Étiquette : fake news

  • Quand bien s’informer devient aussi vital que bien manger

    Contribuons aux #NewsForGood !

    Par Mickaël Réault, dirigeant-fondateur de Sindup

    Indispensable au bon fonctionnement de nos sociétés et à leur compréhension, l’information est également un produit de consommation. Inscrite dans un marché de l’offre et de la demande, elle s’éloigne parfois de son but premier pour détourner l’attention de consommateurs de plus en plus demandeurs de contenus sensationnels. Réussir à bien s’informer est devenu aussi compliqué que bien manger. Pour parvenir à maitriser la complexité du monde dans lequel on vit, les sciences de l’information vont devoir être vulgarisées et généralisées pour faire converger consommateur et producteurs vers une information plus saine.

    « Pour votre santé mentale, prenez du recul : informez-vous avec modération. » Verra-t-on un jour ce type de mention légale figurer sur nos différents canaux ?

    Chaines d’informations en continue, blogs, emails, réseaux sociaux et messageries (Twitter, Linkedin, Facebook, Twitch, Snapchat, WhatsApp, etc.) auront-ils ainsi le devoir de sensibiliser leur public du danger potentiel qu’ils peuvent représenter ? Il est en effet aujourd’hui indiscutable que, propulsée à haute dose, multiforme et associée à toute une série d’alertes et autres notifications, l’information joue avec notre cerveau et pas toujours de la meilleure des façons. Junk information, déferlante, etc. la question du volume est moins nouvelle que celle de son impact amplifié depuis l’arrivée des smartphones. Selon le Docteur Kardaras, expert américain en addictologie, avec leurs applications à base d’alertes et de récompenses aléatoires les smartphones sont devenus une véritable pompe à dopamine. Ce neuromédiateur du plaisir procure, lorsqu’il est libéré par nos neurones, une sensation de bien-être et d’accoutumance à l’image du sucre consommé, pour le plaisir, en grande quantité dans notre alimentation malgré ses effets catastrophiques sur la santé. La conséquence biologique directe est la mise en sommeil du cortex préfrontal réfléchi et raisonné pour stimuler, là encore, la dopamine. Si on ajoute à cela le manque de temps, on se retrouve avec une grande partie du volume d’informations immédiates consommées comme dans un fast-food. Derrière c’est la création d’une véritable dépendance. On parle désormais de « News Addict ».

    Résister au tsunami informationnelPourtant, face aux transformations, nombreuses et majeures qui opèrent et vont s’amplifier ces prochaines années, l’information joue plus que jamais un rôle prédominant. Dans un contexte où chaque individu subit une sorte d’écartèlement informationnel horizontal par le nombre de sujets à suivre et vertical, par le volume, chacun doit pourtant parvenir à assimiler les changements d’un monde complexe pour se projeter :

    Quelle sera ma place dans la société de demain ?
    Quelles sont les compétences à acquérir ?
    Comment repenser mon business model ?

    Désorientés, déstabilisés par le fait que tout soit remis en cause (définition et sens du travail, de la famille, des croyances, impacts technologiques et climatiques) beaucoup se sentent emportés par un tsunami qui requerrait un temps considérable pour tout lire et tout assimiler. En 2011, dans son ouvrage intitulé « A-t-on encore besoin des journalistes ? Manifeste pour un « journalisme augmenté », Eric Scherer, Directeur de la Prospective France Télévision écrivait déjà que « Le pouvoir des journalistes sera moins dans la production d’information que dans une mission indispensable de filtre du tsunami informationnel mondial ». Quand on sait que l’humanité produit aujourd’hui autant d’information en deux jours qu’elle ne l’a fait en deux millions d’années, les risques de manipulation et, in fine, de mise en danger de nos démocraties sont démultipliés. Il apparait urgent de se mettre en ordre de marche pour parvenir à naviguer dans les eaux complexes de la décennie à venir. Pour autant nous disposons de moins en moins de temps pour nous informer et ce temps disponible est trop souvent inondé par des informations à faible valeur ajoutée.

    Solliciter l’IA comme Auxiliaire d’Information ?

