Étiquette : éthique

  • #Podcast – L’impact de l’Intelligence Artificielle sur l’Influence – By La Brigade Du Web

    L’impact de l’Intelligence Artificielle sur l’influence

    L’Intelligence artificielle, est-elle l’ennemi des influenceurs ou serait- elle une aide précieuse pour les professionnels du marketing ?Comment l’IA joue t-elle un rôle fondamental pour les plateformes comme Linkedin ou X ?
    Face à la multiplication de fakes, faut-il redouter le binôme Influence et IA ?

    Bienvenue dans ce podcast concernant : l’Impact de l’Intelligence Artificielle sur l’influence, produit par le collectif  B2B La Brigade Du Web
    Pou répondre à toutes ces questions, Camille Jourdain et Jonathan Chan, tous les deux membres de La Brigade Du Web vont décrypter l’alliance de l’IA et de l’Influence

    1- Quel est l’intérêt des influenceurs et créateurs de contenu pour l’IA ?

    Camille Jourdain :
    Le sujet passionne les créateurs. Ils l’utilisent notamment pour automatiser les tâches répétitives et bien sûr pour faciliter la création de contenu.

    Deux chiffres pour illustrer mes propos :
    1. Plus de 3000 influenceurs ont pris la parole sur les réseaux sociaux au sujet de l’IA en 2023. Ce qui représente un total de 10000 publications sur YouTube (53%) et TikTok (30%) principalement.
La source : c’est une étude réalisée par Reech, agence spécialisée en influence.
    Jonathan, tu souhaites parler d’un outil particulièrement connu et qui peut faire gagner beaucoup de temps : ChatGPT. Quel est son intérêt pour les influenceurs ?

    Jonathan Chan: 
    Pour ma part, c’est également que les IA génératives permettent aux influenceurs de s’augmenter, il y a une idée sous-jacente de la performance chez eux car le milieu est concurrentiel.

    On peut s’en servir pour se mettre en scène dans des visuels sur Midjourney dans des scènes fantaisistes ou créer des chatbots.

    Pour ChatGPT, Je m’en sers notamment pour intégrer des émojis ou pour agréger certains types de contenu en PDF. Elle pourra servir dans le temps à créer plus rapidement sur des templates prédéfinis pour que les influenceurs passent à la création.
    Les possibilités restent encore infinies notamment avec le développement de HeyGen IA pour le sous-titrage ou les IA sur les vidéos. En résumé, les possibilités sont infinies

    2- L’IA et les réseaux sociaux – Qu’en est-il des nouveautés sur les réseaux sociaux ?

    Question posée par Jonathan : Abordons maintenant les nouvelles fonctionnalités IA sur les réseaux sociaux, Camille, peux-tu nous parler de X et de Meta ?

    Les réseaux sociaux lancent régulièrement de nouvelles fonctionnalités. Je vais parler de X dans un premier temps. Les abonnés premium peuvent tester Grok depuis le début du mois aux États-Unis. Il s’agit d’une IA qui a été entraînée à partir de données provenant du web et sur des retours d’assistants humains. Son avantage par rapport aux IA concurrentes, c’est justement cet accès aux informations sur internet via la plateforme X. Grok comprend le sarcasme et l’humour, il permet de répondre à des questions qui sont rejetées par la plupart des systèmes d’IA.

    Le groupe Meta de son côté travaille sur le sujet de l’IA depuis plusieurs années. Il a également son IA génératrice d’image appelée Imagine. C’est déjà accessible aux Etats-Unis via ses applications de messagerie : WhatsApp, Messenger et aussi Instagram. Ce qui est intéressant, c’est que tout le monde pourra bientôt la tester sur un navigateur en allant sur imagine.meta.com.
    Récemment, Meta a aussi lancé un projet qui s’appelle Purple Llama dont l’objectif est de soutenir un développement fiable et responsable de l’IA générative. Concrètement, c’est pour promouvoir la collaboration entre les développeurs et les outils d’IA générative et renforcer la sécurité pour éviter la création d’outils malveillants.

    Un petit mot sur Instagram qui a annoncé des fonctionnalités IA intéressantes, comme Live Stickers pour générer des autocollants personnalisés à partir d’un prompt ou IA Brush pour remplacer une partie de l’image avec du contenu généré par IA.

    Question posée par Camille : Jonathan, je te laisse nous parler des nouveautés IA sur LinkedIn, Snapchat et TikTok.

    Sur Linkedin c’est la diversité des usages comme par exemple auto enrichir le profil.
    L’outil déployé par la firme s’appuie sur le contenu du profil d’un utilisateur et identifie les compétences et expériences clés à mettre en avant, notamment dans les rubriques « À propos » et « Titre”
    Sur Snapchat c’est différent. « Salut ! Je suis ton nouveau chatbot doté d’une intelligence artificielle. Tu peux me demander à peu près n’importe quoi et je ferais de mon mieux pour t’aider. J’ai aussi de bonnes blagues en réserve. Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi aujourd’hui ? » C’est par ces mots que se présente My AI sur Snapchat dès que vous ouvrez votre application.
    My AI, et TikTok qui est attentif sur les contenus générés par l’IA ainsi le bookmaker.

    3- Comment identifier les bons influenceurs grâce à l’IA ?

    Question posée par Jonathan : L’un des enjeux clés de l’IA, c’est l’identification des influenceurs. Camille, peux-tu nous dire en quoi l’IA peut aider ?

    L’IA peut aider à identifier les influenceurs les plus pertinents pour une campagne en analysant précisément des indicateurs comme l’engagement, la démographie et la qualité du contenu.
    L’IA peut aussi aider à identifier les influenceurs avec des faux abonnés et donc prendre les bonnes décisions sur les profils à solliciter.

    Grâce au traitement du langage naturel (NLP), l’IA peut analyser le contenu publié par un influenceur pour déterminer s’il correspond au style de la marque et si les personnes qu’il suit partagent les caractéristiques démographiques de la cible.

    Question posée par Camille : Jonathan, que souhaites-tu ajouter sur ce sujet ?

    Les outils d’IA pourront plonger plus en détail dans le profil d’un influenceur et en remarquant tout signe de fraude.

    A l’heure actuelle, on se repose principalement sur le nombre d’abonnés pour choisir un influenceur. Avec l’IA, un agrégat d’indicateurs sera proposé de manière quantitative et aussi de manière qualitative en analysant les images comme le fait ChatGPT.

    Pour les annonceurs, cela permettra de mieux mesurer les campagnes et de détecter des influenceurs qui sont hors du premier radar au premier abord.L’IA serait un super assistant pour le marketeur.

    4- l’IA au service de la performance 

    Question posée par Jonathan : Parlons maintenant d’analyse de performance. Camille, comment l’IA facilite cette analyse ?

     Grâce à l’IA et au machine learning, on peut analyser les sentiments des consommateurs sur une marque ou un produit.

    L’analyse des sentiments permet de détecter les émotions dans un texte comme les impressions des abonnés à partir des commentaires sur les posts des influenceurs.

    Et concernant la mesure de la performance, l’analyse sémantique permet de comprendre précisément les résultats d’une campagne, les attentes envers une marque et de détecter les intentions d’achats.

    Question posée par Camille : Il me semble que tu voulais mettre en avant certains outils Jonathan, notamment Talkwalker, c’est bien ça ?

    Techniquement, c’est possible, il existe déjà des outils comme Talkwalker ou Favikon ou bien HypeAuditor.

    Ce que l’IA va faire et qu’elle va aller au-delà de la simple analyse d’audience sur un critère et va compléter car une personne comporte de nombreuses facettes. Ce qui va affiner le profil et la sélection des influenceurs.

