Étiquette : automobile

  • Les constructeurs automobiles ont-ils raté le virage du e-commerce ?

    Pourquoi les voitures neuves s’achètent toujours principalement dans le monde physique ?

    par Frédéric Durand, fondateur et CEO de Diabolocom

    À l’ère des voitures autonomes, alors qu’on nous explique que, demain, plus personne ne sera propriétaire de sa voiture, il y a quelque chose d’incongru à s’interroger sur l’intérêt des consommateurs pour l’achat 100 % online d’une voiture neuve. Pourtant, c’est une question très intéressante, précisément parce que le secteur automobile, en particulier les constructeurs, est jusqu’ici resté en marge du e-commerce. De fait, en 2017, alors que l’on peut acheter en ligne à peu près tout, les voitures neuves s’achètent toujours principalement dans le monde physique. Cette situation est-elle en train en de changer ? C’est ce que tend à vouloir démontrer le rapport Automotive Online Sales: The direct route to the customer de Capgemini Consulting (novembre 2016).*

    Une aspiration des consommateurs, vraiment ?

    Cette réserve faite, on peut difficilement prendre pour argent comptant les résultats mis en avant dans le rapport, notamment le fait qu’en 2016 près de 75 % des clients auraient la volonté d’acheter une nouvelle voiture en ligne, avec toutes les ambiguïtés que comporte la traduction de « are willing »… Disons plutôt que 72 % des personnes interrogées n’auraient rien contre l’idée d’acheter une nouvelle voiture en ligne, ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

    En réalité, on n’en sait rien. Et la seule chose qu’on puisse affirmer, c’est qu’ils ne le font pas aujourd’hui, non pas parce que ce n’est pas possible, mais parce que l’achat d’une voiture neuve est un achat extrêmement engageant : que l’on soit en Chine, en Allemagne ou aux États-Unis, la voiture reste, après le logement, l’achat le plus coûteux de la plupart des ménages. Même si sa valeur symbolique tend à diminuer en Occident, on ne l’achète pas à la légère. On veut la voir, la toucher et si possible l’essayer avant de signer – et ce, qu’il s’agisse d’un achat à crédit classique, d’une location longue durée ou, comme c’est de plus en plus souvent le cas, notamment en France, d’une location avec option d’achat (LOA).

    La place d’internet dans le parcours de l’acheteur

    Bien sûr, le parcours du consommateur qui veut acheter une voiture neuve commence d’ores et déjà sur internet : c’est d’abord en ligne – sur les sites des constructeurs, des médias spécialisés et sur les sites d’avis de consommateurs – que l’on se renseigne et que l’on compare les prix et les caractéristiques techniques. Pour accompagner cette étape de choix décisive, pratiquement tous les constructeurs proposent des configurateurs en ligne, couplés à des simulateurs de financement. La possibilité de chatter avec un conseiller tend aussi à se généraliser.

    Mais généralement le processus en ligne s’arrête là. Ensuite, muni des informations qu’il a obtenues sur la configuration désirée, le consommateur se rend dans la concession la plus proche avec 3 objectifs : voir le modèle choisi (ou un modèle approchant) de ses propres yeux et éventuellement l’essayer, ce qui n’est pas toujours possible ; discuter avec un vendeur en chair et en os pour confirmer ou modifier son choix ; et négocier le prix/le financement, démarche que tout acheteur tente avant de passer à l’acte et qui n’est tout simplement pas possible dans un processus 100% online.

    L’étude de Capgemini Consulting confirme que ces points sont ceux pour lesquels les consommateurs restent attachés à la finalisation de l’achat dans un point de vente physique.

    L’intérêt d’un parcours 100 % online pour l’acheteur ?

