Étiquette : finances

  • Les challenges de la transformation digitale des acteurs financiers

    Les challenges de la transformation digitale des acteurs financiers

    Par Jean-Baptiste PERRAUDIN, Directeur du Marché Assurances et Services Financiers – Directeur Général de Foliateam Sud-Ouest

    Incontestablement, les acteurs traditionnels de la finance connaissent aujourd’hui de profondes mutations poussées notamment par de nouveaux entrants qui viennent les concurrencer fortement (Fintech, GAFA). Dans ce contexte, force est de constater que les banques et assurances investissent des sommes importantes pour se transformer en s’appuyant sur les technologies. Cela passe par des plans de grande ampleur qui semblent partager quatre axes centraux.

    Une amélioration de la relation client

    Proposer une expérience client de premier plan est l’une des principales préoccupations des banques et assurances. Dans ce contexte, un travail de fond est initié par ces acteurs pour se doter de plateformes permettant de gérer de manière centralisée les interactions réalisées avec leurs clients. Cette approche omnicanale doit prendre en compte tous les moyens de communication déployés dans l’entreprise : mail, téléphonie, SMS, chat, bot, etc. Surtout, ils doivent permettre une adaptation agile et rapide aux évolutions de la politique de l’entreprise, et de ses clients (scénarii d’urgence, lancement de produits ou de promotions, segmentation de clientèle etc). L’idée étant de proposer une qualité de service de très haut niveau pour les clients depuis un guichet unique et de permettre aux collaborateurs de travailler plus facilement.

    Une évolution des usages poussée par la génération Y

    Désormais, que ce soit au niveau des clients ou des collaborateurs, la génération Y est largement représentée. Cela amène une modification dans les usages, notamment au niveau des outils de communication utilisés en interne comme en externe. La mobilité s’est ainsi positionnée comme stratégique pour les collaborateurs comme pour les clients finaux qui souhaitent accéder à leurs comptes et piloter leurs opérations courantes simplement et en situation de mobilité. Ces outils doivent permettre de se positionner face aux fintechs et de fluidifier les échanges et processus de gestion.

    L’impact de la pression financière et de la réglementation

    À ce stade, plusieurs aspects sont abordés. Dans un environnement toujours plus réglementé, les banques et assurances se doivent de faire évoluer leur système d’information et de bâtir des architectures performantes et conformes aux orientations réglementaires propres à leur profession. Cela s’accompagne également d’une réflexion de fond sur la migration des environnements dans le Cloud. Ces bouleversements les amènent à faire évoluer leur gouvernance technique en se posant les bonnes questions et en se basant sur une approche industrielle.

    La sécurité des données

    Sur ce point, les banques et assurances doivent veiller à la résilience de leur SI et à garantir une parfaite sécurité des données dont elles disposent. Cela passe par des dispositifs complexes associant réseaux privés sécurisés, archivage dans des datacenters de nouvelle génération, mise en place de dispositifs de type PRA-PCA, etc. L’objectif est clairement d’évoluer dans un environnement de confiance, et cela touche toutes les informations et les flux (voix, video, données) que traitent ces acteurs.

    Ces différents éléments sont des points-clés qui sont au centre des opérations [de modernisation et] de digitalisation des professionnels de l’industrie financière. En actionnant ces leviers, ils pourront alors accroitre leur attractivité et continuer de développer leurs parts de marché et leur rentabilité dans un environnement en constante mutation.

     

     

  • REGTECH et FINTECH : panorama d’un secteur émergent associant technologie et réglementation

    L’étude Regtech (Sia Partners-AEC Fintech) dresse le panorama d’un secteur émergent associant technologie et réglementation

    Les Regtech, ces jeunes sociétés nourries aux nouvelles technologies, révolutionnent le secteur de la finance en permettant aux banques d’optimiser leur mise en conformité avec des réglementations sans cesse croissantes.

    Avec le développement du Cloud, du Big Data et de l’Intelligence Artificielle (IA), un sous-secteur de l’industrie technologique appliqué aux services financiers est apparu ces trois dernières années : la Regtech (Regulatory Technology). Combinant réglementation et technologie, ces nouvelles applications spécialisées dans la conformité ont pu émerger grâce à un secteur bancaire ayant à gérer de grandes quantités de données et à un régime réglementaire européen très strict.

    Mais alors que les sociétés Regtech se multiplient, apportant des solutions intéressantes pour les banques en matière réglementaire, peu d’études avaient jusqu’à présent été consacrées à ce secteur naissant. Associé à AEC Fintech, le cabinet conseil en management Sia Partners a mené une étude auprès de 80 sociétés européennes de Regtech afin de mieux comprendre leur modèle économique, les types d’innovations technologiques sur lesquelles elles s’appuient et les différents services qu’elles peuvent offrir à leurs clients bancaires.

    A noter qu’afin de compléter l’enquête, six entreprises européennes leaders dans le domaine de la technologie Regtech ont fait l’objet d’études de cas, basée sur des entretiens. Il s’agit de la suisse NetGuardians (lutte contre la criminalité financière), la britannique Eliptic (traçabilité des transactions Bitcoin), la luxembourgeoise KYC3.com (solutions de reporting) et les françaises FortiaFinancial Solutions (automatisation des processus de conformité), Neuroprofiler (solution d’évaluation de la conformité) et Scaled Risk (analyse et reporting).