    5-  Prévoir le succès des campagnes 


    Et si on va encore plus loin, on peut parler de prédiction avec l’IA.
    Il est possible de prédire le succès probable d’une campagne sur la base des datas et des caractéristiques démographiques de la cible.

    Mesurer le succès d’une campagne à partir d’une analyse plus efficace des KPIS. L’IA aide à connecter ces KPIs comme les mentions de la marque ou le trafic. Il est possible de le faire en temps réel et surveiller si les influenceurs atteignent les objectifs.

    Question posée par Camille : Jonathan, que penses-tu de cette prédiction du succès des campagnes ?

    Tracker d’abord car sinon l’IA Générative va faire des estimations de la campagne. Le but est de préparer le terrain pour que l’IA ait l’ensemble des données, nous devenons en quelque sorte des coachs.
    A terme, on pourra aussi demander à l’IA si la campagne correspond aux normes et cela nous permettra dans l’optimiser dans son sens. Favikon permet notamment de suivre les créateurs à travers l’IA et détecter les opportunités sur des créateurs sur le point de percer.

    6- Que penser des influenceurs virtuels créés à partir d’IA ?

    Question posée par Jonathan : Autre sujet intéressant, les influenceurs virtuels. Camille, que penses-tu des influenceurs virtuels créés à partir d’IA ?

    Cette année, on a vu apparaître beaucoup d’influenceurs virtuels générés par des IA et notamment des femmes. 30 dans le monde… Entre 30K et 300K. Dans les secteurs de la mode, mais aussi du luxe ou du voyage… Les plus connues : Aitana Lopez, Shudu Gram ou encore Lil Miquela. Il est effectivement intéressant d’analyser le phénomène, de comprendre pourquoi ça plait. En effet, elles génèrent presque 3 fois plus d’engagement que les humains ! Source : Etude Hypeauditor.Concrètement, qu’est-ce que c’est ?
    Des personnes générées par ordinateur, souvent avec une apparence et une personnalité conçues pour ressembler à des êtres humains, mais entièrement créés et animés par des technologies d’intelligence artificielle.

    Un point fort : les influenceurs virtuels n’ont pas besoin de se reposer et sont disponibles 24/24. Elles ne vieillissent pas. Un atout dans ce monde d’image et d’apparence, où la beauté et la jeunesse priment…

    Question posée par Camille : Et toi, Jonathan, que penses-tu de ce phénomène ?

     Ce n’est pas une mauvaise chose, cela répond à un marché. Celui d’être diverti, hors il existe un défaut d’authenticité chez les influenceurs.

    Les personnes qui veulent suivre des influenceurs virtuels cherchent une expérience, suivre des péripéties, le fake est assumé donc en soi, ce n’est pas antinomique d’avoir des influenceurs virtuels dans le marché du divertissement puisque la question de l’authenticité est un curseur.
    En soi, cela répond à des exigences pour les marques car les influenceurs virtuels ne vieillissent pas.
    Les marques ont un contrôle total sur les campagnes. Il s’agit d’un marché.

    7-  IA & Ethique dans les campagnes d’influence

     Question posée par Camille : Jonathan, dernier point, l’IA et l’éthique. Tu veux nous parler de la loi, n’est-ce pas ?

    La loi de l’influence a été un signal positif mais elle doit s’adapter aux nouvelles exigences car l’IA générative va augmenter le nombre de contenus.

    Il y a des chartes qui ont été signées, je crois que pour des raisons de transparence car j’ai été exposé à ce problème quand j’ai généré une IA, beaucoup de personnes me demandaient est-ce que c’est moi. Donc oui, signaler quand le contenu a été généré par l’IA serait un plus même si je crois que rien ne sera parfait. Une génération d’influenceurs authentiques sans IA devrait émerger.

    Question posée par Jonathan : Camille, est-ce qu’on peut dire que la plupart des influenceurs sont “éthiques” ?

     Sans parler d’IA, on peut se baser sur les résultats de  L’Observatoire de l’Influence Responsable de l’ARPP pour dire que les influenceurs sont de plus en plus éthiques et transparents. Plus de 50 000 contenus d’influenceurs ont été analysés depuis 2 ans, par une IA d’ailleurs.
    Le résultat est intéressant, 93% des contenus ont au moins un début d’identification. Ce sont surtout les micro-influenceurs qui ne sont pas transparents.
    Globalement, on peut dire qu’il reste encore des choses à améliorer, que ce soit sur le côté explicite ou instantané.

    La loi du 9 juin est essentielle pour cadrer l’influence commerciale et protéger les consommateurs. L’intérêt de l’IA par rapport à la loi, c’est de faire respecter les contrats en automatisant l’ensemble du processus de contractualisation. Concrètement, elle aide les marques à éviter les pénalités et amendes liées à la réglementation. Pour rappel, c’est 300 000 euros d’amendes et jusqu’à 2 ans de prison donc il ne faut pas plaisanter avec ce sujet.

     8- Est-ce que l’IA va supprimer les influenceurs ?

    Question posée par Camille : Terminons avec la question que tout le monde se pose, est-ce que l’IA va supprimer les influenceurs ? Jonathan, ton avis sur la question ?

    Non et même le contraire, je crois que cela va crée deux marchés, celui où le contenu sera généré par l’IA (ce qui va créer une saturation tôt ou tard) et l’autre par des contenus plus humains.

    Il y aura un besoin d’authenticité car il ne faut pas oublier que les messages sont adressés à des humains et seuls les humains possèdent de l’expérience ou de la créativité.

    Question posée par Jonathan : Et pour toi Camille ? Est-ce que l’IA peut remplacer les influenceurs ?

     Nous sommes en phase sur ce sujet. C’est non ! L’IA peut aider les influenceurs comme de nombreux professionnels, marketeurs ou communicants par exemple mais l’IA ne remplacera jamais les humains. Elle les rends plus efficaces !
    Par contre, je dirai pour conclure cet épisode de podcast que les influenceurs qui ne maîtrisent pas l’IA seront peut être, à terme, remplacés par ceux qui la maîtrisent.

    Pour écouter le podcast : 

     

     

  • Environnement, valeurs, éthique, …le marketing de l’engagement décrypté

    Baromètre 2021 Saison 2
    Marketing de l’engagement : nouvelle stratégie de marques ou réelle transformation de l’entreprise ? 

    Les attentes des consommateurs envers les marques ont évolué et ces dernières prennent conscience qu’elles sont de plus en plus évaluées sur leur impact environnemental, leurs valeurs, leur éthique. En se préoccupant de leur environnement, des femmes et hommes de la planète, elles espèrent augmenter la fidélité de leurs clients et attirer des prospects : c’est l’ère du marketing de l’engagement. 

    Où en sont les entreprises sur la question de l’engagement ? Quels sont leurs objectifs et motivations ? Comment ces engagements modifient les missions des marketeurs ? Comment cette année 2020 si spéciale a-t-elle impacté le phénomène ? 

    Eléments de réponses à travers la saison 2 du baromètre du marketing de l’engagement, co-réalisé par Cision et le Club des Annonceurs, auprès de 503 professionnels du marketing et de la communication en France, en février 2021.

    Quels sont les 10 faits marquants de l’étude ?

    #1 – Les marketeurs sont quasi unanimes et estiment qu’une entreprise se doit d’avoir un rôle sociétal et/ou environnemental. 80 % déclarent que c’est même une question de survie.
    S’il y avait parmi les professionnels du marketing et de la communication (MarCom) encore des sceptiques en 2020, ils sont aujourd’hui unanimes : 99% affirment qu’une entreprise se doit d’avoir un rôle sociétal et/ou environnemental. C’est 9 % de plus qu’en février 2020. L’engagement apparaît comme une nécessité pour construire l’avenir puisque 80% estiment que c’est une question de survie pour la marque.

