Étiquette : emploi

  • Quand 78 % des Français ont peur d’être un jour remplacés par une I.A. ou un robot

    Les nouvelles technologies risquent-elles de prendre votre emploi ? 

    Botnation, la plateforme française de création de chatbots évolutifs, a interrogé 1 058 professionnels en relation avec des clients et 1 956 consommateurs afin de savoir comment ils appréhendent les nouvelles technologies. Paradoxalement, les Français pensent que les robots ne remplaceront pas les humains mais… ont quand même peur que cela se produise !

    Les robots remplaceront les pros… mais surtout sur les aspects désagréables !

    Avec l’avènement des chatbots, bon nombre de professionnels et de consommateurs s’interrogent sur leur métier et leur relation avec ces nouvelles technologies. Ainsi, plus de 67 % des professionnels et 56 % des consommateurs pensent que les robots peuvent remplacer une personne en contact avec les clients. Mais dans le détail, les faits sont plus modérés. En effet, seulement 8 % des professionnels et 5 % des consommateurs déclarent que ce remplacement interviendra en totalité. Ils estiment donc en majorité que seulement une partie de cette relation client sera effectuée par des robots : 59 % pour les professionnels et 51 % pour les consommateurs.

    Pensez-vous que les robots (chatbot par exemple), peuvent remplacer une personne en relation avec des clients ?
    Réponses Professionnels Consommateurs
    Oui en totalité 8 % 5 %
    Oui mais en partie seulement 59 % 51 %
    Non pas du tout 33 % 44 %

    Même constat en ce qui concerne l’intelligence artificielle. Plus de 66 % des professionnels et 61 % des consommateurs déclarent que les humains seront remplacés par l’I.A. mais seulement sur les aspects les plus désagréables de certains métiers.

    Pensez-vous que l’intelligence artificielle va remplacer les humains dans la relation clients ?
    Réponses Professionnels Consommateurs
    Oui en totalité 5 % 4 %
    Oui mais en partie seulement sur les aspects les plus désagréables 66 % 61 %
    Non pas du tout 29 % 35 %


    Des changements en cours

    Plus en phase avec les évolutions de leurs marchés respectifs, 29 % des professionnels pensent qu’il faut encore quelques années pour que ces bouleversements soient visibles et opérationnels. Un fait conforté par 11 % pour qui ces changements sont déjà effectifs. Alors que 33 % des consommateurs pensent qu’il faudra encore plus de temps.

    Vous pensez que ces bouleversements vont intervenir :
    Réponses Professionnels Consommateurs
    Dans plusieurs dizaines d’années 25 % 33 %
    Jamais 15 % 29 %
    Dans quelques années 29 % 21 %
    C’est déjà arrivé 11 % 8 %
    Je ne sais pas 20 % 9 %


    Une peur irrationnelle ?  

    Même si globalement, les évolutions sont lentes et incertaines, plus de 78 % des Français ont tout de même peur d’être remplacés par les nouvelles technologies. Dans le détail, 45 % des professionnels et 56 % des consommateurs craignent de perdre totalement leur emploi à cause des évolutions technologiques et respectivement 27 % et 29 % dans une moindre mesure.

    En règle générale, avez-vous peur que les technologies vous remplacent dans votre travail ?
    Réponses Professionnels Consommateurs
    Oui totalement 45 % 56 %
    Oui un peu 27 % 29 %
    Non pas du tout 28 % 15 %

     

    « L’être humain est naturellement conditionné pour craindre les évolutions mais également totalement apte à s’y adapter. Il est donc important de préparer ses employés à l’intégration de nouvelles technologies comme l’IA et les éduquer sur les étapes ou les changements que cela implique pour leurs emplois et l’organisation de l’entreprise  » déclare Emmanuel FRANCOISE, fondateur de Botnation.

    Il est primordial de montrer à ses employés comment les chatbots les aideront, en leur donnant des exemples de tâches et en leur présentant qu’un nouveau travail plus intéressant les attend. Les robots s’occupent des aspects les plus désagréables et promettent donc d’améliorer le quotidien de bon nombre de Français.

    Pour le dirigeant de Botnation : « Il faut inclure les employés dans ces processus, leur faire partager les réussites et discuter des améliorations. Le but est de partager l’effort de ce changement global car les employés sont responsables de la réussite d’un programme d’intégration de robots. Il est nécessaire d’obtenir l’adhésion de son personnel pour assimiler que l’IA ne va pas les remplacer. La résolution de problèmes appartient toujours aux humains. Les employés sont responsables de la réussite d’un programme d’intégration de robots.  » et de poursuivre :  » Ils doivent se sentir valorisés et comprendre leur rôle essentiel dans la stratégie de l’entreprise. Au sein de Botnation, nous créons des espaces pour expérimenter ces technologies en développant facilement de nouveaux prototypes avec des outils no-code… comme ceux que nous proposons aux professionnels.  »,

    * Méthodologie : enquête réalisée auprès 1 058 professionnels en relation avec des clients et 1 956 consommateurs, répartis sur l’ensemble du territoire français. Sondages effectués en ligne, sur le panel propriétaire BuzzPress France, selon la méthode des quotas, durant la période du 1er au 14 juin 2021.

     

     

  • La rentrée à l’heure de la COVID-19 : les différentes étapes pour un retour au travail apaisé

    La rentrée à l’heure de la COVID-19 :
    les différentes étapes pour un retour au travail apaisé

    Par Patrice Barbedette, Senior Vice President HCM Solutions, Europe, Oracle

    Alors que toutes les entreprises préparent actuellement la rentrée de septembre, nous sommes tous à nous demander à quoi va ressembler ce retour à une nouvelle normalité redéfinie par la pandémie de la COVID-19. Pour chacune d’entre elles, les mesures qui ont été prises dépendent essentiellement de l’impact qu’a eu le confinement sur leurs activités, tant sur les plans financiers qu’organisationnel. Bien qu’aucune décision ne soit gravée dans le marbre, les RH doivent d’ores-et-déjà prendre des directives pour assurer la sécurité de leurs employés et mettre en place des protocoles afin de faire face à un possible rebond de l’épidémie, tout en assurant la continuité des activités.