    Le paysage du marché européen de la Regtech

    Les 80 entreprises européennes de Regtech analysées par l’étude couvrent huit sous-catégories correspondant à des enjeux de réglementation et de conformité cruciaux pour l’industrie bancaire : la gestion et le contrôle des identités, le reporting réglementaire, la gestion des risques, le suivi des transactions, la gestion de la conformité, le contrôle de la communication, la surveillance des marchés et les contrôles automatisés.

    1 / Gestion et contrôle de l’identité en temps réel et en continu

    Parmi les 80 entreprises Regtech étudiées, 27,2% se consacrent à la gestion et au contrôle des identités. Leurs solutions proposent de :

    –          créer des synergies à travers une base de données Blockchain partagée d’informations KYC (Know Your Customer : obligation pour les institutions financières de connaître leurs clients) entre les différentes filiales d’une même banque,

    –          identifier les profils biométriques comportementaux des utilisateurs en ligne,

    –          automatiser les contrôles KYC / AML (Anti-Money Laundering : lutte contre le blanchiment d’argent) en mettant en œuvre des API (interfaces de programmation applicative) pour relier les bases de données des organismes de contrôle aux bases de données des clients.

    A noter que 34,6% des entreprises de Regtech qui s’attaquent aux défis liés à la gestion et au contrôle de l’identité s’appuient sur des solutions basées sur l’IA

    2 / Aider les banques à respecter leurs obligations de reporting réglementaire

    L’autre type de Regtech le plus investi par les entreprises du secteur est la gestion du reportingréglementaire. Elles sont également 27,2% à présenter des solutions dans ce domaine et recourent pour cela essentiellement aux technologies Cloud (35,5%) et aux API (19,4%) permettant de :

    –          automatiser la production de rapports réglementaires

    –          soutenir et uniformiser la distribution transfrontalière des fonds d’investissement

    –          faciliter la supervision des sociétés financières par les autorités de régulation avec un portail de soumission de données sur le Web et une validation en temps réel.

    Près de la moitié de ces sociétés de Regtech (46,7%) se sont concentrées sur les clients de gestion d’actifs.

    3 / Une meilleure gestion des risques data

    Les sociétés de Regtech se concentrant sur de nouvelles façons de gérer les risques liés à la data (Risk Data Management, RDM) représentent 13,6% de l’échantillon étudié. Près de la moitié des RDM Regtechs (46,7%) s’appuient sur des solutions Big Data et ciblent principalement les clients Corporate & Investment Banking. La RDM porte aussi bien sur la gouvernance des données que sur leur suivi et leur protection, autant de tâches centralisées par un organe de supervision connecté à de nombreuses fonctions métier.

    4 / Gardez un œil sur vos transactions

    Le suivi des transactions est la quatrième problématique regroupant le plus de sociétés Regtech(11,1%). Pour assurer la surveillance des transactions, elles utilisent notamment les applications de la technologie Blockchain (36,4%) et l’IA/Machine Learning (27,3%). Elles offrent des solutions destinées à assurer le suivi de toutes les données clients en temps réel, l’identification des activités illicites et le contrôle des éléments d’identité physiques et numériques.

    5 / Une gestion de la conformité souple et automatisée

    L’étude Regtech met aussi l’accent sur un cinquième groupe de sociétés, celles spécialisées dans la « compliance management » (gestion de la conformité), à savoir tous les processus par lesquels les institutions financières s’assurent qu’un ensemble de personnes suit un ensemble de règles données. Là encore, l’IA/Machine Learning et les services Cloud (utilisé chacun par 37,5% des entreprises) sont les principales technologies mises à contribution. A noter qu’environ 30% des banques s’attendent à une plus grande implication des solutions Regtech en Compliance Management dans les années à venir.

    Levées de fonds européennes : le Top 10 des sociétés Regtech

    En tête du classement des montants levés en capital-risque, Fenergo (65,4 M€) a bénéficié de sa maturité et de l’étendue de ses solutions (KYC / AML, conformité fiscale, intégration client et gestion du cycle de vie). Suivent Onfido (49 M€), spécialisée dans la vérification d’identité et OpenGamma (32,7 M€), une société d’analyse experte dans la résolution des défis MiFID II (directive sur les marchés d’instruments financiers) sur les marchés dérivés. A noter en 5èmeposition, Behavox (17,4 M€), un outil de surveillance du marché alimenté par l’IA.

    M&A : un secteur déjà actif

    Quelques opérations de fusions & acquisitions de grande envergure ont eu lieu depuis 2015 sur le secteur de la Regtech européenne menées en majorité par de grands groupes américains : Dynatrace a ainsi jeté son dévolu sur le suisse Qumram (communication monitoring), Nasdaq sur le britannique Sybenetix (market surveillance) et Transunion sur l’irlandais Trusdev (transaction monitoring).

    A l’heure où les banques n’ont jamais consacré autant de ressources et de moyens financiers pour assurer la conformité aux risques, à la réglementation, à la connaissance du client et à la lutte contre le blanchiment d’argent, la Regtech peut offrir des solutions efficaces. Sans compter qu’à une époque où l’IA suscite de plus en plus d’inquiétudes et où les grandes entreprises brassent une masse considérable de données, la Regtech contribue à donner une image plus positive de ces nouvelles technologies notamment en termes de protection.