    #2 – 80 % des MarCom considèrent qu’une marque engagée contribue concrètement à la performance marketing.
    Si la performance marketing augmente avec l’engagement des marques, c’est d’après les MarCom interrogés lié au fait qu’elle permettrait d’augmenter l’influence de la marque de l’ensemble de ses publics. 65% des MarCom interrogés jugent que l’engagement de la marque permet de gagner beaucoup en influence auprès de ses collaborateurs, suivi de très près par ses clients (62%), les communautés sur les réseaux sociaux (60%) et même jusqu’aux journalistes et médias (49%). 

    #3 – Des actions engagées concrètes en augmentation par rapport à 2020
    68 % des entreprises ont déjà mis en œuvre des actions concrètes.
    Soit 10 points de plus par rapport à février 2020. La crise sanitaire a eu une incidence sur cette accélération, puisque 20% des professionnels du marketing interrogés affirment qu’elle a influencé leur stratégie d’engagement. 10% des entreprises n’ont encore pas du tout considéré le sujet de l’engagement (= en 2020).

    #4 – Réduction de l’empreinte carbone et bien-être des salariés : les 2 priorités ; l’égalité femmes/homme et l’inclusion très loin derrière.
    Quand on en vient aux types d’engagements portés par les entreprises, jamais l’environnement n’a été autant au cœur des préoccupations des marketeurs. La réduction de l’empreinte carbone arrive en numéro 1 des objectifs prioritaires choisis par les entreprises interrogées avec 22%. Le bien-être des salariés arrive juste ensuite (21 %). L’ancrage local et les achats et production responsablessuivent en 3ème position (ex-aequo 15%).
    L’égalité femmes/hommes et la promotion de la diversité et de l’inclusion se retrouvent en bas du tableau avec respectivement 6 % et 5 %. On peut s’étonner de ces faibles pourcentages et alerter les entreprises sur ces sujets sociétaux pourtant essentiels (Cf #Blacklivesmatter, #Metoo…).

    #5 – L’engagement de la marque : la Direction Générale à la manœuvre
    Au sein des entreprises, l’engagement est devenu un sujet sérieux et s’organise : une cellule dédiée à la question de l’engagement (type RSE) est en place dans 57% des entreprises interrogées. C’est 30 points de plus qu’un an auparavant.
    La Direction Générale prend le lead de la mise en œuvre et du suivi de l’engagement dans 62% des entreprises interrogées, montrant là encore l’importance du sujet. Les MarcCom pilotent le projet dans 20% des cas.

    #6 – Le marketing de l’engagement modifie en profondeur les métiers du MarCom
    75% des professionnels interrogés estiment que l’engagement des marques a profondément changé leurs métiers
    (65% en février 2020) et 80% qu’il change en profondeur tous les services de l’entreprise (= vs 2020). Pour 83 % des MarCom la question de l’engagement des marques a rendu leur rôle plus transverse (vs 79 % en février 2020). 

    #7 – Des MarCom enthousiastes et de plus en plus légitimes pour conduire une stratégie de marque engagée
    Les engagements pris par leur entreprise suscitent l’adhésion des marketeurs : ils sont 100% à les estimer légitimes, 95% authentiques et 89% respectés. Une majorité des professionnels MarCom aimeraient aller plus loin puisque seulement39 % déclarent qu’ils trouvent les engagements de leur société suffisants.
    62% des répondants estiment avoir suffisamment de légitimité pour faire évoluer les choses (+7 points vs 2020). Ce chiffre apparait très prometteur pour la profession. Seule la question du budget reste délicate : comme en 2020, seuls 33 % jugent le budget alloué suffisant pour conduire une stratégie d’engagement.

    #8 – La peur du bashing s’estompe même s’il est jugé inévitable par 35% des MarCom. 
    35 % des MarCom pensent que le bashing est inévitable quoiqu’on fasse, pourcentage en baisse par rapport à l’année dernière (41 %). En 2021 les professionnels du marketing et de la communication se libèrent de la peur du bashing. En un an, ils sont 18% de plus à penser qu’une marque doit communiquer sur ses engagements, une opinion partagée par 84% des MarCom. 

    #9 – L’engagement un impact non mesuré pour la moitié des marketeurs
    La mesure de l’impact d’une stratégie d’engagement s’avère difficile et seulement 50% des marketeurs s’y emploient. Pour ceux qui essayent malgré tout de mettre en place des indicateurs, et les plus suivis sont ceux qui concernent l’environnement (68%). Les indicateurs sociaux et sociétaux arrivent en 2ème position ex-aequo avec ceux relatifs à l’image et à la réputation de la marque (60%). 

    #10 – Un engagement désintéressé 
    63 % des marketeurs estiment que la principale cause de l’engagement de leur entreprise est de contribuer positivement à la protection de la planète et/ou de la société. On trouve ensuite la volonté d’inspirer la confiance du consommateur et de développer une image positive à 24 % puis à 13 % la volonté de motiver, fidéliser les salariés et de valoriser la marque employeur.

    Pour en savoir plus sur l’étude cliquez ici

  • Les consommateurs toujours réfractaires à l’intelligence artificielle

    Son adoption pourrait passer par l’intégration de l’empathie au sein des systèmes d’IA

    5000 consommateurs ont été interrogés sur l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur la morale, l’éthique et l’empathie à l’échelle internationale. » par Savanta pour le compte de Pegasystems Inc, l’éditeur de logiciels expert en transformation digitale.

    Ces chiffres sont les résultats d’une étude présentée à l’occasion de PegaWorld qui se déroule à Las Vegas.

    Conclusion : La majorité n’ont pas confiance en l’IA et ne comprennent pas dans quelle mesure celle-ci améliore la qualité des interactions. 

    Comme mentionné ci-dessus, les consommateurs ne sont toujours pas convaincus par les avantages apportés par l’IA, et ce, en dépit du fait qu’elle réponde partiellement à leurs attentes en termes de personnalisation. C’est pourquoi, il est essentiel pour les entreprises, qui sont toujours plus nombreuses à se tourner vers l’IA, de bien comprendre la perception, les préoccupations et les préférences de leurs clients envers cette technologie afin d’obtenir leur adhésion.

    « L’évolution de l’intelligence artificielle passera par l’adoption de directives intégrant les considérations éthiques au sein de machine learning. Ainsi, les décisions prises par les systèmes d’IA dans le cadre de l’engagement client intègreraient contextuellement l’éthique et seraient considérées comme tout aussi empathiques que celles prises par un individu. Ce n’est certes pas la panacée, mais en créant une culture de l’empathie dans l’entreprise, l’IA peut être utilisée comme un puissant outil de différenciation dans un environnement très concurrentiel. » a déclaré Rob Walker, Vice President, Decisioning and Analytics chez Pega. 

    En résumé les conclusions de l’étude :

    • Entreprises et intérêts des consommateurs :

    68 % des personnes interrogées estiment que les entreprises ont une obligation morale vis-à-vis de leurs clients qui va bien au-delà de ce que prescrit la loi. Pourtant, ils sont 65 % à penser que les entreprises ne privilégient pas leurs intérêts ! Pourquoi ? N’ont-ils pas confiance en la technologie utilisée au cours de leurs interactions ? Ces questions sont légitimes car malgré un environnement qui seprétend « orienté client », les consommateurs sont persuadés que leurs intérêts ne sont pas une priorité pour les entreprises et qu’elles manquent totalement d’empathie vis-à-vis de leurs besoins individuels.

