Étiquette : addiction

  • Pourquoi TikTok Lite est un danger pour la sécurité de plus d’un milliard d’utilisateurs

    De nombreuses protections de l’utilisateur sont absentes, à l’instar des étiquettes et des filtres

    L’enquête menée par Mozilla et AI Forensics sur TikTok Lite (une alternative à l’application TikTok qui fonctionne avec une faible bande passante et qui est principalement accessible dans les pays de la majorité mondiale) a révélé d’importants problèmes de sécurité. L’application TikTok Lite a été téléchargée plus d’un milliard de fois selon les statistiques de l’app store et on estime qu’elle représente au moins la moitié de la base mondiale d’utilisateurs de TikTok.

    Les chercheurs ont constaté des divergences alarmantes entre les fonctions de sécurité de TikTok et celles de sa version Lite, dont plusieurs sont en contradiction avec les politiques de la plateforme elle-même – alors que, d’après ces mêmes chercheurs, les mesures de sécurité sont faciles à incorporer au sein de TikTok Lite sans augmenter la taille de l’application.

    Ce que dit l’étude 

    Une version de TikTok Lite a été épinglée par les régulateurs de l’Union européenne en raison de la nature addictive de son programme de récompense, qui rémunérait les utilisateurs regardant plus de contenus. Quelques jours après l’enquête lancée par les régulateurs, le programme était mis en pause par TikTok.

    TikTok Lite n’est actuellement pas disponible aux États-Unis ni dans la majeure partie de l’Europe. L’application fonctionne comme une version mini de TikTok, consommant moins de données internet, de stockage et de batterie de téléphone, et restant fonctionnelle dans les environnements à faible connectivité.
    TikTok Lite compte plus d’un milliard d’utilisateurs, selon les statistiques de l’app store. Les résultats de cette étude rejoignent ceux d’un précédent rapport de Mozilla selon lequel les plateformes déploient de manière disproportionnée moins de politiques dans les régions de la majorité mondiale.

    Odanga Madung, un chercheur de Mozilla qui a mené l’enquête, déclare : « L’application TikTok Lite est un danger pour la sécurité de plus d’un milliard d’utilisateurs. Cela équivaut à retirer les ceintures de sécurité et les airbags d’une voiture pour la vendre ensuite à un client qui ne se doute de rien. Dans un effort visant à réduire la bande passante consommée par l’application, TikTok a également réduit des protections de sécurité cruciales pour les utilisateurs aux quatre coins de la majorité mondiale ».

    Claudio Agosti, cofondateur d’AI Forensics, ajoute : « Les dispositifs de sécurité dont TikTok Lite est dépourvu ne sont pas complexes et sont parfaitement compatibles avec une application à faible bande passante. La décision de TikTok d’ignorer ces mesures de sécurité est clairement un choix, et non une nécessité technique. »

    La méthodologie de recherche a consisté à analyser les politiques, les paramètres et les autres lignes directrices au sein des deux versions de TikTok.
    Les chercheurs ont évalué neuf caractéristiques classées dans les catégories « mesures d’étiquetage » et « fonctions de contrôle de l’utilisateur ».
    Dans le cadre des mesures d’étiquetage, ils ont examiné dans quelle mesure les plateformes signalent les fausses informations, les actes dangereux, les contenus explicites et les contenus générés par IA.
    En ce qui concerne les fonctions de contrôle de l’utilisateur, ils ont étudié la gestion du temps d’écran, les paramètres de préférence de contenu, le filtrage des commentaires, le signalement et le blocage, ainsi que les restrictions concernant les enfants.

    Les déficiences de TikTok Lite s’inscrivent dans une tendance plus large de l’industrie technologique à négliger les utilisateurs de la majorité mondiale, où le potentiel de réglementation et d’application d’une telle réglementation est nettement moindre.

    Pour aller plus loin

    TikTok Lite a un problème de sécurité. La politique de TikTok en matière d’actes et d’activités dangereux est claire : « Nous n’autorisons pas la présentation ou la promotion d’activités et de défis dangereux. » Dans les cas où des activités potentiellement dangereuses sont représentées, TikTok inclut une bannière d’avertissement qui indique que l’activité est réalisée par un professionnel ou en compagnie de professionnels. Alors que ces étiquettes existent dans l’application principale, elles ne sont pas présentes dans la version Lite.