    Trois tendances à retenir

    1 / Les Regtech ont été à 86% créées après 2008, soit au moment de la crise financière et de la nouvelle ère de réglementations financières qui a suivi. Concentrées dans les pays d’Europe de l’Ouest, elles sont 47% à être implantées au Royaume-Uni.

    2 / L’Asset Management est le secteur d’activité bancaire le plus visé par les entreprises Regtech(28%). Suivent les fonctions supports des banques et le secteur du Corporate & Investment Banking.

    3 / Les technologies les plus utilisées par le secteur Regtech sont l’IA / Machine Learning (23% des entreprises de l’échantillon), le Cloud (19%) et le Big Data (19%).

  • Les tendances 2018 de la digitalisation de la Fonction Finance

    ITESOFT dévoile les tendances 2018 de la digitalisation de la Fonction Finance

    •  57% des directions financières ont un projet de dématérialisation du processus P2P

    •  69% des directions financières sont en veille sur l’intelligence artificielle

    •  97% des directions financières font de la productivité leur enjeux n°1

    A l’heure où des technologies innovantes telles que l’Intelligence Artificielle ou la Blockchain commencent à émerger, qu’en est-il aujourd’hui de la digitalisation de la fonction finance ? ITESOFT, leader des solutions de digitalisation des processus et des documents, publie ce jour les principaux résultats du Baromètre Future of Finance, une étude organisée en partenariat avec LOSAM auprès de 107 organisations, représentées à 78% par des entreprises de plus de 1000 salariés. Un éclairage révélateur des nouvelles pratiques et des projets des organisations en matière de transformation digitale de leur fonction finance. Retour sur les principales tendances identifiées.

    L’automatisation du processus P2P : levier privilégié de digitalisation de la fonction finance

    Pour opérer sa transformation digitale, la fonction finance privilégie la « dématérialisation du processus P2P » : 27% des sondés sont déjà équipés (plus fort taux d’équipement de l’étude) et 57% des répondants déclarent un projet en cours ou à moyen terme (plus fort taux de projets d’équipement). Il s’agit donc du principal levier d’optimisation de la fonction finance identifié par les organisations.

    Parmi les outils qu’utilisent les organisations qui ont déjà franchi le pas de la dématérialisation de leur processus P2P, la numérisation des factures arrive en tête des pratiques des directions financières (67%), suivi de près par l’usage d’outils servant au traitement métier de la facture (workflow de validation pour 61% des répondants, automatisation de l’imputation pour 58% et fonction de rapprochement automatique factures-commandes-réceptions pour 53%). Au-delà du traitement de la facture, on retrouve 51% de digitalisation du traitement des demandes d’achats. « Il est intéressant de noter que suite aux évolutions réglementaires et normatives – Piste d’Audit Fiable, copie fiable, Factur-X – l’échange de factures par email est désormais une réalité pour 38% des sondés. Cette tendance confirme notre choix pour la capture omnicanal de factures afin de permettre aux organisations de s’affranchir progressivement du papier », souligne Eric Brétéché, Product Marketing Manager d’ITESOFT.

    Des attentes claires : Productivité, Pilotage et Fiabilité des processus

    Ce dynamisme des projets de dématérialisation du processus P2P semble parfaitement en ligne avec les enjeux de la fonction finance. En effet, confrontés à des enjeux de performances majeurs, les 3 attentes prioritaires de la fonction finance sont aujourd’hui de gagner en productivité (97%), d’améliorer le reporting et l’aide à la décision (94%) et de fiabiliser leur données et leur processus (93%).

    Les enjeux réglementaires ne sont pas à négliger pour autant. Ainsi 70% des sondés souhaitent s’appuyer sur les nouvelles technologies à leur disposition pour maitriser parfaitement leurs délais de paiement et éviter ainsi les sanctions financières ainsi que l’impact négatif sur l’image de leur organisation (« name&shame »).

    IA et la Blockchain : nouveaux sujets de veille de la fonction finance

    En quête permanente de nouveaux leviers d’optimisation, la fonction finance est très attentive aux nouvelles technologies lui permettant de répondre plus efficacement à ses enjeux de productivité, de pilotage et de fiabilisation de ses processus.

    Si l’intelligence artificielle et la blockchain sont encore très peu utilisées (1% de mise en œuvre de l’IA, 5% pour la blockchain), les attentes envers ces technologies sont très élevées. En effet, 69% des directions financières sont en veille sur l’IA et 50% sur les apports que pourrait avoir la blockchain en matière de sécurisation des transactions.

    Pour Eric Brétéché, Product Marketing Manager d’ITESOFT, ces tendances sont révélatrices du rôle précurseur de la fonction finance en matière de transformation digitale : « En tant qu’éditeur, nous accompagnons les directions financières dans leur dématérialisation depuis plus de 30 ans. Souvent à l’initiative des premiers projets de dématérialisation dans l’entreprise, le directeur financier est devenu un exemple à suivre pour les autres directions. Il a pris conscience de son nouveau rôle clé dans la transformation digitale de son organisation. Cette étude en témoigne : l’appétence de la fonction finance pour la digitalisation ne cesse de croître. »

  • La Blockchain la technologie la plus impactante depuis Internet

    La blockchain sera probablement l’innovation technologique la plus importante depuis Internet dans le secteur de la finance

    Plusieurs études pointent la divergence entre les organismes d’ores et déjà préparés à l’avènement de cette technologie probablement révolutionnaire et ceux qui, au contraire, risquent de se retrouver à la traîne.