    Pour les RH, cette période si particulière consiste surtout à planifier le retour des employés dans les locaux de l’entreprise, et à redéfinir sous quelle forme et à quel moment.

    Les décisions semblent difficiles à prendre avec une crise sanitaire de cette envergure et les risques liés à une deuxième vague. Nous savons que le retour à un espace professionnel ne se fera pas comme avant cette période sans précédent, et qu’il y aura probablement plusieurs phases. Il est ainsi nécessaire de tirer les enseignements de ces derniers mois au regard notamment de l’apprentissage de nouvelles méthodes de travail à distance et de l’utilisation du numérique ; cela doit servir aux entreprises à développer une meilleure adaptabilité et à démocratiser davantage le télétravail. Aujourd’hui, 55%[1]  des salariés qui sont retournés à leur bureau ne travaillent plus du tout de chez eux. Avons-nous réellement tiré les leçons de cette crise sanitaire qui n’est pas terminée ?

    La nécessité de gérer et segmenter l’organisation des bureaux

    L’une des premières étapes d’un plan de retour au bureau pour les RH sera de déterminer qui doit réintégrer les locaux de l’entreprise en priorité. Selon les directives nationales et les politiques de santé différentes suivant les régions, l’anticipation doit primer. Des scénarios doivent être préétablis et un présentiel adapté mis en place.

    Les responsables RH devront travailler directement avec les équipes pour comprendre les besoins et impératifs de chacun pour mieux s’organiser. Cela concerne avant tout les salariés qui rencontrent des difficultés à travailler de chez eux car leur travail ne se résume pas qu’à des tâches derrière un clavier d’ordinateur. Mais cela s’applique également pour les personnes qui ont besoin de se retrouver au sein d’un environnement plus sécurisé selon leurs activités (comme la défense, la recherche etc…) et qui n’ont pas toutes les ressources nécessaires à domicile.

    En fonction des évolutions des règles sanitaires et de la capacité d’accueil des entreprises, les salariés qui feront partie de la deuxième série de retour seront ceux qui se sentent bien plus productifs dans un environnement plus professionnel et propice au travail en équipe. Certains pensent également que ce retour au bureau pourrait concerner la population qui serait immunisée contre la COVID-19. Cependant, chaque entreprise est différente et les règles administratives sont amenées à changer selon les secteurs. S’adapter continuellement et communiquer auprès des salariés sera indispensable.

    La troisième catégorie de salariés à opérer un retour au sein des bureaux pourrait être plus complexe. Elle dépend également de la volonté de chacun. Aujourd’hui, une entreprise ne devrait pas imposer à un employé d’avoir à revenir dans ses locaux s’il lui est possible de travailler de chez lui ; en tout cas, l’entreprise devrait au moins lui offrir des garanties qui peuvent satisfaire ses volontés et apaiser ses craintes. Beaucoup de sociétés, comme Twitter par exemple, ont fait part de leur volonté d’étendre le télétravail au-delà de la crise sanitaire. Quant aux DAF, ils sont aujourd’hui 68% à penser que cette crise amènera des changements à long terme sur l’organisation du travail en entreprise. De nombreux DRH avec qui nous avons pu échanger récemment travaillent, pour la plupart, à la réorganisation des locaux ou à l’établissement de calendriers présentiels pour s’adapter à de nouvelles normes plus fluides.

    Encore une fois, tout cela ne sera possible que si ces aménagements s’adaptent aux souhaits des salariés, au contexte et au bon fonctionnement des équipes.

    Bien des employés aujourd’hui déclarent être plus productifs en travaillant de chez eux, voire souhaiter pouvoir alterner une forme de semi-présentiel semi-télétravail, leur permettant de mieux concilier leur vie personnelle et leur vie professionnelle ; c’est particulièrement vrai pour les salariés ayant de jeunes enfants à la maison.

    Par ailleurs, il existe une quatrième catégorie de salariés pour laquelle le retour au travail semble beaucoup plus problématique. En fonction des avancées de la recherche sur la disponibilité d’un vaccin, voire d’un ralentissement significatif de la COVID-19 et des mesures de santé publique prises par le gouvernement, les personnes avec des pathologies médicales lourdes ou qui présentent des risques forts liés à certaines maladies ne pourront pas se retrouver au sein d’espaces de travail partagés. Ceux-là ne souhaiteront pas se mettre en danger et ils devront bénéficier d’une approche toute particulière axée sur la compassion et la considération de leurs besoins ; une approche suivant laquelle agir avec humanité restera la priorité.

  • S’adapter pour réussir : l’avenir de la technologie en Europe par FORRESTER

    Série de Webcasts gratuits 

    Pour guider les chefs d’entreprise sur la manière de se frayer un chemin à travers les changements dus au COVID-19, Forrester annonce une série de webcasts gratuits, « S’adapter pour réussir : l’avenir de la technologie dans la région EMEA » du 8 au 10 juin 2020.

    Les directeurs informatiques et les leaders de la technologie en Europe sont confrontés à des perspectives économiques incertaines et en rapide détérioration à la suite du COVID-19. Avec la réduction des budgets consacrés aux technologies et des dépenses en matière de logiciels, l’externalisation des technologies et la diminution du personnel technique dans tous les secteurs, les organisations doivent réévaluer leurs priorités et faire preuve d’adaptabilité en cette période de changements constants.

