Étiquette : économie numérique

  • Le projet de loi République sous tension

    Les organisations du numérique appellent les députés à rejeter les dispositions qui fragiliseraient la French Tech et l’économie numérique

    Les organisations professionnelles du numérique, l’AFDEL, la FEVAD, le SFIB et Syntec Numérique s’inquiètent vivement de l’impact du projet de loi République Numérique sur la compétitivité des entreprises de la French Tech, de l’industrie et services numériques. En instaurant des obligations disproportionnées pour renforcer les droits du consommateur, en anticipant sur des  textes européens, de nombreuses dispositions du projet de loi fragilisent l’économie numérique française.

    Portabilité, nouvelles contraintes imposées aux plateformes et atteinte à la neutralité de la commande publique : le texte impose dans sa rédaction présente des contraintes susceptibles de mettre en danger les investissements R&D des startups, PME et entreprises numériques, dans un secteur qui représente 25% de la croissance du PIB.

    Malgré les efforts des rapporteurs et l’approche constructive de la Ministre Axelle Lemaire pour préciser un certain nombre de dispositions, le projet de loi risque en l’état de porter atteinte au secteur le plus innovant et porteur de croissance de l’économie. L’AFDEL, la FEVAD, le SFIB et Syntec Numérique appellent le gouvernement et la représentation nationale à amender le texte en séance publique afin de préserver un écosystème attractif, divers et favorable à l’essor de la French Tech.

     Le projet de loi République Numérique tente d’imposer des contraintes nouvelles et locales à un secteur par nature international, extrêmement divers et en évolution constante. Les organisations du numérique s’inquiètent par exemple de la création d’un nouveau statut pour les plateformes en ligne, alors qu’une consultation est en cours au niveau européen sur l’opportunité de classer dans une seule et même catégorie une multiplicité d’acteurs. L’établissement de règles franco-françaises sur un modèle d’affaires extrêmement dynamique porterait directement atteinte à l’attractivité du territoire national vis-à-vis des investisseurs et des startupers et poserait des barrières à l’entrée.

    Alors que le statut d’hébergeur est désormais stabilisé au niveau européen et a prouvé son efficacité, la loi Numérique modifie une nouvelle fois l’encadrement des plateformes en ligne, sans en réalité apporter de nouvelles garanties aux utilisateurs. Les organisations du numérique appellent donc les pouvoirs publics à encourager ce secteur en pérennisant son environnement réglementaire et en respectant systématiquement la hiérarchie des normes et en premier lieu le cadre européen.

    Les organisations professionnelles du numérique appellent aussi la représentation nationale à préserver l’incitation à innover en France et à s’aligner sur les normes européennes. Il est ainsi primordial en matière de droit à la portabilité, qui vient d’être adopté dans le Règlement européen relatif à la protection des données, de ne pas anticiper les travaux qui vont débuter au niveau de l’Union Européenne et qui ont pour but d’harmoniser l’interprétation et de préciser opérationnellement ce droit.

    En tout état de cause, le champ d’application du droit à la portabilité actuellement prévu par le projet de texte, qui pèsera en premier lieu sur le e-commerce, les services Internet, et les pépites françaises, doit à tout prix être précisé. Par son caractère large, il impose des contraintes extrêmement lourdes à des secteurs dans lesquels la portabilité n’apporte pas d’intérêt du point de vue des consommateurs et sur le plan de la concurrence. En l’état, il menace directement les investissements massifs réalisés par les entreprises du secteur afin d’améliorer leurs services, comme par exemple dans la musique en ligne ou les outils de gestion de la relation client.

    L’enrichissement et la transformation des données est aujourd’hui au cœur de l’innovation du monde numérique mais aussi des secteurs plus traditionnels de l’économie. Il est légitime que les consommateurs puissent récupérer les données qu’ils ont fournies, mais les entreprises ne doivent pas être contraintes de transférer le fruit de la valeur apportée par leur service. L’AFDEL, la FEVAD, le SFIB et Syntec Numérique ont entendu la volonté exprimée hier par le gouvernement et le Parlement de trouver une définition reflétant un équilibre plus favorable sur le sujet et en phase avec le droit européen. Elles encouragent vivement la représentation nationale à s’engager en ce sens lors du vote en séance.

