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  • L’IA pour les cabinets de conseils : un véritable enjeu

    L’IA pour les cabinets de conseils : un véritable enjeu

    Selon Matthieu Gufflet, CEO d’Epsa Groupe & Thomas Bourgeois, CEO de Dhatim

    Grâce à l’intelligence artificielle (IA) qui vient de plus en plus au secours des fonctions transverses et des back-offices, les grandes entreprises se digitalisent à vitesse grand V transformant ainsi certains de leurs métiers et leurs organisations. Le métier du conseil ne fait pas exception et, s’ils doivent parfois accompagner leurs clients dans cette transformation, il est aussi impératif qu’ils intègrent cette technologie à leurs offres de services. Il s’agit pour les métiers du conseil de transformer en profondeur leurs process internes et de proposer à leurs clients un accompagnement nativement digital indispensable à leur transformation. Dans le cas contraire, ils pourraient bien être amenés à se voir dépasser par des purs players du digital et disparaître…Beaucoup de cabinets ont tendance à conseiller leurs clients sur des solutions d’IA sans nécessairement les maîtriser réellement, mais surtout sans avoir opéré eux-mêmes les transformations que ces technologies apportaient potentiellement à leur métier. On tombe alors facilement dans une approche par des solutions « gadgets » dont la portée en termes de performance opérationnelle est très limitée ce qui nuit bien souvent à l’adoption de solutions véritablement efficaces, l’effet de mode remplaçant la vraie transformation.

    Or, les technologies d’analyse de données et d’intelligence artificielle ont vocation à transformer en profondeur le travail des consultants les libérant des tâches d’agrégation des et d’analyse des données en particulier permettant un recentrage sur la relation avec les clients et sur les prestations à très haute valeur ajoutée. A l’inverse, les pure players du digital rencontrent fréquemment de vraies difficultés à trouver leur marché et l’articulation entre les entreprises traditionnelles est souvent difficile. Les nouveaux outils s’intègrent difficilement dans les process traditionnels qu’il est impératif de faire évoluer pour tirer parti de la technologie. C’est là que réside l’opportunité la plus pertinente pour les cabinets de conseil qui sauront coupler les deux mondes en les intégrant dans une offre unique. C’est la naissance de ce « consultant augmenté » qui constitue le véritable enjeu de cette profession.

    Le cabinet nativement IA, moteur d’une transformation réussie

    Cette situation est notamment vraie pour tout ce qui touche aux solutions visant à automatiser les fonctions auditables, négociables ou recouvrables (facturation, achats…) pour lesquelles les entreprises ont besoin d’améliorer rapidement leur efficience. Les  cabinets de conseil doivent  pouvoir offrir  des solutions clés en main sur tous les process transactionnels où les besoins des entreprises se sont clairement exprimés. Ainsi, ces dernières peuvent gagner un temps précieux sur cette phase de leur transformation pour se concentrer sur des enjeux business plus critiques (métiers, marketing et sourcing), qui nécessitent une forte expertise. C’est ainsi que par une bonne compréhension des enjeux métiers les consultant de nouvelle génération parviendront à faire entrer la technologie profondément dans les processus de l’entreprise et ainsi en transformer les modèles de production et gagner en efficacité économique. Depuis quelques années, les économistes ont relevé ce fameux paradoxe entre la révolution quotidienne induite par les technologies de l’information et l’absence notable de gains de productivité dans l’économie liés à ces nouveaux usages. Notre conviction est que ces usages sont encore restés trop déconnectés des processus des entreprises pour engager de vraies transformations et que la révolution digitale ne fait que commencer. Et c’est ce couplage entre l’expertise humaine et la puissance de la technologie qui permettra d’engendrer les transformations nécessaires à l’émergence de véritables gains de productivité.

    Se transformer grâce à l’IA ou disparaître

    Réussir cette intégration constitue aujourd’hui un véritable enjeu pour notre secteur. C’est l’ensemble des métiers des prestations intellectuelles qui devront d’ailleurs suivre ce chemin, que ce soit dans les domaines du droit, de la finance ou du conseil. Cela requerra une complémentarité de compétence souvent absente chez les acteurs traditionnels. Cela nécessitera aussi de remettre en cause toutes ses façons de faire pour inventer les prestations du 21ème siècle. A la fois risqué et passionnant, ce chemin est celui que nous sommes en train d’inventer ensemble.

