau de sécurité optimal ».

    Cette enquête contient également 5 recommandations à destination des banques et des prestataires tiers concernant la directive PSD2 :

    S’impliquer, fournir des retours, partager ses inquiétudes et contribuer à la recherche de solutions
    Plusieurs phases de consultations auront lieu au niveau européen, et des efforts seront fournis au niveau national afin de dégager des orientations. Participer est la seule méthode  garantissant de faire entendre la voix de votre organisation, et de répondre aux questions toujours en suspens.

    2.       Penser dès maintenant à une stratégie pour monétiser vos investissements liés à PSD2
    La fenêtre de mise en œuvre de PSD2 est peut-être trop ambitieuse, mais elle ne sera pas énormément allongée (voire pas du tout). L’ensemble des acteurs ont l’opportunité de tirer parti de cette directive révisée afin de développer de nouvelles activités et de générer de nouvelles sources de revenus.

    3.       Commencer à expérimenter et à élaborer des tests en amont
    Beaucoup de personnes interrogées estiment qu’il manque aux banques l’agilité et l’état d’esprit axé sur l’expérimentation des Fintechs. C’est le moment ou jamais de tester de nouveaux produits et services susceptibles de s’épanouir dans le contexte de la PSD2. Quitte à échouer, autant le faire rapidement.

    4.       Identifier et faire face aux défis liés à la fourniture d’API ouvertes
    Bien que le terme API ne figure pas dans le texte de la directive  PSD2, et malgré le fait que les normes techniques ne seront certainement pas assez spécifiques pour indiquer comment permettre l’accès aux comptes bancaires, les acteurs du secteur s’accordent sur le fait que les API constituent la démarche à suivre. Il est nécessaire de comprendre dès maintenant ce que signifieront des API ouvertes pour les infrastructures et la gouvernance informatiques ; de repérer les lacunes et de définir les options permettant de les combler ; et de déterminer sa capacité à aller même au-delà de PSD2 afin de profiter de nouvelles sources de revenus.

    5.       Adopter une approche collaborative favorisant l’émergence de nouveaux services favorables aux clients
    PSD2 permettra à de nombreux nouveaux concurrents d’émerger sur le marché. Bien que devant faire preuve de réalisme, les acteurs établis devront également s’associer et collaborer avec d’anciens et de nouveaux prestataires, afin de fournir à leurs clients des produits et services innovants.

  • Les banques ont-elles pris conscience de la révolution des données ?

    Quand l’expérience bancaire permet aux banques de conserver leur part de marché face aux FinTech.

    Les données des clients n’ont jamais été aussi accessibles, ceux-ci devraient donc tout naturellement être au cœur de la stratégie des établissements financiers. Pourtant, les banques continuent à faire de la conformité réglementaire leur priorité et considèrent souvent les projets liés aux données trop contraignants. Des secteurs moins règlementés tels que la distribution et les services digitaux (marketing, réseaux sociaux, etc.), qui évoluent plus rapidement, exploitent déjà ces flux de données pour améliorer l’expérience client. En revanche, les sociétés de services financiers, les banques et les compagnies d’assurance se montrent plus réservées, souvent freinées par une multitude de contraintes règlementaires.

    Le développement de services tels que Google Wallet, Apple Pay et les paiements Facebook ne sont que quelques exemples de la façon dont les géants du numérique développent des services monétaires qui pourraient supplanter les banques traditionnelles. L’émergence de services tels que l’application bancaire sociale Kitti de Santander et les wearables de Barclays montre que les banques semblent enfin avoir identifié les avantages concurrentiels d’une approche centrée sur le client et cherchent à en tirer parti.

    Se préparer à la mise en œuvre

    Selon une étude réalisée récemment par IDC pour le compte d’Informatica et de Cognizant, l’amélioration de la stratégie client est souvent citée comme l’une des principales raisons pour lesquelles les banques entreprennent une refonte de leur infrastructure technologique. Toutefois, l’étude indique également que les organismes de réglementations européens incitent les banques à déployer des projets de gouvernance des données en raison des inquiétudes suscitées par les problèmes de qualité des données. Les exigences en matière de reporting sont de plus en plus onéreuses pour atteindre les niveaux de détail requis et répondre dans des délais toujours plus courts.