     

    Le projet de loi République Numérique prétend également dicter les choix de modèles d’affaires des entreprises. Ainsi, un amendement inscrit dans la loi la promotion du logiciel libre dans l’administration. Les organisations du numérique, qui représentent des éditeurs de logiciels libres comme propriétaires, expriment leurs plus vives inquiétudes face à cet écart au principe de neutralité technologique de l’Etat. Elles rappellent que 90% des éditeurs de logiciels français ont fait le choix du modèle propriétaire pour financer leur R&D[1] et seraient de facto exclus de la commande publique. Les organisations du numérique appellent le gouvernement à mettre fin à cette discrimination, afin que tous les modèles d’affaires du logiciel puissent exister et avoir accès à la commande publique.

    Signataires : 

    AFDEL (Association Française des Editeurs de Logiciels et de Solutions Internet)

    FEVAD (Fédération E-commerce et Vente à Distance)

    SFIB (Syndicat de l’Industrie des technologies de l’information)

    Syntec Numérique

  • Les principales tendances de l’économie numérique en 2016

    Les principales tendances de l’économie numérique en 2016

    De l’Internet des Objets aux énergies renouvelables, l’économie numérique va littéralement se transformer sous nos yeux en 2016. Ci-dessous quelques grandes tendances.

    Par Tony Bishop, vice-président mondial de la stratégie et du marketing chez Equinix

    1. Le commerce digital va connaître une transformation

    La convergence des nouvelles plateformes de paiement, des Big Data, des technologies de détection de fraude en temps réel ou encore des services géolocalisés est en passe de transformer le secteur des paiements électroniques. Les attentes des clients, elles, continuent d’augmenter avec la multiplication des options disponibles en matière de paiement en ligne. De leur côté, les banques passent à des cartes de crédit sécurisées à puce intégrée. Les commerçants, quant à eux, adoptent de nouveaux terminaux de paiement EMV simplifiant l’utilisation de ces cartes. En 2016, et dans un souci d’adaptation, les acteurs du secteur des paiements électroniques chercheront à profiter de services d’hébergement rapides en proposant une accessibilité permanente au sein d’environnements évolutifs et interconnectés. Ces environnements devront offrir un accès en temps réel aux courtiers, ainsi qu’aux fournisseurs de services de porte-monnaie électronique et de données sur les marchés. Ils devront également assurer une connexion à des centaines de fournisseurs en points de vente, de sites de commerce électronique, d’établissements financiers et de réseaux mobiles. Dans les mois à venir, les principaux acteurs du secteur des paiements électroniques vont s’apercevoir que la véritable valeur de ces transactions réside dans les données qu’elles fournissent sur leurs clients, notamment concernant leurs habitudes en matière de dépenses et les lieux où ils effectuent leurs achats. Ces entreprises vont ainsi reconcevoir leurs réseaux afin de mieux gérer et analyser ces données. Elles pourront ainsi s’assurer de cibler leurs clients avec davantage de précision grâce notamment à des offres personnalisées en fonction du moment et de l’emplacement, et associées à des systèmes de fidélisation.