    Selon une enquête réalisée par Marketforce, près de deux tiers (60%) des multinationales de la finance estiment que la blockchain* s’imposera comme la technologique la plus impactante depuis Internet. Cette étude a été réalisée à la demande de l’éditeur de logiciels d’applications Pegasystems Inc. (NASDAQ: PEGA) et de Cognizant (NASDAQ: CTSH), leader des services de conseil, des technologies de l’information et de l’externalisation des processus métier.

    Dans le cadre de cette étude, plus de 500 responsables des secteurs de l’assurance et de la banque issus de 56 pays ont été interrogés en vue d’analyser les menaces et opportunités face à l’évolution rapide des technologies. Il en ressort notamment qu’une majorité de ceux qui savent en quoi consiste la blockchain y voient une technologie capable d’impacter voir de transformer de manière significative leur marché ; bon nombre des sondés ignorent aujourd’hui encore le fonctionnement de cette technologie, et encore moins son existence. Plus d’un tiers (35%) des personnes interrogées à travers le monde reconnaissent n’avoir jamais entendu parler de la blockchain, et près d’un quart (23%) de ceux qui connaissent les principes ignorent simplement son fonctionnement de cette technologie.

    Ceux qui sont au fait du principe de la blockchain estiment que son impact sur le monde des services financiers se révélera à l’avenir considérable ; de fait,  les acteurs du secteur ont tout intérêt à s’informer davantage sur les retombées potentielles d’une telle technologie. Plus de la moitié (53%) des personnes interrogées jugent cette technologie à même de bouleverser les marchés de compensation et de règlement des titres, tandis que plus d’un tiers (36%) d’entre eux livrent un pronostic similaire concernant le marché des comptes courants. Par ailleurs, près de la moitié (45%) des participants à l’étude estiment que les portefeuilles blockchain, couplés aux prêts entre particuliers, pourraient même « sonner le glas du système bancaire tel que nous le connaissons ».

    « Nombreux sont ceux qui se demandent encore si la blockchain constituera ou non une avancée positive. Ce que l’on sait, en revanche, c’est qu’on ne peut plus se permettre d’ignorer ce facteur possible de bouleversement. Un jour viendra peut-être où banques et assurances auront à gérer les données de clients stockées via la blockchain, qu’il s’agisse d’informations personnelles, du détail de leur portefeuille d’actifs ou même de données en temps réel liées à des liquidités virtuelles. Elles doivent d’ores et déjà s’y préparer », prévient Graham Lloyd, directeur et responsable du secteur des services financiers chez Pegasystems.

    « Il faudra pour cela prendre le temps de bien appréhender la blockchain et en quoi cette technologie émergente est susceptible d’impacter leur activité future. Plus tôt cette technologie sera comprise au niveau stratégique de l’entreprise, plus vite seront élaborées des stratégies destinées à réduire le risque tout en tirant le meilleur parti de cette transformation digitale. Les acteurs qui tireront leur épingle du jeu sont ceux qui ont d’ores et déjà commencé à mobiliser des équipes en vue de maîtriser cette nouvelle technologie. »

     

  • ETUDE IDC – La Transformation Numérique du secteur Banque-Assurance-Finance

     Plus de 75 % des entreprises du secteur financier ont déjà avancé sur le sujet de la transformation numérique

    Le numérique n’est pas un sujet nouveau pour le secteur financier qui est l’un des plus actifs en matière d’investissements informatiques. La filière Banque – Finance – Assurance représente aujourd’hui 19 % de la dépense informatique en France, et fait partie des secteurs les plus dynamiques (+3,3 % de croissance en 2016, contre +2,8 % pour la croissance totale logiciels et services en France). Dans ce contexte, Syntec Numérique, en partenariat avec IDC, a interrogé les entreprises du secteur1, aujourd’hui bien conscientes que la transformation numérique est l’une des meilleures façons de répondre à l’évolution rapide des comportements des clients et aux changements perpétuels des conditions de marché.

    Pour une entreprise sur trois, la stratégie numérique nécessite un responsable et un budget dédié

    La maturité numérique du secteur varie par les initiatives, l’organisation, et les budgets qui y sont associés (cf. Figure 1).

    Les résultats de l’enquête montrent que les initiatives numériques sont d’abord portées par le groupe, dans 64 % des cas. Mais cette stratégie n’est pas nécessairement accompagnée par la nomination d’une personne chargée de la transformation numérique ou de l’innovation. Par ailleurs, lorsqu’un responsable est en place, il n’a pas nécessairement un budget dédié à la conduite de cette stratégie.

    En définitive, la situation est assez partagée puisque seules 33 % des entreprises ont mis en place une stratégie numérique groupe bien structurée portée par un responsable de l’innovation / de la transformation disposant d’un budget dédié.

    Pour 18 % des entreprises interrogées, les responsables innovation n’ont pas de budgets : ils ont pour principal rôle de porter, fédérer, conseiller, et centraliser les initiatives numériques tandis que les budgets restent au sein de la Direction informatique ou des Directions métiers.

