Étiquette : emplois

  • Quand le marché de l’emploi est fortement influencé par l’émergence des IA génératives

    Quels sont les salaires et les profils recherchés dans le digital pour l’année à venir ? 

    Pour l’édition 2025 de son étude annuelle « HR PULSE« , Aravati by Humanskills, (leader français du recrutement et du management de transition dans les métiers de la transformation), analyse les nouvelles dynamiques salariales et les profils les plus recherchés pour l’année à venir.

    Le marché de l’emploi, fortement influencé par l’émergence des IA génératives, connaît une transformation profonde qui redéfinit les attentes en matière de compétences, notamment les soft skills. L’étude « HR PULSE » mettra en lumière ces nouvelles exigences.

    Une stabilisation générale des salaires avec des augmentations ciblées

    En ce qui concerne les salaires, la tendance générale montre une stabilisation avec une hausse moyenne de 4% en 2024, comparée à une augmentation de 7% en 2023 (augmentation tirée vers le haut par les métiers de l’IA, de la data et de la tech). Cette modération marque la fin des hausses spectaculaires observées ces dernières années, reflétant les incertitudes économiques mondiales dues au contexte géopolitique et à une inflation sous contrôle.

    L’Executive Management : Un marché “en berne” malgré une demande pour les profils les plus techniques

    On observe une raréfaction de la demande pour les postes de dirigeants, influencée par plusieurs facteurs. La baisse des investissements des grandes entreprises, en adéquation avec la croissance économique, ainsi que le retour des dirigeants expatriés de régions telles que la Russie, l’Asie et les Amériques, ont freiné les recrutements à ce niveau. De plus, les startups, confrontées à un manque de levées de fonds, ne créent plus de nouveaux postes pour accompagner leur croissance.

    Cependant, certains postes de direction avec une forte composante technique, tels que ceux de CIO (Chief Information Officer), CISO (Chief Information Security Officer) et Head of AI, restent très recherchés. Les rémunérations pour ces rôles continuent d’augmenter, avec une hausse moyenne de 13%, témoignant de la valeur stratégique de ces compétences dans un environnement technologique en constante évolution. Dotés de 10 à 15 ans d’expérience, les CIO et CTO ont une rémunération moyenne de 140 K€ contre 160 K€ pour le CISO – un chiffre pouvant monter à 250 K€ pour les CIO les plus expérimentés (+ de 15 ans) !

    Les métiers de la Data et de l’IA en tête des augmentations salariales

    Les métiers de la Data et de l’Intelligence Artificielle (IA) continuent d’attirer des talents, avec des hausses salariales significatives. Les experts en IA, disposant de plus de 7 ans d’expérience, demeurent très recherchés, bénéficiant d’une augmentation de rémunération autour de 12% (soit une rémunération de 95 K€ par an), similaire à celle observée l’année précédente.

    De nouveaux postes tels que les Machine Learning Ops, chargés de déployer les algorithmes en production dans des entreprises matures, émergent avec des salaires atteignant 80 K€ pour 5 ans d’expérience. Par ailleurs, les data engineers et data analysts restent également en forte demande, avec des augmentations de salaires moyennes de 6%.

    RSE et durabilité : des fonctions stratégiques de plus en plus recherchées

    La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) prend de l’ampleur alors que les entreprises se préparent à mettre en place leur reporting CSRD. Les profils hybrides, combinant expertise métier et forte culture environnementale, tels que les data-analystes RSE, les analystes ESG et les diversity managers, sont particulièrement recherchés. Ces postes voient leurs salaires augmenter légèrement, d’environ 8% par rapport à l’année précédente, bien que les budgets de fonctionnement restent contraints. Ils ont également l’avantage d’offrir aux collaborateurs de belles perspectives d’évolution financières avec une rémunération qui a fortement augmenté en quelques années seulement : avec moins de 3 ans d’expérience, le salaire moyen d’un analyste RSE est de 38 K€ et de 40 K€ pour le Chief ESG Compliance, contre respectivement 80K € et 110 K€ avec plus de 7 ans d’expérience. La pénurie de profils expérimentés dans des domaines tels que le green management ou le green IT profite aux seniors dotés de compétences en labellisation, qui voient leurs rémunérations augmenter de 12%.

    Métiers du produit et du design : une orientation vers une dimension technique accrue

    Les métiers de Product Owner (PO) et de Product Manager (PM) se diversifient et se spécialisent, donnant naissance à des rôles comme PO Data, ou Product OPS (Product Operations Manager). Ces spécialisations répondent à des besoins spécifiques en matière de gestion et d’optimisation des processus de travail, reflétant une évolution vers une plus large intégration de ces fonctions au sein des entreprises.

    L’intégration croissante de technologies avancées telles que l’intelligence artificielle (IA) marque l’évolution des métiers du produit et du design. Sur le plan salarial, on observe une stabilisation autour de 2% en moyenne pour les Product Owner « classiques », tandis que les Product Owner plus spécialisés bénéficient de hausses plus significatives, entre 8% et 10%.

     Vers une flexibilité accrue et un recours régulier au management de transition

    Le contexte économique pousse de nombreuses entreprises à adopter des solutions de management de transition pour mener à bien leurs projets de transformation. Cette pratique connaît une croissance de 20% cette année, avec une forte concentration en Île-de-France, mais près de 25% des missions se déroulent en région.