    • IA et capital confiance :

    Moins de la moitié (40 %) des clients interrogés reconnaissent que l’IA permet d’améliorer le service client, et moins d’un tiers (30 %) n’est pas réfractaire à l’idée d’interagir avec une machine. Mais seuls 9 % y sont totalement réceptifs. Parallèlement, un tiers des clients sondés se disent préoccupés par la perspective de voir leurs emplois disparaitre au profit des machines et plus d’un quart (27 %) déclare que « la prolifération des robots et l’asservissement de l’homme » est source d’inquiétude.

    • IA et prise de décision :

    Plus de la moitié (53 %) des clients sondés estiment que les décisions prises par l’IA sont potentiellement biaisées. 53 % pensent également que les décisions automatisées resteront influencées par les idées et les préjugés de la personne qui a écrit le programme d’où son manque d’impartialité.

    • Interaction : machine ou être humain ?

    70 % des personnes interrogées préfèrent s’adresser à un conseiller et 69 % déclarent se confier avec plus de sincérité à une personne plutôt qu’à un système d’IA, chatbot… Ce pourcentage passe à 86 % dès lors que l’on aborde des questions d’ordre vital. L’homme reste le contact d’interaction privilégié.

    • IA : Empathie et Sens Moral

    Seuls 12 % des clients sondés pensent que l’IA est capable de distinguer entre le bien et le mal et plus de la moitié (56 %) estime qu’il est impossible de développer des machines dotées de « sens moral ». Ils sont 12 % à peine à déclarer avoir perçu de l’empathie chez une machine lors d’une interaction.

    Rob Walker, Vice President, Decisioning and Analytics chez Pega a ajouté : « Notre étude révèle que seuls 25 % des clients sont prêts à faire confiance à un système d’IA, dans l’accompagnement de souscription à un emprunt. Ils se sentent plus à l’aise à entamer une discussion avec un conseiller et lui feront plus facilement confiance. Mais ce ne sont pas les seuls critères, ils pensent également être en mesure d’influencer sa décision, alors que ce n’est bien évidemment pas le cas. Aujourd’hui, les systèmes d’IA ne sont pas capables d’aider les entreprises à prendre des décisions basées sur le sens moral ou l’éthique. C’est là tout le problème. Pour reprendre l’exemple du prêt, outre le fait qu’une banque se doit de respecter les processus réglementaires avant de faire une offre, elle devrait aussi avoir la capacité de déterminer si sa décision est éthique et déterminer qu’elle est la meilleure option pour le client, indépendamment des intérêts financiers de la banque. »

    Cette étude révèle ainsi que les clients accepteront de placer leur confiance en un système, des applications ou autre gérés par l’IA quand ces derniers auront la capacité de reproduire les interactions humaines y compris l’empathie. C’est pourquoi, il est primordial pour les entreprises de réfléchir à la façon dont elles vont intégrer le sens moral, l’éthique et l’empathie à leurs systèmes d’IA.

    Anoter : Pega a recueilli le point de vue de 5 000 personnes sur l’intelligence artificielle, le sens moral, le comportement éthique et l’empathie, parmi un panel de clients américains, britanniques, français, allemands et japonais.

  • Qu’est ce que l’IA de confiance ? 

    Qu’est-ce que l’IA de confiance ? 

    Lors du salon AI Paris qui se déroulera le 11 et 12 Juin prochain, Nozha BOUJEMAA Chief Science and Innovation Officer, chez MEDIAN TECHNOLOGIES interviendra sur l’éthique et l’IA. Qu’est ce que l’IA de confiance ?

    NOZHA BOUJEMAA est Chief Science & Innovation Officer chez MEDIAN TECHNOLOGIES.

     

    Mme Boujemaa est membre du AI HLEG, groupement d’experts de haut niveau sur l’IA auprès de la commission européenne. Elle a participé à la conception de la Charte éthique européenne pour une IA de confiance, présentée pour la première fois en janvier dernier.

    1/ IA ET ETHIQUE : DES FONDAMENTAUX AUX COULISSES D’UN MOUVEMENT EN PLEINE STRUCTURATION

     Le développement d’une Intelligence Artificielle explicable et responsable s’impose comme LE sujet de cette année 2019… Quelle définition faites-vous aujourd’hui de ce sujet ? Pouvez-vous nous en dire plus sur les coulisses de cette révolution en cours ?

    Tout d’abord, je préférerais mettre en avant une intelligence artificielle de confiance et responsable plutôt qu’explicable. Une intelligence artificielle de confiance inclut un certain nombre de propriétés telles que l’interprétabilité, la transparence et la responsabilité. C’est ça qui est essentiel pour une IA de confiance, au-delà des dimensions éthiques et de responsabilité juridique, il y a aussi la dimension de robustesse technologique, et ça c’est vraiment essentiel.

    « Une intelligence artificielle de confiance inclut un certain nombre de propriétés telles que l’interprétabilité, la transparence et la responsabilité »

    Comment glisse-t-on vers cette robustesse technologique et cette intelligence artificielle de confiance ?

    Aujourd’hui c’est un défi très important parce qu’avec l’intelligence artificielle, on peut croire qu’il suffit d’appuyer sur un bouton et le résultat arrive tout seul. Mais en fait il est essentiel de vérifier et de guetter toutes les sources d’erreurs, de biais à la fois des données, mais aussi des algorithmes. Donc il faut vraiment être capable de gérer les risques qui peuvent être occasionnés par une mauvaise maîtrise technologique : c’est ça l’aspect “robustesse”. Et ça inclut également cet aspect de répétabilité des algorithmes, c’est-à-dire vraiment être capable de reproduire un résultat, et pas seulement de le déployer dans une seule situation sans que ce soit réplicable dans des situations comparables. Effectivement ça peut générer des situations avec des résultats différents, alors qu’ils devraient être comparables et similaires. En d’autres termes, ça peut générer des discriminations ou des inégalités qui ne sont pas intentionnelles.

    « Il faut vraiment être capable de gérer les risques qui peuvent être occasionnés par une mauvaise maîtrise technologique : c’est ça l’aspect “robustesse”»

    Comment percevez-vous ce tournant majeur pour la filière ?

    Il y a ce qu’on appelle les early adopters, ceux qui ont vraiment embrassé cette nouvelle technologie au vu de ses promesses, mais qui aujourd’hui se rendent compte que, quand même, il faut rester vigilant, qu’il n’y a pas de baguette magique en appliquant l’IA. Donc je dirais que c’est plutôt un signe de maturité de l’IA, de ses utilisateurs et de ses développeurs, de tous ses stakeholders finalement, que de faire attention à la manière de la déployer, de donner du sens à ses conditions de déploiement et ses conditions d’apprentissage. En d’autres termes, ça se traduit aussi par faire attention aux données qui vont servir à l’apprentissage, qui vont servir à rendre cette machine intelligente parce que, effectivement, avant qu’elle se “transforme” en intelligence artificielle, il faut d’abord l’“éduquer”. Et donc là les données d’apprentissage sont un enjeu très important parce qu’il est essentiel de veiller à la représentativité des apprentissages, du problème que l’on veut résoudre, autrement on peut construire un modèle qui se trompe complètement de cible. Donc les données d’apprentissage sont un enjeu extrêmement sensible dont le résultat final dépend.

    « [Il faut] faire attention aux données […] qui vont servir à rendre cette machine intelligente parce qu’avant qu’elle se “transforme” en intelligence artificielle, il faut d’abord l’“éduquer”. »

    Donc quelque part, c’est l’évolution logique de l’intelligence artificielle que de renforcer la notion de confiance? Absolument, c’est le sens de l’histoire. Encore une fois c’est un signe de maturité, mais aussi la garantie de durabilité du déploiement de l’IA. Parce que s’il n’y a pas cette Intelligence Artificielle de confiance, l’IA pourrait décevoir et son développement pourrait décliner à cause de cette déception que peuvent subir les utilisateurs de ces technologies. Donc développer une IA de confiance, c’est une garantie de durabilité de son déploiement et de son développement.