    Ces habitudes étant bien ancrées et l’achat d’une voiture neuve restant un événement exceptionnel, quel serait pour le consommateur l’intérêt de pouvoir tout faire en ligne ? La première réponse est, sans surprise, la possibilité d’avoir des prix plus bas – argument assez logique puisque le 100% online éliminerait a priori (mais a priori seulement) les intermédiaires entre le constructeur et le consommateur. Vient ensuite le gain de temps – avantage classiquement mis en avant dans le e-commerce, mais qui n’est pas très pertinent pour un achat qu’on ne fait pas tous les jours ; en revanche, le gain de temps dans les phases de choix préalables est réel : il est indiscutablement plus rapide de passer d’un site à un autre assis dans son canapé que d’aller visiter tous les points de vente de la région. Enfin, la possibilité de comparer – avantage un peu fallacieux, dans la mesure où cette possibilité existe déjà et concerne elle aussi la partie amont du parcours.

    Ce qui est réellement en jeu pour les constructeurs

    En fait, au-delà de l’espoir de la payer moins cher, le consommateur ne tient probablement pas plus que ça à acheter sa voiture en ligne. En revanche, les constructeurs ont beaucoup à gagner et c’est bien le fond de l’argumentaire de Capgemini Consulting. Il s’agit clairement pour eux de remettre en question le modèle B2B2C qui prédomine dans la distribution automobile et qui les prive de cette chose précieuse entre toutes : l’accès direct au client et à la connaissance client.

    Cette connaissance fine est aujourd’hui en grande partie aux mains des intermédiaires qui finalisent les transactions. Et elle devient d’autant plus stratégique qu’effectivement, la tendance sera de moins en moins à l’achat de la voiture individuelle. La généralisation de la LOA ne fait que préfigurer les formules d’abonnement à des « solutions de mobilité individuelle » incluant certes le véhicule mais surtout une panoplie de services de plus en plus étendue, épargnant tout souci à l’utilisateur. Dans le modèle qui se dessine, être en prise directe avec le client final sera d’autant plus crucial pour les constructeurs que, en échange de sa fidélité, le consommateur exigera toujours plus de flexibilité et de personnalisation. Tel est l’enjeu majeur de l’entrée des constructeurs automobile dans le e-commerce.

    Cette entrée est non seulement tardive mais aussi paradoxale : dans tous les autres secteurs s’appuyant sur de solides réseaux de distribution, les marques déploient des trésors d’énergie et de technologie pour faire venir les clients dans leurs points de vente. Là, il s’agirait au contraire de court-circuiter les concessionnaires (ce qui n’ira pas sans problème, tant ils sont nombreux) et de réduire le nombre de point de vente détenus en propre, ce qui pourrait alléger les coûts de distribution mais priverait, dans un premier temps, les consommateurs d’une étape à laquelle ils sont encore attachés. Reste à convoquer à court terme l’arsenal technologique dernier cri – intelligence artificielle, simulateurs de conduite et réalité virtuelle – pour compenser cette perte d’expérience physique et réussir à vraiment vendre des voitures neuves 100% online.

    Ce qu’il faut retenir, c’est que vendre des voitures n’est pas l’objectif de ce passage au e-commerce. Ce n’est qu’une étape intermédiaire pour passer à la vente de services de mobilité sur abonnement ou ponctuellement – un domaine où la connaissance client sera clé et où les constructeurs savent qu’ils seront en concurrence frontale avec les géants du web et leurs offres de voiture autonome à la demande. Vous direz que ce n’est pas pour demain… C’est exactement ce qu’ont pensé – à tort – tous les acteurs des secteurs qui ont été « disruptés ».

    *NB : Si nous écrivons « tend à vouloir démontrer », c’est parce que le rapport s’appuie principalement sur une étude limitée à trois pays – États-Unis, Chine et Allemagne – et une enquête auprès de 756 consommateurs, un échantillon total beaucoup trop léger pour être représentatif de trois pays aussi différents et d’une population qui avoisine 1,8 milliard d’individus [Chine = 1,375 milliard (2013) / USA = 318,9 millions (2014) / Allemagne = 80,62  millions (2013) – source Banque mondiale].