    Les tarifs pour ces missions restent stables, voire en hausse de 7 à 15%, particulièrement dans les métiers liés à l’expérience client ou candidat, fortement influencés par l’essor de l’IA. Quel que soit le profil, la demande pour des managers spécialisés capables de s’adapter rapidement aux évolutions technologiques et aux transformations organisationnelles continue de croître.

    En 2024, le management de transition s’affirme ainsi comme une solution stratégique pour les entreprises de toutes tailles en quête d’agilité et de réactivité

  • Quels sont les chiffres de l’emploi de la communication et du marketing ?

    Chiffres emploi Secteur Marketing/Communication/Graphisme

    Données HelloWork

    1/ Évolution globale Données :
    offres d’emploi en CDI/CDD/Alternance et Intérim au 1er trimestre 2023, comparé à la même période en 2022.
    • Nombre total en volume : 36 080 offres dans ce secteur diffusées sur hellowork.com entre le 1er janvier et le 31 mars 2023.
    • Comparé à la même période en 2022, le volume d’offres d’emploi dans ce secteur a augmenté de 30%. contrat Volume T1 2023 part évolution N-1 CDI 21 186 59% 39% CDD 3 966 11% -35% Alternance 8 271 23% 107% Intérim 2 657 7% 5% Total 36 080 30%

    • Les offres d’emploi dans le secteur représentent 30 080 offres. Une augmentation de 30% comparé à la même période en 2022.
    • En termes de localisation, l’Ile-de-France concentre à elle seule plus de la moitié (51%) des offres d’emploi du secteur de la communication et du marketing diffusées en CDI, CDD, Alternance et Intérim sur hellowork.com.

    2/ Localisation des offres d’emploi
    Données : offres d’emploi en CDI, CDD, Alternance et Intérim
    Au premier trimestre 2023, l’Ile-de-France concentre à elle seule plus de la moitié (51%) des offres d’emploi du secteur Communication/Marketing diffusées en CDI, CDD, Alternance et Intérim sur hellowork.com.

    3/les 10 métiers les plus recherchés dans le secteur de la communication et du marketing au 1e trimestre 2023 sont :

      • Chargée de communication
      • Chef de produit
      • Infographiste
      • Assistant marketing
      • Community manager
      • Responsable marketing
      • Chef de projet marketing
      • Category manager
      • Coach en image
      • Marketeur
  • L’impact de ChatGPT sur les entreprises, les personnes et le travail dans le secteur IT

    Comment faire en sorte que l’intelligence artificielle soit une aide pour l’homme et non pas une menace

    Par Svetlin Nikolaev – Directeur de l’Innovation et de l’UX chez Progress+

    De nombreux enjeux existent depuis l’apparition de ChatGPT que ce soit en matière de sécurité des données partagées, d’’impact sur les emplois, de la meilleure façon de tirer parti de la cohabitation entre l’homme et la machine ou encore de comment faire en sorte que l’intelligence artificielle soit une aide pour l’homme et non pas une menace.

    Or la perception de cette intelligence artificielle est différente pour les employeurs et les employés. En effet, en termes de productivité et d’emplois, ChatGPT devrait avoir un impact non négligeable dans les secteurs de la finance, des logiciels et des technologies. Voici quelques exemples d’impacts significatifs.

    Une automatisation des tâches optimale

    La démocratisation de la technologie ChatGPT a de nombreux impacts.
    L’augmentation de la productivité grâce à l’automatisation des activités récurrentes (machine learning) aidera notamment les entreprises à économiser du temps et des ressources. Par exemple, concernant l’impact sur le travail des informaticiens, il existe de nombreux facteurs. Notamment des connaissances et des expériences spécifiques, ainsi que l’utilisation de la technologie dans l’entreprise concernée et dans l’industrie dans son ensemble.
    La robotisation des tâches permettra aux spécialistes informatiques de consacrer plus de temps à des initiatives plus complexes et stratégiques. C’est exactement ce dont ils se soucieraient pour la gestion et l’intégration de systèmes basés sur l’intelligence artificielle. Que ce soit dans l’ensemble des technologies déjà utilisées dans l’entreprise, dans le développement de nouvelles compétences ou encore dans la standardisation des processus.

    Selon une étude Sortlist, menée entre le 27 décembre 2022 et le 9 janvier 2023, auprès de 500 utilisateurs dans 6 pays (le Royaume-Uni, la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne, les PaysBas et la France), 50 % des employés pensent que leur productivité au travail pourrait être multipliée par deux ou trois. Quant aux employeurs, ils prévoient une augmentation de la productivité de 74% en moyenne.

    Améliorer l’expérience utilisateur sans oublier la valeur humaine

    Ayant longtemps incubé auprès dans les grandes entreprises, nous observons désormais la démocratisation de l’accès de ChatGPT pour les utilisateurs finaux.
    Avec ChatGPT et Bing, Dall.e2, Midjourney, GitHub CoPilot, Open Ai et Microsoft proposent des interfaces avec un accès et une utilisation facile du contenu généré – texte, images, code de programme, etc. ChatGPT permet une expérience utilisateur améliorée. Il peut être programmé pour comprendre les besoins des utilisateurs individuels. Il fournira alors des expériences et des informations personnalisées.

