Étiquette : anticipation

  • Quand les data gouvernent notre vie

    Entreprises : faites parler les data !

    Par Franck LHEUREUX, Chief Revenue Officer chez Ivalua

    Depuis presqu’un an maintenant, chaque semaine, nous attendons le verdict des chiffres relatifs à la propagation de la Covid-19 pour savoir quel sera notre quotidien. Plus que jamais, les statistiques gouvernent nos vies, notre quotidien, deviennent la boussole exclusive du pouvoir… Ce qui est vrai à l’échelle du monde dans ce contexte particulier de crise sanitaire l’est aussi au sein des entreprises. Les données, si elles sont correctement analysées & interprétées, sont de véritables mines d’or pour éclairer nos décisions. Tendez l’oreille, elles ont tant de choses à nous dire…

    L’omniprésence de la data

    Comment prévoir l’imprévisible ? Comment gouverner quand l’histoire n’offre aucun repère fiable ? Quels leviers activer pour apaiser la population en temps de pandémie, préserver les infrastructures essentielles (celles de la Santé avant tout), comment hiérarchiser les priorités, que doit on sacrifier, et dans quelles durée pour quel bénéfice escompté ?

    Comment gérer cette situation par essence inextricable ? En s’en remettant à l’avis d’Experts, eux-mêmes gouvernés par l’analyse de Données qui éclairent des Scénario possibles ! Les scientifiques qui conseillent les gouvernements dans leurs prises de décision s’appuient sur des données médicales certes. La crise de Covid-19 doit s’envisager comme un scénario analytique et statistique de déploiement, de propagation et de dispersion physique du virus. Ce phénomène de pandémie est mathématique. Pour le maîtriser, il faut parvenir à impacter les courbes statistiques, et ce, en un temps record car nous assistons à une concentration inédite du temps. Dans un monde où l’incertitude est devenue la norme, il n’y a d’autre choix que de s’appuyer sur l’analyse des données du passé, afin de prédire une situation future et de prendre des décisions pour donner vie au scénario envisagé. La data est au pouvoir…

     Les données des entreprises : formidable outil de réactivité et d’anticipation 

    Ce que font les scientifiques et les gouvernements au niveau des pays, les directions des achats le font également à l’échelle des entreprises. L’horizon s’est considérablement raccourci : d’années en trimestres, de trimestres en mois, et même de mois en semaines. Alors qu’il était auparavant possible de piloter un projet et d’engager des investissements sur du long terme, la réalité d’aujourd’hui impose des budgets mouvants et des réajustements stratégiques permanents. Il n’est plus possible d’être prédictif, il s’agit désormais d’être réactif. Et ce sont les données dont disposent les entreprises qui leur permettent cela. Elles sont là pour aider les décideurs à prendre les meilleures décisions sur la base des situations détectées à court terme. Prenons l’exemple d’une entreprise qui travaille avec de nombreux fournisseurs, travaillant eux-mêmes avec d’autres fournisseurs, et ainsi de suite. Sans une analyse fine de sa data combinée à celle de ses partenaires, il ne lui serait pas possible de détecter qu’un fournisseur de rang 3 est en mauvaise posture et ne sera pas en mesure d’approvisionner le fournisseur de rang 2 dans les temps. L’effet domino d’une rupture de stock peut être dramatique. Les données servent ainsi à mieux maîtriser le niveau de dépendance d’une entreprise en matière d’approvisionnement.