    2. L’Internet des Objets (Internet of Things, IoT) va avoir un impact considérable sur les réseaux informatiques

    L’adoption record et la prolifération des dispositifs et capteurs connectés continueront de s’accélérer, créant ainsi un déluge de données qui devrait affecter considérablement la capacité et la sécurité des réseaux. Les entreprises s’efforceront de relier les informations collectées sur leur réseau aux données en cours de traitement par des capteurs et autres mécanismes. Elles pourront ainsi profiter de davantage de contrôle sur ces informations. En outre, cela leur permettra de tirer pleinement parti de l’IoT afin de s’adapter rapidement à des conditions changeantes, de générer de la valeur et de renforcer leur croissance. Les entreprises auront la possibilité d’accroître leur agilité au sein d’environnementschangeants. Pour cela, il leur faudra déployer une infrastructure permettant de créer des connexions sécurisées et directes entre les différents éléments devant être synchronisés afin de pouvoir tirer parti des connaissances en temps réel offertes par l’IoT. Ce type d’interconnexion permettra aux employés, partenaires, et clients d’obtenir les informations dont ils ont besoin dans le contexte adéquat, et en utilisant leurs appareils, canaux et services favoris. Les entreprises vont progressivement se rendre compte de l’existence de cette opportunité, ainsi que de la nécessité croissante de créer une intersection entre IoT, clouds et entreprises. En 2016, nous verrons donc un nombre croissant d’entreprises adopter des solutions offrant de puissantes capacités d’interconnexion.

    3. Les fournisseurs de contenus vont progressivement contourner Internet afin de répondre à une demande croissante en matière de capacité

    L’adoption massive des technologies de streaming en 3D, Full HD, 4K et HDR (Imagerie à grande gamme dynamique) poseront d’énormes défis aux opérateurs réseau et fournisseurs de contenu numérique en 2016. Ainsi, selon le tout dernier rapport publié par Sandvine sur la vidéo numérique, les flux Netflix représentent 36,5 % de l’ensemble du trafic descendant vers les foyers équipés de connexions à haut débit aux horaires les plus intenses en matière de visionnage de vidéos. Ce besoin de capacité devrait connaître une hausse fulgurante en 2016 à mesure que les foyers adopteront de nouvelles technologies de streaming nécessitant jusqu’à quatre fois leur bande passante actuelle. En outre, l’indice Cisco Visual Networking Index fait état d’une charge encore plus importante pour les réseaux et les fournisseurs de contenu avec le développement de YouTube, Netflix, Hulu et autres services de streaming vidéo, amenés à représenter 76 % du trafic Internet des consommateurs d’ici 2018. Pour être en mesure de répondre à ce futur besoin en matière de capacité, de plus en plus d’entreprises du domaine du multimédia suivront l’exemple de Netflix en basculant leur charges de travail vers le cloud, et en ayant recours à une approche d’interconnexion afin d’optimiser les performances des applications sur Internet. Netflix a également créé des réseaux de diffusion de contenu internes afin de contourner les limitations d’Internet en matière de bande passante, et de diffuser encore davantage de contenu numérique à ses clients de façon efficace et optimisée. 

    4. Internet deviendra plus respectueux de l’environnement

    En 2016, Internet deviendra plus respectueux de l’environnement, et ce, malgré un pourcentage global d’utilisateurs atteignant 50 % de la population mondiale. Notre vie en ligne prend sans cesse plus de volume, et nécessite d’énormes quantités d’électricité, en particulier pour les datacenters, véritables moteurs de l’économie numérique. Les opérateurs de datacenters sont conscients de l’impact de ce phénomène dans une économie fondée sur des énergies fossiles : 84 % des opérateurs nord-américains ont récemment reconnu la nécessité de prendre en compte les énergies renouvelables afin de répondre aux futurs besoins d’énergie (rapport Trends in Data Centers de Mortenson). En 2016, les entreprises s’approprieront progressivement les principes de ces énergies vertes. Les sociétés s’appuyant sur l’électricité afin d’alimenter leur infrastructure Internet critique et s’assurer de son bon fonctionnement, continueront de réévaluer l’efficacité énergétique de leurs datacenters, d’adopter des méthodes d’économie d’énergie éprouvées, et de faire évoluer les meilleures pratiques en matière de développement durable.

