Étiquette : collectif
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Quand l’intelligence Artificielle devient profondément humaine…
L’intelligence artificielle est plus collective et humaine que vous ne le pensez
Par Hugo Cornu, Head of Data Expertise Team & Senior Consultant chez SOAT
Connaissez-vous les célébrités du monde de l’intelligence artificielle ? Moi non plus !
La communauté scientifique est un des plus beaux exemples d’intelligence collective (IC) : des milliers de chercheurs ajoutent chaque année leur pierre à un édifice commun qui dépasse les frontières, les langues, les idéologies. Mais la science est aussi le terrain du génie individuel comme Curie, Einstein ou Hawking qui à eux seuls ont révolutionné la pensée collective de leur époque.
L’intelligence artificielle (IA) progresse différemment : il n’y a pas de héros ou de star.
Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, la discipline est encore jeune. Ensuite, et surtout, les passionnés d’apprentissage machine (Machine Learning) sont des passionnés d’apprentissage tout court. En effet, les data scientists forment une communauté remarquable par sa capacité à mêler compétition, entraide et partage de connaissance : les maîtres d’un sujet sont eux-mêmes élèves sur les autres. Bien sûr, cela peut être dit de beaucoup de communautés professionnelles, mais c’est d’autant plus marqué en IA que la matière première est collective par essence.
Par exemple, pour apprendre à une machine à recommander de bons articles, il faut mesurer les comportements de milliers de lecteurs. Entraîner une IA est donc toujours un travail d’équipe et ouvert sur le monde. Tandis que les algorithmes (et leurs auteurs) sont entraînés, remplacés, interchangés à un rythme effréné, les données restent et s’accumulent. Plus que toutes autres ressources, elles représentent un capital auquel nous, grand public, contribuons collectivement.
Malgré des appels en faveur de l’Open Data, les gisements de données les plus riches appartiennent à de grandes multinationales et c’est dommage. Mais que ces données soient privées ou publiques, nous devons cultiver à leur égard un sentiment de responsabilité, car elles sont le reflet de notre intelligence collective, bonne ou mauvaise. Par exemple, Microsoft a dû suspendre son IA conversationnel “Tay” après les efforts coordonnés de plusieurs centaines d’utilisateurs pour abuser de son système d’apprentissage et le faire répondre de manière inappropriée.
L’intelligence artificielle peut donc être considérée comme l’une des manifestations orchestrées d’intelligence collective. Et c’est ce qui la rend profondément humaine.
Pourtant, les peurs liées à l’IA tournent en majorité autour de son « inhumanité » perçue. Combien de scénarios dystopiens explorent la possibilité d’une domination de l’homme par la machine ? Plus concrètement, dans certains domaines (prise de décision militaire, véhicules autonomes …), la technologie existe, mais la société n’est pas prête à lui faire confiance. C’est bien justifié puisque l’IA reste une boîte noire : même lorsqu’on peut mesurer objectivement la qualité des décisions prises par une IA, il est difficile d’en expliquer le processus de raisonnement et les biais.
En pratique, il devient de plus en plus clair que les algorithmes peuvent intégrer des biais vis-à-vis de minorités, d’objectifs pécuniaires ou de valeurs morales. Ces biais sont parfois transmis inconsciemment par les créateurs de l’IA, mais le plus souvent ils résident dans les données d’entraînement. Qui n’a jamais été surpris ou déçu par les recommandations automatiques de Youtube ?
La pertinence de l’IA repose donc essentiellement sur la qualité des données d’entraînement, données fournies par l’intelligence collective. Et c’est une bonne nouvelle. Car, plus nous en sommes conscients, plus nous pouvons intégrer à l’IA des composantes humaines et éthiques. Le projet MoralMachine du MIT en témoigne : il propose aux internautes de résoudre des dilemmes moraux et donc participer à construire des bases de données éthiques.
Puisqu’il est possible et pratiquement nécessaire d’enseigner nos valeurs aux premières générations d’IA, n’avons-nous pas le devoir de les éduquer avec fermeté et bienveillance comme nous le faisons avec les nouvelles générations d’humains ? Un beau projet… collectif.