    IDC

    Connaissance client et performance de l’entreprise au cœur des motivations

    Les entreprises du secteur Banque – Finance – Assurance ont une vision très positive de la transformation numérique et de sa contribution en matière d’innovation et d’amélioration des processus. On observe trois familles de déclencheurs :

    – les sujets autour de l’expérience clients, de la connaissance clients, l’analyse des données et le parcours client, l’évolution des habitudes de consommation, et les besoins de fidélisation / rétention clients ;

    – l’amélioration des indicateurs clés de performance de l’entreprise comme le produit net bancaire, la marge et la rentabilité. Pour les banques, le numérique peut être aussi un levier permettant de réduire des coûts de structure importants ;

    – la pression concurrentielle ressentie par les entreprises du secteur, qui vient à la fois des concurrents traditionnels, c’est-à-dire les autres banques et assurances, mais aussi des nouveaux entrants sur le marché comme les grands acteurs du web, les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et les Fintechs qui proposent des services innovants (prêts pour les particuliers, collecte d’argent, gestion de l’épargne…).

    Les grands projets de transformation numérique

    Pour répondre à ces objectifs, l’enquête a évalué les initiatives mises en place par les entreprises en matière de transformation numérique (cf. Figure 2 sur les projets déjà lancés et les nouveaux projets dans lesquels elles accélèrent leurs investissements).

    La mise en place de services en ligne, de nouveaux services de paiement et de solutions pour assurer une coordination parfaite entre les canaux sont déjà des projets matures, mais les entreprises du secteur continuent à investir fortement dans ces domaines.

    En revanche, d’autres sujets ne sont pas encore matures mais se développent de façon importante, telles que les solutions Analytiques et Big Data, avec de nombreux projets qui se mettent en place, à la fois pour une meilleure connaissance clients et pour une meilleure maîtrise et analyse des risques. Le domaine des services de paiement est aussi un sujet extrêmement important pour les organisations bancaires : 74 % des entreprises interrogées travaillent sur leur développement.

    IDC2

    Les enjeux de la transformation numérique pour le secteur financier

     Les enjeux sont nombreux quand on aborde le sujet de la transformation numérique dans le secteur financier. L’étude menée par IDC en collaboration avec Syntec Numérique en compte trois principaux :

    • Répondre à la menace concurrentielle : les entreprises de ce secteur doivent faire face à la menace des nouveaux acteurs qui profitent des opportunités de conquête de marché induites par l’évolution des comportements clients. Près de la moitié des entreprises se sentent menacées par les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). A l’inverse les Fintechs ne sont pas considérées par les banques comme des acteurs menaçants, elles les considèrent plutôt comme des acteurs innovants qu’elles peuvent impliquer ou avec lesquels elles peuvent monter des partenariats.
    • Assurer la conduite du changement et mettre en place la formation pour accompagner la transformation numérique en interne : plus de 7 entreprises sur 10 considèrent que les solutions numériques ont changé la manière d’exercer leur métier.
    • Renforcer l’agilité du Système d’Information pour supporter l’innovation numérique : plus de la moitié des entreprises considèrent que leur environnement informatique n’est  que partiellement adapté, voire pas du tout.

    En définitive, face à ces enjeux de taille, les entreprises du secteur financier ressentent le besoin, pour plus de la moitié d’entre elles, de se tourner vers les entreprises du secteur informatique et numérique(ESN, éditeurs de logiciels, agences digitales) pour les accompagner dans leur transformation.

    Méthodologie

    En parallèle du Baromètre de conjoncture Syntec Numérique, IDC réalise chaque semestre pour le compte de SyntecNumérique une étude sectorielle dont l’objectif est d’identifier les enjeux numériques auxquels les entreprises d’un même secteur sont confrontées. 

     Cette édition de l’étude sectorielle a été réalisée en février et mars 2016 auprès de 102 entreprises du secteur Banque-Finance-Assurance. Les entretiens ont été réalisés par les téléenquêteurs du département Télémarketing d’IDC basé à Paris. Cette enquête a été conduite auprès des cibles suivantes : 

    • Un panel de différents acteurs du secteur : banques commerciales, assurances, services auxiliaires financiers et d’assurance, institutions financières spécialisées, banques mutualistes ou coopératives, sociétés financières et Caisses d’épargnes. Les assurances ont représenté 37% des entretiens réalisés tandis que les banques et autres institutions financières 63% ; 
    • 33% des structures interrogées emploient plus de 2 000 personnes sur la France, 29% regroupent 500 à 2000 collaborateurs et 38% disposent de moins de 500 salariés ; 
    • Un panel de différents métiers au sein de ces structures : Directions informatiques (38 %), directions horizontales et directions métiers (53 %), Directions innovation/transformation numérique (7 %) et Direction générale (2 %) 

     

     

     

     

     

  • Banques : ce qu’attendent les clients …

    Etude Sopra Banking Software : « Reconquérir le client » 

    Sopra Banking Software a réalisé une étude sur les comportements et attentes de 5 000 clients de banques de 6 pays de l’Union Européenne, en collaboration avec TNS Sofres.