    De même, les bannières utilisées pour avertir les utilisateurs de la présence de contenus graphiques ou dérangeants ne sont pas non plus disponibles sur la version Lite de TikTok. Les contenus explicites sensibles peuvent facilement ne pas être signalés, alors qu’ils touchent des millions d’utilisateurs.

    Parmi les autres divergences importantes, on peut citer le fait que TikTok Lite n’attribue pas d’étiquettes aux contenus suspectés d’être inexacts ou générés par IA. Les chercheurs n’ont trouvé que trois fonctions de sécurité communes aux versions « classique » et « Lite » de TikTok : le signalement des contenus malveillants, les filtres de recherche et le blocage.

    TikTok Lite réduit l’autonomie des utilisateurs. Les chercheurs ont constaté d’importantes disparités dans le contrôle des utilisateurs, qui affectent leur capacité à améliorer leur sécurité et à éviter la toxicité sur la plateforme. Les utilisateurs de la version Lite ne peuvent pas empêcher certains mots-clés, spams ou commentaires offensants d’apparaître sur leur fil d’actualité. Ils ne peuvent pas non plus activer les fonctions de validation des commentaires avant leur publication.

    TikTok Lite n’offre pas de protection pour le bien-être. L’application phare TikTok a introduit des fonctionnalités qui atténuent les tendances addictives sur la plateforme, comme les paramètres de « pause écran », mais ces fonctionnalités ne sont pas présentes sur la version Lite.

     L’étude complète est ici 

  • Bureautique, app services online, bornes interactives …Les français sont-ils techno dépendants ?

     

    L’intoxication numérique, le nouveau mal français ?

     Sondage OpinionWay pour Zengularity

    Entre techno-dépendance et envie de désintoxication numérique, les Français cultivent un rapport complexe avec les nouvelles technologies.

    • Près de 90% des Français ne supportent pas la perte du réseau (téléphone,Wifi, 3G/4G.)

    • 85% estiment que l’omniprésence des technologies conduit à un état dedépendance

    • 84% des Français estiment que les technologies évoluent trop rapidement

    • 78% d’entre eux ont déjà eu des difficultés pour installer un équipementpériphérique pour leur ordinateur (imprimante, scanner, photocopieur.)

    • 83% des logiciels grand public et 70% des logiciels professionnels destabilisentleurs utilisateurs

    • 74% d’entre eux éprouvent du stress face aux sollicitations incessantesdes équipements (mails, notifications, etc.)

    • 68% ressentent le besoin de faire une « digital detox »

    • Malgré tout, seul 2% cèdent à la cette folie passagère appelée« Computer Rage » Outre-Atlantique

    Une étude menée par Opinionway pour le compte de Zengularity met en lumière la dualité durapport que les Français entretiennent avec le numérique. L’évolution sansprécédent des technologies ces dernières années a entrainé un changement desmodes de consommation de l’informatique et la multiplication des outils numériques associés. Il est possible de parler d’une forme de boulimie tant l’ampleurdu phénomène est important. Aujourd’hui, les technologies sont intégrées danstous les domaines du quotidien et s’en passer peut se révéler inenvisageablevoire impossible.

     Des Français techno-dépendants

    Selon les conclusions de l’étude, 85% estiment que les Français sont dépendants des technologies et cette dépendance a un réel impact tant sur notre vie professionnelle que personnelle. En effet, le sentiment général est que les nouvelles technologies accentuent le rythme et la pression de la vie quotidienne.

     L’engouement pour des phénomènes numériques éphémères (Pokémon Go,selfies, foodporn.) interpelle 83% des personnes interrogées, qui ont le sentiment de ne pas comprendre l’attrait pour ces nouvelles pratiques. A cela s’ajoute, pour 68% des sondés, une pression sociale pour acquérir les dernières nouveautés en matière d’appareils connectés. De même, les personnes interrogées font part de leur perte de repères face à la rapide mutation de cestechnologies : 84 % ont le sentiment qu’elles évoluent trop rapidement et qu’il devient difficile de les suivre.

