Étiquette : agriculture

  • Utilisons les technologies innovantes pour nourrir une population croissante

    Être plus intelligent dans notre approche de l’agriculture est plus important que jamais

    Par Claire Kago, Channel & Inside Sales Manager France chez Paessler AG
    D’ici l’année 2050, il pourrait y avoir pas moins de 10 milliards de personnes vivants sur Terre. Pour parvenir à nourrir la population, nous aurons besoin de multiples technologies, comme l’IoT et la supervision.
    La demande mondiale de biens alimentaires est en hausse. D’après McKinsey, si la tendance actuelle se poursuit, le besoin en calorie augmentera de 70% d’ici 2050, ce qui se traduira par un besoin en denrées agricoles pour la consommation humaine et animale en augmentation d’au moins 100%. Cette demande façonne déjà notre agriculture d’une manière dont nous n’avions jamais été témoins auparavant. Comment dès lors développer des pratiques agricoles plus durables pour garantir cet approvisionnement alimentaire ?
    A l’instar de technologies telles que la blockchain ou l’intelligence artificielle, l’Internet des Objets (IoT – Internet of Things) révolutionne le monde de l’IT. L’agriculture est un secteur qui n’est pas étranger à la technologie, et en particulier à l’IoT. En permettant à des objets intelligents de se connecter les uns aux autres et au monde extérieur via Internet, il devient en effet possible d’opter pour une approche plus perspicace de l’agriculture. Les capteurs et processeurs permettent ainsi aux agriculteurs de s’adapter en temps réel. De quelle façon utilisent-ils cet IoT mais aussi la supervision qui sert à le surveiller ?
    Agriculture of Things
    L’IoT peut être adopté dans les pratiques agricoles de nombreuses manières. L’un des exemples intéressants est l’agriculture de précision (PFT – Precision Farming Technologies), une méthode qui a pour objectif la gestion des terres cultivables de façon ciblée et différenciée sur le terrain.
    Elle peut également très bien fonctionner avec une exploitation de bétail. En mettant en œuvre des technologies d’agriculture de précision, il devient en effet possible pour l’éleveur de superviser chaque animal de son exploitation, et ainsi de surveiller sa température, son niveau de nutrition, l’avancée d’une maladie ou son stress. Cela permet aux éleveurs de détecter les animaux en souffrance, de les soigner et de les remettre en forme plus rapidement. 
    Chaque agriculteur supervisera différentes choses, selon le bétail qu’il élève, mais l’idée reste la même : les capteurs IoT fournissent des informations en temps réel sur chaque animal, garantissant ainsi le bien-être du bétail, sa longévité et donc une perte de production minimisée.
    Un autre exemple d’utilisation de l’IoT en agriculture est la technologie à taux variable (VRT – Variable Rate Technology). Cette approche est similaire à celle de l’agriculture de précision, mais au lieu de recueillir des mesures sur le bétail ou les cultures, elle se focalise sur le travail du sol selon les spécificités du terrain, à l’aide de systèmes de positionnement global différentiels.
    Les vignobles intelligents
    Les vignobles intelligents, aux sols plus fertiles et donnant finalement un meilleur vin, sont un bon exemple pour présenter les technologies intelligentes en jeu dans le monde de l’agriculture. Afin que les vignobles puissent continuer à prospérer de manière durable, les viticulteurs doivent être conscients de l’impact que le réchauffement climatique a sur la viticulture. En d’autres termes, il leur faut se préparer aux changements météorologiques rapides et aux conditions extrêmes.
    C’est pourquoi nous voyons aujourd’hui de plus en plus de viticulteurs qui s’appuient sur des capteurs répartis dans leurs vignobles. Ces capteurs sont en capacité d’envoyer vers des plateformes cloud des données environnementales, des images de drones et des informations sur la composition des feuilles de vigne. Grâce à l’analyse de l’ensemble de ces données et à leur  visualisation, les viticulteurs peuvent établir des prévisions sur l’état du vignoble et donc planifier leur travail au quotidien de façon plus simple. L’IoT leur permet ainsi de savoir que leurs vignes et leurs raisins sont bien protégés et au final d’avoir l’esprit plus tranquille.
    L’hydroponie assistée par la supervision 
     
    L’IoT n’est pas la seule technologie innovante qui s’avère nécessaire aujourd’hui. L’hydroponie, l’art de cultiver hors-sol des plantes avec principalement de l’eau est par exemple une autre approche adoptée. 
    Les bénéfices de cette méthode sont nombreux : consommation d’eau réduite (2 litres d’eau pour une salade contre 20 à 30 litres avec la production traditionnelle), exploitation optimale du potentiel génétique des espèces de plantes, meilleur contrôle de l’apport en éléments nutritifs, rendement et qualité améliorés, croissance plus courte pour certaines plantes, utilisation plus raisonnée de l’espace disponible, économie considérable d’engrais, voire renonciation totale, et sans utilisation d’herbicides.
    Cette méthode de culture a prouvé sa simplicité autant que son efficacité, mais pour garantir son succès, l’utilisation de la technologie de supervision peut s’avérer cruciale, particulièrement pour la qualité de l’eau (conductivité et pH) et les lumières artificielles. L’hydroponie, parmi d’autres concepts prometteurs, peut représenter une solution pour nourrir la population dans le futur.
     