    Il est vrai que les établissements financiers devraient considérer les investissements dans la gouvernance des données comme un moyen de pérenniser leurs activités face aux réglementations de plus en plus strictes. Cependant, pour tirer pleinement parti de leurs investissements, ils doivent découvrir les avantages d’une stratégie orientée client. Un organisme de réglementation peut vouloir être en mesure d’analyser les données en temps réel, mais il peut en être de même pour le développeur d’un nouveau produit ou services, un responsable de la relation client ou un client.

    L’exigence d’immédiateté est désormais exercée aussi fortement par le client que par l’organisme de réglementation. Étant donné que les banques et les assureurs proposent de plus en plus de services mobiles, les clients attendent d’eux qu’ils soient en mesure de personnaliser les offres de produits en temps réel. Si les acteurs traditionnels ne sont pas en mesure de le faire, les nouveaux entrants, comme les FinTech, s’en chargeront.

    Investir dans la gouvernance des données est la seule façon de répondre à ces besoins. Pour ce faire, les entreprises doivent comprendre un certain nombre de choses. Au plus haut niveau, l’entreprise doit traiter les données comme un actif stratégique conférant un véritable avantage concurrentiel. Pour appliquer une stratégie orientée client, il faut être en mesure de développer facilement la relation client et gagner des parts de marché. Pour cela, il faut exploiter l’ensemble des informations à disposition sur les clients pour s’assurer que les bons produits leurs sont proposés au bon moment. C’est pour cela que les données doivent être considérées comme un atout stratégique plutôt qu’une source de coûts ou une contrainte réglementaire.

    Les données ouvrent la voie

    Des entreprises telles qu’Amazon, Uber et Google ont instauré des niveaux de service client élevés et les consommateurs ont de plus en plus la même exigence avec leur banque.

    La personnalisation de l’expérience bancaire apparaît alors comme le moyen le plus sûr pour les banques de conserver leur part de marché face aux FinTech. Seules celles qui seront en mesure d’exploiter leurs données et de mettre en œuvre un modèle centré sur le client pourront offrir les services personnalisés que les clients attendent à l’ère du tout numérique.

     

  • Quand les Fintech prennent une longueur d’avance sur les banques …

    World Retail Banking Report 2016 :
    Les banques dépassées par la montée en puissance des FinTech 

    Avec des services conviviaux, rapides et une expérience client de qualité, les FinTech prennent une longueur d’avance sur les banques en matière de gain de clientèle, de référencement et de confiance des clients.

    Selon le World Retail Banking Report 2016 (WRBR) publié par Capgemini et Efma, la majorité des banques avouent ne pas être préparées à faire face à la concurrence des FinTech qui ne cessent de gagner en popularité auprès des clients. L’étude montre que près des deux tiers des clients (63%) utilisent à présent des produits ou services FinTech et sont plus enclins à recommander à leurs proches les services de leur prestataire FinTech (55%) plutôt que ceux de leur banque (38%). En revanche, alors que 96% des dirigeants de banques reconnaissent l’importance croissante du digital dans l’industrie bancaire, et la présence grandissante des FinTech dans cette industrie, seuls 13% d’entre eux estiment avoir mis en place les moyens nécessaires pour faire face à cette évolution.

    Les FinTech connaissent un succès significatif, en particulier sur les marchés émergents et auprès des jeunes, grâce à leur simplicité d’utilisation (82%), à la rapidité de leurs services (81%) et à la qualité de l’expérience utilisateur qu’elles proposent (80%). Par opposition, les banques ont tendance à sous- estimer l’importance qu’accordent les consommateurs à ces aspects : 36% reconnaissent la rapidité des services proposés par les FinTech (soit un écart de 45 points), et seuls 40% pensent qu’elles offrent une meilleure expérience utilisateur (soit un écart de 40 points).