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Fjord Trends 2018 : le rapport qui analyse les tensions dans les entreprises
Fjord Trends 2018 : le rapport qui analyse les tensions des entreprises
Accenture publie Fjord Trends 2018, un rapport qui analyse les tensions à l’œuvre à l’intérieur comme à l’extérieur des entreprises et de la société. Ce onzième rapport annuel examine sept tendances digitales émergentes qui pourraient changer notre façon de vivre et de travailler en 2018.
Les progrès technologiques rapides modifient le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, provoquant à la fois de l’émerveillement et de l’inquiétude quant aux possibilités qu’ils offrent. Qu’il s’agisse d’intelligence artificielle, d’analyse automatique d’image ou de blockchain, les technologies émergentes s’enracinent dans les expériences numériques et physiques de notre vie quotidienne.
« Chacune de nos tendances de 2018 est née d’une tension fondamentale, qu’il s’agisse d’un changement, d’une collision ou d’un choc des idées », explique Mathilde Lauriau-Tedeschi, directrice de Fjord en France. « Le numérique versus le physique, l’humain versus la machine, la centralisation versus la décentralisation, la productivité versus l’artisanat, l’automatisation versus le contrôle, la traçabilité versus l’anonymat. En 2018, il ne suffira plus d’être un simple observateur de ces tensions, il faudra saisir l’opportunité de concevoir collectivement le monde dans lequel nous vivrons. »
Fjord Trends 2018 décrit la façon dont les entreprises peuvent transformer ces tensions en changements positifs. Le rapport examine sept tendances qui devraient façonner la prochaine génération d’expériences et de services :
- Le retour du monde physique : Le numérique a tenu le haut du pavé suffisamment longtemps – l’expérience de la marque passe maintenant par le numérique ET le physique. L’heure est donc venue de fusionner les deux.
- Le regard des machines : Les ordinateurs ne se contentent plus de comprendre nos mots, ils lisent et interprètent maintenant les images sans aucune aide de notre part. Imaginez les possibilités que cela représente pour la prochaine génération de services numériques.
- L’espace algorithmique : Comment concevoir une stratégie marketing qui s’appuie sur les algorithmes qui relient les marques à leurs clients et rendent caduques les stratégies de marque conventionnelles ?
- La quête de sens des machines : L’intelligence artificielle pourrait changer nos emplois, mais ne doit pas les éliminer. Nous pouvons – et devrions – travailler à la conception de la relation entre l’humain et la machine.
- Le pari de la transparence : La blockchain pourrait générer de la transparence, sécuriser internet, ramener la confiance perdue et reconstruire les relations avec le grand public.
- L’économie de l’éthique : Qu’elles le veuillent ou non, les entreprises sont amenées à prendre position sur des enjeux politiques et sociaux. Les consommateurs sont prêts à payer pour des marques qui font écho à leurs valeurs profondes.
- Concevoir autrement : le design a le vent en poupe et c’est une bonne chose. Mais dans un monde où chacun pense être un concepteur, les designers doivent évoluer dans leur façon de travailler, d’apprendre et d’agir, pour continuer à faire la différence.
« Nous pensons que cette édition des Trends va provoquer et inspirer, mais surtout fournir aux entreprises des conseils pratiques pour se préparer aux opportunités à venir », a ajouté Mathilde Lauriau-Tedeschi. « Les questions épineuses qui nous attendent tournent autour des interactions homme-machine, dont les conséquences seront profondes pour les individus, la société et tous types d’organisations. Alors que le numérique s’intègre au monde physique, notre relation au monde qui nous entoure sera redéfinie. »
Trends 2018 s’appuie sur la pensée collective de plus de 1 000 designers de Fjord à travers le monde. Cette année pour la première fois il s’appuie également sur les observations et les attentes de 85 clients. Pour le rapport complet, consultez www.trends.fjordnet.comet partagez vos commentaires sur Slideshare.