    La série comprendra des webinaires, des guides gratuits et des rapports de recherche axés sur le climat commercial européen actuel, son évolution et la manière dont les entreprises peuvent s’adapter de manière proactive aux forces fluctuantes du marché. Les analystes de Forrester partageront leurs perspectives et fourniront les outils et les éléments de connaissance dont les managers et CIO de la région EMEA ont besoin aujourd’hui.

    Le programme de la série de webcasts gratuits européens ci-dessous :

    Lundi 8 juin :
    10 h – 10 h 30 : Innover avec les technologies émergentes en période de pénurie, Martha Bennett, directrice adjointe et analyste principale

    15 h – 15 h 45 : L’avenir de l’emploi en Europe, Dan Bieler, analyste principal

    Mardi 9 juin :
    10 h – 10 h 45 : Leçons tirées de la crise du COVID-19, Laura Koetzle, directrice adjointe et directrice du groupe

    15 h – 15 h 45 : Éviter le désastre de l’automatisation, Diego Lo Giudice, directeur adjoint et analyste principal, et Bernhard Schaffrik, analyste principal

    Mercredi 10 juin :
    10 h – 10 h 45 : Leçons d’ouverture des services financiers en matière d’innovation, Jacob Morgan, analyste principal

    16 h – 16 h 30 : Réalisez votre transformation numérique de manière éthique et transparente pour l’emporter dans un monde postpandémique, Enza Iannopollo, analyste principal

  • Linkedin publie son 1er rapport sur les emplois émergents

    Emplois émergents : les tendances

    Au travers de son 1er rapport sur les emplois émergents, LinkedIn dévoile le Top 15 des emplois émergents en France pour l’année 2019, c’est-à-dire des métiers en forte croissance, pour lesquels il y a une augmentation soutenue d’une année sur l’autre des professionnels embauchés. Sans surprise, ces emplois, qui reflètent une tendance sur le long terme, sont principalement liés aux nouvelles technologies et reflètent la digitalisation de la société française. Le rapport de LinkedIn révèle également les compétences associées à ces métiers, les villes dans lesquelles ils se trouvent et les industries qui embauchent le plus de talents.

    Principales tendances des emplois émergents :

    • Avec le RGPD, la protection des données prend de l’ampleur. Depuis la mise en place du Règlement général sur la protection des données (RGPD), la recherche pour des profils qualifiés dans la protection des données s’est intensifiée. Ainsi, le nombre de délégués à la protection des données est 32 fois plus élevé qu’en 2015. Ce chiffre est supérieur à ceux d’autres marchés, comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne.
    • Le boom de la tech’ profite aussi à d’autres professions. Tandis que la France se positionne en tant que hub pour les travailleurs de la tech’ en Europe, le besoin en recruteurs spécialisés se fait aussi de plus en plus grand. À titre indicatif, les postes de responsable recrutement et de recruteur IT se retrouvent également en bonne position.
    • Agent immobilier, la grande surprise du classement. Grâce à des taux d’intérêt attractifs, l’année 2018 a atteint le record de 31 milliards d’euros investis sur le marché immobilier français. Cette hausse des investissements s’accompagne d’un besoin accru d’agents immobiliers, l’un des trois métiers à la plus forte croissance.
    • Les entreprises technologiques toujours en tête. Plus de 42 % des talents employés dans des postes émergents travaillent dans les secteurs des services informatiques, des logiciels et de l’Internet. La tendance devrait se poursuivre, comme en témoigne l’énorme bond en avant du secteur de la sécurité informatique et réseau avec 63% de talents en plus par rapport à l’année dernière.
    • Des professions majoritairement masculines. Actuellement, 81 % de ces emplois émergents -tous secteurs confondus- sont occupés par des hommes.

    Principales tendances géographiques

    • La plupart des métiers émergents se trouvent à Paris. Avec près de 60% des postes émergents situés dans la capitale, Paris domine le marché. La capitale regroupeégalement près de 75% des offres d’emploi concernant les métiers émergents.
    • D’autres villes connaissent aussi une forte demande Si Paris est toujours en tête, d’autres villes misent également sur les métiers de demain. À Strasbourg, Marseille, Rennes, Nantes et Bordeaux, le nombre d’entreprises qui emploient des talents émergents a ainsi augmenté de plus de 40% par rapport à l’année précédente.

    Le Top 15 des emplois émergents 2019

    1. Délégué à la protection des données
    2. Ingénieur en intelligence artificielle
    3. Agent immobilier
    4. Customer Success Specialist
    5. Community Manager
    6. Ingénieur en fiabilité de site (SRE)
    7. Spécialiste en cybersécurité
    8. Ingénieur DevOps
    9. Ingénieur Data
    10. Data scientist
    11. Consultant Data
    12. Responsable recrutement
    13. Développeur Big Data
    14. Recruteur IT
    15. Analyste en capital investissement

     

    Pour télécharger le rapport complet c’est ici :
     https://business.linkedin.com/fr-fr/talent-solutions/emerging-jobs-report/emerging-jobs-report-france#

     

     

  • Croissance, emploi, innovation, international : comment les e-commerçants abordent-ils 2019 ?

    Croissance, emploi, innovation, international : Comment les e-commerçants abordent-ils 2019 ?

    Enquête FEVAD et LSA sur le moral des e-commerçants français – Edition 2019

    La Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) publie les résultats de son baromètre sur le moral des e-commerçants. Cette étude, réalisée en partenariat avec le magazine LSA s’appuie sur une enquête menée auprès des dirigeants des principaux sites de e-commerce français, pour la 8ème année consécutive.

    L’optimisme reste de mise malgré les craintes sur la baisse de la consommation des ménages

    Bien que préoccupés par la baisse de consommation liée au pouvoir d’achat (citée en 1ère ou 2ème préoccupation par 60% des e-marchands), les dirigeants d’entreprise du secteur sont confiants dans l’avenir. 88% d’en eux se déclarent optimistes et plus de la moitié d’entre eux le sont même plus que l’an dernier ! Ils sont 81% à être confiants quant aux perspectives de croissance de leur chiffre d’affaires en 2019. Et ce, même s’ils s’attendent à l’accélération de la montée en puissance des acteurs étrangers.