    Toutefois, il est important d’utiliser des données et des algorithmes impartiaux. Cela peut inclure une sélection minutieuse des données de formation et la garantie que les algorithmes sont transparents et explicables. Il est encore plus important de former des modèles sans parti pris ni stéréotypes. Des outils comme ChatGPT – et d’autres outils similaires – sont en fin de compte des machines et ne peuvent pas vraiment comprendre ou ressentir les émotions comme le font les humains. Bien qu’ils puissent simuler l’empathie dans une certaine mesure, il est important d’être conscient de leurs limites et de les utiliser comme un outil pour soutenir l’empathie et la compréhension humaines, plutôt que comme un substitut. En fin de compte, maintenant plus que jamais, nous devons être conscients du côté humain des logiciels.

    De nouvelles opportunités d’emplois

    ChatGPT va permettre de mécaniser certaines activités récurrentes, réalisées à l’origine par l’homme. Il peut s’agir par exemple de la rédaction des offres d’emploi. Ceci va engendrer une optimisation de la main-d’œuvre et des changements dans les compétences requises pour certains postes. Cet effet a un deuxième côté positif – de nouvelles opportunités d’emploi seront créées. Le développement et la mise en œuvre de ChatGPT en tant que technologie créeraient de nouveaux rôles professionnels dans les domaines de l’apprentissage automatisé, du traitement des données et du génie logiciel.

    Toutefois, selon l’étude Sortlist, en France, 19% des employés craignent que ChatGPT ne prenne leur place. De la même façon dans le secteur des logiciels et technologies : 26% des employeurs prévoient des suppressions d’emplois à cause de ChatGPT.
    Il est donc important de bien délimiter la frontière entre opportunités et menaces en matière d’utilisation de ce chatbot dans le secteur des RH de manière à en tirer le meilleur profit.

    Elaborer des lignes directrices claires en matière d’éthique et de juridique

    Ainsi, ChatGPT a le potentiel d’avoir un impact significatif sur la façon dont les entreprises fonctionnent et sur la façon dont les consommateurs utilisent des produits et services spécifiques. Cette évolution pourrait avoir un effet à long terme sur l’économie mondiale.

    À l’heure actuelle, il existe un intérêt sans précédent, ce qui crée une pression sur les entreprises pour qu’elles présentent leur réponse ou une manière d’utiliser une technologie basée sur l’intelligence artificielle. Il est important de mentionner qu’il existe actuellement de nombreux cas liés à ChatGPT, de nature éthique et juridique, qui doivent être résolus, y compris ceux liés à l’authenticité du contenu généré. Ces sujets mobiliseront également de nombreux spécialistes en dehors de la sphère informatique.
    L’élaboration de règles et de lignes directrices claires pour l’utilisation de l’intelligence artificielle, ainsi que le contrôle de la qualité pour une utilisation efficace et responsable de la technologie, sont également essentiels pour l’avenir commun de ChatGPT dans les entreprises.

  • ChatGPT: Est-ce la fin de ma carrière ? Va-t-on nous remplacer ?

    ChatGPT : menace ou opportunité ?

    Selon Sortlist

    ChatGPT annonçait un million d’utilisateurs en une semaine, et il semblerait qu’en quelques jours le logiciel soit déjà devenu un incontournable au bureau. Face aux nouvelles vagues de licenciement dans la tech, il semblerait également que l’outil vienne semer d’autres inquiétudes.
    D’autant qu’entre temps, ChatGPT est intégré à Bing, posant les mêmes soucis au monde du SEO.

    Sortlist, a décidé d’interroger 500 employés et employeurs utilisateurs de ChatGPT dans six pays différents pour faire le point et comprendre ce qu’ils pensent de l’apparition de ChatGPT sur le marché du travail et s’ils le considèrent comme une menace ou une opportunité.

    Voici quelques-uns des résultats de l’étude :

    * 23% des salariés travaillant dans le secteur des logiciels et de la technologie s’inquiètent de la possibilité de perdre leur emploi à cause de ChatGPT ;

    * Les millenials dans la technologie et la finance sont 2,4 fois plus préoccupés que ChatGPT prenne leurs emplois ;

    * La plupart des employés (32%) perçoivent de potentiels gains de productivité allant de 25 % à 50 %, tout comme les employeurs (33%) ;

    * Les employés anticipant des gains de productivité utiliseraient ChatGPT pour la programmation, les employeurs l’utiliseraient pour la commercialisation ;

    * Bien qu’enthousiasmé par les gains de productivité potentiels de ChatGPT, 40% s’est dit préoccupé par la perte de contact humain.

    Conclusion 

    ChatGPT a créé des perceptions différentes parmi les employés et les employeurs quant à son impact potentiel sur la main-d’œuvre. Que ce soit sur les suppressions d’emplois ou en termes de productivité, ChatGPT pourrait avoir un impact sur les secteurs de la finance, des logiciels et des technologies avec l’IA intégrée dans, très probablement, leurs départements marketing.

