Étiquette : apple

  • TOP & Flop 2021 selon Fabernovel

    GAFAnomics Quarterly de Fabernovel : les géants du numérique toujours plus grands

    Grands vainqueurs du confinement, les GAFA ont profité du cœur de la crise pour engendrer des résultats records. Avec le redémarrage de l’économie, sur fond d’incertitude sanitaire et de régulation, ces géants continuent toujours de croître.

    “Au cours de ce deuxième trimestre 2021, le secteur des technologies accentue son avance tant d’un point de vue opérationnel qu’en termes de valorisation. Grâce notamment aux géants américains qui ont accru leur domination sur les acteurs asiatiques, pénalisés par les nouvelles régulations gouvernementales.  Ils ont continué à prouver leur capacité d’innovation, soutenue par un fort pouvoir de maintien voire de revalorisation des prix des produits et services” explique en préambule Axelle Ricour-Dumas, directrice stratégie corporate chez Fabernovel. “Nous constatons en parallèle une tendance structurante qui s’accélère encore, l’innovation n’étant pas seulement portée par les grands acteurs technologiques, mais aussi par des groupes historiques qui ont progressivement adopté des briques stratégiques des modèles GAFA. Nous sommes convaincus d’être à une période charnière pour ces entreprises traditionnelles qui doivent continuer à faire naître l’innovation pour réduire l’écart

    Le rapport GAFAnomics Quarterly de Fabernovel met aussi en perspective les faits marquants du trimestre ainsi que les citations clés de dirigeants : “Dans les prochaines années, je m’attends à ce que les gens cessent de voir Facebook principalement comme un réseau social pour être vu comme une entreprise de metaverses. À bien des égards, les metaverses sont l’expression ultime de la technologie sociale” expliquait Mark Zuckerberg, CEO de Facebook. Une vision qui ouvre des opportunités à de nouveaux modèles et formats comme la publicité augmentée.

    Dans le top  : Apple confirme sa position dominante dans le secteur des produits électroniques

    “Apple confirme sa position dominante dans le secteur des produits électroniques en concrétisant les trois meilleurs trimestres de son histoire et en dépassant les attentes des analystes. L’entreprise fait 36% de croissance de son chiffre d’affaires au second trimestre par rapport à l’année précédente. Mais l’ombre de la régulation et de la pénurie de composants électroniques plane sur le géant à la pomme” explique Pierre Gonnet, analyste Fabernovel et co-auteur de l’étude GAFAnomics Quarterly.

    Dans le flop : Tencent touché mais pas coulé 

    Tencent a été fortement impacté par le mouvement de la régulation chinoise. Bien que l’entreprise soit toujours en croissance avec une hausse de 24% de ses revenus, sa valeur boursière a chuté de plus de 24% ce trimestre, révélant la crainte des investisseurs sur la tournure réglementaire que prend le gouvernement chinois. En effet, la Chine a décidé de sévir par des amendes records mais aussi par un renforcement de sa régulation autour de nouvelles lois notamment avec la loi de sécurité des données applicable dès le 1er septembre, et la Personal Information Protection Law (PIPL) qui entre en application dès le 1er novembre. Avec un objectif : renforcer le contrôle sur les géants du numérique et en réguler leurs pratiques anticoncurrentielles. Les grandes lignes sont définies dans ces lois, mais il est attendu des précisions dans de prochaines mises à jour cristallisant la crainte des investisseurs et impactant directement la valorisation de Tencent ce trimestre.

    La surprise : Snapchat commence à se tailler une part du duopole de la publicité Facebook/Google

    Snapchat a créé la surprise ce trimestre, en voulant se tailler une part du duopole de la publicité Facebook/Google. L’entreprise a réalisé 116% de croissance de ses revenus par rapport à l’année précédente (dépassant de 16% les attentes des analystes), et a fait bondir de 13 millions son nombre d’utilisateurs actifs quotidien. Son action a aussi grimpé de 43%.

    Cette croissance peut s’expliquer par un rebond du marché, par un regain de confiance des investisseurs dans les business model de la publicité et par un engagement et une pénétration toujours plus forte de Snap Inc. dans son marché. Mais aussi par un contexte dans lequel Facebook et Google se partagent la part du lion, représentant entre 75 et 80% du marché de la publicité en ligne et amène les clients à trouver des solutions pour réduire leur dépendance à ce duopole.

    Les entreprises traditionnelles et les startups se lancent dans les modèles économiques des GAFA

    Si les GAFA battent de nouveaux records, une tendance structurante prend de l’ampleur avec des acteurs “traditionnels” réussissant à se différencier grâce aux effets de la transformation numérique menée ces dernières années. Des groupes comme LVMH, Nike, Walmart ou The Walt Disney Company, mis en avant dans cette étude, ont pu profiter de la reprise au premier semestre et combler le fossé en pivotant vers de nouveaux modèles souvent inspirés des GAFA. Les résultats nets de ces entreprises ont ainsi, d’une année à l’autre sur le premier semestre, tous fait des performances remarquables avec +913% pour LVMH, 96% pour Walt Disney Company, +79% pour Walmart, +12% pour Nike.