    « Développer une IA de confiance, c’est une garantie de durabilité de son déploiement et de son développement. »

    L’Union européenne vient de dévoiler 7 principes pour le développement éthique de l’intelligence artificielle : quelle est votre lecture de ces propositions ? Sont-elles pertinentes ? Suffisantes ?

    J’ai été vice-chair de ce groupe européen, donc j’ai dû orienter la structuration de ce livrable, et d’ailleurs le titre parle d’IA de confiance, de “ trustworthy AI ”. J’ai participé à la mise en place de ces recommandations, de ces requirements, qui sont en fait une façon de se prémunir et d’apporter les conditions, les garanties, qui pourraient préserver cette IA de confiance et lui permettre d’exister dans le monde professionnel, pour le respect des valeurs humaines : faire attention au libre arbitre, ne pas influencer les opinions, garantir la liberté de choix des humains… En fait ce sont les conditions de cette IA de confiance, dont je parlais tout à l’heure en termes de robustesse technique et de sécurité par rapport aux personnes et aux différents dispositifs de déploiement de l’IA. Par exemple, quand on parle de transparence, effectivement il est essentiel de développer les moyens de cette transparence des approches de l’IA. Quand on parle de diversité, c’est le problème de la représentativité des données, d’éviter des biais où les minorités ne seraient pas représentées, dans les données d’apprentissage par exemple. Mais c’est également la capacité de rendre compte, l’accountability. Tout cela favorise une IA de confiance et une IA responsable.

    2 / IA ET ETHIQUE : UN DESSEIN COLLECTIF

    Dans cette logique de favoriser une IA de confiance, quels défis est-ce que cela pose aux entreprises, aux producteurs de services numériques et aux gouvernements ?

    Je dirais qu’il y a d’abord la question de gouvernance des données : c’est quelque chose qui n’est pas simple, et on le voit aujourd’hui en Europe avec le RGPD, aux États-Unis avec le Cloud Act et donc ce n’est pas forcément très compatible, en tout cas d’un point de vue gouvernemental. A priori les gouvernements sont les garants d’une équité en termes d’usage des données, mais je pense que ce contrôle d’usage des données est essentiel par des moyens pas seulement de régulation et de réglementation, mais aussi par des moyens techniques. D’ailleurs quand je parle de transparence, d’observation des flux de données, on peut disposer de moyens technologiques pour tracer justement le flux d’informations, le flux de données entrantes et sortantes. Donc il faut des moyens à la fois techniques mais aussi de régulation des flux de données, parce que les algorithmes aujourd’hui, ce n’est pas là où se trouve le problème dans la mesure où il y a énormément de librairies open source, d’apprentissage, de machine learning , mais ce sont les données qui font la différence.

     

    Sur cette question des données, pensez-vous que ce serait aussi la responsabilité des producteurs de services numériques de s’engager à leur protection ?

    Alors je dirais que ce n’est pas seulement une question de protection des données, car il y a suffisamment de lois à travers le monde, pas seulement en Europe, pour la protection des données, mais c’est plutôt le contrôle d’usage des données utilisées. Est-ce que ce sont les bonnes données qui sont utilisées ? Est-ce que c’est le bon traitement des données qui est opéré ? Quel est l’usage qui se fait des données traitées ? Donc c’est moins la protection que la traçabilité de l’ensemble du processus. C’est d’ailleurs ce principe de traçabilité que j’essaie de pousser à travers non seulement le groupe européen High Level Expert Group en IA, mais aussi dans le groupe de l’OCDE qui a travaillé sur les mêmes problématiques et les mêmes principes d’une IA de confiance. Aujourd’hui énormément de voix se lèvent pour dire qu’il faut plus de régulation de l’IA, des algorithmes, mais en fait je ne pense pas que c’est salutaire de rajouter une réglementation dans le domaine de l’IA. Ce n’est pas la bonne orientation, je dirais. Mais par contre, il faudrait favoriser plutôt d’un point de vue technologique une traçabilité de l’ensemble des process dans un système ou une architecture qui déploie des technologies IA. La traçabilité est essentielle : elle garantit, le jour où se pose un problème, de pouvoir récupérer les informations qui expliqueraient quelles données ont été utilisées, comment elles ont été traitées et comment elles ont été ensuite utilisées, c’est-à-dire comment la sortie du système a été déployée. Si les industriels adhèrent à ce principe de traçabilité, on n’a pas besoin de régulation parce qu’un producteur de services, quand il s’engage à la traçabilité, va faire de l’autorégulation. Si quelqu’un est capable de tracer et de rendre compte – et c’est ça l’accountability – de ce qui s’est passé, on n’a pas besoin de lois supplémentaires

    Vous parliez tout à l’heure de discrimination. En effet, l’asymétrie informationnelle entre les producteurs de services numériques et les consommateurs de ces services semble être au cœur de toutes les discussions… Quel modèle de gouvernance mettre en place pour limiter cette asymétrie ?

    Typiquement, les 7 recommandations et principes de la Commission européenne mais aussi le document de l’OCDE, qui n’a pas encore été validé, vont dans la même direction : tout l’objectif est la réduction de cette asymétrie informationnelle. Quand on parle de transparence et de traçabilité c’est ça : le producteur de services fournit une information qui au départ n’est pas disponible au consommateur de services. En gros, on n’a pas cette traçabilité informationnelle, on n’a pas le revers de la médaille, je dirais, on ne sait pas comment un service nous a livré telle information, comment il nous a recommandé tel bien ou tel service, comment il a pris telle décision… On le sait, les domaines d’application de l’IA nombreux, tout comme ses impacts positifs sur l’économie et la société, que ce soit dans la santé, l’énergie, l’environnement, l’agriculture numérique, et j’en passe. Donc à tous les niveaux, surtout quand il s’agit de décisions critiques (santé, cybersécurité, défense, véhicules autonomes), on a besoin de cette symétrie informationnelle pour être sûrs de ce qu’on est en train de faire. En fait encore une fois, pour moi, l’asymétrie et la compensation de cette asymétrie en installant de la transparence, de la traçabilité et de la redevabilité, tout ça c’est pour œuvrer pour une IA de confiance, ça va de pair.

    Quels leviers activer pour développer cette symétrie d’information, pour continuer ce travail et développer des systèmes d’IA explicables, responsables et impartiaux ?

    D’une part, il faut développer des algorithmes et des méthodes qui vont nous permettre d’avoir ce contrôle d’usage des données, par exemple. Il faut développer aussi des algorithmes qui permettent l’audibilité des systèmes d’intelligence artificielle. Mais il y a également une troisième voie qui est celle de la conception par construction d’une IA responsable, qui respecte des valeurs. On peut avoir des algorithmes d’apprentissage supervisé où l’équité et la justice sont par construction dans le modèle en question. L’idée est de réduire l’impact des variables discriminatoires sur la prise de décision finale. Donc il y a aussi moyen de développer une nouvelle génération d’algorithmes qui inclut par construction ces principes dont on parle.

    Avez-vous déjà aujourd’hui des retours d’expérience concrets sur ces sujets ?Quelles bonnes pratiques pour participer à la mise en place d’une IA de confiance ?