    Pour l’humain, de façon générale, vient s’ajouter une forme de compétition avec l’intelligence artificielle et cette crainte d’être dépassé. Paradoxalement, pour être en mesure de maitriser la complexité du monde dans lequel on vit et la difficulté d’être bien informé, l’IA peut devenir un véritable allié. Conscients du risque de laisser progressivement une machine penser à notre place, certains, comme Joël de Rosnay, auteur de « La symphonie du vivant », préfèrent parler d’IA en termes d’Intelligence Auxiliaire.
    Citigroup, par exemple, explore actuellement l’utilisation de Watson d’IBM pour gérer la masse de publications financières, comme les 9 000 pages de données produites quotidiennement par l’agence Reuters. Dans cet esprit, l’IA pourrait même être envisagée pour dépister les Fake News. Il faudra malgré tout apprendre à déjouer nos propres biais cognitifs en connaissant leurs mécaniques mentales pour sortir de nos bulles de valeurs et de croyances. Il s’agit là d’une première étape pour contrecarrer les techniques d’influence et de manipulation qui cherchent à tromper notre cerveau. Pour Etienne Klein, physicien et philosophe des sciences, « nous préférons le bien-être à la vérité : plutôt que d’aimer la vérité parce qu’elle est la vérité, nous déclarons vraies les idées que nous aimons. Qu’elles soient vraies ou fausses, peu nous importe : nous voulons simplement qu’elles nous fassent du bien à l’âme. »

    Adopter une hygiène mentale face à l’information

    Il est urgent de nous interroger sur le temps dont nous disposons pour nous informer et ce que nous en faisons. Se laisse-t-on porter par ce flot de communication subit ou savons-nous en tirer parti ? Etienne Klein compare cette déferlante, lorsqu’elle est subie, à une crise épileptique durant laquelle chaque neurone échange avec tous les autres des informations à faible valeur ajoutée, alors qu’en temps normal, un neurone ne communique de l’information pertinente qu’à 10 000 autres neurones maximum. Il faut s’inviter collectivement et individuellement à poser des bases solides pour maitriser la manière dont nous souhaitons nous informer. Avec quoi nous voulons nourrir notre cerveau et quelles démarches mettre en place pour atteindre nos différents objectifs : évolution ou réorientation professionnelle, définition de la stratégie d’une entreprise, choix politiques, appropriation des nouvelles technologies, anticipation des transformations générant risques et opportunités, etc. Pour cela, il existe des techniques issues des sciences de l’information et des outils pour se mettre en ordre de marche. Mais la prise de conscience et la volonté restent les clés principales. Pour bien utiliser les outils, il faut d’abord s’intéresser aux fondamentaux, développer les bons réflexes, définir ses objectifs et démocratiser les sciences de l’information pour rendre l’humain plus résiliant. Il est urgent de former et d’enseigner les bons réflexes dans les écoles, lycées, entreprises, etc. Comment devenir citoyen d’une société qu’on ne comprendrait pas ? En ce sens, au niveau de l’éducation, les sciences de l’information doivent s’inviter dans les écoles dès le plus jeune âge. A ce titre l’association d’origine québécquoise, « Les petits débrouillards » est un bon exemple du genre. Egalement implantée et très active en France, cette association sensibilise aux sciences dans les établissements sur les temps extra scolaires grâce à un réseau de 2 000 bénévoles, 700 000 enfants et jeunes bénéficient chaque année de ces activités. Les sciences de l’information y sont notamment abordées de manière ludique pour apprendre à déjouer les biais cognitifs, les fake news et autres techniques de manipulation.

    Contribuons aux #NewsForGood !

    Alors, dans un contexte où la tendance est au bien manger et à la valorisation d’une hygiène de vie plus saine, nous pourrions tout naturellement imaginer que le renforcement et l’entretien de notre esprit critique et prospectif aille également de soi. Tout comme les nouvelles technologies ont récemment eu leur sommet « Tech For Good » pour miser sur leurs bienfaits, initions une démarche « News For Good » pour encourager l’information positive à valeur ajoutée et qualifiée. Comme nous l’avons constaté avec l’hygiène alimentaire, quand les consommateurs prennent conscience et modifient leurs comportements, alors les industriels s’adaptent pour répondre à la demande. Il en va de même pour les médias, apprenons d’abord à aimer bien s’informer et la qualité des informations produites n’en sera que meilleure. En favorisant, par exemple, la prise de recul et les bonnes nouvelles, nous pourrions enfin sortir de la boucle infernale des informations négatives à faible valeur ajoutée pour retrouver l’optimisme, stimuler l’envie d’agir et saisir les nombreuses opportunités qui s’offrent à chacun d’entre nous ! Trois ans après le succès de son documentaire « Demain », Cyril Dion vient d’ailleurs de diffuser la suite « Après demain » montrant l’impact significatif que peuvent avoir les News For Good. Individuellement et collectivement, remettons en question notre façon de s’informer et soyons exigeants ! Comme le disait sagement Gandhi : « Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde. »

  • Décoder l’info, comment décrypter les fake news ?