    La situation financière des entreprises devrait, elle aussi, continuer à évoluer de manière positive en 2019. Ainsi, une large majorité des répondants (63%), anticipe une augmentation de leur performance financière. Et pour ceux dont l’entreprise était déficitaire en 2018, 3/4 d’entre eux anticipent une amélioration de leur situation cette année.

    Parmi les leviers de croissance sur lesquels misent le plus les dirigeants pour 2019 figurent, d’une part, la progression de l’internet mobile et, d’autre part, l’accélération de l’augmentation de la fréquence d’achat.

    Un optimisme qui devrait rejaillir sur la création d’emplois

    L’optimisme des e-commerçants se traduira à nouveau cette année par un nombre important de recrutements. Près d’une entreprise sur deux a prévu d’augmenter ses effectifs en 2019. Un chiffre d’autant plus encourageant que la moitié d’entre elles a déjà augmenté ses effectifs l’an dernier. Cela confirme l’impact positif du secteur en matière de création d’emplois dans le secteur du commerce.

    La montée en puissance de la RSE dans les stratégies d’investissement 

     Afin d’accompagner leur développement, les e-commerçants devraient cette année concentrer leurs investissements en priorité en informatique pour une très grande proportion d’entre eux (7 sur 10) et le marketing/publicité (près de 5 sur 10). 1/3 des entreprises prévoit cependant d’accroître aussi les investissements en RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises). Un chiffre qui témoigne de la volonté des acteurs de répondre aux nouvelles exigences d’une clientèle de plus en plus sensible à l’impact environnemental lié à leurs actes d’achat.

    Côté communication, les entreprises comptent bien miser sur les réseaux sociaux (pour 7 entreprises sur 10), le brand content et le référencement naturel (pour 6 sur 10). La vidéo sur Youtube et la publicité on-line feront également l’objet d’investissements plus importants pour 4 entreprises sur 10.

    Enfin, l’emprise des marketplaces sur l’activité e-commerce se confirme. 30% des e-commerçants y ont recours (+6 points en un an) et 19% ont même décidé de développer leur propre marketplace (vs 14% en 2018) afin d’enrichir la gamme de produits et/ou services proposée sur le site, en hébergeant les offres d’entreprises tierces.

    La livraison comme arme de séduction massive

    La livraison gratuite (sans seuil de montant de panier) devient une pratique quasi- générale. Elle est proposée par 7 marchands sur 10, tout comme l’offre de livraison express (65%). L’abonnement type « premium » (livraisons illimitées pendant un an) est désormais proposé par 14% des e-marchands (+6 points en un an) et continue à faire l’objet de nombreux projets de développement : un tiers des e-marchands déclarent s’y intéresser de près pour leur site.

    La collaboration avec les start-ups n’a jamais été aussi forte

    L’innovation devrait rester au cœur de la stratégie des e-commerçants. Concernant les innovations qu’ils considèrent comme les plus prometteuses et sur lesquelles ils comptent bien miser au cours des trois prochaines années, les e-marchands placent en tête de leurs projets de développement les solutions de paiement (52%), suivies du marketing prédictif (40%) à égalité avec les services à base d’IA (40%). Viennent ensuite l’unification des stocks, les solutions de retour en boîtes aux lettres et les assistants vocaux.

    Pour développer des solutions innovantes, les e-commerçants sont toujours plus nombreux à se tourner vers les start-ups. La collaboration avec celles-ci n’a jamais été aussi forte.    6 e-marchands sur 10 déclarent désormais faire appel à des startups pour leurs projets d’innovation (vs 46% en 2018). Ces projets concernent en premier lieu les domaines du marketing, la relation client et les paiements.

    L’international, une source de croissance qui ne se tarit pas

     66% des e-commerçants sont désormais présents à l’international (vs 62% en 2018).  Pour les plus petites entreprises, l’activité à l’étranger est récente (58% vs 44% en 2017). Les 3 premiers pays de destination sont toujours la Belgique (90%), l’Espagne (72%) et l’Allemagne (65%). L’Italie arrive en 4ème place et passe devant le Royaume-Uni sans doute en raison des craintes liées Brexit.

    La fiscalité et les aspects juridiques figurent en tête des difficultés rencontrées par les e-marchands dans le cadre de leur développement à l’international. Cela explique le fait que l’accélération de l’harmonisation réglementaire arrive largement en tête de leurs attentes vis-à-vis de la prochaine législature européenne.

    Malgré ces difficultés, les e-marchands comptent bien continuer à tirer profit des opportunités de développement à l’international. Ils sont 72% à avoir observé une hausse de leurs ventes à l’étranger entre 2017-2018. Et plus d’une entreprise sur deux réalise même plus de 20% de son chiffre d’affaires à l’étranger. L’augmentation devrait se poursuivre à l’avenir : 88% prévoient une augmentation du poids de leurs ventes à l’international au cours des deux prochaines années.

     

     

  • Emploi dans le marketing et la communication : les profils digitaux ont la côte

    Emploi dans le marketing et la communication : les profils digitaux ont la côte

    Quelle perception les professionnels de la communication et du marketing ont-ils du marché de l’emploi ? Qu’est-ce qui les motive ? Quels sont les leviers pour les fidéliser ? L’étude réalisée par Fed Business, en partenariat avec RegionsJob révèle leur point de vue et propose un focus sur les profils digitaux, très recherchés par les recruteurs.