    Dans le domaine de la protection des données personnelles, c’est déjà un peu avancé avec la mise en place des méthodes d’information flow monitoring : il y a des méthodes dans cette communauté qui apportent des solutions à la traçabilité informationnelle des données, pour ce qui est de la protection des données personnelles. Maintenant, d’une manière plus générale, ce sont des choses à mettre en place, et d’ailleurs les recommandations de la Commission européenne proposent une liste d’évaluation, une assessment list, qui va probablement être déployée par secteur (santé, mobilité…). L’idée est d’engager un certain nombre d’acteurs industriels dans ces secteurs pour l’applicabilité, pour vérifier l’intérêt de cette liste d’évaluation, qui permet de vérifier si les recommandations et ces principes d’une IA de confiance sont vraiment mis en place ou pas. En fait il y a déjà une première étape de test de cette assessment list par les industriels qui va démarrer au mois de juin. L’idée est d’avoir cette liste mise à jour tous les ans. Tout ça pour dire que ce n’est pas encore très déployé de manière courante et standard dans les entreprises, mais ce sont des bonnes pratiques qui sont poussées par beaucoup d’acteurs, essentiellement la Commission européenne et l’OCDE.

    Un dernier mot pour conclure ?

    Je donnerais l’exemple du domaine de la santé. Typiquement, cette question de l’IA de confiance et de l’IA robuste est essentielle. Que ce soit pour l’aide à la décision clinique ou pour le développement de nouveaux médicaments, il est essentiel d’avoir des technologies robustes, d’avoir un cadre d’évaluation des technologies mises en place, mais aussi de donner du sens à ce que l’on fait. Sinon, on pourrait générer des conclusions ou des recommandations de décisions infondées ou tout simplement se trompant de cible. Ce serait vraiment dommage, c’est ça qu’il faudrait vraiment éviter pour une adoption des technologies de l’IA qui sont clairement au bénéfice de l’humain.

     

     

  • Agir pour l’éthique numérique

    Avanade Trendlines :

    L’éthique numérique, la modernisation des environnements de travail et les expériences immersives seront au cœur des entreprises en 2019

    La nouvelle recherche Trendlines d’Avanade présente les tendances émergentes qui auront une incidence sur les stratégies d’entreprises en matière de projets, d’innovation et de technologie.

    Agir pour l’éthique numérique, combiner intelligence et design et se préparer à des expériences sans limites sont les tendances clés sur lesquelles les entreprises doivent se concentrer en 2019 pour répondre aux changements rapides du monde digital selon la nouvelle étude Trendlines d’Avanade, premier intégrateur mondial spécialiste de l’écosystème Microsoft.

    1. Agir pour un monde numérique plus éthique

    L’éthique est devenue depuis longtemps un principe fondamental dans la plupart des entreprises, mais l’essor de l’IA et de l’automatisation créé de nouveaux défis et enjeux éthiques. Ces défis peuvent concerner les employés, les clients et les partenaires d’une entreprise. Selon une étude d’Avanade, 89% des dirigeants à l’échelle mondiale affirment avoir été confrontés à un dilemme éthique lié à l’utilisation accrue des technologies intelligentes et de l’automatisation, 87% admettant qu’ils ne sont pas pleinement préparés à répondre aux préoccupations éthiques actuelles.

    « Les entreprises ne peuvent plus se contenter de parler d’éthique numérique », a déclaré Florin Rotar, responsable exécutif mondial Modern Workplace. « Il est clair que l’éthique numérique est désormais une priorité pour les conseils d’administration et les dirigeants, et les leaders de ce domaine vont devoir commencer à mettre en œuvre des principes directeurs et appliquer l’éthique « by-design«  dans le monde professionnel. »

    Face à ce constat, Avanade a créé un groupe de travail dédié pour accompagner les entreprises en interne, via notamment des forums réunissant des représentants des plus grandes entreprises mondiales.2

    2.Allier intelligence et design

    Les entreprises « model-driven«  associent le design et l’analyse des données pour créer des produits et des services plus personnalisés afin de mieux répondre aux exigences de leurs clients. Il est temps d’appliquer ces mêmes pratiques pour répondre également aux attentes des employés. Une étude du Centre de recherche sur les systèmes d’information (CISR) de la MIT Sloan School of Management[1] montre que les entreprises offrant une meilleure expérience à leurs employés obtiennent davantage de résultats business, avec une clientèle doublement satisfaite, d’avantage d’innovation et une rentabilité supérieure de 25% vs la concurrence.

    Des responsables d’entreprises font travailler ensemble leurs data scientists et leurs créatifs pour créer des équipes multidisciplinaires dès les premières étapes de création d’un produit ou d’un service, dans le but d’améliorer à la fois l’expérience des employés et celle des clients.

    Avanade a ainsi mis en place un réseau de « digital innovation studios » combinant plusieurs disciplines pour la création de nouveaux produits et services et proposer à ses clients une nouvelle manière d’allier l’intelligence des données et le design.

    3.Créer des expériences sans limites

    Alors que les expériences consommateurs et employées sont en perpétuelles mutations, de nombreuses entreprises n’arrivent toujours pas à développer de nouveaux produits et services sur les environnements de travail fixes et mobiles. Le monde évolue rapidement vers une société exclusivement mobile, expérience « en mouvement », à la fois physique et virtuelle. Créer ces expériences immersives « sans limites » nécessite un nouvel état d’esprit et un renouvellement de l’architecture informatique.

    « Ces nouvelles expériences requièrent un nouvel état d’esprit de la part de tous – dirigeants, employés et consommateurs », a déclaré Craig Gorsline, responsable exécutif mondial en conseil et innovation. « Les entreprises devront réorganiser leur architecture informatique afin que les consommateurs et les employés puissent vivre des expériences sans friction qui améliorent leur vie avec des informations pertinentes présentées sur toutes les plates-formes. Il est temps d’embrasser le changement. »

     

     

  • Pour une IA humaine et éthique…

    Pour une IA humaine…Pour une IA éthique…

    Le 29 mars au Collège de France, le Président de la République a présenté la stratégie française sur l’intelligence artificielleLors de la présentation officielle du rapport “Donner du sens à l’Intelligence Artificielle” par Cédric Villani au colloque “AI for Humanity” .

    L’ambition française : faire de l’écosystème IA français un pôle mondial.

    Définir l’intelligence artificielle (IA) n’est pas chose facile. Le champ est si vaste qu’il est impossible de la restreindre à un domaine de recherche spécifique; c’est plutôt un programme multidisciplinaire. Si son ambition initiale était d’imiter les processus cognitifs de l’être humain, ses objectifs actuels visent plutôt à mettre au point des automates qui résolvent certains problèmes bien mieux que les humains, par tous les moyens disponibles.

    Ainsi l’IA vient au carrefour de plusieurs disciplines : informatique, mathématique (logique, optimisation, analyse, probabilités, algèbre linéaire), sciences cognitives… sans oublier les connaissances spécialisées des domaines auxquelles on souhaite l’appliquer. Et les algorithmes qui la sous-tendent reposent sur des approches tout aussi variées : analyse sémantique, représentation symbolique, apprentissage statistique ou exploratoire, réseaux de neurones, etc.

    Les grands axes du rapport Villani

  • Ethique : les cinq principes fondamentaux du développement de l’intelligence artificielle pour les entreprises

    Sage publie les 5 principes fondamentaux du développement éthique de l’intelligence artificielle pour les entreprises

     A l’aube de la quatrième révolution industrielle, Sage publie « L’éthique du code », un document destiné à encourager chaque partie prenante dans le secteur de l’IA à respecter un ensemble de valeurs fondamentales pour garantir un développement « sain » de cette technologie.