    Les progrès des banques en matière d’expérience client ne représentent pas une menace pour les FinTech
    À l’échelle mondiale, la performance des banques en matière d’expérience client a augmenté de 2,9points sur l’échelle Customer Experience Index (CEI)1 de Capgemini, avec une amélioration

    1 Basé sur les réponses de plus de 16.000 clients des banques de détail dans 32 pays, Capgemini exclusive Customer Experience Index analyse l’expérience client à travers 80 points de données afin de calculer le score « customer experience ». Ce score donne un aperçu sur la façon dont les clients perçoivent la qualité de leurs interactions avec la banque.

    constatée dans plus de 85% des pays interrogés pour cette l’étude. En revanche, cette progression ne s’est pas encore traduite par des résultats concrets de la part des consommateurs, notamment sur les critères observés de rétention client, de recommandations ou de ventes croisées. Seulement 16% des clients se disent prêts à souscrire un service complémentaire auprès de leur banque actuelle.

    La majorité (70%) des banques considèrent la confiance des clients comme leur principale force. Cependant, même si les taux restent élevés, elles sont rattrapées par les FinTech qui voient leur taux de confiance, partielle ou totale, atteindre plus de 88% au niveau mondial. 90% des dirigeants de banques constatent l’accélération constante de cette évolution ; toutefois moins d’un quart estiment disposer d’un avantage concurrentiel par rapport aux FinTech en termes d’agilité ou de capacité d’innovation.

    « Alors que les banques peinent à innover, les FinTech attirent de nouveaux clients », explique Anirban Bose, Directeur des services bancaires et financiers de Capgemini. « Pourtant des opportunités existent pour que banques et FinTech collaborent. Les banques doivent les saisir rapidement, avant d’être dépassées par les transformations rapides du secteur. »

    À l’heure du digital, de nouvelles stratégies sont nécessaires

    Pour faire face à la montée en puissance de ces nouveaux types de services bancaires, près des deux tiers des directeurs de banques traditionnelles estiment devoir considérer les FinTech comme des partenaires, et mettre en place des stratégies de partenariat (46%) et d’investissement (44%). Moins d’un cinquième (18%) des banques prévoient d’acquérir des FinTech ou les technologies qu’elles proposent.

    « Par cette volonté affichée de développer des partenariats avec les FinTech, les banques reconnaissent ne s’être pas suffisamment préparées à l’avenir de leur activité et à sa digitalisation. », explique Vincent Bastid, secrétaire général de l’Efma. « En travaillant en collaboration avec les FinTech, les banques pourront bénéficier d’une expertise plus qu’indispensable au développement de nouveaux produits et reprendre leur rôle central au sein du secteur bancaire. »

    Les forces des banques et des FinTech sont complémentaires et doivent être mises au service d’expériences clients plus riches. Les FinTech se démarquent en agilité, innovation et nouvelles technologies, alors que les banques disposent d’un capital et de bases clients plus développées ainsi que d’une expertise dans le domaine de la régulation financière. Selon le rapport, les banques doivent s’adapter à l’ère du digital et à l’évolution des exigences des clients qui en découle. Il est par exemple essentiel de repenser les systèmes centraux et de donner la priorité au développement logiciel API2. Alors que la transformation digitale du secteur financier s’accélère, les banques n’atteindront leur potentiel de croissance qu’en prenant en compte l’importance croissante des FinTech et en mettant en place avec elles des stratégies de collaboration.

    Le World Retail Banking Report 2016 présente les données collectées auprès de plus de 16 000 clients répartis dans 32 pays, et figure donc parmi les principales études d’expérience client à l’échelle mondiale. Il repose également sur des données qualitatives issues d’entretiens détaillés avec des dirigeants du secteur financier.