    S’y retrouver dans la masse de données

    S’appuyer sur les données pour piloter avec justesse sa stratégie est donc une bonne idée dans l’absolu. Mais comment analyser les milliards de données qui proviennent de milliers de sources (liées entre autres à l’IoT, Internet, Plateformes) ? Comment identifier celles qui sont pertinentes dans une situation spécifique ? Comment préserver l’anonymat des individus concernés et garantir une utilisation responsable des informations recueillies ? C’est là qu’intervient l’intelligence artificielle, qui vient éclairer ce brouillard de data, et le cadre règlementaire sur la protection des données (RGPD – texte européen qui encadre le traitement des données de manière égalitaire) effectif depuis le 25 mai 2018. Les outils de gestion basés sur le machine learning sont capables de repérer l’information importante dans la masse et d’anticiper des problématiques à venir sur une chaîne d’approvisionnement, souvent managée en « just in time ». L’outil identifie par exemple les difficultés d’un fournisseur et informe l’entreprise à temps pour qu’elle puisse réagir et passer une commande complémentaire auprès d’un autre fournisseur. Les solutions de gestion disposent aujourd’hui de routines d’intégration qui peuvent qualifier les données avec des règles métiers très précises. Cela permet de garantir la qualité et la véracité de la data finale. Les données sont normalisées, et deviennent intelligibles pour tous. Car il va de soi qu’un directeur financier n’aura pas forcément besoin des mêmes informations qu’un logisticien ou qu’un directeur juridique. Et pourtant, ils s’appuient tous sur les mêmes données.

    Restons open !

    On l’a dit, les prises de décision sont plus complexes et sophistiquées aujourd’hui qu’elles ne l’étaient hier. Elles nécessitent des outils de plus en plus puissants, capables de traiter le volume exponentiel de données disponibles. Parallèlement, soulignons la croissance des situations de co-innovation. Il est en effet de plus en plus rare qu’une entreprise soit en mesure de lancer seule un produit disruptif sur son marché. Aujourd’hui, les organisations mettent en commun leurs talents, leurs moyens et leurs compétences. Cela implique aussi d’être en mesure de partager leurs données, d’où l’importance de s’appuyer sur des écosystèmes d’information ouverts et des solutions de collaboration informatique performantes capables de qualifier les ressources plurielles des différents intervenants pour les rendre homogènes. Une nouvelle fois, c’est l’intelligence artificielle au service d’outils de gestion adaptés qui permet cela.

    Dans un monde de plus en plus complexe et interconnecté, où la qualité des prévisions se réduit à mesure que l’incertitude progresse, les données apportent simplicité et clarté aux décideurs. Si l’on parvient à s’en emparer, la data devient un avantage compétitif majeur. Alors que l’innovation s’envisage aujourd’hui à plusieurs, les données se consolident en écosystèmes ouverts. Un exemple probant d’actualité ? L’association Pfizer-BioNTech qui repose sur une co-innovation réactive et réussie.  

     

  • Promesses marketing et gestion des risques : une montagne à gravir !

    La leçon des alpinistes aux entreprises

    Par Romain Marcel, Directeur Général, Veeva France et Europe

    Les coûts liés aux promesses marketing — réclamations, produits défectueux, retours, etc. — sont une source d’inquiétude majeure pour toute entreprise. Ils sont en augmentation constante, conséquence d’une part d’une culture de consommation aux attentes toujours plus grandes, et d’autre part de l’implication plus importante des régulateurs.
    Dans ce contexte, la mise sur le marché de nouveaux produits devient une véritable montagne à gravir !
    En la matière les alpinistes, experts du risque, ont plus d’une leçon à partager…

    Si l’alpiniste chevronné n’a pas peur, c’est simplement qu’il n’a pas le même raisonnement que la plupart d’entre nous. Il possède une approche plus pragmatique, préparée, presque « froide » des situations périlleuses. C’est en quelques mots l’enseignement que nous livre le grimpeur Alex Honnold, devenu célèbre après avoir escaladé à mains nues la falaise El Capitan, dans le Yosemite, Californie. La paroi faisait peur, mais connaissant le risque, et surtout sûr de sa force, de son expérience et sa dextérité, il l’a escaladée malgré tout. Tel est ce qui distingue un alpiniste de haut niveau : une maîtrise totale, une préparation militaire, une concentration parfaite, en tout instant et en toute circonstance.