    « Le digital : une arme d’autant plus redoutable qu’elle est accessible à tous » – Caroline Faillet

    Digitale entrepreneuse, netnologue, formatrice aux techniques d’influence digitale, Caroline Faillet est une véritable experte du digital. En 2004, elle cofonde le cabinet de conseil Bolero où elle accompagne les grandes entreprises (SNCF, Saint-Gobain, Essilor…) dans leur stratégie depuis le décryptage de l’influence du numérique sur leur marché jusqu’à la mise en œuvre de leur plan de transformation. Cette année, elle décide de s’attaquer aux fake news dans son ouvrage Décoder l’info, comment décrypter les fake news ? en collaboration avec Marc O. Ezrati. Sortie : le 16 octobre 2018.

    5 questions à Caroline Faillet : décrypter les fake news

    Le terme «fake news» a été désigné le mot de l’année 2017 selon le dictionnaire Collins. C’est devenu un concept très populaire et en même temps très flou. Que recouvre finalement cette expression ?

    Caroline Faillet : A l’origine, le mot désigne les fausses informations (dans le sens de fake, truqué) qui circulent sur la toile, mais le terme s’est rapidement élargi au sens d’information fausse (au sens de false, mensonger) pour englober toutes les formes de désinformation qui contaminent le web. Quand Donald Trump s’est mis à accuser les médias traditionnels de fake news, il a contribué à brouiller totalement les frontières entre le vrai et le faux, les sources dignes de confiance et celles qui ne le sont pas ou plus. En conséquence, le terme recouvre aussi bien les sources (site parodique, faux profil, éditeur de revues scientifiques), que les techniques (astroturfing, clickbait, leaks, guerre d’édition sur Wikipédia) et les contenus (rumeur, hoax, fausse étude…). Il symbolise la maladie d’une société qui a basculé dans la post-vérité.

    Le volet politique des fake news, avec les tentatives d’influence des élections via les grandes plateformes, a fait couler beaucoup d’encre. Mais on parle peu des émetteurs de fake news. Qui sont ces nouveaux faussaires du numériques ?

    Caroline Faillet : J’inventorie quatre catégories de faussaires dont les motivations sont très différentes. Le premier est le troll ou le hater, pour qui la fake news est un moyen d’attiser les polémiques sur les réseaux, par simple jeu et pratique de son humour sadique. Le second est le pro de l’intox, qui arrondit ses fins de mois en écrivant des fausses nouvelles ou en les partageant. Ceux qu’Antonio Casilli nomme les tâcherons du clic sont rémunérés pour tenir de faux profils sur les réseaux afin d’alimenter le buzz sur commande. Le troisième faussaire est le «croyant» dont la variante la plus extrême est le complotiste. Il fabrique ou propage l’information qui flatte son idéologie et grossit les rangs de ses adeptes. Enfin le dernier est le faussaire ordinaire, à savoir vous et moi , pour qui la fake news procure un bénéfice psychologique. Celui-là agit par vanité, car il améliore son statut sur les réseaux sociaux par l’émotion qu’il procure à son audience.

    Les fake news sont-elles un phénomène nouveau ?

    Caroline Faillet : La rumeur est le plus vieux média du monde, dit-non. Les fake news n’ont donc rien de nouveau, mais les technologies démultiplient leur puissance et leur impact. Tout d’abord le web a considérablement accru le volume et la visibilité du faux, ensuite le modèle économique des plateformes sociales qui repose sur l’attention a favorisé leur propagation. Les dernières techniques en informatique visuelle, en langage naturel, en intelligence artificielle vont conduire à une industrialisation d’une désinformation devenue quasiment indétectable. Par exemple, l’automatisation de messages pourrait simuler des vagues de paniques sur les réseaux ou des fausses prises de parole de dirigeants en vidéos pourraient provoquer des scandales dans l’opinion. Certains redoutent une «infocalypse» c’est-à-dire un monde de mensonge qui nous ferait perdre contact avec le réel.

    Mais un retour dans le passé doit amener à prendre un peu de recul, car les Anciens redoutaient déjà «La Renommée» (la rumeur) comme la peste. Dans cette période antique où l’oralité dominait, le détournement de l’art de convaincre cher aux Sophistes était déjà dénoncé et combattu par Socrate. Autres temps, autres mœurs : à la dialectique et ses risques de manipulation ont été substituées la maîtrise des réseaux et ses risques de détournement…

    Faut-il en avoir peur pour nos sociétés ?