    On y apprend notamment que :

    • 81% des personnes interrogées sont prêtes à partager leurs données à caractère personnel en échange de services supplémentaires ;
    • 82% des clients interrogés ont confiance en leur banque ;
    • 85% des clients actuels sont insatisfaits des services bancaires ;
    • 57% des personnes interrogées seraient prêtes à souscrire à des services financiers auprès d’un acteur non-bancaire ou d’une banque non-traditionnelle.Il est temps pour les banques de sortir de leur zone de confort et d’engager les initiatives qui façonneront l’avenir de l’industrie – et de saisir l’opportunité d’être à l’avant-garde de ces changements.

    À partir des résultats de cette étude, Sopra Banking Software a rédigé un Livre Blanc intitulé « Reconquérir le client ». Il y présente ces données auxquelles il intègre ses propres éclairages stratégiques. Sopra Banking Software explique comment une banque en devenir « digital » doit se positionner pour répondre au mieux aux inquiétudes et attentes de ses clients finaux.

    Pour télécharger le livre blanc
    http://www.soprabanking.com/fr/reconquerir-le-client/reconquerir-le-client—téléchargement

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  • L’Uberisation, une chance pour la Banque

    Dans un paysage bancaire déjà en voie d’Uberisation , la Banque a-t-elle les moyens de se réinventer pour faire face aux GAFA et aux Fintechs qui menacent son modèle ?

    Par Eric Lévy-Bencheton – Strategic Sales Executive, Keyrus

    La confiance des clients est potentiellement la seule véritable barrière, à la condition que les banques génèrent du progrès par la création de nouveaux produits et services, par l’apport de simplification client, par une position d’agrégateur de services autour de moments de vie. La Banque Numérique est aujourd’hui devenue une réalité, mais nécessite néanmoins d’aller plus loin dans l’évolution des modèles internes, de s’uberiser de l’intérieur mais aussi d’accepter d’uberiser son propre écosystème.

    Il aura suffi d’une interview de Maurice Lévy le 14 décembre 2014[1], qui a prophétisé « Everyone is starting to worry about being Ubered » pour que le néologisme « Uberisation » s’impose, avec une connotation nettement menaçante et des accents de fatalité.

    Comme l’indique Bruno Teboul[2], « Cette réalité inquiétante serait présentée comme un phénomène majeur lié aux conséquences du « digital darwinism » auxquelles doivent désormais se préparer toutes les entreprises … ». 

    Ce qui inquiète les entreprises et leurs conseils, c’est la capacité de ces nouvelles sociétés (la plupart du temps des start-ups) à devenir en quelques mois ou en quelques années à peine, des concurrents capables de boule­verser, de retourner totalement un marché, quel que ce soit le secteur. Désormais, aucune citadelle n’est inatteignable ou imprenable, sous les coups de semonce de ces acteurs disruptifs du monde numérique ».

    Voir des pans entiers de l’économie basculer brusquement aux mains de nouveaux entrants, inquiète à juste titre les acteurs économiques qui se croyaient protégés par un statut leur assurant peu ou prou une situation de monopole. La Banque de détail, aussi ancrée soit-elle dans les habitudes et le paysage des pays développés, notamment en France, n’échappe pas à cette menace. Par analogie avec les plate-formes Uber et Airbnb, on pense immédiatement à l’émergence de plate-formes de prêts entre particuliers, par exemple « Lending Club ». Ce n’est pourtant pas dans le champ du crédit mais dans celui du paiement que le rôle central de la Banque de détail risque d’être uberisé à court terme.

     

    L’OFFENSIVE DES FINTECHS SUR LES PAIEMENTS

    Le monopole des banques de détail sur les paiements est d’ores et déjà écorné par les propositions d’acteurs non bancaires toujours plus nombreuses. Chaque semaine apparaissent des start-ups dites « Fintechs », pour Financial Technologies. Elles proposent de nouveaux moyens de paiement aux commerçants et particuliers, ce qui est une perte importante pour les banques (les paiements, toutes filières confondues, peuvent représenter entre 10 et 15% des résultats d’une banque de détail). Accompagnant la croissance du commerce digital et l’explosion de l’usage du mobile, on voit aussi se multiplier les offres de portefeuille numérique – ou e-Wallet – proposées par de petits acteurs, mais aussi et surtout par les GAFA qui entendent bien capitaliser sur la confiance des consommateurs que leur vaut leur notoriété. S’y ajoutent, dans une moindre mesure en raison de leur opacité pour le commun des mortels, les crypto monnaies[3], qui, loin de se limiter à la plus connue d’entre-elles, le bitcoin[4], sont légion…

    Le paysage du paiement devient foisonnant et numérique. Et si comme nous l’indique Didier Moaté, Directeur de la Banque de Détail à La Banque Postale, « le progrès c’est faciliter l’usage de la Banque » [5], la tendance pourrait être une réponse de type « One Stop Wallet », un portefeuille électronique multiproduit, centralisant – et du même coup simplifiant pour l’utilisateur – le choix, l’usage et la gestion des moyens de paiement. On peut voir par exemple dans l’offre « Mes Paiements » de La Banque Postale une réponse de ce type. Toutefois, une banque ira-t-elle jusqu’à proposer un Wallet de Wallet ouvert à des services tiers d’acteurs non bancaires et de concurrents ? Pour le moment, le champ est libre pour des acteurs non bancaires qui, profitant d’une législation favorable[6], ne manqueront pas de saisir l’opportunité d’apporter de nouveaux services aux particuliers en quête de simplification.