    5. Les entreprises adopteront des stratégies d’interconnexion multi-cloud afin de réduire leurs coûts

    Les stratégies multi-cloud occuperont une place importante dans le monde professionnel en 2016. Les entreprises s’efforceront en effet d’améliorer leurs charges de travail de production, d’accroître leur agilité et les performances de leurs applications, et de contrôler leurs coûts. Selon l’étude « The Total Economic Impact of Equinix Interconnection Solutions » publiée récemment par Forrester, les entreprises adoptant des stratégies d’interconnexion multi-cloud ont enregistré d’importantes réductions de coûts. Ces approches leur ont en effet permis de déployer et de mettre à l’échelle leurs applications en s’appuyant sur des fournisseurs de services cloud moins coûteux, et ainsi de prendre l’ascendant sur les entreprises exécutant uniquement leurs applications en interne. Grâce au peering en local avec des fournisseurs de services cloud par le biais d’interconnexions directes permettant d’accéder et d’intégrer plusieurs clouds, les organisations peuvent provisionner rapidement leurs services clouds et proposer une meilleure expérience à leurs utilisateurs finaux. L’adoption de l’interconnectivité multi-cloud en entreprise devrait continuer de progresser à mesure que les organisations réaliseront l’intérêt de contourner l’Internet public et de se connecter directement et de façon sécurisée à des fournisseurs de services cloud.

    6. La cybersécurité favorisera l’adoption croissante de l’interconnexion

    La cybersécurité est l’une des principales préoccupations identifiées par les responsables informatiques interrogés dans le cadre de l’étude « Enterprise of the Future » publiée récemment par Equinix. En effet, 64 % des décideurs informatiques du monde entier admettent que leurs préoccupations en matière de sécurité pourraient les pousser à revoir l’architecture de leur infrastructure informatique au cours des 12 derniers mois. En 2016, les entreprises devraient investir davantage d’efforts afin de réduire les risques et de minimiser la vulnérabilité de leurs réseaux. La sécurité du cloud est également une source croissante d’inquiétudes pour les entreprises, qui réalisent que leurs maillons faibles ne sont pas les fournisseurs de services cloud mais leurs propres voies d’accès à ces services. Elles sont également conscientes qu’accéder à des services cloud par le biais de l’Internet public augmente ces risques. Les entreprises vont continuer d’évaluer leurs options en matière d’infrastructure informatique, et les connexions directes s’avèreront encore être une solution plus cohérente et sécurisée pour assurer la connexion des organisations entre elles et au cloud.

    7. L’interconnexion va éliminer des obstacles importants au développement informatique

    En 2016, les réseaux d’entreprise subiront les effets de tendances telles que la dispersion géographique de leur personnel (75 % des employés résident dans des régions différentes de celle du siège de leur entreprise), ou comme le nombre croissant d’utilisateurs accédant au réseau sur une variété d’appareils et depuis différents emplacements. Les architectures informatiques centralisées, cloisonnées, voire souvent emprisonnées dans des datacenters internes, ne peuvent pas être redimensionnées afin de les rapprocher des utilisateurs finaux et de proposer les connexions haute-performance réclamées par les utilisateurs. Dans le même temps, les stratégies d’interconnexion via l’Internet public continueront d’être mises en question sur le plan de leur fiabilité et de leur sécurité. Pour faire face à toutes ces problématiques, les entreprises vont être de plus en plus nombreuses à concevoir des infrastructures axées sur l’interconnexion afin de pouvoir établir des liens directs et sécurisés vers des fournisseurs de services cloud et réseau, ainsi qu’avec une variété d’autres partenaires. Elles vont également progressivement s’appuyer sur des interconnexions instantanées entre organisations afin de générer de la valeur et de prospérer. Elles découvriront ainsi les bénéfices réels et quantifiables de cette approche. En effet, plus d’un tiers des personnes interrogées dans le cadre de la même étude « Entreprise of the Future » et ayant déjà déployé des solutions d’interconnexion auraient enregistré une valeur ajoutée de plus de 10 millions de dollars ; 58 % de ces entreprises estiment par ailleurs que cette valeur provient de nouvelles sources de revenus.


    Tony Bishop, vice-président mondial de la stratégie et du marketing chez Equinix