    Caroline Faillet : Ma conviction est que nous sommes dans une phase de transition : le marché de l’information n’a pas encore retrouvé de mécanisme de régulation qui intègre cette nouvelle fragmentation des producteurs de contenus et des diffuseurs. Les plus malins en ont tiré une forme de pouvoir et, comme toute forme de pouvoir, son danger réside dans le fait d’être concentré dans les mains de quelques-uns. Dans les pays où les plateformes sont soumises à censure, ou sur certains sujets où les croyants (militants politiques, militants anti- vaccins…) ont envahi le web de leurs mythes, il y a un vrai risque de basculer dans le populisme en politique ou l’obscurantisme en science. Comme pour un poison, tout est question de dose. C’est pourquoi les entreprises et les politiques doivent surveiller la part de fake news auxquels sont exposés leurs publics : au-delà d’un certain seuil, il est urgent d’agir.

    Que pensez-vous des initiatives des institutions, des médias et des plateformes ? Et que proposez- vous vous-même pour lutter contre ce risque ?

    Caroline Faillet : Ce qui est sûr, c’est que la lutte contre les fake news ne doit pas se faire au nom d’une défense de l’Ancien Monde, mais bien au nom d’un meilleur fonctionnement de cette démocratie d’opinion. Quand le politique veut légiférer pour interdire certains contenus, quand les médias veulent épingler les bonnes et les mauvaises sources d’info, il y a le risque que cette lutte contre les fake news ne soit qu’un moyen de préserver un pouvoir d’action sur les masses.

    Si les fake news sont bien une infection de la société post- révolution numérique, alors il faut agir à tous les niveaux : la prévention par l’éducation du citoyen, l’amputation des contenus douteux par la responsabilisation des plateformes (Google, Facebook, Twitter…) et la barrière physique aux attaques, la limitation de l’infection par l’action ciblée législative, le renforcement du système immunitaire en encourageant la corégulation citoyenne et la réponse des sachants. Je pense que l’on veut trop souvent éduquer les masses «non pensantes» alors que l’urgence pour préserver l’équilibre de nos démocraties, est que nos élites maîtrisent enfin ces techniques d’influence des réseaux afin justement, qu’ils ne soient pas détournés par les Sophistes des temps modernes ! Pour ma part, je redoute davantage la déconnexion de nos élites que l’irrationalité des foules.

  • Etude @VISIBRAIN – Bad Buzz : les entreprises ont beaucoup à apprendre

    Bad Buzz en 2017 : le sexisme au cœur des crises

    Visibrain s’associe à Nicolas Vanderbiest afin de publier son étude annuelle sur les Badbuzz en 2017. Voici les principaux résultats et enseignements à retenir pour 2018.

    En 2017, les inégalités ont contribué à un nombre important de crises. Pas moins de 4 crises sur 10 ont éclaté dans le but de combattre une inégalité.

    Le sexisme a notamment été à l’origine de 23% d’entre elles, un chiffre qui ne cesse de prendre de l’ampleur année après année.

     En 2017, 102 crises-image ont éclaté, soit 2 de moins qu’en 2016. Le phénomène de normalisation se confirme.

    En revanche, les entreprises ont encore beaucoup à apprendre. En effet, même si le nombre de crises a diminué, la part de responsabilité de ces-dernières a quant à elle augmenté. 82% des badbuzz en 2017 proviennent des départements communication (46%) et marketing (36%).

     La guerre aux inégalités a commencé

    En 2017, l’indignation est au cœur des badbuzz. « L’émotion » a particulièrement motivé cet état de crise. Le grand public a mené une guerre qui lui tient à cœur : la guerre aux injustices.

    Parmi elles, les inégalités homme-femme, ont fait l’objet d’une mobilisation sans faille et d’une très forte viralité.

    Pour s’exprimer et faire entendre leur voix les internautes ont, comme à leur habitude, privilégié Twitter, qui reste LE moyen préféré des internautes pour exprimer leur mécontentement. 67% des crises ont été commentées sur Twitter, soit une augmentation de 12% par rapport à 2016. Cette prépondérance s’explique notamment parce que de nombreuses crises se déroulent uniquement sur ce réseau social.