    Spécialiste du recrutement des marketeurs et communicants, le cabinet Fed Business, en partenariat avec RegionsJob, a mené une enquête auprès de 522 professionnels. Interrogés entre juin et septembre 2017, ils ont livré leur perception du marché de l’emploi et de ce qui les anime. Des enseignements riches pour les recruteurs, sur un marché plutôt dynamique et perçu comme tel par les répondants souvent approchés par les entreprises. Contrairement à ce que dit la rumeur, le secteur n’est peut-être pas aussi difficile pour les candidats et avant tout pour ceux ayant une compétence digitale.

    Focus sur les profils digitaux : les ultras recherchés
    Très recherchés par les entreprises, les profils digitaux sont naturellement plus sollicités. 69 % des répondants ont été contactés entre 1 et 7 fois au cours des 6 derniers mois. Conséquence logique, ils se montrent plus exigeants et difficiles à fidéliser : 78 % d’entre-eux ne se projettent pas au-delà des 5 ans… Côté salaire, ils se montrent globalement satisfaits (50 %). Un chiffre à comparer à celui de l’ensemble des répondants, digitaux et non digitaux dont une grande partie (60 %) touche une rémunération inférieure à 34 K€ par an et sont satisfaits de leur salaire à 30 % seulement.
    Lorsqu’ils recherchent un nouveau challenge, 62 % font tout d’abord appel à leur réseau et à la cooptation tandis que 56 % passent par un cabinet de recrutement. Quant aux besoins de formation pour monter en compétences, c’est Google Analytics qui se démarque (42 %).

    Les professionnels du marketing et de la communication veulent travailler en PME et sont motivés par l’intérêt de leurs missions
    Près de 70 % des professionnels du marketing et de la communication veulent travailler dans une PME. Ce qui les attire ? La variété des tâches, la polyvalence, la gestion de projets. C’est aussi ce qu’ils expriment en indiquant qu’ils sont motivés par l’intérêt de leurs missions (57 %) – et ce quel que soit leur niveau d’expérience professionnelle[1] – et avant la rémunération (36 %) ! Assez rare pour le souligner.
    [1]  On remarquera un léger changement dans l’ordre de classement pour les plus de 15 ans d’expérience qui placent en 2ème critère de choix l’ambiance de travail à 42% et seulement en 3ème position la rémunération à 35%.
    Nouveaux projets et évolution de carrière, les deux fondamentaux pour fidéliser !
    Ils le disent : pas plus de 5 ans dans la même société pour la grande majorité des répondants (65 %). Alors que les professionnels du marketing et de la communication cherchent à multiplier les expériences, comment les fidéliser ? Les projets confiés et l’évolution (missions, management…) sont les deux leviers privilégiés puisque classés en 1ère position (presque ex-aequo) par, respectivement, 33 % et 31 % des répondants. Le 3ème critère de fidélisation étant, sans grande surprise, l’évolution de la rémunération, levier classé en 2ème position par 28 % des répondants.
  • Le marché de l’emploi de la Fintech en France

    Le marché de l’emploi de la Fintech en France

    Chaque année, KPMG et H2 Ventures publient leur classement des FinTech mondiales les plus innovantes. Cette année, Lendix, une entreprise française figure dans le Top 50 du secteur. Dans ce contexte, le méta-moteur de recherche d’emploi Joblift a étudié l’emploi du marché français de la Fintech, qui en 2017 affiche une augmentation mensuelle moyenne de 3% environ, contre -3% pour le secteur bancaire. Si la Fintech embauche principalement des développeurs, les portes restent ouvertes aux autres professionnels de la banque. Par ailleurs, face à ses voisins européens, Paris garde une place de poids dans la Fintech en termes d’emplois, derrière Londres et juste devant Berlin.

    La Fintech affiche une augmentation inversement proportionnelle au secteur bancaire
    5 286 emplois ont été publiés en France les 24 derniers mois. Une augmentation mensuelle moyenne de 10% a été observée en 2016 et de 3% en 2017. Malgré une nette baisse, cette augmentation tranche avec le secteur bancaire qui a vu sa publication d’offres baisser de 3% en 2017, après une hausse de 3% l’année précédente. Le ralentissement est significatif en comparaison avec le marché de l’emploi qui affiche 2% d’augmentation mensuelle moyenne depuis les 24 derniers mois. Il est par ailleurs intéressant de noter que 34% des offres Fintech ont été émises par des banques traditionnelles, le reste étant dominé par les PME et les start-ups.

    Des opportunités d’évolution pour les conseillers bancaires

    Avec presque 70% des postes pourvus en CDI, la Fintech se pose en secteur innovant et sûr. Le secteur bancaire offre quant à lui 57% de CDI, soit seulement cinq points de plus que la moyenne nationale. Dans la Fintech, 24% des offres s’adressent aux développeurs, 11% aux conseillers financiers et 10% aux commerciaux. Dans la banque, les conseillers financiers (19%), les employés de services administratifs et financiers (10%) et les analystes (5%) sont les principaux profils recherchés. Par ailleurs, s’il est trop tôt pour affirmer que la Fintech remplacera les conseillers bancaires, le nouveau secteur semble ouvert et offrir des opportunités pour les professionnels de la banque. 45% des annonces pour commerciaux demandent une expérience de trois ans minimum et 12%, cinq ans.

  • REPLAY Event du 28/11 – By SAS France – Intelligence artificielle, algorithmes, automatisation…La mort du travail ?

