



Selon Jan Kaempfer, Directeur Marketing chez Panasonic Connect Europe
La précédente révolution industrielle a bouleversé nos façons de vivre, de produire et de travailler. Celle qui s’annonce, et qui est à vrai dire déjà en marche, promet un changement tout aussi profond. Mais cette fois, pas de machines à vapeur ni de chaînes de montage pour moteurs : c’est une intelligence et elle est artificielle.
Depuis une quinzaine d’années, les professionnels du marketing ont accompagné – voire piloté – la transformation digitale, en explorant les réseaux sociaux, les stratégies omnicanales ou l’automatisation. Mais l’IA change encore une fois la donne. Ce n’est pas une brique supplémentaire dans la boîte à outils : c’est une rupture. Un accélérateur sans précédent, qui redéfinit en profondeur les métiers du marketing.
L’IA : la superpuissance des marketeurs B2B
Loin de remplacer les marketeurs, l’IA amplifie leurs capacités. Génération de contenus, création de visuels ou de vidéos, analyse de données complexes… : ce que l’on faisait hier en équipe, on peut désormais l’initier en quelques clics. Mais cette puissance impose une montée en compétence.
Le marketeur B2B d’aujourd’hui n’est plus seulement un créatif ou un expert produit. Il devient aussi analyste de données, chef de projet technologique, stratège. Il doit savoir orchestrer les outils d’IA pour concevoir des campagnes plus agiles, plus intelligentes, plus personnalisées.
Utiliser l’IA ne suffit pas. Ce sont ceux qui sauront poser les bonnes questions, interpréter les bonnes données et les traduire en décisions efficaces qui prendront l’avantage.
Du marketing de masse à l’expérience ultra-ciblée
Le marketing traditionnel reposait sur des segmentations larges, des intuitions et des cycles longs. L’IA inverse cette logique.
Aujourd’hui, on ne cible plus seulement un secteur ou une fonction, mais un comportement, une intention, un moment. L’IA permet d’analyser le parcours de navigation, les signaux d’achat ou même les interactions avec la concurrence pour identifier l’instant où un décideur est prêt à passer à l’action.
Le Saint Graal du marketing : le ROI
Les décideurs B2B veulent des résultats tangibles. Et l’IA permet enfin aux marketeurs de prouver l’efficacité de leurs actions.
Optimisation des campagnes, élimination des dépenses superflues, détection d’opportunités à fort potentiel : chaque euro investi peut être tracé, analysé, justifié.
Le nouveau profil du marketeur : un digital native
Cette transformation redéfinit les compétences clés du métier. Les marketeurs qui s’appuient encore sur l’instinct ou des méthodes éprouvées risquent de décrocher. Ceux qui adoptent une approche guidée par la donnée et la technologie verront s’ouvrir de nouvelles opportunités.
Le nouveau profil ? Né avec le digital, capable d’interagir avec des outils d’IA, de piloter des campagnes automatisées, d’interpréter des données complexes et de créer des contenus à haute valeur ajoutée, il ou elle saura :
* Formuler les bons prompts pour générer des résultats pertinents
* Interpréter les insights produits par l’IA pour nourrir la stratégie
* Créer des messages percutants grâce à l’IA générative
* Aligner les actions marketing avec les objectifs business
Mais la compétence différenciante restera toujours humaine : savoir combiner la puissance de l’IA avec la créativité, l’intuition et la sensibilité pour produire un marketing engageant.
Et demain ?
L’IA ne cessera de progresser. Elle deviendra plus rapide, plus intuitive, plus accessible. Mais elle aura toujours besoin d’un chef d’orchestre : un marketeur capable de la guider, de la questionner, de s’assurer qu’elle reste fidèle à l’identité de la marque.
La question n’est donc plus de savoir si l’IA transformera le marketing — c’est déjà une réalité. La vraie question est : les marketeurs actuels sont-ils prêts à évoluer à la même vitesse ? Ceux qui y parviendront seront les leaders du marketing B2B de demain.
L’IA, souverainneté, robots en tout genre… étaient au rendez-vous pour ce VivaTech 2025. Comme chaque année, le petit monde de la tech française et mondiale s’est retrouvé du côté de la Porte de Versailles.
Ce VivaTech 2025 a débuté avec la keynote très attendue de Jensen Huang, le patron de Nvidia, sur la scène du Dôme de Paris qui a annoncé son partenariat avec Mistral AI pour créer une offre cloud dédiée à l’IA.
D’autres poids lourds de la tech mondiale se sont succédés à VivaTech, à l’image de Cliff Obrecht, co-fondateur de Canva.
Mais dans cette période d’anxiété géopolitique et de post-mondialisation, la souveraineté a occupé une place centrale dans les discours et les annonces. Start-up et grandes entreprises ont mis en avant des initiatives pour renforcer le contrôle européen sur les données, les technologies et les infrastructures.