    LVMH a su profiter d’une reprise de certains métiers clés comme le cuir et la mode mais aussi d’une accélération des ventes directes et du déploiement de nouvelles expériences et services. Plus largement c’est le fruit d’une remarquable stratégie d’innovation sur les leviers technologie, marketing et culturel. Avec le projet DARE, LVMH a initié un programme pour favoriser l’innovation interne et s’assurer qu’elle fait émerger de nouvelles sources de revenus. Ce programme implique 60 participants internationaux issus des 40 marques du groupe dont les dernières initiatives en date : un prototype de sac utilisant un écran numérique appelé « Canvas of the future » et une plateforme de revente en ligne des chutes de tissus et de cuir, « Nona Source ». Le groupe LVMH sait aussi s’allier avec des géants, notamment Google Cloud pour développer des modèles de prévisions des ventes, d’optimisation des stocks et des expériences personnalisées. Enfin, LVMH ne s’impose pas de limite pour réussir à toucher la génération Z en développant le jeu “Louis The Game” qui permet à l’utilisateur de découvrir l’histoire du groupe et de collecter pendant le parcours des œuvres numériques (NFT). Ce jeu, téléchargé plus de 500,000 fois, illustre également la capacité d’innovation du groupe en marketing digital et expérience client.

    The Walt Disney Company a réussi à innover et lancer Disney+ dans une période très favorable (plein covid) en menant une stratégie D2C (Direct to Consumers) pour acquérir en 2 ans la moitié du nombre d’abonnés Netflix. En effet, si le contenu de Disney a toujours été distribué par des tiers, avec Disney+, la société propose son contenu en direct en capitalisant sur sa forte image historique et se positionnant comme complémentaire au leader du marché Netflix. Avec cette stratégie innovante, l’entreprise reprend la main sur la connaissance de ses clients et adopte un modèle de revenus récurrents plus résilient.  Le succès de Disney sur un an ne repose ainsi plus sur la performance unique de quelques blockbusters mais sur l’évolution et la cohérence de son bouquet global de contenus.

    5 cas d’acquisitions stratégiques en 2024 imaginés par Fabernovel

    “Il existe plusieurs stratégies d’acquisitions, les géants s’adonnant souvent à des stratégies défensives avec de la consolidation en rachetant des acteurs identiques à leurs marchés. Dans cette nouvelle économie, et pour que le tissu tech européen se développe, les entreprises traditionnelles et startups devront trouver des modèles de collaboration et de création de valeur innovantes pour décupler leurs impacts. En 2024, nous faisons le pari que ce type d’acquisitions innovantes sera monnaie courante et nous vous proposons d’imaginer ce que serait un mariage entre entreprises du CAC40 et Next 40 d’horizons différents” anticipe Cyril Vart, Vice-Executive Président de Fabernovel.

    Bienvenue donc en 2024** :

    • Accor et Care : après s’être diversifié dans le coworking, Accor se lance dans le secteur de la santé.  En combinant le meilleur de Qare en ligne et des pratiques Accor hors ligne, les possibilités autour des cliniques hôtelières et l’hospitalité médicale qui y sont associées offrent de nouveaux horizons d’innovation pour le groupe d’hospitalité.
    • Schneider Electric et Cityscoot allient leurs pouvoirs qui ont fait leur succès en créant du logiciel sur du hardware. La combinaison de leurs services et de leurs expertises dans une plateforme ouverte pourrait enrichir l’expérience des clients de Schneider Electric. D’un autre côté, Cityscoot pourrait s’appuyer sur le savoir-faire de Schneider pour passer à l’échelle et tenter de fixer les standards de la mobilité urbaine.
    • Renault et Lydia s’entendent dans une alliance stratégique pour réinventer la façon de vendre des voitures et les nouveaux moyens de les financer. Lydia est en effet une référence du Next 40 lorsqu’il s’agit de développer et de vendre des services financiers centrés clients, notamment autour de l’abonnement, du partage, de l’usage…
    • Sanofi intègre Shadow – qui permet de mieux répartir la puissance d’un ordinateur entre ses salles de serveur et les devices des clients  – pour améliorer les performances de leur produit tout en respectant la sécurité de leurs clients, à l’ère de la santé connectée et à distance.
    • EDF et Ledger :  le rapport au prix pour le consommateur est un sujet sensible sur le marché de l’énergie, dont les variations sont le plus souvent dues à des facteurs externes. EDF s’allie ainsi avec Ledger, pour renforcer la transparence et la confiance auprès de ses clients grâce à la technologie blockchain, permettant de tracer le coût de l’extraction au foyer.
  • Rapport Fabernovel : les géants du numérique toujours plus grands

    Grands vainqueurs du confinement : les GAFA

    Les GAFA ont profité du cœur de la crise pour engendrer des résultats records. Avec le redémarrage de l’économie, sur fond d’incertitude sanitaire et de régulation, ces géants continuent toujours de croître.