    Impact de la numérisation de l’économie sur l’emploi

    Le Club Business Analytics info a réuni, le 24 novembre dernier, pour un échange et une réflexion sur le thème de l’impact de la numérisation de l’économie sur l’emploi (de droite à gauche sur la photo) :

    capture-decran-2016-12-02-a-14-19-00Monique Dagnaud, sociologue, directrice de recherche émérite au CNRS à l’Institut Marcel Maus, membre du comité éditorial de Telos-eu.com et auteur de « Le modèle californien : Comment l’esprit collaboratif change le monde» ;

    Max Blanchet, senior partner chez Roland Berger, auteur de « Industrie 4.0, Nouvelle donne Industrielle,nouveau modèle économique» et conseil depuis plus de 20 ans auprès de groupes industriels et de la fonction publique ;

    Christian Fauré, président de l’IRI (Institut de Recherche et d’Innovation), managing partner chez OCTO Technology et membredu Conseil d’administration d’Ars Industrialis, co-auteur de l’ouvrage « Pour en finir avec la mécroissance » ;

    Mouloud Dey,directeur innovation et business development de SAS France. 

    Thomas Boullonnois de Rumeur Publique introduit cette table ronde en remarquant qu’inverser la courbe du chômage est la priorité affichée des candidats comme des gouvernements successifs depuis 30 ans. sans grand succès jusqu’à présent. Et d’énoncer quelques constats et chiffres récents.

    La technologie, pour reprendre une expression chère à l’association Ars Industrialis, est un « pharmakon », ce qui signifie qu’elle véhicule à la fois le poison et le remède. Côté poison, une étude de l’Université d’Oxford a récemment conclu que la numérisation del’économie menace un emploi sur deux en Europe. Le cabinet d’analystes Roland Berger a chiffré à 3 millions le nombre d’emplois voués à disparaître à l’horizon 2025, précisant que 42% des métiers ont une forte probabilité d’automatisation.

    Côté remède, Paul Duan, un jeune français sorti de Sciences Po et Berkeley, vient de lancer en collaboration avec Pôle Emploi une plate-forme tirant parti d’unalgorithme d’intelligence artificielle pour conseiller et guider le demandeur d’emploi de manière personnalisée. Son ambition : réduire le chômage de 10 % sans nouvelle prime à l’embauche, ni refonte du Code du travail, et ce, indépendamment de la conjecture économique.

    Depuis longtemps, la relation technologie-emploi a été analysée et interrogée par de nombreux commentateurs. Déjà en 1930, Keynes annonçait que la technologie allait permettre de travailler 15 heures par semaine. Mais, si elle est à l’origine de la disparition d’une part des emplois, la technologie peut-elle contribuer à en créer de nouveaux ? Ou faut-il se résoudre d’ores et déjà à repenser la société « après » le travail ? Et quel rôle attribuer à l’éducation dans cette transformation, quand deux tiers des métiers de demain restent à inventer ? Autant de questions posées aux experts de cette table ronde.

    Assiste-t-on à la mort du travail ?

    AUTOMATISER N’EST PAS DÉTRUIRE

    Intelligence artificielle, algorithme, automatisation. Assiste-t-on à la mort du travail ?

    Max Blanchet pense que si de nombreuses théories présentent la digitalisation et l’automatisation comme une vague inarrêtable de suppressions d’emplois menant tout droit à un chômage de masse, la réalité reste plus contrastée. Roland Berger a repris et enrichi les travaux de l’Université d’Oxford, pour analyser métier par métier, la probabilité de son automatisation. Si de 35 à 45% sont concernés, cela ne signifie pas qu’ils vont être détruits. La distinction entre automatisation et destruction estessentielle.

    D’autre part, l’industrie depuis le XIXe siècle a toujours recherché à améliorer la productivité. Alors qu’une usine automobile regroupait 30 000 personnes au début de l’industrialisation, ce nombre n’a cessé de baisser depuis, pour atteindre environ 3 000 aujourd’hui. L’industrie française a en moyenne supprimé 700 000 postes tous les dix ans, depuis 30 ans. Cette réduction est liée à deux facteurs principaux : la productivité et la compétitivité. Mais simultanément de nombreux emplois ont été créés ailleurs, notamment dans le tertiaire. On remarque que les métiers les plus recherchés aujourd’hui sur LinkedIn n’existaient pas il y a 5 ans. Ce mouvement de destruction s’accompagne donc, depuis toujours, d’un mouvement de création, comme l’a expliqué Schumpeter.

    DISTINGUER TRAVAIL ET EMPLOI

    Christian Fauré insiste sur la distinction entre travail et emploi. Beaucoup de personnes ont un emploi mais ne travaillent pas. Et inversement. L’enjeu aujourd’hui n’est pas l’emploi, mais le travail. L’automatisation ne détruit jamais un travail, mais elle détruit de nombreux emplois. Le défi est donc de faire en sorte que ceux qui travaillent reçoivent une rémunération.

    Le revenu universel est présenté, par les politiques tous bords confondus, comme une manière de pallier le chômage de masse. L’association Ars Industrialis,présidée par Bernard Stiegler, a plutôt dirigé sa réflexion sur le revenuc ontributif, qui se différentie du premier par sa conditionnalité. Le régimed es intermittents du spectacle est une source d’inspiration. Quand un comédien répète, il travaille, même s’il n’est pas payé. Là encore, il convient de faire la distinction entre rémunération du travail et rémunération de l’emploi.

    Par définition, on ne peut se passer du travail. Même dans l’oisiveté ou le loisir(« otium » par opposition à « negotium »), on trouve le travail de l’amateur qui aime ce qu’il fait (par opposition au spéculateur). En travaillant, l’amateur « ouvre un monde », ce qui reflète le sens original du mot « ouvrier » : celui qui par son travail « œuvre », donc ouvre un monde autour de lui.

    La révolution industrielle et les gains de productivité dont parlait Max Blanchet, étaient les prémices de ce que Marx a appelé la prolétarisation : le fait que les compétences, les connaissances, le savoir-faire soient transférés de l’homme vers la machine. Le « prolétaire » ne désigne pas à l’origine un travailleur pauvre mais quelqu’un qui a été privé de sa capacité àtravailler. Et aujourd’hui, face à la généralisation de l’automatisation, nous sommes tous prolétarisés. Du médecin au financier, tous les métiers sont« court-circuités » par les algorithmes et l’automatisation. Cette perte concernant à la fois des savoir-faire et des savoir-être. La question fondamentale consiste ainsi à se demander comment les technologies peuvent nous aider à déprolétariser les populations, tout en redistribuant les hausses de productivité qu’elles ont générées.