     

    LA BATAILLE POUR L’ACCÈS DIRECT AU CLIENT

    Ce qui est en train de se produire dans le domaine des paiements va gagner d’autres univers de la Banque de détail et mettre à mal un pilier majeur de son modèle actuel : l’accès direct au client.

    « Avant, le client venait en agence, on l’avait sous les yeux », se souvient Philippe Poirot, Directeur du développement digital, transformation et qualité du groupe BPCE (Banque Populaire Caisse d’Epargne).

    Le conseiller avait la faculté de lui proposer de manière opportune des solutions de paiement, d’épargne, de crédit, d’assurance, ou encore des produits non bancaires, de manière à l’accompagner à toutes les étapes de sa vie. Si la plupart des particuliers sont fidèles dans la durée à la banque où ils ont ouvert leur premier compte, la multibancarisation a beaucoup progressé [7] et a définitivement rompu cet accès exclusif au consommateur.

    L’ÉMERGENCE D’UNE BANQUE SANS CAPITAL ?

    Le régulateur impose des exigences en capital et garanties qui limitent l’entrée et le champ d’action d’acteurs tiers, notamment sur le Core Business (Epargne, Crédit, Tenue de compte). On a cependant vu apparaître, sinon encore s’imposer, des sociétés tierces centrant leur proposition de valeur sur les services de Personal Finance Management (PFM). Fédérant les avoirs du client dans différentes banques, elles lui fournissent une vue unique et consolidée de ses comptes et de ses transactions, ainsi que des outils d’aide à la gestion de ses finances et de son budget. Or la réglementation européenne est en train d’évoluer et devrait permettre aux PFM de réaliser un certain nombre de transactions sur les comptes de leurs clients, directement et à distance. Cela accélère dangereusement l’intermédiation dans la relation entre le client et ses banques. Cela fait-il des PFM des banques sans capital ? Peut-être pas, mais cette évolution pourrait remettre sérieusement en question la distribution bancaire et affecter à terme les marges et la profitabilité des banques traditionnelles.

    Le client est-il prêt pour autant, s’agissant de son épargne ou de décisions financières engageantes, à se tourner vers un acteur non bancaire ou une start-up ? Les études auprès des consommateurs indiquent que non, le principal frein évoqué étant le manque de confiance dans ces structures moins encadrées et offrant moins de garanties que les banques traditionnelles[8].

    Les banques de détail disposent d’un atout de poids : la confiance que placent les particuliers en elles. Elles sont, par conséquent, potentiellement en position de force pour fédérer les offres de produits sur des places de marché non exclusives – à l’instar de celles qu’ont su développer Amazon ou Fnac.com, qui réalisent une part croissante de leur chiffre d’affaires sur ces plate-formes ouvertes à leurs concurrents directs – ou Market Place. En contrepartie de l’accès à leur puissance logistique et de la caution de leur marque, ces acteurs du commerce digital gardent la main sur la relation client directe : la connaissance client, fine et augmentée, au-delà du champ couvert par leurs seuls produits. L’accès au client a toujours été un enjeu stratégique pour les banques de détail. Celles qui s’en sortiront le mieux seront celles qui pourront conserver et étendre cet accès au client, mais aussi capter et exploiter finement la connaissance client, notamment à des fins de recommandation.

    On peut légitimement penser que la Banque, protégée par son capital financier et son capital confiance, verra perdurer sa qualité d’usine à crédit, à produits d’épargne et de paiement. L’hypothèse d’une banque sans capital a donc a priori peu de chance de voir le jour à court terme. En revanche, dans un univers qui serait fortement désintermédié, les banques traditionnelles pourraient garder leur place en cessant de limiter leurs offres de service au seul périmètre de leur groupe. Elles doivent cesser de voir « toutes ces innovations comme des risques et non comme des opportunités, les acteurs historiques de ce marché sont assis sur une poule aux œufs d’or mais ils perdent de plus en plus de clients ou des transactions financières et donc les revenus liés à ces produits » comme nous l’indique Benoit Legrand, Président d’ING en France et Head of FinTech ING Group[9].

    LUTTER AVEC LES MÊMES ARMES QUE L’ENNEMI

    Le propre des secteurs d’ores et déjà uberisés est précisément de ne pas avoir vu venir les nouveaux envahisseurs (pure players disruptifs, start-ups …) en passe de disloquer leur empire. Les banques ne restent pas inactives et comme nous l’indique Françoise Mercadal-Delasalles, Directrice des Ressources et de l’Innovation, Société générale, « Ce qui fait notre force, c’est notre hypervigilance. Il faut apprendre des GAFA et des Start-ups ».[10]

    Essayer de maîtriser la profusion d’offres ou de freiner la créativité des Fintechs est voué à l’échec. En revanche, rien n’empêche fondamentalement les banques de se battre avec les armes et les techniques des Fintechs : focus client, applications mobiles facilitant l’accès au service et les transactions, rôle de tiers de confiance, recommandations personnalisées temps réel …

    Dans ce cas, pourquoi les banques ne seraient-elles pas capables de proposer à leurs clients un One-Stop-Shop ? Cela leur permettrait de présenter et d’assembler différents produits commercialisés par d’autres banques et certaines Fintechs. Cela pourrait paraître iconoclaste dans le monde policé et confraternel de la Banque de détail… Mais, outre le fait que les envahisseurs n’ont que faire des lois et des digues réglementaires qu’ils attaquent, ne peut-on prendre exemple sur la Banque patrimoniale qui s’est faite uberisée par les gestionnaires de patrimoine indépendants ? Complètement externes aux banques et organismes financiers, ils réalisent des assemblages de produits contre rémunération de distribution. Transposer ce modèle dans l’univers du retail banking serait envisageable. Encore une fois, si la Banque de détail ne le fait pas, d’autres le feront.