    “Au cours de ce deuxième trimestre 2021, le secteur des technologies accentue son avance tant d’un point de vue opérationnel qu’en termes de valorisation. Grâce notamment aux géants américains qui ont accru leur domination sur les acteurs asiatiques, pénalisés par les nouvelles régulations gouvernementales.  Ils ont continué à prouver leur capacité d’innovation, soutenue par un fort pouvoir de maintien voire de revalorisation des prix des produits et services” explique en préambule Axelle Ricour-Dumas, directrice stratégie corporate chez Fabernovel. “Nous constatons en parallèle une tendance structurante qui s’accélère encore, l’innovation n’étant pas seulement portée par les grands acteurs technologiques, mais aussi par des groupes historiques qui ont progressivement adopté des briques stratégiques des modèles GAFA. Nous sommes convaincus d’être à une période charnière pour ces entreprises traditionnelles qui doivent continuer à faire naître l’innovation pour réduire l’écart”.

    Dans le top  : Apple confirme sa position dominante dans le secteur des produits électroniques

    Apple confirme sa position dominante dans le secteur des produits électroniques en concrétisant les trois meilleurs trimestres de son histoire et en dépassant les attentes des analystes. L’entreprise fait 36% de croissance de son chiffre d’affaires au second trimestre par rapport à l’année précédente. Mais l’ombre de la régulation et de la pénurie de composants électroniques plane sur le géant à la pomme” explique Pierre Gonnet, analyste Fabernovel et co-auteur de l’étude GAFAnomics Quarterly.

    Apple est un parfait exemple de société ayant su s’imposer avant, pendant et à l’orée espérée de la fin de la pandémie du Covid-19, et cette performance s’explique par une croissance forte des ventes de ses produits clés comme l’iPhone qui génère près de 40 milliards de dollars de ventes, et qui enregistre une croissance de près de 50% comparé à l’année précédente. La pénurie de semi-conducteurs dans le monde est un enjeu que l’entreprise devra surveiller aux prochains trimestres.

    Le géant à la pomme réussit également sur ses activités de services qui sont liées aux commissions (allant de 15 à 30%) appliquées aux revenus générés par les différentes applications présentes sur son store. Ce segment de revenus a en effet enregistré une croissance de près de 33% par rapport à l’année précédente, représentant une manne de 17,5 milliards de dollars. Apple devra relever le défi de ses méthodes jugées anticoncurrentielles de par le monde, la Corée du Sud est d’ailleurs le premier pays à demander aux plateformes d’applications d’ouvrir des alternatives à leurs offres de paiement intégrées (en savoir plus en lisant la note de Fabernovel “Régulation Sud-Coréenne sur le paiement des géants du numérique : vers un consensus mondial ?

    Dans le flop : Tencent touché mais pas coulé 

    Tencent a été fortement impacté par le mouvement de la régulation chinoise. Bien que l’entreprise soit toujours en croissance avec une hausse de 24% de ses revenus, sa valeur boursière a chuté de plus de 24% ce trimestre, révélant la crainte des investisseurs sur la tournure réglementaire que prend le gouvernement chinois. En effet, la Chine a décidé de sévir par des amendes records mais aussi par un renforcement de sa régulation autour de nouvelles lois notamment avec la loi de sécurité des données applicable dès le 1er septembre, et la Personal Information Protection Law (PIPL) qui entre en application dès le 1er novembre. Avec un objectif : renforcer le contrôle sur les géants du numérique et en réguler leurs pratiques anticoncurrentielles. Les grandes lignes sont définies dans ces lois, mais il est attendu des précisions dans de prochaines mises à jour cristallisant la crainte des investisseurs et impactant directement la valorisation de Tencent ce trimestre.

    La surprise : Snapchat commence à se tailler une part du duopole de la publicité Facebook/Google

    Snapchat a créé la surprise ce trimestre, en voulant se tailler une part du duopole de la publicité Facebook/Google. L’entreprise a réalisé 116% de croissance de ses revenus par rapport à l’année précédente (dépassant de 16% les attentes des analystes), et a fait bondir de 13 millions son nombre d’utilisateurs actifs quotidien. Son action a aussi grimpé de 43%.

    Cette croissance peut s’expliquer par un rebond du marché, par un regain de confiance des investisseurs dans les business model de la publicité et par un engagement et une pénétration toujours plus forte de Snap Inc. dans son marché. Mais aussi par un contexte dans lequel Facebook et Google se partagent la part du lion, représentant entre 75 et 80% du marché de la publicité en ligne et amène les clients à trouver des solutions pour réduire leur dépendance à ce duopole. De plus, Snapchat a su développer son modèle et a réussi à croître en allant chercher des parts de marché en dehors de l’Europe et l’Amérique du Nord. L’entreprise continue également à innover en lançant de nouveaux formats de réalité virtuelle permettant aux marques de mieux rayonner et faire grimper, in fine, le revenu moyen par utilisateur de l’application de 22% par rapport au trimestre précédent (de 2,74 à 3,35 dollars).

    Les entreprises traditionnelles et les startups se lancent dans les modèles économiques des GAFA

    Si les GAFA battent de nouveaux records, une tendance structurante prend de l’ampleur avec des acteurs “traditionnels” réussissant à se différencier grâce aux effets de la transformation numérique menée ces dernières années. Des groupes comme LVMH, Nike, Walmart ou The Walt Disney Company, mis en avant dans cette étude, ont pu profiter de la reprise au premier semestre et combler le fossé en pivotant vers de nouveaux modèles souvent inspirés des GAFA. Les résultats nets de ces entreprises ont ainsi, d’une année à l’autre sur le premier semestre, tous fait des performances remarquables avec +913% pour LVMH, 96% pour Walt Disney Company, +79% pour Walmart, +12% pour Nike.