     Cette dépendance se traduit aussi dans le milieu professionnel, 57% déclarent ne pas réussir à se déconnecter de leur travail en dehors des horaires du bureau. Pire, le plus souvent dans le monde du travail la présence des appareils numériques contribue à créer du stress supplémentaire. Leur efficacité est également remise en cause : pour 84%, le recours à des technologies peut faire perdre plus de temps qu’il n’en fait gagner et 74% desactifs interrogés se sentent angoissées par les sollicitations incessantes desmails ou des notifications.

     Ce sentiment de sur-sollicitation rend le « digital detox »très séduisant : 68% des personnes interrogées disent être séduites par cette perspective.

     Source d’irritation, omniprésencenumérique rime avec dysfonctionnements chroniques

    Cette techno-dépendance entraîne donc une utilisation chronique des outils numériques, qui sont désormais omniprésents dans la vie quotidienne. Cette frénésie de consommation numérique évolue de façon exponentielle.Elle s’accompagne invariablement d’une hausse des dysfonctionnements qui deviennent de plus en plus insupportables pour les Français et l’intensité de leur impact est non négligeable :

     La première source d’irritation mentionnée par les Français concerne la perte d’un réseau, qu’il s’agisse du téléphone ou d’Internet : cette situation a déjà été vécue par près de 90% des personnes interrogées

    • Les sites web peu ergonomiques ou peu adaptés sont mis en cause par 88%

    • Les sollicitations desapplications, qui cherchent à empiéter sur la vie privée, exaspèrent 84% des interviewés

    • Loin de simplifier la vie, 83% des logiciels grand public et 70% des logiciels professionnels ont déstabilisé leurs utilisateurs

    • La perte de ses données, au travail ou de documents personnels, a déjà touché 81% des personnes interrogées.

    • 81% des Français ont déjà dû gérer des dysfonctionnements lors del’utilisation de bornes tactiles,destinées à fournir des services comme la vente de tickets

    • 78% des personnes interrogées ont déjà connu des difficultés lors de l’installationd’un équipement périphérique(imprimante, scanner, photocopieur.),

    • 77% des interviewés ont rencontré des problèmes pour effectuer des démarches administratives en ligne.

     Le sentiment général est que les nouvelles technologies accentuent le rythme et la pression de la vie quotidienne. Leur efficacité est ainsi remise encause. De même, les personnes interrogées font part de leur perte de repèresface à la rapide mutation de ces technologies. La conclusion est sans appel : 58% des Français déclarent que les nouvelles technologies ne contribuent pas au bonheur, mais a au contraire rendu certaines tâches plus stressantes.

     La dualité française face aux nouvelles technologies

     Malgré ses aléas, la perception négative qu’ont les Français du numérique et les animosités dontil fait l’objet, force est de constater que dans l’Hexagone, on ne cède pas àla folie passagère appelée « Computer Rage » Outre-Atlantique. En effet, seul 2% des sondés avouent avoir des excès de rage et des réactions viscérales(énervement/ panique/ violence) face aux difficultés rencontrées. Pour 62%, la contribution des technologies à la vie quotidienne est cependant perçue commepositive dans certains cas. 76% desFrançais estiment qu’elles s’avèrent également efficace pour simplifiercertaines tâches courantes, comme pouvoir accéder à des services publics enligne.

     Cette approche dela technologie démontre que les Français sont en train de rechercher un nouvel équilibre dans un univers régi par le numérique. Entre addiction et autorégulation, l’évolution se fera sans aucun doute par palier et la consommation du numérique telle que c’est le cas aujourd’hui sera non seulement digérée mais également intégrée dans notre ADN. En revanche, demeure un problème majeur : les dysfonctionnements engendrés par les nouvelles technologies qui risquent de faire de cette (r)évolution culturelle un cercle vicieux alors qu’il pourrait être vertueux.

     Méthodologie

    L’étude Les Français et les technologies au quotidien réalisée pour Zengularity, est destinée à comprendre et analyser l’attitude des Françaisface à l’omniprésence des nouvelles technologies dans la vie quotidienne.

    Cette étude a été réalisée auprès d’un échantillon de 1040 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus,constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge,de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région derésidence. Les interviews ont été réalisées les 21 et 22 septembre 2016.