Des repères dans un monde en plein bouleversement.
La Brigade Du Web a parcouru les allées pendant 3 jours.
Voici nos coups de coeur non exhaustifs bien sur, des fous rires aussi, mais pas que…
TOP VOICES 
Selon Sami Slim, Directeur adjoint de Telehouse France
Cloud gaming, mondes virtuels et dorénavant, métavers : l’offre de réalité virtuelle ou augmentée s’envole. Et son succès à venir laisse peu de place au doute selon les estimations du marché. Qui dit nouveaux usages attractifs du virtuel, dit aussi hausse de la consommation Internet pour profiter de ces nouvelles expériences. Mais ces dernières ne pourront jamais atteindre une grande qualité sans un socle physique et technique bien réel : les infrastructures de datacenter.
Annoncé en grande pompe en octobre dernier par le fondateur de Facebook (rebaptisé Meta au passage), le métavers promet d’offrir une expérience immersive dans un monde virtuel en trois dimensions, où chaque utilisateur évoluera sous forme d’avatar. Si le gaming et la science-fiction ont largement inspiré le concept, le métavers se destine à toutes sortes d’usages : jeux en ligne, évènements virtuels, achats en magasin virtuel, travail, réunion, jumeaux virtuels d’infrastructures aidant à travailler en ligne leur optimisation… Les cas d’usage sont innombrables.
Certes, le monde virtuel n’en est pas à ses premiers pas. Le gaming, notamment, l’a investi depuis plusieurs années. En témoigne Second Life, univers virtuel qui a créé l’engouement de quelque 30 millions d’utilisateurs au début des années 2000. Depuis, l’industrie du gaming propose ses propres univers virtuels, au contenu toujours plus élaboré et interactif, à l’image des mini-concerts virtuels du jeu Fortnite et leurs 12 millions de spectateurs. Mais ces univers restent limités à leur propre jeu, là où le métavers entend signer l’avènement d’un monde virtuel interconnecté, et dessiner les contours d’un futur Web 3.0.
La consommation du Web passe dans une nouvelle dimension
La croissance du monde virtuel semble une certitude. Bloomberg estime le marché du virtuel actuel à 600 milliards de dollars, et l’économie du virtuel peut atteindre 10 000 à 30 000 milliards de dollars dans la prochaine décennie, selon la société de capital-risque Epyllion, co-artisan d’un premier produit boursier métavers.
Derrière ces chiffres, des millions, pour ne pas dire des milliards d’utilisateurs connectés simultanément sont attendus, vers qui des contenus de plus en plus riches en données devront être transférés en quelques millisecondes, où qu’ils se trouvent dans le monde. Tout est alors question de qualité de l’expérience virtuelle. Un décalage de quelques millisecondes de trop dans une interaction, l’expression d’un visage (le métavers promet d’arriver à ce niveau de détail) ou pire, une coupure de service, et ces nouvelles offres virtuelles décevront.
Aussi le métavers et autres mondes virtuels ne prendront leur essor qu’à condition de pouvoir s’appuyer sur des infrastructures de stockage, de connectivité et de réseau à la hauteur du défi.
Le monde physique des infrastructures sur les starting-blocks
Les infrastructures physiques sont les maillons de la chaîne de valeur qui assurent que les utilisateurs accèdent à leurs contenus via une connexion Internet stable, sur le terminal de leur choix, sans basse latence ou engorgement du réseau. Autre impératif pour une expérience virtuelle de type métavers : le transfert de flux de données entre différents Clouds, afin de pouvoir passer du contenu d’un monde virtuel à l’autre, en toute transparence.
Les datacenters sont prêts à relever le défi du Web 3.0. Notamment, les datacenters de connectivité regroupent des équipements cœur de réseau, fibres et interconnexions nationales et internationales qui contribuent à des connexions rapides entre l’utilisateur et son contenu, partout dans le monde. De plus, ces hubs de connectivité ont depuis longtemps établi dans leurs installations des communautés de plusieurs centaines de membres de la chaîne de valeur regroupant FAI, réseaux de diffusion de contenu, points de peering Internet, transitaires, hébergeurs, fournisseurs de contenus et d’applications, entre autres. Tous ces acteurs qui permettent à un utilisateur de s’immerger dans un monde virtuel peuvent s’interconnecter de machine à machine, et assurer ainsi un accès en quelques millisecondes depuis l’Europe à un contenu virtuel hébergé sur un autre continent.
Ainsi, les infrastructures stratégiques n’ont pas attendu le métavers pour imaginer les besoins en consommation Internet du futur. Déjà prêtes, elles doivent continuer à anticiper les besoins et garantir dès aujourd’hui la continuité de demain.