    LVMH a su profiter d’une reprise de certains métiers clés comme le cuir et la mode mais aussi d’une accélération des ventes directes et du déploiement de nouvelles expériences et services. Plus largement c’est le fruit d’une remarquable stratégie d’innovation sur les leviers technologie, marketing et culturel. Avec le projet DARE, LVMH a initié un programme pour favoriser l’innovation interne et s’assurer qu’elle fait émerger de nouvelles sources de revenus. Ce programme implique 60 participants internationaux issus des 40 marques du groupe dont les dernières initiatives en date : un prototype de sac utilisant un écran numérique appelé « Canvas of the future » et une plateforme de revente en ligne des chutes de tissus et de cuir, « Nona Source ». Le groupe LVMH sait aussi s’allier avec des géants, notamment Google Cloud pour développer des modèles de prévisions des ventes, d’optimisation des stocks et des expériences personnalisées. Enfin, LVMH ne s’impose pas de limite pour réussir à toucher la génération Z en développant le jeu “Louis The Game” qui permet à l’utilisateur de découvrir l’histoire du groupe et de collecter pendant le parcours des œuvres numériques (NFT). Ce jeu, téléchargé plus de 500,000 fois, illustre également la capacité d’innovation du groupe en marketing digital et expérience client.

    The Walt Disney Company a réussi à innover et lancer Disney+ dans une période très favorable (plein covid) en menant une stratégie D2C (Direct to Consumers) pour acquérir en 2 ans la moitié du nombre d’abonnés Netflix. En effet, si le contenu de Disney a toujours été distribué par des tiers, avec Disney+, la société propose son contenu en direct en capitalisant sur sa forte image historique et se positionnant comme complémentaire au leader du marché Netflix. Avec cette stratégie innovante, l’entreprise reprend la main sur la connaissance de ses clients et adopte un modèle de revenus récurrents plus résilient.  Le succès de Disney sur un an ne repose ainsi plus sur la performance unique de quelques blockbusters mais sur l’évolution et la cohérence de son bouquet global de contenus.

    Si les grands groupes accélèrent sur leur innovation interne, les nouveaux acteurs numériques représentent aussi un vivier d’innovation pour créer de la valeur et se réinventer face aux géants du numérique.  La bonne nouvelle ? L’écosystème de startups en Europe continue sa dynamique positive avec un regain d’intérêt des investisseurs poussé par l’accélération de tendances structurantes liées au numérique pendant le Covid et la capacité de certaines startups européennes à tirer leur épingle du jeu sur cette période.
    Les chiffres parlent d’eux mêmes :  les levées en Europe sur les startups les plus matures ont augmenté de 466% par rapport à l’année précédente avec l’e-commerce, la fintech, e-santé et l’IA en tête. Le nombre de licornes explose aussi en Europe, qui en détient près de 20% du total, soit 52 pépites valorisées à plus d’un milliard de dollars. Les startups françaises ont levé 4,7 milliards d’euros au travers de 400 opérations, enregistrant une croissance de 74% en valeur et 24% en volume par rapport à 2020. C’est d’ailleurs la première fois dans l’histoire du marché français que plus d’1 milliard d’euros ont été levés tous les mois du dernier trimestre : 1,4 Md€ en mai, 1,7 Md€ en juin et 1,6 Md€ en juillet.

    Alors que les news kids in the block grandissent en Europe, il sera intéressant de trouver des synergies avec les grands groupes « traditionnels » pour continuer d’accélérer l’innovation, de donner une chance à ce nouvel écosystème de grandir et de proposer des alternatives aux géants du numérique.

    5 cas d’acquisitions stratégiques en 2024 imaginés par Fabernovel

    “Il existe plusieurs stratégies d’acquisitions, les géants s’adonnant souvent à des stratégies défensives avec de la consolidation en rachetant des acteurs identiques à leurs marchés. Dans cette nouvelle économie, et pour que le tissu tech européen se développe, les entreprises traditionnelles et startups devront trouver des modèles de collaboration et de création de valeur innovantes pour décupler leurs impacts. En 2024, nous faisons le pari que ce type d’acquisitions innovantes sera monnaie courante et nous vous proposons d’imaginer ce que serait un mariage entre entreprises du CAC40 et Next 40 d’horizons différents” anticipe Cyril Vart, Vice-Executive Président de Fabernovel.

    Bienvenue donc en 2024

    Accor et Care : après s’être diversifié dans le coworking, Accor se lance dans le secteur de la santé.  En combinant le meilleur de Qare en ligne et des pratiques Accor hors ligne, les possibilités autour des cliniques hôtelières et l’hospitalité médicale qui y sont associées offrent de nouveaux horizons d’innovation pour le groupe d’hospitalité.

    Schneider Electric et Cityscoot allient leurs pouvoirs qui ont fait leur succès en créant du logiciel sur du hardware. La combinaison de leurs services et de leurs expertises dans une plateforme ouverte pourrait enrichir l’expérience des clients de Schneider Electric. D’un autre côté, Cityscoot pourrait s’appuyer sur le savoir-faire de Schneider pour passer à l’échelle et tenter de fixer les standards de la mobilité urbaine.