    « L’éthique du code » a été élaboré par Sage parallèlement à la conception de ses programmes de machine learning et d’intelligence artificielle. Ces derniers visent à alléger la gestion financière des entrepreneurs, de la start-up à la grande entreprise, depuis la création du projet jusqu’à son point de rentabilité. Le développement de ce type d’applications a permis à Sage d’identifier les points essentiels qui posent question en matière d’éthique.

    Comme l’explique Kriti Shama, vice-présidente Bots et IA chez Sage, « S’il est facile de concevoir des chatbots et des solutions d’intelligence artificielle pour aider nos clients, la montée de l’IA soulève en revanche de vastes questions plus que jamais d’actualité. C’est pourquoi nous avons développé notre intelligence artificielle en observant un certain nombre de règles, élaborées, vérifiées et discutées à chaque étape de conception. Cela nous a permis d’en concevoir des principes, selon nous fondamentaux et universels, pour la conception de produits sûrs et éthiques. »

    « L’Éthique du code » a pour vocation de protéger l’utilisateur et de s’assurer que les géants de la technologie, tels que Sage, développent une IA sûre, sécurisée, adaptée aux besoins et, plus important encore, parfaitement inclusive afin de refléter la diversité des utilisateurs. En tant que chef de file de l’IA pour les entreprises, nous exhortons l’ensemble des acteurs, quelle que soit leur taille, y compris les hackers, à garder à l’esprit ces principes lors du développement ou du déploiement de leur propre solutions d’IA. »

    L’éthique du code : les cinq principes fondamentaux du développement de l’intelligence artificielle pour les entreprises

    Cliquez ici pour lire la version complète

     1. L’IA doit refléter la diversité de ses utilisateurs

    L’industrie et les communautés doivent mettre au point des mécanismes permettant de filtrer efficacement les préjugés et les sentiments négatifs au sein des données utilisées pour l’apprentissage de l’IA. L’objectif est de faire en sorte que l’IA ne reproduise pas de stéréotypes.

    2. L’IA, tout comme ses utilisateurs, doit être responsabilisée

    Les utilisateurs établissent une relation avec l’IA et lui font confiance après seulement quelques interactions probantes. Or, la confiance implique des responsabilités, et l’IA doit rendre compte de ses actes et décisions, au même titre que les humains. La technologie, aussi intelligente soit-elle, ne doit pas se soustraire à ses responsabilités. Nous n’admettons pas ce type de comportements de la part des autres professions dites « expertes », alors pourquoi la technologie ferait-elle exception ?

    3. L’IA doit être récompensée pour ses bons résultats

    Si l’apprentissage des systèmes d’intelligence artificielle se construit à partir de mauvais exemples, alors cela peut avoir des conséquences socialement inacceptables. N’oublions pas qu’actuellement, la majorité des solutions d’IA n’ont pas conscience de ce qu’elles disent. Seul un apprentissage reposant sur une grande diversité de sources de données permettra de résoudre le problème.

    L’une des approches possibles consiste à développer un système d’apprentissage de l’IA basé sur la récompense. Attention toutefois : les méthodes d’apprentissage par renforcement doivent non seulement déterminer ce que l’IA ou les robots doivent faire pour parvenir à un résultat donné, mais aussi s’assurer que ces actions s’alignent sur les valeurs humaines.

    4. L’IA doit promouvoir l’égalité des chances

    Les technologies vocales et les robots sociaux offrent de nouvelles solutions accessibles, en particulier aux personnes malvoyantes, dyslexiques et à mobilité réduite. Notre industrie doit accélérer le développement de nouvelles technologies pour promouvoir l’égalité des chances et élargir ainsi le vivier de talents au sein des entreprises.

    5. L’IA se substituera aux humains, mais créera aussi de nouvelles opportunités

    La robotisation des tâches générera de nouvelles opportunités auxquelles nous devons d’ores et déjà former les humains. En adoptant l’IA, les entreprises pourront se concentrer sur ce qu’elles font le mieux : développer le relationnel et prendre soin de leur clientèle.

    « Aujourd’hui, les entrepreneurs qui choisissent d’intégrer dans leurs usages quotidiens les innovations technologiques comme l’IA, vont pouvoir considérablement améliorer la productivité de leur entreprise. L’automatisation de tâches simples et répétitives permet aux salariés de consacrer plus de temps à des tâches créatrices de valeur et au développement du relationnel avec les clients. » explique Serge Masliah, Directeur Général, Sage Europe du Sud. « Il s’agit d’une avancée technologique déterminante. En publiant « l’éthique du code », Sage partage avec la communauté les règles essentielles au développement éthique de ces nouveaux outils. »

     Élargir le vivier de talents

    Pour combler la pénurie actuelle de professionnels de l’intelligence artificielle, Sage a lancé un programme de BotCamps. Il s’agit d’une première au Royaume-Uni dont l’objectif est de permettre aux 16-25 ans, ayant terminé leurs études, de se former aux rudiments de la programmation de bots et de systèmes d’intelligence artificielle. Ce programme inclusif est une belle opportunité de développement des compétences en conception de technologies accessibles. Ainsi enrichie de ces nouveaux talents formés aux technologies de pointe la communauté technologique entrera sans crainte dans la quatrième révolution industrielle.

     Montrer l’exemple

    Avec le lancement de son chatbot, Pegg, Sage a révolutionné le secteur de la comptabilité.

    Conçu pour libérer les clients des tâches administratives courantes qui les empêchent de se consacrer à des activités à plus forte valeur ajoutée, et entièrement conforme aux principes fondamentaux de Sage en matière d’intelligence artificielle, Pegg est un assistant intelligent qui permet aux petites entreprises de suivre leurs dépenses et de gérer leurs finances par le biais d’applications de messageries populaires telles que Facebook Messenger ou Slack.

    Un an après sa disponibilité générale, Pegg compte des dizaines de milliers d’utilisateurs dans 135 pays à travers le monde.

  • Le hacker « éthique » : un citoyen du web ?

    Le hacker « éthique » : un citoyen du web ?

    par Philippe Carrere – Sales Director IDP South Europe chez Gemalto.

    Avec un paysage numérique en pleine évolution, de plus en plus d’entreprises et d’entités publiques émettent le souhait d’adopter des solutions de sécurité afin de préserver l’intégrité de leurs données. De leur côté, les individus souhaitent surtout s’assurer que le web restera un espace d’information ouvert et accessible à tous. Malgré la multitude de technologies de pointes disponibles, l’homme reste le seul rempart efficace pour résoudre ces problèmes.

    La perception négative autour des hackers s’estompe donc peu à peu. La plupart des grandes entreprises continuent pourtant d’utiliser des programmes dits « Bug Bounty »[1] (Google, Apple ou Tesla par exemple). Egalement, la nécessité pour les gouvernements de se doter d’une législation claire et efficace devient une question centrale. Le gouvernement des Etats-Unis a adopté récemment des programmes tels que « Hack the Army » et « Dod Vulerabilty Disclosure Policy ». Dans ce contexte le hacker dit « éthique » représente un véritable renfort à la sécurité collective en assurant et en rendant accessible à tous l’ensemble du cyber paysage. Mais quels sont les éléments qui permettent de reconnaître un « bon » hacker ?

    Le portrait du hacker

    Il n’est pas si difficile de devenir un « bon » hacker. La chance se situe le plus souvent du côté de ce dernier car alors que chaque organisation doit s’assurer que l’ensemble des outils, systèmes et interactions soient sécurisés, le hacker, lui, doit juste cibler l’unique faille de sécurité – cet employé qui va par exemple cliquer sur un mail de phishing pour obtenir un accès. La technologie permet donc d’accroître ses connaissances sur le sujet et ses capacités, mais ne permet pas de devenir un hacker de talent. Un hacker de talent possède 4 traits de personnalité bien précis : la sociabilité, la curiosité, la flexibilité et sa motivation.