    Les coûts liés aux allégations marketing et produits sont en hausse constante et touchent près de 70% des entreprises ayant un chiffre d’affaires supérieur à 1 milliard d’euros. Le prix des assurances et les dangers courus quant à l’image de la marque suivent la même tendance. Pour s’en protéger, ces principes venus de l’alpinisme peuvent-ils aider les entreprises ?

    Une affaire de préparation, de concentration et de vigilance — sans oublier les bons outils

    La principale explication au sang-froid de ces athlètes ? Une préparation à toute épreuve. Des semaines durant, leur entrainement les familiarise avec l’itinéraire à emprunter, les aspérités du chemin, les dangers de chute. Une concentration d’acier. Des mouvements minutieusement calculés, anticipés. Rien ne peut les surprendre, donc rien ne les surprend.

    Précisément, les entreprises s’appuyant sur des allégations ambitieuses devraient avoir les mêmes rituels de préparation, pour ne pas être surprises et pour garder un temps d’avance. Anticiper les attaques. Connaître les difficultés en temps réel. Ces promesses marketing doivent être créées en coordination avec toutes les parties impliquées dans la production, et ce, de manière constante. Cela va des équipes juridiques et règlementaires aux divisions marketing et R&D : il est indispensable de disposer d’informations complètes pour avoir une vision nette de la situation et limiter l’exposition — le risque. Pour répondre à cette exigence opérationnelle, de la même manière que l’alpiniste choisit soigneusement ses harnais et ses prises, l’organisation doit choisir les bons outils de collaboration interne pour être plus agile, aux prises avec ses allégations.

    Des coûts financiers, mais pas que : l’image de la marque en jeu

    Pour l’alpiniste mal préparé, la chute peut être mortelle. Pour les entreprises, le risque est tout aussi important. Ceci est d’autant plus vrai dans le contexte que nous connaissons actuellement depuis l’apparition du Covid-19. Derrière les coûts directs liés aux procédures juridiques, remboursements, rappels, prix des assurances et autres mesures liées aux allégations trompeuses, le principal danger que court l’organisation vise son image de marque, son identité profonde. Des mesures de boycott, une réaction forte des consommateurs, des apparitions négatives dans la presse !

    Tout cela peut être évité à peu de frais en se préparant en amont à ces éventualités. Avec le mental d’un alpiniste, et en imitant ses méthodes : se focaliser sur l’essentiel. En l’occurrence, les allégations présentant le plus de risques, avec les plus importants dommages potentiels. Traiter chaque allégation avec les mêmes ressources impliquerait en effet une perte d’efficacité du traitement. Il appartient à l’entreprise de sélectionner ses combats pour les mener à bien.

    Au-delà du danger le succès

    C’est la motivation de l’alpiniste, c’est également la raison d’être de l’entreprise. S’il s’agit de la célébrité pour le premier, et du succès commercial pour la seconde, le processus est le même : un risque calculé et une opération réussie amènent des enseignements, une expertise, une renommée.

    Une traçabilité sans faille aidera l’organisation à anticiper les insatisfactions éventuelles des consommateurs, tout en lui permettant de se positionner pour bénéficier d’opportunités d’améliorer ses produits, leur conformité, etc. La traçabilité est l’assurance de rester au-devant de potentielles réclamations coûteuses… mais également d’anticiper les coûts inévitables et de s’y préparer.

    C’est d’un autre alpiniste célèbre, plus âgé, dont nous pouvons tirer la meilleure formulation de la leçon d’aujourd’hui. L’Italien Reinhold Messner disait : « Avant de partir, j’envisageais tous les scénarios possibles de sorte que je puisse prendre la meilleure décision le moment venu. » Tel est ce qui l’a maintenu en vie alors que tant d’alpinistes de sa génération n’ont jamais vu le 21ème siècle. C’est également cela, la préparation, la coordination de tous les services pour la meilleure gestion des promesses marketing, avec les bons outils et la bonne mentalité, qui maintiendra en vie et assurera la bonne réputation des entreprises d’aujourd’hui. Dans le monde post-pandémie, aucun faux pas issu de ces aspects ne sera toléré.