    EDF et Ledger : Le rapport au prix pour le consommateur est un sujet sensible sur le marché de l’énergie, dont les variations sont le plus souvent dues à des facteurs externes. EDF s’allie ainsi avec Ledger, pour renforcer la transparence et la confiance auprès de ses clients grâce à la technologie blockchain, permettant de tracer le coût de l’extraction au foyer.

    Renault et Lydia s’entendent dans une alliance stratégique pour réinventer la façon de vendre des voitures et les nouveaux moyens de les financer. Lydia est en effet une référence du Next 40 lorsqu’il s’agit de développer et de vendre des services financiers centrés clients, notamment autour de l’abonnement, du partage, de l’usage…

    Sanofi intègre Shadow – qui permet de mieux répartir la puissance d’un ordinateur entre ses salles de serveur et les devices des clients  – pour améliorer les performances de leur produit tout en respectant la sécurité de leurs clients, à l’ère de la santé connectée et à distance.

     

  • Social engineering : quand le hacking repose sur une stratégie d’usurpation d’identité

    Le hacking à l’usage des débutants


    par Eric Heddeland – Barracuda Networks – VP EMEA Europe du Sud & Marchés Émergents

    Ils pourraient être installés dans une chambre obscure, enfoncés dans leurs sweats à capuche noir, en pianotant sur leur clavier à la recherche de vulnérabilités informatiques pour voler des données, faire dérailler un train ou encore diffuser un ransomware. Mais aujourd’hui, leur organisation internationale avec accès à des supports techniques dédiés, des toolkits clé en main vendus sur le net, les hackers ne sont pas forcément représentés par l’image d’Epinal classique des magazines informatique ou grand public. En effet, dans l’opinion publique, ces pirates du web nourrissent bien des fantasmes. Mais si en 2019, rien n’est inviolable tout se pirate et tout se transforme dans l’univers numérique, parfois de manière spectaculaire, du smartphone à Google Home en passant par un pacemaker, le hacking est surtout aujourd’hui une affaire d’usurpation d’identité. Elle repose de plus en plus sur une stratégie de mimétisme numérique à de fins douteuses : le social engineering.   Pourquoi ? Comment ? Petit guide :

    Leçon 1 : un travail de repérage minutieux

    Fini les spams de masse, le social engineering ou ingénierie sociale a de quoi trouver sa source d’inspiration dans la nature.  Car hacker un individu ou, une société, ressemble de près ou de loin à l’adoption de la stratégie du caméléon. Se fondre dans un environnement pour mieux se dissimuler. Ou bien ressembler à un individu pour mieux l’attaquer.

     Dans ce cadre, la première étape s’appuie sur  un travail de repérage minutieux de l’organisation d’une société donnée. Les hackers cherchent à  comprendre quel individu est autour de la table, qui interagit avec qui et qui est hiérarchiquement positionné par rapport à un autre individu. Jamie Woodruff, un hacker éthique qui a percé les défenses des plus grandes entreprises californiennes tel Facebook, YouTube, Apple ou encore Google rapporte par exemple s’être fait embaucher comme livreur de pizza pour accéder aux serveurs d’une importante institution financière.

    Leçon 2 : une analyse comportementale 

    La seconde étape du social engineering repose sur l’analyse comportementale de ces mêmes cibles. Il faut découvrir comment les protagonistes communiquent entre eux, comment ils se partagent l’info pour identifier une faille comportementale et  installer un logiciel espion, non intrusif.

    Puis vient l’action. Une  fois les données sensibles recueillies (login, mot de passe), le hacker peut installer un logiciel de prise de contrôle à distance. Développer une stratégie de mime et d’usurpation d’identité. Le schéma est classique : se faire passer pour le PDG d’une société qui demanderait au service comptable de réaliser un virement sur le compte d’un nouveau client.

    Leçon 3 : mafia digitale ou cyberguerre ?

    Dans le hacking, l’usurpation d’identité a deux mobiles principaux. Le premier est d’ordre mafieux : escroquer, dérober, soutirer une somme d’argent à des entreprises à grands capitaux. Moins connu du public, le second mobile est d’ordre politique. Il s’invite comme une arme étatique de désinformation et de déstabilisation des régimes en place _ notamment démocratiques _ dans le cadre d’élections présidentielles.

    En France, le cas le plus flagrant fut celui du MacronLeaks, lors de la campagne de La République en marche. Deux ans après l’élection, des preuves appuient l’implication d’un groupe de suprémacistes américains d’extrême droite dans la divulgation du contenu de 5 boîtes mails de membres du parti, faux documents et fake news au passage. Dans la même veine, les piratages subis par le parti démocrate d’Hillary Clinton durant la campagne présidentielle seraient, selon un rapport confidentiel de la CIA, l’œuvre de hackers russes pour favoriser la victoire de Donald Trump.

    Face au hacking, l’enjeu de la cybersécurité s’impose comme un travail de décorticage. Elle  consiste à justement passer au tamis l’ensemble des comportements de chaque utilisateur pour recréer des modèles comportementaux. Dès lors qu’il y a la moindre modification dans ce modèle comportemental, l’ordinateur émet une alerte et demande une validation physique complémentaire.  Voilà là tout l’enjeu du Machine Learning. Tel était l’objet de la leçon n’°4.