    Grande nouveauté du côté d’Instagram, le réseau social « lifestyle » est à l’origine de ses premières crises et se positionne ainsi comme nouveau moyen d’expression en cas de badbuzz. En 2017, 3% de crises ont éclaté via le réseau social.

    A l’inverse, les badbuzz se viralisent de moins en moins sur Facebook, qui accuse une baisse record : -50 % de crises ont été commentées sur le réseaux social par rapport à 2016.

    Les 3 plus grosses crises digitales de 2017

    Manque de sensibilité, inégalités ou encore mix entre affaires et politique, en 2018 les entreprises ont encore des progrès à faire en matière de gestion de crise. Retour sur le top 3 des crises-image qui ont coûté le plus cher aux entreprises…

    1/ L’expulsion forcée d’un passager de United Airlines

    United Airlines a été sous le feu des projecteurs en 2017. Non seulement c’est l’entreprise qui a cumulé le plus de badbuzz, mais c’est également à elle que revient le prix de la plus grosse crise digitale avec un tollé médiatique international. C’est en malmenant et en éjectant un passager de force sur l’un de ses vols Chicago-Louisville que la compagnie s’est attirée les foudres des médias et internautes du monde entier.

    Les conséquences sont sans appel : près de 2 millions de tweets publiés en 1 jour, une réputation mise à mal et un cours de bourse qui chute de 4%.

    2/ La séquence homophobe de « Touche Pas à Mon Poste »

    Habitué aux polémiques sur les réseaux sociaux, Cyril Hanouna et son émission « Touche Pas à Mon Poste » ont connu une crise particulièrement marquante cette année. Au cœur de ce scandale une inégalité qui a choqué le grand public, lorsque le présentateur a maladroitement piégé plusieurs personnes homosexuelles lors d’une radio-libre.

    Bilan difficile pour Cyril Hanouna et son émission : près de 500 000 messages publiés en 7 jours, des sponsors qui quittent le navire et une amende de 3 millions d’euros.

     3/ La publicité ratée d’Ulker Biskuvi

    Le plus gros chocolatier de Turquie a appris malgré lui qu’affaires et politique ne font pas bon ménage. Le 1er avril 2017 l’entreprise dévoile son spot humoriste, qui fait maladroitement allusion au coup d’État manqué, dont a été victime le président Erdogan quelques mois auparavant.

    La note est salée pour l’entreprise : la publicité est accusée par le gouvernement, le cours de bourse chute de 5% et des dommages collatéraux touchent les filiales du même groupe.

    3 nouveaux enseignements à retenir pour affronter 2018

    Dans le livre blanc consacré à la rétrospective des badbuzz des marques en 2017, Visibrain et Nicolas Vanderbiest tirent de leur analyse 3 nouveaux enseignements que les marques devront retenir pour 2018.

    – 01 –Les problèmes sociétaux favorisent l’état de crise

    En 2017, les entreprises ont manqué de sensibilité face aux inégalités sociétales, entrainant ainsi de nombreuses crises. Pas moins de 4 crises sur 10 ont éclaté dans le but de combattre une inégalité. Le sexisme a notamment été à l’origine de 23% d’entre elles, un chiffre qui ne cesse de prendre de l’ampleur chaque année.

    L’entreprise n’est pas au centre du débat, elle n’est qu’un « prétexte » pour faire éclater la crise. En 2018, les entreprises devront mieux appréhender les problématiques qui les entourent.

    – 02 – Les badbuzz se mondialisent

    Face à une viralité de l’information de plus en plus forte, les entreprises doivent mondialiser leurs communications. Les frontières sont totalement rompues. Ainsi, ce qui ne choque pas un pays peut être critiqué un autre.

    C’est pourquoi les entreprises doivent penser « global » avant de penser « local ». Elles devront redoubler d’effort en 2018 afin d’être exemplaires.

    – 03 –Les réseaux sociaux dictent la loi de la crise

    L’émancipation des réseaux sociaux a facilité l’expression du mécontentement. Peu à peu les entreprises ont perdu leur droit de parole face aux allégations des internautes. Elles cèdent trop facilement, laissant les réseaux sociaux leur dicter quand commence l’état de crise. Or, seule l’entreprise devrait avoir le pouvoir de décider si elle est en crise ou non.

    En 2018, les organisations doivent reprendre du terrain et se rendre compte qu’elles détiennent encore le pouvoir de faire valoir leur point de vue.

    TÉLÉCHARGEZ L’ÉTUDE COMPLÈTE DES BADBUZZ EN 2017 !