  • Etude sur la relation client dans le secteur de la distribution automobile

    L’Argus vient de publier les résultats d’une enquête sur le thème de la relation client dans le secteur de la distribution automobile

    A l’heure où Internet a déjà révolutionné le rapport qu’entretient le client aux points de vente automobiles, l’Argus s’est penché sur la gestion de la relation client en menant une étude auprès d’une quarantaine de groupes de distribution automobile afin de connaître leurs pratiques en la matière.

    L’étude démontre qu’entre bonnes intentions et réalité se creuse parfois un fossé :

    • Un quart des distributeurs automobiles n’ont pas normé la relation client ; seuls 8% des professionnels sont équipés en centres d’appels ;
    • Seulement 6% des grands distributeurs disposent d’une base de données multimarque ;
    • Le téléphone et l’e-mail sont les outils privilégiés dans la vente de VN (Véhicule Neuf) ; pour le VO (Véhicule d’Occasion) le site web devient primordial et pour l’après-vente c’est le SMS qui est le plus fréquemment utilisé ;
    • Pour 90% des répondants, l’investissement dans les sites internet représente le premier budget marketing annuel ;
    • Difficile d’imaginer une relation client globale sans présence sur les réseaux sociaux et pourtant ils ne sont que rarement utilisés.

     Les constructeurs, chefs d’orchestre de la gestion de la relation client 

    95% des distributeurs automobiles interrogés déclarent que le constructeur est mieux équipé pour mener à bien une prospection. En effet, dans la majeure partie des cas, les outils CRM utilisés sont ceux préconisés par les constructeurs.

    Des bases de données multimarques plébiscitées des distributeurs

    Alors que 94% des bases de données sont aujourd’hui séparées par marques (sauf pour le VO), 80% des distributeurs souhaitent grouper les bases de données clients entre les marques.

    60% des groupes interrogés disposent d’une cellule ou d’une direction marketing dédiée au CRM, soit centrale, soit par pôle de marques.

    Si 25% des groupes déclarent avoir formalisé et normé leur gestion de la relation client et 50% sont en chemin… 25% des groupes automobiles n’ont pas encore de solution CRM normée.

    Relation client et satisfaction client : deux groupes de missions qui ne se parlent pas

    Seulement 3% des groupes ont une action marketing envers leurs répondants à l’issue d’une enquête ou d’une réclamation vers les ‘insatisfaits’.

    Dans 97% des cas, le traitement de l’insatisfaction ne donne pas lieu à une action marketing.

    Ainsi, les ‘satisfaits’ comme les ‘insatisfaits’ ayant répondu sont finalement traités en tant que clients classiques dans la base de données et ne font pas ensuite l’objet d’un traitement différencié : actions de fidélisation spécifiques, bons d’achat, remises, club VIP pour essais privilège…

    Mais il y a plus urgent encore, selon les répondants, 35% des nouveaux contacts entrants (leads) sont insuffisamment renseignés et de ce fait peu ou pas exploitables. 

    La distribution automobile se prive donc aujourd’hui d’un tiers de son potentiel marketing. D’où l’importance de disposer d’une cellule marketing ou d’un centre d’appels intégré ou externalisé. Or, seulement 8% de la profession dispose d’un CRM.

    Le téléphone, outil le plus plébiscité ; n°2 l’e-mail

    8 outils principaux sont utilisés par les distributeurs VN, VO et SAV : téléphone, e-mailing, site internet du groupe, courrier adressé, site internet du constructeur, SMS, Facebook et la vidéo.

    Le téléphone demeure l’outil le plus utilisé tous pôles confondus, suivi de l’e-mailing et du site web du groupe, quasiment au même niveau que l’e-mailing notamment en VO.

    Le courrier adressé arrive en quatrième position, vient ensuite le site internet du constructeur.