    On ne sait pas si le chatbot continuera à être accessible gratuitement, mais les employeurs sont prêts à payer pour obtenir du texte généré par l’IA. Mais attendons de voir si le contenu du chatbot avec un filigrane qui pourrait aussi bien dire « Je n’ai pas été écrit par un humain » changera notre utilisation du chatbot (Source: https://www.sortlist.fr/blog/chat-gpt-statistiques/)

    L’étude a été menée entre le 27 décembre 2022 et le 9 janvier 2023 auprès de 500 utilisateurs dans 6 pays: Royaume-Uni, Belgique, Allemagne, Espagne, Pays-Bas et France.
    L’étude complète ici

  • Le bouleversement de l’arrivée de l’IA dans les entreprises

    Le bouleversement de l’arrivée de l’IA dans les entreprises

    par Stéphane Roder, Fondateur de The AI Builders

    Les solutions du marché basées sur de l’IA vont apporter immédiatement à l’entreprise des gains de productivité. Cependant, c’est en s’appuyant sur les métiers que les entreprises pourront tirer le maximum de cette technologie et prétendre à l’augmentation de leur compétitivité.

    Les solutions IA du marché ne seront pas des différentiateurs
    Les milliards déjà investis ont vu éclore une myriade de solutions répondant aux problématiques communes à toutes les entreprises. En venant assister des métiers, optimiser des process ou automatiser des tâches, l’introduction de ces solutions sur étagère dans l’entreprise va s’inscrire tout naturellement dans la continuité de ce que l’on appelait « l’informatisation » avant que cela ne devienne la transformation digitale, initiée dans les années 90 avec l’arrivée de la bureautique. Des métiers qui n’avaient jusqu’alors bénéficié que de très peu d’aides vont se voir enfin équipés d’outils d’augmentation de leur productivité.

    En permettant aux entreprises de réaliser des gains de productivité substantiels, cette première étape de l’introduction de l’IA ne sera pourtant en aucun cas un différentiateur. En effet, même s’il y a toujours une prime aux premiers utilisateurs des ruptures technologiques, la bureautique en son temps n’a jamais été un axe de différentiation à long terme. Il en sera de même avec les solutions du marché basées sur de l’IA devenues des « must have » que tout le monde mettra en œuvre. Qui se privera d’un outil de prédiction de décision de justice ou de revue des contrats dans un service juridique, de générateurs automatiques de listes de prospects dans un service marketing ? Personne ! La différentiation, et en cela l’augmentation de la compétitivité, se fera sur la capacité qu’auront les entreprises à valoriser les autres gisements sur lesquels l’IA a aussi un très fort impact.

    L’augmentation de la compétitivité de l’entreprise se trouve en son sein
    L’IA permet d’aborder de nouvelles problématiques dans l’entreprise, de modéliser une activité et d’en prévoir l’optimum voire même parfois d’arriver à automatiser tout ou partie de la production et pourquoi pas la vente. C’est ce que l’on appelle le Model Driven Business, les business dont les actions sont modélisables, on dit aussi actionnables par des modèles.
    On connait depuis longtemps ces robots qui réalisent de manière automatique du trading car ils ont en eux des modèles qui leur permettent de prendre les « bonnes » décisions d’investissement et de les exécuter. Il en sera de même pour toutes les entreprises, dans une moindre mesure bien sûr car il sera pratiquement impossible de tout automatiser comme dans le trading, mais chaque tâche modélisée contribuera à l’optimisation de l’ensemble du business d’une société. Modéliser tout ou partie de son business sera l’un des grands enjeux de cette révolution mais cela ne sera possible que si l’on inclut les métiers qui connaissent ces gisements de productivité.

    Les métiers sont les « révélateurs » de ces gisements…
    Il ne sert à rien de recruter en masse des Data Scientists pour « voir » ce qu’ils pourraient faire et attendre d’eux qu’ils reviennent avec une idée géniale qui va révolutionner votre entreprise. Ce ne sont pas des consultants, ce sont des informaticiens de la statistique. Ils savent merveilleusement bien résoudre un problème qu’on leur soumettra mais dans l’entreprise, ils sont rarement à l’origine d’un développement car trop éloigné de sa réalité opérationnelle. Ce sont les métiers de l’entreprise qui seront les « révélateurs » de ces nouveaux gisements de gains de productivité car ils ont conscience des paramètres qui font le succès de leur activité. Il faudra savoir les écouter et les inclure dans des équipes pluridisciplinaires pour que leur vision de la modélisation d’une de leurs tâches, décision ou action, prenne forme avec l’IA et soit intégrée en bonne place dans le schéma directeur IA pour créer de la valeur.

    …à condition qu’ils soient formés
    Encore faut-il que ces métiers aient une vision analytique de leur activité et soient formés à ce changement de paradigme pour devenir les révélateurs de ces nouveaux modèles dont l’entreprise aura besoin pour se transformer.
    Trop peu de personnes ont intégré de manière analytique l’environnement dans lequel elles travaillent. Cette culture du traitement de la donnée ou de sa compréhension est encore trop absente de nos entreprises. La faute à la data qui n’est pas toujours présente, à la Business Intelligence (BI) qui a été trop peu utilisée pour créer de la valeur et entraîner les cerveaux et à cette aversion bien française aux mathématiques appliquées à qui l’école de la République mais aussi l’entreprise n’a pas su nous donner goût. On le voit, ce sont les sociétés comme les banques ou encore des industriels comme Airbus qui sont les plus avancées dans leurs déploiements de l’intelligence artificielle et cela parce qu’elles ont des métiers qui sont structurellement analytiques. Il faudra qu’il en soit de même pour le reste de l’industrie et que la vision analytique fasse partie intégrante de la culture de l’entreprise.
    Sans toutefois n’avoir jamais programmé, ces futurs révélateurs devront aussi avoir acquis un minimum de connaissances sur les grands concepts du Machine Learning pour pouvoir participer à des équipes pluridisciplinaires et montrer la voie. Des notions de base comme l’apprentissage supervisé, l’apprentissage non supervisé, le jeu d’apprentissage, le biais et le traitement du langage naturel devront être comprises de tous pour être en mesure d’interagir avec des Data Scientists.