  • Finance participative, blockchain … les FinTech, entre espoir et inquiétude

    Du crowdfunding au crowdlending

    Par Serge ROUANET, dirigeant de PrêtStory

    Avec les nouvelles technologies, l’économie dans son ensemble subit de plein fouet une véritable révolution.
    Le mot « Uberiser » s’apprête à rentrer dans le Larousse, c’est pour dire ! Et la finance n’est pas épargnée.
    Force est de constater que la tendance est au circuit court. Et donc que l’intermédiation en général est bien souvent malmenée. La France, devant la généralisation du phénomène à travers le monde, n’a pas d’autres choix que de prendre le train en marche. Tiraillée entre conservatisme et innovation, nul doute qu’elle va devoir s’adapter à ce qui s’annonce comme un grand chamboulement économique. Et si elle entend promouvoir sa fameuse French Tech aux quatre coins de la planète, elle ne pourra s’affranchir d’un certain remodelage économique.  Qui devra aussi s’appliquer à la finance dans son ensemble …

     Rompre avec les monopoles pour embrasser l’économie moderne

    Coller à l’évolution technologique et à l’économie moderne, c’est devoir renoncer à certains modèles et rompre avec les monopoles.

    La finance participative, notamment, est un parfait exemple de cette disruption des codes, puisqu’elle court-circuite les banques et permet aux citoyens de décider eux-mêmes de l’emploi de leur épargne et de leurs placements. En 2014, la règlementation française a ouvert une brèche. Mais d’autres dérogations se dessinent et la seule inconnue reste le temps. Concilier libéralisme et règlementation, le dilemme est posé. Reste à savoir où seront les jalons, mais nul doute que déjà, la finance et ses rouages ont changé de braquet.
    Changement de rythme, nouveaux usages, diversification des outils, les FinTech préfigurent un nouveau paradigme.


    Du crowdfunding au crowdlending
    .

    Si, à l’origine, les plateformes de crowdfunding se sont avérées être efficaces pour contribuer à l’avènement de projets utiles à des communautés ou à des causes, bien vite, nous avons pu constater que la philanthropie ou le mécénat, à eux seuls, ne suffisaient pas à faire émerger et propulser des projets aux intérêts privés. Le  crowdequity  ou le crowdlending ont répondu à la question. Et l’on constate aujourd’hui que la notion d’investissement tend inexorablement à prendre l’ascendant sur les autres formes de contribution. Pour preuve, en 2015, sur les plateformes spécialisées, le montant correspondant aux prêts rémunérés est presque 4 fois plus important que celui des dons.  Les plateformes de prêt participatif ont donc le vent en poupe ! Et ce n’est que le début si l’on en croit les prévisions des spécialistes du crowdfunding regroupés au sein d’une association homonyme.

    La nouvelle révolution : le blockchain

    Cependant alors que ces modes de financement commencent tout juste à être connus du grand public que déjà une autre révolution s’annonce : le blockchain.

    Mais qu’est-ce donc ? Ce terme à lui seul résume la dématérialisation, la décentralisation et l’authentification de tout ce qui peut s’échanger ou se monétiser.  Cela concerne des devises, à l’instar du bitcoin, la plus connue, mais aussi des contrats, et tous les actifs dans leur grand ensemble. On va jusqu’à dire que c’est une technologie à même de remplacer les institutions financières ! On imagine aisément l’inquiétude de ces dernières qui voient donc le Blockchain comme la lame de fond qui risquerait de tout emporter, des institutions aux corporations en passant par la gouvernance au sens large.
    Le blockchain fascine et inquiète à la fois. Toujours est-il que les institutions  ont pris conscience du potentiel danger que le Blockchain représente à court terme, puisqu’elles ont déployé des cohortes de moyens techniques et humains pour appréhender cette technologie disruptive, qui menace leur hégémonie. Quelles seraient en effet les raisons de penser qu’elles auront toujours une quelconque utilité si une technologie comme le Blockchain apporte toutes les solutions au public ?

    La réponse se résume en un mot : l’expertise.  En effet, si la technologie, et plus précisément les FinTech, semblent, à terme, court-circuiter l’intermédiation dans ses grandes lignes, en créant des outils spécifiques pour traiter de pair à pair, l’expertise et le conseil seront davantage exploités et mis en exergue. Et ainsi valorisés. Ce qui nous autorise à penser que cela obligera les experts à tendre vers l’excellence.

    Dans le crowdlending par exemple, c’est au niveau du choix des projets à financer, de leur appréciation et de leur sélection, que se fera la valorisation des plateformes. Ce qui rassurera les particuliers pour investir plus sereinement leur épargne dans un placement très concurrentiel.