     

     

  • Applis mobiles : 22 milliards de dépenses consommateurs au 1er trimestre 2019

    Applis mobiles : 22 milliards de dépenses consommateurs au 1er trimestre 2019

    Tinder en tête du classement des dépenses et Color Bump 3D est le jeu le plus téléchargé, selon App Annie, référence en données et enseignements sur le marché des applications mobiles, publie les chiffres de l’app-économie au 1er trimestre 2019.

    Les dépenses consommateurs sur iOS et Google Play ont dépassé les 22 milliards de dollars au niveau mondial, ce qui en fait le trimestre le plus lucratif de tous les temps, en hausse de 20% par rapport à l’année précédente. App Annie a également enregistré 30 milliards de téléchargements, soit le plus grand trimestre de l’histoire également, en hausse de 10% par rapport à l’année précédente.

    Les dépenses consommateurs sur iOS et Google Play ont dépassé les 22 milliards de dollars au niveau mondial, ce qui en fait le trimestre le plus lucratif de tous les temps, en hausse de 20% par rapport à l’année précédente. App Annie a également enregistré 30 milliards de téléchargements, soit le plus grand trimestre de l’histoire également, en hausse de 10% par rapport à l’année précédente.

    Google Play creuse son écart sur iOS dans les téléchargements 

    Au premier trimestre 2019, le nombre total de téléchargements sur Google Play a augmenté de 10% d’une année sur l’autre, principalement en raison de la croissance continue des marchés émergents et de la croissance des applications dans les catégories Auto & Véhicules et Divertissement.

    Alors que l’Inde, l’Indonésie et le Brésil ont continué d’être les principaux contributeurs à la croissance des téléchargements sur Google Play, conformément aux tendances évoquées au cours des trimestres précédents, l’Égypte et le Pakistan ont enregistré une croissance significative par rapport à l’année dernière. Le Brésil a de son côté largement contribué à la croissance des téléchargements sur iOS. Cependant, les marchés matures étaient en grande partie les principaux moteurs des téléchargements sur iOS, notamment les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et l’Allemagne.

    Les applications de divertissement et les jeux continuent d’être l’un des principaux contributeurs à la croissance des téléchargements sur Google Play et sur iOS. Cela correspond aux tendances que nous surveillons et prévoyons dans ces deux secteurs. Ainsi en 2019, 1 minute de consommation de contenu, que ce soit à la télévision ou sur Internet, sera en streaming vidéo sur mobile et le jeu mobile devrait atteindre 60% de la part des dépenses consommateurs en 2019.

    Rien de surprenant donc à ce que Google et d’Apple aient récemment annoncé les lancements des services Stadia Cloud et du service d’abonnement Apple Arcade respectivement.

    Apple a également annoncé son intention de lancer Apple TV +, son incursion dans le domaine du streaming vidéo. Ces annonces confirment la volonté des géants des nouvelles technologies d’utiliser le mobile comme pièce maîtresse de leurs stratégies de services et de contenu cette année.

    Enfin, plus étonnant, les téléchargements des applications Auto et Véhicules ont enregistré une croissance exceptionnellement forte au premier trimestre 2019 sur Google Play, alimentée principalement par les jeux liés à l’automobile classés de manière stratégique dans la catégorie Auto et Véhicule. Une tactique astucieuse susceptible de fournir des avantages en optimisation de l’App Store (ASO) notamment en matière de visibilité.

    Sur iOS, les applications Food ont enregistré la plus forte croissance d’une année sur l’autre en matière de téléchargements dans le monde, ce qui confirme que le secteur est en train d’être complètement transformé par le mobile.

    Les dépenses consommateurs sur iOS ont augmenté de 20% pour atteindre 14 milliards de dollars

    Google Play et l’Apple Store ont connu leur trimestre le plus lucratif à ce jour, dépassant la période des vacances 2018 et soulignant le rôle central du mobile dans notre quotidien. Alors que iOS maintient une avance très confortable sur le store de Google, les dépenses des consommateurs sur Google Play ont tout de même augmenté de 25% en un an.

    La Chine, les États-Unis, le Japon, Taiwan et le Royaume-Uni continuent de contribuer largement à la croissance des dépenses consommateurs sur iOS. Hong Kong et la France ont également enregistré une forte croissance d’une année à l’autre sur iOS au premier trimestre 2019.

    Sur Google Play, les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud, l’Allemagne et Taïwan ont été les principaux contributeurs à la croissance des dépenses des mobinautes. A noter cependant, les très bons chiffres des marchés russes et indonésiens par rapport à 2018.

    Tout comme dans les téléchargements, les jeux ont été le principal moteur des dépenses sur iOS et Google Play. Pas étonnant donc que Google et d’Apple cherchent à s’implanter sur ce secteur, d’autant plus que les jeux mobiles ont généré 20% de dépenses en plus que toutes les autres plates-formes de jeu combinées (PC / Mac, consoles portables et domestiques) en 2018. Parmi les applications hors-jeux, les applications d’Entertainment, ont été les premières contributrices à la croissance des dépenses de consommation sur iOS au premier trimestre 2019, ce qui conforte la décision d’Apple de lancer son propre service de streaming par abonnement cette année.