    L’entreprise analytique
    Plus qu’une révolution technologique, c’est une révolution culturelle que les entreprises vont devoir affronter avec l’arrivée de l’IA. L’entreprise analytique doit devenir la préoccupation majeure des dirigeants, DSI et Chiefs Digital Officers, s’ils ne veulent pas laisser à d’autres le bénéfice de ces gains de compétitivité. Il faudra pour cela que se mette en place une politique volontariste dans l’entreprise qui devra être relayée en amont par l’éducation nationale pour que des notions aussi simples que le Machine Learning soient mises à la portée de tous au plus tôt.

    L’intelligence artificielle est une révolution pour l’entreprise, elle va bouleverser tous les métiers, mais aussi les structures de coûts, de revenus, et leurs organisations. Car, si l’intelligence artificielle permet évidemment d’automatiser et de simplifier un certain nombre de tâches, elle permet également la création de nouveaux modèles ainsi que la réappropriation de l’ensemble de la chaîne de valeur d’une entreprise.

    « Comme à chaque révolution, les illuminés se déchainent et promettent l’imminence de l’apocalypse. En démystifiant l’IA, et en comprenant les grands principes, sans toutefois entrer dans la mathématique et encore moins dans la programmation, le manager doit avoir pleinement conscience du potentiel mais aussi des limites de l’IA d’aujourd’hui pour ce projeter et imaginer les futurs gisements de gain de productivité et de création de nouveaux revenus. »

     

  • IA : comprendre les discours alarmistes et opportunistes  

     » Intelligence artificielle : serons-nous des collaborateurs augmentés ou… au chômage ? « 

    Par Saad Zniber, Co-fondateur de Yatedo

    Si pour une grande partie des pays de l’Union Européenne le taux de chômage baisse de manière significative, ce n’est pas le cas de la France (Eurostat). Dans ce contexte tendu, l’intelligence artificielle n’est pas toujours perçue de la meilleure façon, voire même, tend à devenir un bouc émissaire d’avenir. L’argument principal contre l’IA ? Son arrivée supprimerait de nombreux postes et augmenterait considérablement le taux de chômage. Mais qu’en est-il vraiment ? Quels métiers seraient menacés ? Quelle transformation pour l’Homme ? Et à quoi ressemblerait la collaboration Homme/IA ?

    Comprendre les discours alarmistes et opportunistes

    L’Intelligence Artificielle sera responsable de la suppression de nombreux emplois. C’est l’argument numéro 1 de ses opposants depuis des années. Une étude du cabinet Roland Berger (2014) annonçait une destruction de 1,5 millions d’emplois directs d’ici 2025 dans la zone Euro. En France, on parle de 225.000 emplois directs peu qualifiés menacés et presque autant d’emplois indirects. Plus largement et depuis toujours, les Hommes imaginent que des robots dotés d’une intelligence humaine prendront le pouvoir. Pour beaucoup c’est une légende. Pas pour Elon Musk qui tire la sonnette d’alarme : « […] jusqu’à ce que les gens voient vraiment des robots tuer des personnes, ils ne sauront pas comment réagir, tellement ça leur paraîtra irréel. Je travaille sur des formes très avancées d’intelligence artificielle, et je pense qu’on devrait tous s’inquiéter de ses progrès ».

    D’autres voient dans l’IA des opportunités. Les machines pourront remplacer les Hommes sur des tâches pénibles ou répétitives (sans valeur ajoutée) ou encore dangereuses. Elles n’ont pas de contraintes physiques (comme la faim, les effets du stress ou de la fatigue), et sont donc en activité optimale permanente. Aussi, concernant le coût horaire, celui des machines est de moins en moins élevé selon l’analyse de INSEE, IFR, Berger : s’il était de 116€ pour une machine il y a 30 ans (contre 9€ pour l’Homme), la courbe s’inverse et, en 2020, les rôles seront inversés (10€ pour la machine, 19€ pour l’Homme).

    Oui l’Intelligence Artificielle va détruire des millions d’emplois. Mais elle va aussi en créer! 21 millions d’après une étude de Cognizant Technology Solutions Corp.de 2017. Une autre étude de Accenture tend à prouver que l’IA va augmenter de 10% en moyenne les effectifs des entreprises ayant accès à cette technologie.

    Quels sont les métiers menacés par l’IA ?

    En 2017, les universités de Yale et d’Oxford se sont associées pour réaliser une étude sur l’IA. Le résultat est présenté sous la forme d’un calendrier précis sur l’évolution de l’IA. Elle serait capable de réaliser n’importe quelle tâche mieux que l’Homme d’ici 45 ans (2062) ! Entre temps, les traducteurs (2024), les chauffeurs de poids lourd (2027), les commerçants (2031), les écrivains (2049) ou encore les chirurgiens (2053) verraient leur emploi automatisé.
    En fait, toutes les catégories socio-professionnelles seraient touchées (47% des emplois seraient menacés, selon le rapport « The future of employment ». D’abord les emplois directs peu qualifiés, puis les emplois indirects. Une étude de McKinsey nous apprend que seulement 5% des actions humaines peuvent être automatisées à 100%. En effet, l’IA, c’est l’automatisation d’une partie des tâches, pas le remplacement radical des emplois. En réalité, si tous les métiers seront impactés par le développement de l’intelligence artificielle, ils vont surtout se transformer : 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore !

    Comment l’homme doit évoluer et envisager sa transformation culturelle

    Il faut maintenant apprendre à considérer l’automatisation comme une opportunité, non comme un risque ! Le premier changement à adopter n’est pas technologique, mais culturel. En encourageant par exemple les formations professionnelles (trop peu mises en avant aujourd’hui) à ces nouvelles technologies. Prenons l’exemple de la révolution industrielle qui a imposé l’automatisation dans l’industrie automobile : la population d’ouvriers a diminué de 50% et celle des cadres augmenté de 45% (Etude Roland Berger). L’IA nous permet de nous concentrer sur des tâches à forte valeur ajoutée.

    Cependant, pour assumer la mutation des postes à faible valeur ajoutée en postes à forte valeur ajoutée, il est nécessaire de former les employés aux nouvelles démarches méthodologiques, aux métiers de demain. Dans ce sens, le récent rapport de Cédric Villani, « Donner un sens à l’intelligence artificielle », prévoit de former des talents en IA. Objectif : multiplier par trois le nombre de personnes formées en IA d’ici à 3 ans, créer de nouveaux cursus et de nouvelles formations à l’IA.

    A quoi ressemblera la collaboration Homme/IA

    L’exemple parfait que je connais bien est celui de notre propre IA, Yatedo Talent, qui est une solution de sourcing capable d’identifier les meilleurs talents sur le web. Est-ce que cela signifie que notre IA va prendre la place des recruteurs ? Pas du tout. Elle automatise les tâches répétitives à faible valeur ajoutée (comme l’identification des profils) et permet aux recruteurs de se concentrer sur des tâches à forte valeur ajoutée « humaines » (mise en relation, entretien, décision). Elle recentre la fonction de recruteur sur l’humain, à qui la décision finale appartient et appartiendra toujours. Il faut imaginer l’automatisation comme l’opportunité d’une étroite collaboration Homme/IA. Les machines, si elles travaillent plus vite et sans se fatiguer, ont besoin de l’Homme qui est le seul à posséder des capacités d’adaptation.

    Nos métiers vont se transformer mais l’IA ne prendra pas la place de l’Homme. Techniquement, les IA que nous créons sont capables d’étudier, de lire, de traiter 100 millions de fois plus d’informations qu’un être humain. Elles sont capables de synthétiser ces informations pour nous fournir celles qui vont nous aider dans notre prise de décision. La peur générale suscitée par l’IA est aujourd’hui infondée car elle est très loin du niveau de l’intelligence humaine. Nous entrons dans la 4ème révolution industrielle, avec pour partenaire l’IA.

  • Emploi dans le digital : les secteurs qui recrutent, les métiers qui rapportent

    Emploi dans le digital : les secteurs qui recrutent, les métiers qui rapportent

    Adzuna, le moteur de recherche d’offres d’emploi en ligne, annonce les résultats d’une étude sur l’emploi dans le numérique, réalisée sur la base des 850 000 offres d’emploi disponibles sur le site en Février 2018.  Adzuna.fr dénombre à cette période près de 119 725 offres d’emploi et de stage à pourvoir dans le secteur du numérique et de l’informatique.

    Près d’une offre d’emploi dans le digital sur trois se situe en Ile-de-France (34.4%). Auvergne-Rhône-Alpes arrive en deuxième position avec 11.27% des offres, largement portée par la partie Rhône-Alpes qui regroupe à elle seule 88% des offres de cette région.
    C’est en Ile-de-France que les emplois du numérique sont les mieux rémunérés avec un salaire 9% supérieur à la moyenne des salaires proposés dans le digital (36 072€) et 16% supérieur à la moyenne des salaires proposés en France en ce moment (33 232€).

    Régions Nombre d’offres % des offres Salaire moyen
    Ile de France 41 266 34.5% 39 562 €
    Auvergne-Rhône-Alpes 13 493 11.3% 34 659 €
    Hauts-de-France 8 960 7.5% 34 799 €
    Pays de la Loire 8 947 7.5% 32 037 €
    Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrenées 8 783 7.3% 32 358 €
    Aquitaine Limousin Poitou-Charente 7 807 6.5% 31 885 €
    Provence-Alpes-Côte d’Azur 7 191 6.0% 35 244 €
    Alsace Champagne-Ardenne Lorraine 6 330 5.3% 35 631 €
    Bretagne 6 068 5.1% 34 613 €
    Centre-Val de Loire 4 138 3.5% 36 184 €
    Normandie 3 393 2.8% 39 309 €
    Bourgogne Franche-Comté 3 128 2.6% 35 456 €
    Corse  221 0.2% 37 552 €

    Les trois profils les plus demandés sont ceux des ingénieurs réseaux, développeur Full-stack et développeur mobile. En effet ce sont des postes assez généralistes nécessaires dans de nombreuses activités.