    DE NOUVEAUX BUSINESS MODELS CRÉATEURS D’EMPLOI

    Un éditeur comme SAS, pionnier des algorithmes et de l’analytique, doit-il être placé sur le banc des accusés ? Après avoir avec humour « revendiqué la présomption d’innocence », Mouloud Dey explique que la transformation numérique suscite un fort clivage entre ceux qui pensent qu’elle va générer de nouvelles opportunités et d’autres qui pensent le contraire. Dans cet esprit, les technologies de SAS peuvent être utilisées pour générer des gains d’efficacité opérationnelle, mais également peuvent susciter des usages innovants, directement à l’origine de nouveaux business models,eux-mêmes créateurs d’emploi.

    Multiplier les capteurs dans un véhicule permet par exemple de créer de nouveaux services,de nouveaux usages, de nouvelles formes de mobilité à partir de l’analyse de données. L’intelligence artificielle doit être considérée aujourd’hui comme un outil permettant d’assister l’homme dans de nombreux aspects de sa vie, non seulement pour améliorer sa productivité, mais également pour dégager du temps afin de « faire autre chose ». Qui aurait imaginé, il y a 20 ans, qu’un agriculteur pourrait se connecter à une base d’informations pour sélectionner des semences pour une parcelle donnée ? Un drone peut lui apporter des informations supplémentaires afin d’améliorer sa productivité, mais également lui libérer du temps.

    Mouloud Dey convient que les lignes se brouillent. Vivons-nous aujourd’hui une crise del’emploi ou une révolution ? Le travail salarié traditionnel représente aujourd’hui moins de 50% des postes dans le monde. Les entreprises ressemblent de moins en moins aux organisations monolithiques d’hier, et intègrent des écosystèmes et des chaînes de valeur partagés. Par exemple, les constructeurs automobiles deviennent des opérateurs de mobilité, dont la principale activité dévie vers le service (batterie, assurance, communication). Dans ce contexte mouvant, l’entreprise doit donc nécessairement penser l’emploi d’une manière différente.

    INTÉGRATION DES INDIVIDUS CONTRE ALIÉNATION

    Le débat sur la perte des emplois générée par l’économie numérique n’est pas tranché selon Monique Dagnaud. Les travaux de Robert Gordonaux Etats-Unis ont montré que le numérique ne crée pas véritablement de croissance. Est-ce pour cela que le paradigme Schumpetérien va se vérifier,comme lors de chaque révolution industrielle ? Pour la sociologue qu’est Monique Dagnaud, le vrai sujet concerne la notion d’intégration des individus.D’un côté, des gens s’intègrent parfaitement, sont diplômés, parlent plusieurslangues et trouvent facilement une place dans la société, et de l’autre, des gens moins bien lotis éprouvent de grandes difficultés à vivre, que ce soit en France ou aux Etats-Unis. Une partie de la jeunesse, qui ne maîtrise pas les différents langages nécessaires, ni le numérique, ni cette capacité à se remettre en cause en permanence, est en très grande difficulté : 25% des 15-25 ans sont au chômage. 20% des jeunes ne sont ni en emploi, ni en étude, nien stage, ni en formation ; et au moins la moitié d’entre eux a déjà renoncé à chercher un emploi. On réfléchit donc à diverses formes du revenu d’activité, la question du travail étant au centre de cette réflexion : le rattachement à la société, par un statut ou une rémunération, est fondamental.

    Les plates-formes numériques à travers lesquelles des jeunes accèdent à un emploi contribuent-elles plutôt à l’intégration ou à l’aliénation ? Les nouveaux emplois ne réclament pas beaucoup de qualifications, mais un statut d’indépendant (sans protection sociale assumée par l’employeur). Le lien de subordination existe pourtant, mais il est dissimulé. Parallèlement, l’économie numérique est une sorte de Far West qui passe pour l’instant entre les gouttes de la réglementation. Ce qui ne devrait pas durer ; les chauffeurs Ubero nt, par exemple, obtenus récemment la reconnaissance de leur statut de salarié.

    Malgré ces limites, il faut reconnaître que certains jeunes trouvent dans ce modèle d’ubérisation une possibilité d’intégration. Parallèlement, de nouvelles formes de travail émergent, comme les « slashers » qui cumulent -volontairement – plusieurs emplois. Il convient donc de considérer cette problématique comme évolutive, la situation n’est pas figée. Si ces nouveaux emplois ne sont idéaux, il n’est pas non plus justifié de leur jeter spontanément l’opprobre.

    UN POTENTIEL D’INVESTISSEMENT PLUTÔT QUE D’ÉCONOMIE

    Max Blanchet ajoute que la vision Malthusienne de la troisième révolution industrielle cache le nouveau mécanisme de re-création d’emplois qu’elle véhicule et qui est différent decelui des « 30 Glorieuses ». Pour reprendre l’exemple de l’industrie,les gains énormes de productivité ont contribué certes à supprimer des milliers d’emplois, avec une logique de productivité visant à massifier les usines et baisser les coûts de revient. Mais ce mouvement a simultanément augmenté le pouvoir d’achat des personnes, qui en retour pouvaient investir dans des nouveaux services. Une part de l’économie a ainsi été transférée de l’industrie vers les services.