    Curiosité – Les grands hackers ont une curiosité naturelle. Ils se demandent continuellement comment une entreprise fonctionne, comment leur victime s’organise, quelles sont ses responsabilités ou sa manière de penser, jusqu’à ce qu’il touche l’essence même de la technologie ou de la personne ciblée. La moindre erreur d’appréciation représente autant de chance d’être repéré par la « victime ».

    Sociabilité – Les hackers de tous les jours s’attaquent aux technologies, les hackers intelligents ciblent les individus. Mais les hackers de talent, eux, savent quel parti attaquer et quand. Ces derniers doivent être curieux des individus autant que des technologies. Les utilisateurs ont prouvé à maintes reprises qu’ils étaient le maillon faible entre les deux en matière de sécurité. Un chiffre issu du Breach Level Index2 sur les failles des données indique que les informations d’identification des utilisateurs étaient utilisées dans 59% des brèches de sécurité.

    Flexibilité – Comme l’a déclaré George Santayana, « ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le répéter. » Pour réussir, les hackers doivent apprendre de leurs victoires et de leurs échecs, et surtout de la communauté des hackers en général. Des décennies plus tard, des hackers se font toujours attraper, la plupart du temps car ils surestiment leur capacité de dissimulation. Ils doivent désormais adapter leurs tactiques, et leurs procédures, afin d’accomplir leurs méfaits.

    Motivation – Le pirate qui fait habituellement les gros titres est celui qui se caractérise par ses actes malveillants, pour assouvir son appétit financier, prendre politiquement parti, ou tout simplement pour nuire à sa victime. Les hackers dont nous avons le plus besoin actuellement restent ceux motivés à protéger les individus et les organisations qui représentent des cibles potentielles, ceux qui sont habités par la volonté de vouloir bien faire. C’est cette motivation même qui représente le plus grand facteur de différenciation entre, d’un côté, les hackers qui lancent des attaques pour protéger l’intégrité des données, et ceux qui piratent dans le but de les corrompre. Ce qui nous amène à un aspect important, l’importance de renforcer notre cyberdéfense.

     Préserver la paix

    « Les guerres n’ont jamais blessé personne, sauf les personnes qui en meurent » – Salvador Dali

    Se préparer pour la cyberguerre est le moyen le plus efficace de préserver la paix. Ainsi, l’adoption de cyber-armes par les nations, les États et les entreprises est nécessaire, mais doit être traitée avec la même précaution que les armes nucléaires. Nous devons avoir des individus capables d’utiliser des technologies de pointe, qui leur permettra par la suite de naviguer sur le web en toute sécurité. Cependant, nous devons rester extrêmement précis quant à leur utilisation. Les attaques contre des gouvernements continuent d’augmenter3 mais heureusement sans pertes humaines pour le moment. Les hackers ne doivent en aucun cas être motivés par l’appât du gain ou la recherche du pouvoir, seulement par l’envie de faire le bien.

    Il ne fait aucun doute que, compte tenu des menaces actuelles, le piratage « éthique » pour la protection de l’intégrité des données et notre accès à l’information constitue une voie logique. Nous devons simplement nous assurer de la bienveillance morale des hackers afin de rendre le web plus sûr pour tous. Nous devons tous contribuer à éduquer, former, unir nos forces ou tout simplement encourager de telles formes de citoyenneté mondiale.

    Alors, êtes-vous en accord avec cette vision ?

     

     

  • Quand le progrès technique améliore l’environnement, l’humain et l’éthique

    Cette révolution numérique qui nous rend plus humains

    Par Julien Fredonie, Consultant IoT chez Infosys

    Alors que les innovations s’accélèrent à un rythme jamais vu, il est devenu de plus en plus difficile de prédire l’avenir. Nous surestimons les changements qui auront lieu dans les cinquante prochaines années, mais nous sous-estimons assurément les changements des 5 cinq prochaines années !

    Plus que jamais, le progrès technique et économique doit aller de pair avec le progrès environnemental, humain et éthique. Il est fort probable que ces changements et ces révolutions numériques puissent avoir un impact positif et puissent même nous rendre plus humains.

    Le grand défi de nos sociétés est d’arriver à faire face à une demande croissante d’énergie propre.

    Au niveau individuel, ou au niveau des entreprises, le fait que les acteurs de l’énergie aient mis en place des compteurs intelligents permet aux consommateurs de bénéficier d’une plus grande visibilité sur leur consommation d’énergie et les coûts associés et d’en maîtriser les différents paramètres.

    Le concept de micro-grid permet à des millions d’individus de produire de l’électricité grâce aux énergies renouvelables et de réinjecter dans le réseau global ce qu’ils ne consomment pas.

    Les capteurs doivent être intelligents, les calculs prédisent la consommation des agents et orientent l’énergie de manière transparente. En combinant objets connectés, machine learning et blockchain pour permettre à chaque « transaction » d’être enregistrée ou monnayée, il est possible d’arriver à un fonctionnement optimisé et distribué qui permet de répondre aux besoins de développement des énergies propres.

    Les objets connectés sont également utilisés pour protéger différentes populations, parfois dans des contextes particuliers : par exemple, les personnes âgées ou les travailleurs exposés à des conditions difficiles ou dangereuses. L’utilisation des objets connectés permet également la protection de certains animaux en voie de disparition : un exemple récent est celui de l’utilisation d’objets connectés via Sigfox pour suivre et ainsi protéger les rhinocéros des braconniers.

    Un autre enjeu mondial est celui de la nourriture. Les systèmes de surveillance de surfaces agraires permettent aux exploitants d’avoir une vue d’ensemble très détaillée et en temps réel de leur récolte Cette vision d’ensemble fournit des indicateurs permettant aux exploitants connectés d’optimiser la dispensation des soins et l’utilisation d’engrais ou d’adapter l’arrosage de manière ultra précise.

    Un tiers de la production mondiale de nourriture n’est jamais consommée et les objets connectés peuvent permettre de réduire le gâchis alimentaire. L’une des principales raisons de ce gâchis est la chaîne logistique. Là encore, l’utilisation de capteurs permet de suivre de manière très granulaire différents paramètres (température, humidité, lumière, chocs etc.) qui réduisent le cycle de vie des denrées alimentaires.

    Avec une visibilité fine des espérances de vie des produits, les entreprises peuvent mettre en place des processus de gestion différenciés et réduire ainsi le gâchis alimentaire.

    Des entrepreneurs ont également créé des récepteurs de déchets connectés qui permettent le traitement des déchets alimentaires de magasins ou restaurants et la transformation de leur gaz de décomposition en énergie renouvelable.

    L’IoT permet aux appareils de se connecter et aux utilisateurs de bénéficier d’écosystèmes riches en données provenant de machines plus intelligentes, plus autonomes. Cela amplifie l’imagination des humains, en les libérant des taches banales et routinières qui sont automatisées et numérisées. Cela permet aux professionnels de poursuivre de nouvelles idées et de nouvelles façons de faire.

    Evidemment, une simple technologie n’a jamais résolu de problème. La généralisation de ces technologies passe en outre par la prise en compte de défis majeurs : formation, sécurité des systèmes et des données etc.

    En revanche, ces technologies sont une formidable opportunité d’avoir accès à des informations qui n’étaient pas disponibles dans le passé et donc de trouver de nouvelles réponses aux défis de nos sociétés. Il convient donc de former les professionnels qui sauront exploiter ces opportunités et d’accompagner ces chercheurs et entrepreneurs qui construisent un monde meilleur grâce aux nouvelles technologies et aux objets connectés.