     

  • La France et l’’Intelligence Artificielle; relever le défi de la compétitivité, aujourd’hui et demain

    La France et l’’Intelligence Artificielle; relever le défi de la compétitivité, aujourd’hui et demain

     Par Thomas Bourgeois, Président-Directeur Général de Dhatim

    La campagne présidentielle 2017 a permis de mieux appréhender les enjeux économiques liés à la nécessité impérieuse de réduire les dépenses de l’Etat et d’accompagner la montée en compétitivité et en innovation de notre industrie. Dans cette perspective, l’Intelligence Artificielle, prélude à un nouveau paradigme, est vouée à jouer un rôle décisif. La récente mise en place de la DSN (Déclaration Sociale Nominative) a permis, à cet égard, de familiariser les entreprises avec une toute nouvelle génération d’assistants digitaux intelligents, source d’optimisation des processus et de gain de compétitivité.  

    L’économie au cœoeur de la campagne présidentielle
    Rarement une élection présidentielle n’a autant fait participer les électeurs à la gestion de notre dette et à la manière de réduire nos déficits. Avec un secteur industriel, laminé par les délocalisations, qui a su capter l’attention de certains candidats, la compétitivité de notre industrie et, plus largement, l’économie s’est invitée au cœur des débats. L’opportunité nous a donc été donnée, notamment lors du débat du deuxième tour, d’assister à la vulgarisation de certaines notions que nous avions oubliées depuis l’Université comme « la place de l’Etat dans la régulation des acteurs économiques », « le protectionnisme et les barrières douanières » ou même « de l’écu à l’euro : l’évolution des échanges monétaires européens ». Vous avez dit pédagogie ?

    Les économies budgétaires : cheval de bataille de deux « grands candidats »
    Jamais les citoyens n’auront été autant éduqués à la nécessité de renforcer notre compétitivité, élément essentiel pour devenir un acteur global fort, aux côtés de nos partenaires européens et mondiaux.  L’autre fait marquant est la manière dont les économies budgétaires, notamment au premier tour, ont été placées au cœur même des débats. La capacité à redresser les finances de notre pays a été utilisée comme un cheval de bataille majeur par deux des « grands » candidats. Des infographies, publiées dans la presse, ont même classé les candidats selon le niveau d’économies publiques qu’ils se proposaient de réaliser au long de leur quinquennat.

    Du choc de simplification à la DSN 
    Ces préoccupations ne sont pas nouvelles. Au travers du choc de simplification, lancé en 2013, l’Etat a choisi de faire de la diminution de la complexité administrative et normative un outil au service de l’amélioration de la relation avec les citoyens et compétitivité des entreprises. Entrée en vigueur en janvier 2017, après une année de phase pilote, la DSN ou déclaration sociale nominative veut simplifier la gestion annuelle des entreprises. Côté entreprise, la mission est complexe car elle conduit les DRH à contrôler chaque mois, pour chaque employé, un volume de données beaucoup plus important, de l’ordre du million de lignes d’écritures. Autre écueil, contrairement aux procédures de simplifications précédentes, le défi de la simplification est ici à double tranchant : chaque donnée erronée étant passible d’une amende de dix euros, en cas de redressement, les entreprises s’exposent à des pénalités exponentielles.

    Un nouveau paradigme technologique transformer la DSN en opportunité
    La DSN serait-elle un Game Changer ? Peut-être bien car elle préfigure un changement de paradigme où la complexité et l’échelle des données contraignent le gestionnaire RH, pour être efficace, à capitaliser sur une assistance d’outils de nouvelle génération. Dans ce domaine, le potentiel de l’Intelligence Artificielle de machine learning, couplé au Big Data, est gigantesque. Avec ces outils, ce sont des milliards de lignes de données, inaccessibles à l’être humain de par leur nombre et leur diversité, qui deviennent exploitables. En comprenant les données dans le détail, les robots logiciels réalisent des millions de contrôles et d’actions par jour. Déjà utilisés par les fonctions Achat et Comptabilité, ils permettent de réduire les coûts jusqu’à 30% selon les départements et les catégories de dépenses. Les gestionnaires peuvent ainsi se consacrer à des tâches à plus forte valeur ajoutée et augmenter leur performance. S’agissant de la DSN, les entreprises qui essaient de s’adapter aux exigences de l’administration avec les outils informatiques habituels le font à leurs risques et périls… et en pénalisant potentiellement leurs salariés. En effet, les données transmises via cette DSN serviront de base au futur impôt prélevé à la source et au calcul des retraites. Les erreurs sur chaque déclaration sont donc cumulées de mois en mois, ainsi que les pénalités encourues en cas de contrôles.

    Une meilleure compétitivité pour les entreprises à l’ère de la mondialisation
    La DSN est un cas unique où une contrainte légale conduit les entreprises à se doter d’outils uniques en leur genre. Les Directions des Ressources Humaines sont ainsi entrées, sans s’en rendre compte, dans l’ère de l’Intelligence Artificielle, du Machine Learning, et du Big data. Désormais familiarisées avec une nouvelle génération d’assistants digitaux intelligents, elles ont tous les atouts en main pour optimiser leurs processus et gagner en compétitivité, un atout essentiel dans cette ère de mondialisation et de concurrence.