    Une telle réorientation n’est pas sans implications concrètes pour les banques qui souhaitent rester en lice face à des « disrupteurs » bien plus agiles qu’elles et pouvant  surgir à tout moment.

    Ces implications ont trait à trois domaines différents :

    1/ La connaissance client. Dès lors que l’on parle de One-Stop-Shop, on est en interface avec un univers beaucoup plus ouvert. « Les Banques traitent aujourd’hui plus de kilos octets que de kilos euros », nous indique Jean-Paul Mazoyer, le directeur Informatique et Industrie groupe de Crédit Agricole SA[11]. Et si l’on part du principe que la valeur d’une banque réside dans sa connaissance client, c’est la définition même de la connaissance client qui doit alors évoluer. Jusqu’ici elle était centrée autour de la collecte, du traitement et de l’analyse de la donnée interne (les transactions bancaires et les données de contrat). Désormais, avec l’explosion du Web et des réseaux sociaux, une logique de captation et d’analyse de la donnée externe est rendue possible. Dans une logique de place de marché, les banques devront capter toutes les données numériques, les modéliser afin d’utiliser au mieux les dernières techniques d’analyse prédictive et prescriptive.

    2/ L’agilité pour modéliser de nouvelles offres. La capacité à faire évoluer très rapidement son offre en fonction de la demande et du contexte est un des facteurs clés de succès des sociétés comme Uber. Dans une logique de place de marché, le défi pour la Banque sera d’identifier en permanence les offres d’acteurs traditionnels et/ou d’opérateurs tiers qu’elle peut proposer aux clients, en les certifiant telles quelles ou sous forme de produits packagés. Cela signifie qu’elle devra revisiter en continu ce qu’elle vend, comment elle le vend et quels partenariats elle noue. L’acquisition de cette agilité recouvre des enjeux transformationnels considérables tant au niveau du système d’information que pour le marketing.

    3/La mise en place d’une architecture de transaction en mode service. Les acteurs bancaires sont déjà en train de réfléchir à des transactions proposées en mode service via des applications : simulation ou achat d’un crédit depuis un mobile, une tablette en agence, etc. Dans la perspective d’un One-Stop-Shop, elles doivent pousser cette logique plus loin pour permettre non seulement aux particuliers mais aussi à des acteurs tiers d’effectuer des simulations. C’est en tout cas le sens des directives actuelles[12], ce qui a des implications très significatives en termes de sécurité.

    UN PAS PLUS LOIN DANS LA TRANSFORMATION NUMÉRIQUE

    En engageant leur transformation numérique, les banques ont peut-être sous-estimé l’ampleur de la tâche et les freins qu’elles allaient rencontrer. Elles ont surtout, comme tous les secteurs d’activité, ignoré la profondeur et les ramifications de la mutation en cours. Il devient clair aujourd’hui pour tous les acteurs bancaires que l’enjeu de la digitalisation n’est plus de transposer en ligne le modèle traditionnel. Il s’agit pour les banques de détail de changer de modèles économique et organisationnel.

    Uber a fait bien plus qu’ébranler le secteur du transport de personnes. Il a révélé aux acteurs de tous les secteurs une des nouvelles règles du jeu : les gagnants ne sont plus ceux qui font, ni ceux qui ont ; ce sont ceux qui, organisant la relation entre ceux qui ont un besoin et ceux qui peuvent y répondre, sont en position de capter la valeur et la connaissance client, afin de l’utiliser pour construire la confiance et devenir incontournables. C’est vers ce modèle que doit tendre la Banque de détail. Si elle est alourdie par son histoire, freinée par le poids de ses actifs matériels, immatériels et humains, elle a aussi, de par la confiance dont elle bénéficie, la possibilité et la capacité de contrer la menace d’Uberisation par des outsiders non bancaires, en s’uberisant de l’intérieur. La Banque accélère d’ailleurs de plus en plus ce mouvement par l’incubation de Fintechs ou le lancement de hackathon comme récemment celui de BNP PARIBAS pour « faire éclore plus rapidement les innovations qui nous permettront d’inventer la Banque de demain pour mieux nous adapter au monde qui change » – Ariel Steinmann, Directrice Marketing de Hello Bank ! et de la banque en ligne du groupe BNPP [13].

    Cette transformation permettra aux banques d’être prêtes pour la prochaine révolution, prophétisée par Bruno Teboul[14], quand « les monnaies fiduciaire et métallique auront totalement disparues et seule la crypto-monnaie numérique et les transactions sécurisées par des technologies quantiques dont les lois de la physique nous garantissent l’intégrité seront de rigueur » et lorsque « la seule propriété inaliénable d’un individu résidera dans son capital informationnel (biologique, comportemental, projections algorithmiques…). »