    Métiers Nombre d’offres Salaire moyen
    Ingénieur réseaux 1 051 44 572 €
    Développeur Full-Stack 628 27 792 €
    Développeur Mobile 423 32 012 €
    Community manager 396 28 204 €
    Lead Développeur 390 36 180 €
    Data scientist 380 43 144 €
    UX designer 335 38 803 €
    Data analyst 304 41 756 €
    Webdesigner 289 31 714 €
    Chef de projet MOA 288 48 800 €
    Scrum Master 267 39 821 €
    Directeur Technique 251 57 181 €
    Traffic Manager 190 30 412 €
    UI designer 188 37 034 €
    Chef de projet MOE 147 46 637 €
    Content manager 108 42 636 €
    Architecte Big Data 93 42 607 €
    Responsable SI 89 47 732 €
    Chef projet mobile 72 39 964 €
    Responsable CRM 56 67 500 €
    Digital Marketing manager 50 40 200 €
    Web analyst 47 50 125 €
    Infrastructure informatique 47 43 535 €
    Growth Hacker 34 45 300 €
    SEO manager 32 45 000 €
    SEA manager 23 45 000 €

    Les domaines du Big Data et de la Blockchain affichent les salaires les plus élevés du secteur du digital (45 910€ et 42 460€ respectivement).
    Hyacinthe Mutin, Country Manager France d’Adzuna déclare : « En 2 ans, le recrutement dans le digital a évolué au grès des innovations et des mutations du secteur.  On observe une augmentation des offres d’emploi dans les domaines du Big Data et de la Blockchain.  Ces postes sont stratégiques pour de nombreuses entreprises en développement qui proposent des salaires élevés pour attirer les meilleurs candidats. »

    Domaines Nombre d’offres Salaire moyen
    Mobile 10 400 33 127 €
    Big Data 3 838 45 910 €
    Facebook 2 791 33 845 €
    Intelligence Artificielle 805 34 482 €
    Blockchain 273 42 460 €
    Réalité augmentée 179 37 619 €

    Java, SQL, Javascript et PHP sont toujours les langages informatiques les plus demandés mais on note l’émergence de GO (langage lancé par Google en 2012) qui n’était pas présent dans le classement en 2016 et Python dont le nombre d’annonces a doublé en 2 ans.

    Languages informatiques Nombre d’offres % des offres Salaire moyen
    Java 9 089 20.1% 39 219 €
    SQL 6 543 14.5% 39 768 €
    JavaScript 5 082 11.2% 37 794 €
    PHP 4 329 9.6% 35 882 €
    Python 2 753 6.1% 39 333 €
    C# 2 688 5.9% 36 973 €
    GO 2 516 5.6% 38 447 €
    C++ 2 265 5.0% 39 758 €
    SEO 1 606 3.5% 31 884 €
    Perl  526 1.2% 39 317 €
    PL/SQL  466 1.0% 37 839 €
    MATLAB  322 0.7% 39 511 €
    Scala  291 0.6% 37 767 €
    Windev  279 0.6% 34 282 €
    Swift  243 0.5% 32 145 €
    Visual Basic  232 0.5% 33 573 €
    Objective-C  219 0.5% 31 282 €
    Ruby  204 0.5% 37 750 €
    Delphier  120 0.3% 30 700 €
    Delphi  120 0.3% 30 700 €
    Transact-SQL  58 0.1% 39 625 €
    Scheme  32 0.1% 20 000 €
    Visual Basic .NET  28 0.1% 45 500 €

     

  • Quand l’IA est à l’origine directe de création de postes

    L’intelligence artificielle crée des emplois pour les organisations qui l’ont déployéeet stimule les ventes

    4 entreprises sur 5 ont créé des emplois en ayant adopté l’intelligence artificielle

    Capgemini, publie les résultats de son étude « Turning AI into concrete value: the successful implementers’ toolkit », réalisée auprès de 1 000 entreprises ayant un chiffre d’affaires supérieur à 500 millions de dollars et qui ont recours à l’intelligence artificielle (IA), que ce soit en phase de test ou à grande échelle1. Cette étude déjoue les craintes de destruction massive d’emplois à court terme  que provoquerait l’adoption de l’IA et révèle les perspectives de croissance qu’offre cette dernière. En effet, l’IA est à l’origine directe de création de postes dans 83% des sociétés interrogées et, dans trois quarts des cas, d’une augmentation des ventes de 10%.

    Création d’emplois

    Les résultats de cette enquête, menée auprès de dirigeants de sept secteurs d’activité dans neuf pays, montrent que quatre entreprises sur cinq (83%) ont créé des emplois grâce à l’adoption de l’intelligence artificielle, avec deux tiers des postes créés au niveau cadre ou cadre supérieur. Par ailleurs, parmi les sociétés qui utilisent déjà les technologies d’IA à grande échelle, plus de trois sur cinq (63%) n’ont pas supprimé de postes du fait de l’adoption de l’IA.

    Outre la tendance à favoriser la création de postes à responsabilité, le rapport montre également que les entreprises considèrent l’intelligence artificielle comme un moyen de réduire le temps consacré aux tâches répétitives et administratives pour se concentrer sur celles à plus forte valeur ajoutée. La plupart des organisations interrogées (71%) ont entrepris des actions proactives de formation ou de perfectionnement des employés pour tirer profit de leurs investissements dans l’IA. Parmi celles qui ont procédé à une mise en oeuvre à grande échelle, la vaste majorité estime que l’IA simplifiera les tâches complexes (89%) et que les machines dotées d’intelligence coexisteront avec les hommes dans les entreprises (88%).