    Or, aujourd’hui, ce transfert est différent. Si la digitalisation n’agit pas directement sur les prix de revient des produits, les actifs nécessaires pour les fabriquer vont être fortement réduits. Aujourd’hui, il y a beaucoup de gaspillage tout au long de la chaîne de valeur, les machines ne tournent pas à100%, les stocks ne sont pas gérés de manière optimale, etc. L’économie potentielle se situe donc dans l’investissement, plutôt que dans la baisse du coût de revient des produits. Ce potentiel a été chiffré, pour l’Europe, à 400milliards d’€, qui, réinvestis dans l’économie, pourraient générer le double en valeur ajoutée et créer 10 millions d’emplois ! Sur les 25 millions d’emplois industriels européens, on estime à 3 millions le nombre d’emploi détruits par la productivité, à 3 autres millions ceux détruits par la compétitivité et encore à 3 millions ceux détruits par la digitalisation. Onv oit que le potentiel de création d’emploi (10 millions) est supérieur au volume d’emplois supprimé.

    Le rôle de l’ETAT dans l’enseignement 

    QUELLE POLITIQUE INDUSTRIELLE DU NUMÉRIQUE ?

    Pour Christian Fauré, la question n’est pas d’être pour ou contre latechnologie. Il convient plutôt de se demander ce que l’on peut en faire, puisqu’elle existe. C’est-à-dire quelle politique mettre en œuvre, et avec quelles conséquences sur l’emploi ? Le Droit qui fonctionne principalementà partir de jurisprudences, ne suit pas le rythme des technologies et de l’innovation.Comme la fiscalité. La puissance publique devient une « impuissancepublique ».

    Les américains, de par leur tradition (« The american way of life »), adoptent les technologies. En Europe, on nous dit : « il faut s’adapter ». Entre la logique d’adoption qui agit comme un moteur de croissance et la logique d’adaptation, plutôt passive en termes de politique industrielle, un fossé existe. C’est la thèse de l’ouvrage de 2008 de ChristianFauré « Pour en finir avec la mécroissance », qui pointait« l’incurie » politique, c’est-à-dire le manque de « soin »ou d’attention de responsables considérant la transformation numérique comme relevant d’un monde virtuel, alors que les data centers ou les infrastructures informatiques des entreprises sont des éléments on ne peut plus concrets ! Nous manquons avant tout en France d’une politique numérique, ce qui est dommage au vu de la qualité des compétences que notre système d’enseignement forge depuis des siècles (et qui a d’ailleurs lui-même bénéficié du « Plan calcul », le dernier effort de planification numérique de l’Etat français lancé en 1966 !).

    Pour alimenter la réflexion, tout en œuvrant de manière concrète, Ars Industrialis a initié, en collaboration avec l’Etat et les Collectivités locales, une vaste expérimentation d’une durée de 10 ans minimum sur le territoire de Plaine Commune(400 000 habitants). L’idée est d’engager le territoire dans le numérique afin d’éviter à sa population la prolétarisation, tout en imaginant un nouveau modèle de redistribution. Ce travail démarre par la rédaction d’une charte d’économie de la contribution, dans une logique de« recherche-action », c’est-à-dire d’expérimentations de terrain imaginées sur la base des travaux de recherche menés par des doctorants.

    FAUT-IL REPENSER L’ÉDUCATION ?

    Monique Dagnaud admet que lesystème éducatif français n’est pas adapté à cette transformation, puisque basé sur l’apprentissage des savoirs traditionnels ; la culture numérique n’ayant pas encore une place à part entière. Si certains pensent que l’avenir pourrait être réservé à des personnes n’ayant pas de diplômes traditionnels -des autodidactes de la programmation informatique par exemple – il  faut se méfier de l’idée qu’on peut réussir facilement dans ce nouveau monde sans le bagage éducationnel traditionnel, sans les savoirs acquis par le biais du système scolaire existant. Les créateurs de startups ou les managers dits « influents » sont, le plus souvent, bardés de diplômes.

    Monique Dagnaud ajoute que la difficulté des pouvoirs publics à saisir les enjeux du numérique est lié à unc adre de réflexion qui n’a pas été actualisé. D’une part, le monde du numériquese pense de manière planétaire, mais est concentré dans quelques régions, Silicon Valley, Paris, Israël. Les politiques raisonnent eux en nations. De plus, ils sont issus de formations généralistes et ne connaissent pas vraiment les nouveaux métiers émergents.

    Mouloud Dey considère qu’on se focalise trop sur les aspects technologiques alors que d’autres, fondamentaux,sont oubliés, comme la démographie, la culture, la géopolitique. Si la population active mondiale est de 3 milliards d’individus, au moins 1/3 vivent et travaillent hors de chez eux. L’âge et le sexe deviennent des critères fondamentaux, la population étant plus jeune, plus féminine, plus éduquée, ce qui change fondamentalement notre manière de vivre le travail. La vision actuelle et utilitariste de l’enseignement, trop centrée sur les sciences, la technique, l’ingénierie, est court-termiste.

    Christian Fauré rebondit en posant la question de savoir ce que va devenir l’Etat, dans le contexte de l’évolutiondes modèles d’intelligence artificielle et des nouveaux outils. Les seuls qui ont un discours à propos de l’avenir de nos sociétés sont les géants du web, c’est-à-dire des acteurs qui ont conquis une partie du pouvoir autrefois dans les mains de l’Etat, sans passer par des élections. La puissance publique est devenue inaudible.

    MaxBlanchet conclut en expliquant que chaque métier a plusieurs composantes. La première est technique ou administrative et est fastidieuse, voire répétitive. La seconde est son expertise et la troisième représente l’interface avec des clients et la compréhension de leurs besoins. La digitalisation leur apporte des outils permettant de supprimer les tâches fastidieuses (automatisation et intelligence artificielle)et de mieux analyser des situations (analytique et big data). La valeur ajoutée qu’ils vont produire se situera plus dans l’empathie et la compréhension des besoins des clients, le conseil, la prospective.

    https://www.youtube.com/watch?v=lUxXUaV0vxQ&feature=youtu.be

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