    Tinder en tête du classement des dépenses et Color Bump 3D le jeu le plus téléchargé au premier trimestre 2019

    Les jeux Hyper casual et Hardcore games continuent d’être très demandés sur mobile, grâce notamment à une accessibilité généralisée et des appareils puissants capables d’offrir des expériences rivalisant avec les consoles et les ordinateurs. La vidéo et les réseaux sociaux continuent d’être importants pour les consommateurs au premier trimestre de 2019, à la fois en matière de demande et de valeur comme on peut le constater dans les classements.

  • Quand Apple et Google tentent d’uberiser les constructeurs automobiles …

    Les véhicules connectés poussent les entreprises à développer leurs technologies

    Par Jim Poole, Vice-Président Ecosystème et Business Developpement, chez Equinix

    La voiture connectée de demain est proche, et tous les éléments portent à dire qu’elle représentera une formidable avancée.
    D’innombrables opportunités semblent en effet promises aux entreprises qui sauront accéder et tirer parti des gigantesques volumes de données générées par ces véhicules sophistiqués grâce à l’Internet des Objets (IoT).
    On peut ainsi imaginer des voitures connectées se suivant entre elles et avertissant leurs conducteurs en cas d’anomalie détectée au sein d’un véhicule à proximité, de façon à éviter tout accident. Elles pourraient par exemple détecter des pièces montrant des signes de défaillance. En cas de manque de carburant, elles se connecteraient aux stations-service à proximité et recevraient des bons pour des cafés gratuits afin d’inciter les conducteurs à s’arrêter. Mais le progrès le plus époustouflant aura lieu lorsqu’elles seront totalement autonomes et capables de se conduire d’elle-même en magasin pour récupérer du café.
    Les capacités de capture et d’analyse de données des véhicules connectés se développent constamment. Cependant, pour qu’un système fonctionne correctement en dépit de la mobilité d’une automobile, il faut une interconnexion de qualité supérieure jusqu’en périphérie de réseau. En effet, dans un pays aux paysages et aux cultures aussi variés, les limites de ces réseaux sont les mêmes que celles des voitures, connectées ou pas.
    Les voitures ont tant de choses à nous dire
    Selon les prévisions de Gartner, 250 millions de véhicules devraient être connectés à Internet d’ici 2020. L’automobile deviendra alors une pièce centrale de l’IoT, qui permettra de tirer parti et de développer de nouvelles capacités de conduite autonome.
    Avec les véhicules actuels, les passagers peuvent profiter de films en streaming grâce au Wi-Fi à bord, ou solliciter une assistance urgente en appuyant sur un simple bouton. Mais cela n’est que le début. Comme l’indiquent les statistiques du constructeur Ford, les voitures ont d’innombrables histoires à nous raconter, qu’il s’agisse des modes d’accélération et de freinage, des niveaux de carburant, de la température du moteur, du niveau de batterie ou encore de l’usure des pneus. Et bien sûr, elles peuvent également communiquer sur Internet, notamment des données météorologiques et de circulation, des avertissements concernant la présence de travaux routiers, ou encore des informations sur des événements en cours dans des villes à proximité. De tels éléments peuvent se révéler à la fois pertinents et pratiques.
    Le potentiel de la voiture connectée est tel que les constructeurs ne sont pas les seuls à développer des technologies. Selon la rumeur, le projet de voiture électrique d’Apple, connu sous le nom de code « Titan », est à un stade suffisamment avancé pour remplir une page Wikipédia. Le projet de voitures autonomes de Google n’est plus un secret pour personne. Une enquête publiée par Deloitte et menée auprès de consommateurs suggère d’ailleurs que la nouvelle génération de conducteurs voudrait que leurs véhicules se comportent comme « des smartphones sur roues ». Le cabinet ajoute même qu’à l’heure où les éditeurs de logiciels prennent part au processus de construction automobile, les fabricants, eux, intègrent créent leurs plateformes propriétaires et travaillent à ce que leurs produits ne deviennent pas « des engins de grande consommation passant au second plan par rapport aux logiciels qu’ils utilisent ».
    Tandis que les éditeurs et les constructeurs automobiles s’affrontent afin de développer les voitures connectées de demain, le consommateur bénéficie d’une innovation technologique plus poussée. Pourtant, il reste encore beaucoup de travail à accomplir.
    Les tâches promises aux fabricants sont aussi basiques que de collecter et d’analyser les énormes volumes de données en provenance de leurs véhicules connectés. Autre mission à la fois complexe et essentielle dans ce contexte : celle de trier les données par ordre de priorité et de s’assurer de pouvoir réagir en temps réel, comme en cas de conduite sur une route de campagne mal éclairée et dans une zone où un cerf pourrait traverser à l’improviste.
    Nul doute que les performances, la sécurité et la rapidité d’interconnexion quelle que soit la localisation du véhicule connecté constitueront un ingrédient essentiel pour les entreprises développant de telles solutions.
    Connecté jusqu’en périphérie de réseau
    Les architectures informatiques traditionnelles, fixes et isolées dans les confins d’un datacentre d’entreprise, ne sont pas faites pour gérer des flottes connectées tout entières. Les sociétés développant de telles voitures doivent avoir l’assurance d’une connectivité supérieure sur l’ensemble de leurs réseaux, dont la périphérie est constamment redéfinie par ces véhicules. Il ne s’agit pas uniquement de satisfaire les utilisateurs : c’est également une question de sûreté.
    Les constructeurs ont besoin d’une architecture informatique interconnectée qui soit aussi agile et mobile que leurs utilisateurs, pour que ces derniers puissent accéder librement aux individus et informations nécessaires.
    Sur l’autoroute de demain, la connectivité hautes performances offerte par une architecture orientée interconnexion (IOA) peut se révéler aussi importante que des pneus hautes performances.
  • Pourquoi la demande du FBI auprès d’Apple constitue une violation du système de confiance ?