    « Ce que nous souhaitons c’est que l’être humain puisse utiliser le meilleur de ses capacités», explique Michael Natusch, responsable mondial de l’IA chez Prudential. « L’IA permet de consacrer moins de temps aux tâches monotones autrefois exécutées par l’homme, permettant ainsi de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée pour l’entreprise et pour les clients. »

    L’expérience client, première motivation des organisations ayant adopté l’intelligence artificielle

    D’après cette étude, les entreprises technophiles ont recours à l’intelligence artificielle pour stimuler les ventes, dynamiser les opérations, améliorer l’engagement client et recueillir des informations pertinentes pour les activités. Les résultats sont prometteurs : trois quarts des sociétés voient déjà leurs ventes augmenter de 10% depuis la mise en oeuvre de cette technologie. Les entreprises qui ont adopté l’IA misent beaucoup sur l’amélioration de l’expérience client : 73% d’entre elles considèrent que l’IA peut les aider à accroître leurs taux de satisfaction client, et 65% pensent qu’elle pourrait renforcer la fidélité de leur clientèle.

    Occasions manquées

    Cependant, l’étude montre que de nombreuses entreprises doivent encore aligner leurs investissements dans l’intelligence artificielle aux opportunités commerciales. Les experts en technologies poussent les sociétés à privilégier les grands projets autour de l’intelligence artificielle, souvent difficiles à mettre en place, au détriment de projets plus raisonnables qui pourraient être tout autant bénéfiques. Ainsi, plus de la moitié d’entre elles (58%) se concentrent sur les mises en oeuvre « nécessaires », ou sur des projets à forte valeur ajoutée mais très complexes tels que ceux relatifs au service client, alors que seules 46% procèdent aux mises en oeuvre « indispensables », de faible complexité mais à forte valeur ajoutée. Se positionner à la fois sur ces deux types de projets leur serait davantage bénéfique, avec pour résultat, par exemple, la possibilité de réduire le taux de perte client jusqu’à 26% en moyenne pour celles qui mettent en place un grand nombre de « best practices ».

    Les secteurs traditionnels en tête

    Les secteurs traditionnels et fortement réglementés sont à la pointe de l’innovation en matière d’intelligence artificielle : les télécoms (49%), la grande distribution (41%) et les banques (36%) ont mis en oeuvre l’IA à grande d’échelle, tandis que les industries automobile (26%) et manufacturière (20%) connaissent actuellement les taux d’utilisation de l’IA les plus faibles.

    De même, il existe un contraste frappant entre les régions du monde. L’Inde arrive en tête – plus de la moitié (58%) des entreprises qui ont déployé des initiatives d’IA l’ont fait à grande échelle – suivie par l’Australie (49%). Les pays européens – notamment l’Espagne (31%), les Pays-Bas (24%) et la France (21%) – sont moins avancés dans ce domaine. Cela montre que les entreprises qui évoluent dans ces marchés ne sont pas encore prêtes à adopter l’IA.

    Comme l’affirme Ron Tolido, Chief Technology Officer Insights & Data du groupe Capgemini : « L’IA a la capacité de révolutionner toutes les entreprises, quel que soit leur secteur d’activité et le marché dans lequel elles évoluent ; son potentiel est illimité. Cependant, il existe un contraste important entre celles qui exploitent les solutions d’IA à grande échelle et en récoltent les fruits, et celles qui sont encore en phase de test.

    Certaines concentrent leurs efforts sur les projets d’IA très complexes et manquent ainsi des opportunités sur des projets faciles à réaliser qui pourraient leur apporter des résultats rapidement. Les entreprises, en particulier celles qui n’ont pas déployé l’IA à « grande échelle », devraient se concentrer sur ces projets plus simples pour bénéficier plus rapidement de toutes les opportunités offertes par l’IA. »

    Comment se lancer dans l’intelligence artificielle

    Les entreprises qui souhaitent exploiter le plein potentiel de l’intelligence artificielle sont confrontées à de nombreux défis et auront besoin de définir clairement les domaines où elles, et leurs clients, pourront tirer le meilleur parti de l’IA sur le long terme. En conclusion, le rapport identifie les étapes clés avant d’initier la mise en oeuvre d’un projet d’IA, parmi lesquelles :

    . prendre en considération les dimensions technologiques mais aussi humaines
    . identifier les domaines où l’IA peut offrir les avantages les plus importants sur le long terme
    . allier vision descendante et exécution ascendante
    . préparer l’entreprise à la mise en oeuvre.

    Vous pouvez télécharger une copie du rapport en cliquant ici.

    Méthodologie de l’étude

    Cette étude du Digital Transformation Institute de Capgemini met en lumière les opportunités et bénéfices de l’intelligence artificielle pour les entreprises. Le rapport rassemble les témoignages de 993 personnes interrogées dans neuf pays : Australie, France, Allemagne, Inde, Italie, Pays-Bas, Espagne, Royaume-Uni et Etats-Unis. Il s’agit de dirigeants d’entreprises, multinationales et start-ups exerçant leurs activités dans sept secteurs (l’automobile, la banque, les assurances, l’industrie, les télécommunications et les Utilities) qui ont fait le choix d’investir dans l’intelligence artificielle. Le chiffre d’affaires des entreprises ayant répondu à cette étude est supérieur à 500 millions de dollars. L’enquête a été réalisée entre mars et juin 2017.