    Les SMS, importants en SAV, ne sont presque pas utilisés en VN et en VO.

    Le réseau social Facebook est quant à lui très peu utilisé et rapporte peu selon les répondants : 15% seulement considèrent que Facebook est important ; 3% des leads proviennent de Facebook.

    Dernière du classement, la vidéo, qui n’a pas encore pris sa place puisqu’elle est utilisée uniquement en VO.

     

    CRM

  • #MWC – Comment la réalité augmentée investit notre quotidien ?

    Le Projet Tango habille Fiat Chrysler automobile

    A l’occasion du Mobile World Congress, Fiat Chrysler Automobiles (FCA) a dévoilé un prototype d’application immersive dédié à la vente de voitures, conçu et développé par Accenture Digital à l’aide du kit de développement Tango de Google. Ce prototype montre de quelle manière la réalité augmentée peut influer sur l’expérience d’achat proposée aux consommateurs, qui pourront bientôt visualiser et explorer de façon interactive le modèle de voiture ou plus largement le produit qu’ils envisagent d’acheter.

    Equipés d’un smartphone ou d’une tablette, les acheteurs potentiels peuvent ainsi faire le tour du véhicule, modifier sa configuration et explorer son habitacle grâce à la technologie du Projet Tango qui associe capteurs intégrés, suivi des mouvements et perception de la profondeur. Sur la démonstration d’Accenture, les portières du véhicule peuvent être ouvertes pour révéler un habitacle reproduit de façon réaliste et détaillée, les finitions intérieures et le style du tableau de bord pouvant être modifiés d’un simple geste sur l’écran de l’appareil.

    La technologie Tango permet à un appareil mobile de se déplacer dans l’espace de la même manière que l’homme. Elle dote les appareils Android d’un nouveau type de perception spatiale, grâce à des fonctionnalités avancées de vision par ordinateur, de traitement de l’image et de capteurs visuels. Grâce à la technologie Tango, un appareil mobile peut donc cartographier l’espace et obtenir une vision à 360 degrés lui permettant de se déplacer et d’appréhender l’environnement comme le ferait une personne.

    Le premier appareil issu de cette technologie devrait être commercialisé cet été et est présenté en avant-première au Mobile World Congress. Accenture Interactive, entité d’Accenture Digital, a collaboré avec FCA pour concevoir une application de cette nouvelle technologie qui va transformer le processus d’achat et la manière de configurer une nouvelle automobile.

    Les utilisateurs de la solution de configuration de véhicule FCA pourront ainsi se déplacer librement autour d’un véhicule reproduit grandeur nature, dans presque tous les environnements. La technologie du projet Tango offre, à partir d’un appareil portable, une expérience totalement mobile fonctionnant indépendamment des technologies de suivi externes comme les marqueurs, les balises ou encore le GPS.

    « Le projet Tango est une nouvelle technologie qui est appelé à devenir une fonctionnalité standard sur la prochaine génération d’appareils mobiles », explique explique Matteo Aliberti, responsable du pôle Innovation numérique chez Accenture Interactive en Europe, Afrique et Amérique Latine. « Accenture a commencé à expérimenter la technologie Tango dès les premiers stades de son développement, créant ainsi un large éventail d’applications potentielles, dont celle-ci destinée à l’industrie automobile. »

    Ce travail de développement accompli par Accenture devrait permettre de transformer radicalement le processus de décision d’achat de voiture avec l’arrivée des appareils mobiles de nouvelle génération. FCA est la première marque automobile à utiliser ce type d’outil numérique dédié à la configuration de véhicules. Contrairement aux configurateurs actuels qui proposent une expérience classique, cet outil permettra à FCA de proposer à ses clients une expérience riche, captivante et immersive.

    Ces travaux sont l’exemple le plus récent de la collaboration engagée entre FCA et Accenture, qui vise à proposer une expérience numérique à la fois unique et novatrice aux clients de la marque automobile.

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