    Quand le gouvernement décide de détourner le piratage sur Internet …

    par Kevin Bocek, VP Threat Intelligence and Security Strategy, Venafi

    En résumé, on demande à Apple de démonter le système de confiance utilisé depuis plus de 20 ans pour sécuriser Internet. Cette action du gouvernement américain -qui exige de pouvoir utiliser des certificats Apple- constitue un détournement et un piratage d’Internet. La question n’est pas de décrypter un téléphone utilisé par un terroriste.

    Les certificats constituent le socle de la cybersécurité. Si le gouvernement est autorisé à utiliser les certificats Apple, il contrôle le logiciel qui contrôle en grande partie l’accès aux logiciels, à Internet et aux applications. Il en prendra alors le contrôle et le détournera.

    L’enjeu de la demande du FBI et le défi d’Apple ne se limitent pas à un seul téléphone chiffré utilisé par un terroriste. C’est une violation du système de confiance à base de certificats [numériques] sur lequel reposent les logiciels et Internet ! Le FBI souhaite qu’Apple utilise un certificat Apple pour signer le logiciel qui s’exécutera ensuite (ce que le FBI appelle le fichier logiciel signé de l’iPhone [‘‘signed iPhone Software File’’]). Ces tactiques rappellent celles utilisées pour rendre Stuxnet si efficace – un malware signé à l’aide de certificats valides qui avait pu s’exécuter sans éveiller la méfiance. La requête du FBI risque de marquer un précédent, car elle porte, non sur le fait de casser le chiffrement, mais sur le fait de casser le logiciel. D’où la réponse de Tim Cook : ‘‘Le gouvernement demande à Apple de pirater ses propres utilisateurs et de saper les avancées réalisées depuis plusieurs décennies dans le domaine de la sécurité pour assurer la protection de nos clients.’’

    Or, la plus grosse ‘‘avancée’’ dans le cas présent est l’intérêt croissant que les cybercriminels portent au système de confiance créé par les certificats tel que nous le connaissons, et les attaques dont il fait l’objet. Les logiciels font tourner le monde et c’est le rôle des certificats TLS ou les signatures de code de distinguer ce qui est digne de confiance de ce qui ne l’est pas, de trier le bon grain de l’ivraie. Le logiciel signé par Apple ne deviendrait pas seulement une arme convoitée, ce serait également un prototype supplémentaire dans le manuel d’attaques des méchants, comme l’a été Stuxnet il y a 6 ans.

    Qu’est-ce que cela signifie pour les entreprises du Global 5000 ? À une époque où certificats et clés suscitent de plus en plus l’intérêt des gouvernements et les convoitises de personnes mal intentionnées, je dirais qu’il est d’autant plus important de connaître les certificats et clés auxquels l’on peut se fier, pour protéger ceux que l’on utilise.

    La réponse rapide et légitime d’Apple au FBI contraste fortement avec un autre grand problème de sécurité qui a concerné tous les utilisateurs de smartphones et d’ordinateurs dans le monde. L’autorité de certification chinoise CNNIC, une entité du gouvernement chinois qui contrôle le ‘‘Grand Pare-feu de Chine’’ et surveille le cybercomportement des citoyens de l’Empire du Milieu, était jugée digne de confiance par l’ensemble des navigateurs, ordinateurs, smartphones et tablettes Microsoft, Apple et Google. Or, la CNNIC a été impliquée dans une tentative d’usurpation de Google en Égypte – un incident auquel Google et Mozilla ont rapidement réagi en jetant le discrédit sur la CNNIC. Face aux dizaines de milliards de dollars de chiffres d’affaires en jeu chaque trimestre sur le marché chinois, Apple et Microsoft n’ont pas bougé pendant des mois. Apple a discrètement choisi de faire confiance à certains certificats CNNIC, tandis que Microsoft a laissé faire. L’incident n’a pas reçu la même couverture médiatique que la requête du FBI. Malheureusement, dans le cas de la CNNIC et contrairement à aujourd’hui, Apple n’a pas réagi. Son absence de réaction rapide ou publique a donné l’impression que la firme à la pomme faisait passer ses intérêts financiers chinois devant la sécurité et la confidentialité des données de tous les utilisateurs d’iPhone, d’iPad et de Mac à travers le monde. La réactivité d’Apple à la demande du FBI est un changement bienvenu et nous espérons qu’à l’avenir, l’entreprise ferait de même en cas d’incidents impliquant les autorités chinoises.