    Travailler plus intelligemment, pas travailler plus
     
    Être plus intelligent dans notre approche de l’agriculture est plus important que jamais. Les consommateurs deviennent de plus en plus critiques et se posent des questions sur ce qu’ils consomment. Les agriculteurs doivent donc bien comprendre que les technologies comme l’IoT ne les soustraient pas à leurs responsabilités sociétales. 
    Des méthodes non durables précédemment utilisées, telles que de mauvaises pratiques d’irrigation, ont contribué à la perte d’environ un quart des terres utilisées pour l’agriculture au cours des 25 dernières années. Pour mettre cela en perspective, cela signifie que tous les quatre ans et demi, une région de la taille de la France est perdue au profit des déserts. Sachant que la population mondiale a augmenté d’environ deux milliards de personnes au cours de la même période.
    Les actions que nous entreprenons aujourd’hui sont déterminantes pour la mise en œuvre de changements positifs et pour nous assurer un avenir plus durable. Les industries agricoles du monde entier ont ainsi la nécessité d’utiliser les ressources technologiques qui sont à leur disposition. La France se doit d’être en première ligne de cette modernisation, en tant que première puissance agricole européenne, avec une production estimée à 72 milliards d’euros, et qui a souffert d’étés particulièrement secs en 2018 et 2019.
    L’IoT est un concept moderne mais si les mentalités des agriculteurs ne sont pas tout autant progressistes, l’agriculture ne pourra pas en profiter. L’agriculture intelligente ne rendra pas toute seule les gens et les animaux plus heureux, car comme toujours, tout le potentiel d’une technologie réside entre les mains de ceux qui l’utilisent.
  • Quand le monde est gracieusement sauvé par l’Internet des Vaches et l’interconnexion absolue

    Pourquoi l’élevage et l’agriculture représentent des secteurs alléchants pour l’Internet des Objets ?

    Par Mark Anderson, ?Director, Global Solutions Architects EMEA chez Equinix

    Tous les piliers de l’ère de la mobilité étaient présents lors du Mobile World Congress 2016, entre la rafale d’annonces produits concernant de magnifiques gadgets et la réalité virtuelle mise à l’honneur. Voir Qualcomm, Intel, Ericsson et Nokia prendre place parmi les stands du MWC nous aide à réaliser que nous assistons à un moment décisif de notre époque, où tout est dirigé par l’interconnexion.
    Voitures connectées, drones connectés, commerce connecté, individus connectés et maison connectées étaient sous le feu des projecteurs, tous alimentés par l’Internet des Objets (IoT), le Cloud, les systèmes sans fil de la 5G et les capacités SD-WAN. Ce qui nous donne finalement le sentiment de vivre dans le monde des Jetsons, cette série animée de science-fiction très populaire aux Etats-Unis.
    Mais toutes ces innovations m’amènent à me demander: Quels exemples concrets puis-je trouver où le Cloud et l’IoT améliorent réellement nos vieilles industries (tout en gardant les pieds sur terre j’entends) ? Parce que si l’Internet des Objets et le Cloud pouvaient transformer ces industries, ils pourraient alors transformer toutes les autres.

    C’est ainsi que j’ai découvert un cas de figure édifiant, appelé L’Internet des vaches, de l’entreprise Fujitsu. Fujitsu a développé un service SaaS, sous Microsoft Azure, qui lit et analyse les données d’un podomètre spécialement désigné pour être fixé à la patte d’une vache. Ce podomètre permet de détecter précisément la période de chaleurs de la vache, ou encore son taux de fécondité, afin de déterminer le meilleur moment pour l’inséminer.
    Il s’est avéré que cette question de l’insémination a été à travers les siècles un épineux problème à résoudre pour les éleveurs. Ils avaient traditionnellement établi une évaluation visuelle (par exemple une chaleur permanente), mais le problème est que dans 60% des cas, la période de chaleurs survient la nuit, quand l’éleveur est endormi. Résultat, l’éleveur manque le moment opportun, ce qui entraine la baisse des taux de conception et la diminution d’une production de lait constante, tandis que les coûts opérationnels de la ferme augmentent.
    Fujitsu a réussi à développer un algorithme capable de détecter la période de chaleurs d’une vache, via un taux de mouvements supérieurs à la normale enregistré par le podomètre, et fourni à l’éleveur un rapport de suivi heure par heure. Cela permet alors à l’éleveur de connaitre le meilleur timing pour inséminer une vache, de détecter rapidement la grossesse et de prédire l’échéance. Ils peuvent même détecter en avance des signes de maladie. Les éleveurs n’ont besoin que des podomètres, d’un petit récepteur connecté à la connexion Internet de l’éleveur (installé à moins de 150 mètres des vaches) et d’une inscription au service Fujitsu’s GYUHOTM (traduction japonaise pour « mesure des vaches ! »).
    L’élevage et l’agriculture représentent des secteurs alléchants pour l’Internet des Objets et la technologie de l’interconnexion, et ceci n’est qu’une des nombreuses initiatives développées pour le bétail grâce aux prémices de l’IoT. D’après Telephonica, les investissements dans les technologies agricoles devraient atteindre 4,4 milliards de dollars cette année rien qu’aux Etats-Unis, faisant de l’agriculture le secteur où les investissements sont les plus importants, devant la technologie appliquée aux finances et à la santé.
    Une récente étude de Beecham Research suggère que l’Internet des Objets pourrait être la clé pour aider l’industrie agricole à relever le défi d’augmenter la production alimentaire de 70% afin de nourrir les 9,6 milliards d’êtres humains qui composeront la population mondiale d’ici 2050.

    Donc nous y voici, le monde est gracieusement sauvé par l’Internet des Vaches et l’interconnexion absolue.

     

    Source image Techelevage